dimanche 28 mars 2010

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES


ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

Lors d'une organisation mondaine, Alice Kingsley est demandée en mariage par Hamish Ascot, homme arrogant et peu séduisant. C'est alors qu'elle aperçoit un étrange lapin blanc possédant une montre à gousset, et lui donnant le signe de la suivre. Alice s'enfuit, prétendant que « cela arrive un peu trop rapidement » et part à la poursuite du lapin jusqu'à ce qu'elle arrive devant un curieux arbre mort au tronc détruit, sous lequel se trouve dans le sol, entre les racines, un terrier dont l'intérieur est plongé dans l'obscurité. S'y baissant trop près, Alice tombe et se retrouve dans une longue chute mouvementée jusqu'à atterrir dans un monde qu'elle avait déjà visité des années auparavant : le Pays des Merveilles. Alice, ne se souvenant de rien de ce précédent voyage, rencontre tous les personnages de cette curieuse contrée, devenue sombre et inquiétante, tels que le fameux Lapin Blanc ainsi que le Chat du Cheshire, le Lièvre de Mars, le Loir, les jumeaux Tweedle-Dum et Tweedle-Dee, qui semblent tous très bien la connaitre et en particulier le Chapelier Fou. Ne sachant point ce qui est arrivé de navrant au Pays des Merveilles, Alice apprend, qu'après son départ, la Reine Rouge a pris le pouvoir en relâchant le Jabberwock, une terrible créature aux allures de dragon. Pour que le bien et la paix puissent régner à nouveau au Pays des Merveilles, Alice devra s'allier du déjanté Chapelier Fou et de l'excentrique Reine Blanche Mirana afin de se débarrasser de la tyrannie de la Reine Rouge et refaire régner la justice.

Incontestablement, quel magnifique tour de force que de s’atteler à un chef d’œuvre de la littérature connu de tous, Alice au pays des merveilles, et de réussir, malgré tout, à en faire une réussite, indéniable. Ce n’est pas nouveau et ce n’est pas une surprise pour personne, Tim Burton est tout simplement un génie, l’un des derniers qui reste encore dans le milieu du cinéma, un réalisateur fantasque certes, a l’univers bien défini, et qui, années après années, films après films, réussi l’exploit (n’ayons pas peur des mots) de nous émerveiller, de nous surprendre et de nous faire rêver, encore et encore au point que l’on se demande parfois, comment fait il pour être aussi génial. Car génial, il l’est, c’est une évidence, sa nombreuse filmographie est là pour nous le rappeler et d’ailleurs, il n’a plus grand-chose à prouver, sa place au panthéon des plus grands lui étant d’hors et déjà acquise, mais peut être son coté un peu loufoque tient une place non négligeable dans sa réussite ? Alors, tel un Chapelier forcement fou, Tim Burton distille son talent, nous offrant des œuvres inoubliables et enchanteresses dont on ne se lasse pas. Mais il n’est pas seul.

Que serait donc le grand Tim Burton sans son alter ego, son quasi jumeau, le grand également, Johnny Depp ? Et lui-même, qu’aurait donc été sa carrière sans le réalisateur ? Forcement, si ces deux là ne se seraient pas rencontrer, l’Histoire du cinéma de ces vingt dernières années n’aurait pas été la même, et la part du rêve du septième art ne serait pas aussi savoureuse. Le duo Burton/Depp restera dans les annales du cinéma comme étant indissociable, et, malgré le talent indéniable des deux hommes, lorsqu’ils ne sont pas ensemble, il semble presque manquer un petit quelque chose… Alors, Johnny Depp, acteur aussi génial que célèbre, qui lui aussi n’a plus rien à prouver, réussi, lui aussi, a nous étonner et nous émerveiller, film après film, encore et encore. Et sa prestation dans le rôle de ce fou de Chapelier en est, une fois de plus, la preuve la plus éclatante.

