mercredi 26 avril 2017

LA LÉGENDE DE HAWKMOON – LE DIEU FOU


LA LÉGENDE DE HAWKMOON – LE DIEU FOU

Le Comte Airain a perdu le désir de vivre. Sa fille, la douce Yisselda, a été enlevée, puis livrée au Dieu Fou. Dorian Hawkmoon, le fiancé de la belle, guerroie au loin contre les Granbretons. C'est pourtant lui qui, sur le chemin du retour, rencontre les adorateurs du Dieu Fou. Ces gladiateurs nus, luisants et drogués se reconnaissent à leur rire sauvage, pareil à celui de tous les damnés de l'enfer. Ils sont comme une baleine en furie, leur plaisir n'est pas de voler mais de détruire. C'est à l'Amulette Rouge que le Dieu Fou doit sa puissance et sa folie : il l'a dérobée à un serviteur du Bâton Runique et n'a pas le droit de la porter. Par-delà les navires de la mort, par-delà les guerrières en kilt, Hawkmoon atteint un château noir où le Dieu Fou, seul et désespéré (ses suivantes se sont entre-tuées pour satisfaire sa perversité), libère Yisselda; et c'est elle qui, avec un hurlement de bête, se jette sur son sauveur. Devra-t-il la tuer ? Devra-t-il mourir ?


La Légende de Hawkmoon – Le Dieu fou
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Fantasy, Dystopie
Première Parution : 15 juin 1968
Edition Française : 01 septembre 2007
Titre en vo : The Mad God’s Amulet
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Jean-Luc Fromental
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 256

Mon avis : Second volet de La Légende de Hawkmoon, Le Dieu fou, ne possède pas de grandes différences avec son prédécesseur, Le Joyau Noir : l’action débute là où on l’avait laissée à la fin du premier volume et, d’entrée de jeu, on retrouve le Duc de Köln et Oladhan, son fidèle compagnon des montagnes bulgares (il faut bien que le Champion Eternel ait son compagnon), décidés à revenir le plus rapidement possible en Kamarg, maintenant que notre héros est libéré de la menace que le Joyau Noir faisait peser sur lui. D’ailleurs, une fois de plus, et j’estime bon de le signaler, il n’y a aucun temps mort : l’action dans ce cycle est primordiale et l’on n’a guère le temps de s’attarder sur les états d’âmes des protagonistes, voir même les discussions entre ceux-ci, réduites qu’elles sont au stricte minimum. D’ailleurs, sur ce point, on sent bien que l’auteur s’est contenté d’écrire un récit d’aventure pure, où les rebondissements se succèdent à une vitesse folle et où Moorcock ne s’attarde jamais sur tel passage qui aurait probablement mérité d’être un peu plus développé. C’est souvent dommage d’ailleurs et nous avons là, indéniablement, le principal défaut de cette œuvre qui aurait sans nul doute méritée un autre traitement tant son univers, post-apocalyptique, rempli d’anachronismes bien trouvés, son empire maléfique tout bonnement génial et ses personnages hauts en couleurs, sont plutôt réussis. D’ailleurs, puisque l’on y est, comment ne pas revenir sur ces protagonistes secondaires qui écrasent, de part leur charisme, quasiment tout le reste, y compris le héros, le sympathique Dorian Hawkmoon, que j’aime bien mais qui est tout de même, reconnaissons le, à des années lumières d’Elric !? Et justement, dans ce volume, un nouveau personnage secondaire fait son apparition, le antihéros par excellence, je veux bien évidement parler du charismatique Huillam d'Averc, d’abord adversaire puis allié, au fil des événements du Duc de Köln, qui, par son cynisme, sa prestance et son ambiguïté en devient rapidement sympathique au point que, personnellement, je l’ai préféré à Hawkmoon, un peu trop fade pour le moment. Enfin, dans Le Dieu fou et sans qu’il n’ai le temps de souffler, le lecteur traversera, avec ses héros, toute l’Europe, rencontrera une ancienne race porteuse d’antiques reliques scientifiques, partira au secours d’Yisselda disparue depuis des mois, aura à faire aux mercenaires fous d’un soit disant Dieu porteur d’une amulette rouge dont Hawkmoon devra s’emparer, fera face une fois de plus aux Granbretons qui, après avoir conquis quasiment tout le continent, ont lancer toutes leurs forces contre la Kamarg qui est bien prête de tomber et qu’il faudra sauver à tout prix, tandis que, il devient de plus en plus flagrant que les faits et gestes des divers protagonistes ne semblent pas être le fait de leurs décisions ou du hasard, mais bel et bien du destin. Tout cela en deux cents pages environ, ce qui, il faut le reconnaitre, est bien trop peu, ce qui fait que, même si certains passages sont plutôt épiques, même si l’ensemble se lit plutôt bien, il est clair que si Moorcock s’était davantage investi dans ce cycle, nul doute que la qualité de l’ensemble aurait été oh combien supérieure…


