jeudi 31 juillet 2008

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LA HUITIÈME FILLE


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LA HUITIÈME FILLE

Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise la transmission de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fonds de commerce. Nous sommes sur le Disque-Monde (vous y êtes ? Nous y sommes). La succession s'y effectue de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi opère le mage. Puis il meurt. Or, il apparaît que le huitième fils est cette fois... une fille. Stupeur, désarroi, confusion, jamais on n'a vu pareille incongruité. Trop tard, la transmission s'est accomplie au profit de la petite Eskarina. Elle entame son apprentissage sous la houlette rétive de la sorcière Mémé Ciredutemps... Après La huitième couleur et Le huitième sortilège, voici la troisième Huitième. Ne craignez pas la réplétion : comme tant d'autres avant vous, «vous en redemanderez», selon l'incontournable adage de Jérôme Bosch.

Troisième volume des Annales du Disque Monde, La Huitième Fille est un peu diffèrent de ses prédécesseurs: cette fois ci, plus de Rincevent ni de Bagage mais de nouveaux personnages et une nouvelle intrigue. Si l’Univers est toujours le même, et que l'on retrouve la cité d’Ankh-Morpork et l’Université de l’invisible, c'est désormais la jeune Eske et la sorcière, Mémé Ciredutemps que l'on suit et ce renouvellement dans les rôles principaux est le bienvenu et ajoute de l’intérêt a l’histoire, mais ce n'est pas tout. Tout d'abord, l'intrigue en elle même est assez originale, dans le Disque Monde, seul les hommes peuvent être mages, et du coup, les femmes sont destinées à être sorcières. Or, suite a une erreur, une jeune fille se voit investit du pouvoir qui aurait du échoir a un garçon, ce qui ne c'était jamais produit jusque la. Et nous voila partis pour une histoire sympathique, qui de prime abord semble être sans grande prétention mais qui s’avère bien plus profonde qu'elle en a l’air.

De fait, si la grande question est de savoir si oui ou non, Eskarina deviendra un jour mage (et on se doute qu'elle parviendra a ses fins), si l'humour est toujours présent (mais plus subtil que dans les deux premiers volumes, Pratchett se bonifie avec le temps), c'est en fait une véritable dénonciation de la condition féminine que l'auteur britannique nous a livré, et avec talent. Car si dans le Disque Monde, une femme n’est bonne qu'aux taches ménagères, qu'aux plaisirs de la chair ou a préparer des potions avec des herbes cueillies dans les bois, si l'on réfléchit bien un instant, combien d'hommes, dans le monde réel les voient encore ainsi? Enfin, peut être pas comme des sorcières, quoique...

Et si en plus, je vous dit que les personnages, de Mémé Ciredutemps a Eske, en passant par les mages machos de l'Université de l'Invisible sont tous attachants, chacun a leur manière avec leurs qualités et leurs défauts, et qu'en plus, vers la fin, vous aurez droit a un pastiche hilarant de Merlin l'enchanteur de Disney, vous vous doutez bien que je ne peux que vous conseiller ce livre. Et en plus de l’agréable moment que La Huitième Fille vous feras passer, n’oubliez pas que du coté du Disque Monde, l’humour n'est jamais bien loin...

mercredi 30 juillet 2008

LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LE HUITIÈME SORTILÈGE


LES ANNALES DU DISQUE MONDE : LE HUITIÈME SORTILÈGE

Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants ? Question capitale, car le tissu même du temps et de l'espace est sur le point de passer dans l'essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux : dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le... huitième sortilège ! La suite de l'épopée la plus démente de la Fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse : le Bagage, l'In-Octavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l'enchanteur maléfique et, naturellement, La Mort...

Deuxième volume des cultissime Annales du Disque Monde, Le Huitième Sortilège est la suite directe de La Huitième Couleur et l'on retrouve avec plaisir les péripéties du mage raté Rincevent, de Deuxfleurs le touriste et, bien entendu, du bagage. Souvenez vous, a la fin du premier tome, nous avions quittés nos héros alors qu'ils étaient projetés hors du Disque Monde et qu'ils tombaient dans les profondeurs spatiales (bah oui, dans un monde plat, les possibilités de chute dans le vide ne sont pas a écarter). Bien évidement, ils vont s'en sortir sans grand dommage même si je vous laisse la primeur de la découverte et c'est reparti, sur la lignée du volume précédant, dans un parcours abracadabrantesque à travers divers lieux du Disque.