Alors oui, adapter Alice au pays des merveilles était une gageure. Non pas que l’on ne croie pas au talent de Burton, mais surtout parce que cette œuvre, de part sa célébrité dans le monde entier est trop connue, beaucoup trop. Nul besoin de la lire pour la connaître par cœur, et ce, quelque soit notre origine. Et sincèrement, il n’est jamais simple, forcement, d’obtenir un résultat satisfaisant, les comparaisons étant inévitables, soit avec le livre de Lewis Caroll, soit, bien entendu, avec le dessin animé de Disney… mais aussi, ne nous leurrons pas, avec les anciennes productions du duo qui, pour certains, sont toujours forcement meilleurs que les plus récentes. Et la réussite, pourtant, est au rendez vous, incontestablement.

Oui, cette version Burtonnesque d’Alice au pays des merveilles est tout simplement… merveilleuse (oui, je sais, sur ce coup, le raccourcis est très facile). A cela, deux choses : premièrement, la symbiose parfaite entre l’univers enchanteur et rêveur de Caroll et celui tout aussi onirique et bien souvent inquiétant de Burton. De ce coté là, on pouvait se demander ce que le réalisateur allait bien pouvoir nous sortir de sa boite à idées qu’est son cerveau et le résultat, ce subtile mélange de merveilleux, avec cet univers de l’autre coté du miroir, tout bonnement époustouflant et somptueusement retranscrit à l’écran, et ce coté sombre, violent où plane la souffrance et la mort, même si l’humour n’en reste pas moins présent, ce résultat donc, est à la hauteur de nos espérances les plus folles. Car plutôt que de se contenter d’adapter bêtement l’œuvre original, Burton nous en offre la suite, avec une Alice adulte, et superbement interprétée par Mia Wasikowska, jeune actrice australienne qui était jusqu’à hier une parfaite inconnue pour moi, qui revient au Pays des merveilles, et qui le trouve dans un bien triste état : la Reine Rouge, Helena Bonham Carter (il fallait bien que madame Burton soit de la partie) toujours égal à elle-même, y fait régner la terreur et la mort et l’espoir sembles avoir quitter le cœur des habitants. Semble car en fait, une prophétie annoncerait qu’Alice pourrait venir à bout du terrifiant Jabberwocky, l’arme ultime de la Reine. Alors, forcement réticente au départ, par la force des choses, et accompagné des divers habitants du pays des merveilles, en particulier le Chapelier fou (Johnny Depp tout bonnement excellant dans un rôle qui semble, après coup avoir été tailler pour lui), Alice se lancera dans une folle aventure, à la fois drôle, enchanteresse, parfois terrifiante, jusqu'à un somptueux final d’une violence que l’on n’attendais peut être pas d’une œuvre qui a la base, est plutôt destinée aux enfants. D’ailleurs, sur ce point, un conseil si comme moi vous êtes parents : Alice au pays des merveilles n’est pas destiné aux plus jeunes, loin de la, et certaines scènes sont assez spéciales. Alors, réfléchissez y donc a deux fois avant de les amener (a priori, je pense que huit, neuf ans est correct, en dessous, prudence). Bref, entre une intrigue captivante de bout en bout, un univers somptueusement bien retranscrit a un point tel que l’on croirait véritablement que celui-ci soit réel, une histoire a la fois semblable et différente que celle de l’œuvre originale et d’excellents acteurs et des effets spéciaux tout bonnement époustouflants, il ne faut pas hésiter une seule et unique seconde, Alice au pays des merveilles se doit d’être vu et est, incontestablement, Le grand film de ce début d’année. En tout cas, une réussite, tout simplement que l’on n’est pas prêt d’oublier de si tôt.

Pour conclure, je tenais à vous parler du deuxième point dont j’avais fait mention plus haut dans ma critique. Et celui-ci est la 3D. Fini la vieille fausse 3D d’antan, avec ses lunettes ridicules rouges et bleues, mais cela, les spectateurs le savent et ce n’est plus une surprise. Mais il y a des films, il me semble, auquel la 3D n’apporte rien (sur ce point, j’ai vu une bande annonce d’un truc de mode ou je me demande où était l’intérêt réel de la chose, a part l’effet de mode ?), mais cet Alice au pays des merveilles, si je ne doute pas qu’il doive être magnifique sans la 3D, aurait perdu beaucoup de sa magie sans elle. Sincèrement, c’était tout simplement incroyable : non seulement les décors et l’univers en général étaient si parfaitement réalisés que l’on se croyait vraiment dans ce fameux pays des merveilles mais avec la 3D, l’effet d’immersion était époustouflant au point que par moments, j’eu l’impression de déambuler au milieu des protagonistes. C’en était même fortement troublant. D’ailleurs, c’est en regardant cet Alice que j’ai énormément regretté de n’ « avoir » vu Avatar qu’en 2D. Quel gâchis, et pourtant, Dieu sait qu’il était somptueux pourtant…

