lundi 18 octobre 2021

INFIDEL


INFIDEL
 
Lorsque Aisha, jeune musulmane, emménage dans un nouvel appartement, ses nuits sont perturbées par des cauchemars terrifiants. Elle découvre cependant que les démons qui peuplent ses rêves ne sont pas le produit de son imagination mais révèlent un mal plus grand, tapis derrière dans les murs de cet immeuble où un drame a eu lieu quelques mois plus tôt. À leur tour, les voisins d'Aisha se retrouvent victimes d'entités qui ne se nourrissent pas de la peur, mais de la xénophobie.
 

Infidel
Scénario : Pornsak Pichetshote
Dessins : Aaron Campbell
Encrage : José Villarrubia
Couleurs : José Villarrubia
Couverture : Aaron Campbell
Genre : Horreur
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Infidel
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 10 septembre 2018
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 octobre 2021
Nombre de pages : 184
 
Liste des épisodes
Infidel 1-5
 
Mon avis :
 Voici un comics pour le moins original pour ne pas dire audacieux que cet Infidel… En effet, cette mini-série en cinq parties de Pornsak Pichetshote, pour ce qui est du scenario, de Aaron Campbell, pour ce qui est des dessins et de José Villarrubia, pour ce qui est de la colorisation, est un habile mélange entre récit d’horreur et récit sociétal, cette BD étant, également, une œuvre coup de poing qui dénonce le racisme. Bien entendu, le pari était pour le moins risquer puisque les deux genres sont plutôt aux antipodes l’un de l’autre, cependant, avec Infidel, force est de constater que les auteurs, chacun dans sa partie, ont réussi le tour de force de nous offrir un récit qui, à la fois, est terriblement intelligent avec cette dénonciation du racisme ordinaire – ici, c’est l’islamophobie qui est mis en avant mais cela est valable pour toute forme de racisme et de xénophobie – mais qui nous fera frissonner comme dans toute bonne œuvre d’horreur qui se respecte. Pourtant, à la base, on aurait put être pour le moins méfiant vis-à-vis de cet Infidel, estimant que ses créateurs se seraient contenter de surfer sur l’air du temps, nous proposant une BD qui ne dénoterait nullement dans l’esprit Woke qui est un peu trop à la mode de nos jours, cependant, il n’en est rien et l’œuvre du trio composé de Pornsak Pichetshote, Aaron Campbell et José Villarrubia est bien plus que cela : qualitativement parlant, nous avons affaire à un bon comics qui, malgré ses thématiques fortes, n’oublie jamais l’essentiel, c’est-à-dire, nous divertir tout en frissonnant. Pari réussi, donc, pour cet Infidel qui est davantage, selon moi, qu’une bonne surprise et si, à sa lecture, celui-ci vous fera réfléchir un peu, ma foi, disons que ce n’est pas plus mal…
 

Points Positifs
 :
- Un pari pour le moins risquer que de mélanger ainsi le genre horrifique et la critique sociétal sur le racisme, cependant, il est évidant que celui-ci est plus que réussi et que Infidel est une fort belle réussite qui ravira, je n’en doute pas, les amateurs du genre…
- Si, tout naturellement au vu des protagonistes, c’est l’islamophobie qui est au cœur de l’intrigue de cette mini-série, nous pouvons prendre la thématique du racisme dans un sens nettement plus large.
- Non seulement Infidel est une œuvre qui vous fera réfléchir, mais en plus, elle vous fera frissonner, ce qui n’était pas gagné…
- Pour ce qui est de la partie graphique, force est de constater que le sieur Aaron Campbell nous livre une prestation de toute beauté, quand a la colorisation de José Villarrubia, disons tout simplement qu’elle est superbe !
- Une couverture plutôt sobre mais néanmoins sublime.
 
Points Négatifs :
- Une œuvre peut-être un peu trop sérieuse pour le grand public qui, malheureusement, ne jure que par les super-slips et des scénarios nettement plus conventionnels…
- Si vous vous reconnaissez dans ces esprits racistes qui apparaissent ici, alors, tout naturellement, Infidel n’est pas fait pour vous !
 
Ma note : 8/10

vendredi 15 octobre 2021

HAUTEVILLE HOUSE – LA CITÉ D'OR


HAUTEVILLE HOUSE – LA CITÉ D'OR
 
Nos héros venus de la vieille Europe poursuivent leur mission en Afrique, avec le terrible sentiment de se jeter dans la gueule du lion... mais avec l'espoir d'une abolition prochaine de l'esclavage Outre-Atlantique. Maintenant que le fantôme est libre, il faut restituer l'araignée de bronze au peuple zoulou à qui elle appartient légitimement. Il faut surtout que les négociations entre leur roi et l'Empire français permettent à ces derniers de contrôler l'or du Transvaal afin de financer leur armée et mettre fin à l'esclavage aux Amériques. Mais avec une telle fortune en jeu, l'entreprise sera ardue !
 

