dimanche 18 avril 2010

LA PETITE TAISEUSE


LA PETITE TAISEUSE

C’est l’histoire d’un Village, d’une petite fille silencieuse et d’un meunier... La vieille dame qui apportait chaque jour de la nourriture au meunier venait de mourir. Qui allait la remplacer ? s’inquiétait le Village. Le meunier avait l’air si étrange, personne ne souhaitait le rencontrer... Mais il y en avait une autre qui avait l’air étrange, c’était cette petite fille qui ne disait jamais, jamais rien. On l’appelait la «petite taiseuse». Eh bien c’était tout trouvé, c’est elle qui remplacerait la vieille! Les jours passèrent, la petite s’acquittait de sa tâche, toujours silencieuse, sans jamais répondre aux questions du Village que la curiosité rongeait. Il aurait tant voulu savoir ce qui se passait au moulin. La Vent se moqua de la rage du Village et lui fit honte: il suffisait juste de savoir tendre l’oreille! Aussi, quelle ne fut pas la surprise du Village, lorsqu’écoutant les conseils du Vent, il finit par entendre les bribes d’une conversation entre la petite fille et le meunier. Comme ils semblaient heureux de se parler, et aussi de s’écouter ! Le Village tendit encore l’oreille et les mots portés par le Vent lui apprirent qu’il avait eu tort de se méfier de la petite taiseuse et de son meunier… Les illustrations délicates accompagnent harmonieusement ce conte qui aborde avec simplicité et poésie la difficulté de certains êtres à communiquer, le poids du silence ou des secrets, la souffrance de se sentir différent, le regard ou l’incompréhension des autres qui parfois isolent du reste du monde...

Avant toute chose, je me dois d’être honnête avec vous, mes lecteurs. En effet, un élément important est à prendre en compte pour la critique de ce magnifique (ca y est, je commence) livre pour enfants : je connais une partie de la famille proche de l’illustratrice, puisque celle-ci est la sœur de l’une de mes amis. Alors, même si je n’ai jamais rencontré personnellement Marianne Ratier, vous vous doutez bien qu’il me sera très difficile d’être totalement objectif (même si je vais essayer de l’être de mon mieux) en écrivant la critique qui suit. D’ailleurs, ne nous leurrons pas, sans ce lien de famille, cet article n’existerait probablement pas, et je n’aurais surement jamais lu cet album, ce qui, au demeurant, aurait été dommage : en effet, La petite taiseuse mérite amplement le détour, comme je vais essayer de vous l’expliquer ci-dessous.

Tout d’abord, commençons par les illustrations, celles-ci ayant forcement leurs importances dans un album destiné aux plus jeunes d’entre nous ; en toute franchise, je les ai vraiment apprécié. Utilisant très peu les couleurs, qui, sans être totalement absentes n’en sont pas moins atténuées, Marianne Ratier possède vraiment un style ma fois intéressant, que je qualifierais d’enchanteur ; sans grands détails, les protagonistes de cette petite histoire sont assez attachants, que cela soit la fameuse petite taiseuse, cette jeune fille qui ne parle jamais, le meunier voir le chat, dont on remarquera qu’il n’a pas d’yeux (est ce fait exprès, et dans quel but ? Il faudra que je pose la question). De même, les décors, sans regorger de détails sur lesquels ont pourraient s’attarder, retranscrivent assez bien l’ambiance générale de l’intrigue et sont assez agréables. On est loin d’un style typiquement minimaliste, non, c’est autre chose qui pourrait paraître, de prime abord, simple, alors que l’on sent le travail derrière chaque protagoniste, chaque décor champêtre etc. Bref, vous l’avez compris, ce style me plait, éveillant mon intention et d’ailleurs, des mon prochain post, je vous fournirais un lien vers le site de l’illustratrice.