Points Positifs :
- Ceux qui auront apprécié les débuts de La Légende de Hawkmoon retrouveront avec plaisir une ambiance et un style d’écriture nerveux, qui ne se perd pas en discussions et en descriptions, privilégiant l’aventure et qui va droit au but ; un peu trop même, par moments…
- L’arrivée de Huillam d'Averc, noble français qui œuvrait pour les Granbretons et qui va devenir un allié de Hawkmoon. Il faut dire que de par son cynisme et ses manières, ainsi que de par son ambigüité, celui-ci se pose immédiatement en tant que personnage le plus charismatique de la saga ; bien davantage que notre sympathique Duc de Köln, au demeurant…
- En tant que divertissement pur sans prise de tête, il est clair que Le Dieu fou vous tiendra en haleine du début à la fin.

Points Négatifs :
- Quel dommage que Moorcock ne soit pas davantage investi dans l’écriture de ce cycle, car bon, comment dire, avec cet univers original, les Granbretons et quelques protagonistes hauts en couleurs, il y avait de quoi faire beaucoup mieux…
- Quasiment aucune description, des dialogues souvent réduits à leur strict minimum, une multitude d’événements qui se succèdent sans que l’on ait le temps de souffler. On sent le travail vite fait pas forcément bien fait, ce qui est fort dommage d’ailleurs.
- Certes, il faut prendre tout cela pour une parodie de Fantasy, mais bon, il arrive tellement de choses a nos héros qu’au bout d’un moment, on n’y croit plus…
- Du coup, Moorcock a écrit tout cela tellement vite que l’on n’échappe pas a quelques incohérences et autres coquilles, ici et là.
- Une couverture franchement bof !

Ma note : 6,5/10

mardi 25 avril 2017

TAKING TIGER MOUNTAIN (BY STRATEGY)


TAKING TIGER MOUNTAIN (BY STRATEGY)

Brian Eno

1 - Burning Airlines Give You So Much More (Brian Eno) 3:18
2 - Back in Judy's Jungle (Brian Eno) 5:16
3 - The Fat Lady of Limbourg (Brian Eno) 5:03
4 - Mother Whale Eyeless (Brian Eno) 5:45
5 - The Great Pretender (Brian Eno) 5:11
6 - Third Uncle (Eno, Brian Turrington) 4:48
7 - Put a Straw Under Baby (Brian Eno) 3:25
8 - The True Wheel (Eno, Manzanera) 5:11
9 - China My China (Brian Eno) 4:44
10 - Taking Tiger Mountain (Brian Eno) 5:32


Taking Tiger Mountain (By Strategy)
Musicien : Brian Eno
Parution : 05 novembre 1974
Enregistré : septembre 1974
Durée : 48:14
Genre : Glam Rock, Art Rock
Producteur : Brian Eno
Label : Island

