dimanche 19 février 2012

ALBATOR 84 : L'ATLANTIS DE MA JEUNESSE



ALBATOR 84 : L'ATLANTIS DE MA JEUNESSE

Début du XXe siècle, un homme survole la Nouvelle-Guinée vers Rabbaï à bord de son avion, l'Arcadia. Il tente de passer la montagne Stanley, mais les turbulences sont trop fortes et il s'écrase. Fin du XXXe siècle, la Terre est asservie par les humanoïdes. La misère règne et les Terriens n'ont ni la volonté ni les moyens de se révolter. Seule une radio clandestine, La Voix de la Liberté, entretient un mince espoir. Un jeune capitaine, Albator, revient de mission et pose de manière catastrophique son appareil, L'Ombre de la Mort, pour le rendre inutilisable. À son débarquement, il est accueilli par Zoll, un tocargien, qui lui demande d'aller faire son rapport deux heures plus tard. Avant d'y aller, il part dans les bas-fonds de la cité pour aller retrouver sa compagne, Maya, aussi appelée « La Rose » et voix de la radio clandestine. Ensuite il se rend au commandement suprême des humanoïdes sur la Terre, où il est réprimandé et mis à pied. Il reçoit ses tickets de rationnement des mains de Mima puis se rend dans un tripot où il rencontre Alfred, un ingénieur appartenant aussi aux forces terriennes, qui rêve de se révolter, et Emeraldia qui commande le Queen Emeraldas. C'est le début d'une amitié éternelle entre les deux hommes et d'une grande histoire d'amour entre Alfred et Emeraldia. Suite à une bagarre, les deux hommes sont arrêtés par Zoll, qui les soumet à un appareil qui révèle le lien qui les unit. Environ 3000 ans plus tôt, leurs aïeuls se sont rencontrés lors de la Seconde Guerre mondiale et se sont entraidés. L'Albator de cette époque donne à Alfred l'appareil de visée reçu de son père qui s'est écrasé en Nouvelle-Guinée quelques années plus tôt.


Il y eut un temps, désormais très lointain, que les plus jeunes d’entre vous ne peuvent connaitre ; en cette époque, devenue depuis culte, de formidables dessins animés étaient diffusés sur nos écrans, qui étaient alors au nombre de trois : TF1, Antenne 2 et FR3 – rien que les noms, si ce n’est le premier, toujours d’actualité, pourraient paraitre étranges aux oreilles de bon nombre d’entre vous. Cette époque, donc, n’a rien à voir avec celle du Club Dorothée – pourtant exceptionnelle en soit également – car elle est encore plus ancienne ; oui, une époque bénie allant, grosso modo, de la fin des années 70 au début des années 80 et où, les plus âgés, ceux de ma génération donc, furent indéniablement marqués par des titres comme Goldorak, Capitaine Flam, Les mystérieuses citées d’or mais aussi, ce qui nous préoccupe aujourd’hui, l’inoubliable Albator ! Quatre dessins animés légendaires – parmi tant d’autres – symbole même d’une époque aujourd’hui révolue et qui, chacun dans son style, firent, finalement, ce que je suis aujourd’hui. Bien évidemment, par la suite, d’autres vinrent, tout aussi bons, mais encore aujourd’hui, après trente ans passés, si je ne devais en citer qu’une poignée d’incontournables, cela serait forcément ceux-là.


Et parmi ceux-ci, comment ne pas démarquer Albator ? Ah, le légendaire Capitaine corsaire, le pirate de l’espace, l’un des héros les plus classieux qu’il m’a été donné de voir, avec sa longue cape, sa cicatrice, son bandeau sur l’œil droit et ses cheveux au vent ; et puis, son vaisseau, l’Atlantis, ou plutôt ses vaisseaux, puisque, entre la série des années 70 et celle qui suivit quelques années plus tard – Albator 84 en France – ce n’étaient pas les mêmes, comme les ennemis du pirate au grand cœur : d’abord les Sylvidres, des extraterrestres mi- humaines mi- plantes, puis les terribles humanoïdes, quoi que, chronologiquement, c’est le contraire. Et donc, Albator avec ses combats spatiaux, ses compagnons (Alfred, Miimé, Emeraldas et les autres), ses ennemis implacables, son coté baroudeur seul contre tous et ses grands sentiments, marqua a tout jamais l’enfant que j’étais, avec donc, deux séries mais aussi, un film. L’Atlantis de ma jeunesse, car tel est son titre.

