vendredi 31 décembre 2010

2010, une année inoubliable


Nous sommes le 31 décembre 2010, à quelques minutes de la nouvelle année et, comme de coutume depuis deux ans maintenant, je tenais, pour ce dernier post avant 2011, à revenir sur les événements marquants des douze mois écoulés. Bien évidement, je dois reconnaitre que cela n’a rien de bien original ; après tout, il est de coutume, dans les derniers jours d’une année, de rappeler les événements qui l’ont marqué (il suffit de regarder la télévision ou de lire la presse pour le constater). Cependant, plutôt que de tourner autour du pot, et de répéter malicieusement ce que j’avais écris l’année dernière, autant revenir sur cette année 2010 qui n’en a plus pour très longtemps :

Evénement personnel de l’année :

Bon, en toute franchise, il faut bien reconnaître que lorsque l’on se marrie au cours de l’année, il serait bien difficile de ne pas choisir un tel événement comme celui qui aura marqué les douze mois écoulés, reléguant tous les autres loin derrière. Et en temps normal, je n’aurais pas hésité une seconde ; après tout, a part quelques irréductibles, ce n’est pas tous les jours que l’on passe devant le Maire pour se dire oui (et accessoirement, une fois, ca me suffit amplement). Cependant, puis-je vraiment faire de mon mariage l’événement de cette année 2010 ? Indéniablement, non, et là aussi, je n’ai pas hésité une seconde pour prendre une telle décision. Car si mes noces auraient été l’événement de n’importe quelle année, pour 2010, celles-ci ne peuvent que passer après, tout juste après, certes, mais en seconde position tout de même, la décision judiciaire qui a fait que j’ai finalement récupérer la garde de mon fils ainé passant le plus naturellement du monde, avant. Alors, cela ne signifie pas que je n’aime pas ma femme (loin de là une telle idée) ou que je moque comme de l’an 40 de mon mariage, ce n’est pas ce que je veux dire ; cependant, j’estime qu’un événement comme obtenir la garde de mon fils, surtout après tous les graves problèmes qu’il a connu au fil des années, tous les longs mois de doute, de lute, de tensions avant le verdict ont indéniablement davantage marqué cette année 2010 que mon mariage. Car en plus, désormais, nous sommes cinq en permanence à la maison (six avec le chien mais bon…) et ca aussi, c’est un petit bouleversement non négligeable. Alors évidement, je pense que tout le monde comprendra mon choix, pas évidant avant coup mais qui me semble parfaitement justifié. Quoi qu’il en soit, 2010 restera comme une année charnière, où l’on pourra dire qu’il y eut un avant et un après (curieusement, cela m’arrive un peu tous les cinq ans environ), riche en événements et que je ne suis pas prêt d’oublier de si tôt.

Le Journal de Feanor en 2010 :

Ce blog a depuis longtemps trouvé ce que l’on pourra nommer sa vitesse de croisière, si les articles sont moins nombreux que lors de la première année (comme ce fut le cas de toute façon en 2009), c’est bien évidement parce que lors de celle-ci, je connu une période de chômage qui me laissait amplement le temps de m’en occuper. Mais même si celui-ci, le temps, me manque souvent, j’estime que Le Journal de Feanor, tout en gardant un certain coté amateur et peu connu si on le compare a d’autres, n’en reste pas moins un blog régulièrement mis à jours, vivant et qui se démarque par sa diversité. Certes, bien souvent, il fait un peu fouillis pour ne pas dire fourre tout, mais cela représente plus mes centres d’intérêts, variés, qu’autre chose. Alors, bien évidement, alors que Le Journal de Feanor fêtera dans quelques semaines son troisième anniversaire, il est indéniable de constater qu’il a énormément changé de part ses sujets abordés ; j’en parlais il y a un an, la tendance c’est plus que confirmée : la politique, sujet principal de 2008 n’est quasiment plus abordée, sauf de façon ponctuelle, lorsque j’estime que l’actualité le mérite, de même (pour ne pas dire pire), l’actualité internationale a quasiment disparue en 2010, ce qui ne signifie pas que je n’y revienne pas si un jour j’en éprouve le besoin. Et si des sujets comme ma fameuse rubrique « cimetière », le foot sont toujours les plus fournies en nombre d’articles, petit à petit, Le Journal de Feanor est plus devenu un blog de critiques (romans, BDs, films etc.) que le blog d’actu qu’il était au départ. De plus, des nouveautés sont apparues au fil de cette année 2010, comme mes articles consacrés à la presse, par exemple, mais aussi des autres plus étonnants comme celui consacré a ma collection Playmobil. Quant à l’évolution graphique et autres divers changements d’apparence, cela est plus du a un gout personnel pour l’évolution personnel qui n’est pas prêt de s’arrêter. Cependant, ce que je retiendrais le plus de cette année 2010, c’est l’évolution hautement significative du nombre de visiteurs de ce blog qui est passée d’environ une douzaine par jours a plus de cinquante minimum quotidiennement, ce qui est peut être peu aux yeux de certains, mais qui me fait néanmoins plaisir. Alors, entre mes visiteurs anonymes et les quelques habitués qui me laissent quelques petits commentaires lorsque le cœur leur en dit, je pense que, sans aucun doute, ce que je retiendrais de cette année 2010, c’est que Le Journal de Feanor commence à se faire connaître un petit peu.

BD de l’année :

Entre les nouveautés, les découvertes, les déceptions (a ce propos, la nouvelle série de Jean Pierre Pécau, Jour J, tient le haut du pavé) et les valeurs sures (en gros, toutes les séries en cour), cette année 2010 restera, pour moi, comme une année riche en bande dessinée. Bien évidement, quantité ne signifie nullement qualité, cela va de soit, mais au final, et malgré quelques petites erreurs de casting, choses qui arrivent forcement, la BD que je retiendrais comme étant celle qui aura le plus marquer les douze mois écoulées est tout, sauf une nouveauté. En effet, deux décennies après sa sortie, j’aurais finalement lu le chef d’œuvre absolu qu’est The Watchmen. Bien évidement, ce ne fut pas une surprise, bien évidement, je connaissais l’œuvre culte d’Alan Moore et Dave Gibbons depuis belle lurette, ainsi que, ne l’oublions pas, tout le bien que l’on en disait, mais, comme souvent, et après avoir été longuement sur mes tablettes (trop longtemps ?), je me suis finalement procurer The Watchmen et enfin (oui, enfin) put découvrir ce qui est tout simplement comme le comics de super héros le plus abouti du genre, une œuvre magistrale, summum d’un genre bien trop souvent bourrés de défauts (ce qui m’a par ailleurs pousser a abandonner mes multiples achats mensuels de revues Marvel en 2009, dégouté que j’étais par la chose) et qui, de part sa valeur, dépasse les genres et trône bien haut au panthéon de la bande dessinée mondiale. Forcement, comment alors, The Watchmen, ne pouvait ne pas être la BD de 2010 ?

Livre de l’année :

Choix cornélien que celui de « livre de l’année ». J’avais quitter 2009 et donc débuter 2010 par les divers ouvrages de l’écrivain britannique Michael Moorcock, et si, la saga d’Elric avait fort naturellement marquer 2009 de son empreinte, pour cette année, j’ai longtemps pensé qu’une œuvre moins connu du papa du Champion Eternel, Gloriana ou la Reine inassouvie, formidable roman en huit clôt, mêlant allégrement les genres et bien plus profond que d’habitude (et accessoirement, bien mieux écrit) remporterait la palme. De même, la fin d’année fut marquée par une saga peu connue du grand public, Malhorne, de l’écrivain français Jérôme Camut, qui me captiva et me plu tellement qu’elle aurait bien put, elle aussi, être le « livre de 2010 ». Cela c’est jouer a peu, très peu, mais ces deux prétendants auront finis par être battus d’une courte tête par une autre saga, que j’ai (finalement) découvert cette année, le mythique Fondation du non moins mythique Isaac Asimov. Mais que la lute fut rude !

Film de l’année :

Là, les choses se compliquent passablement. J’ai effectivement vu pas mal de films au cours de l’année, mais en fait, fort peu de nouveautés (et oui, encore faut-il avoir le temps d’aller au cinéma) ; certains m’ont plu, d’autres non, quelques uns auraient put prétendre assez facilement au titre de « meilleur film de 2010 » mais malgré leur indéniable qualité, que ce soit L’homme qui tua Liberty Valence, Le nom de la Rose voir même Le Parain, reconnaissons tout de même que, premièrement, ils ne sont pas vraiment récents, mais qu’en plus, je les avaient déjà vu moult fois. Alors, finalement, mon choix s’est porté le plus naturellement du monde vers l’œuvre qui m’aura le plus marqué en 2010, même si je l’ai vu récemment, un film fort, poignant, anticonformiste et absolument pas politiquement correct, je veux parler bien entendu de La journée de la jupe.

Disque de l’année :

Bon, là, c’est encore pire qu’avec la rubrique « cinéma ». En toute franchise, j’ai même hésité à choisir un disque pour cette année, non pas que je n’aime pas la musique, loin de là une telle idée, mais disons plutôt qu’au fil des ans, j’en écoute de moins en moins, n’ayant pas forcement le temps, et qu’en plus, j’ai l’habitude de tourner un peu en boucle (Beatles, Beatles et… hum, Beatles). Et puis, en y réfléchissant bien, si, il y eut un disque, enfin deux pour être exact, qui seront sortis de la masse (enfin, petite la masse cette année) et que j’aurais pas mal écouté vers la fin de l’été : deux bandes originales, de jeux vidéos par-dessus le marché, de Final Fantasy VI et VII plus précisément. Alors oui, mon choix est peut être curieux, mais franchement, avec du recul, ce sont ces deux BO que j’aurais le plus écouter en 2010.

