mardi 10 juillet 2018

LES SCARIFIÉS


LES SCARIFIÉS

Jeune traductrice de langues oubliées, Bellis fuit Nouvelle-Crobuzon à bord du Terpsichoria en route vers l’île Nova Esperium. Arraisonné par des pirates, le navire est conduit vers Armada, improbable assemblage de centaines de bateaux hétéroclites constitués en cité franche, régie par les lois de la flibuste. Bellis y rencontrera bientôt les deux seigneurs scarifiés d’Armada, les Amants, ainsi qu’Uther Dol, mercenaire mystérieux aux pouvoirs surhumains. Un trio qui poursuit sans relâche une quête dévorante, la recherche d’un lieu légendaire sur lequel courent les mythes les plus fous. Sollicitée pour ses talents de linguiste, Bellis commence alors le plus stupéfiant des voyages, un périple aux confins du monde.


Les Scarifiés
Auteur : China Miéville
Type d'ouvrage : Science-Fiction, Dystopie, Fantasy
Première Parution : 29 juin 2004
Edition Poche : 13 novembre 2008
Titre en vo : The Scar
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Nathalie Mège
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 849

Mon avis : Deuxième œuvre de China Miéville se déroulant dans ce que l’on pourra surnommer le cycle de Bas Lag, Les Scarifiés est ce que l’on appelle communément une vraie fausse suite ; je m’explique : si l’univers est le même, si certains éléments de l’intrigue de Perdido Street Station sont révélés, liant ainsi les deux œuvres, il est indéniable que celles-ci sont indépendantes l’une de l’autre, nul besoin d’avoir lu Perdido pour apprécier Les Scarifiés. Pourtant, je vous conseille fortement, si jamais le cœur vous dit de découvrir cet auteur et son univers, de lire les romans dans l’ordre : tout d’abord, s’il n’était pas toujours évidant de s’y retrouver dans la première entre les différentes races, les formes de magie et de sciences utilisés, c’est encore pire si l’on commence par Les Scarifiés puisqu’en effet, China ne prend pas la peine de revenir sur ce qu’est un Cactacé ou un Vodyanoï par exemple ; ainsi, si le lecteur familiariser avec cet univers, une fois retrouver ses habitudes, pourra se concentrer sur les nouveautés a proprement parler (nouvelles races par exemple, histoire du Bas Lag etc.), le néophyte risque rapidement d’être totalement dépassé par la chose et le plaisir de la lecture risque indéniablement d’en prendre un coup. De même, si les liens avec l’intrigue de Perdido Street Station sont indéniablement infimes, ils n’en existent pas moins, et autant les apprécier en lisant le cycle (enfin, cycle est un bien grand mot) dans l’ordre selon moi. Mais tout ceci étant dit, qu’en est-il véritablement de la valeur intrinsèque de ces Scarifiés ? Place au grand large, au voyage et a l’aventure sur les mers du Bas Lag, voilà les promesses de départ des Scarifiés. Mais les apparences sont bien souvent trompeuses : en effet, si dans Perdido Street Station, le personnage principal du roman était indéniablement la ville, Nouvelle Crobuzon et que toute l’intrigue se déroulait, a une ou deux exceptions prêt, intramuros, l’on retrouve de façon surprenante de première abord, une autre ville, tout autant fantastique, impressionnante et inoubliable, et accessoirement, aussi bien détaillée et ayant la même importance que sa devancière, Armada, la citée pirate légendaire qui navigue sur les mers. Ainsi, si voyage il y a, c’est la ville elle-même qui se déplace, et non les personnages, ce qui, convenons en, est fort peu commun est sacrement original. Certes, cette fois ci, quelques excursions « extérieures » ont lieu, ce qui nous change du coté oppressant de Nouvelle Crobuzon, mais que l’on ne se trompe guère, Armada n’est jamais bien loin, et même le passage se déroulant loin de la citée, sur l’Ile Moustique, est d’une oppression psychologique pour les protagonistes rarement atteinte. D’ailleurs, il est curieux de constater que celle fameuse Armada, repaire de pirates, il faut en convenir, est par ailleurs bien plus agréable a vivre pour ses habitants que Nouvelle Crobuzon par exemple, et que les rares moments dans le livre, où l’action se déroule hors de celle-ci, dans l’Ile Moustique donc, mais aussi, vers la fin, au fin fond de l’océan, l’on retrouve un sentiment de danger, d’oppression et d’insécurité bien plus fort que sur ce qui apparaît au début du roman comme un vulgaire repaire de brigands et de pirates sans foi ni loi. Cette opposition, entre Nouvelle Crobuzon et sa toute puissance, mais son coté quasi dictatorial et Armada, vivant de rapines et de commerces, hors la loi indéniablement mais ouvert sur l’extérieur, accueillant tous et toutes, grandissant de par ses nouvelles recrues m’a rapidement sauter aux yeux est me semble être un élément majeur de l’œuvre qui a son importance. Mais tout n’est pas simple dans Les Scarifiés, j’en conviens. Comme ce fut le cas avec Perdido Street Station, il faut diablement s’accrocher au départ pour rentrer vraiment dans l’histoire ; dans les deux cas, il me fallut bien plus d’une soixantaine de pages et quelques jours d’effort pour m’imprégner totalement dans l’intrigue et en apprécier toute la substance. Mais une fois à fond dedans, alors là, le plaisir est au rendez vous, et franchement, cela vaut le coup ! Car une fois de plus, China