lundi 30 novembre 2009

DE CAPE ET DE CROCS : LE MYSTÈRE DE L’ÎLE ÉTRANGE


DE CAPE ET DE CROCS : LE MYSTÈRE DE L’ÎLE ÉTRANGE

Deux fiers bretteurs - l'un loup, l'autre renard - découvrent, grâce à une carte cachée dans une bouteille, l'existence du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de son état... Autour des îles Tangerines, brume et mystère s'épaississent. Armand Raynal de Maupertuis et Don Lope de Villalobos y Sangrin échappent de justesse à l'appétit des féroces cannibales de l'archipel. Ils se lancent à la poursuite des pirates qui, entraînant avec eux la belle Hermine, marchent à grands pas vers le trésor. Mais la route est semée d'embûches : bêtes monstrueuses, chausse-trappes et ponts branlants mèneront nos héros jusqu'aux entrailles d'un volcan. Ces cavernes que hantent de bien étranges créatures leur révèleront les rouages d'une inquiétante machination...

Le mystère de l’île étrange, quatrième tome de la série De cape et de crocs, marque un premier tournant de taille dans la saga ; désormais, le lecteur, qui, depuis le premier volume, s’attendait à une quelconque intrigue de chasse au trésor comme il en existe tant (ce qui n’est pas forcement désobligeant) aura compris que ce cycle, bien au contraire, l’entraînera dans bien d’autres chemins, forts éloignés de ce que l’on aurait pu penser au départ. D’ailleurs, pour ce qui est de voyager, les protagonistes de l’histoire en auront pour leur argent, mais pour le moment, chut, il est encore trop tôt. Certains pourront être surpris par la tournure que les événements commencent à prendre mais je pense néanmoins que ceux-ci ne sont pas très nombreux, après tout, de multiples petits indices parsemaient l’intrigue depuis le départ et faisaient penser que le postula de base, la chasse au trésor, n’était qu’un prétexte, et que l’on passerait à un moment ou un autre aux véritables enjeux de la saga. De même, les lecteurs les plus attentifs auront, au fil des pages des quatre volumes, eu des doutes sur les liens entre certains personnages, ou sur leurs origines ; les indices, dans le cas présent, sont légions, même si, en toute objectivité, une relecture s’impose forcement pour en apprécier toute la saveur et tous les trouver. Quoi qu’il en soit, la révélation finale de Bombastus, à l’avant dernière page de l’album, éclairera probablement la lanterne des plus perspicaces, voir surprendra les autres, mais en tout cas, tout le monde aura plus ou moins compris quelle sera à coup sur la destination du prochain voyage.

Mais avant d’arriver là, il s’est tout de même passer des choses dans ce quatrième tome, Le mystère de l’île étrange, et pas qu’un peu ! Tout d’abord, je tenais à saluer le coup de génie graphique et la mise en scène qui ouvre cet album, où l’on retrouve, des la page de garde, nos deux compères dans leurs marmites, à se lamenter, dans le noir (d’ailleurs, la scène fait suite au final du volume précédant), et ce n’est que, après avoir décider qu’il fallait revenir sur scène et quitter, de fait, les coulisses (symboliser par l’obscurité de l’intérieur de la marmite), que le quatrième tome peut véritablement débuter. Celui-ci, toujours aussi drôle, rassurez vous, est diviser en deux parties : la première voit les différents protagonistes, chacun de son coté, partir à la recherche du fameux trésor et le lecteur suit ainsi les pérégrinations de chaque groupe dans l’île principale de l’archipel, affrontant pour certains quelques dangers qui n’auraient pas fait tache dans l’Ile Mystérieuse de Jules Vernes. La deuxième, les voit tous arriver, les uns après les autres, dans ce qui ressemble au premier abord à des ruines d’une antique civilisation, mais qui s’avère être encore habiter, et par de bien curieux personnages : des guerriers mimes (qui forcement, miment de façon théâtrale leur trépas lorsqu’ils meurent et appellent à l’aide en silence), et toute une foule de personnages, du simple quidam a ce qui semble être un souverain, portant des masques, dans une salle de… théâtre ! Et ces rebondissements et ces révélations ont lieu dans ce qui restera comme l’un des grands moments de la série, la fameuse représentation théâtrale (encore plus drôle que la course poursuite du tome deux) où tous les protagonistes, ou presque, de l’histoire, se retrouvent sur scène, bien malgré eux, dans ce qui restera comme un grand moment de burlesque rarement atteint. Puis, sous les applaudissements, Bombastus fait sa révélation et le rideau tombe sur un excellant album, dans la ligne droite de ces prédécesseurs, bref, toujours aussi excellant.