Jeux Vidéo de l’année :

Nouvelle rubrique, qui n’existait pas lors des deux premières années du Journal de Feanor, mais qui, au vu du temps que j’ai passé ces derniers mois la manette a la main, se justifie pleinement. Et forcement, malgré les nombreux jeux auxquels j’ai put jouer cette année, il y en a un qui survola largement (mais alors, très largement) les autres de part le temps que j’y ai passé (et ce n’est pas finis), FIFA 2010. Entre mes divers tournois interminables qui occupèrent quasiment tout mon temps devant une console cette année, FIFA 2010 ne connu qu’un seul rival… FIFA 2009. Et l’année prochaine, la version 2011 ?

Mort de l’année :

Avec la rubrique « cimetière », les choses sont à la fois simples et compliquées : soit, une grosse pointure meurt (comment je parle !), du genre Bambi en 2009, et cela m’ait tout le monde d’accord, soit ce n’est pas le cas et du coup, c’est un peu selon les gouts et les préférences de chacun. Du coup, mon cœur à balancer pour deux personnes disparues cette année et dont la disparition m’a particulièrement peiner, Super Nanny (on ne se moque pas) et Laurent Fignon. Sachant les deux malades, surtout le second, leur mort ne fut pas vraiment une surprise, mais connaissant l’ancien coureur cycliste depuis ma jeunesse, l’ayant même vu une fois lors d’une étape du Tour (en 80 et quelques mais je ne sais plus vraiment la date exacte) lorsque celui-ci passa du coté de Chelles et l’ayant davantage apprécier une fois qu’il devint consultant, avec son franc parler sans langue de bois, mon choix s’est le plus naturellement du monde porté vers Laurent Fignon.

Equipe de foot de l’année :

Bon, là aussi, c’est simple, on sait que ce n’est pas Benfica. Ou alors, juste pour nous montrer tout ce qu’il ne faut pas faire suite a une saison plus que réussie. Trêve de plaisanterie, bon nombre d’équipes, que cela soit des clubs ou des équipes nationales méritaient le titre « d’équipe de l’année », que cela soit le FC Barcelone, incontestablement (et même si ca me gonfle de l’avouer), la meilleure équipe au monde, l’Inter de Milan de José Mourinho, formidable machine à déjouer et à gagner, le Borussia Dortmund en plein renouveau (mais encore faut-il qu’ils concrétisent tout cela dans l’avenir, ce qui n’est pas gagner) ainsi que la sélection allemande, éblouissante pendant la Coupe du Monde, de part sa fraicheur, son jeu d’attaque et sa jeunesse (ah, quel dommage qu’ils ne l’aient pas emporter !). Mais en toute sincérité, avouons que l’Espagne mérite le titre d’équipe de l’année ; certes, ce ne fut pas un champion du monde spectaculaire, certes, je n’aime pas trop son style de jeu où l’on fait des passes et des passes et encore des passes en attendant une ouverture, mais a l’heure actuelle, oui, c’est eux les meilleurs, et leur titre de champion du monde n’est pas totalement immérité. Après bien sur, l’Allemagne aurait fait un plus beau champion mais bon…

Evénement sportif de l’année :

Là, j’avais le choix entre le retour magnifiquement ratée de Michael Schumacher en F1, le saut de chaines d’Andy Schleck lors de son attaque sur les routes pyrénéennes qui lui couta la victoire sur le Tour 2010 et le père Alberto Contador prit dans les mailles des contrôles antidopage. Et forcement, mon choix s’est porté vers l’espagnol, vainqueur de la grande boucle, qui s’en sortira probablement car la dessus, je ne me fais guère d’illusions, pour la gravité des faits, s’ils sont avérés (hum, il y a tout de même de fortes chances) mais surtout pour sa superbe et magnifique excuse bidon, celle de la contamination par l’ingurgitation de viande de bœuf dopé a l’insu de son plein gré. Un grand moment de rigolade comme seuls les sportifs contrôlés positifs sont capables de nous en sortir a chaque fois pour notre plus grand plaisir.

Homme ou événement politique de l’année :

Pas de surprises, on prend les mêmes et on recommence : j’ai nommé, notre Empereur et l’ensemble de la majorité pour l’ensemble de leur œuvre, c'est-à-dire, les affaires, les coups de gueule, les dérapages, la chute dans les sondages etc. etc. etc. A force, je ne suis même plus, mais tout de même, comment ne pas s’extasier comme ce qui restera comme l’une des premières, et pas pour les bonnes raisons, dans l’histoire de la cinquième république, c'est-à-dire, l’annonce, des mois et des mois a l’avance, d’un remaniement sans cesse repoussé et qui s’avéra, au final, être un magistral non événement !? Franchement, chapeau bas messieurs dames pour votre travail a la tête du pays.

Evénement international de l’année :

Bigre, je me disais bien que cette année, je n’avais pas dut publier énormément d’articles sur l’actualité internationale, et après vérification, c’est encore pire que je ne le pensais : cinq, pas un de plus (bah oui, les années où il n’y a pas un type de couleur qui devient Président des Etats-Unis, quand il n’y a pas de guerre entre la Russie et la Géorgie ou bien qu’il n’y a pas de crise économique majeure, bah, on s’ennui un peu plus) dont, deux sur le tremblement de terre en Haïti, deux (ouh la, il en reste plus qu’un !) sur l’accident d’avion qui couta la vie au Président polonais et une partie des élites du pays, et le dernier, enfin, sur le pseudo mystère Wikileaks. Ca fait pas grand-chose tout cela, au point que je me demande l’intérêt d’en choisir un plutôt qu’un autre ? Mais bon, pour le coté « révélations de choses que tout le monde connaît déjà depuis belles lurettes mais qui fait néanmoins fantasmer les adeptes de la théorie du complot en tout genre », je choisirais par défaut, Wikileaks !

Affaire de l’année :

Là, ce ne fut pas bien compliquer en fait ; en effet, comment oublier, même si cela ferait plaisir a certains, l’énorme scandale politique dont on parla tant tout au long de l’été et qui depuis, c’en est allé, occulté des médias alors que des membres de la majorité, du gouvernement, et même notre Empereur (ne l’oublions pas lui) étaient visées, je veux bien évidement parler de l’affaire Bettencourt (pas l’autre qui est restée je ne sais combien d’années dans la jungle, non, la riche héritière) qui fit tant trembler le gouvernement ? Oh non, ne l’oublions pas et faisans en l’affaire de l’année, même si le verdict ubuesque de l’affaire Kerviel (avec ses 4,9 milliards d’euros à rembourser a la Société Générale) était pas mal également.

Bon bah voilà, il me semble que c’est tout pour cette année, il est donc temps pour moi de vous souhaiter de passer un excellent réveillon, de fêter comme il se doit (mais avec modération les amis, franchement, je vais joueur les vieux chiants mais tant pis, inutile de picoler comme des trous au point de rouler sous la table) l’année 2011 qui arrive dans quelques heures et de saluer, une dernière fois, 2010, que, personnellement, restera pour moi comme étant une très bonne année que je ne suis pas prêt d’oublier. Allez, bonne année a tout le monde !

mardi 28 décembre 2010

LE NOM DE LA ROSE


LE NOM DE LA ROSE

En l'an 1327, le moine guillaume de Baskerville, aidé du novice Adso, sont appelés dans un monastère pour enquêter sur la mort mystérieuse d'un moine. Leur démarche est entravée par des comportements où tout le monde a l'air de cacher quelque chose. Un autre moine meurt, assassiné. Un aveugle, Jorge de Burgos, semble connaître la cause des meurtres, mais reste hermétique à toute approche. De son côté Adso découvre l'amour avec une jeune fille qui s'est introduite dans le monastère. L'enquête se complique avec l'arrivée d'un prêtre de l'inquisition. Il s'agit avant tout pour lui d'arrêter les présumés coupables et de les condamner le plus rapidement possible aux flammes du bûcher.

Je n'ai pas découvert Le nom de la rose hier, encore moins avant hier, ce film, que dis-je, cette œuvre, je l'ai vu pour la première fois encore adolescent, même si à l'époque, j'étais encore bien trop jeune pour en apprécier toute la subtilité, toute la quintessence et le reconnaître a sa juste valeur, c'est à dire, comme l'une des œuvres cinématographiques majeures des années 80. Bien évidement, certains hurleront au loup devant une telle affirmation, jugeant tel autre film meilleur ou plus représentatif d'une décennie, les 80's, qui accessoirement, n'aura pas laisser un souvenir impérissable dans le septième art si on la compare a d'autres, bien plus fructueuses ; de même, quelques uns rechignerons devant le fait qu'une production européenne puisse tenir la dragée haute aux films hollywoodiens; cela, je l'assume parfaitement, surtout que des films dans le genre SOS Fantômes ou bien Un fauteuil pour deux sont certes sympathiques mais ne resterons pas dans l'histoire du septième art comme des œuvres impérissables. Bien évidement, tout cela reste une affaire de gouts personnels mais je tenais a vous le dire, ne serais ce que pour que vous compreniez toute l'importance que peut avoir a mes yeux un film comme Le nom de la rose.