Bref, inutile d’en rajouter des tonnes, vous l’avez compris, arrêter tout ce que vous faites, ne vous posez pas de questions futiles et inutiles, courrez acheter vos places de ciné et ruez vous devant cet Alice au pays des merveilles qui saura vous éblouir, vous enchanter et vous entrainer dans un monde qui vous semblera si réel que peut être, en rentrant chez vous, vous aurez la même réaction que moi en trouvant curieux que votre chien ne parle pas. Alors, un grand merci a Tim Burton pour ce superbe moment de cinéma, merci à Johnny Depp et autres acteurs, mais également au Lapin blanc, au Lièvre de Mars, Tweedle Dee et Tweedle Dum et tous les autres… Pour moi, hier, vous étiez tous réel, et rien que pour cela, c’est à mes yeux la preuve que j’ai cru être transporter pendant un peu moins de deux heures (trop court !!!), dans ce pays des merveilles que je souhaite absolument ne plus quitter. Franchement, une réussite ! Et dire que quelques mauvaises langues ont sut trouver à redire… pff !

LE NOMADE DU TEMPS


LE NOMADE DU TEMPS

Soldat de Sa Majesté en mission au Kumbalari, un Etat limitrophe du Tibet, le capitaine Oswald Bastable survit à un tremblement de terre pour se retrouver inexplicablement projeté depuis 1902 dans le futur : un 1973 alternatif où les dirigeables des Grandes Puissances imposent une paix forcée à l'ensemble du monde. Mais la révolte gronde et, guidé par la mystérieuse Una Persson, Bastable va devoir interroger ses certitudes pour choisir le bon camp; un choix qui pourrait le conduire à errer sans fin à travers le multivers, à visiter mille destinées possibles d'un siècle de sang. Avec Le nomade du Temps, qui préfigurait une bonne partie du mouvement steampunk, l'auteur d'Elric le nécromancien nous offrait une nouvelle déclinaison de son Champion Eternel, cette fois confronté aux guerres idéologiques du XXe siècle. Réflexion, aventure et rebondissements sont donc au rendez-vous.

Déception aurait put être le constat qui serait resté de la lecture de cette trilogie de Mickael Moorcock où cette fois ci, l’avatar du Champion Eternel est un soldat de l’Empire Britannique qui se ballade sans cesse entre divers univers alternatifs où la technologie et les sciences ont pris un autre chemin et où règnent dans le ciel de majestueux dirigeables tandis que la vapeur a remplacée l’électricité et le pétrole. Bref, et les spécialistes l’auront compris, Le nomade du temps est une trilogie que l’on pourrait qualifier de Steampunk, genre de SF moins connus du grand public mais qui possède ses admirateurs, dont, personnellement, j’en fais partis. Alors, si j’ai parlé de déception en préambule de cette critique, c’est que je dois avouer que j’attendais énormément de cette œuvre : étant fan de Moorcock et de ses divers ouvrages, ainsi que de Steampunk, le mélange des deux semblait s’annoncer comme explosif et, du coup, j’ai probablement mis la barre un peu trop haut, oubliant par exemple bien des défauts habituels de l’écrivain britannique comme ses récits, souvent trop courts. Car une chose est évidente après coup ; incontestablement, les trois ouvrages qui composent Le nomade du temps auraient mérité d’être plus approfondis tant les univers proposés méritaient que l’on s’attarde sur eux. De plus, je m’attendais également à plus de diversité entre eux, ce qui ne fut pas le cas. Mais l’explication vint vers la fin du troisième tome et il est temps de s’attarder sur chaque volume séparément, afin d’approfondir le sujet. Comme pour La trilogie de la quête d’Erekosë, vu que l’édition que j’ai regroupe les trois tomes de la saga, je ne vous proposerais qu’un seul et unique article, ce qui n’est pas très important dans le cas présent vu que les trois composants du cycle sont très liés entre eux, formant presque un seul et unique ouvrage :