Pour la petite histoire, la toute première fois que je l’ai vu, je ne savais même pas qu’il s’agissait d’un film : en effet, lors de la diffusion d’Albator 84, nos amis d’Antenne 2 crurent bon de diffuser celui-ci a la suite des épisodes de la série, ce qui, alors que je devais avoir dans les dix ans environ, me troubla pas mal : hein, quoi, mais il n’était pas mort Alfred ? Mais, ce n’est pas ses origines à notre bon vieux capitaine ? Tient, c’est donc comme ça qu’il a perdu son œil Albator ! Et qu’il a eu son vaisseau… bref, tout un tas de révélations un peu passé de côté puisque, malheureusement, je n’avais pas pu tout regarder à l’époque, à mon grand regret. Mais malgré tout, pendant toutes ces années, j’avais gardé en mémoire quelques scènes, parmi les plus marquantes, comme celle de la blessure à l’œil d’Albator, forcément, mais aussi les passages avec ses ancêtres, qui, à ma grande surprise d’alors, se révélaient être… allemands, l’un d’eux ayant même été pilote pendant la seconde guerre mondiale – détail qui avait alors choquer le très jeune enfant que j’étais qui avait alors une vision du monde qui se limitait a gentils d’un côté, méchants de l’autre, le gris et les toutes les nuances étant, comment dire, inexistantes. Mais bon, comme je vous l’ai dit, les années sont passées, je n’avais que quelques souvenirs de ce fameux film dont, pendant longtemps, je ne me doutais même pas que c’en était un. Et puis, il y a quelques jours…


Est-ce qu’il faut appeler un énième effet de ma nostalgie de mon enfance qui ne me quitte pas depuis quelques mois ou tout simplement un coup de cœur subite, mais, lundi dernier, j’eu la terrible envie de me revoir ce fameux film, cet Atlantis de ma jeunesse que je n’avais vu, donc, qu’une seule et unique fois – et encore, pas entièrement – il y a près de trente ans. Et, immédiatement, suite à un tour rapide sur Priceminister (histoire de faire de la pub), je me suis procurer ce film que j’ai donc reçu quelques jours plus tard et que j’ai vu il y a quelques heures à peine. Et sincèrement, quel bonheur de retrouver Albator, quel plaisir de revoir un personnage, un univers (œuvre du légendaire Leiji Matsumoto), une ambiance qui, malgré le poids des années, n’a finalement pas pris une ride. Car indéniablement, ce qui ressort immédiatement à la lecture de ce film, c’est sa grande qualité ; certes, il faut se remettre dans le contexte – nous sommes au début des années 80 et graphiquement, d’énormes progrès seront effectués par la suite – mais pour l’époque, force est de constater que c’est tout bonnement superbe : bien évidement, le style de la série y est pour beaucoup, mais comment ne pas louer le travail effectué par les équipes de la Tōei Animation, alors au sommet de leur art. Et puis, il y a le scénario, captivant au possible pour les fans de la série qui ne peuvent que se réjouir de découvrir – ou plutôt redécouvrir – les origines du plus célèbre des corsaires de l’espace, et ce, même si parfois – est-ce un effet de la traduction ou pas ? – certaines explications n’étaient pas très claires et que certains raccourcis scénaristiques étaient, comment dire, un peu trop faciles. Mais ces petits défauts, finalement mineurs, n’enlèvent rien au charme de ce qu’il faut bien être un excellent film tiré d’une non moins excellente (et légendaire) série, et franchement, je dois avouer que j’en ai pris plein les yeux au cours des deux heures, environ, que dura cet Atlantis de ma jeunesse.


Bien évidemment, pour apprécier au mieux ce film – mais cela est valable pour la, ou plutôt, les séries – il vaut mieux avoir un certain âge, avoir connu cette fameuse époque bénie dont je vous ai parlé au début de cette critique, bref, être un indécrottable nostalgique dans mon genre – et je peux vous assurez qu’il y en existe des tas. Comment, nous sommes que des vieux cons qui ne vivons que dans le passé ? Hum, vous avez probablement raison les jeunes, mais sincèrement, quand je revois, après tant d’année, cet Atlantis de ma jeunesse, quand je revois avec plaisir un personnage aussi charismatique qu’Albator, un personnage depuis longtemps entré dans la légende (et qui, accessoirement, devrait revenir sur grand écran l’année prochaine !) et ben, cela ne me dérange absolument pas de passer pour un vieux con. Bien au contraire !

mercredi 15 février 2012

KILL BILL – VOLUME 1


KILL BILL – VOLUME 1

Dans la petite chapelle de Two Pines perdue au milieu du désert, à El Paso, au Texas, alors que se déroule la répétition d'une cérémonie de mariage, des assassins surgissent et tirent impitoyablement et sans raison apparente sur toutes les personnes présentes. La Mariée, qui est enceinte, survit à ses blessures mais sombre dans le coma. Toutefois, la Mariée n'est pas une personne ordinaire. Autrefois tueuse à gages dans une organisation secrète, le Détachement International des Vipères Assassines, elle est une combattante hors pair. Sortant du coma quatre années plus tard, elle n'a plus qu'un seul but, se venger de ses anciens complices, dans lesquels elle a reconnu les assassins de Two Pines, et surtout, tuer Bill, leur chef, qui est également le père de son enfant.