Bien évidement, le film de Je an Jacques Annaud ne serait rien sans l'œuvre originale, le roman d'Umberto Eco (que je n'ai jamais eu l'occasion de lire par ailleurs mais il faudra que je m'y mettes un de ces jours), mais comme aujourd'hui, c'est l'adaptation qui est le sujet de cet article, et non le roman original, mes propos, mon ressenti, seront bien évidement ceux du film. Mais si Le nom de la rose (le livre) était considérer comme un véritable petit bijou, pour ne pas dire un chef d'œuvre, son adaptation n'en est pas moins incontournable comme je vais essayer de vous l'expliquer au mieux:

Avec sa grandiose bâtisse, sur un éperon rocheux, ses ciels nocturnes, crépusculaires ou tempétueux, Le nom de la rose est une réussite visuelle rappelant indéniablement les films d'horreurs gothiques de la grande époque de la Hammer. Comme un ancêtre mythique, l'abbaye écrase de son poids les moines et se révèle être le personnage principal, inquiétant, secret et mystique avec sa haute tour verrouillée à double tour, son inquiétant cimetière ou encore son fantasmagorique portail orné. Pour peupler le sombre et majestueux édifice, Jean-Jacques Annaud a fait appel à une véritable Cour des miracles, un défilé de tronches qui impriment leur faciès rebutant dans l'esprit du spectateur et qui marquera ceux ci fortement. Chaque personnage est un monument de laideur inoubliable : du bossu idiot à la gueule prognathe de Salvatore, joué par l'inimitable Ron Perlam au vénérable Jorge (Feodor Chaliapin Jr), vieil aveugle irascible au visage parcheminé, en passant par le bibliothécaire au profil de vautour et l'albinos adipeux qui se flagelle dans sa cellule. Autant d'injures à la Création et à la beauté qui sont contrebalancés par le visage buriné mais noble et franc de Guillaume de Baskerville (Sean Connery qui fit tout pour obtenir ce rôle qui sembla, après coup, fait pour lui) et la jeunesse insolente d'Adso (Christian Slater dans un de ses premiers rôles).

Dans cette atmosphère hostile, sombre, inquiétante, Guillaume de Baskerville, Sherlock Holmes franciscain, tente tant bien que mal de mener son enquête. Car il s'agit bien sûr et avant tout, entendons nous bien, d'une enquête sur un tueur en série sévissant dans l'abbaye, un tueur qui prend appui sur l'Apocalypse comme le tueur de Seven utilisera, des années plus tard (comme quoi, on s'inspire tous de quelque chose), les sept péchés capitaux. Chaque meurtre est, en effet, directement lié à une prophétie de l'Apocalypse : tué par la grêle ou noyé dans le sang. Le Diable habiterait-il l'abbaye ? La peur de la fin du monde semble pétrifier les moines qui, habitués du mystère et de la dissimulation, referment les portes, réelles ou non, qui auraient pu amener Guillaume de Baskerville à la vérité. L'abbaye est un huis clos physiquement mais aussi mentalement car rien ne doit filtrer en dehors de l'édifice. Et comme un certain nombre de moines semblent cacher un passé ou un présent sulfureux, le spectateur en vient à soupçonner tout le monde. Et la recherche du meurtrier, et surtout de ses mobiles, n'en devient que plus intéressante.

En parallèle de l'enquête policière, Le nom de la rose dépeint une Église médiévale en pleine tourmente. En opposition à une Église décadente et s'éloignant des préceptes du Christ, de nombreux courants se développent : les branches dissidentes vont rapidement se voir taxées d'hérétisme jusqu'à la création de l'Inquisition en 1199. Mais c'est en 1231 que le Pape Grégoire IX décide de la peine de mort pour les hérétiques les plus durs. Dans ce contexte troublé, Le nom de la rose oppose clairement une Église riche et hypocrite, celle de l'abbaye, à une Église se réclamant de la pauvreté. Comme un symbole de sa supériorité, l'abbaye est construite sur une masse rocheuse et surplombe un village miséreux : les ordures de l'abbaye sont des mets de choix pour ces derniers qui se battent pour obtenir les meilleurs morceaux, donnant au passage une scène marquante du film où des paysans crasseux se jettent comme des animaux sur cette « manne » tombée du ciel, don de la charité des moines. Cette richesse incongrue s'accompagne d'une déviance morale certaine, au moins du point de vue catholique. Tandis que les moines se montrent d'une piété certaine, l'attrait de la chair, envers le sexe opposé comme envers les jeunes moines prêts à tout pour obtenir quelques privilèges, ronge les fondations religieuses de l'abbaye comme de l'Église.

Grâce à un univers gothique remarquable, peuplé de personnages inquiétants aux gueules éprouvantes, Le nom de la rose stimule la partie sensible du spectateur, tout en descendant dans les tréfonds d'une Église catholique médiévale décante et obscurantiste. Cette Église là préfère dissimuler et détruire plutôt que voir ses préceptes remis en question. Cette même Église qui voit le Diable partout, qui voit dans le rire l'une de ses manifestations terrestres, qui sait bien qu'elle n'empêchera pas les masses populaires de rire, mais qui ne veut surtout pas que les létrés, que la petite minorité cultivée de cette époque, le moyen-âge, puisse subitement rire de tout, car alors, on rirait de Dieu également et cela serait la fin de son emprise. Un film, donc, assurément magistral de la première à la dernière seconde tant par son synopsis (mais là, bien sur, il le doit au roman éponyme), des décors et une ambiance inquiétantes faisant rappeler bien des chef d'œuvres plus anciens, un coté visuel et des « tronches » inoubliables, et une histoire captivante avec une enquête parfaitement menée par un Sean Connery en grande forme, et des implications qui donnent bien évidement a réfléchir sur le pouvoir de l'Église a l'époque, mais que l'on pourrait transposé assez facilement dans bien des régimes plus modernes. Un must inoubliable, indéniablement.

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël !!!


C’est Noël, nous ne sommes plus qu’a quelques heures du réveillon, le fameux repas familial (avec tout ce que cela comporte comme contraintes, parfois amusantes par ailleurs) traditionnel dans bon nombre de pays a travers le monde, et pour une fois, je vais tacher de faire court, enfin, si j’y parviens, mais ca, c’est un tout autre problème.

En cette période de l’année, il est de tradition de souhaiter de bonnes fêtes a tout le monde, connaissances, amis, famille, même au chien avec lequel on essaye tant bien que mal d’établir une paix des braves (c’est pas gagner), de même, l’on s’efforce de mettre de coté les griefs passés même si je suis sur, que dans bon nombre de foyers, ceux-ci remonteront a la surface donnant au repas de réveillon des allures de règlements de comptes en série (quand je vous disait que cela pouvait être amusant). Personnellement, n’étant pas du genre à tendre l’autre joue lorsque l’on me donne une claque, j’ai des limites quand a ce que l’on appelle communément la trêve de Noël, ainsi, je ne souhaiterais pas de joyeuses fêtes a tout le monde (vous me voyez le faire a notre Empereur Nicolas le petit, c’est que vous me connaissez bien mal) ; cependant, et même si un éloignement c’est produit avec certaines personnes depuis quelques temps, et même si je ne leur souhaiterais pas de vive voix un joyeux Noël, je le ferais néanmoins par le biais de ce message. Après, je ne sais pas s’ils auront l’occasion de le lire où ce qu’ils en penseront, mais peut importe, cela est fait.

Mais peu importe tout cela, alors qu’un peu partout, chacun se prépare pour réveillonner en famille, entre amis ou tout seul (ne les oublions pas ceux la, j’ai une pensée pour eux), je tenais à souhaiter un très bon Noël a mes enfants qui a cette heure ci n’en peuvent plus d’attendre leurs cadeaux, a ma femme qui supporte mon mauvais caractère, mon coté sauvage et loup solitaire, le temps que je passe sur ce blog, a lire ou a jouer et que j’aime de tout mon cœur, mes proches, amis, famille, collègues de travails, certains plus que d’autres mais plus importe, tous ceux qui m’ont aider au fil de cette année pas toujours évidente dans sa première moitié, mais aussi, car je ne les oublie pas, tous les habitués du Journal de Feanor, anonymes ou pas que je remercie de prendre un peu de leurs temps pour venir par ici, mon chien, malgré nos antagonismes notoires, a tous ceux que j’ai connus, y compris ceux que j’ai perdue de vu au fil des années, bref, en gros, un peu tout le monde… sauf notre Empereur et quelques autres, cela va de soit. Et puis aussi, malgré tout, je n’oublie pas le supporter numéro un du Borussia de Dortmund qui pendant des années me mit tellement de raclées dans nos tournois de foot sur console.

Bref, pour conclure, je vous souhaite un très joyeux Noël !!!

jeudi 23 décembre 2010

LES AVENTURES DE TINTIN : LE CRABE AUX PINCES D’OR


LES AVENTURES DE TINTIN : LE CRABE AUX PINCES D’OR

Tintin s'intéresse à la mort d'un marin, retrouvé noyé dans un port. Cette mort, dont on ne sait pas si elle est accidentelle, a un lien avec une boîte de crabe vide que Milou a trouvée en fouillant dans une poubelle. En effet, on a retrouvé dans les vêtements du marin un message écrit sur un bout de papier qui, vraisemblablement, faisait partie de l'emballage de cette boîte de conserve. Ce message comporte un mot : « Karaboudjan », qui s'avère être le nom d'un cargo. Tintin enquête sur le Karaboudjan, mais il est bientôt retenu prisonnier à bord par l'équipage... Tintin découvre par la suite que l'équipage du Karaboudjan pratique le trafic d'opium, et que les boîtes de conserve stockées sur le navire ne contiennent pas du crabe, contrairement à ce que leur emballage laisserait à penser, mais servent en fait à transporter la drogue. Il rencontre le capitaine Haddock, qui est théoriquement le maître à bord, mais qui, à cause de son penchant pour l'alcool, est délibérément enivré par son lieutenant Allan, désireux de rester seul maître à bord. Tintin apprend à Haddock stupéfait que son équipage est impliqué dans un trafic de drogue. Ce dernier s'enfuit avec lui. Tintin, Milou et Haddock se retrouvent par la suite au Maroc, où le jeune reporter s'emploie à démasquer les trafiquants et Haddock à combattre son alcoolisme…

