jeudi 30 mai 2013

LE NOM DES GENS


LE NOM DES GENS

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

Le dimanche soir est sans aucun doute l’un des pires moments de la semaine et bien évidement, le fait que cela soit la fin de week-end y ait pour beaucoup, je ne le nie pas (car bon, comment dire, vous en connaissez des gens qui sont heureux de reprendre le travail le lundi vous ? Si c’est le cas, faites-moi savoir), cependant, la problématique du dimanche soir est amplifiée par une cause dont on se serait franchement bien passé : le fait que toutes nos chaines de télévision (et elles sont nombreuses) se passent le mot pour nous proposer quasiment ce qui se fait de pire sur le petit écran (de mémoire, seul le vendredi soir, jour honni entre tous va plus loin dans l’indicible). Du coup, et alors que rien ne vaut un bon petit film pour nous faire passer la pilule de la fin de week-end et préparer la semaine, la plus part, lorsque arrive ce fameux dimanche soir, c’est le néant le plus total et l’énervement est au rendez-vous. Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi, il fut un temps où il n’y avait que trois chaines en France, et chaque dimanche soir, sur TF1, il y avait un bon film – annoncé par un générique spécial qu’il faudrait que je retrouve – mais bon, on risque encore de me dire que je ne suis qu’un vieux nostalgique (pour etre poli) qui ne jure que par l’air « c’était mieux avant », ce qui n’est pas toujours exact, je le reconnais… quoi que… tenez, par exemple, alors que j’écris ces quelques lignes, ne suis-je pas en train d’écouter Rubber Soul des Beatles, ah, ça c’était de la musique !!! Enfin bon, je m’égare… Et justement, pour en revenir à nos moutons, curieusement (ou plutôt comme par hasard), ce dimanche, plutôt que d’avoir le choix entre un mauvais film et des tas de pseudos émissions débiles, trois films m’attiraient, enfin, particulièrement deux : le premier Star Trek, Tout sur ma mère ainsi qu’un certain Le nom des gens que mon épouse souhaitait absolument regarder. Du coup, devant ce choix plus que cornélien et après avoir protesté environ… euh… dix secondes, je me suis mis ventre en l’air en position de soumission et me suis laisser tenter par ce fameux Nom des gens.


Et bien entendu, comme cela m’arrive souvent, non seulement, je n’ai pas regretté mon choix (enfin choix est un bien grand mot mais bref), mais en plus, j’ai franchement apprécié ce film – chose qui, au demeurant, arrive souvent avec bon nombre de films français dont je n’attends pas grand-chose ; par contre, ceux dont on parle le plus, eux, c’est une autre affaire… Et même si au bout de quelques années, je ne devrais plus etre surpris, je ne peux m’empêcher de me dire que décidément, je suis incorrigible : c’est français, je ne veux pas le voir, si en plus c’est une comédie, c’est pire, puis, je me laisse faire et à la fin, je saute sur tous les toits en disant que c’est génial. Enfin bon, cela est sympa et au demeurant parfaitement révélateur d’une certaine folie qu’il y a en moi (ainsi que d’un certain scepticisme envers le cinéma français alors que, pourtant, plus le temps passe et plus je lui reconnais de la valeur) mais nous n’avons toujours pas abordé le film en lui-même ! Allez, trêve de bavardages inutiles et place à ce fameux Nom des gens !