Hauteville House – La Cité d'Or
Scénario : Fred Duval
Dessins : Thierry Gioux, Emem
Couleurs : Nuria Sayago
Couverture : Manchu, Thierry Gioux
Editeur : Delcourt
Genre : Aventure, Steampunk
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 29 septembre 2021
Nombre de pages : 48
 
Mon avis : 
Dix neuvième et dernier tome de Hauteville House, du moins, pour le moment – car la fin est ouverte et qu’une suite est d’ores et déjà prévu, ce qui classe, forcément, la BD de Fred Duval et de Thierry Gioux dans la catégorie de celles qui n’ont pas de fin – La Cité d’Or est, une fois de plus, l’exemple parfait de ce qu’est cette saga depuis ses tous débuts, c’est-à-dire, une BD hautement sympathique et plaisante à suivre avec son ambiance Steampunk et son scénario digne d’une série B mais qui, il faut le reconnaitre, souffre de beaucoup trop de défauts pour être vraiment un incontournable… Il faut dire que, alors qu’un énième cycle prend fin, une fois de plus, nous avons en droit à un volet qui, par certains cotés, possédait bien des qualités mais qui, par d’autres, avait de quoi nous laisser dubitatif. Ainsi, toute cette histoire de malédiction zoulou, de déesse dorée qui menaçait le monde et de multiples alliances contre natures qui allait entrainer nos protagonistes habituels – sauf Zelda – du coté du Transvaal, en Afrique du Sud, n’était pas déplaisante, loin de là, cependant, une nouvelle fois, Fred Duval est incapable de nous pondre un scénario non pas parfait mais, néanmoins, suffisamment solide du début à la fin et l’on ressort de la lecture de ce dix-neuvième tome de Hauteville House avec l’habituelle impression que l’auteur pouvait nettement mieux faire que de nous proposer, pour la énième fois, un scénario trop série B pour être honnête. Ajoutons à cela la problématique des dessins – Thierry Gioux possédant un style trop brouillon selon moi – et vous comprendrez pourquoi je ne peux pas ressortir de la lecture du dernier tome en date de Hauteville House totalement satisfait. Mais bon, d’un autre coté, je me connais et je sais également que je serais au rendez vous de la suite, alors, quelque part, c’est que j’y trouve mon compte…
 

Points Positifs
 :
- Les fans de Hauteville House seront bien entendu ravis de retrouver la suite d’une série qui, malgré ses défauts, n’en reste toujours aussi sympathique et plaisante à suivre. De plus, ici, un nouveau cycle – le quatrième – s’achève et, ma foi, il y a suffisamment de bonnes idées pour satisfaire les fans de la saga de Fred Duval et de Thierry Gioux.
- Sans être époustouflante – nous avons là probablement le cycle le moins aboutit de la saga – l’intrigue reste suffisamment intéressante et l’on prend un certain plaisir à suivre tout ce petit monde en terres africaines et a faire face à cette menace d’une déesse dorée…
- Comme ce fut quasiment à chaque fois le cas depuis les débuts de cette série, nous avons droit à une fort belle couverture.
 
Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre même si Hauteville House est une BD plaisante, elle possède trop de défauts pour en faire un incontournable : ainsi, ne serais-ce que, scénaristiquement parlant, le fait que Fred Duval a souvent la manie d’user et d’abuser des mêmes vieilles ficelles narratives…
- Thierry Gioux encore et toujours ! Il faut dire que, si depuis des années, on s’est fait, par la force des choses, au style particulier de l’artiste, celui-ci a de quoi diviser les amateurs de BD. Capable de réaliser des planches superbes et d’autres qui tellement brouillonnent qu’elles en sont navrantes, il y a de quoi être dubitatif par moments.
- On ne peut pas vraiment dire que ce cycle ait été le plus aboutit de la saga…
- Et ce n’est pas encore fini puisqu’on nous annonce déjà une suite !
 
Ma note : 6,5/10

dimanche 10 octobre 2021

L'HABITANT DE L'INFINI – TOME 15


L'HABITANT DE L'INFINI – TOME 15
 
Samouraï sans maître errant sur les routes du Japon médiéval, Manji est immortel. Afin d'expier les crimes commis lorsqu'il était au service d'un cruel seigneur, il porte en lui un mystérieux ver qui guérit ses plus terribles blessures et ne recouvrera sa mortalité qu'après avoir occis mille scélérats. Son chemin croise alors celui de Lin, une jeune femme en quête de vengeance. Séparée encore une fois de Manji, Lin croise la route des deux nouveaux combattants de l’Ittô-Ryû, tandis que l’Immortel, prisonnier dans les geôles du Mugairyû, subit de terribles séances de torture destinées à lui arracher le ver qui lui offre son pouvoir de régénération. L’occasion d’apprécier à nouveau les talents de bretteur hors norme de Kagimura, le puissant maître de cette école de sabre.
 