Neuvième album des célèbres Aventures de Tintin, Le crabe aux pinces d’or, sans avoir la qualité intrinsèque d’autres tomes comme les dytiques Le secret de la Licorne/Le trésor de Rackham le rouge, Objectif Lune/On a marché sur la Lune ou même Tintin au Tibet et s’il est moins connus que le mal aimé Tintin au Congo, n’en reste pas moins, dans les aventures du plus célèbre des reporters, indispensable quant a l’univers de celui-ci ; en effet, Le crabe aux pinces d’or marque un tournant notable dans la vie de Tintin puisque c’est dans cet album qu’apparaît pour la première fois celui qui deviendra la figure paternelle par excellence, qui va suppléer Milou comme compagnon principal du reporter, j’ai nommé, l’indispensable, le colérique, le si humain, Capitaine Haddock. Car si dans les huit premiers volumes, Tintin devait se contenter de son chien comme seul et unique compagnon (les Dupontds étant juste un élément comique accessoire), avec Haddock, Hergé passe a la vitesse supérieure et trouve enfin la parfaite antithèse a son héros : car autant celui-ci est bien trop propre, trop pur, avec notre bon vieux loup de mer, nous avons droit a tout son contraire ; colérique, bagarreur, alcoolique notoire, insultant (ah les insultes du Capitaine Haddock, a elles seules, c’est une légende !),bourré de défauts, avec Haddock, Hergé peut se permettre tout ce qu’il ne peut pas faire avec Tintin, et autant celui-ci est bien trop propre pour être honnête, le Capitaine, lui, est tout bonnement humain. Car ne nous leurrons pas, nous aurions tous aimer être comme Tintin, mais au final, nous sommes tous des Capitaines Haddock qui s’ignorent (ou qui s’assument). Ainsi, rien que pour cette amitié naissante entre deux personnages que tout oppose, pour ce début de l’un des duos les plus célèbres de l’histoire de la bande dessinée, Le crabe aux pinces d’or vaut largement le détour.

Ainsi, quelque part, ce neuvième album vaut plus pour son coté historique que pour ses qualités en elles mêmes, mais ne nous leurrons pas, Le crabe aux pinces d’or n’en reste pas moins un bon Tintin, et ce, pour deux raisons : tout d’abord, et même si ca l’air idiot de le rappeler, il n’existe tout bonnement pas de mauvais Tintin, tous sont de qualité, ce qui est rare dans le milieu de la BD ; certes, après, chacun a ses préférences, mais il serait exagérer de prétendre que tel album du reporter a la houppette est nul (n’en déplaise aux pourfendeurs de Tintin au Congo ou de Tintin au pays des Soviets). Ensuite, l’histoire de ce neuvième tome des Aventures de Tintin est bonne, tout simplement. Certes, il y a mieux, mais tout de même, ce trafic d’opium caché dans des boites de conserves de crabe, ce pauvre Capitaine tellement embourbé d’alcool qu’il n’est au courant des agissements de son second, le perfide Allan qui fait là se deuxième apparition après le déjà lointain Les cigares du Pharaon, cette petite virée dans le désert marocain après des débuts plus marins, et surtout, cet humour, toujours présent que ce soit grâce a Milou et aux deux flics du pauvre que sont les Dupont/Dupond, mais surtout, grâce a, bien entendu, le Capitaine Haddock qui écrase l’album de sa présence au point de quasiment reléguer Tintin au second plan, et bien, tout cela me botte bien et fait que je garde une certaine sympathie pour ce Crabe aux pinces d’or.

Bien évidement, le lecteur attentif remarquera que les cases sur une page, destinées à augmenter le nombre de planches marque bien un petit tour de passe passe de la part d’Hergé qui nous offre là une histoire plus courte qu’a l’accoutumer, de même, il est indéniable que l’intrigue est un chouïa moins prenante que d’habitude, mais bon, au final, Le crabe aux pinces d’or, ne serais ce que pour les débuts tonitruants du Capitaine Haddock n’en reste pas moins un indispensable des Aventures de Tintin… comme tous les autres en gros.

mercredi 22 décembre 2010

INCEPTION


INCEPTION

Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence.

Pris d’une envie irrésistible (non, personne n’est venu dans mes rêves pour me « mettre » l’idée en tête, enfin, du moins, je le crois) de voir ce fameux Inception, j’entrainais donc ma femme hier en fin d’après midi au supermarché afin de me procurer le DVD et de passer une bonne soirée devant une œuvre qui fit couler beaucoup d’encre lors de sa sortie, ce, de façon positive. Cependant, et même si cette bonne soirée, je l’ai effectivement passée, je dois un peu remettre les choses a leurs places ; en effet, sur la jaquette du DVD, élément commercial comme on n’on a l’habitude, trône en grands caractères la phrase suivante : « une claque comme on en voit tous les dix ans au cinéma ». Et là, malgré toutes les qualités du film, je ne peut-être d’accord avec une telle affirmation. Et me revint alors en mémoire les comparaisons faites lors de la sortie de cet Inception, présenté comme le nouveau Matrix par certains. Franchement, après coup, il me semble difficile de prétendre qu’Inception puisse marquer le cinéma en règle générale comme le fit Matrix en son temps ; souvenez-vous, celui-ci, lors de sa sortie il y a quelques années, avait révolutionné le petit monde du septième art, pour ses effets spéciaux (le fameux Bullet Time copié depuis dans un million et quelques d’autres films) ainsi que pour son synopsis que je ne résumerais pas ici (notre monde n’est pas réel, c’est une sorte de rêve que nous vivons tout cela sous la coupe des robots etc.), et même si l’œuvre des frères Wachowski, en fait, n’était pas si originale que l’on pourrait le croire, puisqu’elle puisait beaucoup ses diverses inspirations a droite et a gauche, il est incontestable, ce, même si l’on n’aime pas cette trilogie, qu’il y eut un avant Matrix et un après Matrix. Prétendre la même chose d’Inception serait une exagération non justifiée.

Pourtant, Inception n’en reste pas moins un excellant film, assez compliquer au départ car bon, comment dire, il faut sacrément s’accrocher dans les premières minutes histoire de bien se mettre en tête ce méli mélo de rêves dans les rêves et d’individus qui se baladent la dedans comme si de rien n’était. Indéniablement, l’œuvre de Christopher Nolan est ardue et ne convient pas forcement a tout le monde ; certains n’accrocherons pas a l’univers proposer tandis que d’autres trouveront le tout bien trop compliquer et retournerons aux films d’action américains de base (ceux avec des bourrins qui tirent dans tous les sens et dont le QI ne dépasse pas celui d’un bœuf, et encore, je suis désobligeant envers ceux-ci), mais quoi qu’il en soit, pour tous les autres, c’est plus de deux heures de régal qui s’annoncent, et qui valent le coup par-dessus le marché.

Je passerais rapidement sur les acteurs, tout bonnement excellents (mais sans être exceptionnels non plus, disons qu’ils font leur boulot et bien par ailleurs), que cela soit l’archi connu DiCaprio, fidèle a lui-même, c'est-à-dire, bon, Joseph Gordon-Levitt dont j’ai bien aimé le personnage a la fois sobre et bien plus actif quand l’action le demande, Ken Watanabe, la classe personnifiée ou les autres. Non, ce qui compte dans Inception, bien plus que tous les effets spéciaux sur lesquels il n’y a rien à redire et qui en jettent, indéniablement, mais qu’on commence à avoir l’habitude depuis le temps et où mêmes les scènes les plus spectaculaires comme les rues de Paris qui partent dans tous les sens où la ville en pleine décomposition dans les fameuses limbes a la fin du film n’étonnent plus vraiment (d’où, justement, le fait que je ne puisse cautionner le fait qu’Inception soit considérer comme étant le nouveau Matrix, encore moins une claque monumentale), ce qui compte, donc, c’est son postulat de base, son univers, le fait que des individus puissent se balader, voir même créer des rêves pour d’autres personnes et y glaner les informations dont ils ont besoin ou bien, y inclure une simple idée (justement, c’est le cas dans le film) qui modifiera les pensées profondes de quelqu’un. Et là, aussi compliquer que cela soit à suivre, et même s’il faut savoir s’accrocher pour tout comprendre, Inception frappe très fort, et ce, même si même sur ce point, Christopher Nolan n’a rien inventer : après tout, dans une histoire de Picsou créer par le génial Don Rosa, les Rapetous infiltraient les rêves du canard le plus riche du monde afin de découvrir la combinaison du coffre fort de celui-ci. Etonnant qu’Inception emprunte son concept à Picsou n’est ce pas ?

Mais quoi qu’il en soit, et c’est ce qui compte, Inception est un superbe film, qui plaira indéniablement aux courageux et aux amateurs du genre. Certes, c’est tout sauf un chef d’œuvre, encore moins la claque annoncée (mais bon, finalement, Matrix est il aussi bien que cela… hum, pas tant que ca en fait), mais pour son univers onirique, son concept, ses acteurs et le fait que l’on ne sache jamais a quel moment l’on nage dans la réalité ou en plein rêve, il mérite largement le détour. D’ailleurs, sur ce point, peut-on vraiment avoir des certitudes absolues quant au happy end final ? DiCaprio retrouve vraiment ses enfants, vous en êtes sur ? Tout cela ne serait-il pas un énième rêve, un refuge agréable dans lequel il serait plonger afin d’éviter la réalité. Et puis, qui nous dit que le film tout entier n’était pas un rêve ? Et oui, avec Inception, on ne peut décidément plus être sur de rien…

mardi 21 décembre 2010

LES SENTINELLES : SEPTEMBRE 1914, LA MARNE


LES SENTINELLES : SEPTEMBRE 1914, LA MARNE

Parce qu'il fallait dépasser les capacités humaines, la science les a fabriqués: les Sentinelles. En 1911, lors de l'intervention française au Maroc, une section secrète de l'armée, la division « Sentinelles' », teste sa nouvelle arme: Taillefer, un soldat sur lequel ont été greffés des membres métalliques. Insensible aux balles, déchirant les barbelés comme du papier, le soldat d'acier semble indestructible… Jusqu'à ce qu'il s'arrête net au beau milieu du combat. Ses batteries sont à plat! En 1914, inspiré par les travaux de Pierre et Marie Curie, Gabriel Féraud, jeune scientifique, conçoit la pile au radium. Le colonel Mirreau entrevoit alors les potentialités d'une telle énergie sur ses Taillefer… Mais Féraud, antimilitariste, refuse… La guerre est déclarée, Féraud mobilisé. Le 8 août 1914, il est fauché par un obus allemand et amputé de tous ses membres. Transporté à l'hôpital, Mirreau lui fait une proposition: donner la pile au radium au docteur Kropp, le « créateur' » des Sentinelles, et devenir le nouveau Taillefer… 1er septembre 1914. L'armée allemande est à 40 km des portes de la capitale. Rien ne semble pouvoir enrayer l'implacable invasion. A Paris, seul le général Gallieni croit qu'il existe une dernière chance : s'engouffrer entre les divisions allemandes et contre-attaquer ! Alors que la France entière recule, qui osera affronter la puissance des armées du Kaiser, qui ? Sinon les sentinelles !