Sorti au cinéma en 2010, j’avais entendu parler de ce film pour trois raisons : sa bande annonce qui ne passe pas inaperçue – Sara Forestier, ceux qui ont vu le film comprendront pourquoi – bien entendu, Jacques Gamblin, que j’avais apprécié dans un autre film, Le premier jour du reste de ta vie, probablement l’un des films que j’ai eu l’occasion de voir au cours de ma vie auquel je me suis le plus identifié, un film que j’ai adoré (et le mot est faible) mais que (voir critique), je me refuse de revoir, et, pour finir, la présence de Lionel Jospin en personne dans le film !!! Et oui, ce n’est pas une blague, notre bon vieux Lionel national, l’homme qui s’est fait dépasser par Le Pen lors des présidentielles de 2002 et qui s’était alors retiré de la vie politique, mais, accessoirement, un homme politique qui avait, en son temps, et a la tête du gouvernement, fait un travail plutôt bon, bref, notre Lionel Jospin jouait son propre rôle dans ce film ! Chose peu commune dans les œuvres de fiction, surtout venant de la part d’un homme politique. Mais en dehors de cela, et de l’affiche du film dont je me souvenais, c’était un peu la grande inconnue dimanche soir lorsque je me suis installé devant mon petit écran : et donc, et sans rentrer dans les détails, Le nom des gens nous propose les destins croisés d’une jeune délurée franco-magrébine complètement fofole, Sara Forestier, qui couche avec des hommes de droite pour les faire passer à gauche, prenant cela comme une mission sacrée et d’un homme mur complètement coincé, Jacques Gamblin, au nom tellement commun – Arthur Martin – qu’il est noyé dans la masse, dont la famille n’a jamais parler du sort des grands parents juifs et déportés pendant la guerre et dont la seule passion dans la vie est son travail, c’est-à-dire… bâillement… autopsier des oiseaux morts afin de découvrir s’ils sont porteur d’un quelconque virus afin d’appliquer, le cas échant, le fameux principe de précaution. Bref, tout un sacré joyeux drille que ce Arthur Martin surtout que, par-dessus le marché, celui-ci est un jospiniste convaincu, ce qui ne fait pas grand-chose pour arranger ses affaires, bien entendu. Alors certes, vous vous doutez bien qu’en se rencontrant, et même si cela ne sera pas facile, ces deux-là vont finir par s’apprécier, s’apprivoiser et s’aimer et que l’on aura droit à un happy-end, mais entretemps…


Personnellement, j’ai beaucoup ris en regardant ce Nom des gens, mais j’eu la surprise de découvrir que d’autres, eux, ont franchement détesté ce film, non pas pour de quelconques raisons cinématographiques – après tout, c’est un film sympa mais pas non plus un grand film et tout n’est pas parfait – mais davantage pour des raisons plus, comment dire, idéologiques et que je ne peux passer sous silence. Une certaine gauche, donc, aura tiré à boulets rouges sur cette œuvre sous le prétexte que dans celle-ci, deux visions des musulmans s’opposent : les bons, ceux qui sont intégrés à la société française, le plus souvent athées, qui boivent de l’alcool, mangent du cochon et dont les femmes ne portent pas le voiles et sont libres comme les occidentales, et les autres, les mauvais, les fameux communautaristes, croyants, voire très croyants, dont les femmes sont voilés et n’ont pas droit de citer et qui se plaignent tout le temps de racisme et de ne pas etre accepter par la société. Cette dualité, je ne le nie pas, existe bel et bien dans Le nom des gens, pourtant, a un moment donné, et sans tomber dans les caricatures faciles (car comme chacun sait, ou devrait le savoir, il y a des salauds partout), étant moi-même d’une génération qui a dans les quarante ans de nos jours, je me souviens parfaitement bien que ceux que l’on surnommait les beurs, dans les années 80, et ben, ça picolait, ça mangeait n’importe quoi, les filles ne portaient pas de voile et il n’y avait pas de barbu en djellaba qui se baladait dans les rues, un coran sous la main. Et franchement, on rigolait plus. De nos jours, ce n’est plus ainsi, comme chacun sait, mais personnellement, ayant autant de considération pour l’islam que je peux en avoir pour celle dont laquelle je suis né, la catholique, c’est-à-dire, que je m’en moque royalement, je vais peut-être choquer en disant cela mais franchement, je préférais l’ancienne génération, temps béni où Bible, Coran et Torah n’étaient pas brandis pour un oui ou pour un non. Et donc, justement, c’est cette opposition entre, quelque part, ces deux générations de musulmans, ou plutôt, de magrébins, entre les croyants purs et les durs et les je m’en foutiste qu’une certaine gauche, donc, à stigmatiser, accusant parfois (rigolons bien) le film d’etre de droite, voire carrément raciste… ce qu’il ne faut pas entendre…