LE SEIGNEUR DES AIRS

1902. Le capitaine Oswald Bastable, de l'Armée des Indes, se rend en mission auprès du redoutable Sharan Kang, en son palais de Teku Benga, le Temple du Futur Bouddha. Un cyclone temporel le projette en 1973, en un monde méconnaissable. Après soixante-dix années de paix, le Commonwealth américain et l'Empire britannique se partagent la planète. Des dirigeables géants relient les grandes capitales. Le vice-roi des Indes, Winston Churchill, vient de mourir ? Le bonheur semble régner sur ce monde voué à la paix. Mais ce n'est qu'une apparence. Des peuples entiers sont réduits en esclavage. Des idéalistes — le comte saxon von Bek, le Russe Vladimir Illitch Oulianov, le général eurasien Shaw — luttent contre l'injustice, pour une nouvelle utopie. Oswald Bastable, devenu capitaine de dirigeable, est enlevé par ces terroristes et emmené en Chine, à la Cité de l'Aube, la première ville du Nouvel Age, où se prépare la révolution qui libérera les peuples opprimés du monde entier...

Incontestablement, c’est avec Le seigneur des airs que j’ai pris le plus de plaisir dans ce cycle, et le fait que celui-ci présente les divers protagonistes et en gros, la base qui formera les univers proposés par la suite y est pour beaucoup. Les premières pages sont d’ailleurs tout bonnement excellentes, lorsque Bastable (l’avatar du jour du Champion Eternel) et ses troupes tombent dans le piège d’une tribu fanatique aux confins de l’Inde, dans une citée vieille comme le temps, mais qui, malheureusement, l’on ne reverra plus par la suite. Dommage car la cité de Teku Benga avec tous les mystères qui l’entourent aurait mérité un autre traitement et les questions a son sujet que l’on se posait des le départ resteront sans réponses. C’est certes regrettable mais a ce moment là, on ne le sait pas encore et l’on poursuit la lecture avec le plus vif intérêt, surtout que Bastable se retrouve projeter dans ce qui apparaît être comme une Terre parallèle, dans le futur et le lecteur, comme le personnage principal, découvre petit a petit celui-ci, avec émerveillement et curiosité même s’il faut reconnaître que quand on connaît un tant soit peu le Steampunk, cela n’a pas grand-chose d’original. Cependant, une nuance de taille s’impose : la date de parution du roman, datant du tout début des années 70, a une époque donc où tout cela était « nouveau » et peu commun dans la littérature fantastique en général ; le temps qui passe faisant que l’ont soit un peu blasé parfois, oubliant qu’a un moment donné, tout cela était original et rare. Mais quoi qu’il en soit, il est incontestable que Le seigneur des airs est un bon petit roman de SF, dans la lignée malgré ses différences notables, des autres productions de Moorcock et qui se lit indéniablement avec plaisir. L’intrigue est suffisamment prenante pour captiver le lecteur, même s’il faut reconnaître que celle-ci pêche légèrement par sa longueur, bien trop courte à mon gout ; les personnages sont nombreux, ce monde de 1973 est fascinant tant par la technologie Steampunk que par les implications politiques qui sont abordées par un Moorcock qui visiblement, se délecte dans sa critique de l’Utopie Britannique, mais dans les deux cas, l’auteur ne s’attarde guère, retrouvant un peu ses travers déjà entraperçus dans les premiers volumes de Hawkmoon. Alors, au final, reste un roman sympathique, bon préambule pour la saga à venir et assez prometteur pour celle-ci. Maintenant, la suite…

LE LÉVIATHAN DES TERRES

En parcourant les corridors secrets de Teku Benga dans l'espoir que les machines jadis construites par les dieux hindous pour défier les lois de l'Espace et du Temps le renverront à son époque, Oswald Bastable est projeté en 1904. Mais pas l'année 1904 dont notre histoire a gardé la trace... Vers 1870, au Chili, un sorcier nommé O'Bean a inventé des machines qui ont, en quelques années, apporté la prospérité au monde. Au début du nouveau siècle, l'Utopie semblait un fait accompli. Puis les peuples affranchis de la faim ont voulu décider de leur propre destin. Dans les pays jeunes, ceux qui avaient été asservis pendant des générations ont déclaré la guerre à leurs anciens tortionnaires. Ils se sont donnés un chef, Cicero Hood, l'Attila Noir. Des maladies atroces ravagent « maintenant » l'Occident : le Champignon du Diable, Emma-la-Prussienne, l'Œil-Purulent et bien d'autres horreurs. L'aventure continue, plus fantastique que jamais, dans les tourbillons générés par le paradoxe temporel.