Musiciens :
Eno : chant, effets électroniques, guitare, claviers, production
Phil Manzanera : guitare
Brian Turrington : basse
Freddie Smith : batterie
Robert Wyatt : percussion, chœurs
Portsmouth Sinfonia : orchestre (7)
Randi and the Pyramids : chœurs (8)
The Simplistics : chœurs (2-10)
Andy Mackay : trompette (3)
Phil Collins : batterie (4)
Polly Eltes : chant (4)
Peter Schmidt : Stratégies Obliques (avec Brian Eno) et pochette

Mon avis : Après un premier album solo, Here Comes the Warm Jets, qui s’avéra être une belle réussite et où faisait preuve de son talent, et avant le sublime Another Green World qui fut, il faut bien le reconnaitre, son premier chef d’œuvre, le sieur Brian Eno eu le temps de sortir, sans grands fracas, ce second opus, Taking Tiger Mountain (By Strategy), certes un peu moins connu, mais qui, il faut le reconnaitre, n’a pas a rougir de la comparaison du reste de la production de l’ex-magicien de Roxy Music des années 70. Alors certes, ici, Eno est plus dans la lignée de ce qu’il fit dans Here Comes the Warm Jets et la grande révolution est encore à venir, et ce, même si avec l’animal, celle-ci fut bel et bien présente dès ses tous débuts, mais malgré cette proximité flagrante avec le premier opus – en genre musical, en personnel – force est de constater que, premièrement, cela n’empêche nullement Taking Tiger Mountain (By Strategy) d’être un fort bon opus, deuxièmement, de noter, pour les plus attentifs, que le style expérimental du maitre a encore franchit un palier et que ce dernier s’éloigne de plus en plus du glam… d’ailleurs, si ce n’est le style vestimentaire limite ridicule de Brian Eno et ses compères de Roxy Music – Phil Manzanera, principalement, et Andy Mackay – il faut chercher bien loin un quelconque point commun avec un genre musical en train de mourir… Mais bon, tout cela n’a que peu d’importance car ce qui compte avant toute chose, c’est qu’en dehors d’un habillage de carnaval, cette histoire de stratégies crées avec son compère Peter Schmidt et que Bowie utilisera par la suite et cette longue chevelure qui bientôt ne sera plus, Taking Tiger Mountain (By Strategy) mérite le détour car c’est un bon album composé de belles pépites et où Eno fait montre, une fois de plus, de tout son talent d’auteur compositeur, mais aussi… de chanteur ! Car oui, et une fois de plus, je ne peux que le regretter : quel dommage que très rapidement, celui-ci ait complètement mis de coté cette part de son talent car le bougre était diablement doué en vocalises, mais bon, on ne refera pas le passé et il nous reste, a nous, fans, quelques albums pour nous satisfaire, y compris, bien entendu, ce Taking Tiger Mountain (By Strategy) qui en est un fort sympathique représentant.


Points Positifs :
- Un album, très proche, musicalement parlant, de Here Comes the Warm Jets, certes, mais qui nous permet de prolonger le plaisir ressenti dans celui-ci. Il faut dire que Brian Eno poursuit de fort belle manière sur sa lancée et nous offre, à nouveau, un beau petit florilège de chansons sans grandes prétentions mais plutôt agréables et qui nous démontrent que celui-ci était un auteur-compositeur plutôt doué dans son genre.
- Un style particulier, étrange par moments, mais si on est fan, alors, on ne peut que passer un fort bon moment devant cette collection de titres plus ou moins expérimentaux où Eno s’en donne a cœur joie tandis que ses compères – où se démarquent principalement Phil Manzanera et Robert Wyatt – font plus que l’accompagner…
- Même si cela peut tenir plus du gadget qu’autre chose, cette affaire de stratégies obliques aura, mine de rien, une place importante au sein de l’histoire de la musique par la suite – qui a dit Bowie ?
- Une pochette plutôt réussie dans son genre avec tous ces Eno…