Mais quid du scénario ? Bon, avant tout, il est bon de rappeler que nous avons à faire à un livre pour les jeunes. Mais en disant cela, ne vous mettez pas dans l’esprit que La petite taiseuse est à ranger dans la même catégorie que les Petits ours brun par exemple. Loin de là d’ailleurs. En mettant en avant des valeurs simples, comme l’écoute de l’autre, mais aussi et surtout les préjugés de tout à chacun comme la méfiance envers ceux qui sont ou ont un comportement différents de la norme, la scénariste nous offre là une belle histoire, destiné avant tout aux plus jeunes, mais qui ne laissera pas indifférent les plus âgés. De plus, j’ai véritablement apprécier le fait que les habitants du village aient été, de part leur comportement et leurs préjugés communs, unis en un seul « personnage », cette personnification du village, étant quasiment un être vivant, comme le vent, autre protagoniste de l’histoire, une excellente trouvaille. Bref, vous l’avez compris, même si vous pouvez penser que j’ai depuis longtemps passé l’âge de lire des contes pour enfants, ce qui n’est peut être pas faux (et encore), j’ai véritablement passé un bon moment en lisant cette Petite taiseuse, tant pour son intrigue, peut être emplie de bons sentiments mais qui nous touchera par ses « vérités », que par les illustrations d’une Marianne Ratier, qui, incontestablement, méritent le détour. Alors, si vous aussi, de temps en temps, un « livre pour enfant » ne vous « effraie » pas, laissez donc vous tenter par cette agréable Petite taiseuse.

samedi 17 avril 2010

NAUSICAÄ DE LA VALLÉE DU VENT


NAUSICAÄ DE LA VALLÉE DU VENT

À force de puiser les ressources souterraines et de polluer la vie, la civilisation industrielle, vieille de mille ans, vit sa chute lors des « sept jours de feu ». Cette guerre fut d'une rare violence et les dégâts infligés terribles. Le savoir et la vie furent presque anéantis. Mille ans de cette ère crépusculaire ont passé et l’humanité survit tant bien que mal, atteignant l'âge de la céramique. Entre un vaste désert et la « Mer de la Décomposition » (腐海, fukai, gigantesque forêt produisant des spores toxiques qui propagent et répandent ainsi cet écosystème), quelques îlots de vie accueillent différentes communautés humaines. La fukai est protégée par des insectes géants, qui se sont adaptés à cet environnement pollué. Les « Ômus » (王蟲, Oomu, litt. « insecte-roi ») en sont les principaux représentants, par leur taille et leur sensibilité. La Vallée du vent est une zone protégée des spores par les vents marins, habitée par quelques centaines de personnes. De par une ancienne alliance, elle se retrouve impliquée dans une guerre entre les royaumes de Pejite et de Tolmèque qui se disputent une des armes utilisées durant les « sept jours de feu ». La fille du roi Jill de la vallée du vent se retrouve au cœur de ces affrontements. Guidée par son amour de tous les êtres vivants, Nausicaä va progressivement devenir une figure majeure de ce conflit et tentera par tous les moyens d’interrompre les combats.

Je ne remercierais jamais Arte d’avoir proposer, ces jours ci, un cycle sur Hayao Miyazaki, le célèbre dessinateur et réalisateur japonais, ce qui m’aura permis de passer deux excellentes soirées, tout d’abord, avec Le château ambulant, où malheureusement, je me suis endormis vers la fin (ce qui explique l’absence de critique de ce long métrage d’animation sur ce blog) après que j’ai raté le début, et, ce jeudi, avec le sublime Nausicaä de la vallée du vent, chef d’œuvre absolu, qui m’aura entrainer très loin, m’émerveillant comme rarement je l’ai été ces derniers temps, et me faisant découvrir un univers, des personnages et une intrigue que je souhaiterais approfondir davantage, par le biais du manga éponyme, d’où le film est tiré. Ca ne sera probablement pas pour toute suite, mais une chose est claire, cette saga est sur mes tablettes. Je ne remercierais donc jamais assez Arte, donc, depuis longtemps ma chaine préférée, pour m’avoir permis de découvrir cette œuvre, que je connaissais plus ou moins par le titre, par l’héroïne qui ne m’étais pas totalement inconnue, mais que, comme bien souvent avec moi, je n’avais jamais eu l’occasion de voir jusqu’à maintenant. Par certains cotés, il n’est pas plus mal que je n’ai jamais vu la première version internationale, amputée d’une bonne partie et tout bonnement tronquée ; mais bon, celle-ci, fidèle à l’œuvre originale, est disponible depuis un certain temps et il est dommage, une fois de plus, que j’ai attendu aussi longtemps pour la découvrir. Enfin bon, rien de grave a cela : dans le fond, mieux vaut tard que jamais et il est évidant que ce Nausicaä est un incontournable qui se doit d’être vu.

