lundi 13 août 2018

300


300

L'armée invincible des Perses menée par Xerxès menace le monde grec. Les Athéniens ne sont pas armés pour la repousser. Les Spartiates, menés par leur légendaire roi Léonidas seuls peuvent empêcher la fin d'une civilisation. Mais la tradition veut que les oracles donnent leur avis sur la guerre. Les oracles corrompus. Ceux-ci interdisent à Léonidas d'aller à la rencontre des Perses avec son armée malgré un plan infaillible. Alors Léonidas décide de partir seul, juste accompagné de sa garde sparte, 300 hommes à la discipline de fer, qui le suivent pour l'honneur, pour la gloire, pour Sparte. Ils vont droit vers la mort mais ils avancent. Par la suite, ils devront tenir le passage des Thermopyles jusqu'à l'arrivée de renforts. Jusqu'à la mort.


300
Scénario : Frank Miller
Dessins : Frank Miller
Encrage : Frank Miller
Couleurs : Lynn Varley
Couverture : Frank Miller
Genre : Historique
Editeur : Dark Horse
Titre en vo : 300
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Parution : 28 décembre 1999
Editeur français : Rackham
Date de parution : 01 janvier 2003
Nombre de pages : 88

Liste des épisodes
300 1-5

Mon avis : De prime abord, ce qui choque et étonnes le lecteur avec ce 300, c’est le format choisis, a l’italienne (bref, en format paysage), ce qui, encore aujourd’hui, me perturbe au plus haut point pour le rangement de cette bande dessinée (bon, ok, je suis un maniaque) parmi le reste de ma collection mais qui, au demeurant, s’avère être une formidable idée de Franck Miller : ce format permettant à l'auteur d'illustrer les batailles sur toute la largeur de ses pages, et de mieux traduire la progression géographique des Spartiates vers la bataille, les pages alternant de superbe manière entre de grandes planches sublimes souvent entrecoupées de petites cases disposées de ci de la, celles-ci permettant de faire avancer le récit ou servant plus aux dialogues. Et une fois le format, tout simplement peu commun dans le monde des comics, accepter par le lecteur, ce qui survient assez rapidement, celui-ci est entrainer dans une véritable sarabande guerrière, où la violence n’est jamais occultée, où les corps de chaque protagoniste sont en permanence en mouvement, où les diverses perspectives cinématographiques alternent toujours judicieusement, Miller s’en donnant tout simplement a cœur joie tandis que sa femme, Lynn Varley colorise le tout a merveille, sublimant de part son travail une œuvre déjà exceptionnelle graphiquement parlant. Bien évidement, l’amateur de comics de base pourra être choqué par les dessins de Miller : nerveux, parfois peu travaillés, celui-ci, de part son style particulier privilégie l’ambiance plutôt que l’exactitude des traits, cependant, si l’on accroche, c’est tout bonnement sublime. Après, tout est une affaire de gouts, mais bon, comme il m’arrive parfois de le dire : entre un Jim Lee qui nous sort des planches justes, belles mais sans surprise et sans âme, je préfère largement un Franck Miller ou un Igor Kordey, par exemple, aux styles plus discutables certes, mais bien plus chaleureux que le premier citer… hum, je sens que je vais encore me faire des amis… Mais abordons maintenant l’ensemble des critiques que certains ont fait à Franck Miller au sujet de 300. Tout d’abord, la non véracité historique. Bon, et là, c’est l’amateur d’Histoire avec un H majuscule qui vous parle : évidement que 300 est bourré d’incohérences, qu’il manque des faits, que certains sont hautement exagérés pour ne pas dire mensongers, mais il faut tout de même se rendre compte que nous avons a faire, comme le dit Miller lui-même, a une œuvre librement inspiré d’un fait réel et en aucun cas a une reconstitution historique. 300 n’est pas un livre historique, si vous voulez en savoir plus sur la bataille des Thermopyles, il existe des bouquins, des reportages et bien d’autres médias pour cela et donc, prendre 300 pour ce que c’est : une bande dessinée, un divertissement, tout simplement. Ensuite, parlons de la violence. Bon, mettons les choses au point tout de suite, nous ne sommes pas au pays des bisounours, c’est une évidence, ensuite, au vu de l’époque, l’antiquité, et du contexte, bah, c’est tout de même une guerre, il n’est pas anormal de voir des morts, du sang et des membres coupés… et encore, quand j’y pense, j’ai déjà vu des trucs bien plus violents que 300. Mais peut être que ce qui gènes le plus, c’est la philosophie de ces fameux spartiates, et là, c’est un tout autre problème : ah oui, ce sont quand même de sacrés individus qui se débarrassent des faibles, qui ne vivent que pour la guerre et qui ont un état plutôt totalitaire au vu de notre vision moderne (d’ailleurs, même les athéniens a l’époque le pensaient), et ensuite, ils se permettent de se prétendre être le seul rempart contre l’obscurantisme représenter par les perses, cela ressemble a l’hôpital qui se fout de la charité. Mais bon, une fois de plus, vous vouliez quoi ? Tout d’abord, pour ce qui est des perses, mais cela est valable pour n’importe quel peuple de l’époque, c’étaient loin d’être des enfants de cœur, cela, il me semblait important de le souligner. Ensuite, oui, c’est un peu gonflant, je le reconnais, de lire toutes les deux ou trois pages que la Grèce est le symbole de raison dans le monde, mais bon, c’était ainsi que les grecs se voyaient, l’on appelle cela de la propagande et celle-ci est vieille comme le monde. Alors, l’on me rétorquera que Sparte ressemble bigrement a une dictature, que leur mode de vie est fascisant au possible, ce a quoi je me contenterais de répondre qu’il faut en finir avec les comparaisons qui n’ont pas de sens : déjà, les dictatures sont modernes, point barre, c’était un mode de gouvernement qui n’existait pas a l’époque, n’importe quel personne qui s’intéresse un tant soit peu a l’histoire le sait parfaitement. Ensuite, arrêtons une bonne fois pour toutes de regarder et surtout de juger le passé avec nos yeux et nos idées modernes : ce qui nous apparaît comme immoral, ignoble, anormal au vingt-et-unième siècle ne l’était pas pour des hommes du Moyen-âge, de l’Antiquité ou même du Néolithique. Les mentalités, la façon de voir les choses, les lois, que sais-je, la façon de traiter les autres, de faire la guerre évoluent avec le temps et rien ne nous dit, d’ailleurs, c’est même sur, que dans l’avenir, nos descendants ne trouvent notre époque décadente, odieuse, immorale. Ceci étant dit, certains détracteurs de Franck Miller s’attaqueront à lui personnellement en soupçonnant celui-ci de complaisance envers un régime à la Spartiate (je dis cela pour éviter le terme dictature qui est inadaptée) ; personnellement, et au risque de choquer, je me moque pas mal de savoir ce qu’il pense, ce qui compte avant tout, c’est son œuvre, dans le cas présent, 300, et pour moi, je ne vois pas dans celle-ci une quelconque apologie du fascisme ou de la survie du plus fort au détriment du faible mais plutôt la vision, personnelle d’un auteur de comics, tout simplement excellente par ailleurs, d’une célèbre bataille de l’antiquité et d’un sacrifice, celui de Leonidas et de ses hommes (au demeurant bien plus nombreux, il n’y avait pas que des spartiates, détail que l’on oublie assez facilement), assez noble et courageux au demeurant car a terme, il permit aux états grecs de continuer le combat et de finir par l’emporter. Après, pour ce qui est de chercher des poux à Miller, ce n’est pas ma tasse de thé. Bref, je prends 300, et je pense que chacun devrait faire de même, pour ce que c’est avant tout : une très bonne BD, pas forcement un chef d’œuvre non plus car le qualificatif est trop fort, mais quoi qu’il en soit, une œuvre marquante dans le petite monde routinier des comics qui feraient bien, selon moi, de sortir de leur traintrain quotidien des parutions mensuelles de super héros. Que cela soit par son format, peu commun, ses graphismes, son ambiance et son scénario, 300 est tout simplement un excellent comics qui aura marqué son époque. Alors, si vous avez vu le film et ne connaissez pas encore la BD d’où celui-ci fut tirer ou si l’envie vous prend, n’hésitez pas une seconde car cette œuvre étonnante, originale, mérite amplement le détour.


