lundi 30 novembre 2009

L’HISTOIRE SECRÈTE – SION


L’HISTOIRE SECRÈTE – SION

Tout commence par une vision d’apocalypse d’Erlin, où celui-ci assiste à la destruction de l’humanité… Etats-Unis, mai 1946, Washington est plongée dans l’obscurité dans la nuit du 13 au 14. A la sortie de la guerre, tout le monde accuse le manque d’entretien des centrales électriques d’être à l’origine de cette gigantesque panne. Mais au même moment, dans une petite maison d’un quartier de Washington, Nimue, femme Navarro, donne naissance à une petite fille prénommée Pandora… Deux ans plus tard, en 1948, en Jordanie, au moment où l’ONU vote la création de l’Etat d’Israël, des soldats israéliens sont attaqués sur la côte de la Mer Morte. Ils ne doivent leur salut qu’à l’intervention du pilote Curtis Hawk et de son avion. Son Messerschmitt touché, il est contraint d’atterrir. Il croise alors la destinée de Joachim, juif ashkénaze, de Dayan, sioniste au service de l’organisation Hagana, et de Reka. L’officier responsable de la mission lui apprend qu’il doit se rendre sur le site archéologique de Qumran. Jérusalem en flammes, Reka lui révèle alors des secrets sur la cité à nouveau divisée, sans pour autant dévoiler son plan secret. Erlin, lui, comprend que si les Archontes ne parviennent pas à s’unir, le monde humain s’autodétruira.


L'Histoire Secrète – Sion
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 23 septembre 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Plus le temps passe et plus le lecteur apprend à apprécier cette série, telle pourrait être la conclusion que je me suis fait après lecture de ce seizième tome de L’Histoire Secrète. Ainsi, après un départ pour le moins brouillon, il est incontestable que, depuis le début du second cycle et malgré un quatorzième opus, Les Veilleurs, qui laissait présager du pire pour ce troisième cycle, la qualité d’ensemble a franchi allègrement un pallier, comme si les auteurs, que cela soit Jean-Pierre Pécau ou Igor Kordey avaient finalement atteint leur vitesse de croisière, maîtrisant tous deux d’une main de maître une œuvre qui, décidément, m’aura fait souvent changer d’avis. Désormais, et Sion le prouve assez bien, tant d’un point de vue du scénario que du dessin, il n’y a rien à jeter, et, à moins de ne pas aimer le style particulier d’Igor Kordey ou d’être allergique à l’habitude qu’à Jean-Pierre Pécau de vouloir expliquer touts les événements de l’histoire par les Cartes, les Familles et les Archontes, le lecteur ne pourra qu’apprécier ce seizième volume, où l’on s’attarde longuement sur les débuts de l’état d’Israël – où Pécau a fort judicieusement mis cote à cote les cotés peu reluisants des deux camps – où des liens entre Jérusalem et la sombre et mystérieuse Kor, déjà entraperçues précédemment, sont une fois de plus évoqués, tandis que Curtis, de son côté, connaît les joies de la paternité mais subie également un drame. Pour ce qui est des Archontes survivants, Erlin fait des cauchemars au sujet de la fin du monde, Reka et Dyo, eux, voient venir la naissance d’une nouvelle Famille, assez inquiétante, le complexe militaro-industriel (tient, tient, quelle bonne idée, cela plaira aux paranoïaques de tous poils, mais aussi à d’autres) et craignent pour leur survie, évoquent la possibilité de s’unir, mais des forces agissant dans l’ombre, les menaçant, on se doute bien que tout ceci ne finira pas très bien pour nos trois derniers Archontes et que les albums suivants pourraient être dramatiques pour eux, maintenant que l’Homme semble de moins en moins prêt a leur obéir aveuglement… Bref, un album réussi de la première à la dernière page et que l’on parcourt d’une traite, se délectant avec plaisir des multiples révélations et autres coups de théâtre tout en attendant qu’une seule et unique chose : la sortie de la suite ! Quand je vous disais que mon opinion au sujet de cette série avait bien changée depuis ses débuts…