Points Négatifs :
- Un album peut-être un peu trop proche, par la forme, de son prédécesseur et certains préférerons largement le virage pris avec Another Green World, premier chef d’œuvre incontestable de Brian Eno.
- Je ne le nie pas : il faut vraiment accrocher à ce style particulier où expérimentation et loufoquerie sont un peu le mot d’ordre de ces chansons. Forcément, si ce n’est pas le cas…

Ma note : 8/10

LA NOUVELLE REVUE D’HISTOIRE 81 – SCANDALES FINANCIERS, CORRUPTION POLITIQUE


LA NOUVELLE REVUE D’HISTOIRE 81 – SCANDALES FINANCIERS, CORRUPTION POLITIQUE
Novembre/Décembre 2015

Scandales financiers, corruption politique
- Présentation du dossier
- La corruption des « grands ancêtres »
- 1847 : l’affaire Teste-Cubières
- Le duc de Morny et les bons Jecker
- Le krach de l’Union générale
- La Légion d’honneur à l’encan…
- Panama et les « chéquards »
- L’affaire Stavisky
- La Vème République des « Affaires »
- Politique et finance, les raisons du scandale

Editorial : Histoire et identité
- La caméra explore l’histoire : Scipion l’Africain
- Le billet inattendu de Péroncel-Hugoz : Les Diagne de Gorée à Lourmarin
- Une nouvelle histoire militaire. Entretien avec Jean-Pierre Bois
- Godefroy de Bouillon. Un preux à Jérusalem
- Les deux siècles de la croisade d’Orient
- La Grande Guerre, une guerre polonaise ?
- Jean-Paul Hutter, un normalien dans la Wehrmacht
- Décembre 1965. De Gaulle en ballotage
- Le monde disparu de la Prusse rouge
- Jeu. Godefroy de Bouillon et son temps
- Le Blanc Soleil des vaincus. Entretien avec Pauline Lecomte
- Actualité des livres historiques

Mon avis : Un numéro particulier de La Nouvelle Revue d’Histoire dont je vais vous parler aujourd’hui puisque, comme les plus attentifs l’auront remarqué immédiatement, celui-ci date de la fin d’année 2015. Cela s’explique pour la simple et bonne raison que, a l’époque, cela faisait quelques mois que j’avais un peu mis cette revue de coté, la faute a une certaine lassitude dut a l’un des plus gros défauts de la NRH, je veux bien évidement parler de leur fixette sur la période de l’entre-deux guerres, Vichy, la collaboration, etc. Bien évidement, depuis lors, j’ai un peu refait la paix avec cette revue – même si ce défaut est toujours présent – et, du coup, sachant que, pendant sensiblement un an, j’avais loupé quelques numéros plutôt intéressants, je m’étais dit que, un jour ou l’autre, il faudrait me les procurer, donc acte. Et justement, celui-ci, qui nous propose comme dossier principal les scandales financiers et la corruption politique était sans nul doute l’un des plus intéressants : il faut dire qu’il suffit de se souvenir de la campagne présidentielle française dont le premier tour vient d’avoir lieu ce dimanche pour constater que, pour ce qui est des affaires, avec François Fillon et Marine Le Pen, on a été servis – le premier ayant payer cher pour cela, la seconde, non, comme quoi, certains individus sont incompréhensibles lorsqu’ils punissent untel pour ses fautes mais se couchent devant un autre tout aussi fautif, mais bon, c’est un autre débat… Bref, un dossier, donc, fort intéressant, toujours d’actualité malgré les longs mois qui se sont écoulés depuis et qui nous montre bien que corruption et scandales ont toujours flirtés allègrement avec la classe politique française, quelque soit le régime… Mais si le dossier principal est franchement bon, le reste de cette revue l’est presque tout autant : il faut dire que, entre un article fort instructif consacré à Godefroy de Bouillon, un autre qui revient sur les Croisades, celui consacré au sort de la Pologne lors de la Grande Guerre et ceux qui reviennent sur les élections présidentielles de 1965 ou sur la RDA , il y a de quoi faire pour le passionné d’Histoire qui, indéniablement, trouvera son bonheur dans ce numéro qui nous rappelle que si La Nouvelle Revue d’Histoire est une revue qui peut être fort agaçante lorsqu’elle tombe dans ses travers, de temps en temps, certains numéros viennent nous rappeler a quel point elle reste une revue de grande qualité !