DE CAPE ET DE CROCS : L’ARCHIPEL DU DANGER


DE CAPE ET DE CROCS : L’ARCHIPEL DU DANGER

Deux fiers bretteurs - l'un loup, l'autre renard - découvrent, grâce à une carte cachée dans une bouteille, l'existence du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de son état... Voguant à bord du Hollandais Volant vers les îles Tangerines et leur trésor, nos héros s'emparent d'un navire pirate, délivrent une belle captive, subissent l'ire d'un monstre marin, font naufrage, explorent une île étrange, participent à une expérience... et affrontent de féroces cannibales.

Mais ou vont-ils chercher tout ça ? Je me posais déjà la question dans le post précédant et je ne peux m’empêcher de débuter celui-ci de la même manière, car, une fois de plus, cette série, débutée sur les chapeaux de roue, ne fléchit pas d’une seule seconde et c’est avec un plaisir non déssimulée que l’on retrouve nos protagonistes préférés, Don Lope de Villalobos Y Sangrin, Armand Raynal de Maupertuis, Le Raïs Kader, Eusèbe et les autres, car l’on a la certitude qu’avec eux, au moins, on rigolera, et ce, malgré le fait que (il est bon de le rappeler encore une fois), De cape et de crocs ne soit pas une série enfantine, loin de la. Mais bon, comment ne pas vous parler de l’humour quand, dans une série, les auteurs réussissent à rendre les scènes de morts (enfin certaines) comiques ? Mais si l’humour est toujours présent, et bien heureusement, il ne faudrait pas perdre de vu l’intrigue principal en elle-même car, après tout, nous ne nous trouvons pas uniquement devant un quelconque enchaînement de gags : les personnages et les divers rebondissements nous font rire, certes, mais l‘histoire existe, et il est bon de s’en souvenir, surtout que celle-ci est solide.

Dans L’archipel du danger, troisième tome de la saga, nos héros, après moult péripéties, parviennent enfin aux îles Tangerines (rien que le nom, comment être sérieux ?), mais il faudra pour cela bien des rebondissements et les chemins de bon nombre d’entre eux prendront des tournures bien différentes : si certains parviennent aux îles, d’autres seront avaler (si, si !) par un monstre marin dans la plus grande tradition à la Pinocchio (bref, la scène est dramatique mais vous vous doutez bien qu’on les reverra) et les pirates, eux, et bien, restent égaux à eux-mêmes et c’est tant mieux ! La chasse au trésor semble bel et bien être sur le point d’aboutir même si, un ou deux détails semblent indiquer que quelque chose ne tourne pas très rond et que ces histoires de cartes pourraient bien cacher quelque chose d’autre. Serais ce un piège ? L’avenir nous le dira mais pour le moment, le lecteur, ravi, découvrira un nouveau protagoniste, Bombastus Johannes Theophrastus Almagestus Wernher von Ulm, ou Bombastus pour faire plus court dans le rôle typique du savant fou et nouvel élément comique (comme si la série n’en avait pas déjà assez…), un arbre à fromage (!!!), des sauvages à la peau blanche (inspirés comme dit dans la BD, des Guanches des Canaries, comme quoi, on peut toujours se cultiver), et se passionnera, comme dans les deux premiers volumes, pour un récit plus que captivant où les rebondissements et l’humour sont omniprésents. L’album se clôturera par un couvercle de marmite qui se referme, promettant un triste sort pour Don Lope et Armand, tandis que, sans transition, dans l’obscurité la plus totale d’un estomac, de curieuses retrouvailles ont lieu (je vous avais bien dit qu’il ne fallait pas trop s’inquiéter !)

DE CAPE ET DE CROCS : PAVILLON NOIR !


DE CAPE ET DE CROCS : PAVILLON NOIR !

Deux fiers bretteurs - l'un loup, l'autre renard - découvrent, grâce à une carte cachée dans une bouteille, l'existence du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de son état... Gentilhomme, hidalgo, corsaire barbaresque et lapin font voile vers les îles Tangerines et leur trésor. Mais avant d'atteindre le mythique archipel battu par les tempêtes, où rode l'ombre des vaisseaux engloutis et des monstres marins, nos hardis compagnons devront affronter un nouvel adversaire, joyeux certes, mais cruel : les pirates !