Points Positifs :
- Sion est dans la lignée du tome précédant, La Chambre d’Ambre : c’est-à-dire, un excellent tome d’une série qui avait très mal commencée mais qui, au fil des volumes, a sut monter en puissance jusqu’à nous offrir une intrigue de plus en plus maitrisée et intéressante, même si, il faut le reconnaitre, tout n’est pas parfait non plus.
- Encore une fois, Jean-Pierre Pécau jongle avec ses protagonistes habituels, tout un tas de figures historiques et se plait à expliquer le moindre événement historique par le jeu subtil des Archontes et des autres familles…
- Ici, l’intrigue à lieu lors des débuts de l’état d’Israël et de la guerre qui a suivis contre les pays arabes voisins. C’est fort intéressant, surtout si on s’intéresse au sujet (ce qui est mon cas) et Jean-Pierre Pécau fait preuve d’une neutralité absolue dans le traitement de ce dernier, les deux camps étant renvoyés dos a dos pour ce qui est des atrocités.
- Mine de rien, il s’en passe des choses dans ce tome : nouvelles révélations, nouveaux ennemis, nouvelles questions, mort d’un protagoniste important…
- Bigre, une nouvelle Famille : le Complexe Militaro-Industriel !
- Ah, si Igor Kordey pouvait être toujours aussi bon…

Points Négatifs :
- Peut de points vraiment négatifs dans ce seizième tome de L’Histoire Secrète, ou plutôt, disons que la longueur de cette série en est un, surtout que l’on n’a aucune certitude quand a sa fin et que ce n’est jamais bon quand une œuvre s’étire en longueur…
- Pas facile tout de même de s’y retrouver et bien des lecteurs seront perdus ; après, si vous aimez le genre, l’histoire et l’ambiance générale de la série, vous passerez outre mais je comprends parfaitement que certains puissent la détester.

Ma note : 7,5/10

dimanche 8 novembre 2009

MILLÉNIUM : LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES


MILLÉNIUM : LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES

Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur une disparition non élucidée, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...

Pour moi, Millénium, célèbre trilogie suédoise, était comparable a Da Vinci Codel’Alchimiste, pour ne citer que deux exemples ; je m’explique : tous les habitués des transports en commun vous le diront, les gens lisent beaucoup dans le train, le métro ou le bus, et bien souvent, il suffit d’être un minimum observateur pour connaître le dernier livre à la mode, et même si l’on ne sait absolument pas de quoi ça parle, on connaît forcement, au minimum, le titre du dernier ouvrage à la mode. Et donc, ces derniers temps, Millénium était le titre que tout le monde s’arrachait et la couverture des trois tomes, noire avec des liserés rouges et une illustration d’une jeune femme dans un cadre rond central m’était familier depuis longtemps. Mais, pour être tout à fait franc, je dois reconnaître que je ne savais pas du tout de quoi ça parlait, avant que l’on n’annonce la sortie du film, en début d’année et que je lise dans un quelconque magazine de cinéma une critique sur celui-ci. Lors de la sortie du film, donc, ma femme alla le voir et tomba sur le charme au point de se lancer dans la lecture de la trilogie il y a quelques semaines (d’ailleurs, j’attends encore quelle me propose ses critiques de ceux-ci) et de ne plus décrocher. Ainsi, ne souhaitant pas me lancer dans les livres, en raison d’un embouteillage monstrueux de bouquins plus intéressants en attente, j’attendais la sortie DVD avec impatience, ce qui arriva cette semaine, et donc, hier soir, ce fut une soirée Millénium.

Bon, franchement, j’avoue que je n’ai pas arrêter de me tromper hier soir mais à ma décharge, j’étais un quasi novice, n’ayant pas lu la trilogie : je croyais que l’enquête allait se poursuivre sur les trois tomes, autant pour moi, ce n’est pas le cas ; lorsque l’on découvrit l’identité du meurtrier, pareil, j’étais persuader que la quête de l’adolescente disparue dans les années 60 serait résolue pas la suite, encore une fois, ce ne fut pas le cas ; et pour finir, petite cerise sur le gâteau, j’ai émis l’hypothèse que dans la suite, l’intrigue nous entraînerait dans la résolution du complot qui avait envoyé Mikael Blomkvist, le journaliste, derrière les barreaux, et, forcement, j’avais encore tort sur toute la ligne. Mais bon, ce n’est pas grave car toutes mes interrogations et mes suppositions signifient tout simplement que j’ai apprécié ce long métrage, captiver que j’ai put l’être par une intrigue assez convenue mais néanmoins accrocheuse, de part ses nombreux rebondissements, son ambiance particulière, assez sombre, mais aussi, et surtout, grâce à la présence de Lisbeth Salander, une espèce de punkette hacker au passé trouble et dont la présence et le charisme écrase littéralement tout le reste. Il y a donc Lisbeth, mais aussi cette ambiance, renforcée par le fait que l’action se déroule en Suède, et que forcement, cela nous change des habituels longs métrages hollywoodiens et de ses protagonistes à deux balles vues et revues ; d’ailleurs, heureusement que ce film est suédois, le même réaliser par des américains ne m’aurait pas intéresser, ne serais ce que parce qu’il aurait été bien plus soft. Car Millénium est particulièrement violent, et certaines scènes (dont une particulièrement jouissive où la victime se venge de son bourreau) heurteront probablement le public, peut habituer à de telles démonstrations, mais malgré celles-ci, assez rares si l’on réfléchit bien, l’on se retrouve devant une œuvre bien plus subtile, où l’enquête prime sur l’action. Et puis, notons au passage le plaisir de le regarder en suédois et le dépaysement que cela entraîne (en plus des décors, des lieux et de toute ses étendues de neige, ah, j’aime les pays nordiques) ; une fois de plus, cela me conforte dans mon choix de regarder les œuvres cinématographiques en VO.