Points Positifs :
- Un dossier principal, Scandales financiers, corruption politique, qui est toujours d’actualité et qui, je pense, le sera toujours – il suffit de se souvenir de la campagne présidentielle actuelle pour s’en convaincre. Fort instructif, complet et revenant sur de nombreuses affaires qui ont émaillées la classe politique française depuis la révolution de 1789, ce dossier nous montre bien que la corruption, dans notre pays, est un sport national !
- Un nombre conséquent d’articles divers et qui méritent le détour : Godefroy de Bouillon, les Croisades, le sort de la Pologne lors de la Grande Guerre, les élections présidentielles de 1965, l’histoire de la RDA.

Points Négatifs :
- Bon, on n’a pas échappé au traditionnel article consacré à un intellectuel français qui opta pour le camp de l’Allemagne lors de la Seconde Guerre Mondiale. A quand un numéro complet de la NRH où ce sujet ne sera pas abordé ?!
- Le dossier principal est très bon, cependant, on notera que les affaires de la droite ne sont guères mentionnées alors que bon, comment dire… le financement du RPR et les faux électeurs de la Mairie de Paris, Charles Pasqua et quelques autres, ce n’est pas rien…

Ma note : 7,5/10

dimanche 23 avril 2017

ROOM


ROOM

Joy et son fils, Jack, vivent enfermés à Akron, dans l'Ohio, dans la Room, le seul monde réel  que l'enfant n'ait jamais connu. Ils y partagent un lit, des toilettes, une baignoire, une armoire, la télévision et une cuisine rudimentaire. Dans cette pièce à la porte verrouillée en permanence, avec un velux comme seule fenêtre, Joy, du mieux qu'elle le peut, assure, l'éducation et la sécurité de son fils, étant ses priorités. Ils sont approvisionnés régulièrement par Vilain Nick, qui visite la chambre quand il le veut tandis que Jack se cache dans l'armoire. Il est persuadé que Room est le monde, et que ce qu'il se passe dans la télé n'est pas la réalité. Alors que Jack vient de fêter ses 5 ans, Joy décide de lui expliquer qu'il existe un monde à l'extérieur de ces murs et comment elle est arrivée dans la pièce...


Room
Réalisation : Lenny Abrahamson
Scénario : Emma Donoghue d'après son roman Room
Musique : Stephen Rennicks
Production : Element Pictures, Film4 et No Trace Camping
Genre : Drame
Titre en vo : Room
Pays d'origine : Canada, Irlande
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 16 octobre 2015
Durée : 118 mn

Casting :
Brie Larson : Joy « Ma » Newsome
Jacob Tremblay : Jack Newsome
Joan Allen : Nancy Newsome
William H. Macy : Robert Newsome
Sean Bridgers : Vilain Nick
Tom McCamus : Leo
Amanda Brugel : officier Parker
Wendy Crewson : Présentatrice
Joe Pingue : officier Grabowski
Megan Park : Laura
Cas Anvar : Dr Mittal