L'Habitant de l'Infini – Tome 15
Scénariste : Hiroaki Samura
Dessinateur : Hiroaki Samura
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Action, Samouraïs, Drame
Titre en vo : Mugen no jūnin vol.15
Parution en vo : 23 janvier 2004
Parution en vf : 24 avril 2006
Langue d'origine : Japonais
Éditeur : Casterman
Nombre de pages : 240
 
Mon avis :
 Indéniablement, les volumes de L’Habitant de l’Infini se succèdent et continuent, inlassablement, à nous surprendre de plus en plus. Il faut dire que, alors que nous sommes arrivés à la moitié de la saga, son auteur, Hiroaki Samura nous prouve une nouvelle fois à quel point celle-ci est tout simplement un incontournable du genre et aurait mérité – je pense ne pas me tromper en affirmant cela – d’être davantage connue du grand public qui lui préfère des œuvres plus modernes, plus enfantines – désolé mais c’est le cas – et, fatalement, moins somptueuses… Car bon, comment dire, après un quatorzième volume qui avait, comme la plupart de ses prédécesseurs – si ce n’est tous – marqués les esprits des fans de ce manga, ce nouveau tome, le quinzième, donc, part dans une direction complètement différente et s’intéresse particulièrement au sort de Manji, tombé entre les mains des hommes du gouvernement, ces derniers étant commandés d’une main de maitre par le charismatique et puissant Kagimura. Ainsi, notre héros, une fois de plus séparé de la jeune Lin – qui, au passage, fait la rencontre d’un couple pour le moins singulier et qui risque de lui attirer des ennuis – va subir moult expériences médicales destinées à percer le secret de son immortalité. Celles-ci occupent une bonne partie de ce quinzième volume et nous permettent, accessoirement, de faire la connaissance de nouveaux protagonistes – dont un médecin aux méthodes peu orthodoxes et qui a parfait ses connaissances en Europe – et de mettre en lumière le terrifiant Kagimura qui semble reléguer, au vu de sa puissance, tous les combattants aperçus jusqu’ici loin derrière lui… Bref, vous l’avez compris, encore un très bon tome de L’Habitant de l’Infini, un manga qui, jusqu’à présent, confirme qu’il est, tout simplement, un des meilleurs de ces trois dernières décennies, ce qui, ma foi, au vu de la concurrence, est une belle prouesse alors, une fois de plus, comment ne pas conclure cette critique en criant bien haut : vivement la suite !
 

Points Positifs
 :
- Encore un bon tome de cet excellent manga qu’est L’Habitant de l’Infini et qui confirme, une fois le plus, tout le bien que l’on peut penser de l’œuvre du sieur Hiroaki Samura : des affrontements spectaculaires, des retournements de situations innatendu, un scénario toujours aussi captivant, de nouveaux protagonistes charismatiques, bref, que demander de plus ?!
- Pas de combats spectaculaires dans ce quinzième volume mais une intrigue qui avance petit à petit et, surtout, le plat de résistance de ce tome, je veux, bien entendu, parler des sombres expériences médicales subies par Manji qui est tombé dans les mains des hommes du gouvernement.
- Comme je le souligne à chaque fois, la partie graphique est une des grandes forces de ce manga. Il faut dire que le mangaka maitrise à merveille son style qui alterne entre crayonnés fort audacieux et planches détaillées de toutes beautés. Un pur régal !
- Sympa de débuter ce volume avec l’intégralité du casting déjà apparu depuis les débuts du manga : cela nous aide à nous rappeler un peu qui est qui…
- Encore une fort belle couverture avec, au demeurant, une Lin plus sexy que jamais.
 
Points Négatifs :
- Comme je l’ai déjà souligné à quelques reprises, il commence à avoir tellement de protagonistes qu’il est facile de s’y perdre par moments. Rien de bien grave, certes, mais bon…
- Une histoire de vengeance, des duels au sabre spectaculaires, des samouraïs, un geste de fantastique, des antagonistes charismatiques et surpuissants, un héros badass qui protège une jeune fille, une petite dose d’humour, manga oblige… mouais, tout cela est loin d’être franchement original, il faut le reconnaitre…
 
Ma note : 7,5/10

samedi 9 octobre 2021

OSLO


OSLO
 
En 1992, des discussions secrètes, organisées par un couple de diplomates norvégiens, réunissent des ennemis jurés, Israéliens et Palestiniens, pour tenter de trouver un terrain d’entente en vue d’un possible traité de paix. Ces difficiles négociations ont abouti sur les accords d’Oslo.
 

Oslo
Réalisation : Bartlett Sher
Scénario : J. T. Rogers
Musique : Zoë Keating, Jeff Russo
Production : HBO Films, Marc Platt Productions
Genre : Historique
Titre en vo : Oslo
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 29 mai 2021
Durée : 118 mn
 
Casting :
Ruth Wilson : Mona Juul, diplomate du ministère norvégien des affaires étrangères
Andrew Scott : Terje Rød-Larsen, directeur de la Fafo Foundation
Salim Daw : Ahmed Qurei, Ministre des Finances de l’OLP
Waleed Zuaiter : Hassan Asfour, associé d’Ahmed Qurei
Jeff Wilbusch : Uri Savir, directeur du ministère israélien des affaires étrangères
Dov Glickman : Yair Hirschfeld, professeur d’économie de l’université de Haïfa
Rotem Keinan : Ron Pundak, associé de Yair Hirschfeld
Igal Naor : Joel Singer, juriste du ministère israélien des affaires étrangères
Sasson Gabai : Shimon Peres, Ministre d’Etat d’Israël
Itzik Cohen : Yossi Beilin, député israélien
Karel Dobrý : Johan Jørgen Holst, Ministre norvégien des affaires étrangères
Tobias Zilliacus : Jan Egeland, secrétaire d’état du ministère norvégien des affaires étrangères
 