Alors oui, soyons un peu objectif, Millénium n’est pas non plus un grand film, quand à son scénario, il ne faut pas chercher bien loin, et les romans combleront forcement l’amateur qui désirera connaître l’œuvre originale. D’ailleurs, sur ce point, n’ayant pas lu celle-ci, je ne pourrais pas faire de comparaisons valables sur le respect de celle-ci, mais bon, ma femme n’a pas eu l’air choquée par l’adaptation. Pas un grand film, mais un bon film, au synopsis plus que captivant qui saura vous tenir en haleine pendant près de deux heures de pur plaisir. Et puis, cela donne envie d’en savoir plus sur cette mystérieuse et charismatique Lisbeth Salander…

samedi 7 novembre 2009

L’HISTOIRE SECRÈTE – LA CHAMBRE D'AMBRE


L’HISTOIRE SECRÈTE – LA CHAMBRE D'AMBRE

En décembre 1945, dans le ciel nocturne au nord de Nuremberg (secteur soviétique), Curtis Hawk pose un gros porteur sur une piste de fortune. Il s'agit d'une mission non commandée par son armée, la coalition occidentale, pour récupérer des partisans juifs ayant survécu toutes ces années cachés dans l'Allemagne nazie. Menés par un dénommé Kowalski, aguerris et radicaux, les partisans sont extrêmement méfiants, mais Curtis parvient à gagner leur confiance en soignant une de leur avec de la pénicilline. Repérés par les soviétiques, ils parviennent toutefois à redécoller, non sans causer quelques dégâts humains et matériels. Au retour à la base, Hawk est emprisonné pour avoir agi en marge de sa fonction. Pendant ce temps, à l'université de Princeton, le professeur Gödel réussit à ouvrir une porte vers la dimension parallèle de Kor... et la referme aussitôt, épouvanté par ce qu'il y découvre. Tandis que Hawk est libéré par l'archonte Erlin (on n'emprisonne pas un héros de guerre !), l'archonte Dyo apporte inversement son soutien au Kremlin, par l'intermédiaire de Yaponchik. Ce « Vor » (voleur de la mafia russe) assassine le général Patton pour lui dérober un artéfact doté d'une puissance occulte prodigieuse : la mystérieuse chambre d'Ambre...