Datant des années 80 et tirer d’un manga de Miyazaki, Nausicaä de la vallée du vent, tant le film que la BD (mais surtout celle-ci) est une œuvre tout bonnement culte au pays du soleil levant. Et cela se comprend des les premières minutes de ce long métrage d’animations, tant par les graphismes, enchanteurs, la musique, envoutante, et l’intrigue, captivante a souhait : dans un monde dévaster par l’apocalypse, provoquer par les hommes près de mille ans auparavant, le spectateur découvre petit à petit de rares survivants humains aux prises avec une faune et une flore plus qu’hostiles ; insectes géants, plantes toxiques, l’air même est irrespirable et dangereux sauf en de rares points du globe. Dans cette Terre post-apocalyptique, l’avenir de l’Homme apparaît comme bien sombre, même si certains, comme le peuple de Nausicaä, tentent tant bien que mal de vivre leur vie, paisiblement, ce qui n’est pas le cas de tout le monde : des royaumes militaristes sont prêts a tout pour parvenir a leur fin, y compris utiliser les manières les plus violentes et horribles vis-à-vis de leurs adversaires, même si leur buts a tous, et on le comprend assez rapidement, est plus ou moins le même : détruire toutes ces plantes toxiques qui petit a petit, menacent la survie de l’humanité. Bien évidement, c’est à deux visions totalement différentes que l’on a à faire : la rapide, brutale, violente, et qui pourrait provoquer les mêmes dommages qu’auparavant et la patiente, bien plus pacifique, en adéquation avec la nature. Car vous l’aurez compris, Nausicaä de la vallée du vent, curieuse œuvre de SF, dans un monde post-apocalyptique où se mêlent des éléments moyenâgeux a d’autres plus modernes, donnant parfois des allures quasi Steampunk (c'est fou ce que les RPG japonais ont pompés dessus), porte avant tout en elle un formidable message écologiste, a une époque donc, les années 80, ou celle-ci (la sauvegarde de la nature, le danger de l’impact humain sur l’avenir de la planète etc.) où celui-ci n’avait pas la même importance que de nos jours. Certes, on le connaissait, on en parlait, mais si peu encore. Bien évidement, au Japon, et cela a beaucoup a voir avec le fait que ce pays ait subit deux bombardements atomiques, ces questions écologistes, ce concept de fin du monde par la responsabilité humaine, ce message que l’on voit dans Nausicaä, est plus ancien, et l’on le retrouve dans bon nombre d’œuvres diverses. Mais de façon aussi magistrale, franchement, c’est une toute autre chose.

Car oui, je l’ai déjà dit, mais je vais me répéter : Nausicaä de la vallée du vent est tout bonnement un chef d’œuvre. L’on pourrait se dire que dans le fond, l’idée de base est loin d’être d’une originalité époustouflante, que Nausicaä (l’héroïne, pas le titre) écrase les autres protagonistes de par son charisme époustouflant, ce qui serait exact, et que le message proposé par Miyazaki, il vaut mieux collaborer avec la nature que la détruire, est un peu naïf. Et alors, après tout, celui-ci n’est pas si absurde que cela. Alors, autant être naïf. Quand aux personnages, si tous ne sont pas a la hauteur de Nausicaä, mais celle-ci mais la barre vraiment haut, ils sont a la fois attachants voir assez charismatiques pour certains (je pense en particulier a la princesse Kushana). Et comme je le disais en préambule, les dessins, atteignant parfois le sublime, surtout sur les décors, et la musique, présente quand il faut, mais toujours a propos, c'est-à-dire en phase avec la scène, a la fois envoutante dans les moments les plus calmes, ou dramatique, rehaussent encore l’ensemble, tout comme l’intrigue, captivante a souhait, qui fait que le spectateur, une fois rentré dans l’histoire, n’en perd pas une miette, et ce, jusqu’à la fin, regrettant celle-ci, forcement, tant il aurait aimer prolonger son expérience dans ce monde si merveilleux de Nausicaä, monde qu’il ne peut, du coup, quitter qu’a regrets.