Kill Bill – Volume 1
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Musique : RZA
Production : Miramax Films, A Band Apart
Genre : Action, Thriller, Arts Martiaux
Titre en vo : Kill Bill – Volume 1
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 10 octobre 2003
Durée : 111 mn

Casting :
Uma Thurman : Beatrix Kiddo, alias La Mariée alias Black Mamba
Lucy Liu : O-Ren Ishii, alias Cottonmouth
Vivica A. Fox : Vernita Green, alias Copperhead
Daryl Hannah : Elle Driver alias, California Mountain Snake
David Carradine : Bill
Michael Madsen : Budd alias, Sidewinder
Julie Dreyfus : Sofie Fatale
Chiaki Kuriyama : Gogo Yubari
Sonny Chiba : Hattori Hanzo
Gordon Liu : Johnny Mo
Michael Parks : le ranger Earl McGraw
James Parks : Edgar McGraw, le fils du ranger
Michael Bowen : Buck
Kenji Ōba : le serveur chauve du bar à sushis

Mon avis : Il m’aura fallut bien des années pour que je me décide enfin a m’intéresser à Kill Bill – volume 1, premier volet, selon moi, du chef d’œuvre absolu de la filmographie du fantasque Tarantino, cela, pour le simple fait que plus jeune, je n’éprouvais guère de sympathie pour le réalisateur, ne comprenant pas pourquoi un tel engouement a son sujet, et ce, en raison d’une mauvaise expérience avec Pulp Fiction, film qui, lors de sa sortie, ne m’avait pas laisser un grand souvenir. Bien sur, en vieillissant, mon opinion a l’encontre de Tarantino a pas mal évolué, mes gouts également, d’où, bien des années plus tard, mon enthousiasme certain pour ce fameux Kill Bill. Eh bien, comment dire, je ne sais pas, vous qui pouvez aimer ce film, vous qui pouvez forcément avoir des gouts si différents des miens, un autre vécu, une autre culture cinématographique, pourquoi, vous aimer Kill Bill ? Après tout, il peut exister moult raisons de tomber amoureux de cette œuvre. Mais personnellement, je comprends parfaitement le crédo de Tarantino qui présentait ce film comme étant une œuvre faite par un fan pour les fans d’un certain, ou plutôt, de certains genres de cinéma : cinéma hongkongais d'arts martiaux, chanbara japonais, films d'exploitation et western spaghetti, les références et les hommages sont tellement légions, que, parfois, la frontière entre clin d’œil et pompage et rapidement franchie. Et, quelque part, selon moi, pour pouvoir parfaitement apprécier Kill Bill à sa juste valeur, comment ne pas avoir été un ancien fan de tous ces genres, avoir été abreuvé, au fil de son adolescence par une multitude de films improbables d’arts martiaux qui, avec les années écoulées, pourraient paraitre terriblement ringards de nos jours, mais qui, franchement, m’avaient bien plus marqués que je ne le pensais. Juste un exemple, tout bête : un vieux film dont je ne me souviens même pas du nom, à mon grand désespoir, vu il y a des lustres, où un pauvre élève d’une école d’arts martiaux décimée par des méchants pas beaux et qui perd un bras dans l’histoire, s’entraine comme un dingue et par se venger, se tapant au passage toute une flopée de grands maitres des diverses disciplines avant de tomber en tuant le sale type qui avait tuer son maitre. Oui, je sais, dit comme cela, ça a franchement l’air débile, mais ce film, au titre inconnu (si quelqu’un le connait, qu’il me le dise, je lui en serais éternellement reconnaissant), ce scénario, franchement limite débile, bah, ce n’est pas si éloigné de Kill Bill quand on y pense. Car finalement, qu’est Kill Bill, malgré le fait qu’il ait été tourné en l’an 2000 avec la technologie et les effets spéciaux de l’époque, une image bien plus nette et clinquante et tout le tralala qui va avec, si ce n’est qu’un film d’arts martiaux, avec la vengeance en ligne de mire – ah, la vengeance, rien de tel pour un bon scénario – comme on en faisait dans les années 60 et 70 ? Pas n’importe lequel, j’en conviens, le plus bel, le plus spectaculaire hommage rendu à un genre aujourd’hui obsolète mais qui, en son temps, connu un véritable âge d’or. Alors, que vous dire de plus de ce Kill Bill – volume 1 ? Vous parlez de la profondeur du scénario serait bien évidement exagéré ; après tout, et ce n’est pas une surprise, ceux qui chercheraient une quelconque réflexion dans celui-ci, ceux qui ne peuvent se passer de cogiter devant un film passeront leur chemin puisque ce film n’est pas fait pour eux. Mais est-ce néanmoins critiquable en soit ? Je ne le pense pas. En effet, et je pense que l’on a parfois tendance à l’oublier, le cinéma, c’est aussi cela : de purs moments de délires, sans aucune prise de tête et qui nous en mettra plein les yeux – et c’est quelqu’un qui aime la réflexion et la profondeur qui dit cela, mais je suis aussi ce genre de personne qui, de temps en temps, ne daigne pas décompresser un peu, et, franchement, ce premier volet de Kill Bill est tout bonnement parfait pour cela. Ensuite, que pourrais-je ajouter ? Le scénario, bien évidemment, tient sur un timbre-poste : une femme laissée pour morte le jour de son mariage décide de se venger et part tuer tous ceux qui sont responsables de ses malheurs. Vu mille fois, sans surprise, force est de constater que ce n’est pas de côté-là que le film fonctionne. Non, là où le sieur Tarantino fait fort, c’est par les innombrables hommages présents de bouts en bouts, quasiment à chaque scène, chaque dialogue, chaque seconde d’une bande son de folie ; ceux-ci sont tellement nombreux et, tellement marquants pour ne pas dire géniaux, que tout vieux fan de cinéma du genre – ici, de films de samouraïs ou de Kung Fu – ne pourra qu’être aux anges. Ainsi, que ce soit la plus évidente, la combinaison jaune d’Uma Thurman calquée sur celle de Bruce Lee dans Le jeu de la mort, le générique, d’un kitch absolu mais qui rappellera bien des souvenirs aux plus vieux d’entre nous – ah, les frères Shaw et le cinéma Hongkongais – qui auront, bien entendu, fait le lien entre les masques des 88 fous et celui du Frelon Vert, autre série culte avec… Bruce Lee, mais aussi, la scène où la mariée essaie de vaincre sa paralysie et qui renvoi à un vieux film de John Ford, L'aigle vole au soleil avec John Wayne, les nombreux liens avec d’anciennes œuvres de Tarantino, en particulier Pulp Fiction, les clins d’œil – via la citation du début « La vengeance est un plat qui se mange froid » - aussi saugrenus a Star Trek, ainsi que la participation de véritables légendes comme l’acteur, Kenji Ohba, qui joua le rôle de X Or (ah, que de souvenirs) où celui, Sonny Chiba, dans le même rôle, de Hattori Hanzo dans de multiples films, force est de constater qu’avant toute chose, ce premier volume de Kill Bill est bel et bien le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à tout un genre de cinéma, et que, sur ce point, c’est une parfaite réussite. Formidablement jouissif, spectaculaire, inoubliable,  portée par un rythme a cent a l’heure, servit par une flopée d’acteurs tout bonnement excellents – Uma Thurman étonnante et Lucy Liu superbe – et qui magnifient l’ensemble, Kill Bill – volume 1, dans un genre complètement à part, est probablement l’un des plus grands moments de cinéma de la décennie précédente – et c’est un vieux détracteur de Tarantino qui vous le dit. Bien évidemment, selon moi, être un connaisseur du genre (enfin, des genres) auquel il rend hommage est un plus non négligeable pour pouvoir en apprécier toute la subtilité et les innombrables clins d’œil qui parsèment cette œuvre. Ici, le cinéma asiatique de l’âge d’or est à l’honneur, dans le volume 2, il sera temps de nous tourner vers le western a la Sergio Leone – d’où, l’intérêt, justement, que les deux films soient séparés – mais ceci est déjà une autre histoire ...