L'histoire Secrète – La Chambre d'Ambre
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 17 juin 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Depuis que ce blog existe, il y a de cela bientôt deux ans, on ne peut nier que s’il y a une bande dessinée qui aura tenu le haut du pavé, c’est bel et bien L’Histoire Secrète dont je vous propose ici la critique du quinzième tome. Cependant, s’il y a bien une chose que l’on peut retenir au sujet de cette série, c’est l’alternance entre bons et mauvais volumes et l’impression que, malgré un potentiel de départ intéressant, on est plus du coté du gâchis que du chef d’œuvre absolu. Mais bon, n’ayant pas encore perdu l’espoir, pour le moment, je continus, bon gré mal gré, a suivre cette saga qui, accessoirement, en est déjà a son troisième cycle – voir Les Veilleurs. Cette fois ci, l’on nous annonce 22 volumes, mais en fait, rien ne nous garantie que la série ne continue au-delà, après tout, Jean Pierre Pécau nous a déjà fait le coup à deux reprises : pour le septième et le quatorzième (à la base prévu en tant qu’encyclopédie). Cependant, et histoire de jouer les devins, si l’on observe la date annoncée où se déroulera l’action du vingt deuxième tome, 1986, et le lieu, Tchernobyl, il se pourrait bien que le grand final y ait lieu (avec la disparition des Archontes ?), mais ce ne sont que des suppositions et rien ne dit, après tout, que cela ne continue par la suite ?! Enfin, on verra bien ce qu’il en sera à ce moment là surtout qu’il est grand temps de nous préoccuper de ce quinzième volume, La Chambre d’Ambre. Déjà, un bon point que l’on a put constater depuis quelques albums : la constance d’Igor Kordey qui livre désormais un travail impeccable sur lequel il n’y a rien a redire ; plus le temps passe, plus il se bonifie, comme le bon vin, et sincèrement, moi qui apprécie son style si particulier, c’est franchement agréable – et qu’il est loin le temps de ses brouillons informes dans le premier cycle… Du point de vue du scénario, c’est du Pécau tout craché comme on à l’habitude désormais sur la série : celui-ci poursuit son petit bonhomme de chemin, faisant évoluer l’intrigue à pas d’escargots, multipliant à la fois les protagonistes secondaires, les apparitions de personnalités historiques et quelques petites révélations pour le moins bienvenues (dont l’identité de l’espion à la solde des soviétiques dont Curtis cherchait l’identité dans le douzième tome déjà !). Certes, une fois de plus, l’on ressort de ce nouveau tome avec plus d’interrogations que de solutions aux anciennes énigmes mais cela importe peu, la mayonnaise ayant bien prit cette fois. De plus, le talent de Pécau à lier le moindre événement apparemment mineur de l’Histoire à sa saga éclate encore et l’on retrouve, cette fois ci, pèle mêle, la mort du Général Patton, le mystère de la disparition de la Chambre d’Ambre (qui donna son nom au quinzième tome), les unités juives de l’armée britannique qui cherchaient à se venger des anciens nazis dans l’Allemagne occupée et bien d’autres encore. Une chose est sure, l’on peut ne pas aimer L’Histoire Secrète, mais reconnaissons au moins à Jean-Pierre Pécau le mérite de maîtriser son sujet, au moins du point de vu historique. Bref, La Chambre d’Ambre, s’il n’est pas forcement le meilleur volume de la saga, n’en reste pas moins réussi et possède un scénario plutôt captivant ; l’intrigue continue à se développer, petit à petit, et l’on lit le tout avec un certain plaisir, plus pour suivre la suite des pérégrinations de personnages qui sont devenus, au fil des années, de vieux compagnons de route et aussi, après tout ce temps, par curiosité de savoir ce que tout cela donnera au final.


Points Positifs :
- Comme je le disais dans ma critique, avec L’Histoire Secrète, on alterne entre bons et mauvais tomes, et, ici, force est de constater que nous avons droit a un bon album : intrigue captivante, on retrouve les protagonistes traditionnels qui étaient en vacances dans Les Veilleurs et l’ensemble fourmille de bonnes idées plutôt bien exploitées.
- Encore une fois, c’est les connaissances historiques de Jean-Pierre Pécau sont pour le moins impressionnantes, de même que la façon dont il les utilise pour son scénario ; même si parfois, cela peut embrouiller ce dernier.
- D’ailleurs, sur ce point, je me coucherais moins bête ce soir puisque je dois reconnaître que je n’avais jamais entendu parler de cette mystérieuse Chambre d’Ambre de Catherine II et que, du coup, cela m’a poussé à aller effectuer quelques recherches intéressantes sur le net. Comme quoi, toutes les occasions sont bonnes pour se cultiver un peu.
- Incroyable, Dyo fait enfin son grand retour !
- Encore une fort belle couverture.

