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samedi 6 août 2022

CAPTAIN SWING ET LES PIRATES ÉLECTRIQUES DE CINDERY ISLAND


CAPTAIN SWING ET LES PIRATES ÉLECTRIQUES DE CINDERY ISLAND
 
Par une nuit en 1830, à Londres, trois policiers découvrent le corps d'un de leur collègue embroché sur un portail. Les doutes se portent naturellement sur Spring Heeled Jack, un criminel mystérieux que certains surnomment le Captain Swing. Alors qu'ils sont encore dégoutés par la vision du cadavre, ils entendent la crécelle d'un de leurs collègues. Sans attendre, Charlie Gravel fonce. Au coin de la rue, il tombe sur le fameux Spring Heeled Jack qui frappe un de ses collègues. Voulant l'interpeller, Gravel ne peut compter que sur sa matraque et lorsqu'il voit le criminel s'enfuir, il en est bouche bée. Ce dernier est parvenu sans effort à sauter un mur de plus de deux mètres. Ne relâchant pas son effort, Charlie est interrompu dans sa poursuite par un Bow Street Runner, un des sbires du magistrat. Le pire est qu'il aperçoit le fuyard à bord d'une barque volante... Ses supérieurs ne le croient pas un instant et alors qu'il fait une nouvelle ronde de nuit, il aperçoit le Captain Swing. Discrètement, il parvient à monter à bord de sa barque volante. Peu après, il comprend que la vérité est loin d'être celle qu'il connaissait jusqu'alors et que celui qui est affiché partout comme un assassin, n'est qu'un scientifique révolutionnaire ayant réussi à créer de l'électricité avec de l'air...
 

Captain Swing et les Pirates Électriques de Cindery Island
Scénario : Warren Ellis
Dessins : Raulo Caceres
Encrage : Raulo Caceres
Couleurs : Digikore Studio
Couverture : Raulo Caceres, Ariana Osborne
Genre : Fantastique
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Captain Swing and his Electrical Pirates of Cindery Island
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 29 novembre 2011
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Milady Graphics
Date de parution : 17 février 2012
Nombre de pages : 128
 
Liste des épisodes
Captain Swing and his Electrical Pirates of Cindery Island 1-4
 
Mon avis :
 Avec vous avoir parlé de la trilogie composée de Black Summer, No Hero et de SuperGod, aujourd’hui, je me suis attaquer à une autre œuvre du sieur Warren Ellis – auteur également de The AuthorityStormwatch et de Planetary – un certain Captain Swing et les Pirates Électriques de Cindery Island. Bon, je ne vais pas vous mentir, contrairement aux autres titres cités, ce ne fut que très récemment que j’ai découvert cette dernière œuvre du sieur Ellis – à ne pas confondre, naturellement, avec le violoniste australien qui est l’un des compères de Nick Cave – et, d’ailleurs, si je dois être tout à fait franc, le peut de critiques que j’avais eu l’occasion de lire à son sujet étaient loin d’être enthousiasmantes. Mais bon, j’étais tellement satisfait de mes dernières lectures du scénariste que je me suis dit que le jeu pouvait, éventuellement, en valoir la chandelle, surtout que, aux dessins, on retrouvait un certain Raulo Caceres, artiste espagnol davantage connu pour ses bandes dessinées pornographiques... Cependant, n’allez pas croire que ce Captain Swing et les Pirates Électriques de Cindery Island soit une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains ou, plus précisément, qui se lit avec une seule main… non, ici, Warren Ellis nous entraine dans le Londres de la première moitié du XIXème siècle sur les traces d’un certain Spring Heeled Jack, un criminel mystérieux à l’allure diabolique et capable de faire des bonds impressionnants, plus connu chez nous par le nom de Jack Talons-à-Ressort. L’idée, ma foi, pouvait être intéressante et le début de cette mini-série semble confirmer ma première impression : nous avons droit à de spectaculaires courses poursuites, Spring Heeled Jack – le fameux Captain Swing – semble insaisissable et nous avons même le luxe d’apprendre comment la police londonienne fut crée – je me coucherais moins bête ce soir. Hélas, la suite s’avère plutôt décevante : l’intrigue part un peu dans des délires à la Fantomas – mais un Fantomas sympa – les grand méchants sont des riches qui ne souhaitent pas que le progrès scientifique survienne, par moments, on finirait presque par attendre le Grand Soir et, après une succession d’événements loin d’être enthousiasmants, nous avons droit à une conclusion qui n’en n’est pas vraiment une : bah oui, il n’y a pas de véritable fin et les méchants possèdent toujours la pierre de Lune ou de Mars… Reste les dessins de Raulo Caceres qui sont plutôt corrects même si l’artiste semble plus à l’aise dans son domaine de prédilection – inutile de revenir là-dessus, vous voyez de quoi je veux parler. Bref, pas de quoi sauteur au plafond avec ce Captain Swing et les Pirates Électriques de Cindery Island, une œuvre à mille lieux de ce que Warren Ellis a put nous proposer en d’autres occasions…
 