Points Positifs :
- Probablement l’œuvre la plus abouti de Tarantino et, accessoirement, celle où le crédo « un film de fan pour les fans » sonne le plus juste tant Kill Bill fourmille de multiples hommages a tout un tas de longs métrages et a un certain cinéma aujourd’hui un peu tombé en désuétude – les films d’arts martiaux.
- J’ai rarement vu un film aussi jouissif et où on ne s’ennui pas une seconde du début a la fin : bourré d’adrénaline, sexy en diable, le premier volet de Kill Bill n’est certes qu’une longue succession de combats rythmés a 100 a l’heure mais captivant au possible.
- Un casting d’enfer, bien sur, mais avec, au sommet, une Uma Thurman éblouissante. Mais bon, reconnaissons que les autres, Lucy Liu, Daryl Hannah, entre autres, ne sont pas en reste.
- Que de références dans ce film : du costume a la Bruce Lee aux plus infimes, le fan du genre sera aux anges et s’amusera à les reconnaitre.
- C’est fou comment Tarantino, en partant d’un scénario qui tient sur un timbre poste réussi à en faire un grand film.
- Les scènes de combat, impressionnantes au possible et dont on ne se lasse pas… avec, bien entendu, le duel entre Uma Thurman et Lucy Liu en tête d’affiche.
- Comme toujours avec Tarantino, une bande son du tonnerre !

Points Négatifs :
Kill Bill est un film qu’on adore ou qu’on déteste, il ne peut pas y avoir de demi-mesure avec cette œuvre, et, franchement, les allergiques du genre passeront rapidement leur chemin, ne voyant là qu’un étalage de scènes d’actions toutes plus improbables les unes que les autres.
- Je pense qu’il faut posséder une certaine culture cinématographique pour apprécier a sa juste valeur une telle œuvre, ne serais-ce que pour toutes ses références…

Ma note : 9/10

mardi 14 février 2012

Dr House saison VII



Allez, une bonne fois pour toutes, il est temps que j’annonce le véritable événement de ce mardi 14 février 2012 : non, ce n’est pas la Saint Valentin, n’en déplaise aux amoureux et autres adeptes des boites de chocolat en forme de cœur et de nounours portant un oreiller où il est écrit « je t’aime », non, ce n’est pas le retour des Coupe d’Europe, événement sportif de la plus grande importance, j’en conviens, mais qui, après tout, n’est rien d’autre que les tous premiers matchs allers de deux tournois qui ont encore quelques mois devant eux. Non, l’évènement de ce 14 février 2012, celui qui, à mes yeux, est incontestablement le plus important, c’est bien évidement le début de la diffusion de la septième saison de l’inimitable Dr House !