Points Négatifs :
- Par moments, c’est tout de même un peu tiré par les cheveux tout cela et si les multiples références historiques de Pécau sont appréciables voir pertinentes, tout ne fonctionne pas, surtout quand on se tape des dialogues sans fin afin que le scénariste puisse placer toutes ses explications.
- De plus, après tant de tomes décevants depuis le début, je pense que beaucoup de lecteurs ont abandonné cette série depuis longtemps, surtout que celle-ci s’éternise en longueur…

Ma note : 7/10

dimanche 1 novembre 2009

LE RUBAN BLANC


LE RUBAN BLANC

Un village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L'histoire d'enfants et d'adolescents d'une chorale dirigée par l'instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans... D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Lorsque j’entendis parler pour la première fois du Ruban blanc, lors du dernier Festival de Cannes, les cours extraits que j’avais put voir m’avait immédiatement accroché, de même que le synopsis, sombre, inquiétant et renforcé par le choix du noir et blanc. Bref, tout pour me plaire et ma conviction fut renforcée par le fait que le film de Michael Haneke, dont ma femme me disait le plus grand bien, reçu la Palme d’or. Puis, le temps passant, je dois avouer qu’il me sortit complètement de ma tète, et ce, jusqu'à il y a quelques semaines, alors que la date de sa sortie en salle approchait. Après avoir dit la phrase idiote par excellence « Ce film me dit quelque chose, j’ai déjà dut le voir ? », puis m’avoir rendu compte de ma stupidité, une fois ma mémoire de poisson rouge revenue, je m’étais dit que, si l’occasion se présentait, il me fallait voir ce film. D’où ma séance cinéma de cette après midi (profitons en, cela n’arrive que deux ou trois fois dans l’année). Cependant, malgré toutes ses promesses, mes sentiments à son égard sont légèrement mitigés…

En fait, il me semble que le ruban blanc à été tout bonnement, à mes yeux s’entend, victime de ce que j’appellerais le syndrome du « trop de », trop de promesses, trop de certitudes, en fait, les louanges furent si nombreuses qu’en fait, je m’attendais à une œuvre tout simplement inoubliable, ce genre de films que l’on ne voit que trop rarement. De même, je m’attendais tellement à ce que cette œuvre soit si inquiétante, si horrible, que du coup, je suis rester un peu sur ma faim. Le ruban blanc, un chef d’œuvre ? Non, un très bon film, incontestablement, mais c’est tout (ce qui pourrait être pas mal mais pas lorsque l’on s’attend à un monument).

Pourtant, je dois reconnaître que malgré ma petite déception, le film en lui-même n’est pas à remettre en cause, après tout, n’ais je pas pris du plaisir lors de sa projection ? Bien évidemment que oui, et pas qu’un peu. Comme convenu, le choix du noir et blanc, si rare de nos jours, fut une idée lumineuse esthétiquement parlant, renforçant le coté sombre et inquiétant d’une intrigue lourde, où des événements dramatiques, a priori au départ sans grand liens les uns avec les autres vont se succéder immanquablement, renforçant la méfiance et la paranoïa entre les habitants du village, pour la plupart porteurs de lourds secrets. Car du simple paysan au baron, en passant par le pasteur, la sage femme ou les écoliers, aucun des protagonistes n’est tout à fait clair, bien au contraire et chacun pourrait être, à des degrés divers, responsable des drames. Cette atmosphère oppressante, déjà soulignée par le noir et blanc, est sublimée par la présence de longs plans séquences, qui viennent marquer certaines scènes, ainsi que par des choix de caméras fixes, où l’on devine plus que l’on ne voit, ce qui renforce encore l’ambiance, pas forcement guillerette du film. Mais si les divers protagonistes sont tous inquiétants à leur manière, y compris les plus « innocents », les pires sont incontestablement les enfants qui pourraient bien être derrière tous les événements, ou du moins, une partie non négligeable d’entre eux. Des enfants dont l’éducation religieuse et sévère semble avoir métamorphoser en êtres cruels et insensibles. Une certaine idée du fanatisme ?

Alors, la fin, qui pourra en surprendre quelques uns, de part les questions sans réponses restées en suspens, survint, un peu de façon imprévue tandis que le narrateur nous apprend que la Grande Guerre à débutée, à l’issu des diverses déclarations de guerre. Certains se préparent à partir, la fleur au fusil, tandis que le spectateur, lui, se perdra en conjonctures sur l’identité des véritables coupables (même si personnellement, j’ai de forts doutes sur eux). Et le ruban blanc s’achève, sur ces questions, bien sur, et sur une curieuse impression où se mêlent des sentiments contradictoires comme la satisfaction d’avoir vu un bon film et la déception car, à force de trop en attendre, je l’avais imaginé autrement. Mais bon, malgré tout, une œuvre à ne pas rater, car ma semi-deception est plus venue de mon imagination d’avant film que de celui-ci en lui même qui mérite le détour.
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