Après nous avoir narré les origines de Taillefer dans le premier volume des Sentinelles, avec l’invention de la pile au radium, le début du premier conflit mondial, la terrible blessure de Gabriel Féraud et son choix de devenir la nouvelle Sentinelle, Xavier Dorison nous entraine cette fois ci quelques semaines plus tard à peine, alors que l’armée française est en pleine déconfiture et qu’un nouveau spectre de Sedan semble s’annoncer (gouvernement courageusement en exil a Bordeaux, civils en fuite sur les routes, armée en perdition), tout juste avant la fameuse Bataille de la Marne (oui, celle avec les taxis), formidable contre attaque de la dernière chance et qui fit basculer l’issue du conflit, et, accessoirement, le prolonger pendant des années, ce qui, après coup et en sachant tout ce qui en découla (y compris le second conflit mondial) me fait penser qu’il aurait peut être mieux fallut une courte défaite qu’une longue victoire avec toutes les horreurs a venir. Mais laissons là mes interrogations qui accessoirement pourraient faire un bon synopsis pour une Uchronie (hein, quoi, c’est déjà fait dans la BD, Jour J !?) pour nous intéresser au deuxième volume des Sentinelles, intitulé Septembre 1914, la Marne.

Tout d’abord, tout le plus grand bien que j’ai put dire lors de la critique du premier volume est valable pour celui-ci ; j’éviterais donc au maximum de me répéter, me contentant pour ceux qui ne l’auraient pas lu, de vous inviter à la découvrir sur ce même blog (elle date a peine de deux jours, je pense que vous n’aurez aucun mal à la retrouver). Ceci étant dit, je dois avouer que c’est donc avec plaisir que j’ai découvert la suite des aventures de notre super héros national, ce fameux Taillefer, dans ce qui est sa première mission, toujours accompagné du rude et brutal Djibouti, mais qui, comme tout gros nounours qui se respecte, commence a dévoiler ses sentiments et ses doutes. Bien évidement, tous ceux qui auront apprécié le premier tome des Sentinelles n’avaient qu’une hâte, que l’action a proprement parler débute, et cette fois ci, contrairement au premier volume où l’on s’attardait plus sur les protagonistes et leur sort et où la guerre n’était présente que sur quelques pages, cette fois ci, combats, faits d’armes, explosions, sang et morts seront présents quasiment de bout en bout. Et les horreurs de la guerre, déjà présentes précédemment, de se retrouver sublimées jusqu'à l’indicible. Car Taillefer et Djibouti, accompagnés de quelques soldats qui, dans la grande tradition de Star Trek, servent de chaire a canon, vont en connaître des dures et des pas mures, au point d’y perdre pas mal de certitudes, voir de disjoncter devant tant d’horreur et de baisser les bras, mais aussi, surtout dans le cas de Gabriel Féraud, de comprendre que même s’il n’est pas le soit disant surhomme que l’on prétend, qu’il ne peut pas gagner la Guerre a lui tout seul et encore moins sauver tout le monde, il n’en a pas moins un rôle a jouer auprès de ses compagnons d’armes, celui de symbole. Un peu comme Captain America dans les comics US bien plus meneur et galvanisateur au sein des autres super héros, ceux-ci étant quasiment tous bien plus puissants que lui. Ainsi, il aura fallut connaître bien des horreurs dans cette mission, voir bien des camarades mourir, supporter des horreurs sans nom pour que Gabriel Féraud, bien hésitant dans les premières pages de ce deuxième tome, devienne enfin Taillefer, celui qui mènera les siens a la victoire.

Septembre 1914, la Marne est donc un excellent deuxième tome, tout aussi indispensable que son prédécesseur et qui, malgré le fait que l’action, de prime abord, semble prendre le pas sur le reste, est bien plus profond que l’on pourrait le penser. Xavier Dorison nous offre donc là une très bonne suite a sa série qui se maintient donc a un très bon niveau, quand aux dessins d’Enrique Brescia, ils sont toujours aussi bons même si je dois mettre en garde les âmes plus sensibles, celui-ci ne cache rien des horreurs de la guerre, bien souvent occultées par ailleurs. Seul petit bémol dans le scénario qui m’a chiffonner : a un moment donné, la compagne de Djibouti, la Mata Hari de service, dit a son complice qu’ils doivent tout faire pour empêcher la mission de nos Sentinelles d’aboutir, or, ensuite, il ne se passe rien. Hum, belle coquille que celle là, mais bon, cela ne m’empêche pas de continuer d’affirmer bien haut que nous sommes là devant une excellente série. Seul question, et de taille : quid du tome 3 ???

lundi 20 décembre 2010

LEGEND


LEGEND

Dans un monde imaginaire où la paix et l'harmonie sont maintenues grâce à la magie d'un couple de licornes, vivent la princesse Lily et Jack, un jeune homme pour qui la nature semble ne pas avoir de secret. Dans cette contrée, le démon Darkness, tapi dans l'obscurité, n'attend qu'une occasion pour s'emparer des licornes et les tuer, ce qui engendrera une nuit éternelle. Les gobelins, ainsi que l'amour que Jack porte à sa princesse lui seront d'une grande aide. Jack, avec l'aide de lutins et d'une fée capricieuse, devra tout faire pour rétablir ce qu'il a contribué à détruire, et ce avant qu'il ne soit trop tard...

Ah, la bonne vieille Heroic Fantasy des années 80, sincèrement, elle ne me manquait pas le moins du monde. Mais qui dit « manquer » ne signifie pas que je l’avais oubliée, loin de la. D’ailleurs, pour être tout à fait franc, il aura presque fallut attendre la sortie de la trilogie du Seigneur des anneaux au cinéma pour que ce genre, l’Heroic Fantasy, donc, gagne enfin ses lettres de noblesses sur grand écran, car avant l’adaptation de l’œuvre de Tolkien, celui-ci connu une longue, très longue traversée du désert du point de vue cinématographique au point que certains n’hésitaient pas a parler de genre totalement maudit. Ainsi, de temps en temps, et contrairement à la SF par exemple qui avait le vent en poupe (remember Star Wars), l’on avait droit a un Willow, a un Princesse Bride ou bien, a un Legend, donc, sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, avec a chaque fois, un résultat bien loin d’être véritablement a la hauteur de ce que l’amateur d’Elfes, d’Ogres et de Dragons espérait. Mais il faut aussi avouer que la technologie de l’époque n’aidait pas vraiment au développement d’un genre alors mineur, qui n’allait intéresser que les fanatiques de Donjons & Dragons et autres Livres dont vous êtes le héros ; pas d’images de synthèses, des effets spéciaux digne du Muppet Show, cela pose un peu le problème de l’époque, les années 80… quoi que, en y réfléchissant, quand on se souvient du travail somptueux d’un magicien comme Ray Harryhausen quelques décennies auparavant dans des films comme Le Septième voyage de Sinbad, Le Voyage fantastique de Sinbad ou Jason et les Argonautes, il y a de quoi être dubitatif.

Mais ce Legend alors, que vaut-il véritablement ? Bon, en toute franchise, il est assez représentatif de ce que fut la Fantasy au cinéma dans les années 80 et tout ce que j’ai dit plus haut lui va plutôt bien. En plus, l’acteur principal du film, comble de chez comble, est notre brave Tom « Scientologie » Cruise, alors tout jeune, le cheveu mi-long et a l’orée de sa carrière. Personnellement, le père Cruise, je ne l’aime pas du tout, tant le personnage public avec sa secte pour riches que l’acteur (sauf dans Entretien avec un Vampire), ce qui fait que le voir déambuler au milieu des marionnettes du Muppet, de types grimées en lutins, d’espèces de soit disant Kobolds du pauvre (dont un ridicule avec une tête de cochon) et d’une princesse a la coupe très eighties, cela ne le fait pas trop. Donc, vous l’avez compris, Legend, ce n’est pas vraiment pour moi.

Mais en faisant abstraction de mes gouts personnels, de mon âge et de mon antipathie notoire pour le représentant numéro un de la scientologie, j’ai essayer de me mettre un peu a la place de mes enfants, avec qui j’ai vu le film et qui l’avaient apprécier ; et là, c’est tout de suite une autre histoire, car, du haut de mes 36 ans, de mon vécu, de mes préférences, mon opinion sur Legend ne pouvait être neutre, par contre, pour de jeunes enfants, je dois reconnaître que ce film est parfait. Ainsi, j’ai décidé de demander l’avis de mes trois enfants, et de le retranscrire ci-dessous :

Rafaël, 4 ans ½ :

Bah j’aime bien les licornes, l’autre aussi qui a coupé la corne de la licorne, elle était méchante ! Après, c’est rien. Oui, c’était bien.

Alexandre, 7 ans ½ :

Moi j’ai aimé quand l’autre il s’est roulé dans la neige, quand celui qui s’appelait Jack il avait tué le monstre. C’était bien fait (le film). Elles étaient bien les licornes. Et c’est tout.