Points Positifs
 :
- Sans être une grande réussite, il faut le reconnaitre, Captain Swing et les Pirates Électriques de Cindery Island n’en reste pas moins une mini-série qui est plutôt agréable à la lecture et qui vous fera peut-être passer un bon moment.
 - Même si Raulo Caceres se débrouille nettement mieux dans ses productions traditionnelles qui, elles, se lisent forcément d’une main, il fait le job ici et, ma foi, cela a de quoi satisfaire les fans de l’artiste.
- Une vision particulière mais non inintéressante du mystérieux et célèbre Jack Talons-à-Ressort.
 
Points Négatifs :
- Une intrigue qui débute plutôt bien mais qui s’avère être décevante au final. Il faut dire que, scénaristiquement, tout cela est très basique, Ellis semblant même être en panne d’inspiration pour nous pondre une histoire aussi convenue.
- Une fin qui n’en n’est pas une puisque les méchants conservent la pierre de Lune – ou de Mars.
- Jack Talons-à-Ressort n’est qu’un Fantomas – sympa – du pauvre…
- Des protagonistes stéréotypés et pas attachants pour un sou.
- Nous sommes tout de même fort loin de ce que Warren Ellis a pour habitude de nous proposer en temps normal, il faut le reconnaitre.
- Raulo Caceres est nettement plus à l’aise avec son thème de prédilection, c’est-à-dire, la BD pornographique. Qui plus est, je trouve que la colorisation n’arrange pas les choses…
 
Ma note : 5,5/10

mardi 2 août 2022

THE GODDAMNED – NOCES DE SANG


THE GODDAMNED – NOCES DE SANG
 
C’est le rite depuis le commencement : les filles des hommes sont vouées à donner des enfants aux fils de Dieu. C’est encore le cas aujourd’hui et tout le monde est apprêté, costumé et maquillé pour l’occasion. Les Guerrières arrivent en nombre et en armes. La vieille mère responsable les accueille comme il se doit et elle les rassure aussitôt : Lillian, l’élue, vient juste d’éclore et n’a jamais connu aucune étreinte. Lillian est prête et arrive en grandes pompes avec des fleurs que l’on lance sur son chemin. Cependant, les Guerrières ne montrent aucune réaction et n’ont qu’une envie : amener l’élue retrouver son mari dans la montagne. Sur le chemin, Lillian pose beaucoup de questions mais les Guerrières ne répondent rien. C’est quand elles arrivent au sommet que la lumière se fait intense et violente. Lillian ne peut détacher son regard de cette pureté incroyable et elle se sent soulevée de terre. C’est quelques jours plus tard que deux de ses amies, Jael et Sharri, s’inquiètent de ce qu’est devenue Lillian. Cependant, tout le monde le sait : on ne peut pas poser de questions sur les élues. Alors, peut-être qu’il faudrait partir à sa recherche ?
 

The Goddamned – Noces de Sang
Scénario : Jason Aaron
Dessins : R.M. Guéra
Encrage : R.M. Guéra
Couleurs : Giulia Brusco
Couverture : R.M. Guéra
Genre : Dark Fantasy
Editeur : Image Comics
Titre en vo : The Goddamned – The Virgin Brides
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 13 juillet 2021
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juillet 2022
Nombre de pages : 128
 