Miéville a fait fort, très fort, et, en suivant le destin d’une traductrice, Bellis Froidevin, fuyant Nouvelle Crobuzon (et accessoirement les événements s’y étant déroulées dans Perdido) et dont le navire sur lequel elle se trouvait et arraisonner par la flotte d’Armada avant que son équipage, ses passagers et ses esclaves ne soient amener, de force, sur la citée flottante, c’est une intrigue exceptionnelle qui s’ouvre au lecteur : sous des aspects de « chasse au trésor » ; l’Advanç, d’abord, formidable Léviathan des mers issue d’une autre plan d’existence, la Balafre, ensuite, lieu semi légendaire qui attise bien des convoitises ; le récit s’avère être bien plus complexe qu’il n’y paraitrait de prime abord : manipulation, le mot est lâché et reviendra sans cesse tout au long de l’histoire au point que l’on ne sait plus qui est avec qui, qui manipule qui, que l’on en vient a douter des faits et gestes de chaque protagonistes et que, au fil des pages, les certitudes que l’on s’était péniblement faites s’effondrent, devant chaque nouvelle révélations, sans que l’on fasse tout a fait confiance a celles-ci. Car a force de nouvelles découvertes, à chaque nouvelle manipulation révélée, l’on n’en vient à devenir paranoïaque, même si l’on ne se trompe pas sur quelques suspects évidant ; enfin, encore faut-il comprendre le pourquoi du comment et les motivations de chacun. Et là, c’est loin d’être gagner. Et les personnages, je ne vous avais pas encore parlé de ceux-ci. Une fois de plus, China Miéville nous sort des protagonistes divers et variés, tous inoubliables, que cela soit des acteurs majeurs comme cet archétype du guerrier ultime, invincible, Uther Dol, peut être l’un des personnages les plus puissants qu’il m’ai été donné de découvrir dans un roman, au charisme et aux pouvoirs rarement atteints, mais aussi Bellis Froidevin, froide, apparemment sans cœur, qui ne rêve que de s’échapper d’Armada et qui verra ses convictions et ses espoirs mis a mal tout au long du récit, les Amants, dirigeants au départ de l’un des secteurs d’Armada, couple fusionnel jusque dans leurs scarifications amoureuses et véritables meneurs des visées nouvelle de la citée flottante, le Brucolac, un vampère (et oui, chez le sieur China, il faut s’habituer a un vocabulaire particulier mais non déplaisant) aux terribles pouvoirs, mais loyal envers sa nouvelle ville, Tanneur Sacque, un recrée de Nouvelle Crobuzon, fidèle envers sa nouvelle patrie et qui porte un amour paternel envers un ancien mousse du bateau qui l’amenait en esclavage et Simon Fennec, le soit disant marchand de Nouvelle Crobuzon, bien a l’aise dans son nouvel élément et qui en sait beaucoup plus qu’il n’y parait. Mais si ceux-ci, de part leurs importance dans le récit viennent invariablement en première ligne, les personnages secondaires ont une importance non négligeable et pour certains, même, avaient la carrure pour de plus grands rôles : comment ne pas penser tout de suite a Tintinnabule, le plus grand chasseur du tout Bas Lag, accompagner de son équipe et qui sont là pour le légendaire Advanç, rien qu’avec lui, il y aurait presque de quoi écrire un très bon roman. Mais les autres, tous les autres, de l’homme moustique savant au Cactacé aéronaute et dubitatif devant la tournure que prennent les événements, China Miéville nous a offert une formidable galerie de personnages que l’on n’est pas prêt d’oublier. Les Scarifiés, vous l’avez compris, est tout simplement un excellent roman, a mes yeux, tout aussi bon que son prédécesseur, le formidable Perdido Street Station, qu’il complète de la plus belle des façons dans un univers, le Bas Lag, où il reste tant à écrire. Tant par le fond que par la forme, tout est parfait du début a la fin, et même s’il n’est pas facile d’accès, même si ses premières pages ne sont pas évidentes et qu’il faut sacrement s’accrocher, il me semble qu’il mérite largement tous les efforts possibles car au final, il ne pourra que vous ravir. Indéniablement, China Miéville est un auteur immense, au talent tout bonnement étonnant ; cela fait deux œuvres que je lis de lui et j’en ressors estomaqué a chaque fois, ce qui, je le reconnais, ne m’arrive pas souvent. Alors oui, comme dans Perdido Street Station, cela ne finit pas si bien que cela, pas de happy-end a l’américaine comme on en voit dans tellement d’œuvres, et ce fait déplaira a certains, mais franchement, est ce vraiment un mal ? Je ne le pense pas. Reste ce titre, Les Scarifiés. Evidement, ce sont les Amants, les dirigeants d’Armada, aux visages sans cesse changeants et qui veulent ne former qu’un seul être, mais c’est aussi la Balafre, ce lieu du Bas Lag dévasté il y a des milliers d’années par l’arrivée d’êtres venus d’ailleurs, formidable cicatrice dans le réel du monde ; et des cicatrices, il y en a d’autres, dans la chair de certains, bien évidement, mais aussi dans les cœurs, dans les certitudes de beaucoup a l’issue des événements voir même dans la ville, Armada, qui n’en sortira pas indemne. Bref, un grand moment de lecture, comme j’aimerais en connaître plus souvent et un univers dont j’ai vraiment hâte d’y replonger. J’espère, sur ce point, que Le Concile de Fer, troisième titre du cycle, sera a la hauteur...


