jeudi 3 juillet 2008

L’ORDRE DES DRAGONS : LA LANCE


L’ORDRE DES DRAGONS : LA LANCE

Grand dieu ! Comment cela est-il possible ? C'est un des secrets de notre histoire, mon cher Ernst. Voici la preuve que nous cherchions. Ce qu'on nous enseigne dans les livres est erroné. On nous cache les vérités de ce monde. Et c'est à nous qu'il revient, mon ami d'apporter la lumière aux hommes.

Il est amusant de constater comment certains noms peuvent éveiller ma curiosité et me pousser a un achat. Dans le cas présent, ce n’est pas du titre de cette BD qu'il s’agit mais de celui de sa collection: Secrets du Vatican. Il n’en suffit pas plus pour m’émoustiller et, au bout de quelques pages feuilletées, repartir avec, surtout après avoir constaté que bien d'autres choses allaient me plaire. Mais avant tout, un petit résumé de l’intrigue :

Tout commence dans les années 30, dans l’Himalaya où l'on retrouve une expédition qui met un jour, dans une caverne cyclopéenne, des ruines Celtiques et Chrétiennes. Berlin, 1933, un savant juif est assassiné sous les yeux d'une jeune femme à qui il venait de transmettre une enveloppe au contenu plutôt mystérieux; C’est le début d'une enquête ou sociétés secrètes, nazisme, histoire cachée et ésotérisme vont se mêler afin de démêler le secret de la victime. Pour ceux qui me suivent depuis un bon bout de temps, ces quelques lignes vous auront fait comprendre que décidément, j’aurais eu du mal à ne pas m’intéresser à cette bande dessinée. Maintenant, malgré ce contenu alléchant, le jeu en vaut il vraiment la chandelle?

Je suis légèrement mitigé. Si l’histoire est plutôt agréable et que j’ai retrouvé avec un certain plaisir de nombreux éléments de folklore qui me ravissent, je dois avouer que je m’attendais peut être a un résultat autre. Ce premier volume de l’Ordre des Dragons est loin d’être mauvais, tel n’est pas mon propos, mais il possède quelques petits défauts mineurs qui ont un peu gâché mon plaisir. En particulier le dessin que j’ai trouvé sympa, sans plus: les protagonistes ont du mal à être expressifs et cela casse parfois l’action; et puis, certaines planches sont vraiment passables. De même, j’ai eu le plus grand mal à reconnaître Goebbels. Le scénario, loin d'être original s'en sort nettement mieux mais il n'a rien de transcendant non plus. Le fait qu'il s'agit du premier volume y est peut être pour quelque chose et il faudrait attendre la suite pour se faire une idée plus précise dans son ensemble.

Cependant, malgré ces quelques imperfections, cet Ordre des Dragons n'est pas a jeter et au final, même s'il est certain qu'il ne sera jamais culte, cela ne m’empêchera pas d’attendre la suite et la conclusion finale de tous les mystères bien loin d’être dévoilés pour l'instant....

L’ÎLE NOIRE


L’ÎLE NOIRE

En se promenant dans la campagne avec son chien Milou, Tintin est blessé par de mystérieux aviateurs tombés en panne. Ses amis les détectives Dupond et Dupont lui rendent visite à l’hôpital et se renseignent sur l’avion suspect, qui s’est finalement écrasé à Eastdown, dans le Sussex en Angleterre. Après leur départ, Tintin décide de retrouver lui-même la piste de ses agresseurs. Deux complices des aviateurs se retrouvent dans le train que prend Tintin, et le font arrêter en faisant croire qu’il a agressé et volé le portefeuille de l’un d’eux, un dénommé Wronzoff. Ils glissent dans les poches de Tintin une matraque et le portefeuille en question. Les Dupondt, qui se trouvent eux aussi dans le train, n’ont d’autre choix que d’arrêter leur ami. Tintin réussit toutefois à s’échapper grâce à Milou, qui subtilise les clefs des menottes aux Dupondt endormis. Après sa fuite, il se retrouve nez-à-nez avec les policiers qui tentent une nouvelle fois, sans succès, de le rattraper. Tintin réussit à prendre le ferry pour l’Angleterre, mais les deux malfaiteurs qui ont monté le coup du train sont également à bord.