Comme le titre le laisse entendre, le deuxième tome de De cape et de crocs est placé sous le signe de la piraterie, mais ceux-ci, pour notre plus grand plaisir, ressemblent plus à ceux d’Astérix (en encore plus drôle, ce qui est un sacré exploit) qu’a Barbe Noir et ses comparses. Mais bon, c’est assez logique vu le ton de la série, où l’humour est omniprésent, mais il faut dire qu’avec l’arrivée de ces loups de mers, celui-ci franchit quand même un nouveau pallier, et ce n’est pas pour nous déplaire car avec eux, on a droit à de grandes scènes d’anthologie et l’on ne peut s’empêcher de se dire ou est ce que les auteurs vont chercher tout ça ? Quoi qu’il en soit, chapeau ! Bref, vous l’avez compris, Pavillon noir, deuxième volume de la saga, est dans la même veine que son prédécesseur et l’on retrouve nos héros la où ont les avaient laisser, à la recherche de la fameuse carte au trésor des îles Tangerines, et pour cela, ils doivent faire escale à Malte, d’où est originaire le sombre et terrifiant Capitan Mendoza, pour le moment (mais pas pour longtemps), leur prisonnier. Bien évidement, comme il fallait s’y attendre, les situations plus cocasses les une que les autres ne vont pas cesser de s’enchaîner, surtout après l’entrée en scène (c’est le cas de le dire) du Capitaine Boney Boone et de ses hommes, pour culminer dans ce qui restera tout simplement à mes yeux comme l’une des scènes les plus comiques qu’il m’ait été donné de voir dans une BD, celle de la poursuite (ou plutôt devrais je dire « les poursuites » vu que tout le monde suit quelqu’un) dans les rues de la capitale maltaise qui finit par un carambolage a la fois monumental et hilarant. Mais des scènes cocasses, dont certaines vous feront exploser de rire tout simplement, dans cet album, il y en a bien d’autres et je ne peux que féliciter les auteurs de réussir à nous faire rire tout au long de la quarantaine de pages qui composent ce Pavillon noir sans être une seule seconde lourds : entre les « prises de tête » entre les personnages (surtout entre Don Lope et Hermine), la scène où nos héros menacent de dévorer toutes les réserves de nourriture du bateau pirate et les crises d’hystérie collectives de ceux-ci, on ne s’ennuie pas une seconde. Alors, entre l’humour et des clins d’oeils à l’Atlantide, le Hollandais volant (pour ne citer que deux exemples), il est certain que le lecteur ne s’ennuiera pas une seule seconde. Un véritable régal !

DE CAPE ET DE CROCS : LE SECRET DU JANISSAIRE


DE CAPE ET DE CROCS : LE SECRET DU JANISSAIRE

Deux fiers bretteurs - l'un loup, l'autre renard - découvrent, grâce à une carte cachée dans une bouteille, l'existence du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de son état... À bord d'un vaisseau turc, un coffre. Dans le coffre, un écrin, dans l'écrin, une bouteille, dans la bouteille, une carte, et sur cette carte... l'emplacement du fabuleux trésor des îles Tangerines !... Il n'en faut pas plus à deux fiers gentilshommes, fins bretteurs et rimailleurs, pour se jeter dans une aventure qui, de geôles en galères, les mènera jusqu'aux confins du monde.

Il y a quelques années, je découvrais, intrigué, une BD au nom plutôt curieux, De cape et de crocs, dont les protagonistes principaux étaient un loup et un renard. Attiré par celle-ci, je m’empressais de me procurer tous les albums jusqu'alors parus et, immédiatement, en fait, des les premières pages du tome un, je fut conquis et devint un fan inconditionnel de celle-ci. Cela faisait longtemps que le dernier volume du cycle, Le maître d’armes, était sorti, ce qui fait que, depuis les débuts de ce blog (presque deux ans), je n’avais pas encore eu l’occasion de relire la saga, ni, du coup, de vous proposer mon avis à son sujet ; c’est chose faite désormais puisque, pour fêter la sortie du neuvième tome, que j’ai commandé pour noël prochain, je me suis replonger des hier dans la relecture de l’intégralité de la saga, et je dois sans peine avouer que ce fut avec un certain plaisir que j’ai retrouver cet univers si particulier et attachant. Mais place au premier tome, Le secret du janissaire.