Points Positifs :
- Un claque monumentale, rien que ça ! Car non seulement China Miéville réussi le tour de force de nous pondre un roman aussi bon que Perdido Street Station mais, par moments, Les Scarifiés dépasse son illustre prédécesseur en intensité. Ainsi, si d’un point de vu personnel, je garde une préférence pour Perdido, il est incontestable que Les Scarifiés est lui aussi un énorme chef d’œuvre !
- Un China Miéville au sommet de son imagination et de son art : il faut dire qu’ici, l’auteur britannique va encore plus loin et entre de nouvelles créatures – les meilleures étant, de loin, les hommes et femmes moustiques – les lieux explorés et la narration d’une partie de l’histoire du Bas Lag, l’amateur du sieur Miéville sera aux anges.
- Un casting important et charismatique : il faut dire qu’entre Bellis Froidevin, Uther Dol, les Amants, le Brucolac, Tanneur Sacque, Simon Fennec, pour ne citer que les personnages majeurs, il y a de quoi faire… et quand on pense que les seconds rôles marquent aussi les esprits…
- Malgré ses plus de 800 pages, Les Scarifiés est tellement captivant qu’on ne s’ennui pas une seule seconde et tout cela se dévore d’une traite, ou presque ! Il faut dire que Miéville, malgré son style, nous entraine dans un récit audacieux mais oh combien réussi.
- Après New Crobuzon place à Armada, la cité pirate flottante !
- L’Advanç, créature abyssale et colossale issue d’un autre plan d’existence… mais où Miéville va-t-il chercher tout cela ?
- Même la couverture de l’édition française est superbe !

Points Négatifs :
- Comme cela avait été le cas avec Perdido Street Station, il est plutôt difficile de se lancer dans Les Scarifiés et il vous faudra une bonne cinquante de pages pour, vraiment, entrée dans le vif du sujet et vous faire au style complexe de Miéville, mais une fois que cela sera fait…
- Forcément, toute cette complexité et ce style particulier propre a l’auteur ne plaira pas a tout le monde.

Ma note : 9,5/10

BLACK SCIENCE – LE SILENCE DE L'AÈDE


BLACK SCIENCE – LE SILENCE DE L'AÈDE

L'infinivers est sur le point de s'effondrer. Les dimensionautes, un collectif de héros, de scientifiques et d'anarchistes issus d'innombrables réalités alternatives, doivent se réunir en urgence et se diriger ensemble vers le centre de l'Oignon, origine de ce qui a été, de ce qui est et de ce qui sera peut-être. Grant McKay a créé le pilier pour sauver le monde, il doit désormais l'utiliser pour venir en aide à tous les mondes, ou condamner la réalité elle-même à l'oubli éternel.