Me replonger dans la relecture des aventures de Tintin fait remonter en moi un tas de souvenirs de mon enfance ainsi que ce simple constat: qu’est ce que j’ai put aimer l’œuvre d’Hergé ! S'il ne fut pas mon premier Tintin (l’honneur revint aux Cigares du Pharaon), l’Île Noire fut l'un de mes préférés et en le relisant hier, je comprends parfaitement pourquoi.

Tout d' abord, un petit résumé du scénario : A la suite d'une mauvaise rencontre avec les occupants d'un étrange avion en détresse, notre reporter a la houppette se voit embarqué pour la Grande Bretagne en compagnie de son fidèle Milou et poursuivit par les impayables Dupont(d) qui comme a leurs habitude croient Tintin coupable d'un méfait, sur les traces d'une bande de faux monnayeurs. Il y rencontrera pour la première fois le Dr Müller, qui refera surface par la suite et l’histoire s’achèvera dans le repaire des malfaiteurs situé dans un château en ruines, sur une île au large de l’Écosse.

Si a priori, le scénario de l’Île Noire ne brille pas par une originalité époustouflante, il n’en reste pas moins prenant et ce, surtout grâce a un rythme très élevé qui ne laissera aucun répit a notre reporter (et a nous lecteurs) de la première a l’ultime case. A ce sujet, il faudrait évidement que je relise toute la collection pour en être sur mais de mémoire, il me semble bien que l’Île Noire soit bel et bien l’aventure de Tintin la plus endiablée ou gags, courses poursuites, affrontements et autres rebondissements s’enchaînent a une vitesse vertigineuse. Et cela, sans lasser une seule seconde. Personnellement, je me suis (re)passionné pour l’histoire et l’ai lu d'une traite, sans voir le temps passé. Certes, je reconnais que l'Île Noire n'est pas du niveau que ces chefs d’œuvre absolus que peuvent l’être les diptyques comme Le Secret de la Licorne/Le Trésor de Rackham le Rouge ou Les 7 Boules de Cristal/Le Temple du Soleil par exemple, qui sont de véritables monuments, mais il est peut être bon de rappeler que l’ensemble des aventures de Tintin est d'un très bon niveau et que, dans le fond, il n’existe pas de « mauvais Tintin ».

Alors, si vous souhaitez vivre une aventure haletante et amusante qui saura vous passionner un petit moment, n’hésitez pas une seconde et plongez (ou replongez) vous dans la lecture de l’Île Noire.

mardi 1 juillet 2008

TINTIN AU CONGO


TINTIN AU CONGO

Tintin se rend en paquebot au Congo Belge dans le cadre de son travail de journaliste, accompagné de son chien Milou. Tom est un homme qui s'est embarqué clandestinement sur le même bateau et qui tente à plusieurs reprises de tuer le jeune journaliste. Une suite de péripéties amène Tintin au royaume des Babaoro'm, où il devient le sorcier attitré. Il découvre alors que les hommes blancs voulant sa mort (notamment Tom) sont des gangsters affiliés à Al Capone qui tentent de prendre le contrôle de la production de diamants au Congo.

Ah, le plaisir des brocantes! Tenez, pas plus tard que dimanche dernier, je suis allé a celle de Chelles, dans l’idée de me faire de bonnes affaires, ce qui fut le cas en trouvant des vieux Tintin dont le prix allait entre 1 et 4 Euros, et ce, pour un état parfaitement acceptable. Je dois avouer que je n’ai plus le même plaisir à me replonger dans la lecture des aventures du plus célèbre des reporters, ou du moins, pas autant qu’a 8 ans, c'est ce que l'on appelle « grandir » probablement. Mais bon, même si mes goûts ont évolués et que mon esprit est devenu bien plus critique, je ne peux que m’incliner devant cette œuvre magistrale d'Hergé, et l’avoir dans sa collection est primordial à mes yeux.