Et oui, la vie est une question de priorités et, aussi dur puis-je paraitre en disant cela, dire « je t’aime » a sa moitié, on peut le faire tout le restant de l’année et pas uniquement quand les commerçants nous l’imposent, quant au foot, autant je peux aimer ce sport (et je suis un fou de football de clubs) autant je dois reconnaitre que du foot, et ben, on en a presque toute l’année. Par contre, le début d’une nouvelle saison de Dr House, reconnaissons que ce n’est pas tous les jours que l’on fête un tel événement, et celle-ci, la septième déjà – comme le temps passe vite décidément – promet énormément puisque, pour les fans de cette excellente série, si vos souvenirs sont exacts, la précédente s’était achevée avec la déclaration d’amour tant attendue depuis… oh, au moins la disparition des dinosaures, entre notre cynique et irascible docteur et sa supérieure, Lisa Cuddy. Bref, un événement attendu de longue date, prévisible comme cela arrive souvent dans bien des séries et qui, accessoirement, est souvent casse gueule : en effet, bien souvent, une série fonctionne justement parce que les deux protagonistes ne couchent jamais ensemble. Une fois le pas franchis, c’est parfois la débandade…


Enfin bon, on verra bien ce que donnera cette septième saison de mon docteur préféré et où mènera cette relation même si, grand idiot incapable de réfréner sa curiosité, je m’étais renseigner sur la chose dès la fin de la saison précédente – je vous en conjure, si vous ne l’avez pas encore fait, si vous n’en savez rien, ne faites pas comme moi, rien de tel qu’un tel acte pour vous gâcher le plaisir de la découverte. Quoi qu’il en soit, vivement ce soir donc pour les débuts de Dr House saison 7 avec mes personnages préférés, le bien trop gentil Wilson, la trop amoureuse Cuddy et, bien évidemment, le plus que détestable mais tellement génial est attachant Dr House !

Historia n°700 : Ces grands hommes qui ont fait l’Histoire



Ce n’est évidemment pas tous les jours que l’on fête un numéro 700 (bon, pour être tout à fait exact, c’est pareil pour n’importe quel numéro, que ce soit le 658, le 437 etc.) et même si un tel chiffre n’est pas aussi marquant que peut l’être un 100, un 500 ou un 1000 (quoi que, à celui-là, il faut y arriver !), force est de constater que c’en est pas moins un événement que l’on peut qualifier d’exceptionnel pour une revue. Et pour ce qui est des revues historiques françaises, nul doute qu’Historia occupe une place à part : déjà, c’est la plus ancienne, ensuite, la qualité de celle-ci est incontestable et ce, même si ce n’est pas forcement ma préférée. Et donc, ce numéro 700, qui date déjà de la lointaine année 2005, je viens de finir de le relire et, histoire de marquer le coup, en plus du sommaire habituel que je vous propose toujours dans ma rubrique Presse, j’ai également souhaité publier l’édito – ci-dessous – de celle-ci :

Un numéro 700, ça se fête ! Cocktail et mondanités, ce n'est pas l'esprit de la maison. A Historia, nous préférons partager ce moment avec nos lecteurs. Avec bonne humeur et simplicité. D'où ce dossier consacré aux grands personnages de l'Histoire. Son principe ? Celui du célèbre jeu des 7 familles : stars, spirituels, politiques, artistes, savants, conquérants et voyageurs. Au sein de chaque famille, six membres retenus par ordre de notoriété et présentés par un auteur de renom. Soit 42 figures illustres. Et forcément des oubliés de marque. Lesquels ? A vous de nous le dire sur notre site http://www.historia.fr/ ou en nous écrivant. Nous avons imaginé ces pages comme un remerciement ludique à  votre fidélité depuis quatre-vingt-quinze ans. Notre vœu le plus cher : que vous nous renouveliez ce bail. Au commencement, nous nous appelions Lisez-moi Historia. C'était en 1909. Une idée d'avant-garde d'un éditeur libraire, Jules Tallandier. « On a toujours aimé les lectures unissant à  l'agrément de la forme l'attrait de révélations saisissantes ou piquantes sur des personnages du passé », proclamait ce premier numéro. Loin, très loin des cénacles austères et des écrits d'initiés. Près d'un siècle plus tard, ce credo n'a pas pris une ride.

Historia n°700 : Ces grands hommes qui ont fait l’Histoire
Avril 2005

Ces grands hommes qui ont fait l’Histoire
Les stars
1. Napoléon
2. De Gaulle
3. Louis XIV
4. Kennedy
5. Ramsès II
6. Mandela
Les politiques
1. Henri IV
2. Talleyrand
3. Clemenceau
4. Louis XI
5. Catherine de Médicis
6. Aliénor d'Aquitaine
Les voyageurs
1. Marco Polo
2. Christophe Colomb
3. Magellan
4. Alexandra David-Neel
5. Charcot
6. Théodore Monod
Les artistes
1. Léonard de Vinci
2. Mozart
3. Victor Hugo
4. Michel-Ange
5. Homère
6. Molière
Les spirituels
1. Jésus
2. Moïse
3. Mahomet
4. Bouddha
5. Luther
6. Confucius
Les conquérants
1. César
2. Alexandre le Grand
3. Genghis Khan
4. Attila
5. Cortés
6. Neil Armstrong
Les savants
1. Pasteur
2. Einstein
3. Galilée
4. Pythagore
5. Isaac Newton
6. Marie Curie