Mon avis : Film sans grande prétention et plutôt passé inaperçu aux yeux du grand public lors de sa sortie, fin 2015, Room est la preuve évidente qu’avec peu de moyens, sans grande esbroufe et en abordant avec sérieux un sujet grave, certains sont capables de nous pondre des œuvres qui valent mille fois la majeur partie des productions de ces dernières années, bien plus fournies, elles, en budget et en publicité. Car effectivement, Room est un bon, que dis-je, un très bon film, mais pour parvenir a cette conclusion, encore faut-il posséder, il me semble, une certaine sensibilité et savoir prendre son temps, car oui, Room possède un rythme lent, qui déplaira a beaucoup, mais qui s’avère néanmoins nécessaire… Ainsi, pendant une bonne partie du film, nous assistons à un huit-clos où, dans une pièce minuscule, vivent cloitrés depuis des années une mère et son enfant – ce dernier n’ayant jamais connu le monde extérieur. La jeune femme, enlevée a l’adolescence par un prédateur sexuel – ce qui rappellera l’affaire Natascha Kampusch mais celle-ci ne fut pas, hélas, la seule – faisant au mieux pour donner a son fils un semblant de vie normal. Forcément, le rythme de cette partie du film est particulier, assez lent, mais franchement réussi. Arrivé à un certain moment, mère et enfant réussissent à s’échapper de leur bourreau et si le film, jusque là, était assez bon, il devient très bon dans son traitement du retour a la vie normal de nos deux héros : la jeune femme est d’abord heureuse de retrouver la liberté, quand a son fils, il va d’étonnement en étonnement, devant la découverte du monde extérieur. Tout en finesse et tout en continuant sur un rythme assez tranquille, l’intrigue suit son court, entre évolution de l’un qui s’adapte et descente en dépression de l’autre, ce, jusqu’à un final certes convenu mais qui reste correct. Bien évidement, Room est loin d’être un chef d’œuvre et, d’ailleurs, il n’a pas prétention a l’être, cependant, pour avoir sut traiter fort intelligemment un sujet difficile et cela, sans la moindre esbroufe, ce long métrage vaut largement le détour, en tous cas, bien davantage que le dernier Fast and Furious en date et autres étrons du même genre…


Points Positifs :
- Traiter un sujet aussi grave – l’enlèvement de jeunes filles par des prédateurs sexuels qui les séquestrent ensuite pendant des années – est non seulement rare mais comme en plus, cela est fait d’une manière intelligente et tout en sobriété, pourquoi bouder son plaisir ?
- Chapeau bas pour la mise en scène car bon, une grande partie du film se déroule en huit-clos dans une pièce minuscule mais on ne s’ennui pas une seconde.
- La manière dont est amenée la découverte, pour le jeune enfant, du monde extérieur, son adaptation progressive a celui-ci, et ce, tandis que sa mère, elle, a bien plus de mal. Tout cela étant filmé de manière fort intelligente.

Points Négatifs :
- Dommage que la seconde partie du film n’ai pas été plus longue : je trouve que tout le processus d’adaptation de l’enfant au monde réel est trop rapidement survoler vers la fin. De même, j’aurai souhaité une mise en avant des problèmes de la mère, quasiment absente au bout d’un moment.
- Un rythme très lent qui déplaira indéniablement à un certain public peu habituer a ce genre de films.
- Par contre, c’est moi ou le gamin a vraiment une tête à claques, surtout quand il a les cheveux longs !?

Ma note : 7,5/10

samedi 22 avril 2017

HELLBOY – LE DIABLE DANS LA BOÎTE


HELLBOY – LE DIABLE DANS LA BOÎTE

Abe et Hellboy arrivent à Druggan Hill en Angleterre où un phénomène étrange vient de se produire. La veille, durant la soirée, M. Heath, tranquillement assis dans son fauteuil, s’est retrouvé paralysé et a vu rentrer chez lui un homme tenant une main enflammée telle une chandelle. Il s’est dirigé vers la cheminée et, à l'aide d'un petit marteau, a frappé à plusieurs reprises le mur juste au dessus. Il en a sorti un petit coffret et une pince et il est parti, laissant la main à côté M. Heath. Au petit matin, ce dernier put enfin bouger. Hellboy découvre qu'un visage était peint sur le mur, celui d'un Saint, Dunstan. En Ecosse, on retrouve le mystérieux homme, en train de déposer le coffret à ses commanditaires, un couple dédiant leur vie à Satan. Ils ouvrent alors le coffret et une étrange fumée en sort. La femme en regardant à l'intérieur voit qu'il n'y a rien, mais une mouche en sort et rentre dans sa bouche. L'instant d'après, elle n'est plus : un démon a pris possession d'elle…