Passé ce petit préambule, intéressons nous a présent a ce fameux et tant contesté Tintin au Congo qui depuis quelques années traîne autour de lui une réputation sulfureuse a tendance raciste. Tout d’abord, l’histoire en elle même:

Ce n’est pas un grand Tintin, il faut l’admettre, la suite sera largement d’un niveau supérieur; cependant, malgré cela, il garde un certain charme désuet des premières aventures du reporter a la houppette. Tintin au Congo est le type même du Tintin « pré Haddock », Milou y occupe une place importante, il discute le plus logiquement du monde avec son maître qui trouve cela parfaitement normal et en est en plein dans les grands voyages dépaysant des premiers volumes (en URSS, en Amérique, en Chine etc...). Certes, au fil de sa carrière, Tintin et ses compagnons parcourront le monde (et la Lune) dans tous les sens, mais l’ambiance en sera différente, bien moins naïve que dans les premiers volumes qui datent des années 30. Et justement, c’est la que le bas blesse.

Nombreux sont ceux, qui à la lecture de ce Tintin au Congo ont taxé Hergé de raciste. Et il est clair qu'en le relisant, après tant d’années, je ne peux que reconnaître qu'il existe bel et bien un certain malaise dans cet album. Mais la ou certains grand défenseurs de la «cause noire» souhaiteraient son interdiction pure et simple, je n’irais pas jusque la. Certes, les stéréotypes sur les noirs sont légions, et même sans lire l’album, rien que la façon dont ils sont dessinés est peu reluisante. Mais ces stéréotypes tant décriés ne sont pas plus nombreux que dans Tintin au pays des Soviets ou que dans Tintin en Amérique voir même, Le Lotus bleu. Comme dans d’autres bandes dessinées de l’époque, mais aussi dans des romans ou dans des films, on a droit a la vision occidentale de l’Homme blanc sur le reste du monde, vision qui, si elle peut paraître condamnable de nos jours est a remettre dans le contexte du début du siècle qui n’est évidement pas le notre. Un exemple flagrant dans Tintin au Congo: le nombre d’animaux qui sont tout bonnement massacrés dans l’histoire. Inacceptable de nos jours, et c’est normal. Mais c’était malheureusement cela un safari entre les deux guerres, on ne peut pas réécrire le passé. Et c'est ce que souhaiterait le politiquement correct, c'est-à-dire : supprimer tout ce qui est gênant même si cela dénature des œuvres, voir les interdire (après tout, on gomme bien les cigarettes sur certaines photos d’acteurs de l’époque, ce qui au passage est assez ridicule; on connaît aujourd'hui les méfaits du tabac, mais ce n’est pas une raison pour occulter le fait que celui ci occupe une place légendaire dans l'industrie cinématographique).

Alors, oui, Tintin au Congo représente bien la vision que pouvait avoir un belge des années 30 sur les Africains, avec toutes les fausses idées et les stéréotypes de l’époque. Mais de la a taxé Hergé de raciste (et ce, malgré quelques amitiés plutôt ambiguës par la suite) est allé un peu vite en besogne pour qui s’intéresse un tant sois peu a sa vie. Et ce n’est même pas nécessaire: il suffit de relire l’intégralité des aventures de Tintin pour se rendre compte que ce sois disant racisme, et bien peu présent et que Hergé ne mérite absolument pas un procès en sorcellerie que beaucoup souhaiteraient mais qu'il devrait plus être vu comme un homme de « son temps » qui évolua rapidement dans sa vison du monde.

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