Liste des épisodes
The Goddamned – The Virgin Brides 1-5
 
Mon avis :
 Le premier volet de The Goddamned était apparu comme étant une belle surprise même si, de par son extrême violence et par son coté pour le moins irrévérencieux vis-à-vis de la religion, il n’avait pas forcément plut à tout le monde. Il faut dire que cette relecture oh combien particulière de La Bible par le sieur Jason Aaron avait de quoi marquer les esprits et entre des protagonistes tous plus pervers les uns que les autres, même un meurtrier comme Cain apparaissait comme étant Presque sympathique, c’est pour dire ! Paru en 2017, on aurait presque put penser que The Goddamned n’allait pas connaitre de suite et puis, finalement, l’année dernière, en 2021, nous avons eu une belle surprise puisque un second volet était annoncé, volet dont, comme vous l’avez compris, je vais vous parler à présent… Noces de Sang – puisque tel est son titre – s’intéresse à un autre passage de La Genèse et toute l’intrigue de cette suite est tirée d’un simple passage de celui-ci : « Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent. » Au demeurant, cet extrait et quelques autres qui lui sont liés comme ces fameux Géants nés de l’union des Néphilims et des femmes a depuis longtemps fait le bonheur des amateurs de paléocontact qui y voient des accouplements entre des aliens et des humains. Bien entendu, ici, nul ovni à l’horizon et ce n’est pas plus mal et juste, comme cela avait été le cas dans le premier volet de The Goddamned, une relecture pour le moins hardcore du mythe biblique… Une vallée perdue et inaccessible, une tribu de femmes qui tiennent sur leur coupe des jeunes filles qui sont offertes aux anges lorsqu’elles ont leur premières règles, voilà le postulat de base de ce Noces de Sang qui va nous entrainer sur les traces de deux jeunes filles qui n’ont pas vraiment envie de devenirs les épouses de ces fameux fils de Dieu – après avoir découvert le sort peu enviable des mariées. Dans la lignée de son précédent volet, Jason Aaron nous offre un monde violent, sale, sans pitié et même si cette vision de l’auteur ne plaira pas à tout le monde, force est de constater qu’elle n’en reste pas moins efficace, surtout que cette dernière est servie par les dessins de tout beauté d’un R.M. Guéra qui nous fait, une fois de plus, tout l’étalage de son talent. Bien entendu, scénaristiquement, Noces de Sang est plutôt léger pour ne pas dire basique même si la manière dont est détournée La Genèse est plutôt bien trouvée, cependant, l’intérêt de cette BD est davantage à chercher pour son coté excessif et irrévérencieux qui, ma foi, est terriblement efficace. Bref, une bonne suite que se second volet de The Goddamned qui confirme tout le bien que je pense de cette série. Reste à présent à attendre la suite, mais bon, là, il va falloir être patient…
 

Points Positifs
 :
- Après un premier volet plutôt étonnant et qui avait marqué les esprits de par sa relecture pour le moins hardcore de La Genèse, The Goddamned revient avec une suite qui est tout aussi bonne, confirmant, de fort belle manière, tout le bien que je pensais de l’œuvre des sieurs Jason Aaron et R.M. Guéra.
- Les dessins de R.M. Guéra sont tout simplement magnifiques et sont pour beaucoup pour la réussite de cette œuvre : violents, sans concessions, dynamiques, certaines planches sont de vrais tableaux qui méritent le détour.
- Ah le fameux passage de La Genèse qui parle d’union charnelle entre les Anges et les humaines et de leurs enfants qui ont été des géants, des héros du temps jadis. Tout un programme qui accouche ici d’une histoire à la fois simple mais terriblement efficace.
- Saluons Giulia Brusco pour sa colorisation tout simplement parfaite.
- Une couverture plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- Il me semble évidant que The Goddamned est une bande dessinée qui ne plaira pas a tout le monde, ne serais-ce que pour son extrême violence, omniprésente tout au long des pages. De même, les croyants verront d’un très mauvais œil le coté blasphématoire de la chose.
- « Putes ignorantes, nique-toi, baise ta face, Dieu est un putain de salopard, immondes baise merde, foutez-les vous dans le cul, des saintes salopes armées de lances, burnes de chèvre » Bon, je n’ai rien contre le langage ordurier mais ici, il faut admettre qu’on est servis, peut-être même un peu trop par moments…
 
Ma note : 7,5/10

lundi 1 août 2022

FILLES PERDUES


FILLES PERDUES
 
En 1913, en Autriche, existe un hôtel dirigé par Mr Rougeur, un français très porté sur les livres pour adultes, aux contenus pour le moins libertins. Cela fait quelques temps qu’une femme d’âge mûr, Alice, y loge également. Celle-ci aime particulièrement se caresser tout en se regardant dans le miroir. Un peu plus tard, une jeune américaine du nom de Dorothée Gale arrive à l’hôtel et fait rapidement la connaissance d’un jeune homme, le capitaine Rolf Bauer. Après un dîner fort agréable, ce dernier l’emmène dans un des jardins de l’hôtel et la déshabille. Après quelques préliminaires, il commence à lui pratiquer un cunnilingus tout en se masturbant. Mais après quelques instants, le militaire n’en peut plus et éjacule, trop excité à la vue des superbes chaussures que porte Dorothée. Le lendemain, un couple arrive, Harold et Wendy Potter. Après une nuit assez agitée où les bruits et cris provenant de chambres voisines se font entendre, Wendy fait rapidement la connaissance de Dorothée et d’Alice, les responsables des bruits nocturnes, qui faisaient l’amour. Les jours passent et les trois femmes voient leurs liens se renforcer, venant même à se confier leurs premiers émois tandis que leur relation devient de plus en plus charnelle…
 

Filles Perdues
Scénario : Alan Moore
Dessins : Melinda Gebbie
Encrage : Melinda Gebbie
Couleurs : Melinda Gebbie
Couverture : Melinda Gebbie
Genre : Erotique
Editeur : Taboo
Titre en vo : Lost Girls
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : anglais
Parution : 10 mai 2006
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 19 mars 2008
Nombre de pages : 320
 