Egalement au sommaire :
- L’inédit du mois : Les bons comptes de la favorite.
- Evènement : Course au large.
- Actualité : Seznec, vers la réhabilitation ?
- Le Louvre décentralisé à Lens en 2009.
- Camilla ne sera jamais reine d’Angleterre.
- Moments d’Histoire : Les Charitables, croque-morts de Béthune.
- France-Turquie : une alliance de revers.
- Paris 1855, capitale mondiale du progrès.
- Les socialistes font cause commune du peuple commune.
- L’art de l’Histoire : Caillebotte, photographe haussmannien.
- L’esprit des lieux : L’œil de Gambetta sur Cahors.

Ceci étant dit, qu’en est-il véritablement de la qualité de ce fameux numéro 700 au contenu si alléchant ? Car bon, après tout, ce qui compte, ce n’est surement pas un sommaire qui a de la gueule mais les articles en eux-mêmes, et là, on va s’apercevoir rapidement que, malgré ce que l’on pouvait penser, le résultat ne sera pas forcement à la hauteur de nos attentes ; du moins, ce fut mon cas, je dois le déplorer. Je passerais rapidement sur les articles divers, qui composent ce numéro 700 et qui ne m’ont pas intéressé outre mesure, sauf celui qui traite des relations pour le moins ambiguës entre François Ier et Soliman le Magnifique, qui firent scandale à l’époque (vous imaginez, un roi chrétien allié a l’ennemi mortel, le musulman !?) et qui, selon moi, mériteraient presque un hors-série tant le sujet est intéressant pour m’attarder sur le dossier de ce sept centième numéro d’Historia, leur fameux jeu des sept familles. Bon, l’idée en soit n’est pas spécialement mauvaise, je le reconnais et cela peut être un bon moyen, après tout, de permettre aux novices en Histoire de se faire rapidement une idée des figures les plus marquantes de celle-ci. Sauf que, justement, c’est là que le bât blesse puisqu’il est toujours fort périlleux de se lancer dans de tels choix, tellement réducteurs et qui, forcément, ne pourront plaire à tous les lecteurs : ainsi, selon nos origines, nos périodes historiques préférés et nos propres opinions, quelque part, chaque amateur d’Histoire a sa propre liste de grands de ce monde qui, bien entendu, ne sera pas la même que celle des autres. Mais le problème qui se pose ici, c’est qu’en plus d’un choix rédactionnel, peut être discutable mais après tout compréhensible (puisqu’il est impossible de mettre tout le monde d’accord), ce qui choque le plus et, quelque part, est tout bonnement impardonnable, c’est cette fichue habitude franco-française à privilégier leurs propres « grands hommes » ; bien évidemment, cela est de bonne guerre et la France n’est pas le seul pays à agir de la sorte (il suffit de penser aux USA par exemple et leurs sale habitude de croire qu’en dehors d’eux, rien n’existe) mais quand on voit certains noms présentés dans cette liste, et surtout, qu’on constate avec regret ceux des absents, il est difficile de ne pas estimer que sur ce coup, Historia fut bien trop chauvin : allons bon, Molière a la place de Shakespeare ? La bonne blague ! Neil Armstrong dans les conquérants, franchement, ce n’est pas un peu exagéré ? Nelson Mandela ? Non mais il fait quoi ici ? Autant de dirigeants français (8 et je ne parle pas des autres) alors que franchement, pour une liste aussi réduite, seul Napoléon et Louis XIV justifiaient leur place, c’est un peu se moquer du monde. Du coup, ce numéro anniversaire, qui avait franchement tout pour lui m’apparait au final comme une grosse déception, et ce, suite à un choix plus que discutable de la rédaction pour ce qui est des figures historiques les plus marquantes de l’Histoire. Bien évidemment, je sais pertinemment qu’un tel choix n’est jamais évidant à faire et que tout le monde peut trouver à redire, mais ici, cela me fait penser à ces émissions de télévision sensées nous présentées les plus grandes chansons de tous les temps et où, à 90%, ce sont des chansons françaises – surtout que, lorsque l’on sait que dès que l’on passe les frontières, les chanteurs et chanteuses françaises, franchement, ce n’est pas vraiment cela. Dommage pour un numéro 700, je pense qu’Historia méritait mieux que cela…

vendredi 10 février 2012

ÉON



ÉON

Le Caillou semble être un astéroïde entré par accident au début du XXIe siècle dans notre système solaire. Mais lorsqu'il vient se placer en orbite autour de la Terre, les Russes et les Américains doivent se rendre à l'évidence. Il s'agit d'un vaisseau spatial interstellaire de trois cents kilomètres de long. Les sept chambres immenses qu'il recèle abritent des villes entières, désertes. Mais pleines de merveilles technologiques et de bibliothèques contenant des livres d'histoire, rédigés dans toutes les langues de la Terre, qui décrivent un avenir terrifiant. Où sont passés les habitants du Caillou ? Où conduit la dernière chambre qui semble avoir une profondeur infinie ? La grande tradition de la science-fiction échevelée, émerveillée, sidérante.