Anna, 7 ans ½ :

J’ai adoré quand les licornes courraient toutes les deux dans la rivière, par contre je n’ai pas aimé quand le gobelin a coupé la corne de la licorne. J’ai aimé quand Jack à tuer le méchant qui lui, était très très beau, mais très méchant. Le film était super mais un peu triste. Ah, et les lutins du petit garçon de la foret étaient un peu drôles avec les grandes oreilles, d’ailleurs le petit garçon de la foret aussi.

Effectivement, Legend plait aux enfants, c’est un fait indéniable. Par contre, je ne pense pas que Ridley Scott, en le réalisant, ait souhaité faire un film pour jeunes enfants, mais bon, cela importe peu. Parfaitement représentatif de ce qu’était la Fantasy au cinéma dans les années 80, il en porte malheureusement tous les défauts de l’époque. Cependant, je dois reconnaître qu’il possède quelques qualités, une certaine poésie même et que c’est un fort jolie conte pour les plus jeunes. Et puis, petite cerise sur le gâteau, comment ne pas vous parler de la grande réussite de ce Legend, le fameux et diabolique Darkness ? Car si l’on peut être dubitatif avec les lutins, si l’on peut trouver l’accoutrement de Tom Cruise tout bonnement ridicule et trouver la princesse niaise, comment ne pas s’extasier devant ce sublime Darkness ? La classe a l’état pur, sans aucun doute possible, au point qu’à un moment donné du film, j’ai souhaité que le seigneur des ténèbres du jour étripe tous ces fichus lutins, se tape Cruise et écartèle la princesse (euh, ou le contraire ?), mais bon, malheureusement, ce ne fut pas le cas… dommage ;)

LA JOURNÉE DE LA JUPE


LA JOURNÉE DE LA JUPE

Sonia Bergerac est professeur de français dans un collège de banlieue difficile. Elle vit difficilement la dureté quotidienne des relations avec ses élèves, et est d'autant plus fragilisée par le départ de son mari. Lors d'une répétition de théâtre avec une de ses classes, elle découvre un pistolet dans un sac d'élève. En cherchant à s'en emparer, un coup part et blesse un élève à la jambe. Dans la confusion du moment, elle craque et prend sa classe en otage. Alors qu'à l'extérieur, les autorités scolaires, policières et politiques peinent à comprendre et à réagir à la situation, Sonia impose à ses élèves sa vision et leurs contradictions.

En toute franchise, je dois reconnaître que cela faisait belle lurette que je souhaitais le voir cette fameuse Journée de la jupe qui fit tant couler d’encre lors de sa sortie en mars 2009. Car, que l’on veuille ou non, que l’on aime ou pas ce film, que l’on soit d’accord ou non avec son contenu, il est indéniable que celui-ci connu l’une des campagnes de presses les plus dénigrantes qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années. Car il faut savoir remettre un peu les choses dans le contexte de l’époque : en 2008 était primé à Cannes, le festival des paillettes, un autre long métrage dont le sujet était les difficultés d’enseigner dans les quartiers difficiles dans la France d’aujourd’hui ; reconnu par la critique, porté aux nus, ce film, Entre les murs, plu au paysage médiatique français, et, accessoirement, à Sean Penn, président alors du jury du Festival de Cannes alors en conflit avec le système éducatif de son propre pays, les Etats-Unis. Je dois reconnaître que je n’ai pas vu ce film, mais j’en connais, par ma femme, enseignante (je tiens à le préciser car cela a son importance), et par la presse le contenu général : oui, ce n’est pas facile d’être un prof aujourd’hui mais bon, il faut savoir se battre pour ses élèves etc. etc. etc. Bref, un film que l’on nous a présenté comme étant « coup de poing » sur la réalité d’aujourd’hui mais au final, assez politiquement correct par sa forme. Cela me dérange un peu de critiquer une œuvre que je n’ai pas vu, et d’ailleurs, il faudra probablement qu’un jour, je fasse l’effort de voir ce fameux Entre les murs. Et ce, même si j’ai un énorme problème, mais alors un gigantesque pour ne pas dire un himalayesque soucis avec François Bégaudeau, prof de français de son état a la base qui écrivit un livre qui donna le fameux film dans lequel il joua son propre rôle et qui depuis squatte les plateaux télé, surtout sur Canal + en donnant son avis sur tout et n’importe quoi. Mais bon, Bégaudeau c’est une chose et je jugerais mieux Entre les murs le jour où je le verrais, cependant, il me semblait nécessaire d’en parler, vu que ce film est indissociable de ce que j’appellerais le problème La journée de la jupe.

En 2009, donc, sortit quasiment anonymement, un autre film sur le même sujet, cette fameuse Journée de la jupe, d’abord diffusé sur Arte, puis, dans quelques rares salles de cinéma. Et immédiatement, nous avons eu droit à tout le contraire, d’un point de vu médiatique, que lors de la sortie d’Entre les murs : en effet, si quelques rares critiques louèrent la qualité du film, de son contenu, de son message, les autres, bien plus nombreux pour la plupart, le descendirent en flèche, critiquant honteusement a tout va, le trainant dans la boue, avec, en tête de fille, mes très chers amis de Libération qui en firent une affaire personnelle, les Inrocks, comme par hasard, et… L’Humanité (sic), ce qui ne m’étonnas pas le moins du monde. Quand a Canal + et ses chroniqueurs donneurs de leçons de morale qui ont un avis sur tout, si je les épargne sur ce coup là, c’est parce que je ne me souviens plus trop de leurs propos, mais bon, ne croyez pas que ceux-ci furent enthousiastes… Et donc, sortis à quelques mois d’intervalles, le cinéma français avait eu droit à deux films, Entre les murs et La journée de la jupe, dont l’un fut porté aux nues par l’intelligentsia parisienne et l’autre, brulé sur le buché de l’antipolitiquement correct. Etrange ? En fait, pas le moins du monde.

En fait, tout est une affaire de point de vue : l’on peut se voiler la face, se dire que tout vas pour le mieux dans le meilleur des mondes, trouver toutes les excuses du monde a tout et n’importe quoi, s’autoflagélé en permanence en chantant l’éternelle petite rengaine « mais ce sont des victimes de la société », accepter, au nom de je ne sais quelle incarnation divine, création humaine par ailleurs, toutes les traditions, les lois mêmes les plus absurdes (je n’en vise aucune en particulier, mais toutes, a mettre dans le même sac), fermer les yeux sur ce qui se passe dans les banlieues, sur cette société où l’on protège les criminels et où l’on fustige les victimes, bref, faire de l’angélisme de gauche (et je dis cela car je suis de gauche), encore et encore, et aggraver davantage la situation. Ou alors, l’on peut aller a contre courant, pointer du doigt là où ca fait mal, oser dire la vérité, même si elle blesse, même si cela reviendrait à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, l’on peut en finir une bonne fois pour toutes avec ces non dits, ce laissé aller qui ont fait que la situation actuelle est quasiment, je dis bien quasiment, insupportable. Ce n’est pas du pessimisme, c’est encore moins du racisme, même si en lisant mes propos, les bobos vont hurler au loup, non, c’est tout juste montrer la réalité, dire que oui, tout va mal, et que ce n’est surement pas en glorifiant un système qui a donné de si piètres résultats que l’on s’en sortira, si encore, on s’en sorte un jour. Oui, tout cela n’est qu’une affaire de point de vue ; du social, il en faut, de la répression, n’en déplaise à la gauche extrême, bah il en faut également. Et voilà donc pourquoi l’un de ces films, Entre les murs, fut porté aux nues, et l’autre, La journée de la jupe, critiquer jusqu'à n’en plus soif. Angélisme d’un coté, politiquement correct, ca passe, alors que quand on montre la réalité, brute, implacable, bref, quand on va a contre courant, l’intelligentsia veille au grain.

Car indéniablement, La journée de la jupe frappe fort, ne cache rien, et nous montre, oui messieurs dames, que cela vous plaise ou non, la France d’aujourd’hui : un pays sans respect, où règne la loi du plus fort, de l’argent, des paillettes, où la femme est de moins en moins considérer, où les parents, qui ont un avis sur tout, ont abandonner leur rôle, l’éducatif, pour l’école, au moment où celle-ci, de toute façon, ne peut plus rien : ah, il était beau d’interdire d’interdire, mais tout en étant contre les châtiments corporels, vous trouvez normal qu’il n’y ait plus de respect dans les établissements scolaires ? Vous trouvez normal que les professeurs et les instits de primaire se fassent copieusement insulter (et je sais de quoi je parle, souvenez vous) ? Vous trouvez normal qu’ils aillent travailler la peur au ventre, qu’ils n’aient plus le droit de punir, que tout de suite ils aient à faire aux parents, aux grand frères, au type qui passait par la et qui leur mettent une pression impossible, parfois des la maternelle (véridique), ces mêmes individus qui eux, ne remplissent même pas leur rôle éducatif ? Vous trouvez cela normal ? Alors oui, La journée de la jupe ne vous plaira pas. Vous trouverez cela exagérer, surjouer, impossible, et pourtant… et pourtant… non, c’est cela les établissements en ZEP. Vous croyez quoi mes amis bobos, que c’est une garderie, que ce sont juste des gamins un peu chahuteurs ? Allons bon, ca, c’était de mon temps, dans les années 80, où, quand on rigolait un peu trop, on était considérer comme étant une classe difficile. Mais jamais, oh grand jamais on n’aurait osé s’en prendre a un professeur ! Et les punitions, vous croyez peut être que mes parents auraient été râlé celui qui me l’aurait donné ? Allons bon, j’étais, comme les autres, bien mal barré ! Non, on était des rigolos à l’époque. Et cela fait longtemps que les élèves sont passés a la vitesse supérieure. Très supérieur…