Mon avis :
 Né de conversations entre l’auteur, J. T. Rogers – qui remporta moult récompenses en 2017 pour sa pièce de théâtre d’où est tirée cette adaptation cinématographique – et le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen, Oslo relate les dessous d’une négociation secrète, en 1992, que personne n’aurait cru possible, pas même et, surtout, ceux qui étaient directement impliqués. Orchestrée en terrain neutre – en Norvège donc – à l’initiative du couple que forment Rød-Larsen – Andrew Scott – et Mona Juul – Ruth Wilson – elle aussi diplomate, cette rencontre clandestine entre les représentants de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et le gouvernement israélien était d’autant plus inimaginable qu’à l’époque, il était même illégal pour les politiciens des deux camps d’interagir directement entre eux. Pourtant, si les premières minutes d’Oslo annoncent une approche plutôt hollywoodienne de l’affaire, en plongeant le spectateur au cœur d’un conflit insoluble à travers lequel les parties ne peuvent au départ voir en l’ennemi rien d’humain, le récit devient pourtant rapidement passionnant pour ne pas dire, étonnant… Ainsi, la toute première rencontre entre deux individus issus des deux camps, qui ne s’étaient jamais vus d’aussi près, constitue l’un des moments dramatiques d’un récit qui en comptera beaucoup au fil de son évolution. La suite ne fera que confirmer tout le bien que l’on peut penser de cette première scène plutôt coup de poing et Oslo, plutôt que d’être un vulgaire film historique hollywoodien comme il en existe tant, de se transformer en une œuvre nettement plus intelligente, uniquement basée sur les dialogues entre les différents protagonistes, ce qui donne un coté théâtral à l’ensemble, ce qui, bien entendu, est plutôt logique vu que ce film est tiré d’une pièce de théâtre… Bien évidement, à la lumière des évènements actuels, Oslo revêt un caractère encore plus poignant. L’espoir qu’avait fait naître la poignée de main historique entre Yasser Arafat, président de l’OLP, et Yitzhak Rabin, premier ministre d’Israël, sous le regard du président des États-Unis Bill Clinton dans la roseraie de la Maison-Blanche, a été de très courte durée. Cependant, ce long métrage, qui ne va pas au-delà de ce chapitre de l’histoire, nous rappelle que même dans les pires circonstances, il est parfois possible de rêver l’impossible rêve, aussi bref soit-il. Bref, une belle surprise que ce Oslo et un film a voir pour les amateurs de films historiques et, plus particulièrement, pour celles et ceux qui se passionnent pour la problématique du conflit israélo-palestinien…
 

Points Positifs
 :
- Un film intéressant et fort instructif qui revient de fort belle manière sur les célèbres accorts d’Oslo qui, entre 1992 et 1993, eurent lieu dans le plus grand secret entre le gouvernement israélien et l’OLP et qui donnèrent tant d’espoirs au point même que, à l’époque, beaucoup auraient put croire que le conflit israélo-palestinien pouvait finalement prendre fin.
- Oslo est l’adaptation d’une pièce de théâtre et cela se sent fort bien à l’écran puisque tout, ici, est basé sur les dialogues entre les protagonistes. Accessoirement, c’est une fort bonne chose et cela renforce l’intensité dramatique des enjeux…
- Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire, celui-ci est plutôt bon et les acteurs font le job.
- Aucune prise de partie pour l’un ou l’autre camp en présence, plutôt la mise en évidence que les deux ont raisons et tord à la fois…
- Un film qui ne pourra que ravir les amateurs d’Histoire, bien évidement, surtout celles et ceux qui se passionnent pour le conflit israélo-palestinien.
 
Points Négatifs :
- Nous sommes bien évidement, ici, à mille lieux de ce que l’on peut appeler un film grand public et il faut reconnaitre qu’il beaucoup seront ceux qui auront un peu de mal avec un scénario uniquement basé sur les dialogues et au traitement aussi théâtral.
- Malheureusement, il est difficile de ne pas regarder Oslo et de se dire que tout cela n’aura servi à rien au vu des événements dramatiques qui auront suivis et qui ont encore lieu près de trente ans plus tard…
 
Ma note : 7,5/10

jeudi 7 octobre 2021

TÉTRALOGIE DES ORIGINES – LE CRÉPUSCULE DES DIEUX


TÉTRALOGIE DES ORIGINES – LE CRÉPUSCULE DES DIEUX
 
Reinhard Heydrich se meurt dans un hôpital de Prague. À moins que... Le monde est à feu et à sang, l'humanité se consume dans les affres d'une guerre comme elle n'en a jamais connu. Dans le chaos du conflit qui déchire le monde d'hier s'esquisse déjà celui de demain, mais les véritables enjeux de cette boucherie planétaire se dévoilent enfin, enjeux bien plus cruciaux que tout ce qu'il était possible d'imaginer. Un futur que l'ancien SS Friedrich Saxhäuser refuse, qu'il ne permettra pas. Désormais coule dans ses veines l'impensable puissance révélée au cœur du Kurdistan irakien. Un pouvoir tel qu'il pourrait bien provoquer ce que, dans les secrets méandres du complot, tous redoutent : le crépuscule des dieux...
 

