jeudi 18 août 2016

LE FILM MAUDIT – JUD SÜSS


LE FILM MAUDIT – JUD SÜSS

À l'hiver 1939, Joseph Goebbels cherche l'interprète principal du Juif Süss, film de Veit Harlan retraçant la chute de Joseph Süss Oppenheimer, conseiller financier du duc de Wurtemberg exécuté en 1738. Le ministre de la Propagande du IIIe Reich jette son dévolu sur l'acteur non juif Ferdinand Marian, qui présente selon lui de parfaits « traits sémites ». Marié à Anna, qui a renoncé à la comédie pour dissimuler ses origines juives, Marian refuse le rôle au risque de voir sa carrière anéantie. Mais les menaces et les pièges de Goebbels ont bientôt raison de sa volonté.


Le film maudit – Jud Süss
Réalisation : Oskar Roehler
Scénario : Klaus Richter et Michael Esser d'après le livre de Friedrich Knilli
Musique : Martin Todsharow
Production : Novotny & Novotny Filmproduktion GmbH
Genre : Historique
Titre en vo : Jud Süß – Film ohne Gewissen
Pays d'origine : Allemagne, Autriche
Langue d'origine : allemand
Date de sortie : 18 février 2010
Durée : 114 mn

Casting :
Tobias Moretti : Ferdinand Marian
Moritz Bleibtreu : Joseph Goebbels
Martina Gedeck : Anna Marian
Justus Von Dohnanyi : Veit Harlan
Heribert Sasse : Deutscher
Martin Feifel : Knauf
Anna Unterberger : Britta
Milan Peschel : Werner Krauss
Armin Rohde : Heinrich George
Paula Kalenberg : Kristina Söderbaum
Erika Marozsán : Vlasta
Ralf Bauer : Fritz Hippler
Robert Stadlober : Lutz
Martin Butzke : Malte Jäger
Rolf Zacher : Erich Engel

Mon avis : Loin d’un film comme Le fils de Saul qui marquait davantage les esprits de par sa mise en scène et la violence crue de sa thématique, cette œuvre allemande, au demeurant, fort méconnue et diffusée hier sur Arte sous le titre un peu biscornu de Le film maudit – Jud Süss est, selon moi, d’un tout autre acabit. Ainsi, ici, si l’époque et la thématique sont les mêmes, on quitte les camps de concentrations pour l’univers du cinéma sous le Troisième Reich, sujet rarement abordé au septième art – ce qui est un comble – et, bien entendu, de par la force des choses, l’utilisation de celui-ci en tant que propagande au service du régime. Du coup, tombant un peu par surprise sur ce long métrage, pour rappel, fort méconnu, je ne pouvais pas passer a coté une telle opportunité, surtout que la thématique m’intéressait, et, franchement, je ne l’ai nullement regretter, bien au contraire… Car oui, s’il y a bien une chose que l’on peut retenir de ce long métrage, c’est que ce dernier est excellent : ainsi, entre une esthétique fort bien choisie avec une palette de couleur très désaturée (on est proche du noir et blanc), ce qui donne un rendu typique de l’esthétique des films des années 1940 et une reconstitution plus ou moins fidèle (avec des passages romancés, autant pour la vérité historique quand a l’épouse de Ferdinand Marian), Le film maudit – Jud Süss est un fort bon témoignage de la manière dont fut réaliser ce fameux film interdit, ce Jud Süss de triste mémoire… Véritable brulot antisémite mais, accessoirement, servi par des moyens colossaux d’une industrie cinématographique germanique qui, pour rappel, dans les années 30, n’avait strictement rien à envier à Hollywood, Jud Süss fut un immense succès lors de sa sortie : en Allemagne, bien sur, en Italie, fort logiquement, mais en France également, ce qu’il est bon de rappeler… Du coup, ce long métrage – le moderne, pas le film original – est une œuvre captivante, pour peu que l’on s’intéresse à la propagande sous toutes ses formes mais aussi, a l’Histoire du cinéma en général. Mais Le film maudit – Jud Süss, c’est aussi l’histoire d’un homme, Ferdinand Marian, acteur de seconde zone qui porté devant les feux des projecteurs par ce film, s’y brula les ailes avant de disparaitre prématurément peu de temps après la guerre… Bref, vous l’avez compris, non seulement je n’ai pas regretter une seule seconde d’avoir regarder ce film mais en plus, je ne peux que vous le conseiller, ne serais-ce que pour sa thématique principale, c’est-à-dire, ces fameux films de propagande, interdits pour la plupart de nos jours et, bien entendu, la fameuse question qui en découle : peuvent-ils être vus ou pas ? Personnellement, je dirais oui mais franchement, en possédant un sacré bagage culturel derrière…


Points Positifs :
Le film maudit – Jud Süss est captivant pour peu que vous vous intéressiez a la Seconde Guerre Mondiale et pas seulement le conflit en lui-même : comme chacun sait, la propagande, fort logiquement, y fut importante et le cinéma nazi, malgré ses thématiques nauséabondes, est un sujet d’étude qui mérite le détour.
- Voilà une œuvre qui amène bien des questions lors de son visionnage, surtout sur le fait de savoir si, de nos jours, ces fameux films interdits peuvent être vus par le plus grand nombre ?
- L’esthétique est l’un des points forts de ce film avec cette palette de couleurs proche du noir et blanc qui rappelle les œuvres de l’époque – ce qui a permis d'insérer de véritables extrais du film Jud Süss.
- L’originalité de cette œuvre : après tout, le cinéma nazi ne fut que trop rarement abordé sur grand écran et le seul exemple de film  qui traite de propagande qui me vient a l’esprit est Inglourious Basterds, c’est pour dire !

Points Négatifs :
- Malgré une esthétique irréprochable et réussie, on note tout de même un manque de moyens par moments – oui, le cinéma nazi en possédait bien plus si on le compare avec le cinéma allemand actuel.
- Dommage que les dernières années de la vie de Ferdinand Marian aient été si vite expédiées ; je n’aurai pas été contre un film plus long du coup.
- Je comprends pourquoi ils ont fait de l’épouse de Ferdinand Marian une autrichienne d’origine juive, histoire de dramatisé davantage l’ensemble, cependant, pour la réalité historique, on repassera…

Ma note : 7,5/10

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