Depuis que j’ai débuté ce blog, il y a de cela quatre ans, j’ai pu vous proposer bien des critiques de romans de science-fiction et de Fantasy (une bonne centaine pour être exact) et si, je n’ai jamais fait le compte exact entre SF et Fantasy, surtout parce que pour certains ouvrages, la distinction n’est pas si évidente, il y a bel et bien une chose dont je suis sûr, c’est que je ne vous avais jamais parler d’un roman de Hard Science. Mais arrivé là, peut être que certains d’entre vous se demandent ce qui se cache derrière cette désignation et pour cela, rien de tel qu’une petite définition : « Le terme Hard Science pour science dure ou véritable science désigne une science-fiction crédible à forte plausibilité scientifique s'appuyant sur des technologies ou des inventions décrite avec une certaine rigueur. Les théories présentées dans ces récits sont basées sur les connaissances scientifiques de l'époque. » (Voir Poches SF) En gros, les romans de Hard Science, si l’on veut résumer grossièrement la chose, sont des ouvrages a l’écriture et lecture assez complexes mais aussi et surtout, bien plus crédibles d’un point de vue scientifique – même si, avec le temps qui passe et les découvertes, ce n’est plus vraiment le cas pour certains titres. Personnellement, je dois avouer que c’est un genre qui ne m’a jamais franchement attiré et, si parfois, j’ai pu lire certaines œuvres qui s’en approchaient, Éon est indéniablement le tout premier titre de cette catégorie auquel je m’attaque. Mais avant d’aller plus loin, une autre précision s’impose puisque cet ouvrage de Greg Bear se classe également dans un autre genre, assez connu lui aussi, celui des B.D.O. (pour Big Dumb Object) ou, en français, GTS (pour Grand Truc Stupide) qui a inspirer bien des auteurs au fil des décennies, parfois pour le meilleur, le plus souvent pour le pire, et qui, comme on peut le voir ci-dessous (voir dossier sur feu Le Cafard Cosmique) est assez répétitif en soit :

- un Très Gros Truc s’approche de la Terre. Astéroïde, vaisseau géant ? Mon Dieu, mais qu’est-ce que ça peut bien être ? En plus c’est tellement gros !
- Vite, envoyons une expédition de scientifiques américains [variation : on peut y joindre aussi quelques soviétiques] et allons-y voir de plus près.
- De près, nom de Zeus, c’est encore plus gros. Et surtout, quel mystère : il n’y a pas de sonnette à l’entrée, et dedans c’est tout vide... Mais que s’est-il donc passé ?
- Y a quelqu’un ? Ouh Ouuu ?? Non, y a personne. [Attention, c’est un critère important : dans un BDO, il n’y a JAMAIS personne. C’est ça qui créé le Mystère.]
- S’en suit une exploration méticuleuse de l’objet, qui défie évidemment toutes les lois de la physique et contient des trucs diiiiingues : au choix des machins qui clignotent dans le noir, des bestioles mécaniques qui remplissent des fonctions [oui mais lesquelles ?] ou des livres qui prédisent les pires catastrophes, mais comment ça se fait ?
- Ensuite deux possibilités. Soit l’auteur bluffe : il ne connaît pas plus que vous et moi l’origine du BDO, et il nous plante là en fin de roman, en laissant planer le Mystère. Soit il a bien une petite idée derrière la tête, mais il va lui falloir entre 3 et 16 tomes pour la développer : à vous de voir si vous avez la patience de vous accrocher...

Bref, au vu de ce que je viens de dire, la critique de ce premier tome du cycle d’Éon (car en plus, c’est un cycle, rassurez-vous, juste de trois tomes) ne démarre pas sous les chapeaux de roues et ne semble pas annoncer de grands moments de lecture en perspective, et si l’on ajoute à cela mon ton, un peu moqueur (oh, juste un peu), je pense que vous avez compris que la suite ne s’annonce pas rose pour l’œuvre du sympathique Greg Bear. Bien entendu, vous avez parfaitement deviné où je veux en venir…


Bon, avant toute chose, deux petites mises au point s’imposent avant de rentrer dans le vif du sujet : tout d’abord, je n’ai strictement rien à l’encontre de la Hard Science et même si ce premier essai ne s’est pas avéré concluant – bien au contraire – il faudra bien qu’un jour, je me relance dans une autre tentative du genre – après tout, j’ai dans ma bibliothèque L’échelle de Darwin, du même auteur, depuis cinq bonnes années et je ne l’ai toujours pas lu. Ensuite, pour ce qui est de cette histoire de « Grand Truc Stupide » dont je vous ai parlé précédemment, force est de constater qu’à la base, Éon rentre, du moins pour ceux qui ont apprécié cet ouvrage, dans les réussites du genre. D’ailleurs, avant que je ne descende en règle celui-ci, donnons à César ce qui est à César et reconnaissons que cela n’est que mon avis personnel et que bien d’autres lecteurs, eux, ont aimé et trouver tout un tas de qualités a Éon. Ce ne fut pas mon cas, dommage pour moi, dommage pour ce livre, mais, comme dirait l’autre, c’est la vie.