Liste des épisodes
Lost Girls 1-30
 
Mon avis :
 Après vous avoir proposer les critiques de deux des plus grands chef d’œuvres du grand Alan Moore, V for Vendetta et From Hell, abordons à présent ce qui est sans aucune contestation possible l’œuvre la plus polémique de l’auteur britannique, un certain Filles Perdues… Bon, ici, nous naviguons entièrement en dehors des sentiers battus de la bande dessinée traditionnelle puisque cette création du sieur Moore – accompagné aux dessins par sa compagne, Melinda Gebbie – est tout simplement à ranger dans la catégorie érotique. D’ailleurs, j’irais même plus loin, au vu des très nombreuses scènes proposées dans ce gros ouvrage, parler de pornographie serait, selon moi, nettement plus adapté. Naturellement, le lecteur, peut connaisseur du scénariste, a de quoi être pour le moins dubitatif devant ce Filles Perdues et on peut parfaitement le comprendre, car bon, comment dire… si, au fil de ses diverses créations, Moore n’a jamais été très avare de nous proposer, lorsque le cœur lui disait et que cela se justifiait, scénaristiquement parlant, de nous proposer des scènes pour le moins crues. Mais une œuvre totalement pornographique, là, il y a un pas que le britannique a joyeusement franchis et dont le résultat, s’il prête naturellement à la polémique, n’en n’est pas moins excellent ! Ainsi, en reprenant les héroïnes de trois des contes modernes parmi les plus célèbres, c’est-à-dire, Peter Pan, Le Magicien d’Oz et Alice au Pays des Merveilles, Alan Moore ne se contente pas de nous offrir un récit qui verrait les trois femmes, désormais plus âgées, se rencontrer dans un quelconque hôtel en plein cœur de l’Europe et tout juste avant le début de la Première Guerre Mondiale. Non, Moore va plus loin et va plutôt nous proposer les récits érotiques de ces trois héroïnes : ainsi, au fil des pages, le lecteur qui aura le plus grand mal à parcourir cet ouvrage d’une seule main – c’est qu’il est plutôt imposant le bougre – va découvrir les relations sexuelles des trois femmes mais également leurs premiers émois amoureux. Et, justement, si voir toute l’hypocrisie de la prude société de l’époque est plutôt jouissive lorsque l’on découvre les débauches diverses qui ont lieu, la partie la plus intéressante, finalement, est celle où Moore nous montre comment les premières expériences sexuelles de ses héroïnes sont à la base des contes qui nous sont plus familiers. Bien entendu, je n’en dirais pas davantage afin de ne pas dévoiler tout un plan de l’intrigue et me contenterais de dire que, une fois de plus, avec Alan Moore, use et abuse de moult références et que si les dessins pour le moins crus ont de quoi émoustiller les plus sensibles d’entre nous, c’est entre les lignes qu’il faut lire cette œuvre et prendre ainsi plaisir à découvrir comment le sexe aura accoucher de ces œuvres destinées aux enfants… Une fois de plus et sans grande surprise malgré la prise de risque notable prise ici, Alan Moore confirme tout le bien que l’on peut penser de lui et, ma foi, faire d’une BD pornographique un véritable chef d’œuvre est pour le moins impressionnant. Naturellement, Filles Perdues n’est pas a maitre entre toutes les mains car bon, si la masturbation, la sodomie, l’homosexualité, le lesbianisme, le fétichisme et les orgies sont bien au rendez vous, certains risquent d’avoir du mal avec des scènes disons, plus problématiques comme les relations incestueuses, la pédophilie et la zoophilie. Prises dans le récit, celles-ci s’expliquent, mais bon Alan Moore va très loin tout de même ici, peut-être trop loin pour certains…
 

Points Positifs
 :
- Probablement l’œuvre la plus polémique et la plus osée d’Alan Moore. Il faut dire que Filles Perdues est une œuvre que l’on peut qualifier sans discussion de pornographique, cependant, malgré ce constat pour le moins évidant, tout le génie de l’auteur est au rendez vous et si s’avère que cette BD est bien plus complexe qu’on pourrait le penser de prime abord.
- Filles Perdues en dehors de ses très nombreuses scènes de sexe, est aussi une œuvre qui nous permet de voir comment les premières expériences sexuelles de nos trois héroïnes ont été, du moins, selon la vision de Moore, à l’origine de la création de ces trois classiques que sont Peter Pan, Le Magicien d’Oz et Alice au Pays des Merveilles.
- Pour ce qui est de la partie graphique, Melinda Gebbie nous livre une prestation que l’on pourrait qualifié de simpliste avec ses tons pastels mais qui n’en reste pas moins de qualité.
- Comme à chaque fois avec Alan Moore, c’est complexe, bourré de références à l’histoire et à la culture populaire, cependant, si vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de Filles Perdues sera un pur régal pour vous.
- Une édition de fort belle qualité. Chapeau bas aux éditions pour celle-ci et, accessoirement, pour le courage d’avoir publié cette œuvre en français !
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, Filles Perdues est une œuvre pornographique et celle-ci n’est absolument pas destinée à tout le monde. Certains risquent de prendre leur jambe à leur coup devant cette avalanche orgiaque de débauche sexuelle !
- Même si cela se justifie dans le récit, nombreux sont ceux qui auront beaucoup de mal avec les scènes où l’on assiste à des relations incestueuses, de la pédophilie et de la zoophilie…
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce Filles Perdues, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les plus de 300 pages de cet album.
 