Points Positifs :
- Une des œuvres les plus remarquables du tournant des années 2000 dans le petit monde des comics. Il faut dire qu’en s’attaquant a l’une des plus célèbres batailles de l’Antiquité, celle des Thermopyles, Frank Miller aura réussi parfaitement son pari en nous livrant une œuvre d’une violence rare mais magnifique d’un point de vu visuel et terriblement captivante.
- La bataille des Thermopyles, Leonidas et ses 300 spartiates, en face, des centaines de milliers de Perses qui déferlent sur la Grèce et ses citées états jusque là divisées. Le résultat, un des plus sacrifices de l’Histoire, sacrifice sublime qui est magnifié dans ce comics.
- Les dessins de Frank Miller, plus inspiré que jamais et superbement mis en couleur par sa femme, Lynn Varley. Violent, grandiloquent, un cadrage dynamique et cinématographique du plus bel effet font de cette œuvre une réussite visuelle indéniable.
- Le format a l’italienne peut surprendre de prime abord mais il s’avère être une bonne idée de la part de Miller, surtout que l’on s’y fait très rapidement.

Points Négatifs :
- Une idéologie particulière qui, même s’il faut la remettre dans le contexte de l’époque, déplaira a un certain public qui n’a toujours pas compris qu’on ne porte pas de jugements sur la façon de vivre et de penser des hommes d’autrefois avec une vision du vingt-et-unième siècle – qui, au passage, n’est pas forcément meilleure sur tous les sujets.
- Il faut reconnaitre que, psychologiquement parlant, 300 n’est pas une œuvre d’une grande complexité et que tout cela est surtout bourrin.

Ma note : 8,5/10

dimanche 12 août 2018

GOD OF WAR


GOD OF WAR

Après avoir transmis l'espoir aux humains et ayant survécu à son terrible massacre des Dieux de l'Olympe, Kratos tente d'oublier son passé et s'exile sur la terre nordique de Midgard, où il fonde une nouvelle famille, vivant à l'écart des Dieux Nordiques. Après le décès de sa bien-aimée Faye, il honore la dernière requête de son épouse, qui est de disperser ses cendres du plus haut pic des Neuf Royaumes aux côtés de leur fils Atreus, mais Kratos souhaite d'abord mettre son fils à l'épreuve lors d'une partie de chasse afin de tester ses capacités et de vérifier si ce dernier est en mesure de contrôler sa rage. L'expérience est un échec et Kratos en vient à considérer que son fils n'est pas prêt pour leur voyage. Mais alors qu'ils sont de retour chez eux, ils sont attaqués par un étranger sadique qui semble assez puissant pour mettre Kratos en grande difficulté. Devant le danger, Kratos prend la route avec Atreus. Leur voyage vers la plus haute des montagnes de Midgard commence, se faisant en chemin des alliés comme les nains forgerons Brok et Sindri, ainsi qu'une mystérieuse et puissante sorcière qui avoue à Kratos connaître sa vraie nature et celle du garçon.