Là, les choses se compliquent un peu et l’on commence, indéniablement, à se poser des questions en abordant la lecture du deuxième tome, Le Léviathan des terres. 1904, Oswald Bastable croit avoir retrouvé son monde d’origine mais il doit bien vite se rendre à l’évidence que ce n’est pas le cas. A la place, une fois de plus, une évolution divergente dans la ligne temporelle et une Terre, a la technologie fortement évoluée qui connu l’Utopie dans les dernières décennies du dix neuvième siècle avant de connaître une guerre totale entre les nations. Le préambule de départ est a priori intéressant, sans nul doute, le problème, que l’on retrouvera également dans le dernier tome de la trilogie, c’est que les points communs restent légions, ainsi, les différences technologiques, par exemple, entre le 1973 du Seigneur des airs et le 1904 du Léviathan des terres sont tenues et le lecteur n’a pas véritablement l’impression de passer forcement d’un univers a un autre, ne serais ce les Histoire des deux mondes, divergentes dans les grandes lignes, mais qui n’en gardent pas moins des points communs fortement troublants. Par la suite, vers la fin du cycle, on comprendra pourquoi il en est ainsi, ou pourquoi, les mêmes personnages reviennent aussi, sans cesse, mais il est clair qu’ à la lecture du deuxième tome, le lecteur est loin de s’en douter et, du coup, toutes ces ressemblances peuvent, par certains cotés, joué quant a l’intérêt d’un roman qui, pourtant, n’en a pas moins ses qualités. Car l’intrigue de ce Léviathan des terres est particulièrement bien trouvée : la conquête du monde par un dictateur africain qui joue de la revanche des siens contre les occidentaux, ainsi que les implications politiques une nouvelle fois abordées, sont, je trouve, assez bien trouver. De même, les explications quand au « pourquoi » de ces conquêtes, et l’image que se donne ce fameux Attila Noir est l’une des réussites de ce livre. Alors, le lecteur saura trouver du plaisir à la lecture de ce deuxième tome du Nomade du temps, cependant, une fois de plus, il faudra faire avec les habituels défauts de l’auteur, quelques raccourcis un peu trop faciles et quelques protagonistes un peu trop stéréotypés, auquel, s’ajoute, comme je l’ai déjà préciser, cette impression de « déjà vu », une impression qui nui un peu à l’œuvre, et qui ne trouvera son explication que par la suite. Alors, au final, que penser de ce Léviathan des terres ? Roman sympathique, sans aucun doute, avec ses qualités et de bonnes idées, je n’en doute pas mais loin des meilleurs ouvrages de Moorcock, incontestablement.

LE TSAR D’ACIER

Rome tonne, Londres gronde, c'est la fin du monde. Ballotté d'un repli temporel à l'autre, Oswald Bastable est projeté en 1941, pendant la Grande Guerre. La Troisième Flotte du Japon anéantit Singapour, fracassant pour toujours le rêve utopique de l'Angleterre. Mais Bastable, ce mélange de Rip van Winkle et du Hollandais Volant mâtiné de Juif Errant, a déjà connu trois variantes de notre monde. À chaque fois, il a été témoin du plus épouvantable holocauste : ce n'est pas forcément l'Apocalypse. La paix peut revenir. Faire tout sauter et recommencer à zéro peut être une bonne idée. Le Tsar d'acier — un ancien pope à tendances messianiques dont le vrai nom est Joseph Vissariono-vitch Djougatchivili — va nous arranger tout ça. Son surnom lui vient de l'antique casque métallique qui lui masque le visage. On le soupçonne de ne pas être un homme, mais une sorte d'automate. Peu importe, il a de si belles idées pour le monde ! Non, le plus étonnant, c'est qu'à son bras, Bastable retrouve la belle Una Persson. L'aventure continue, plus fantastique que jamais.