Ma note : 8,5/10

dimanche 26 juin 2022

SEVEN TO ETERNITY – LES SOURCES DE ZHAL


SEVEN TO ETERNITY – LES SOURCES DE ZHAL
 
Véritable salut ou énième manipulation, les sources légendaires de Zhal promises par le Roi Fange à Adam Osidis ont soudainement rebattu les cartes d'un jeu qui semblait pourtant gagné pour le peuple Mosak et le royaume de Zhal. Aussi, Adam fait désormais cavalier seul au côté du Maître des Murmures, chargé du lourd fardeau d'avoir préféré la vie de son pire ennemi à celles de nombreux innocents. L'honneur de la famille Osidis est mis à rude épreuve et l'heure d'affronter son destin est venu pour chacun.
 

Seven to Eternity – Les Sources de Zhal
Scénario : Rick Remender
Dessins : Jerome Opeña
Encrage : Jerome Opeña
Couleurs : Matthew Hollingsworth
Couverture : Jerome Opeña
Genre : Dark Fantasy, Fantastique
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Seven to Eternity – The Springs of Zhal
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 14 septembre 2021
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 29 avril 2022
Nombre de pages : 128
 
Liste des épisodes
Seven to Eternity 14-17
 
Mon avis :
 Avec ce quatrième volet, Seven to Eternity, œuvre de l’inimitable et toujours aussi inspiré Rick Remender, pour ce qui est du scénario, et du fort talentueux Jerome Opeña pour ce qui est des dessins, arrive à sa conclusion... Et, la première chose qui me saute aux yeux après lecture de la chose, c’est que, si, jusque là, cette mini-série pouvait être qualifiée de plutôt bonne voir très bonne, son final, lui, est tout simplement excellent ! Bien entendu, Seven to Eternity, avec du recul, ne sera pas à ranger dans la catégorie des chefs d’œuvres absolus, loin de là : Remender et Opeña nous livrent ici un très bon travail mais, à un moment donné, il faut savoir relativiser les choses. Cependant, en dehors de ce constat, comment ne pas reconnaitre que cette mini-série n’en reste pas moins une fort belle réussite – une de plus, me direz vous, pour Remender – et que, justement, sa conclusion, innatendu, surprenante, apporte incontestablement un plus à ce qu’on en attendait ! Car bon, comment dire… sans revenir sur tout ce qui avait put me plaire jusque là – l’excellent mélange entre Dark Fantasy et Fantastique, la thématique traditionnelle du scénariste, c’est-à-dire, l’importance des liens familiaux et, plus précisément, filiaux, des protagonistes charismatiques, une intrigue sombre pour ne pas dire désespérée, sans oublier, bien sur, une partie graphique superbe – comment ne pas admettre que la conclusion, que l’on pouvait éventuellement deviné mais sans croire que l’auteur ose aller aussi loin, est tout simplement parfaite !? Rick Remender, avec celle-ci, franchit le Rubicon, fait de son héros un salopard absolu doté d’un égoïsme peu commun et envoie donc aux Calendes Grecques toute noblesse, tout héroïsme qui nous sont tant familiers pour nous offrir un final tragique que je ne peux qualifier que de superbe ! Naturellement, certains, amateurs de happy-end, n’aimeront pas ce choix narratif mais peu importe : pour une fois qu’une œuvre finit mal, pour une fois qu’un héros ne trouve pas la rédemption, pourquoi s’en priver !? Alors certes, Seven to Eternity n’est peut-être pas un chef d’œuvre mais bon, ma foi, ne serais-ce que pour son univers, ses protagonistes et son final, comment ne pas reconnaitre qu’il a de quoi marquer les esprits !?
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir, pour la dernière fois, de retrouver la suite et la conclusion d’une saga qui brille particulièrement par son univers à la fois riche et original, ses protagonistes hauts en couleurs, ce fort réussi mélange entre dark fantasy et fantastique, sans oublier, Remender oblige, la thématique familiale, omniprésente dans cette œuvre.
- Une conclusion innatendu, stupéfiante même, mais qui s’avère être excellente ! Certes, notre héros bascule totalement du coté obscur et devient un beau petit salaud, mais bon, au vu de tout ce que l’on a lu jusqu’à là, comment ne pas reconnaitre que ce choix scénaristique de Remender est tout simplement parfait !?
- Jerome Opeña livre une fois de plus une prestation que l’on peut qualifier de toute beauté. Incontestablement, une des grandes forces de cette mini-série.
- Comme cela avait été le cas avec les albums précédents, la couverture est, une fois de plus, superbe !
 