Tétralogie des Origines – Le Crépuscule des Dieux
Auteur : Stéphane Przybylski
Type d'ouvrage : Uchronie, Ufologie
Première Parution : 21 septembre 2017
Edition Poche : 10 janvier 2019
Titre en vo : Tétralogie des Origines – Le Crépuscule des Dieux
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 576
 
Mon avis :
 Ces dernières semaines, je me suis lancé dans la lecture d’un cycle romanesque pour le moins intéressant – du moins, au vu de mes propres gouts personnels – la Tétralogie des Origines. Œuvre du sieur Stéphane Przybylski qui a peut-être un nom imprononçable mais qui n’en reste pas moins un écrivain plutôt talentueux, celle-ci nous entrainait dans une Seconde Guerre Mondiale légèrement différente de celle que l’on connait puisque si tous les événements clés de celle-ci sont bel et bien au programme et que son déroulé est identique, il y a, ici, une histoire cachée, celle qui voit les nazis trouver, quelque part en Irak, les traces d’une civilisation extraterrestre qui était arrivée sur notre planète depuis des milliers d’années, ce qui allait entrainer une longue et passionnante course entre nazis, britanniques et une société secrète américaine pour mettre la main sur la technologie alien, le tout, sous la menace d’une annihilation de l’humanité. Un scénario que certains pourraient trouver digne d’une vulgaire série B avec son coté X-Files parfaitement assumé mais qui n’en restait pas suffisamment bon et, surtout, captivant, l’auteur maitrisant à merveille son sujet pour nous tenir en haleine tout au long des trois premiers tomes qui, s’ils n’étaient pas parfait – on ne peut pas occulter la chose – restaient suffisamment plaisant pour que les lecteurs aient envie de découvrir le fin mot de l’histoire… Hélas, il fallait que tout cela ne finisse pas aussi bien que cela avait commencé et il est évidant, après lecture de ce Crépuscule des Dieux, dernier volet, donc, de la Tétralogie des Origines, que la déception soit au rendez vous… Bon, déjà, je n’avais pas vraiment été emballé par l’idée, développée dans le final du troisième tome, que Reinhard Heydrich ait survécu, mais bon, à la rigueur, au vu du scénario de Stéphane Przybylski et de ses idées, cela peut se comprendre surtout que le problème n’est pas vraiment là. Ensuite, il y à le fait que ce quatrième volume soit, en partie, un long dialogue entre l’intriguant Mr Lee – l’Homme à la Cigarette de X-Files – et la petite fille de Friedrich Saxhäuser : l’idée se tient, certes, cependant, une bonne partie du suspens est complètement évacué puisque l’on connait à l’avance le sort de la plupart des protagonistes…. Mais le vrai problème, c’est surtout que ce quatrième tome de la saga a plutôt tendance à accélérer son intrigue, l’auteur ne s’attardant plus sur les détails et les événements se bousculant sans cesse, le pire étant le dernier quart qui expédie vraiment une conclusion que l’on attendait nettement plus aboutie que celle que l’on a eu… Ainsi, on a droit a la mort de Saxhäuser, a celle de Mr Lee – ridicule au demeurant – on découvre que la petite fille du premier cité possède des pouvoirs incommensurables et puis… eh bien, c’est tout… hein, quoi, comment, l’invasion extraterrestre et le danger qui plane sur l’humanité ? Complètement évacué par l’auteur, ce qui est tout de même un comble ! Du coup, comment ne pas être déçu par ce quatrième tome, comment ne pas se dire que cette saga, loin d’être géniale mais tout de même suffisamment bonne jusqu’ici, méritait une conclusion plus aboutie, plus intelligente, moins décevante ? Oui, il y a de quoi se dire que tout cela méritait bien mieux et, ce qui est dommage, c’est que l’on n’est pas passé bien loin d’une bonne conclusion, mais bon, visiblement, il faut croire que la réussite n’est pas toujours au rendez vous…
 

Points Positifs
 :
- Si vous avez apprécié les trois premiers volets de la Tétralogie des Origines, ce sera avec un plaisir certain que vous retrouverez la suite et la conclusion de cette saga d’aventure et de science-fiction qui malgré un final un peu loupé, n’en reste pas moins, dans l’ensemble, plutôt bonne.
- Comme je l’avais déjà souligné, l’auteur, Stéphane Przybylski, maitrise à merveille son sujet et a de bonnes connaissances historiques, ce qui apporte une certaine crédibilité à son récit tout au long du développement de celui-ci, ce que l’on retrouve avec plaisir dans cet ultime volet.
- SF, nazis, espionnage,  aventure, histoire parallèle, paléocontact, figures historiques : tout cela se mêle une nouvelle fois pour notre plus grand plaisir. Et puis, comment ne pas reconnaitre que tout cela possède un petit coté X-Files non déplaisant !?
- On retrouve avec plaisir et pour la dernière fois, un casting qui nous est familier depuis longtemps et qui est toujours aussi réussi.
 