Black Science – Le silence de l'Aède
Scénario : Rick Remender
Dessins : Matteo Scalera
Encrage : Matteo Scalera
Couleurs : Moreno Dinisio
Couverture : Matteo Scalera
Genre : Science-Fiction
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Black Science – Volume 7
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 27 mars 2018
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 29 juin 2018
Nombre de pages : 120

Liste des épisodes
Black Science 31-34

Mon avis : Septième tome, déjà, de cette excellente série qu’est Black Science et, une fois de plus, après lecture de la suite des mésaventures de la famille McKay à travers les dimensions, ce qui en ressort, principalement, c’est que ce diable de Remender ne cesse de nous surprendre. Alors certes, il faut reconnaitre que Black Science n’est pas la création de Remender la plus simple d’accès : au vu de la multitude de personnages, de leurs différentes versions issues d’autres dimensions sans oublier un certain jargon pseudo-scientifique ainsi qu’un scénario, bourré de coups de théâtres et de retournements de situations inattendus, le lecteur peut très facilement s’y perdre. D’ailleurs, c’est un peu pour toutes ces raisons qu’une œuvre comme Black Science ne parvient pas à atteindre l’excellence… Cependant, d’un autre coté, comment ne pas reconnaitre que, si jamais on y accroche, c’est un pur régal ! Remender maitrise a merveille son sujet, il nous surprend encore avec cette révélation totalement inattendue au sujet des origines de Kadir – un de mes personnages préférés – et réussi même, dans ces pages pour le moins apocalyptiques, a glisser quelques scènes plutôt touchantes qui permettent de marquer quelques pauses bienvenues dans un scénario qui se dévoile pourtant a grande vitesse. Notre réalité est en grand danger, tout un tas de dangers la menaces et nos héros ont fort à faire et même si par moments on ne comprend pas tout, quel pied que de lire ce nouvel album de Black Science !


Points Positifs :
- On pourrait croire que Remender aurait du mal a se renouveler au bout de quelques albums or, a notre grande surprise, il n’en est rien et il est évidant que celui-ci réussi a nous surprendre de fort belle manière dans ce septième album de la saga.
- Les révélations, totalement inattendues, sur les origines de Kadir – franchement, qui aurait put deviner une telle chose !?
- Depuis le dernier album, notre réalité souffre une véritable apocalypse et ce septième tome poursuit sur sa lancée, pour notre plus grand plaisir, surtout que l’intrigue oscille allègrement entre scènes d’actions a couper le souffle et moments plus intimistes.
- Les dessins de Matteo Scalera, bien entendus, toujours aussi impeccables, même s’il faut accrocher au style – mais bon, cela vaut toujours mieux que bon nombre de dessinateurs plus précis mais ennuyeux au possible…

Points Négatifs :
- Force est de reconnaitre que, par moments, c’est tout de même compliquer a suivre : entre les différentes versions des nombreux personnages, le jargon pseudo-scientifique, les pensées complexes qui parsèment bien des planches, même le fan le plus ultra de Black Science reconnaitra que cette BD n’est pas la plus simple d’accès du sieur Remender.
- Peut-être un coté un peu trop exagéré par moments dans les événements – il faut dire que nos héros en bavent pas mal depuis deux ou trois tomes…

Ma note : 7,5/10

lundi 9 juillet 2018

PROMÉTHÉE – LE SPARTIATE


PROMÉTHÉE – LE SPARTIATE

La guerre prend une autre tournure et les cartes sont redistribuées. Les hommes ne sont plus seuls dans leur combat pour la survie, mais leurs alliés ne sont pas ceux que l’on croit... Dans le futur, Dillon et Murray mesurent l’étendue des dégâts après le cataclysme alien. Ils assistent à une rixe entre deux factions aliens visiblement ennemies et font la douloureuse expérience d’un contact avec un pilote de la faction dissidente. En 2019, les soldats du général Wandmacher arrivent à Washington avec un alien prisonnier. La guerre va prendre un autre visage.


Prométhée – Le Spartiate
Scénario : Christophe Bec
Dessins : Stefano Raffaele
Couleurs : Digikore Studios
Couverture : Pierre Loyvet
Editeur : Soleil
Genre : Anticipation, Science-Fiction, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 06 juin 2018
Nombre de pages : 56