Points Négatifs :
- Les amateurs de happy-end risquent de ne guère apprécier ce final qui fait tout de même du héros, Adam Osidis, un beau petit salaud des familles ! Bien entendu, cela est une affaire de gouts personnels…
- Même si la conclusion est excellente, j’aurai souhaité qu’elle soit un poil plus longue !
 
Ma note : 8,5/10

mardi 14 juin 2022

TOUTES LES MORTS DE LAILA STARR


TOUTES LES MORTS DE LAILA STARR
 
Mumbai, de nos jours. Mme Shah, en plein travail et coincée dans un embouteillage, hurle sur son mari au téléphone. Laila Starr, une jeune femme déjà fatiguée de tout, est allongée sur le rebord d'une fenêtre ouverte, plusieurs étages au-dessus du trafic. Et plus haut encore, bien au-delà des nuages, la déesse de la Mort est convoquée dans le bureau de son patron. Ces trois destins se rejoignent au moment où, simultanément Laila saute dans le vide, Mme Shah donne naissance à son fils Darius, et la Mort est renvoyée sans ménagement. Dans un futur, Darius est en effet celui qui découvrira le secret de l'immortalité et reléguera la Mort au rang de désagréable souvenir. Mais la Mort, incarnée dans le corps sans vie de Laila, compte bien retrouver sa place, même si elle doit pour cela éliminer le jeune Darius. Du moins, c'était le plan avant qu'un camion ne la fauche et qu'elle ne se retrouve à nouveau ressuscitée quelques années plus tard...
 

Toutes les Morts de Laila Starr
Scénario : Ram V
Dessins : Filipe Andrade
Encrage : Filipe Andrade
Couleurs : Filipe Andrade
Couverture : Filipe Andrade
Genre : Fantastique
Editeur : BOOM! Studios
Titre en vo : The Many Deaths of Laila Starr
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 14 avril 2021
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 06 mai 2022
Nombre de pages : 128

Liste des épisodes
The Many Deaths of Laila Starr 1-5
 
Mon avis :
 Je dois reconnaitre que je ne me suis pas plongé dans la lecture de ce Toutes les Morts de Laila Starr par hasard. En effet, en ayant entendu le plus grand bien au sujet de cette mini-série en cinq parties du duo composé de Ram V pour ce qui est du scénario et de Filipe Andrade – un portugais, ce que je ne pouvais pas passer sous silence – pour ce qui est de la partie graphique, j’avais placé ce comics sur mes tablettes, ne serais-ce que par simple curiosité et afin de constater, par moi-même, si celui-ci méritait toutes les louanges que les critiques et une partie du public lui avaient consacrer… Alors, le résultat fut-il conforme à ce que j’attendais, Toutes les Morts de Laila Starr est-il un comics qui mérite le détour ? Eh bien, disons que, après lecture de la chose, je serais tenté de répondre par l’affirmative mais sans, non plus, hurler au génie, loin de là. Bon, je suis tout de même d’accord pour reconnaitre que cette mini-série qui nous présente l’incarnation mortelle de la Déesse de la Mort, revancharde suite a son nouvel état et qui, au fil du temps et de diverses passages de vis à trépas sur les traces d’un individu – de sa naissance à son décès – qui aura trouver le moyen de vaincre la mort est, dans l’ensemble, plutôt réussi : une fois le récit lancé et bien entamé, le lecteur est entrainé dans une farandole plutôt plaisante qui, oui, mérite le détour. De plus, la partie graphique, œuvre, donc, de mon compatriote Filipe Andrade, sans être exceptionnelle non plus – il ne faut pas exagérer – est suffisamment aboutie pour trouver grâce aux yeux des lecteurs, en particulier de par ses couleurs. Cependant, ce qui fait la grande force de ce Toutes les Morts de Laila Starr, c’est que ce récit, malgré sa thématique pour le moins morbide est, en fait, une véritable ode à la… vie ! Eh oui, cette pauvre Déesse de la Mort, incarnée en humaine qui ne cesse de mourir et de revenir alors qu’elle est lancée dans une quête contre l’immortalité – qui, forcément, la mettrais au chômage – n’est en fait qu’un prétexte, pour les auteurs, de nous parler de la vie et de ses mystères sans oublier le fait, incontestable, que la mort, naturellement, reste un élément de celle-ci et l’aboutissement de toute chose. Une œuvre, donc, plus intelligente qu’il n’y parait de prime abord et qui mérite, du coup, que l’on y jette un coup d’œil, ne serais-ce que pour ses thématiques abordées et ses dessins. Après, en faire un incontournable comme certains l’ont déclamé un peu trop hâtivement, ce serait aller un peu trop rapidement en besogne : après tout, ce n’est pas parce que nous avons affaire à une bonne mini-série qu’il s’agit d’un chef d’œuvre, loin sans faut !
 