Nausicaä de la vallée du vent mérite largement le détour, tant il fourmille de qualités, et sincèrement, je suis bien contant de l’avoir vu pour la première cette semaine ; la découverte de ce véritable petit bijou de Miyazaki fut pour moi un véritable plaisir. J’espère que ceux qui ne l’ont pas encore vu, et qui comptent un jour le voir, ressentiront la même satisfaction que moi… Faudra vraiment que je me lance dans la BD, bien sur, et que je me procure le DVD car je n’ai envie que d’une chose, revoir Nausicaä le plus rapidement possible !

dimanche 4 avril 2010

L’HISTOIRE SECRÈTE – OPÉRATION KADESH


L’HISTOIRE SECRÈTE – OPÉRATION KADESH

1942, désert du sud égyptien. Le capitaine et noble hongrois Comte, de l’Abwehr (services secrets allemands), dit le Condor, mène une expédition à travers les lignes anglaises, à la recherche de la forteresse rouge, là où tout a commencé. 14 ans plus tard, Hussein Gaafar, après avoir passé cinq ans dans les prisons anglaises, déleste les ruines de la forteresse de pétroglyphes et part en direction du Caire. Il y retrouve un actif membre d’Odessa, le Condor, méconnaissable, et les troupes de Nasser. Tous entendent récupérer les secrets enfouis dans les ruines de la citadelle. Mais Hussein et le Condor sont faits prisonniers par le colonel Curtis, membre du SAS (service secret) sous les ordres d’Erlin. Il règle ainsi ses comptes, se vengeant de la mort de sa femme Nimue (mère de Pandora). Erlin et la maison des Deniers entraînent la France et l’Angleterre dans un bras de force hasardeux contre les forces de Nasser, afin de préserver les secrets des premières ivoires. Mais entre le barrage de Nasser et la nationalisation du canal de Suez, américains et russes façonnent le nouveau monde. Les temps changent, les Archontes ne dictent plus leurs lois. Au même moment, à 3000 km de là, à Budapest, les hongrois entament leur douzième journée d’insurrection contre l’ours russe. Nikita (Khrouchtchev) décide alors de sortir de ses prisons l’archonte Dyo, qu’il détenait jusque là grâce à l’icône du nord. Mais l’insurrection est soutenue par une joueuse hors pair qui va changer le cours de l’histoire…


L'Histoire Secrète – Opération Kadesh
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 03 février 2010
Nombre de pages : 48

Mon avis : Mine de rien, cela faisait un certain temps que L’Histoire Secrète brillait par son absence sur ce blog puisque la critique du tome précédant, Sion, date déjà de novembre dernier. Une éternité, ou presque pour une série qui en est aujourd’hui a son dix-septième tome (sic), et qui, je n’en doute pas, n’est pas prête de finir de si tôt – après tout, pourquoi devrions nous faire confiance a Jean-Pierre Pécau qui nous a déjà fait le coup deux fois ?! Une série qui, il ne faut pas l’oublier, est connue pour son inconstance, les bons albums alternants avec d’autres, plus moyens… Et justement, Opération Kadesh est à ranger dans cette seconde catégorie, mais je m’explique : le lecteur qui en était rester aux premiers pas de la création de l’état d’Israël, retourne, dans les premières pages, en pleine seconde guerre mondiale, en Egypte, où de nouveaux personnages font leur apparition avant de refaire un bond dans le temps, jusqu’aux années 50, toujours dans le même pays, découvrant le destin d’anciens protagonistes, oubliés depuis quelques tomes, l’explication, selon Pécau, de la très courte guerre qui suivie la nationalisation par Nasser du Canal de Suez, filant du coté de Moscou où un Archonte est libéré au bout d’une longue captivité, faisant un détour par Washington est les pérégrinations d’un autre Archonte dans les arcanes du pouvoir US, le tout finissant par l’écrasement de la révolte hongroise par les chars de l’Armée Rouge, tandis qu’une nouvelle joueuse, a priori fort douée, fait son apparition. Voila en gros le résumé de ce dix-septième tome, où on a l’impression qu’il se passe énormément de choses alors qu’en fait, les personnages discutent beaucoup et où l’intrigue principal, elle, avance prudemment, a pas de loups. Bref, au final, une nouvelle fois, de nouveaux protagonistes font leur apparition tandis que d’autres sont mis au placard (euh, elle est où Reka ?), et l’on a droit a tout un tas de références historiques et une intrigue qui devient encore plus complexe qu’elle ne l’était déjà. Cela en énervera probablement certains, pour moi, j’ai pris l’habitude et j’avoue que j’ai lu cet Opération Kadesh avec un certain plaisir même s’il est incontestable qu’il n’en reste pas moins inférieur aux tomes précédant. Un petit bémol cependant : Igor Kordey, qui depuis pas mal d’albums avait fait des progrès et produisait un travail appliqué est un peu retombé dans ses travers en bâclant certaines planches, ce qui est dommageable pour la qualité artistique de ce dix-septième tome. J’espère qu’il se remettra vite de ce petit faux pas auquel je croyais ne plus avoir à faire avec lui… Pour ce qui est d’Opération Kadesh, je dirais pour conclure que celui-ci se lit comme l’on pourrait lire un chapitre dans un roman bien plus long… un chapitre de transition, cela va de soit, en attente d’une suite où il se passera davantage de choses véritablement importantes, du moins, je l’espère.