De cape et de crocs fait parti de ces BD qui semblent faites pour certaines personnes, et, dans le cas présent, pour moi : franchement, à mes yeux, tout me plait dans celle-ci, que ce soient les personnages, l’intrigue, les lieux, l’époque, son humour, etc. Tout m’attire dans cette œuvre de deux auteurs que je ne connaissais pas du tout avant de la découvrir, Alain Ayroles au scénario, Jean-Luc Masbou aux dessins, mais qui sincèrement, ont sus crées un univers a la fois captivant et attachant qui a fait que, de ce qui aurait put être a la base un petit cycle sans grande prétention soit devenu, au moins aux yeux des fans, un véritable petit bijou inoubliable où les références sont légions, ne serais ce que pour le choix des deux héros, renvoyant au Roman de Renard, mais aussi à Molière, La Fontaine , Shakespeare, Cyrano de Bergerac et bien d’autres auteurs de l’époque, mais aussi au cinéma et à d’autres bandes dessinées, comme cela arrive souvent. D’ailleurs, les deux auteurs ne s’en cachent même pas, comme ont peut le voir dans les remerciements du premier tome et, surtout, des la première page qui débute par une représentation des Fourberies de Scapin. Bref, d’entré de jeu, le ton est donné et l’on se doute, avec plaisir que au sus de l’intrigue, il faudra être plus que vigilant pour repérer les multiples clins d’oeils, y compris par les dessins, qui jalonneront la saga. D’ailleurs, a ce propos, les éternels insatisfaits qui renâcleront à suivre les péripéties d’un loup et d’un renard devraient peut être y réfléchir à deux fois : ce n’est pas parce qu’une œuvre ait pour héros des animaux que celle-ci soit destiné aux enfants, bien au contraire ; cela a l’air évidant pour certains, mais pas pour tout le monde, malheureusement. Car De cape et de crocs mérite amplement que l’on plonge dans cette saga et le premier tome, Le secret du janissaire frappe très fort : bien évidement, dans celui-ci, l’univers est présenter, de même que les personnages et l’intrigue principale, mais, contrairement à bien d’autres œuvres où, en toute franchise, il ne se passe pas grand-chose dans un premier tome, ici, pas de temps morts, on rentre tout de suite dans le vif du sujet et l’on part, confiant devant le potentiel de la BD, pour les divers volumes qui suivront. Car, entre des héros aux personnalités (pour ne pas parler de l’apparence) bien marqués, le fier et sanguin Don Lope de Villalobos Y Sangrin et le romantique et poète Armand Raynal de Maupertuis, autour duquel gravitent une foule de protagonistes secondaires mais qui, quelque soit leur importance dans le récit possèdent chacun, sans distinction, une forte personnalité bien travailler et un charisme certain, comme le Raïs Kader, Eusèbe le lapin, Hermine la gitane qui fait tourner la tête à Don Lope ou, du coté des « méchants », Le Capitan Mendoza (pour ne citer que les plus importants, mais dans cette série, le moindre figurant mérite le détour et je n’exagère pas), le lecteur aura de quoi faire, pour son plus grand plaisir. Alors, dans ce premier tome, Le secret du janissaire, on rigole beaucoup, on s’amuse à chercher les multiples références parsemées d’ici de la, on s’attache immédiatement aux personnages et l’on se prépare a partir pour une fabuleuse chasse au trésor… euh, enfin, serais ce vraiment une banale chasse au trésor ? Hum, vous vous doutez bien que tout ceci ne sera pas aussi simple mais je n’en dirais pas plus pour ceux qui ne connaissent pas encore la série. Quoi qu’il en soit, un excellant cycle, à découvrir de toute urgence et qui vous fera passer de très très bons moments…

L’HISTOIRE SECRÈTE – SION


L’HISTOIRE SECRÈTE – SION

Tout commence par une vision d’apocalypse d’Erlin, où celui-ci assiste à la destruction de l’humanité… Etats-Unis, mai 1946, Washington est plongée dans l’obscurité dans la nuit du 13 au 14. A la sortie de la guerre, tout le monde accuse le manque d’entretien des centrales électriques d’être à l’origine de cette gigantesque panne. Mais au même moment, dans une petite maison d’un quartier de Washington, Nimue, femme Navarro, donne naissance à une petite fille prénommée Pandora… Deux ans plus tard, en 1948, en Jordanie, au moment où l’ONU vote la création de l’Etat d’Israël, des soldats israéliens sont attaqués sur la côte de la Mer Morte. Ils ne doivent leur salut qu’à l’intervention du pilote Curtis Hawk et de son avion. Son Messerschmitt touché, il est contraint d’atterrir. Il croise alors la destinée de Joachim, juif ashkénaze, de Dayan, sioniste au service de l’organisation Hagana, et de Reka. L’officier responsable de la mission lui apprend qu’il doit se rendre sur le site archéologique de Qumran. Jérusalem en flammes, Reka lui révèle alors des secrets sur la cité à nouveau divisée, sans pour autant dévoiler son plan secret. Erlin, lui, comprend que si les Archontes ne parviennent pas à s’unir, le monde humain s’autodétruira.