Points Positifs
 :
- Une sympathique et plaisante mini-série qui, malgré sa thématique pour le moins morbide de prime abord, est, en fait, une véritable ode à la vie. Ainsi, malgré toutes ces morts et cette course effrénée de notre déesse qui chasse cet homme qui aurait inventé le moyen de tromper la mort, Toutes les Morts de Laila Starr est une œuvre qui, en fait, nous présente en fait la mort comme étant l’aboutissement naturel de la vie…
- Pour ce qui est de la partie graphique, mon compatriote, Filipe Andrade, nous  livre une prestation plus que convenable, en particulier pour ce qui est du choix des couleurs.
- Une ambiance poétique qui nous amène à réfléchir sur le sens de la vie et de la mort, bien entendu.
- Les éditions Urban Comics nous proposent à nouveau cette mini-série sous un format de BD franco-belge. Du coup, nous avons droit à un fort bel ouvrage, ce qui est fort appréciable.
 
Points Négatifs :
- Même si ce Toutes les Morts de Laila Starr est une sympathique mini-série, il ne faut pas non plus tomber dans l’exagération et reconnaitre que nous sommes tout de même loin de ce qu’il faut appeler un chef d’œuvre, ce que l’on, selon moi, un peu trop rapidement fait quelque uns…
- Scénaristiquement, cela reste peut-être un peu trop conventionnel et sans surprise même si l’ensemble est plaisant et se laisse lire.
- Un prix peut-être un peu trop excessif pour un récit aussi court ?
 
Ma note : 7,5/10

mardi 3 mai 2022

V POUR VENDETTA


V POUR VENDETTA
 
Fin du XXème siècle, le monde a sombré tragiquement depuis le déclenchement d'un immense conflit nucléaire. Même si l'Angleterre à été épargnée, elle subit cependant de plein fouet les désastreuses conséquences climatiques qui ravagent son territoire et sèment la maladie et la famine. Des émeutes explosent un peu partout. Pour mettre fin au chaos ambiant, un groupuscule fasciste s'empare du pouvoir et met en place une purge des citoyens jugés déviants. Les opposants politiques, les minorités ethniques ou bien encore les homosexuels sont arrêtés par milliers et envoyés vers des camps de concentration, au cœur desquels des sadiques de la pire espèce sévissent. La société, quant à elle, est surveillée par le système qui contrôle tout et se charge des punitions arbitraires. Ainsi en plein désarroi, la Jeune Evey Hammond accoste maladroitement un homme dans la rue à la nuit tombée, afin de lui proposer son corps en échange d'un peu d'argent pour survivre. Mais ce dernier lui révèle être un agent des mœurs en planque et hélas les bonnes mœurs ont depuis bien longtemps été abandonnées par la police locale. Evey échappe de peu à un viol collectif suite à l'apparition impromptue d'un illuminé déguisé et masqué qui rosse les vilains tout en citant du Shakespeare. En sécurité sur les toits de Londres, ils contemplent alors ensemble l'impressionnante explosion du parlement de Westminster, suivie d'un feu d'artifice balafrant le ciel d'un immense V. Vive l'Angleterre, la machine vengeresse est en marche ...
 

V pour Vendetta
Scénario : Alan Moore
Dessins : David Lloyd
Encrage : David Lloyd
Couleurs : David Lloyd
Couverture : David Lloyd
Genre : Politique, Dystopie
Editeur : Vertigo
Titre en vo : V for Vendetta
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 10 juin 1989
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 mars 2020
Nombre de pages : 400
 