Cependant, la où aucun fil conducteur n’était réellement apparent dans La Huitième Couleur (On se contentait de suivre Rincevent et Deuxfleurs a divers étapes de leurs voyage), cette fois ci, il n'en est plus question et c'est l’In-Octavo, le plus puissant de tous les livres de magie qui en est la clef, avec, au bout, la menace d'une éventuelle fin du monde si la Tortue céleste percute une mystérieuse Étoile Rouge... Et a mes yeux, la qualité de l’histoire ne fait que croître grâce a une histoire amusante et assez bien construite et, une fois de plus grâce a ses personnages. Rincevent est définitivement culte, mais peut être pas dans le sens noble du terme, mais qu’importe au final, ce type est lâche, peureux, pleurnichard mais c'est ce qui fait tout son charme! Si Deuxfleurs est égal a lui même, un petit nouveau prénommé Cohen le Barbare (bref, un Conan octogénaire) vient relever et pimenter de belle manière notre duo habituel (ou trio si l'on compte le bagage). Quand aux personnages secondaires, j’ai particulièrement aimé Trymon, le méchant de service qui fait plus responsable des ressources humaines que mage, ce qui du coup, le rends encore plus démoniaque!

Voila donc un livre prenant, amusant de part l’histoire, ses protagonistes et les divers clins d'œil de Terry Pratchett (et ben oui, les mégalithes de pierre servaient bien d’ordinateur géants aux anciens Druides) qui m’a fait passer un fort agréable moment, mais qui est indissociable du premier volume, de qui il est la suite indispensable. A lire bien évidement et je comprends désormais pourquoi Les Annales du Disque Monde sont cultes.

mardi 8 juillet 2008

LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – LA HUITIÈME COULEUR


LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – LA HUITIÈME COULEUR

Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde en forme de disque est juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur le dos d'une Tortue. A Ankh-Morpork, l'une des villes de ce Disque-Monde les habitants croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l'air tellement inoffensif, bonhomme, chétif fidèlement escorté par un Bagage de bois magique circulant sur une myriade de petites jambes. Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la ville quadrillée par la guilde des voleurs et celle des assassins; mission périlleuse et qui va les conduire loin : dans une caverne de dragons et peut-être jusqu'au bord du disque. Car Deuxfleurs appartenait à l'espèce la plus redoutable qui soit : un touriste…


Les Annales du Disque-Monde – La Huitième Couleur
Auteur : Terry Pratchett
Type d'ouvrage : Fantasy Burlesque
Première Parution : 24 novembre 1983
Edition Française : 05 janvier 2007
Titre en vo : The Colour of Magic
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Patrick Couton
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 288

Mon avis : Finalement, je me suis décidé à me lancer dans les cultismes Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, après une brève mais fort agréable incursion dans cette saga avec Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants il y a de cela quelques semaines. Et lorsque l'on se lance dans une saga, quelque soit sa taille (et dans le cas présent, on en est tout de même a une trentaine de volumes), il vaut mieux commencer par le début, même si, je dois avouer que dans Le Disque-Monde, ce n'est pas une obligation. Mais bon, autant découvrir la genèse de cet univers farfelu en commençant par le commencement. La Huitième Couleur, donc, nous entraîne de plein pied dans cet univers que Pratchett lui même qualifie de moins ordonné et sérieux que les autres, mais plus imaginatif. Et pour ce faire, l'auteur nous invite à suivre les péripéties du mage Rincevent qui est a la magie ce que la saga Taxi est au cinéma, c'est à dire son antithèse total. Ah ! Rincevent ! Personnage récurent dans de nombreux volumes de la saga (comme d'autres qui feront leur apparition au fil des tomes), Pratchett nous a inventé l'antihéros parfait qui passe son temps a geindre, a pleurnicher et a essayer de fuir le moindre danger et les problèmes qui, pour son plus grand malheur s'abattent en permanence sur ses épaules. Ce « mage » est a ce point ridicule (de mémoire, je n’ai pas souvenir d'avoir vu u type aussi froussard !) qu'il en devient immédiatement culte et c'est avec un grand plaisir que l'on suit ses péripéties. Mais les autres protagonistes ne sont pas en reste : entre Deuxfleurs (mais où Pratchett va t'il chercher des noms pareils ?), l'employé de bureau qui se décide un jours a devenir touriste, son coffre sur pattes, Rhun le Barbare, la Mort, les Dieux, les voleurs et tous les autres, on a droit a un florilège de stéréotypes géniaux qui moquent allègrement l'ensemble des sagas d'Heroic Fantasy. Alors, on constate bien que Pratchett se cherche encore dans ce premier volume, que tout n'est pas parfait, mais l'humour, lui, est déjà présent, et celui ci est de qualité. Anachronismes, situations cocasses et biscornues, pastiches des travers du Médiéval Fantastique, multiples rebondissements; tout cela nous fait passer un fort agréable moment et on en redemande. Quoique l’on en dise, La huitième couleur est incontestablement un bon livre. Certes, au vu de son style tout de même particulier, je ne me vois pas lire l’ensemble de la saga d'une traite, à force, cela pourrait en devenir lassant. Cependant, je me vois bien y revenir régulièrement, entre des œuvres dites plus sérieuses, histoire de décompresser un peu. Et je sens que le meilleur est à venir avec Les Annales du Disque-Monde....