L'Histoire Secrète – Sion
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 23 septembre 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Plus le temps passe et plus le lecteur apprend à apprécier cette série, telle pourrait être la conclusion que je me suis fait après lecture de ce seizième tome de L’Histoire Secrète. Ainsi, après un départ pour le moins brouillon, il est incontestable que, depuis le début du second cycle et malgré un quatorzième opus, Les Veilleurs, qui laissait présager du pire pour ce troisième cycle, la qualité d’ensemble a franchi allègrement un pallier, comme si les auteurs, que cela soit Jean-Pierre Pécau ou Igor Kordey avaient finalement atteint leur vitesse de croisière, maîtrisant tous deux d’une main de maître une œuvre qui, décidément, m’aura fait souvent changer d’avis. Désormais, et Sion le prouve assez bien, tant d’un point de vue du scénario que du dessin, il n’y a rien à jeter, et, à moins de ne pas aimer le style particulier d’Igor Kordey ou d’être allergique à l’habitude qu’à Jean-Pierre Pécau de vouloir expliquer touts les événements de l’histoire par les Cartes, les Familles et les Archontes, le lecteur ne pourra qu’apprécier ce seizième volume, où l’on s’attarde longuement sur les débuts de l’état d’Israël – où Pécau a fort judicieusement mis cote à cote les cotés peu reluisants des deux camps – où des liens entre Jérusalem et la sombre et mystérieuse Kor, déjà entraperçues précédemment, sont une fois de plus évoqués, tandis que Curtis, de son côté, connaît les joies de la paternité mais subie également un drame. Pour ce qui est des Archontes survivants, Erlin fait des cauchemars au sujet de la fin du monde, Reka et Dyo, eux, voient venir la naissance d’une nouvelle Famille, assez inquiétante, le complexe militaro-industriel (tient, tient, quelle bonne idée, cela plaira aux paranoïaques de tous poils, mais aussi à d’autres) et craignent pour leur survie, évoquent la possibilité de s’unir, mais des forces agissant dans l’ombre, les menaçant, on se doute bien que tout ceci ne finira pas très bien pour nos trois derniers Archontes et que les albums suivants pourraient être dramatiques pour eux, maintenant que l’Homme semble de moins en moins prêt a leur obéir aveuglement… Bref, un album réussi de la première à la dernière page et que l’on parcourt d’une traite, se délectant avec plaisir des multiples révélations et autres coups de théâtre tout en attendant qu’une seule et unique chose : la sortie de la suite ! Quand je vous disais que mon opinion au sujet de cette série avait bien changée depuis ses débuts…


Points Positifs :
- Sion est dans la lignée du tome précédant, La Chambre d’Ambre : c’est-à-dire, un excellent tome d’une série qui avait très mal commencée mais qui, au fil des volumes, a sut monter en puissance jusqu’à nous offrir une intrigue de plus en plus maitrisée et intéressante, même si, il faut le reconnaitre, tout n’est pas parfait non plus.
- Encore une fois, Jean-Pierre Pécau jongle avec ses protagonistes habituels, tout un tas de figures historiques et se plait à expliquer le moindre événement historique par le jeu subtil des Archontes et des autres familles…
- Ici, l’intrigue à lieu lors des débuts de l’état d’Israël et de la guerre qui a suivis contre les pays arabes voisins. C’est fort intéressant, surtout si on s’intéresse au sujet (ce qui est mon cas) et Jean-Pierre Pécau fait preuve d’une neutralité absolue dans le traitement de ce dernier, les deux camps étant renvoyés dos a dos pour ce qui est des atrocités.
- Mine de rien, il s’en passe des choses dans ce tome : nouvelles révélations, nouveaux ennemis, nouvelles questions, mort d’un protagoniste important…
- Bigre, une nouvelle Famille : le Complexe Militaro-Industriel !
- Ah, si Igor Kordey pouvait être toujours aussi bon…

Points Négatifs :
- Peut de points vraiment négatifs dans ce seizième tome de L’Histoire Secrète, ou plutôt, disons que la longueur de cette série en est un, surtout que l’on n’a aucune certitude quand a sa fin et que ce n’est jamais bon quand une œuvre s’étire en longueur…
- Pas facile tout de même de s’y retrouver et bien des lecteurs seront perdus ; après, si vous aimez le genre, l’histoire et l’ambiance générale de la série, vous passerez outre mais je comprends parfaitement que certains puissent la détester.

Ma note : 7,5/10

dimanche 8 novembre 2009

MILLÉNIUM : LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES


MILLÉNIUM : LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES

Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur une disparition non élucidée, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...

Pour moi, Millénium, célèbre trilogie suédoise, était comparable a Da Vinci Codel’Alchimiste, pour ne citer que deux exemples ; je m’explique : tous les habitués des transports en commun vous le diront, les gens lisent beaucoup dans le train, le métro ou le bus, et bien souvent, il suffit d’être un minimum observateur pour connaître le dernier livre à la mode, et même si l’on ne sait absolument pas de quoi ça parle, on connaît forcement, au minimum, le titre du dernier ouvrage à la mode. Et donc, ces derniers temps, Millénium était le titre que tout le monde s’arrachait et la couverture des trois tomes, noire avec des liserés rouges et une illustration d’une jeune femme dans un cadre rond central m’était familier depuis longtemps. Mais, pour être tout à fait franc, je dois reconnaître que je ne savais pas du tout de quoi ça parlait, avant que l’on n’annonce la sortie du film, en début d’année et que je lise dans un quelconque magazine de cinéma une critique sur celui-ci. Lors de la sortie du film, donc, ma femme alla le voir et tomba sur le charme au point de se lancer dans la lecture de la trilogie il y a quelques semaines (d’ailleurs, j’attends encore quelle me propose ses critiques de ceux-ci) et de ne plus décrocher. Ainsi, ne souhaitant pas me lancer dans les livres, en raison d’un embouteillage monstrueux de bouquins plus intéressants en attente, j’attendais la sortie DVD avec impatience, ce qui arriva cette semaine, et donc, hier soir, ce fut une soirée Millénium.