Points Positifs :
- L’on retrouve une fois de plus tous les éléments qui ont fait tout l’intérêt de cette série, c’est-à-dire, les multiples références historiques, les explications de Pécau qui lie tout, absolument tout aux Ivoires et aux manipulations des différentes familles et le plaisir de retrouver, tome après des tomes, des figures historiques réelles dans des rôles parfois étonnants.
- Il s’en passe des choses dans ce dix-septième tome et nombreux sont les protagonistes et les intrigues parallèles.
- La montée en puissance des humains (principalement du complexe militaro-industriel américain) a l’encontre des Archontes est plutôt bien trouver, comme ce fameux désenchantement du monde.
- Un tome qui ravira, je n’en doute, bien des adeptes des théories du complot.

Points Négatifs :
- Jean-Pierre Pécau retombe un peu dans ses travers et la multitude d’intrigues abordées nuit indubitablement à l’ensemble ; j’ai une nette préférence pour les tomes moins dispersés.
- Du coup, il est par moments difficile de s’y retrouver au milieu de tous ces noms, intrigues, enjeux, etc.
- Plus un tome de transition qui apporte plus de questions que de réponses.
- Légère baisse de régime pour Igor Kordey qui bâcle quelques planches ; mais bon, dans l’ensemble, son travail reste correct.

Ma note : 6,5/10

LE GRAND JEU : LA TERRE CREUSE


LE GRAND JEU : LA TERRE CREUSE

Le jour pâle se lève sur la banquise. Prisonnier de ce paysage de glace, Nestor Serge est à l'aube de découvrir le secret de la Zone : une base nazie qui expérimente les soucoupes volantes. Mais pour l'heure, le journaliste doit penser à son évasion. Il tente un rapprochement avec sa compagne de cellule, sans succès. La libération viendra de son ami Bergier et du sous-marin « Octobre rouge »... Jean Pierre Pécau (Histoire Secrète, Empire) vous révèle les grandes théories conspirationnistes développées autour d’une histoire occulte Nazie. Un bel hommage à Jacques Bergier, le maître du réalisme fantastique (Le Matin des magiciens) !

Il m’aura fallut plusieurs mois pour finalement me procurer le troisième tome qui clôt le premier cycle du Grand Jeu, énième création du fort productif Jean Pierre Pécau, scénariste qui revient souvent sur ce blog. Hum, j’ai bien dit « premier cycle » ? Et oui, car une fois de plus, le lecteur qui aurait put croire que pour une fois, il allait se contenter d’une histoire répartie sur trois petits volumes va devoir une fois de plus se taper une nouvelle série en x tomes puisque, sur la couverture, un quatrième tome est prévu. Enfin, bien évidement, pour ce qui est de l’obligation, cela reste relatif puisque personne ne nous oblige à le faire mais bon, personnellement, lorsque je débute une série, j’aime bien aller au bout des choses et une nouvelle fois, je vais devoir faire des économies pour me procurer les tomes à venir. Maintenant, le problème est le suivant, Le grand jeu méritait-il vraiment que d’autres tomes ? En fait, oui et non comme je vais vous l’expliquer.