Mon avis : Comme il devenu de coutume, depuis quelques années, sensiblement deux fois par an, nous avons droit a un nouvel album de Prométhée, série de science-fiction du sieur Christophe Bec et dont, malgré le temps qui passe, on ne voit toujours pas le bout ; d’ailleurs, sur ce point, lui-même le sait-il !? Ainsi, après un premier cycle qui, ma foi, aurait put s’achever par la destruction de l’humanité, Bec et son compère Raffaele – toujours aussi peu précis lorsqu’il doit dessiner certains visages ou les scènes d’actions – se sont donc attelés a une suite, suite dont, au départ, on pouvait se demander a quoi elle pouvait servir mais qui, accessoirement, n’est pas si inintéressante que cela… Enfin, du moins pour les nombreux fans qui, comme moi, aimeraient bien connaitre, un jour, le fin mot de l’histoire. Et donc, voilà Le Spartiate, dix-septième tome de la saga et, après lecture de ce dernier, que dire ? Tout d’abord, on ne change pas d’un iota le déroulement scénaristique de cette saga de SF et l’on retrouve donc tout un tas d’intrigues et de sous intrigues qui se déroulent en parallèle – mais pas forcément a la même époque – ce qui fait que, mine de rien, il est facile de s’y perdre par moments. De plus, si certains personnages sont plutôt plaisants à suivre, ce n’est pas le cas de tout le monde et l’on peut même être dubitatif quand a la mise en avant de certains. Ensuite, Prométhée oblige, on se coltine a nouveau des dialogues a n’en plus finir, ce qui fait que, une fois arrivé a la dernière page, on a l’impression qu’il ne s’est pas passer grand-chose… ce qui, pourtant, est plutôt faux puisque, en effet – et ce dix-septième tome le confirme bien – certains événements, certains dialogues, font, petit a petit, avancer le schmilblick, oh certes, a une vitesse qui ferait passer un escargot pour un sprinter, mais tout de même… Bref, rien de bien nouveau sous le soleil, Prométhée poursuit très tranquillement son petit bonhomme de chemin, a vitesse de sénateur, certes, mais bon, le fan étant habituer, il poursuivra la lecture de cette BD en attendant, qu’un jour prochain, il ait droit a la conclusion…


Points Positifs :
- Même si l’on reste loin de la qualité du premier cycle – du moins, des débuts de celui-ci – il est évidant que cette suite n’est pas inintéressante et que, album après album, on retrouve avec un certain plaisir, mais aussi avec curiosité, un univers, des personnages et une intrigue qui nous sont familières. Du coup, sans être meilleur ni pire que ses prédécesseurs, ce dix-septième volume de Prométhée ravira les fans qui aimeraient connaitre le fin mot de l’histoire.
- Même si toutes les intrigues en parallèle ne se valent pas, il est clair que tout cela est par moments captivant a suivre, surtout que certaines d’entre elles méritent le détour et font vraiment avancer l’intrigue – doucement, certes, mais un peu quand même.
- Malgré ses défauts, il est évidant qu’à la lecture de ce énième tome de Prométhée, il apparait que Christophe Bec donne l’impression de savoir parfaitement où il va. D’ailleurs, il aura tissé une toile scénaristique complexe mais intéressante.

Points Négatifs :
- Encore et toujours certaines phases de dialogues a n’en plus finir, des tonnes et des tonnes de texte, a croire que certains personnages ne savent pas aller au but lorsqu’ils ouvrent leur bouche. Au bout d’un moment, cela lasse, surtout que ça ralentit énormément l’avancée de l’intrigue.
- Stefano Raffaele n’est pas un mauvais dessinateur, loin de là, mais autant il est capable de nous pondre des planches magnifiques, autant il a toujours autant de mal sur les visages, les scènes d’actions, etc.
- Même le fan le plus ultra de Prométhée reconnaitra que tout cela est d’une longueur indicible : mine de rien, cela fait des années que la série a débutée et on n’en voit toujours pas le bout, surtout qu’au train où avancent les choses, on peut craindre que la conclusion n’arrive pas de si tôt !

Ma note : 7/10

dimanche 8 juillet 2018

HELLBOY – L'ULTIME TEMPÊTE


HELLBOY – L'ULTIME TEMPÊTE

Dans une petite ville d'Angleterre, un phénomène étrange se déroule. La police est venue à l'église sur demande du prêtre Bill. Ce dernier a constaté que trois tombes ont été profanées au sein même du lieu de culte. Or il n'y a aucune trace d'effraction et seules des dépouilles manquent à l'appel. Hellboy et Alice passaient dans les environs pour s'entretenir avec Bill au sujet de certaines prophéties. L'ancien membre du B.P.R.C. apprend que les tombes profanées étaient celles de chevaliers du Roi et que la seule qui n'ait rien subi était celle d'un traître, dont la famille avait chèrement payé pour que sa dépouille soit en ce lieu. Les signes ne mentent pas. Hellboy écourte l'entrevue avec Bill. Il évoque alors avec Alice les évènements de ces derniers mois et surtout ses doute envers la stature qu'est sensée lui donner l'épée en sa possession : futur Roi d'Angleterre... Hellboy et Alice repartent du village en voiture. Alors qu'ils traversent une zone boisée, leur véhicule est percuté par une sorte de guerrier monstrueux. Après plusieurs tonneaux dans une pente, la voiture s'arrête dans un sale état. Heureusement, Alice et Hellboy n'ont rien. Ce dernier s'extrait de la carcasse pour apercevoir leur agresseur foncer sur eux...