C’est avec une certaine crainte et peu d’enthousiasme que j’ai abordé la lecture du dernier tome du Nomade du temps, Le Tsar d’acier. Il est évidant que, comme je l’ai précisé dans les autres volumes, le fait d’attendre monts et merveilles de ce cycle, auquel, il faut ajouter le fait, non négligeable, que les divers mondes traversées par notre voyageur du multivers, Oswald Bastable, se ressemblent tous dans les grandes lignes, avait commencer à m’ennuyer un peu, au point que, dans les premières pages de ce troisième volume, la déception était présente, indéniablement. Pourtant, malgré le fait que ce monde de 1941, une fois de plus, ressemblait presque comme deux gouttes d’eau a ses prédécesseurs et que Bastable, pour ne pas changer, allait pour la énième fois essayer de travailler dans un dirigeable, petit à petit, alors que l’intrigue avançait, ce sentiment de déception commençait à s’atténuer, alors que les implications générales du cycle, ainsi que les explications de tous les mystères et, surtout, du pourquoi tous ces univers étaient si proches, se révélaient. Car sans rentrer dans des explications qui priveraient ceux qui n’ont pas lu ce cycle du plaisir de la découverte, en fait, bon nombre de choses, comme ses points communs agaçants, ses personnages que l’on retrouvait sans cesse, n’étaient pas une facilité de l’auteur, ni la preuve d’un ratage complet, mais au contraire, la démonstration évidant que Moorcock, en écrivant Le nomade du temps, avait une idée précise de ce qu’il faisait et que l’explication finale, avec ses implications sur d’autres cycles, était, malgré tout, une bonne idée. Alors bien sur, l’on pourra regretter que pour en arriver la, il faille passer par une intrigue pas forcement passionnante, puisque franchement répétitive, et ce, même si ce Tsar d’acier était tout de même bien trouver. Mais bon, sans atteindre des sommets dans la production habituelle de l’auteur britannique, ce troisième tome n’en reste pas moins nécessaire, ne serais ce que pour la compréhension de l’ensemble du cycle, se lisant bien, même si le plaisir des débuts n’est plus aussi intense. Une fin donc qui vaut plus par ses explications que par son intrigue générale mais qui conclut néanmoins bien un cycle qui n’est pas forcement exceptionnel mais qui mérite tout de même que l’on le découvre, surtout pour les passionnés de Moorcock. Pour les autres, peut être ne sera-t-il pas nécessaire.

dimanche 7 mars 2010

WELCOME


WELCOME

Bilal est un jeune Irakien, arrivé à la force de ses jambes jusque dans le Nord Pas de Calais. Son intention est de passer en Grande-Bretagne, là où se trouve la fille qu’il aime, Mina. Mais face à tous les moyens mis en place pour lutter contre l’immigration clandestine, il se retrouve bloqué en France. Condamné à voir, à l’horizon, les plages anglaises, si proches mais si lointaines. Il décide alors de prendre des cours de natation, pour atteindre la terre promise à la nage, et rencontre Simon, un maître-nageur, qui va décider de l’aider.

Philippe Lioret est un cinéaste relativement connu pour des comédies légères, parfois non dénuées de fond social. Avec Welcome, il signe une œuvre résolument engagée, laissant le spectateur plein d’un questionnement politique amer et d’actualité. En effet, l’histoire de ce jeune homme arrivé d’on ne sait comment d’Irak, prêt à défier la Manche, alors qu’il sait à peine à nager, pour rejoindre sa belle promise à un cousin en Angleterre, ne peut laisser indifférent. D’un postulat d’abord romantique, la mise en scène de Lioret est plutôt sobre et triste.

Dans cette région sinistre, il y Calais. Lieu de tous les espoirs pour des milliers de migrants prêts à l’exil, afin d’atteindre l’Angleterre, l’Eldorado d’où ils ne seront plus expulsables. Des hommes attendent, l’air hagards, la soupe distribuée par des bonnes âmes, l’angoisse au ventre, dans le froid.