Alors oui, la violence de La journée de la jupe ne m’étonnes guère, celle des élèves, elle n’est que tristement banale, il suffit de se balader d’en la rue, de prendre les transports, où d’être ou de connaître quelqu’un du milieu enseignant. Quant au prof qui pete un câble et qui prend sa classe en otage, ce qui m’étonnes, c’est qu’il n’y ait pas déjà eu des dérapages dans le genre. Car vous croyez que cela n’arrivera pas un jour ? Qu’un homme ou une femme, a force d’insultes, d’irrespect, de menaces, ne disjoncte complètement et ne fasse un carton dans sa classe ? Heureusement que nous ne sommes pas aux Etats-Unis et que le port d’armes ne soit pas autoriser a tout le monde car sinon… Alors oui, La journée de la jupe dérange, mais c’est parce que ce film touche là où sa fait mal, qu’il nous montre la réalité telle qu’elle est, sans travestissement, sans faux fuyants, que presque chaque scène, chaque réplique est juste : ce proviseur qui avoue que s’il parle des problèmes, il sera mal vu et s’il ne dit rien, cela sera pareil ; cette ministre de l’intérieur qui explose en disant que les femmes se sont battus pendant des siècles pour avoir le droit de porter un pantalon et qui ne veut pas entendre parler d’une journée de la jupe et qui me fait penser a ces féministes américaines qui voient en chaque homme un violeur, qui vont imposer tout et n’importe quoi dans les universités, dans les entreprises et qui ne pensent qu’au mot « harcèlement » mais qui se moquent littéralement des vrais problèmes des femmes des ghettos, victimes elles, de la violence masculine ; ce prof d’espagnol, qui se fait tabasser par des jeunes mais qui ne voit là qu’un échange de points de vue différents ; ces mères de familles, dépassées certes, mais qui ne voient rien, ou qui ne veulent rien voir ; ce commerçant, asiatique, qui vient nous montrer que le racisme n’est pas le lot des « blancs », eternel raccourcis si facile ; ces filles, victimes de tournantes, considérées comme des putes, et forcement, bah oui, consentantes. Des exemples comme cela, La journée de la jupe en fourmille et cela serait trop long de tous les énumérés. Mais c’est à cause d’eux, justement, que ce film est si mal passé aux yeux de certains.

Indéniablement, et malgré sa quasi censure qui me fit penser au sort d’un autre film, Katyn (oh, celui là, il eut du mal avec tous les vieux fans du Petit Père des peuples), La journée de la jupe est un film qui mérite d’être vu ; de part son propos, véritablement coup de poing, lui, la vérité qui y est montrée, sans fard ni faux fuyants, mais aussi pour ses acteurs, du plus connu, Isabelle Adjani aux plus obscurs, les élèves, tous sont parfaits. Alors oui, il n’est pas politiquement correct, oui, il dérange, mais franchement, cela fait un bien fou de voir un film courageux qui sort, pour une fois, des sentiers battus.

dimanche 19 décembre 2010

LES SENTINELLES : JUILLET-AOÛT 1914, LES MOISSONS D’ACIER


LES SENTINELLES : JUILLET-AOÛT 1914, LES MOISSONS D’ACIER

Parce qu'il fallait dépasser les capacités humaines, la science les a fabriqués: les Sentinelles. En 1911, lors de l'intervention française au Maroc, une section secrète de l'armée, la division « Sentinelles' », teste sa nouvelle arme: Taillefer, un soldat sur lequel ont été greffés des membres métalliques. Insensible aux balles, déchirant les barbelés comme du papier, le soldat d'acier semble indestructible… Jusqu'à ce qu'il s'arrête net au beau milieu du combat. Ses batteries sont à plat! En 1914, inspiré par les travaux de Pierre et Marie Curie, Gabriel Féraud, jeune scientifique, conçoit la pile au radium. Le colonel Mirreau entrevoit alors les potentialités d'une telle énergie sur ses Taillefer… Mais Féraud, antimilitariste, refuse… La guerre est déclarée, Féraud mobilisé. Le 8 août 1914, il est fauché par un obus allemand et amputé de tous ses membres. Transporté à l'hôpital, Mirreau lui fait une proposition: donner la pile au radium au docteur Kropp, le « créateur' » des Sentinelles, et devenir le nouveau Taillefer… Sur fond de réalité historique, cet album de « rétro science-fiction » aux couleurs modernes et acides donne naissance, pour la première fois, à un super-héros français: Taillefer.

Xavier Dorison, l’auteur qui nous avait déjà enchantés avec la superbe tétralogie Le troisième Testament il y a quelques années, amoureux de comics, expliquait dans une interview son choix de créer des super héros français pendant le premier conflit mondial car « cette période est la dernière où les Français croient encore suffisamment à leur pays pour accepter l’idée d’un surhomme français. Aujourd’hui, celui qui sort du rang, on s’amuse avec lui pendant six mois puis on le descend. On ne veut pas voir une seule tête qui dépasse ! Au début du XXe siècle, c’était encore possible. » Car, en effet, si outre atlantique, la culture dite du type qui se balade avec un slip par-dessus un collant et portant un masque est partagée par bon nombre d’amateurs, ce n’est pas le cas sur le vieux continent qui possède une culture de la bande dessinée totalement différente. Pour Xavier Dorison, cela a plus à voir avec une perte de valeurs, liée, justement, a cette fameuse guerre civile européenne que fut 14/18 mais qui, en fait, dura de 1914 à 1945 et qui vit l’Europe perdre son prestige, son pouvoir, son influence qui durait depuis des siècles. Ainsi naquis dont ce qui devint, dans l’esprit de l’auteur, ces fameuses Sentinelles, une BD, donc, qui fait penser aux comics, par l’utilisation de super héros, mais totalement européenne par la forme, la structure et le format. Et c’est donc le premier tome de cette série auquel je vais m’intéresser aujourd’hui.

Comme souvent, il m’aura fallut pas mal de temps pour me procurer les deux premier volumes des Sentinelles (oui, curieusement, seul deux tomes sont parus a ce jour et je ne trouve aucune nouvelle sur une éventuelle sortie d’une suite, ce qui m’inquiète un peu), pourtant, ce ne fut pas en raison d’un quelconque manque d’intérêt, bien au contraire ; en effet, lorsque j’appris l’existence de cette série, son idée de base m’intéressa au plus haut point : des super héros français pendant la grande guerre, l’une de mes périodes historiques préférées, cela ne pouvait que me plaire. Mais bon, comme d’habitude, entre le temps de la découverte et celui de l’achat a proprement parlé, il s’écoula bien un an et quelque avec son florilège d’oublis, de manque d’argent où d’autres choses à acheter. Et puis, début décembre, l’achat tant attendu des deux tomes de Sentinelles et si je ne les ai pas lues tout de suite, c’était pour mieux me les garder pour les vacances de Noël, prendre le temps de les lire, et, ensuite, d’essayer d’écrire des critiques potables. Mais trêve de bavardages inutiles et intéressons nous maintenant au premier volume de la saga, intitulé Juillet-aout 1914, les moissons d’acier.

J’avoue que j’attendais avec impatience ce premier tome, pour les thèmes abordés, comme je vous l’ai déjà dit, mais également pour le maitre d’œuvre de la chose, Xavier Dorison, dont j’avais put apprécier la maitrise avec Le troisième Testament. Mais si je m’attendais a lire une bonne BD, je dois reconnaître que je me suis pris une véritable claque, dans le bon sens du terme. Ceux qui éventuellement pourraient être intéressé par l’achat des Sentinelles devraient s’attarder sur la préface de l’écrivain Didier Decoin tant celle-ci résume parfaitement bien ce qu’est ce premier tome de la saga. Pourtant, à sa lecture, ma première impression fut que, comme cela se fait communément, le sieur Decoin en rajoutait un peu sur la qualité de la bande dessinée ; erreur sur toute la ligne, je l’admets, car après coup, je suis parfaitement sur la même longueur d’onde de cette préface : oui, Xavier Dorison à réaliser, avec Les Sentinelles une œuvre majeure, de grande qualité et qui mérite largement de figurer dans la collection de tout amateur de bande dessinée ; oui, le scénariste a réaliser un superbe travail de recherche documentaire sur l’époque mais a également créer un synopsis profond, avec des protagonistes intéressants au possible (et pourtant, quand on n’y regarde bien, ils sont loin d’être totalement originaux mais ca passe très bien entre le scientifique qui ne veut pas voir sa découverte tomber entre les mauvaises mains de l’armée, le savant fou, le vieux briscard revenu de tout, le gradé sans scrupule etc.) et une intrigue captivante ; oui, mille fois oui, Juillet-aout 1914, les moissons d’acier brille pour toutes ces raisons, mais également pour son coté démontrant l’absurdité de la guerre mais aussi et surtout sa violence extrême, cette boucherie que fut la grande guerre et que, trop habitués que nous sommes a celle qui suivit, la seconde, nous avons trop tendance a oublier, et pour cela, comment ne pas vous parler des superbes dessins d’Enrique Breccia, quasiment parfait de bout en bout (a part quelques petites cases ratées, comme celles de la dernière planche surtout, il était pressé d’en finir ou quoi ?) et qui nous plonge presque cent ans en arrière (et oui, l’on fêtera bientôt le centenaire du début du conflit !), dans un univers a la fois si éloigné de nous par le style vestimentaire, le port de la moustache par exemple, mais également proche, la révolution industrielle étant passée par la. D’ailleurs, en finissant la lecture de ce Juillet-aout 1914, les moissons d’acier, où l’on suit les premiers jours du conflit mondial, mais aussi et surtout le destin de Gabriel Féraud et de son invention, la pile au radium, sa terrible blessure suite a des éclats d’obus et sa transformation en Taillefer, le super héros français qui nous change bien de Super Dupont, comment ne pas se dire que le lien pourrait être fait avec le monde moderne ?