God of War
Éditeur : Sony Computer Entertainment
Développeur : SIE Santa Monica Studio
Concepteur : Cory Barlog
Date de sortie : 20 avril 2018
Pays d’origine : Etats-Unis
Genre : Action, Aventure
Mode de jeu : Solo
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS4

Mon avis : Indéniablement, la sortie de God of War, premier du nom, sur PS2, fut une véritable révolution en 2005. Sommet absolu du beat them all avec son héros, Kratos, se baladant en pleine mythologie grecque, ce soft fut sublimé, d’abord, par un second volet encore meilleur puis un troisième, cette fois ci sur PS3, qui fut l’apogée d’une saga qui aura marqué son époque. Le souci c’est que, s’il y eut bien un autre volet sur PS3, ce fut le très lamentable God of War – Ascension, un jeu qui sentait la fin de cycle et on était en droit de s’attendre à ne plus revoir ce brave et colérique Kratos, du moins, avant longtemps… Alors bien évidement, le fan, dont je faisais partit, pouvait toujours espérer une suite éventuelle car si Kratos avait massacrer le panthéon grec, ma foi, il en restait beaucoup d’autres et, justement, si mon rêve de voir notre spartiate aller tâter du dieu égyptien ne se réalisa pas, ce fut un peu plus au nord, chez les vikings – et sur PS4 – que notre Dieu de la Guerre refit son apparition pour un soft qui, ma foi, relança de fort belle manière la franchise. Pourtant, a la base, j’étais un peu dubitatif : Kratos accompagné d’un gamin, un vrai-faux monde ouvert, une caméra derrière son épaule ?! Hum, trop de changements allaient-ils tuer ce jeu, Kratos allait-il définitivement sombrer en raison de ses concepteurs qui, visiblement, s’étaient inspiré d’autres jeux a succès actuels ? Eh ben ma foi, non et, franchement, c’est une sacrée bonne nouvelle car oui, mille fois oui, God of War – oui, pas de 4 – est un sacré bon jeu, incontestablement et, après l’avoir tout juste achevé, je ne peux que reconnaitre que les concepteurs ont parfaitement rempli leur cahier des charges et gagner leur pari ; pas simple a la base pourtant… Car pour les vieux fans de Kratos, ce soft était attendu mais, assez rapidement, force est de constater que non seulement le changement de lieu est salutaire – cela, c’est une évidence – non seulement l’ajout du fils de Kratos, Atreus, passe plutôt bien, y compris pendant les combats, mais, surtout, là où la franchise a un peu perdu en grand spectacle et en brutalité – c’est un fait – elle a gagner en profondeur, la relation père/fils fonctionnant a merveille et le scénario, lui, étant plutôt bien ficelé. Alors bien sur, God of War n’est pas non plus un chef d’œuvre absolu et l’on peut regretter ces boss qui se comptent sur les doigts d’une main – mais Baldur, quelle claque – quelques ennemis qui ont tendance à se répéter un peu trop et une gestion de l’inventaire vraiment assommante, mais bon, en dehors de ces quelques défauts qui restent mineurs, il faut reconnaitre que ce tout nouveau God of War est un très bon jeu mais aussi, et surtout, qu’il relance a merveille une franchise qui nous avait fait rêver il y a quelques années. En espérant, désormais, qu’il y ait une suite, surtout qu’au vu de la richesse du panthéon Asgardien, il va falloir se coltiner Thor, Odin et compagnie et ce serait dommage de louper ça !


Points Positifs :
- Le renouveau parfaitement réussi pour une franchise culte ! En transportant Kratos dans le grand nord et en le faisant se coltiner avec les dieux Asgardiens, les petits gars de chez Santa Monica ont parfaitement réussis leur pari, et ce, malgré de multiples changements pas évidents a gérer : Kratos est accompagné de son fils, il n’a plus ses lames, l’angle de caméra a changer, etc.
- La relation entre Kratos et Atreus. Au combat, ce dernier n’est pas inutile, bien au contraire, mais ce sont surtout les scènes de dialogues entre les deux qui sont les meilleurs, surtout que certaines sont assez touchantes et que bon, comment dire, Kratos père, ce n’est pas évidant pour un vieil ours comme lui…
- Un jeu tout bonnement magnifique, un des plus beaux de la PS4 !
- Le boss principal du jeu est un certain Baldur et sincèrement, dès notre première rencontre avec lui où l’on prend une véritable claque tellement le combat est intense, jusqu’à l’affrontement final, grandiose, il apparait que notre adversaire est un des meilleurs boss de toute la franchise, rien que ça !
- Une petite flopée de personnages secondaires plutôt réussis : ainsi, entre Freya, Brok, Sindri et Mimir, ont est très bien entourés !
- On ne perd absolument pas au change en quittant le panthéon Grec pour l’Asgardien, surtout que, a de multiples reprises, au court du jeu, l’occasion nous est donnée d’en apprendre davantage au sujet de celui-ci.
- La révélation finale au sujet d’Atreus.

Points Négatifs :
- Si Baldur casse littéralement la baraque et si l’affrontement face au dragon est plutôt sympathique, God of War pèche tout de même par un manque flagrant de boss et d’adversaires véritablement marquants.
- C’est bien beau de nous proposer de crafter nos armes et armures mais force est de constater que l’inventaire est un bordel sans nom et que ce n’est pas toujours évidant de s’y retrouver.
- Euh, pourquoi Atreus est immortel ? Certes, cela nous aurait compliqué la tache qu’il puisse mourir au combat mais bon, du coup, ces derniers perdent un peu en crédibilité.
- A bien y réfléchir, les ennemis ne sont pas très nombreux et la plupart ne sont que les mêmes mais avec des couleurs différentes.