Bon, franchement, j’avoue que je n’ai pas arrêter de me tromper hier soir mais à ma décharge, j’étais un quasi novice, n’ayant pas lu la trilogie : je croyais que l’enquête allait se poursuivre sur les trois tomes, autant pour moi, ce n’est pas le cas ; lorsque l’on découvrit l’identité du meurtrier, pareil, j’étais persuader que la quête de l’adolescente disparue dans les années 60 serait résolue pas la suite, encore une fois, ce ne fut pas le cas ; et pour finir, petite cerise sur le gâteau, j’ai émis l’hypothèse que dans la suite, l’intrigue nous entraînerait dans la résolution du complot qui avait envoyé Mikael Blomkvist, le journaliste, derrière les barreaux, et, forcement, j’avais encore tort sur toute la ligne. Mais bon, ce n’est pas grave car toutes mes interrogations et mes suppositions signifient tout simplement que j’ai apprécié ce long métrage, captiver que j’ai put l’être par une intrigue assez convenue mais néanmoins accrocheuse, de part ses nombreux rebondissements, son ambiance particulière, assez sombre, mais aussi, et surtout, grâce à la présence de Lisbeth Salander, une espèce de punkette hacker au passé trouble et dont la présence et le charisme écrase littéralement tout le reste. Il y a donc Lisbeth, mais aussi cette ambiance, renforcée par le fait que l’action se déroule en Suède, et que forcement, cela nous change des habituels longs métrages hollywoodiens et de ses protagonistes à deux balles vues et revues ; d’ailleurs, heureusement que ce film est suédois, le même réaliser par des américains ne m’aurait pas intéresser, ne serais ce que parce qu’il aurait été bien plus soft. Car Millénium est particulièrement violent, et certaines scènes (dont une particulièrement jouissive où la victime se venge de son bourreau) heurteront probablement le public, peut habituer à de telles démonstrations, mais malgré celles-ci, assez rares si l’on réfléchit bien, l’on se retrouve devant une œuvre bien plus subtile, où l’enquête prime sur l’action. Et puis, notons au passage le plaisir de le regarder en suédois et le dépaysement que cela entraîne (en plus des décors, des lieux et de toute ses étendues de neige, ah, j’aime les pays nordiques) ; une fois de plus, cela me conforte dans mon choix de regarder les œuvres cinématographiques en VO.

Alors oui, soyons un peu objectif, Millénium n’est pas non plus un grand film, quand à son scénario, il ne faut pas chercher bien loin, et les romans combleront forcement l’amateur qui désirera connaître l’œuvre originale. D’ailleurs, sur ce point, n’ayant pas lu celle-ci, je ne pourrais pas faire de comparaisons valables sur le respect de celle-ci, mais bon, ma femme n’a pas eu l’air choquée par l’adaptation. Pas un grand film, mais un bon film, au synopsis plus que captivant qui saura vous tenir en haleine pendant près de deux heures de pur plaisir. Et puis, cela donne envie d’en savoir plus sur cette mystérieuse et charismatique Lisbeth Salander…

samedi 7 novembre 2009

L’HISTOIRE SECRÈTE – LA CHAMBRE D'AMBRE


L’HISTOIRE SECRÈTE – LA CHAMBRE D'AMBRE

En décembre 1945, dans le ciel nocturne au nord de Nuremberg (secteur soviétique), Curtis Hawk pose un gros porteur sur une piste de fortune. Il s'agit d'une mission non commandée par son armée, la coalition occidentale, pour récupérer des partisans juifs ayant survécu toutes ces années cachés dans l'Allemagne nazie. Menés par un dénommé Kowalski, aguerris et radicaux, les partisans sont extrêmement méfiants, mais Curtis parvient à gagner leur confiance en soignant une de leur avec de la pénicilline. Repérés par les soviétiques, ils parviennent toutefois à redécoller, non sans causer quelques dégâts humains et matériels. Au retour à la base, Hawk est emprisonné pour avoir agi en marge de sa fonction. Pendant ce temps, à l'université de Princeton, le professeur Gödel réussit à ouvrir une porte vers la dimension parallèle de Kor... et la referme aussitôt, épouvanté par ce qu'il y découvre. Tandis que Hawk est libéré par l'archonte Erlin (on n'emprisonne pas un héros de guerre !), l'archonte Dyo apporte inversement son soutien au Kremlin, par l'intermédiaire de Yaponchik. Ce « Vor » (voleur de la mafia russe) assassine le général Patton pour lui dérober un artéfact doté d'une puissance occulte prodigieuse : la mystérieuse chambre d'Ambre...