Points Négatifs :
- Un quatrième et dernier volet fatalement décevant, ne serais-ce qu’en raison d’une conclusion absolument pas à la hauteur de nos espérances. Il faut dire que celle-ci est rapidement expédiée, beaucoup trop et que, au passage, l’auteur oublie pas mal d’éléments scénaristiques y compris un des plus importants : la menace des extraterrestres !
- Tellement de protagonistes ont été inventés pour cette saga – en plus des personnages historiques réels – et une bonne partie d’entre eux n’ont pas eu droit à la fin qu’ils méritaient, loin de là…
- Des nazis, des extraterrestres, des armes secrètes… mouais, tout cela sent le déjà-vu, il faut le reconnaitre.
- Aussi plaisante soit la Tétralogie des Origines, il faut reconnaitre que cette saga est très loin d’être un incontournable. Disons plutôt que nous avons affaire à une bonne série d’aventure matinée de SF, suffisamment captivante pour nous tenir en haleine mais qui ne restera nullement dans les annales…
 
Ma note : 7/10

mercredi 6 octobre 2021

SQUID GAME – SAISON 1


SQUID GAME – SAISON 1
 
456 personnes, qui ont toutes de très grosses difficultés financières dans la vie, sont invitées à prendre part à une mystérieuse compétition. Dans celles-ci, les joueurs doivent participer à ce qui ressemble à priori à une série de jeux traditionnels pour enfants, sauf que, dès les premières minutes du premier jeu – Un, deux, trois, Soleil – les perdants sont impitoyablement abattus. Les autres concurrents comprennent rapidement que, s’ils veulent empocher le pactole final de 45,6 milliards de wons – environ 32 millions d'euros – les choses vont être nettement plus compliquées que prévu et que la mort pourrait bien être leur seule récompense…
 

Squid Game – Saison 1
Réalisation : Hwang Dong-hyeok
Scénario : Hwang Dong-hyeok
Musique : Jung Jae-il
Production : Siren Pictures Inc
Genre : Thriller, Action, Drame
Titre en vo : Ojing-eo Geim
Pays d’origine : Corée du Sud
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 17 septembre 2021
Langue d'origine : coréen, anglais
Nombre d’épisodes : 9 x 55 minutes
 
Casting :
Lee Jung-jae : Seong Gi-hun (no 456)
Park Hae-soo : Cho Sang-woo (no 218)
Yeong-Su oh : Oh Il-nam (no 001)
Jung Ho-yeon : Kang Sae-byeok (no 067)
Heo Sung-tae : Jang Deok-su (no 101)
Anupam Tripathi : Abdul Ali (no 199)
Kim Joo-ryoung : Han Mi-nyeo (no 212)
Yoo Sung-joo : Byeong-gi (no 111)
Kim Yun-tae : no 069
Gong Yoo : le recruteur des participants au Jeu
Wi Ha-joon : Hwang Jun-ho, le policier
Kim Young-ok : la mère de Gi-Hun
Jo A-in : Seong Ga-yeong, fille de Gi-Hun
Park Si-wan : Kang Cheol, le frère de Sae-Byeok
 
Mon avis :
 Ce fut, indéniablement, un des événements de cette rentrée 2021 du coté de Netflix et, dans un sens nettement plus large, du coté du petit monde des séries, genre qui, comme chacun sait, est devenu, depuis quelques années, presque aussi – si ce n’est plus – important que le cinéma. De quoi est-ce que je parle ? Mais de Squid Game, bien évidement, une série coréenne qui, depuis mi-septembre dernier et sa sortie mondiale, aura connu un succès monstrueux un peu partout dans le monde, au point même que certains, peut-être un peu trop hâtivement, aient conclu que l’on tenait là la série de l’année 2021, un pur chef d’œuvre comme il y en existe pas tant que cela, bref, la série à voir absolument ! Alors, le jeu en valait-il la chandelle ? Squid Game est-il bel et bien le chef d’œuvre annoncé ? Ma foi, disons que, après visionnage de la chose, je serais loin d’être aussi enthousiaste… Avant toute chose, n’allez pas croire que je fais parti de ce genre d’individus qui se plaisent et se complaisent à dézinguer tout azimuts chaque film, chaque série, chaque jeu à succès, ce, uniquement pour, soit disant, se démarquer de la norme. Non, je ne suis pas fait du même bois et, par ailleurs, si je dois être tout à fait franc, j’ai bien aimé Squid Game et oui, je reconnais que la série du sieur Hwang Dong-hyeok est plutôt pas mal dans l’ensemble. Après, je ne peux, en aucune façon, être dithyrambique a l’égard de celle-ci, car bon, comment dire… Squid Game, à bien y regarder, ce n’est qu’une énième version d’un concept éculé et dont l’un des tous premiers représentants reste le superbe Battle Royale de Kinji Fukasaku – avec l’inimitable Takeshi Kitano – et qui date déjà du tout début des années 2000. Bien entendu, l’élève ne dépasse en aucune manière le maitre, mais bon, je peux concevoir que la nouvelle génération qui ne connait probablement pas Battle Royale mais qui est abreuver depuis longtemps à des films, des séries ou des jeux dont le concept est identique ne pouvait qu’adhérer à une œuvre comme Squid Game qui à pour elle deux énormes avantages : elle représente la quintessence du genre et, surtout, c’est une réussite indéniable, cela, on ne peut pas le nier. Qui plus est, en se prenant moins au sérieux que ses équivalents nippons ou nord-américains, la série de Hwang Dong-hyeok peut rameuter un plus large public, ce, même s’il faut relativiser les choses : après tout, Squid Game reste une série où l’hémoglobine coule à flots et où certaines situations sont pour le moins dures… Autre point positif, les protagonistes qui sont plutôt charismatiques – y compris les seconds rôles – et l’absurdité de certains jeux qui dénotent totalement avec la mortalité générale de chaque épreuve. Cependant, pour un vieux de la vieille dans mon genre qui en a vu d’autres, Squid Game sent un peu le déjà-vu et propose, finalement, très peu de véritables nouveautés à proprement parler : certes, c’est une bonne série, certes, certains passages sont oh combien jouissifs, certes, tout cela tient parfaitement la route mais bon, de là a en faire un chef d’œuvre, la série de l’année, le maitre étalon du genre ?! Allons bon, ne poussons pas la plaisanterie aussi loin…
 