Ma note : 8,5/10

LES MONTAGNES HALLUCINÉES


LES MONTAGNES HALLUCINÉES

Au cours d'une expédition en antarctique, deux scientifiques mettent au jour, derrière une chaîne de montagnes en apparence infranchissable, les vestiges d'une ancienne cité aux proportions gigantesques. Pendant cinq ans, un vénérable professeur d'université devient la proie d'étranges visions. Cherchant à comprendre ce qui l'a possédé, il découvre en Australie des ruines plus qu'antédiluviennes cachées au regard des hommes. En visitant les dédales et recoins de ces lieux maudits, tous vont observer des fresques évoquant l'arrivée sur terre d'entités d'outre-espace. Et constater que la menace de les voir reprendre le contrôle de la planète existe toujours...


Les Montagnes Hallucinées
Auteur : H. P. Lovecraft
Type d'ouvrage : Horreur, Fantastique
Première Parution : février, mars et avril 1936
Edition Poche : 13 février 2012
Titre en vo : At the Mountains of Madness
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Jacques Papy et Simone Lamblin
Editeur : J’ai Lu
Nombre de pages : 256

Liste des Nouvelles :
Les Montagnes Hallucinées
Dans l'Abîme du Temps

Mon avis : Après l’excellente L’affaire Charles Dexter Ward qui avait ouvert le bal de mon cycle Lovecraft sur ce blog, aujourd’hui, c’est à deux des nouvelles les plus connues et les plus réussies du reclus de Providence que je vais m’atteler : Les Montagnes Hallucinées, qui donne son titre a cet ouvrage et le magnifique et indicible Dans l’Abîme du Temps. Bon, déjà, il faut savoir que ces deux œuvres sont également de très longues nouvelles, presque des romans mais si, dans L’affaire Charles Dexter Ward, Lovecraft maitrisait mal le déroulement de son récit, plus long que d’habitude, en se perdant, par moments, dans des descriptions pas forcément nécessaires, dans les deux cas qui nous préoccupent aujourd’hui, ce n’est nullement le cas et ces deux nouvelles font partie des toutes meilleures du maitre. Il faut dire qu’entre Les Montagnes Hallucinées – véritable bijou fantastique où des explorateurs de l’Antarctique découvrent une ancienne cité vieille de plusieurs milliards d’années et une race extraterrestre qui l’est tout autant – et Dans l’Abîme du Temps – formidable récit qui aborde la thématique du voyage dans le temps et, là aussi, d’une civilisation alien antédiluvienne – le lecteur a affaire a ce que Lovecraft a fait de mieux, ou presque… Ainsi, entre la Grande Race de Yith, les Anciens, les Shoggoths mais aussi toutes ces descriptions fabuleuses et inquiétantes de ces cités cyclopéennes d’un autre âge sans oublier cette histoire de la Terre qui est totalement a refaire, le lecteur, tels les héros de ces nouvelles, est complètement balloté dans une mythologie et une horreur qui ne le laissera pas indifférent. Alors, si vous êtes fans de Lovecraft, ces deux œuvres font partie tout naturellement des meilleures écrites par l’auteur et vous y prendrez grand plaisir a leur lecture, et si vous êtes un parfait néophyte, ma foi, pourquoi ne pas commencer par celles-ci, le jeu en vaudra sans aucun doute la chandelle…


Points Positifs :
- Une bonne compilation de deux des meilleurs nouvelles de Lovecraft : Les Montagnes Hallucinées et Dans L’Abîme du Temps. Qui plus est, de par leurs thématiques et leur déroulement, celles si sont assez proches, ce qui apporte une certaine cohérence a la structure de cet ouvrage.
- Dans L’Abîme du Temps est peut-être une des toutes meilleures nouvelles de Lovecraft si ce n’est, a mes yeux, ma préférée : ainsi, cette histoire où une ancienne race extraterrestre, vivant sur Terre au Carbonifère, aurait le pouvoir de voyager dans le temps et dans l’espace afin de s’incarner dans les corps d’autres créatures, tout cela afin de parfaire leur connaissance est tout simplement fascinant. Et puis, il y a le récit en lui-même avec ce protagoniste principal qui ne sait jamais si tout cela n’est qu’un rêve ou la réalité…
- Les Montagnes Hallucinées est également un autre chef d’œuvre de Lovecraft : l’Antarctique, une expédition scientifique trouve des ruines antédiluviennes, des corps de créatures totalement inconnues et… c’est le drame ! Mille fois imitées, jamais égalé, cette nouvelle aura même fortement inspiré un certain… Prometheus !
- La Grande Race de Yith, les Anciens, les Shoggoths, les créatures innommables en forme de Polypes… Les amateurs du mythe auront de quoi faire.
- Ces magnifiques descriptions de ces citées cyclopéennes et immémoriales.

Points Négatifs :
- Dommage que les éditions J’ai Lu n’aient pas fait comme pour L’Affaire Charles Dexter Ward, c’est-à-dire, nous proposer un ouvrage par nouvelle, car bon, vu la taille des deux qui composent ce roman, cela n’aurait pas été illogique.