Liste des épisodes
V for Vendetta 1-11
 
Mon avis :
 Cela faisait pas mal de temps que je ne vous parlais pas du génialissime Alan Moore, sans aucun doute possible, le plus grand auteur de comics  de ces quatre dernières décennies et qui, au fil du temps, nous aura proposer moult chef d’œuvres incontestables comme, pour ne citer que quelques exemples évidents, Watchmen ou La Ligue des Gentlemen Extraordinaires… Et donc, profitant de cette période estivale, je me suis dit que l’occasion était parfaite pour me lancer dans la lecture d’autres titres majeurs du Sorcier de Northampton, surtout que, mine de rien, parmi ces derniers, il y avait quelques magnifiques pépites, des incontournables absolus comme ce fameux V pour Vendetta dont je vais vous parler aujourd’hui… Nous sommes à la fin des années 90 et, une décennie auparavant, le monde a connu un conflit nucléaire qui ne l’aura pas dévasté totalement. L’Angleterre s’en est plus ou moins sortit mais un régime dictatorial s’est installé et tient naturellement sous sa joug le peuple, écrasant celui-ci sous une poigne de fer. Pourtant, alors que l’avenir apparait bien sombre, un homme sans nom, sans visage, apparait et lutte seul contre le régime en place, commettant des attentats et des meurtres de personnalités. Cet homme qui se fait appeler V souhaite rendre le pouvoir au peuple, du moins, si celui-ci en est digne… En partant de ce postulat de départ qui pourrait flirter allègrement avec un certain 1984 de George Orwell chef d’œuvre absolu du genre dystopique, Alan Moore nous livre avec V pour Vendetta probablement ce qui est la BD qui retranscrit avec le plus de justesse la dictature. Imaginant ce qu’aurait put donner les iles britanniques sous un régime fasciste, l’auteur nous offre un récit oppressant, menaçant et suffisamment solide pour sortir définitivement du simple carcan grand public un peu stupide où est relégué, en temps normal, l’amateur de comics. Bien évidement, avec Watchmen, Alan Moore nous avait déjà prouvé que le genre n’était pas réservé aux super-slips et que, même en mettant en scène ces derniers, il y avait matière à nous en proposer une vision plus intelligente. Avec V pour Vendetta, Moore va encore plus loin puisque, ici, non seulement V n’a pas grand-chose a voir avec les super-héros – en dehors du fait qu’il porte un masque – mais que, en plus, l’ennemi, dans ce récit, est autrement plus redoutable qu’un quelconque pantin costumé puisqu’il s’agit de politiciens – après tout, faut-il rappeler les millions de morts causés, au vingtième siècle, par les diverses dictatures, quelles soient de gauche comme de droite ? Qui plus est, le propos d’Alan Moore est de nous montrer que, davantage que les capacités d’un homme a lutter contre le mal, ce qui compte, c’est avant toute chose, une idée, un symbole : après tout, un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Et c’est probablement cela qui fait aussi la réussite de ce V pour Vendetta, une œuvre intelligente et, finalement, moins manichéenne qu’on pourrait le penser de prime abord puisque, dans celle-ci, certains des membres du pouvoir en place sont loin d’être des salauds et il y a même des victimes parmi eux. De même, à aucun moment Alan Moore ne glorifie les actes de V et même si l’on sent l’attrait de l’auteur pour l’anarchisme, il laisse le soin au lecteur de se faire sa propre opinion sur les agissements du justicier masqué… Bref, vous l’avez compris, V pour Vendetta est une œuvre majeure de la bande dessinée britannique et, incontestablement, un incontournable que tout amateur de comics se doit de lire au moins une fois dans sa vie. Après, il faut reconnaitre que ses thématiques, son propos et le style particulier d’Alan Moore qui est davantage un écrivain qu’un simple scénariste risque de ne pas plaire à tout le monde, mais bon, cela reste une affaire de gouts personnels comme c’est le cas avec pas mal d’œuvres géniales, tous genres confondus…
 

Points Positifs
 :
- Incontestablement, V pour Vendetta est la bande dessinée la plus intelligente qui ait été écrite au sujet de la dictature : œuvre d’une profondeur rare, plausible et pas manichéenne pour un sou, nous avons là une des plus belles créations du sieur Alan Moore ! Bref, un petit chef d’œuvre du Neuvième Art…
- Si V apparait comme étant, naturellement, le protagoniste phare de cette BD et qu’il écrase tous les autres de par son charisme, il faut reconnaitre que les autres personnages marquent également les esprits : Evey, bien entendu, mais aussi une bonne partie des membres du régime qui sont particulièrement bien développés plutôt que d’être de simples coquilles vides…
- Un récit découpé en trois actes, comme au théâtre et si le second est peut-être le moins aboutit, l’ensemble n’en reste pas moins réussi et captivant de bout en bout.
- Un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Voilà ce qui ressort principalement de ce V pour Vendetta et, ma foi, cela résume plutôt bien ce comics.
- En effet, certains peuvent trouver que le style de David Lloyd accuse son âge, cependant, si vous êtes un peu agé comme moi – bref, dans les 40 ou 50 ans – et que vous êtes familier du style de l’époque, alors, vous serez probablement plus enclin a apprécier les dessins d’un artiste nettement plus talentueux qu’on pourrait le penser de prime abord.
 
Points Négatifs :
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce V pour Vendetta, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
- Une œuvre absolument pas grand public et qui risque de déstabiliser un public que l’on qualifiera de moderne.
- Certains estimeront que le style de David Lloyd accuse un peu son âge est un trop typé années 80. Naturellement, cela reste une affaire de gouts personnels…
 
Ma note : 8,5/10