Hellboy – L'ultime Tempête
Scénario : Mike Mignola
Dessins : Duncan Fegredo
Encrage : Duncan Fegredo
Couleurs : Dave Stewart
Couverture : Mike Mignola
Genre : Fantastique, Etrange, Aventure
Editeur : Dark Horse
Titre en vo : Hellboy – The Storm and The Fury
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 20 mars 2012
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 06 février 2013
Nombre de pages : 196

Liste des épisodes
Hellboy – The Storm and The Fury 1-6

Mon avis : Après deux volumes uniquement composés d’histoires courtes – certes plutôt bonnes dans l’ensemble mais qui ne faisaient nullement avancer la trame principale – Mike Mignola, avec ce treizième album de Hellboy, nous offre enfin la suite de La Grande Battue et, accessoirement, la conclusion tant attendue du premier cycle de sa série fétiche – premier cycle car non seulement Hellboy n’est pas achevé mais qu’en plus, un certain Hellboy en Enfer nous dévoilera le sort de notre héros dans l’autre monde. Mais avant cela, quid, donc, de cette Ultime Tempête, cet album que l’on attendait avec impatience ? Eh bien, ma foi, disons que c’est sans la moindre surprise que l’on retrouve la qualité qui était la norme dans la série depuis que Mignola avait délaissé les crayons pour se préoccuper uniquement du scénario : libéré d’un poids et superbement remplacé par un Duncan Fegredo en état de grâce, le maitre a tout le temps de nous concocter une conclusion a la hauteur de son personnage fétiche : ainsi, dans ce treizième tome de Hellboy, nous autres lecteurs assistons a une véritable Apocalypse, a un Ragnarok entres forces du bien et du mal, a un affrontement dantesque entre notre héros et le Dragon mais aussi entre celles du nouveau Roi d’Angleterre – qui, finalement, ne sera pas notre héros – et celles des ténèbres, mais aussi, a la dévastation des Iles Britanniques – rien que ça – sans oublier la mort de... Hellboy ! Eh oui, surprenant ou pas, Mignola tue son héros et même si l’on sait par avance qu’on le retrouvera du coté des Enfers et que l’auteur, parallèlement, reviendra à nouveau sur le passé de ce dernier, force est de constater que ce n’est pas un événement anodin. Bref, un album fort pour une conclusion qui l’est tout autant et, désormais, je suis bien curieux de découvrir ce que donnera ce Hellboy en Enfer, même si ce n’est pas pour tour de suite…


Points Positifs :
- La conclusion tant attendue est enfin arrivée et, franchement, elle est à la hauteur de nos espérances, Mike Mignola nous ayant pondus un scénario tout bonnement magnifique et qui marque les esprits. Bref, une belle réussite, incontestablement !
- Hellboy meurt a l’issu de cet album ! Une sacrée surprise tout de même… quoi que, vu le coté plus sombre pris par le scénario depuis quelques tomes et la mélancolie qui se dégageait de la trame générale, c’est un aboutissement plutôt logique.
- Mignola n’y va pas de main morte dans cet album et nous propose ni plus ni moins qu’une véritable Apocalypse avec, au passage, une belle lutte entre le bien et le mal et la destruction des Iles Britanniques.
- Tout était si bien amené pour que Hellboy soit le nouveau Roi d’Angleterre que lorsque l’on découvre que ce n’est pas lui, on ne peut s’empêcher de se dire que Mignola nous aura surpris jusqu’au bout !
- Pour ce qui est des dessins, il n’y a rien à redire, Duncan Fegredo ayant parfaitement succéder a Mignola et son travail dans cet album frôle avec la perfection.

Points Négatifs :
- Indéniablement, Hellboy est une œuvre pour le moins complexe et entre le fait qu’il faut se rappeler du moindre détail entraperçu dans un court one-shot paru quelques années auparavant et la multitude de références aux divers mythes qui se mélangent allègrement, il est clair que, par moments, le lecteur peut être un peu paumé.
- Hellboy meurt mais comme on sait qu’on le retrouvera en Enfer, cela n’a pas la même portée que si l’on devait faire nos adieux définitifs au personnage.