Points Positifs :
- Premier volet de l’un des cycles de Fantasy les plus connus de ces trente dernières années, La huitième couleur, sans être parfait, n’en reste pas moins une fort bonne introduction a un univers complètement loufoque et qui parodie a merveille un genre, la Fantasy, tout en respectant ses canons – mais en pointant du doigt ses multiples contradictions.
- Justement, ce coté parodique fonctionne a plein régime et les amateurs de Fantasy s’amuseront a voir détourner tout un tas d’œuvres et de personnages dits plus sérieux.
- Un casting complètement improbable – un mage raté, un touriste et un bagage possédant des pieds – mais qui n’en reste pas moins excellent.
- Rincevent est sans nul doute le personnage le plus lâche qu’il m’a été donné de voir dans une œuvre de Fantasy ; mais qu’est ce qu’il est drôle !
- Un monde plat posé sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes posés sur une tortue… dit comme cela, ça à l’air débile et pourtant, au fil de la lecture, ça passe très bien.

Points Négatifs :
- Bon, ce n’est que le premier volume d’un cycle qui, j’en suis sur, se bonifiera grandement par la suite, et il subsiste encore pas mal d’imperfections, la principale étant, de mon point de vu, le découpage du roman en plusieurs parties plus ou moins indépendantes et qui casse un peu le rythme de l’intrigue.
- Du coup, celles-ci ne sont pas toutes égales et si La huitième couleur démarre fort, il y a un certain essoufflement au bout d’un moment.

Ma note : 7/10

jeudi 3 juillet 2008

L’ORDRE DES DRAGONS : LA LANCE


L’ORDRE DES DRAGONS : LA LANCE

Grand dieu ! Comment cela est-il possible ? C'est un des secrets de notre histoire, mon cher Ernst. Voici la preuve que nous cherchions. Ce qu'on nous enseigne dans les livres est erroné. On nous cache les vérités de ce monde. Et c'est à nous qu'il revient, mon ami d'apporter la lumière aux hommes.

Il est amusant de constater comment certains noms peuvent éveiller ma curiosité et me pousser a un achat. Dans le cas présent, ce n’est pas du titre de cette BD qu'il s’agit mais de celui de sa collection: Secrets du Vatican. Il n’en suffit pas plus pour m’émoustiller et, au bout de quelques pages feuilletées, repartir avec, surtout après avoir constaté que bien d'autres choses allaient me plaire. Mais avant tout, un petit résumé de l’intrigue :

Tout commence dans les années 30, dans l’Himalaya où l'on retrouve une expédition qui met un jour, dans une caverne cyclopéenne, des ruines Celtiques et Chrétiennes. Berlin, 1933, un savant juif est assassiné sous les yeux d'une jeune femme à qui il venait de transmettre une enveloppe au contenu plutôt mystérieux; C’est le début d'une enquête ou sociétés secrètes, nazisme, histoire cachée et ésotérisme vont se mêler afin de démêler le secret de la victime. Pour ceux qui me suivent depuis un bon bout de temps, ces quelques lignes vous auront fait comprendre que décidément, j’aurais eu du mal à ne pas m’intéresser à cette bande dessinée. Maintenant, malgré ce contenu alléchant, le jeu en vaut il vraiment la chandelle?

Je suis légèrement mitigé. Si l’histoire est plutôt agréable et que j’ai retrouvé avec un certain plaisir de nombreux éléments de folklore qui me ravissent, je dois avouer que je m’attendais peut être a un résultat autre. Ce premier volume de l’Ordre des Dragons est loin d’être mauvais, tel n’est pas mon propos, mais il possède quelques petits défauts mineurs qui ont un peu gâché mon plaisir. En particulier le dessin que j’ai trouvé sympa, sans plus: les protagonistes ont du mal à être expressifs et cela casse parfois l’action; et puis, certaines planches sont vraiment passables. De même, j’ai eu le plus grand mal à reconnaître Goebbels. Le scénario, loin d'être original s'en sort nettement mieux mais il n'a rien de transcendant non plus. Le fait qu'il s'agit du premier volume y est peut être pour quelque chose et il faudrait attendre la suite pour se faire une idée plus précise dans son ensemble.