Ma note : 8,5/10

samedi 11 août 2018

LA BRIGADE CHIMÉRIQUE – TOME 6


LA BRIGADE CHIMÉRIQUE – TOME 6

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. George Spad a retrouvé Tola mais est aux prises avec l'homme élastique. L'armée des crânes intervient, tue l'homme élastique et s'empare de George et de la jeune femme. Pendant ce temps, La Brigade tente d'atteindre le QG du Docteur Mabuse.


La Brigade Chimérique – Tome 6
Scénario : Serge Lehman, Fabrice Colin
Dessins : Gess
Encrage : Gess
Couleurs : Céline Bessonneau
Couverture : Gess
Genre : Super-Héros
Editeur : Atalante
Titre en vo : La Brigade Chimérique – Tome 6
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 25 mars 2010
Editeur français : Atalante
Date de parution : 25 octobre 2010
Nombre de pages : 52

Liste des épisodes
Episode 10 – La Tête arrive
Epilogue – Le Grand Nocturne

Mon avis : Enfin, voilà venu le fameux dernier tome de La Brigade Chimérique, celui qui, de part sa conclusion a surement dut décevoir, pour ne pas dire désappointer bon nombre de lecteurs jusque là acquis à la cause de cette série et qui, sans aucun doute, attendaient autre chose de ce final a la fois surprenant – pour ce qui est du dixième épisode en particulier – et surtout pour cet épilogue étonnant qui en aura dérouter plus d’un de part son jusqu’auboutisme. Pourtant, que l’on ne s’y trompe pas : une fois passé le choc initial de la chose, il est indéniable que cette fin, qu’elle plaise ou non, est la meilleur possible et qu’elle représente parfaitement l’idée initiale des auteurs. De plus, elle s’inscrit parfaitement dans la logique entière de la série depuis ses débuts. Serge Lehman et Fabrice Colin souhaitaient, par le biais de cette série, nous expliquer pourquoi l’Europe ne possédait plus de super-héros tandis qu’outre-Atlantique, ceux-ci étaient légions, et, sur ce point, inutile d’attendre la conclusion pour vous dire qu’ils ont parfaitement réussis leur but. Certes, cela peut dérouter de prime abord, pourtant, cette explication est tout simplement si parfaite, si logique, que oui, mille fois oui, La Brigade Chimérique ne pouvait aucunement s’achever d’une autre manière. Et là, ce pose un problème majeur selon moi pour l’écriture et la compréhension de cette critique : je suis obliger, chose que je ne fais quasiment jamais, de dévoiler une bonne partie de l’intrigue de ce sixième tome. J’ai beau eu essayé de faire outre, de taire ce final et de me contenter de quelques considérations mais cela me paraissait impossible, ou, du moins, je n’ai pas la talent narratif pour le faire. Ainsi, a ceux qui liraient par hasard cet article et qui n’auraient pas encore lu ce dernier tome, je leurs conseille de ne pas aller plus loin et de revenir par la suite, quant aux autres, les connaisseurs, cela n’a, bien entendu, pas grande importance puisque nous sommes là, justement, entre connaisseurs. Désappointer ? Déçu ? Non, pas le moins du monde, disons plutôt perplexe, voir choqué par les deux derniers épisodes de La Brigade Chimérique. Personnellement, je ne pense pas que ceux-ci aient put laisser quelqu’un complètement indifférent, que cela soit parce que tous ceux qui s’attendaient a un ultime combat final entre l’ensemble des super héros européens en auront eu pour leur argent, de même, l’épilogue, tant dans sa construction que pour son coté narratif, et par ailleurs, assez désappointant de prime abord, risquera de laisser dubitatif, pour ne pas dire déçu bon nombre de lecteurs. Par ailleurs, j’aurais moi aussi quelque chose a redire sur celui-ci, je le trouve beaucoup trop court, mais bon, les auteurs ayant souhaité s’en tenir aux six tomes initiaux et promis a la base, il faudra faire avec ce que l’on a. Mais je vous disais plus haut que cette fin, donc, était non seulement la meilleure mais aussi la plus logique, par ailleurs, la seule possible. En effet, au vu de tout ce que l’on a put lire jusque là, au vu de tous les indices disséminés ici de là depuis le premier tome, au vu, ne l’oublions pas, élément plus que primordial, qu’en fait, les super héros, contrairement a ce que l’on pouvait penser jusque là, avaient bel et bien exister de part le passé sur le continent européen, sauf que, ce que j’appellerais l’inconscient collectif les a tout bonnement occultés, oui, forcement, cette fin est la seule possible. Certains pourront râler, trouver que les auteurs on été un peu trop loin dans leur idée, et pourtant, que pouvaient ils faire d’autre ? Comment expliquer autrement qu’un continent entier, que dis-je, le monde entier ait oublié un pan de son passé ? Mais avant d’arriver a cette conclusion, comment ne pas s’attarder un instant sur ce qui restera comme l’un des grands moments de la saga : le combat final entre la Brigade Chimérique et son équivalent allemand, le Gang M, celui-ci amputé par ailleurs d’un membre ? En toute sincérité, des affrontements entre individus dotés de super pouvoirs, cela fait près de trente ans que j’en ai vu et revu, mais franchement, il aura fallut une BD française, qui au demeurant, n’aura pas atteint des ventes extraordinaires si on compare aux véritables bestseller et qui est surtout connue par le biais d’un cercle, du coup forcement restreint, de passionnés, pour qu’enfin, je sois a la fois époustouflé par le combat en lui-même, et surpris par son issue et surtout, comment celle-ci est survenue, et pourtant, je suis ce que l’on appelle un vieux routard du comics super héroïque. Car que l’on ne se trompe pas, l’élément surprenant, ce n’est pas tant que la Brigade Chimérique perdre face au Gang M, ce qui, par ailleurs, est déjà rare en soit dans ce genre de récits, non, c’est la façon qui a amener leur défaite qui est tout simplement grandiose : intrinsèquement, ils sont supérieurs, et de loin et l’issue du combat ne fait aucun doute, seulement, uniquement par la force de la parole du Docteur Mabuse, par sa persuasion, par son discours, la Brigade se déchire, certains de ses