Hellboy – Le Diable dans la boîte
Scénario : Mike Mignola
Dessins : Mike Mignola
Encrage : Mike Mignola
Couleurs : Dave Stewart
Couverture : Mike Mignola
Genre : Fantastique, Etrange, Aventure
Editeur : Dark Horse
Titre en vo : Hellboy – Box Full of Evil
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 15 septembre 1999
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 01 décembre 2005
Nombre de pages : 44

Liste des épisodes
Hellboy – Box Full of Evil 1-2

Mon avis : Je ne sais pas ce qui se passe avec Hellboy mais, en toute sincérité, après des débuts plutôt prometteurs, les derniers tomes me font poser bien des questions au sujet de l’œuvre pourtant culte du sieur Mike Mignola : il faut dire que, après un troisième et quatrième volume qui étaient composés d’histoires courtes, ce qui avait commencer a me déplaire, j’avais réclamé a corps et a cris un tome comportant une seule histoire, plus longue. Alors certes, avec Le Diable dans la boîte, j’ai eu ce que je souhaitais, je ne le nie pas, cependant, au vu du résultat final, il y a de quoi être pour le moins dubitatif, mais je vais m’expliquer… Mignola, avec Hellboy, a indéniablement sut créé un personnage plutôt attachant et un univers assez riche qui rend assez bien hommage a tout un pan de le culture horrifique, cependant, si les premiers récits de la saga avaient marquer les esprits, assez rapidement, on sent que l’auteur a franchement tendance a tourner en rond avec des thématiques qui reviennent un peu trop souvent, et, justement, dans le cas du Diable dans la boîte, on a droit a tous les travers d’une série qui, pourtant, possède bien des qualités. Ainsi, pour la énième fois, on a droit a Hellboy dans un château, pour la énième fois, on a droit a Hellboy face a des satanistes et des démons, pour la énième fois, on a droit a Hellboy et son passé, ce qui, forcément, au bout d’un moment, lasse voir agace. Du coup, malgré la qualité indéniable du trait de Mignola, malgré un duo composé de notre héros et d’Abe Sapiens toujours aussi plaisant et malgré quelques bonnes idées – Main de Gloire, démon prisonnier dans un coffret, satanistes qui jouent avec des forces qui les dépassent – et même un certain humour propre a la série, on se retrouve avec un récit une fois de plus franchement court, pas vraiment original et qui ne marquera pas les mémoires, bien au contraire. Dommage car cette série débutait fort bien et je suis sur que, a un moment donné, Mignola redonnera un souffle a cette dernière, mais franchement, je me demande bien quand !?


Points Positifs :
-Un récit pas original pour un sou mais qui s’en sort grâce a cette dose d’humour particulière propre a la série et qui fait que l’on ne peut s’empêcher de sourire devant certaines situations ; et puis, Hellboy a certaines réparties par moments, quand a Abe Sapiens, je l’aime bien.
- Quelques bonnes idées comme la Main de Gloire ou la manière dont Hellboy s’en sort avec cette histoire de noms. Ah, et puis il y a le type transformé en singe aussi !
- Les dessins de Mike Mignola, car bon, comment dire, au moins cela, on ne peut pas lui enlever, du moins, si on est fan de ce style.

Points Négatifs :
- Un manque total d’originalité au point même que l’on commence à se demander, a ce moment de la saga, si Mignola est capable de se renouveler, ce qui est franchement discutable. Il faut dire que, personnellement, je commence à en avoir marre de ces châteaux, ce satanisme a deux balles et de cette histoire de destinée de notre héros…
- J’ai souhaiter un album avec une seule histoire, je l’ai eu mais une fois de plus, on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit vraiment longue, bien au contraire.
- Sympa les dessins de Mignola, mais bon, tout cela sent le remplissage a plein nez, histoire de nous faire payer cet album au prix fort, ce qui ne se justifie en aucune façon !

Ma note : 6/10
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