Cependant, malgré ces quelques imperfections, cet Ordre des Dragons n'est pas a jeter et au final, même s'il est certain qu'il ne sera jamais culte, cela ne m’empêchera pas d’attendre la suite et la conclusion finale de tous les mystères bien loin d’être dévoilés pour l'instant....

L’ÎLE NOIRE


L’ÎLE NOIRE

En se promenant dans la campagne avec son chien Milou, Tintin est blessé par de mystérieux aviateurs tombés en panne. Ses amis les détectives Dupond et Dupont lui rendent visite à l’hôpital et se renseignent sur l’avion suspect, qui s’est finalement écrasé à Eastdown, dans le Sussex en Angleterre. Après leur départ, Tintin décide de retrouver lui-même la piste de ses agresseurs. Deux complices des aviateurs se retrouvent dans le train que prend Tintin, et le font arrêter en faisant croire qu’il a agressé et volé le portefeuille de l’un d’eux, un dénommé Wronzoff. Ils glissent dans les poches de Tintin une matraque et le portefeuille en question. Les Dupondt, qui se trouvent eux aussi dans le train, n’ont d’autre choix que d’arrêter leur ami. Tintin réussit toutefois à s’échapper grâce à Milou, qui subtilise les clefs des menottes aux Dupondt endormis. Après sa fuite, il se retrouve nez-à-nez avec les policiers qui tentent une nouvelle fois, sans succès, de le rattraper. Tintin réussit à prendre le ferry pour l’Angleterre, mais les deux malfaiteurs qui ont monté le coup du train sont également à bord.

Me replonger dans la relecture des aventures de Tintin fait remonter en moi un tas de souvenirs de mon enfance ainsi que ce simple constat: qu’est ce que j’ai put aimer l’œuvre d’Hergé ! S'il ne fut pas mon premier Tintin (l’honneur revint aux Cigares du Pharaon), l’Île Noire fut l'un de mes préférés et en le relisant hier, je comprends parfaitement pourquoi.

Tout d' abord, un petit résumé du scénario : A la suite d'une mauvaise rencontre avec les occupants d'un étrange avion en détresse, notre reporter a la houppette se voit embarqué pour la Grande Bretagne en compagnie de son fidèle Milou et poursuivit par les impayables Dupont(d) qui comme a leurs habitude croient Tintin coupable d'un méfait, sur les traces d'une bande de faux monnayeurs. Il y rencontrera pour la première fois le Dr Müller, qui refera surface par la suite et l’histoire s’achèvera dans le repaire des malfaiteurs situé dans un château en ruines, sur une île au large de l’Écosse.

Si a priori, le scénario de l’Île Noire ne brille pas par une originalité époustouflante, il n’en reste pas moins prenant et ce, surtout grâce a un rythme très élevé qui ne laissera aucun répit a notre reporter (et a nous lecteurs) de la première a l’ultime case. A ce sujet, il faudrait évidement que je relise toute la collection pour en être sur mais de mémoire, il me semble bien que l’Île Noire soit bel et bien l’aventure de Tintin la plus endiablée ou gags, courses poursuites, affrontements et autres rebondissements s’enchaînent a une vitesse vertigineuse. Et cela, sans lasser une seule seconde. Personnellement, je me suis (re)passionné pour l’histoire et l’ai lu d'une traite, sans voir le temps passé. Certes, je reconnais que l'Île Noire n'est pas du niveau que ces chefs d’œuvre absolus que peuvent l’être les diptyques comme Le Secret de la Licorne/Le Trésor de Rackham le Rouge ou Les 7 Boules de Cristal/Le Temple du Soleil par exemple, qui sont de véritables monuments, mais il est peut être bon de rappeler que l’ensemble des aventures de Tintin est d'un très bon niveau et que, dans le fond, il n’existe pas de « mauvais Tintin ».

Alors, si vous souhaitez vivre une aventure haletante et amusante qui saura vous passionner un petit moment, n’hésitez pas une seconde et plongez (ou replongez) vous dans la lecture de l’Île Noire.

mardi 1 juillet 2008

TINTIN AU CONGO


TINTIN AU CONGO

Tintin se rend en paquebot au Congo Belge dans le cadre de son travail de journaliste, accompagné de son chien Milou. Tom est un homme qui s'est embarqué clandestinement sur le même bateau et qui tente à plusieurs reprises de tuer le jeune journaliste. Une suite de péripéties amène Tintin au royaume des Babaoro'm, où il devient le sorcier attitré. Il découvre alors que les hommes blancs voulant sa mort (notamment Tom) sont des gangsters affiliés à Al Capone qui tentent de prendre le contrôle de la production de diamants au Congo.