éléments plus va-t-en-guerre se rebellent contre l’autorité du Soldat Inconnu, reconnu comme faible, nuisible, donc transformer en cafard, le tuent, et c’en est finie de la légendaire Brigade a la grande surprise du lecteur. Et là, il faut savoir regarder au-delà des apparences car la métaphore est tout simplement géniale : ce groupe de super héros apparemment invincible, c’est la France, les démocraties en gros, et en face, la parole de Mabuse, c’est la propagande nazie. Mais elle aurait put être communiste, car en fait, par le biais de ce combat, les auteurs ont souhaité nous montrer l’état des forces en présence a l’orée de la seconde guerre mondiale : face aux divers totalitarismes, les démocraties, dont le ver est dans le fruit depuis longtemps, ne peuvent lutter, s’affaiblissent, et s’effondrent. Que cela soit par le comportement du Nyctalope qui finis sur les rotules, en roue libre, se parlant a lui-même sur ses eternels regrets mais qui, a aucun moment, n’agit et qui représente bien l’ancienne France, elle qui était si forte, l’ancien rempart de 14-18 mais qui s’apprête a s’effondrer devant les forces allemandes, où la trahison de Sérum, par exemple, qui annonce quelque part la collaboration a venir, il est indéniable que La Brigade Chimérique n’est pas une simple bande dessinée, que ce combat final n’est pas un simple affrontement entre guignols costumés et que l’ensemble, des premières pages du prologue aux dernières de l’épilogue sont a regarder d’un jour nouveau. Et alors, pour ce qui est de l’épilogue, tandis que George Spad se retrouve déportée à Auschwitz, la fameuse tête de l’anti-être, au milieu de centaines de milliers de juifs, sa disparition annonce en fait, elle qui était feuilletoniste, bref, qui mettais en scène les aventures et les divers exploits des divers héros de la superscience, la fin de tout un monde… Sans écrivains pour narrer leurs aventures, ceux-ci vont bien évidement tomber entièrement dans l’oublie, comme ce fut le cas du Nyctalope qui au fil des tomes n’aura chercher, alors que le monde sombrait dans le chaos, que quelqu’un digne de lui écrire ses mémoires, bref, de le rendre, par ce fait, immortel, et qui aura finalement échoué, a son grand désespoir et ce, contrairement a des figures comme Holmes ou Fantomas. Mais cet oubli, définitif, n’est pas que la conséquence de la disparition des écrivains, élément important mais qui a lui seul n’aurait pas suffit : les super héros eux-mêmes quittent le vieux continent, suivant ainsi les traces du Passe Murailles dans le premier tome, pour rejoindre le nouveau monde et plus particulièrement les Etats-Unis, terre de prédilection, dès lors, du monde super-héroique et, par ailleurs, le personnage que l’on voit le plus lors de cet épilogue est Superman, enfin, Mr Steele, symbole absolu de ce que sera le genre pour les décennies a venir. Et tandis que les super héros partent, que leur plus ancien représentant, le fameux et célèbre Golem, dernière créature magique quitte aussi l’Europe, amenant avec lui ce qui reste de la superscience, entrainant de fait la fin de celle-ci dans nos vertes contrées, les auteurs, par le biais d’un clin d’œil comme les apparitions de Francis Blake et de Bob Morane, mais surtout par celle du Partisan, le héros sans pouvoirs, nous montrent le passage de témoin entre le surhomme et le héros humain, qui peuplera désormais littérature populaire et bande-dessinées européenne (sauf en Grande Bretagne histoire de nous rappeler les futures auteurs de comics d’outre manche). Et tandis que Mabuse et les autres membres du Gang M se refondent pour qu’Adolf Hitler puisse mener la guerre à venir qui sera, sans superscience désormais disparue, conventionnelle, que le Docteur Severac disparaît dans les limbes sans possibilité apparemment de revenir et que George Spad s’en va mourir avec les déportés juifs, Steele amène le Golem et les super héros européens aux USA, autre passage de témoins, le continent américain devenant, maintenant que l’Europe ayant perdu, de part ses décennies a s’entredéchirer, quelque part, son droit a l’imaginaire, et, surtout, sa volonté de créer et de se reconnaître dans des héros, celui-ci étant désormais infréquentable car dévoyé par la thématique du surhomme et la théorie suprématiste de la race aryenne. Incontestablement, et même si plusieurs lectures de l’intégralité de l’œuvre me semble nécessaire pour mieux en apprécier toute la valeur intrinsèque, il est évidant que La Brigade Chimérique est probablement l’une des bande dessinées les plus importantes de ces dernières années. Et là, ce n’est pas que sa qualité en tant qu’œuvre, le superbe travail de ses auteurs, de ses artistes, non, j’irais même au delà, disons le tout net : cette BD s’avérait nécessaire. Tout d’abord, elle répond a une question que tout amateur de comics a put se poser un jour, quid des européens (si l’on excepte les anglais bien entendu) dans l’histoire des super héros ? Ensuite pour le formidable travail de recherche des auteurs qui ont ramené des limbes de l’oublie, tout un tas de personnages fascinants que notre histoire, notre inconscients collectif avait tout bonnement oublié, et pour finir, pour la simple et bonne raison que quelque part, La Brigade Chimérique n’est pas une fin en soi, c’est une série qui pourrait nous réconcilier avec un genre qui n’a pas à être cloisonner outre atlantique. La boucle étant bouclée, l’individu européen en tant que tel est il prêt à assumer son antique passion pour le personnage super héroïque comme ce fut le cas tout au long de son histoire ? Certes, rien n’est moins sur et c’est très loin d’être gagner. Mais quoi qu’il en soit, La Brigade Chimérique nous a prouvé que ce n’est pas forcement impossible, comme nous le laisse supposer la dernière image de l’œuvre, cette fameuse chambre ardente perdue dans l’herbe, quelque part au beau milieu des montagnes autrichiennes. Un espoir tenu d’un retour de Severac ? L’avenir nous le dira…