Oui, ce qu’il ne faut pas entendre comme conneries crasses ! Le nom des gens est avant toute chose une comédie, et un point c’est tout, et sur ce point précis, elle fonctionne à merveille : les acteurs sont tout bonnement excellents – et sur ce point, une petite motion a Sara Forestier dans un rôle complètement déjanté – on rigole énormément et même si certains raccourcis sont faciles, même si l’on n’évite pas les grosses ficelles et pas mal de clichés, force est de constater que cela ne nuit en rien pour ce qui est de la qualité finale de l’ensemble. Reste bien évidement les accusations de la gauche que l’on pourra qualifier d’etre extrême : raciste Le nom des gens ? Allons bon, nous sommes en 2013 et comme le disait en son temps John Lennon : « Dieu est un concept ». Alors, il serait peut-être temps d’ouvrir les yeux, de ne plus croire en des religions (et je vise les vise toutes) qui interdisent ceci ou cela, de s’ouvrir aux autres, au monde, et de sortir de cet obscurantisme théologique qui n’apporte bien souvent que bien des malheurs. Quant au Nom des gens, c’est une superbe comédie, loin d’etre parfaite, certes, mais une belle ode à la joie, à l’ouverture mais aussi, histoire de clouer le bec une bonne fois pour toutes à ses détracteurs, antiraciste : après tout, comme il est dit vers la fin du film : « L’on est toujours l’étranger de quelqu’un d’autre ».

dimanche 26 mai 2013

Les Cahiers de Science & Vie 137 : L’an 1000, la première crise de l’occident ?


Il y a un peu plus d’une semaine, je publiais sur ce blog ma critique consacrée au cent-trente-sixième numéro de ce qui est sans contexte ma revue préférée, je veux bien évidement parler des Cahiers de Science & Vie qui parait chez chaque bon libraire environ toutes les six semaines, et après avoir suivis la vie quotidienne des romains sous l’Empire, ce nouveau numéro nous entraine quelques siècles plus tard, en plein Moyen-âge, et plus précisément à une date qui aura fait fantasmer bien des personnes depuis longtemps, le fameux an 1000. Mais avant d’aborder le contenu de ce numéro printanier des Cahiers, place, comme il est de coutume, au sommaire de celui-ci :

Les Cahiers de Science & Vie n°137 : L’an 1000, la première crise de l’occident ?
Mai 2013

L’an 1000, la première crise de l’occident ?
- Edito : An 1000, déjà la crise ?
- Cadrage : Naissance d’un monde interconnecté
- Galerie de portraits
- Interview : « La grande peur de l’an 1000 a eu lieu au XVIe siècle » de Dominique Barthélemy
I – En Occident
- Le fantôme des peurs de l’an 1000
- La naissance de la France
- La féodalité, une invention de l’an 1000 ?
- Le paysage médiéval se dessine
- Les instruments de la modernité
- Le temps des moines
- Le roman, un art tourné vers le divin
II – Dans le monde
- Empire Byzantin – Constantinople entre Orient et Occident
- Le monde arabo-musulman – Les capitales de la connaissance
- Inde – L’éclat des Cholas
- Chine – Le rayonnement de l’Empire Song
- Cambodge – Le faste des Khmers
- Afrique – Un âge d’or oublié
- Mésoamérique – La grandeur des Toltèques

La première constatation que l’on peut faire, et ce, avant même de se plonger dans la lecture de ce numéro, c’est que nous avons tout de même là un sujet plus que fédérateur ; en effet, cette fameuse année 1000, combien de fois n’en avons-nous pas entendu parler comme quoi il régnait à l’époque une atmosphère d’attente de fin du monde, que la population occidentale vivait sous la crainte du jugement dernier, que le 31 décembre 999, les églises furent pris d’assaut par une foule qui s’attendait à voir débarquer le Christ et que, lorsque survint finalement le premier janvier, ce fut un soulagement général pour tout le monde. Or, tout cela n’était qu’une belle légende, malgré ce que l’on peut encore lire parfois dans des magazines ou des sites peu sérieux, inventé quelques siècles plus tard, et, accessoirement, il est indéniable qu’il y eut bien plus de personnes qui ont craint la fin du monde pour l’an 2000 ou le 21 décembre 2012 que lors de ce fameux an 1000. Mais bon, comme chacun sait, les légendes ont la vie dure et même si dans ce numéro, on nous rappelle pour la énième fois que non, décidément non, les gens au Moyen-âge n’ont eu en aucune façon peur du passage de millénaire, l’on se doute bien que nombreux seront ceux à continuer  de croire le contraire.