Ma note : 8/10

JOUR J – LA SECTE DE NAZARETH


JOUR J – LA SECTE DE NAZARETH

En l’an 33 de l’ère des Poissons, à Jérusalem, Ponce Pilate décide de crucifier le voleur Barrabas. Sous l’avis de son conseiller, il épargne néanmoins le prophète fou qu’on appelle Jésus de Nazareth. Celui-ci prône la révolte en voyant ses frères torturés par l’armée romaine. Quinze ans plus tard, les Poissons, la secte de Nazareth, a pris le pouvoir et s’est emparée de Jérusalem. Les légions romaines font le siège de la ville pour la reprendre. A Rome, le centurion Gaïus retrouve un vieil ami, Claudius, dans le quartier malfamé de Subure. Claudius demande de l’aide à son ancien compagnon. En effet, il a eu vent que Judas d’Iscariote, le dernier général des Poissons, projette d’assassiner un haut dignitaire romain. Il faut donc empêcher cet attentat qui pourrait précipiter Rome dans le chaos et la peur. Certains disent même que cet acte de violence annoncerait l’avènement de Dieu et l’Apocalypse. Pourtant, il est trop tard : le sénateur Gravita est assassiné par une femme « poisson » qui s’est faite passer pour une servante. La guerre entre Rome et la secte des Poissons est déclarée…


Jour J – La secte de Nazareth
Scénario : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Ozren Mizdalo, Len O’Grady
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Historique, Mondes décalés, Politique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 04 décembre 2013
Nombre de pages : 56

Mon avis : Après vous avoir parler du Lion d’Égypte, douzième tome de la série uchronique de chez DelcourtJour J, faisons un petit bon dans le temps pour ce qui est des tomes de celle-ci pour nous intéresser au quinzième, La Secte de Nazareth, et qui nous permet de retrouver le même trio d’auteurs : Jean-Pierre Pécau et Fred Duval au scénario, Igor Kordey aux pinceaux. Et donc, ma foi, force est de constater que Le Lion d’Egypte m’avait franchement emballé et que ce fut avec une certaine impatience, et de bons espoirs, que je me lançais dans ce nouvel opus qui, dès son synopsis, me plaisait fortement : imaginez donc un univers où Ponce Pilate aurait sauver Jésus de la crucifixion au lieu du brigand Barabbas, mais surtout, imaginez qu’ensuite, le célèbre fils de Dieu perde littéralement les pédales et devienne un intégriste religieux de la plus belle espèce et qui n’hésiterait pas à faire couler le sang !? Oui, un postulat de départ fort intéressant et qui, dans son opposition juifs/romains, nous renvoi indubitablement à notre époque moderne et à celle entre américains (occidentaux en règle générale) et fondamentalistes islamistes. Car à la lecture de cette Secte de Nazareth, il apparait vivement que ce Jésus Christ n’a rien à envier à un Ben Laden et si cette version osée et aux antipodes de celle dont on nous bassine depuis… deux millénaires… pourra en choquer plus d’un, force est de constater qu’elle est plutôt réussie. Ajoutons à cela un récit pour le moins réussi, plutôt captivant, tout un tas (comme il est de tradition dans cette série) de personnages et d’événements historiques plus ou moins détournés et un Igor Kordey inspiré et vous comprendrez pourquoi ce quinzième opus de Jour J mérite, selon moi, le coup, ne serais ce que pour les amateurs d’Histoire, décalée ou non, mais aussi ceux qui se plairont à trouver les inspirations des auteurs avec notre époque moderne.


Points Positifs :
- Un Jésus Christ aux antipodes de celui que l’on connait, cruel, fondamentaliste et prêt à mettre l’Empire romain à feu et à sang pour son Dieu et son peuple ; cela fait du bien d’avoir enfin une vision complètement différente de cette figure qui n’était que paix et amour…
- Le parallèle plus qu’évidant entre l’opposition juifs/romains et américains/intégristes musulmans et qui plaira aux amateurs du genre.
- Un Igor Kordey en bonne forme (selon moi) et qui nous livre d’excellentes planches par moments.

Points Négatifs :
- Comme d’habitude avec cette série, un seul album pour un récit aussi riche, cela fait peu et, du coup, le tout est fortement compressé et les auteurs sont donc obligés d’user de raccourcis et de faire l’impasse sur certains événements  au détriments d’autres.
- Mais qu’est-ce que c’est que cette fin !? Certes, elle n’est pas mauvaise, bien au contraire, mais ne méritait-elle pas au moins une page, une seule et unique misérable page supplémentaire afin de lui rendre honneur ?
- Une fois de plus, le cas Kordey divisera la plupart des amateurs de bandes dessinés et entre ceux qui détestent son style et ceux qui, comme moi, l’apprécient mais reconnaissent que certaines cases vois carrément certaines planches font un peu brouillon…