Ah, le plaisir des brocantes! Tenez, pas plus tard que dimanche dernier, je suis allé a celle de Chelles, dans l’idée de me faire de bonnes affaires, ce qui fut le cas en trouvant des vieux Tintin dont le prix allait entre 1 et 4 Euros, et ce, pour un état parfaitement acceptable. Je dois avouer que je n’ai plus le même plaisir à me replonger dans la lecture des aventures du plus célèbre des reporters, ou du moins, pas autant qu’a 8 ans, c'est ce que l'on appelle « grandir » probablement. Mais bon, même si mes goûts ont évolués et que mon esprit est devenu bien plus critique, je ne peux que m’incliner devant cette œuvre magistrale d'Hergé, et l’avoir dans sa collection est primordial à mes yeux.

Passé ce petit préambule, intéressons nous a présent a ce fameux et tant contesté Tintin au Congo qui depuis quelques années traîne autour de lui une réputation sulfureuse a tendance raciste. Tout d’abord, l’histoire en elle même:

Ce n’est pas un grand Tintin, il faut l’admettre, la suite sera largement d’un niveau supérieur; cependant, malgré cela, il garde un certain charme désuet des premières aventures du reporter a la houppette. Tintin au Congo est le type même du Tintin « pré Haddock », Milou y occupe une place importante, il discute le plus logiquement du monde avec son maître qui trouve cela parfaitement normal et en est en plein dans les grands voyages dépaysant des premiers volumes (en URSS, en Amérique, en Chine etc...). Certes, au fil de sa carrière, Tintin et ses compagnons parcourront le monde (et la Lune) dans tous les sens, mais l’ambiance en sera différente, bien moins naïve que dans les premiers volumes qui datent des années 30. Et justement, c’est la que le bas blesse.

Nombreux sont ceux, qui à la lecture de ce Tintin au Congo ont taxé Hergé de raciste. Et il est clair qu'en le relisant, après tant d’années, je ne peux que reconnaître qu'il existe bel et bien un certain malaise dans cet album. Mais la ou certains grand défenseurs de la «cause noire» souhaiteraient son interdiction pure et simple, je n’irais pas jusque la. Certes, les stéréotypes sur les noirs sont légions, et même sans lire l’album, rien que la façon dont ils sont dessinés est peu reluisante. Mais ces stéréotypes tant décriés ne sont pas plus nombreux que dans Tintin au pays des Soviets ou que dans Tintin en Amérique voir même, Le Lotus bleu. Comme dans d’autres bandes dessinées de l’époque, mais aussi dans des romans ou dans des films, on a droit a la vision occidentale de l’Homme blanc sur le reste du monde, vision qui, si elle peut paraître condamnable de nos jours est a remettre dans le contexte du début du siècle qui n’est évidement pas le notre. Un exemple flagrant dans Tintin au Congo: le nombre d’animaux qui sont tout bonnement massacrés dans l’histoire. Inacceptable de nos jours, et c’est normal. Mais c’était malheureusement cela un safari entre les deux guerres, on ne peut pas réécrire le passé. Et c'est ce que souhaiterait le politiquement correct, c'est-à-dire : supprimer tout ce qui est gênant même si cela dénature des œuvres, voir les interdire (après tout, on gomme bien les cigarettes sur certaines photos d’acteurs de l’époque, ce qui au passage est assez ridicule; on connaît aujourd'hui les méfaits du tabac, mais ce n’est pas une raison pour occulter le fait que celui ci occupe une place légendaire dans l'industrie cinématographique).

Alors, oui, Tintin au Congo représente bien la vision que pouvait avoir un belge des années 30 sur les Africains, avec toutes les fausses idées et les stéréotypes de l’époque. Mais de la a taxé Hergé de raciste (et ce, malgré quelques amitiés plutôt ambiguës par la suite) est allé un peu vite en besogne pour qui s’intéresse un tant sois peu a sa vie. Et ce n’est même pas nécessaire: il suffit de relire l’intégralité des aventures de Tintin pour se rendre compte que ce sois disant racisme, et bien peu présent et que Hergé ne mérite absolument pas un procès en sorcellerie que beaucoup souhaiteraient mais qu'il devrait plus être vu comme un homme de « son temps » qui évolua rapidement dans sa vison du monde.

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