Il y a aussi cet homme, Simon, maître nageur mélancolique, brut, en plein divorce d’avec une femme qu’il aime encore, une des « bonnes âmes » qui s’insurge quand des réfugiés sont interdits de supermarché. Vincent Lindon interprète ce rôle d’ours à merveille, à la fois silencieux et sensible, brut et tendre. Sollicité par Bilal pour lui apprendre à nager, il comprend vite l’objectif insensé du jeune réfugié, et se laisse peu à peu apprivoiser quand il comprend quel sort lui réserve notre beau pays des libertés. En effet, non reconduit aux frontières car il est mineur, Bilal est laissé libre sans liberté, sans aide aucune, et sans droit d’être aidé. De là découle le vrai message politique du film, car on découvre horrifié ce qui peut arriver à des hommes charitables, quand ils veulent aider leur prochain. Il est interdit d’aider des clandestins sous peine d’emprisonnement et d’amende. En d’autres termes, Simon n’a pas le droit d’offrir le couvert et le toit à Bilal, il commet un délit. Mais comment accepter l’absurdité d’une telle loi ? Comment accepte t’on l’inhumanité ?

Voilà le questionnement pertinent de ce film, aidé par une mise en scène assez fluide et minimaliste. Car Lioret ne nous tire pas les larmes, par des acteurs qui sur jouent, ou grâce à une musique dramatique, non, les dialogues sont justes, la musique n’est là qu’à des moments essentiels, sans rajout inutile. Les personnages sombres, la couleur grise, les bruits angoissants du quai suffisent à créer une atmosphère lourde.

D’ailleurs, le romancier Olivier Adam, co-auteur du scénario, avait lui-même su dépeindre l’ambiance particulière de ces lieux dans A l’abri de rien, avec une héroïne Marie, qui retrouvait goût à la vie en présence de ces réfugiés, tout comme Simon dans le film.

Le titre Welcome, assez fort de sens, se réfère à différentes choses : le bienvenue chez nous, où en 2010 on peut laisser des gens, voir des enfants, errer dans les rues, sous prétexte qu’ils viennent d’ailleurs, sans dignité humaine ; puis le paillasson du gentil voisin de Simon, à croire que l’Histoire n’a servi à rien, prêt à dénoncer de peur de voir entrer dans son immeuble la misère humaine ! Welcome, enfin, c’est l’ironique destin de Bilal, qui presque parvenu à ses fins, voyant les côtes anglaises apparaître sous ses yeux épuisés, fuit face au garde côtes anglais, préférant mourir que de ne pas être accueilli.

samedi 6 mars 2010

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : LA CITÉ DES PIRATES


REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE 9 : LA CITÉ DES PIRATES

A sa mort, Heinrich pensait trouver la paix et non le chaos de Résurrection, un monde où les terres et le temps sont inversés, et où il découvre qu’il est un vampire. Adoubé chevalier sous le nom de Requiem, il est plongé dans un conflit cosmique entre des dieux étranges dont il est peut être la clé. La guerre entre les vampires et les pirates se fait de plus en plus proche. Dame Mitra a fomenté un plan bien ficelé où munitions à eau bénite, fusils à larmes d'ange et missile angélique devraient réduire à néant les suceurs de sang. Menant les pirates vers la victoire, la pirate voue une haine sans commune mesure vis à vis de ses ennemis. Sous les suppliques de l'un de ses subordonnés, Tengu, elle finit toutefois par accepter que l'un d'entre eux, un exclus nommé Dragon, se batte à ses côtés. Se son côté, Requiem passe un doux moment avec Bénédiction qui a repris ses esprits depuis que le chevalier vampire a supprimé le vil sorcier. Les deux vampires sont coupés dans leur débauche d'énergie sexuelle, obligés de s'enfuir en moto car les exorcistes sont proches. Sur le chemin, Requiem constate que les pirates sont en train d'envahir sa cité. Il n'hésite pas, pour le coup, à lutter comme il peut pour ralentir la défaite prévisible des vampires...