Indéniablement, comme cela avait été dit pour les deux premiers volumes de la série, le lecteur ne se trouve pas là devant une grande série, loin de là. Pour ce qui est de Pécau, il est évidant que celui-ci à déjà fait beaucoup mieux et si vous deviez faire des choix, ne serais ce que pour des raisons économiques (qui sont encore les meilleures a bien y réfléchir), autant en rester à L’histoire secrète ou mieux, Empire (pour ce qui est de Keltos qui promet beaucoup, attendons la suite pour en juger). Maintenant, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas… euh, dit (désolé pour la répétition) : Le grand jeu n’est pas un étron quelconque sans aucun intérêt, loin de là une telle idée. Disons plutôt que cette BD, au demeurant sympathique et au concept de départ, la victoire rapide des démocraties occidentales sur le Reich des 1940 (concept qui, il me semble, n’a jamais été utilisé ?), fort original, pèche énormément par une habitude de Pécau qui peut vite devenir une tare, son habitude de nous abreuver d’une dizaines de références par page, ce qui fait qu’au bout d’un album, le lecteur, qu’il les connaisse ou pas, frôle l’indigestion. Et dans Le grand jeu, on n’y échappe pas et tout y passe : croyances occultes des nazis, divisions tibétaines SS, mythe de la Terre creuse, de l’Atlantide et de… Cthulhu (sic !), loups garous, super héros fascistes, armes secrètes nazis, soucoupes volantes nazis et… autres, anciennes civilisations, extraterrestres, etc. etc. etc. Ouf ! J’en passe et des meilleurs ! Bien évidement, tout cela a une raison, ou plutôt une origine : Le matin des magiciens, de Powells et Bergier, celui-ci jouant un rôle important dans la trilogie, ce qui plaira certes aux amateurs de cet inimitable et original personnage, mais laissera les autres indifférents. Car avant tout, voila ce qu’est Le grand jeu, un hommage à Jacques Bergier. Alors, forcement, ceux qui le connaissent seront aux anges et surtout, ne seront pas dépaysés au milieu de tout ce fouillis, pour ce qui est des autres, bien plus nombreux, c’est un tout autre problème et ceux-ci risquent vite de se lasser. Et d’ailleurs, pour eux, peu sont ceux qui auront tenus jusqu'à ce fameux tome trois.

Et pourtant, c’est dommage. Car cette Terre creuse, finalement, dans la lignée de ces prédécesseurs, possède néanmoins des qualités qui, à défaut d’en faire une grande BD inoubliable, n’en reste pas moins agréable, conclut bien la série, telle qu’elle était jusque là, et j’y aie pris un plaisir certain à la lire. Alors bien sur, les personnages sont un peu trop stéréotypés pour être honnêtes, et manquent franchement de charisme, c’est une certitude, certains raccourcis sont un peu faciles quant aux dialogues, on ne peut pas dire que ceux-ci volent véritablement bien haut. Pourtant, comme l’on peut se plaire, parfois, à regarder un nanard cinématographique, l’on lit Le grand jeu comme une bonne petite série B, comme un agréable passe temps, sans prise de tête. Une idée de départ très originale, un univers intéressant, un hommage qui fera plaisir aux amateurs de Bergier et des dessins, car il faut savoir rendre hommage à l’artiste, de Pilipovic qui mettent le tout en valeur, sans atteindre, il faut le reconnaître, des sommets dans le genre. En fait, le véritable problème qui se pose, c’est ce que je vous disais en préambule de cette critique, Le grand jeu méritait il d’avoir d’autres tomes ? Il est temps de répondre à cette question.

Tel qu’il nous est proposé, franchement, non. Personnellement, il me semble évidant que les auteurs auraient mieux fait d’en rester là, après tout, que vont-ils bien pouvoir ajouter à l’intrigue a part créer une autre histoire dans un autre lieu du monde (en Indochine comme le laisse supposer la fin ?). Ceci serait loin d’être indispensable. Par contre, et là, je touche a l’un des plus gros défauts de l’œuvre dans son ensemble, le tout est si vite expédié, les références sont si nombreuses et finalement, a peine abordées, que l’on arrive aux dernières pages de la Terre creuse avec un sentiment de manque, d’inachevé, en se disant que si Jean Pierre Pécau s’était un peu plus investit, il aurait put nous créer une œuvre d’un tout autre acabit. Car il est indéniable que toute cette intrigue aurait méritée d’être plus approfondie, et là, l’on aurait justifié d’autres tomes. Au lieu de quoi, pour faire une comparaison cinématographique, on a l’impression de se retrouver devant un film où se bousculent milles idées en une heure vingt, alors qu’il y avait de la place pour deux heures, deux heures et demi. Dommage, car tant ce troisième tome, La Terre creuse, que la série en général, ne m’a pas laisser totalement indifférent. Peut être est ce dut au fait que je suis un habitué des « croyances Bergiennes », probablement même, mais cet arrière gout d’inachevé m’a laisser sur ma faim. Attendons désormais ce que sera la suite de ce Grand jeu, sans une grande impatience, certes, mais avec une certaine curiosité.
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