Points Positifs
 :
- Le genre des battle royales est à la mode depuis quelques années et, quelque part, Squid Game en est un de ses plus beaux représentants et, accessoirement, comme un aboutissement terriblement intelligent de ces fictions de survies où, à la fin de multiples épreuves mortelles, il n’en restera plus qu’un. Bref, si vous êtes fans du genre, cette série ne pourra que vous plaire !
- Des protagonistes plutôt charismatiques et qui marquent suffisamment les esprits pour que l’on prenne plaisir à les suivre tout au long des diverses épreuves. Bien évidement, certains sont naturellement mis en avant mais même les seconds couteaux méritent le détour, ce qui est toujours une bonne chose.
- Pour ce qui est du casting, celui-ci est quasiment uniquement coréen et je le connais fort mal – en dehors de Gong Yoo que j’avais vu dans Dernier Train pour Busan – cependant, il faut reconnaitre que, dans l’ensemble, celui-ci est plutôt bon.
- Le contraste entre l’absurdité des épreuves proposées – ce sont des jeux pour enfants – et la dangerosité de ces derniers est une des bonnes idées de cette série. De même, les décors flashies au possible apportent une touche plutôt appréciable à l’ensemble.
- Scénaristiquement, c’est plutôt pas mal et l’on regarde avec plaisir les neuf épisodes qui composent cette série. D’ailleurs, Squid Game est moins sérieux que certains de ses équivalents du même genre, ce qui n’est pas une mauvaise chose…
 
Points Négatifs :
- Indéniablement, Squid Game est une bonne série et dans le genre des battle royales, c’est un des tous meilleurs, cependant, il faut savoir relativiser les choses et reconnaitre que cette série n’apporte quasiment aucune véritable nouveauté à un genre un peu trop présent dans les médias populaires ces dernières années. Bref, tout cela est loin d’être original.
- Quasiment aucun suspens quand aux protagonistes qui sont encore en vie dans les dernières épreuves – fatalement, ce sont ceux que l’on voit le plus à l’écran depuis le début…
- Les VIP sont tout bonnement ridicules et représentent une des plus mauvaises idées de cette série, quand à leurs masques en forme de têtes d’animaux, que dire si ce n’est qu’ils sont absurdes !?
- Certaines exagérations scénaristiques, par moments, nuisent un peu à la crédibilité de l’ensemble.
 
Ma note : 7,5/10

vendredi 1 octobre 2021

SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE


SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE
 
Mariés depuis dix ans, Johan et Marianne ont deux filles. Ils donnent l'apparence d'un couple harmonieux, mais Marianne se plaint de leur quotidien étouffant, qui ne leur laisse pas de répit. Johan semble accepter leur routine avec philosophie et une pointe d'agacement. Un jour, il annonce à son épouse qu'il est tombé amoureux d'une autre femme, et qu'il part s'installer avec elle à Paris. Marianne est dévastée et le supplie de rester.
 

Scènes de la Vie Conjugale
Réalisation : Ingmar Bergman
Scénario : Ingmar Bergman
Musique : Sven Nykvist
Production : Cinematograph AB
Genre : Drame
Titre en vo : Scener ur ett äktenskap
Pays d’origine : Suède
Parution : 21 septembre 1974
Langue d'origine : suédois
Durée : 167 min
 
Casting :
Liv Ullmann : Marianne
Erland Josephson : Johan
Bibi Andersson : Katarina
Jan Malmsjö : Peter
Gunnel Lindblom : Eva
Anita Wall : Madame Palm
Barbro Hiort af Ornäs : Madame Jacobi
Rosanna Mariano et Lena Bergman : les enfants Eva et Karin
Wenche Foss : La mère
Bertil Norström : Arne
 