Points Positifs :
- Une conclusion magistrale pour une œuvre qui l’est tout autant ! Il faut dire que si celle-ci surprend de prime abord, elle apparait comme étant complètement logique au vu du postulat de départ mais aussi du déroulement de l’intrigue au fil des volumes. Franchement, chapeau-bas aux deux auteurs pour avoir sut répondre a la grande question que les amateurs de comics se posaient depuis des lustres : mais pourquoi n’y-a-t-il pas de super-héros européens ?
- Deux réponses a cette question : parce que la Brigade a perdu face a Mabuse et que les autres héros apparaissent bien faible face a ce dernier et a Nous Autres mais aussi, parce que d’un point de vu culturel, comment le culte du surhomme pouvait-il perdurer après que celui-ci fut perverti par l’idéologie nazie !?
- La défaite de la Brigade face à Mabuse et le Gang M. Surprenante mais tellement logique au final. Et puis, il y a la manière dont celle-ci a lieue, qui nous renvoi, bien entendu, à la faiblesse des démocraties face aux totalitarismes a l’époque.
- Le Nyctalope complètement paumé, la Brigade défaite par elle-même, les surhommes qui partent outre-Atlantique, les seuls héros restants étant des hommes sans pouvoirs – sauf en Grande-Bretagne – la puissance des diverses dictatures : tout cela n’est que la métaphore du monde réel, bien entendu.
- La représentation terrible mais juste de la Shoah : les juifs sont d’abord représentés comme étant des cafards car c’était ainsi que les considéraient les nazis.
- Les dessins de Gess qui possède certes un style particulier mais qui livre dans La Brigade Chimérique une prestation remarquable !

Points Négatifs :
- Je pense qu’un septième volume n’aurait pas été de trop, histoire que les auteurs aient put s’attarder un peu sur certains protagonistes et développé davantage leur univers.
- La tristesse de devoir faire nos adieux a cet univers, car même si des préquelles existent, ce ne sera pas pareil.
- Bien évidement, il y a toujours la problématique du format, beaucoup trop petit pour que les dessins de Gess soient mis en valeur.
- Comme je l’ai dit lors des critiques précédentes : si l’on ne possède pas un gros bagage cultuel et historique, alors, non seulement on passera a coté de la plupart des références mais en plus, on ne comprendra pas la profondeur scénaristique de cette œuvre.

Ma note : 9/10

vendredi 10 août 2018

LA BRIGADE CHIMÉRIQUE – TOME 5


LA BRIGADE CHIMÉRIQUE – TOME 5

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. Jean Severac, George Spad et Irène tentent de décoder les derniers mots de Gregor Samsa. Ne pouvant les résoudre, ils font appel au club de l'hypermonde. Celui-ci abrite des feuilletonistes en activité. Ils transcrivent les histoires de leurs personnages. Pendant ce temps, le gang M et les Mécanoïdes de « Nous autres » surplombent Varsovie.


La Brigade Chimérique – Tome 5
Scénario : Serge Lehman, Fabrice Colin
Dessins : Gess
Encrage : Gess
Couleurs : Céline Bessonneau
Couverture : Gess
Genre : Super-Héros
Editeur : Atalante
Titre en vo : La Brigade Chimérique – Tome 5
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 25 mars 2010
Editeur français : Atalante
Date de parution : 25 mars 2010
Nombre de pages : 52