L'histoire Secrète – La Chambre d'Ambre
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 17 juin 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Depuis que ce blog existe, il y a de cela bientôt deux ans, on ne peut nier que s’il y a une bande dessinée qui aura tenu le haut du pavé, c’est bel et bien L’Histoire Secrète dont je vous propose ici la critique du quinzième tome. Cependant, s’il y a bien une chose que l’on peut retenir au sujet de cette série, c’est l’alternance entre bons et mauvais volumes et l’impression que, malgré un potentiel de départ intéressant, on est plus du coté du gâchis que du chef d’œuvre absolu. Mais bon, n’ayant pas encore perdu l’espoir, pour le moment, je continus, bon gré mal gré, a suivre cette saga qui, accessoirement, en est déjà a son troisième cycle – voir Les Veilleurs. Cette fois ci, l’on nous annonce 22 volumes, mais en fait, rien ne nous garantie que la série ne continue au-delà, après tout, Jean Pierre Pécau nous a déjà fait le coup à deux reprises : pour le septième et le quatorzième (à la base prévu en tant qu’encyclopédie). Cependant, et histoire de jouer les devins, si l’on observe la date annoncée où se déroulera l’action du vingt deuxième tome, 1986, et le lieu, Tchernobyl, il se pourrait bien que le grand final y ait lieu (avec la disparition des Archontes ?), mais ce ne sont que des suppositions et rien ne dit, après tout, que cela ne continue par la suite ?! Enfin, on verra bien ce qu’il en sera à ce moment là surtout qu’il est grand temps de nous préoccuper de ce quinzième volume, La Chambre d’Ambre. Déjà, un bon point que l’on a put constater depuis quelques albums : la constance d’Igor Kordey qui livre désormais un travail impeccable sur lequel il n’y a rien a redire ; plus le temps passe, plus il se bonifie, comme le bon vin, et sincèrement, moi qui apprécie son style si particulier, c’est franchement agréable – et qu’il est loin le temps de ses brouillons informes dans le premier cycle… Du point de vue du scénario, c’est du Pécau tout craché comme on à l’habitude désormais sur la série : celui-ci poursuit son petit bonhomme de chemin, faisant évoluer l’intrigue à pas d’escargots, multipliant à la fois les protagonistes secondaires, les apparitions de personnalités historiques et quelques petites révélations pour le moins bienvenues (dont l’identité de l’espion à la solde des soviétiques dont Curtis cherchait l’identité dans le douzième tome déjà !). Certes, une fois de plus, l’on ressort de ce nouveau tome avec plus d’interrogations que de solutions aux anciennes énigmes mais cela importe peu, la mayonnaise ayant bien prit cette fois. De plus, le talent de Pécau à lier le moindre événement apparemment mineur de l’Histoire à sa saga éclate encore et l’on retrouve, cette fois ci, pèle mêle, la mort du Général Patton, le mystère de la disparition de la Chambre d’Ambre (qui donna son nom au quinzième tome), les unités juives de l’armée britannique qui cherchaient à se venger des anciens nazis dans l’Allemagne occupée et bien d’autres encore. Une chose est sure, l’on peut ne pas aimer L’Histoire Secrète, mais reconnaissons au moins à Jean-Pierre Pécau le mérite de maîtriser son sujet, au moins du point de vu historique. Bref, La Chambre d’Ambre, s’il n’est pas forcement le meilleur volume de la saga, n’en reste pas moins réussi et possède un scénario plutôt captivant ; l’intrigue continue à se développer, petit à petit, et l’on lit le tout avec un certain plaisir, plus pour suivre la suite des pérégrinations de personnages qui sont devenus, au fil des années, de vieux compagnons de route et aussi, après tout ce temps, par curiosité de savoir ce que tout cela donnera au final.


Points Positifs :
- Comme je le disais dans ma critique, avec L’Histoire Secrète, on alterne entre bons et mauvais tomes, et, ici, force est de constater que nous avons droit a un bon album : intrigue captivante, on retrouve les protagonistes traditionnels qui étaient en vacances dans Les Veilleurs et l’ensemble fourmille de bonnes idées plutôt bien exploitées.
- Encore une fois, c’est les connaissances historiques de Jean-Pierre Pécau sont pour le moins impressionnantes, de même que la façon dont il les utilise pour son scénario ; même si parfois, cela peut embrouiller ce dernier.
- D’ailleurs, sur ce point, je me coucherais moins bête ce soir puisque je dois reconnaître que je n’avais jamais entendu parler de cette mystérieuse Chambre d’Ambre de Catherine II et que, du coup, cela m’a poussé à aller effectuer quelques recherches intéressantes sur le net. Comme quoi, toutes les occasions sont bonnes pour se cultiver un peu.
- Incroyable, Dyo fait enfin son grand retour !
- Encore une fort belle couverture.