Si je suis dur, pour ne pas dire impitoyable avec cette œuvre, c’est que, quelque part, j’en attendais énormément. D’ailleurs, ne nous voilons pas la face, Éon avait tout pour être un grand roman de science-fiction ! Déjà, son synopsis : on peut se moquer du genre (grand truc stupide) mais avouer qu’un objet gigantesque qui semble avoir été créée par l’homme, et qui surgit comme ça, apparemment vide, dans notre Système solaire, créant forcement bien des interrogations quant à sa provenance, ça a quand même de la gueule. Ensuite, le début du roman est franchement enthousiasmant : les implications du contenu des fameuses et mystérieuses bibliothèques du Caillou quant à l’avenir de l’humanité – ce fameux conflit nucléaire entre USA et URSS qui ravagera le monde – le désarroi de ceux qui savent et qui, malgré leurs efforts, ne peuvent rien faire pour l’éviter, voir même, l’énigme que représente ce fameux astéroïde a de quoi enthousiasmer le lecteur. Certes, celui-ci aura pu être refroidi par le préambule du roman, qui essaie de nous présenter Éon comme une Uchronie vu que, entretemps, l’URSS est tombé et que, forcément, de conflit mondial, il n’y en eu point (encore heureux au demeurant) ; c’est, selon moi, pousser un peu trop loin le bouchon surtout que cela ne se justifie nullement : écrit avant la chute de l’empire soviétique, le contenu d’Éon n’est pas improbable. Après tout, étant suffisamment âgé pour avoir connu la guerre froide, l’éventualité d’une guerre nucléaire était alors envisageable. Depuis, l’URSS n’existe plus et je pense que le lecteur, plus jeune, n’est pas idiot et comprend parfaitement que si cela n’était pas arrivé, la guerre nucléaire décrite dans Éon était une chose qui aurait put – ou pas – arriver. Mais de la a nous le refourguer comme une Uchronie, franchement, faut pas se moquer du monde…

Mais bon, cela n’est pas le plus grave et n’est, finalement, qu’un point de détail qui n’a pas grande importance. Non, là où l’œuvre en elle-même est fortement critiquable, de mon point de vue, c’est pour, après un début plus que prometteur, tomber dans le grand n’importe quoi littéral. Bon, je passerais rapidement sur le style à l’américaine qui me saoule souvent ; ce côté militaire à outrance, ces poncifs du genre lassants au possible comme le fait que l’on sait, immédiatement, que l’héroïne, a un moment donné, couchera forcement avec le personnage masculin principal, et ce, même si cela est amener de façon absurde et que cela n’apporte strictement rien à l’histoire. Ensuite, et c’est bien plus grave, une fois passer le coté intéressant de la lecture, c’est-à-dire, le mystère entourant le Caillou, les recherches dans celui-ci, les bibliothèques, la connaissance du futur, la destruction de la Terre, bref, un tiers du récit, tout part en eau de boudin : Greg Bear nous sort toute une civilisation humaine issue du futur et nous perd complétement entre une multitudes de noms biscornues (au point que, jusqu’au bout, je n’ai jamais su, pour certains, qui était qui ?), de tendances religieuses ou politiques incompréhensibles et chiantes au possible, de faux coups de théâtre plus lassants qu’autre chose et d’explications scientifiques, de théories et moult hypothèses qui, sincèrement, m’on donner des sueurs froides. Surtout qu’il n’y a rien pour accrocher la lecture, pour donner envie de lutter pour aller au bout : les personnages sont insipides au possible, tous sans exception sauf le pauvre russe, Myrsky, qui part ses multiples interrogations, ses doutes et ses envies, est finalement assez sympathique. Hélas, Greg Bear ne lui donne qu’un rôle secondaire, s’attardant sur (Uncle Sam oblige) les personnages américains d’une fadeur affligeante : Lanier ne sert à rien et se lamente tout le temps et l’héroïne, Patricia, la mathématicienne, est tellement détestable et inintéressante qu’elle est tout de suite entré dans mon top ten de mes personnages les plus inutiles ; c’est dire ! Ajoutez à cela cette fameuse civilisation issue du futur, ou d’une autre dimension, ou des deux finalement assez ridicule – les mecs qui ressemblent à des serpents, la franche rigolade – et une fin tout bonnement pourrie, sauf le passage avec Myrsky (comme par hasard) et vous comprendrez tout le bien, ou plutôt le mal, que je pense d’Éon.

Sincèrement, cela m’arrive rarement de tomber sur un livre aussi décevant, mais bon, que voulez-vous, personne n’est à l’abris de lectures, comment dire, pénibles. Je l’ai certes fini, mais plus parce que je mets un point d’honneur à finir toutes mes lectures que par réel plaisir, bien au contraire. D’ailleurs, le dernier tiers de l’ouvrage fut une vraie souffrance, un long moment de solitude qui se prolongea bien trop longtemps à mon gout. En tout cas, avec Éon au moins, les choses sont claires : je n’irais pas plus loin que ce premier tome. Dommage en tout cas, avec un tel potentiel de départ, d’en être arrivé à un tel résultat décevant… 
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