Car ce fameux programme « Sentinelles », ces fameux surhommes améliorés dont se sert sans vergogne l’armée, comment ne pas faire le rapprochement avec l’usage de drogues dans les diverses armées depuis des décennies (a ce propos, j’ai vu il y a quelques mois un excellent reportage sur l’utilisation médicamenteuse dans les armées du Reich qui boostaient les combattants), la volonté des états majors de rendre les soldats insensibles a la douleur, de les rendre plus endurants, d’en faire de véritables machines de combats sans sentiment ?! Oui, malgré le fait que l’action des Sentinelles se déroule pendant le premier conflit mondial, il faut savoir lire entre les lignes car le sens de cette BD, si l’en enlève le coté super héros tricolores, est bien plus profond que l’on pourrait le penser.

Au final, je ne peux que conseiller l’achat de ce premier volume des Sentinelles, ce Juillet-aout 1914, les moissons d’acier. Une fois de plus, Xavier Dorison nous montre là toute sa maitrise scénaristique et il est certain que cette histoire de super héros pendant la grande guerre est diablement passionnante. Excellente entrée en matière donc pour ce premier tome, j’attends maintenant de voir ce que donnera le second, en espérant qu’une suite soit donné a terme a cette série de très bonne qualité.

samedi 18 décembre 2010

THE MAN WHO SOLD THE WORLD


THE MAN WHO SOLD THE WORLD

David Bowie

1 - The Width of a Circle (Bowie) 8:05
2 - All the Madmen (Bowie) 5:38
3 - Black Country Rock (Bowie) 3:32
4 - After All (Bowie) 3:52
5 - Running Gun Blues (Bowie) 3:11
6 - Saviour Machine (Bowie) 4:25
7 - She Shook Me Cold (Bowie) 4:13
5 - The Man Who Sold the World (Bowie) 3:55
6 - The Supermen (Bowie) 3:38


The Man Who Sold the World
Musicien : David Bowie
Parution : 4 novembre 1970
Enregistré : 18 avril – 22 mai 1970
Durée : 40:37
Genre : Hard Rock, Heavy Metal, Folk Rock, Blues Rock, Glam Rock
Producteur : Tony Visconti
Label : Mercury

Musiciens :
David Bowie : chant, guitare, Dubreq Stylophone
Mick Ronson : chant, guitare
Tony Visconti : basse, piano, guitare
Mick Woodmansey : batterie, percussions
Ralph Mace : synthétiseur Moog

Mon avis : Et dire que je l’ai détesté pendant des années! Sacré David Bowie, j’aurais passé mon enfance a ne pas pouvoir le voir, et ce, uniquement parce que, étant un petit brun a la peau matte, j’avais du mal tout petit avec les blonds aux yeux bleus (le comble, c’est que le mince duc blanc les a vairons) qui étaient, quelque part, la norme en France ; après tout, ne disait-on pas « nos chères petites têtes blondes » ? Et puis, en ce début des années 80, Bowie était partout avec son Let’s Dance et son China Girl qui tournaient en boucle a la radio et a la télé jusqu'à n’en plus soif. Ainsi, il m’aura fallut bien plus d’une décennie pour le redécouvrir, me procurer tous ces albums, en tomber presque amoureux, musicalement, cela va de soit, et le reconnaître pour ce qu’il est, indéniablement, c'est-à-dire, comme l’un des meilleurs auteurs compositeurs tout bonnement génial de la seconde moitié du vingtième siècle. Et autant j’ai put détester David Bowie enfant, autant je l’adore depuis que je suis adulte. Cette petite introduction me semblait nécessaire afin d’expliquer la relation que j’ai entretenu avec le personnage, qui, pour rappel, nous a quitter en janvier dernier ; avec Bowie, je ne suis pas véritablement objectif, sauf dans ses périodes de vaches maigres artistiquement parlant dans la seconde moitié des années 80. Pour moi, Bowie, c’est comme les Beatles, les Stones (euh, jusqu’en 72), Neil Young et quelques autres, un génie dont je ne me lasse pas d’écouter en boucle chacun de ses albums avec, a chaque fois, le même plaisir. Et pour ce qui est de sa longue production artistique, il y a de quoi faire, et justement, parce que David Bowie fut et restera mon artiste préféré, et comme, depuis les débuts de ce blog, je n’ai jamais eu l’occasion de vous parler du moindre de ses albums, ce qui, ma foi, est une véritable hérésie, pourquoi ne pas commencer par le commencement et par sa première véritable réussite en 33 tours qui vaille le détour, l’envoutant The Man Who Sold The World. Sortie a la fin de l’année 1970, The Man Who Sold The World sans atteindre la qualité et le succès de bon nombre d’albums géniaux a venir et un véritable tournant pour Bowie et, accessoirement, un véritable petit bijoux qui laisse entrevoir bon nombre de merveilles a venir. Déjà, la pochette, où Bowie pose langoureusement en robe sur un canapé avec son jeu de cartes éparpillées devant lui pose le personnage : il est fini et bien fini le temps des chemises a fleurs et du Peace and Love, voila maintenant venu des chanteurs ambigus, où le strass et les paillettes se mêlent a des textes hallucinés parlant de folie, de dieux homosexuels et de lobotomie en pagaïe. Bref, Bowie et le Glam Rock, cela donne ca : son plus magnifique représentant, mais aussi sa plus parfaite antithèse, contrairement a Marc Bolan par exemple qui était le Glam a (presque) lui tout seul. Ainsi, en ce début des seventies, un curieux petit bonhomme aux yeux bizarres, autrefois mime de son état, nous offre un album majeur, au son distordant et aux textes auxquels on n’a parfois bien du mal a tout comprendre et où, au dessus de tout cela, plane sa voie, intemporelle, reconnaissable entre mille et qui, des milliers de fois après l’avoir entendu et réentendue, me donne toujours autant de frissons. Et donc, The Man Who Sold The World, avec ses plus de quarante ans d’âge, fascine encore aujourd’hui, avec en ouverture, le magistral The Width Of A Circle, ses huit minutes et ses guitares folles où Bowie fait le récit d'un voyage psychologique, violent et sexuel duquel les héros sont lui, l'autre lui (son double schizophrénique) et dieu, qui est aussi un amant homosexuel de Bowie, avec qui il partage des expériences sadomasochistes. Des le départ, la messe est dite, le personnage posé, et on va en prendre pour des décennies de plaisir. Et si ce titre, tout bonnement excellent, est une belle entrée en matière, comment ne pas s’attarder sur ce que je considère comme le sommet de l’album, All the Madmen, traitant de la schizophrénie et de lobotomie avec son invocation finale « zane zane zane ouvre le chien », l’un de mes titres préférés de Bowie, mais aussi de belles petites perles comme After All ou The Supermen avec son surhomme nietzschéen. Mais il en manque une, et de taille puisqu’elle donne même son nom a l’album. Comme beaucoup de personnes, j’aurais connu The Man Who Sold The World (la chanson, pas l’album) par la version de Nirvana. Tout bonnement excellente, cette reprise mérite, pour une fois, le détour, ce qui n’est pas toujours le cas par ailleurs. Mais malgré sa valeur, indéniable, j’ai une nette préférence pour l’originale, celle de Bowie, moins crade, plus, comment dire, planante, plus mystérieuse et où, une fois de plus, la voie sublime tout. Inspiré d’une nouvelle de science fiction, le titre partage encore aujourd’hui les avis, les uns préférant l’original de Bowie, les autres, celle de Nirvana, mais quoi qu’il en soit, et quelque soit les opinions diverses qui ont plus à voir entre les gouts et les couleurs de chacun, ce titre est la preuve de l’inventivité et du génie du Mince Duc Blanc. Ainsi donc, The Man Who Sold The World restera dans l’histoire de la musique comme le premier des indispensables de Bowie ; pas encore totalement un chef d’œuvre comme les merveilles à venir, il n’en reste pas moins excellent et fourmille de bons titres annonciateurs de la suite qui s’avérera, comme chacun sait, excellente. Personnellement, et après moult écoutes, je ne me lasse toujours pas de cet album, ne serais ce que pour ces deux titres que sont The Width of a Circle et All the Madmen, que je trouve exceptionnels, mais bon, quelque part, c’est un peu le cas pour moi avec tous les albums de Bowie. Et dire qu’enfant, je ne pouvais pas le voir !


Points Positifs :
- Sans être un véritable succès a l’époque, The Man Who Sold the World est le premier opus de Bowie où le génie de se dernier pointe enfin le bout de son nez sur la totalité de l’album : l’ensemble est cohérent, Bowie a enfin trouver son univers et nous l’impose, musicalement, il y a tout un tas de choses fort intéressantes, quand aux textes, nous sommes a des années lumières de ce qui se faisait auparavant dans la musique populaire.
- Il n’y a pas de mauvaises chansons dans cet opus, mais reconnaissons que des titres comme The Width of a Circle, The Man Who Sold the World et, surtout, All the Madmen, se démarquent nettement du lot et sont de véritables petites merveilles.
- Justement, dans cet album, même si le ton général est le même, Bowie aborde moult styles musicaux et l’on passe allègrement du Heavy Metal au Folk en passant par le Blues ou des prémices du Glam.
- La pochette, tout simplement culte avec notre David Bowie posant langoureusement en robe sur un canapé. 

Points Négatifs :
- Tony Visconti, compagnon de toujours, est déjà aux manettes mais la production, elle, souffre tout de même un peu par moments, surtout si on la compare avec ce qui se fera par la suite. Parfois, le son est un peu étrange, la voix de Bowie un peu en retrait…
- Malgré un ensemble plus qu’acceptable, on sent que Bowie se chercher encore un peu, d’où, justement, ces divers genres musicaux abordés. Mais bon, cela arrivera très rapidement.

Ma note : 8,5/10
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