Ma note : 7,5/10

JOUR J – LE LION D’ÉGYPTE


JOUR J – LE LION D’ÉGYPTE

Cinquante ans après la chute de Constantinople, Byzance étant passée sous domination turque, une flotte Mamelouke en provenance de l'ancienne Egypte se présente aux portes de la ville de Smyrne. N'ayant a priori aucune chance de franchir les murs d'enceinte de la forteresse, elle n'inquiète pas les autorités militaires, qui pensent la réduire en poussière. Pourtant, plusieurs navires fortement armés parviennent à traverser la baie en larguant dans l'eau d'étranges engins flottant aux carapaces de bois. Et à l'approche de la ville, une de ces machines surplombée d'un immense pieu de métal transperce les pierres et permet à une troupe de cavaliers de pénétrer dans la ville. Les Mamelouks pillent la citadelle et se retirent au matin, avant que des renforts ottomans n'arrivent sur place. De mémoire de combattant, nul n'avait vu une telle arme de guerre, provenant de toute évidence d'une science supérieure. Quelques années avant ces évènements, dans la cour du pape Alexandre VI, un artiste inventeur de génie a quitté avec fracas celui qui l'entretenait jusqu'alors. Pour quelques pigments qui lui manquaient pour terminer une œuvre, Leonard de Vinci a abandonné la chrétienté pour rejoindre le Sultan Tuman Beg. Ce dernier va donner au formidable inventeur le moyen d'expérimenter ses formidables machines de guerre. Le cours de l'histoire va s'en trouver transformé, de multiples manières...


Jour J – Le lion d’Égypte
Scénario : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Ive Svorcina
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Historique, Mondes décalés, Politique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 06 mars 2013
Nombre de pages : 56

Mon avis : Après L’Histoire Secrète, Empire, Keltos puis Les 30 Deniers, c’est au tour de Jour J de remettre au gout du jour, sur ce blog, un duo d’auteurs qui m’accompagnent depuis des années, parfois en bien, parfois en mal... Ces auteurs, les connaisseurs les auront reconnus, ce sont Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey, sans nul doute un des duos les plus prolifiques de ces dernières années pour ce qui est de la bande dessinée européenne. On le retrouve donc aujourd’hui avec une nouvelle série, Jour J, une œuvre uchronique au postulat de départ plutôt intéressant – chaque volume, indépendant les uns des autres, nous présente une période historique donné mais différente de la nôtre, l’histoire ayant divergée – mais dont les deux premiers volumes, lus il y a une éternité, m’avaient tellement refroidis que j’avais laissé tomber. Cependant, dans ce douzième tome, on retrouvait le fameux duo magique et je me suis dit que… pourquoi pas !? Surtout que le résultat final fut, ma foi, une agréable surprise. Oh certes, tout n’est pas parfait, loin de là, mais dans son genre, le scénario des sieurs Pécau et Duval est plutôt réussi : nous plongeant en pleine renaissance, une période historique que j’apprécie fortement, et mettant en avant tout un tas de personnages réels bien connus comme Leonard de Vinci, les Borgia ou Machiavel, les deux compères nous proposent une intrigue où prime davantage les nombreuses bassesses de l’âme humaine que l’action. Ainsi, égoïsme, envie et volonté de puissance sont les maitres mots de ce Lion d’Egypte et sincèrement, ce fut un véritable petit régal que de découvrir le déroulement de celui-ci. Reste, bien entendu, le cas Kordey et là, comment dire, c’est un autre problème car son style est tellement particulier qu’il rebutera bon nombre d’entre vous… mais bon, personnellement, moi, je suis plutôt fan et comme en plus, c’est du bon Kordey que nous avons là et non du Kordey brouillon, que demander de plus ? Bref, un bon petit album d’un duo qui risque encore de nous accompagner pendant bien des années…


Points Positifs :
- Scénaristiquement, c’est franchement pas mal et le duo Pécau/Duval nous propose une fort bonne intrigue captivante au possible.
- Des personnages, historiques bien entendu, hauts en couleurs et dont certains – je pense a Leonard surtout – sont vus sous un jour nouveau et bien moins reluisant que d’habitude.
- Bien apprécier l’idée de donner vie ainsi aux inventions de Leonard de Vinci comme ses tanks, l’aile volante, le vélo, etc.
- Un Kordey de bon niveau, ce qui n’empêche pas quelques pages un peu moins réussies mais plutôt correct voir excellent par moments avec son style particulier.

Points Négatifs :
- Bon, pour en revenir à Kordey, après, son style est vraiment particulier et n’est en aucune façon grand public, d’où le fait que nombreux seront ceux qui risquent de ne pas apprécier les dessins.
- Bonne histoire, je ne le nie pas, plutôt agréable à lire et captivante par moments mais tout n’est pas parfait non plus : par moments, on a l’impression qu’il y a un peu trop de protagonistes ce qui fait que certains sont sous-exploités, de plus, par moments, les auteurs usent un peu trop de raccourcis scénaristiques.

Ma note : 7,5/10
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