Liste des épisodes
Episode 8 – Le Club de l’Hypermonde
Episode 9 – Tola

Mon avis : Cinquième et avant dernier volume de la saga super-héroique européenne de Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess, ce nouveau chapitre de la désormais culte Brigade Chimérique m’aura, si l’on me pardonne l’expression et le langage un peu, comment dire, cru, tout bonnement laissé sur le cul ! Et oui, rien que ça ! Mais disons qu’arrivé a ce stade de la série, les qualificatifs commencent sérieusement a me manquer pour la décrire : la qualité est toujours élevée, je ne pense que le plus grand bien de cette bande dessinée et je pourrais, en toute sincérité, vous sortir des pages et des pages de louanges parfaitement assumées et justifiées de mon point de vu. Mais le pire, c’est que, après trois premiers tomes tout simplement parfaits et un quatrième qui avait flirter avec la perfection, voilà que débarque le cinquième et que dès le premier de ses deux habituels épisodes qui composent chaque volume, j’ai dut revoir quasiment tout ce que je pensais au sujet de cette série, ce, par le biais d’une révélation qui a agit comme un véritable coup de tonnerre, qui m’a pris complètement par surprise mais qui, a y regarder de plus prêt, est la plus logique du monde et était plus ou moins annoncé par le biais d’indices pas franchement flagrants a la base mais qui après coup s’éclaircissent… Alors certes, ce n’est pas la première fois que dans cette série, l’on a droit a des révélations, il suffirait pour cela de repenser a tout ce qui avait trait aux mystères entourant le lien entre le Docteur Severac et les quatre entités composants la Brigade Chimérique et dont le point le point d’orgue avait été le troisième volume. Cependant, même si cela fut un moment important dans l’intrigue de la saga, comment ne pas faire de ce cinquième et avant dernier volume celui des révélations ? Je m’explique : assez rapidement, on avait compris les liens entre Severac et la Brigade, restait juste à savoir le pourquoi du comment et quelques détails annexes, alors que là, la révélation du huitième épisode, intitulé Le Club de l’Hypermonde, nous prend complètement par surprise, et sincèrement, bien malin celui qui s’en serait douté avant coup. Personnellement, ce ne fut pas mon cas, et si ensuite, j’ai put repenser a certains indices, certaines paroles énigmatiques plus ou moins tendancieuses, je dois reconnaître que l’effet de surprise fut tout bonnement excellent. Mais, plus que cela, c’est que, grande force des auteurs une fois de plus, celui-ci n’est pas juste un simple effet narratif réussi, non, bien au contraire, cette fameuse révélation, fracassante de part ses implications, vient sublimer un synopsis déjà excellent jusque là et, accessoirement, nous faire perdre quelques certitudes que l’on pouvait avoir sur certains des protagonistes les plus importants. Franchement, chapeau bas a Fabrice Colin et Serge Lehman. Alors du coup, le neuvième épisode, Tola, apparaît un peu en retrait vis-à-vis de son prédécesseur, ce qui peut se comprendre au vu de ce que l’on venait tout juste d’apprendre dans celui-ci mais qui est, au demeurant, un peu injuste selon moi. Tout d’abord, saluons une grande scène que je pourrais presque qualifier d’anthologique du Nyctalope, décidément l’un des protagonistes les plus intéressants de cette série : sincèrement, lorsque j’ai commencé à lire La Brigade Chimérique, je n’attendais pas des masses de ce type a moitié chauve avec du bide et qui, physiquement s’entends, ne pouvait pas franchement être qualifié de charismatique, or, au fil des épisodes, le Nyctalope, de part son coté égocentrique, son désir presque égoïste de ne penser qu’a sa fameuse biographie, afin d’avoir sa place au panthéon des plus grands, bref, ce fameux protecteur autoproclamé de Paris, la ville lumière (pas mal pour un type qui, justement, vois dans l’obscurité), de part ses nombreux défauts est apparu bien plus intéressant que bien d’autres protagonistes, plus conventionnels eux. Bref, de mon point de vu, une excellente surprise, et je tenais à le dire (hum, a le redire). Mais pour en revenir a ce neuvième épisode a proprement parler, lui aussi a son lot de révélations et cette fois ci, c’est du coté de la délicieuse « garçonne » George Spad que l’on se tourne et on en saura beaucoup plus sur elle, ainsi que sur l’explication d’une fameuse affiche que l’on pouvait apercevoir dans son appartement dans l’épisode précédant (pour les plus observateurs, bien entendu). Alors, bien entendu, le rythme de cet épisode est un peu plus lent que d’habitude, la « faute » (même si c’est un bien grand mot) au fameux flash-back de George Spad, surtout que, le lecteur attendant avec impatience l’affrontement final, et accessoirement, la fameuse fin des super héros européens que l’on nous promet depuis le début de la série, il se pourraient que certains, du coup, ne l’apprécie pas, or, il n’en reste pas moins indispensable pour la compréhension de l’ensemble, de part ses révélations, mais aussi d’un point de vu narratif. Bref, inutile de tourner encore autour du pot, oui, vous l’avez compris, mon avis quant a la valeur de La Brigade Chimérique n’a pas changer d’un iota. Disons même que plus on avance dans la saga et plus mon enthousiasme augmente, atteignant des sommets rarement atteints depuis belle lurette et me faisant dire que, décidément, cette série est sans nul doute une de celles qui m’aura le plus marquer au court de la décennie écoulée, rien que ça !


Points Positifs :
- L’énorme révélation, totalement inattendue, au sujet des origines du Dr Mabuse et de ses alliés. Sincèrement, même si après coup, on se dit que certains indices le laissaient sous-entendre, je pense que rares étaient ceux qui avaient fait le lien.
- Le huitième épisode, Le Club de l’Hypermonde, est tout bonnement excellent : pour la révélation sur les origines de Mabuse, bien sur, mais aussi pour la mission de la Brigade dans l’antre du Nyctalope afin de libérer Gregor Samsa.
- On sent que la conclusion approche a grands pas et, scénaristiquement, c’est toujours aussi bon et parfaitement maitrisé de bout en bout.
- Encore une fois, une flopée de références à la culture, à l’Histoire, à des figures réelles ou imaginaires parsèment cet album. On ne peut que s’incliner devant les connaissances des auteurs et le travail fait en amont.
- Pour ce qui est des dessins de Gess, il n’y a rien à dire, c’est toujours aussi bon, surtout si vous êtes fan de ce style particulier – ce qui est mon cas !

Points Négatifs :
- Toujours et encore le souci du format, un poil trop petit, ce qui nuit un peu a la visibilité des dessins de Gess.
- Le neuvième épisode, centré sur le passé de George Spad est intéressant mais un peu trop contemplatif selon moi.
- Reconnaissons, une fois de plus, que sans un certain bagage culturel, comprendre cette œuvre est chose quasi-impossible au vu de toutes les références et les sous-entendus dont celle-ci regorge.

Ma note : 8/10
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