Points Négatifs :
- Par moments, c’est tout de même un peu tiré par les cheveux tout cela et si les multiples références historiques de Pécau sont appréciables voir pertinentes, tout ne fonctionne pas, surtout quand on se tape des dialogues sans fin afin que le scénariste puisse placer toutes ses explications.
- De plus, après tant de tomes décevants depuis le début, je pense que beaucoup de lecteurs ont abandonné cette série depuis longtemps, surtout que celle-ci s’éternise en longueur…

Ma note : 7/10

dimanche 1 novembre 2009

LE RUBAN BLANC


LE RUBAN BLANC

Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Lorsque j’entendis parler pour la première fois du Ruban blanc, lors du dernier Festival de Cannes, les cours extraits que j’avais put voir m’avait immédiatement accroché, de même que le synopsis, sombre, inquiétant et renforcé par le choix du noir et blanc. Bref, tout pour me plaire et ma conviction fut renforcée par le fait que le film de Michael Haneke, dont ma femme me disait le plus grand bien, reçu la Palme d’or. Puis, le temps passant, je dois avouer qu’il me sortit complètement de ma tète, et ce, jusqu'à il y a quelques semaines, alors que la date de sa sortie en salle approchait. Après avoir dit la phrase idiote par excellence « Ce film me dit quelque chose, j’ai déjà dut le voir ? », puis m’avoir rendu compte de ma stupidité, une fois ma mémoire de poisson rouge revenue, je m’étais dit que, si l’occasion se présentait, il me fallait voir ce film. D’où ma séance cinéma de cette après midi (profitons en, cela n’arrive que deux ou trois fois dans l’année). Cependant, malgré toutes ses promesses, mes sentiments à son égard sont légèrement mitigés…

En fait, il me semble que le ruban blanc à été tout bonnement, à mes yeux s’entend, victime de ce que j’appellerais le syndrome du « trop de », trop de promesses, trop de certitudes, en fait, les louanges furent si nombreuses qu’en fait, je m’attendais à une œuvre tout simplement inoubliable, ce genre de films que l’on ne voit que trop rarement. De même, je m’attendais tellement à ce que cette œuvre soit si inquiétante, si horrible, que du coup, je suis rester un peu sur ma faim. Le ruban blanc, un chef d’œuvre ? Non, un très bon film, incontestablement, mais c’est tout (ce qui pourrait être pas mal mais pas lorsque l’on s’attend à un monument).

Pourtant, je dois reconnaître que malgré ma petite déception, le film en lui-même n’est pas à remettre en cause, après tout, n’ais je pas pris du plaisir lors de sa projection ? Bien évidemment que oui, et pas qu’un peu. Comme convenu, le choix du noir et blanc, si rare de nos jours, fut une idée lumineuse esthétiquement parlant, renforçant le coté sombre et inquiétant d’une intrigue lourde, où des événements dramatiques, a priori au départ sans grand liens les uns avec les autres vont se succéder immanquablement, renforçant la méfiance et la paranoïa entre les habitants du village, pour la plupart porteurs de lourds secrets. Car du simple paysan au baron, en passant par le pasteur, la sage femme ou les écoliers, aucun des protagonistes n’est tout à fait clair, bien au contraire et chacun pourrait être, à des degrés divers, responsable des drames. Cette atmosphère oppressante, déjà soulignée par le noir et blanc, est sublimée par la présence de longs plans séquences, qui viennent marquer certaines scènes, ainsi que par des choix de caméras fixes, où l’on devine plus que l’on ne voit, ce qui renforce encore l’ambiance, pas forcement guillerette du film. Mais si les divers protagonistes sont tous inquiétants à leur manière, y compris les plus « innocents », les pires sont incontestablement les enfants qui pourraient bien être derrière tous les événements, ou du moins, une partie non négligeable d’entre eux. Des enfants dont l’éducation religieuse et sévère semble avoir métamorphoser en êtres cruels et insensibles. Une certaine idée du fanatisme ?

Alors, la fin, qui pourra en surprendre quelques uns, de part les questions sans réponses restées en suspens, survint, un peu de façon imprévue tandis que le narrateur nous apprend que la Grande Guerre à débutée, à l’issu des diverses déclarations de guerre. Certains se préparent à partir, la fleur au fusil, tandis que le spectateur, lui, se perdra en conjonctures sur l’identité des véritables coupables (même si personnellement, j’ai de forts doutes sur eux). Et le ruban blanc s’achève, sur ces questions, bien sur, et sur une curieuse impression où se mêlent des sentiments contradictoires comme la satisfaction d’avoir vu un bon film et la déception car, à force de trop en attendre, je l’avais imaginé autrement. Mais bon, malgré tout, une œuvre à ne pas rater, car ma semi-deception est plus venue de mon imagination d’avant film que de celui-ci en lui même qui mérite le détour.
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