Il y a un peu plus d’un an, j’avais écris pour la critique du huitième tome de Requiem, La Reine des âmes mortes, que celui-ci semblait être un volume de transition et que les choses sérieuses allaient probablement commencées (du moins, je le voyais ainsi et l’espérais). Mais alors, près d’un peu plus de treize mois plus tard, qu’en est il de ma prédiction ? Et bien, j’ai put constater avec plaisir que je ne m’étais pas le moins du monde trompé et que ce nouveau tome, tant attendu comme ces prédécesseurs en leur temps, allait une fois de plus devenir un incontournable, dans la ligne droite de la série. Sur ce point, ce n’est même plus une surprise : les fidèles de l’œuvre de Patt Mills et d’Olivier Ledroit savent depuis longtemps que Requiem est une valeur sure, une œuvre tout simplement culte que l’on attend avec une impatience rare et qui ne déçoit jamais. Le fait est assez rare pour le souligner en cette époque où le lecteur, féru de BD, se voit envahir mensuellement par des dizaine et des dizaines de titres divers, venus des quatre coins du monde, sans que la qualité soit forcement au rendez vous. Avec Requiem, pas de problèmes pour ce qui est de la qualité, elle est là, tant par le scénario (qui n’est pourtant pas d’une originalité ébouriffante de prime abord) tant, mais je l’ai déjà dit tant et tant de fois, par les dessins de Ledroit, tout bonnement exceptionnels et qui apportent tant à cette série. Maintenant, une chose est certaine et il me semble important de le signaler : Requiem n’est pas une série a mettre entre toutes les mains, de part son univers, sa violence, le sexe et l’immoralité qui s’en dégage, mais pour tout ceux que cela ne gène pas, alors, bienvenu sur Résurrection et éclatez vous !

Mais alors, que vaut ce neuvième tome, La cité des pirates, en tant que tel ? Car, après tout, c’est ce qui nous préoccupe aujourd’hui. En toutes franchise, plusieurs sentiments se sont dégagés assez rapidement a la lecture de celui-ci : tout d’abord, la satisfaction de retrouver un univers connu et des personnages dont je ne me lasse pas le moins du monde. Ensuite, une certaine perplexité, impression qui ne m’arrive pas pour la première fois au fil de cette série, devant l’arrivée de tout un tas de nouveaux personnages : une fois de plus, un tas de nouvelles tètes font leur entrée en scène, au point que je ne sais même plus combien de protagonistes existent depuis les débuts de la saga, mais le problème, c’est que si l’on peut passer sur les second couteaux, certains personnages principaux apparaissent a peine, voir pas du tout (je ne vous parle même pas de Sabre, dont on ne voit que le bout de son… euh, sa, euh, et bien, son pénis quoi), tandis que les nouveaux, eux, sont plus que présent (ne serais ce que dans le cas présent, le Vampire Samouraï) sans certitude de faire long feu par la suite. Mais bon, cela n’étant pas la première fois que cela arrive, on commence à avoir l’habitude et même ainsi, ce nombre incalculable de protagonistes divers ne nuisent pas à un intérêt et une intrigue toujours aussi excellente, de qualité et captivante (même si les premières pages m’ont laisser légèrement perplexe de part leur implication). De plus, l’on ne s’ennuie pas une seule seconde : que ce soit les préparatifs des pirates, ou l’attaque de la citadelle vampire qui suit, le lecteur se délectera au fil des pages, entre un humour toujours présent et bien placé et des personnages haut en couleur, des planches superbes (tout le temps) ou tout bonnement sublimes (oh la double page où l’ensemble de la flotte pirate s’élance avec la forteresse au milieu, un régal pour les yeux !), une fois de plus, ce nouveau tome de Requiem vaut amplement le détour. Franchement, au bout de tant d’années que cette série existe, je ne m’en lasse pas une seule seconde et, alors que ce tome, tant attendu et espéré pendant plus de un an est finalement achevé, une fois de plus, la chose que j’espère le plus est, tout simplement, de découvrir la suite ! Car entre les combats engagés, comme Requiem et le samouraï, les pirates, loin d’être repoussés, l’étrange jeu plus qu’ambigu auquel joue la mystérieuse et inquiétante Bénédiction, Rebecca, dont la jalousie pourrait jouer des tours a son ancien amant, et tout le reste : au fait, quels sont les plans de Dracula pour la Terre, et les rebelles, ceux qui souhaitent le renverser, et Thurim ? Bref, qu’est ce que tout cela va donner ? Hum, vivement la suite que je me régale à nouveau !
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