Mon avis :
 Indéniablement, Ingmar Bergman est un des plus grands noms du Septième Art, un réalisateur et un scénariste reconnu par ses pairs et qui, tout au long de sa très longue et prolifique carrière, aura donné au cinéma quelque uns de ses plus beaux fleurons, même si, bien évidement, bon nombre de ses réalisations ne furent absolument pas grand public. Curieusement, au cours de ma vie, je n’ai guère eu l’occasion de voir beaucoup de films du suédois – le contraire étant plutôt la norme – et ce fut donc en parfait néophyte, ou presque, que je me suis lancé dans le visionnage de ce qui est, probablement, une de ses œuvres les plus connues : Scènes de la Vie Conjugale. Bon, disons le tout de suite, ici, j’allais m’attaquer à du lourd, du très lourd, du moins, si j’en croyais toutes les critiques pour le moins élogieuses que j’avais put lire a son sujet. Paru d’abord à la télévision suédoise en tant qu’une mini-série de six épisodes en 1973 – Bergman alterna, tout au long de sa carrière, entre le grand et le petit écran – Scènes de la Vie Conjugale fut adapter, pour une sortie internationale, après moult coupes, en tant qu’un film, plutôt long, certes – plus de deux heures et demi – mais nettement moins que la série et ses cinq heures. Une coupe drastique, donc, qui voit l’œuvre originale amputée de sa moitié, ce qui n’est pas rien, il faut en convenir… Le souci qui se pose donc ici, c’est que, aussi réussi soit la version que le public international connait le mieux, celle-ci souffre de ces découpages qui ne sont peut-être pas trop gênant au début du film mais qui deviennent problématique au fur et à mesure qu’avance l’intrigue – on sent bien qu’il manque des éléments scénaristiques, que trop de raccourcis ont lieu, ce qui fait que l’on a un peu de mal à saisir comment ce couple qui ne cesse de se déchirer jusqu’à atteindre l’irréparable finit par se retrouver… Malgré tout, malgré ce découpage discutable, Scènes de la Vie Conjugale fonctionne néanmoins car, quelque part, jamais personne auparavant et probablement personne depuis, n’aura aussi bien filmé et mis en scène la déchirure d’un couple qui, malgré tout, ne cesse de s’aimer. Bergman qui, comme à son habitude, s’investit énormément dans on œuvre au point de s’inspirer de sa propre vie personnelle – il venait de se séparer de Liv Ullmann qui tient ici le rôle principal et certaines scènes sentent le vécu – maitrise à la perfection son sujet et, malgré une mise en scène que l’on peut qualifier de minimaliste et qui semble taillée pour le théâtre, n’en reste pas moins parfaite de bout en bout. Bien évidement, pour apprécier un film comme Scènes de la Vie Conjugale, je pense ne pas me tromper en affirmant qu’il faut aimer ce genre de longs métrages qui misent tout sur les dialogues, où la caméra est presque statique et où le spectateur a presque l’impression d’être plonger au plus cœur de ce qu’il voit à l’écran, c’est-à-dire, la simple banalité de la vie d’un couple qui semble nager dans le bonheur alors que, en fait, tout cela n’est qu’apparence. Bref, une œuvre à voir, ne serais-ce que pour ne pas mourir idiot même si je persiste à dire que, si l’occasion se présente, voir la série originale, forcément plus complète, serait nettement préférable…
 

Points Positifs
 :
- Un des films les plus connus du grand Ingmar Bergman, une œuvre maitresse dans sa longue production et, probablement, le long métrage qui nous montre le mieux et sans fards, la vie d’un couple qui se déchire tout en continuant à s’aimer.
- Liv Ullmann et Erland Josephson tiennent naturellement le haut du pavé à l’écran – ce qui est normal puisque le reste du casting se contente de jouer les utilités – et livrent ici une interprétation exceptionnelle.
- Une mise en scène minimaliste presque entièrement tournée en intérieur, avec peu de décors – on se croirait au théâtre – mais qui n’en reste pas moins terriblement efficace et parfaite.
- Complètement axé sur le dialogue, Scènes de la Vie Conjugale ravira sans nul doute les amateurs du genre.
 
Points Négatifs :
- La version internationale, sortie sur grand écran, est deux fois plus courte que l’œuvre originale qui est une mini-série de cinq heures. Par la force des choses, le scénario se voit ici amputé de sa moitié, ce qui n’est pas rien. Du coup, on sent que certaines parties de l’intrigue manquent à l’appel, ce qui rend peu compréhensible certains retournements de situations, particulièrement vers le derniers tiers du film.
- Il est tout de même difficile d’éprouver une quelconque compassion envers le mari qui semble être un sacré connard arrogant – ou alors, le film ne montre pas tout, ce qui est possible même si je suis dubitatif.
- Il faut tout de même apprécier ce genre de films entièrement axé sur des dialogues interminables et il faut reconnaitre que même si l’on est plus ou moins réceptif au genre, Scènes de la Vie Conjugale possède quelques longueurs problématiques et que son rythme, par moments, finit par lasser, particulièrement vers la fin…
 
Ma note : 7,5/10