Mais ce numéro ne se contente pas de s’attarder sur ses fausses peurs su sujet de l’an 1000, d’ailleurs, celles-ci n’ont droit qu’à quelques pages, car en fait, l’intérêt, ici, est justement de nous présenter ce qu’était le monde, et pas uniquement l’Europe, il y a mille ans : ainsi, l’on nous présente ce monde occidental qui quitte la période de transition post-Empire Romain et encore loin de sa grandeur à venir, et que l’on connait finalement si mal avec bon nombres d’articles plutôt intéressants, ainsi que, dans la seconde partie, bon nombre de civilisations de par le monde, et dont bon nombres (mais pas toutes) surpassent, et de loin, l’Europe occidentale a la même époque, comme, pour ne citer que les exemples les plus flagrants : la Chine, le monde musulman et l’Empire Byzantin. Bref, et une fois de plus, un excellent numéro des Cahiers de Science & Vie fort instructif et captivant, qui nous fait découvrir une période dont les fausses idées sur celle-ci font que, au final, on la connait pas si bien qu’on pourrait le croire ; un tournant de millénaire où l’Europe, finalement, était bien loin de ce qu’elle sera pas la suite – même si les bases de sa puissance à venir étaient posées – et où brillaient bien d’autres civilisations de par le monde, mais un numéro, aussi, qui nous rappelle une fois de plus que non, les hommes n’ont pas eu peur de la fin du monde à l’époque… mais bon, je pense que cette légende a encore de beaux jours devant elle…

lundi 20 mai 2013

JURASSIC PARK – 3D



JURASSIC PARK – 3D

Ne pas réveiller le chat qui dort. C'est ce que le milliardaire Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le «clonage» de dinosaures. C'est à partir d'une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire naître une dizaine de dinosaures. Il s'apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Elie à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c'était compter sans la cupidité et la malveillance de l'informaticien Dennis Nedry.


Il y a de cela vingt ans, deux décennies déjà (comme le temps passe vite), j’avais alors dix-huit ans et le grand film du moment, celui qui était sur toutes les lèvres, celui qui avait fait un carton outre-Atlantique et qui annonçait un sacré raz-de-marée dans nos vertes contrées était la dernière superproduction de Steven Spielberg : Jurassic Park ! Avec du recul, il est tout de même incroyable de se souvenir à quel point ce film, alors, fut à l’origine d’une petite révolution en cette déjà lointaine année qu’était 1993 : certes, les dinosaures n’avaient pas eu besoin d’attendre que Spielberg s’intéresse à eux pour qu’ils soient populaires puisque, depuis les débuts de la paléontologie, ceux-ci étaient indéniablement le fer de lance des animaux préhistoriques pour bien des enfants dans le monde ; pourtant, avec Jurassic Park, les dinosaures, déjà populaires, le devinrent encore davantage et, pendant des mois, ceux-ci furent sur toutes les lèvres, leurs noms, même les plus complexes, devinrent familiers de tous et les habituels suiveurs de mode (espèce pour le moins détestable, j’en conviens) se posèrent soudainement comme étant de grands amateurs des dinosaures. Et avec Jurassic Park, nous avons eu droit également, et comme il fallait s’y attendre, a moult jouets, figurines du film, tee-shirts arborant le logo avec le T-Rex, magazines spécialisés, émissions et même, forcément, nos dinos furent récupérés par la publicité, car bon, comme chacun sait, tous les moyens sont bons pour se faire de l’argent.


Bref, un sacré raz de marée de dinosaures qu’en cette année 1993, difficilement concevable de nos jours, mais qui eut bel et bien lieu. Cependant, dans mon cas, je n’avais pas eu besoin d’attendre Steven Spielberg pour etre un grand, un très grand fan des dinosaures : en effet, depuis ma tendre enfance, j’avais une grande passion, jamais démentie depuis, pour ces formidables créatures préhistoriques et, de tout temps ou presque, des noms comme Stégosaure, Brachiosaure, Tricératops, Allosaure ou Tyrannosaure m’étaient plus que familier – fidèles compagnons de route de mes jeunes années. Sur le sujet, j’avais vu bien des reportages (plus rares dans les années 80, hélas) et lu autant que je pouvais de livres spécialisés, ainsi, vous pouvez imaginer mon impatience et ma joie lorsque je me suis rendu au cinéma afin de voir, pour la première fois de ma vie, des dinosaures « en vrai », ou presque. Et là… au bout d’une interminable entrée en matière qui n’en finissait pas, lorsque les Brachiosaures apparurent à l’écran, ce fut… ce fut tout bonnement magique ! Un rêve d’enfant devenu réalité : pour la première fois de ma vie, je voyais des dinosaures pour de vrai ! Oui, bon, certes, ils n’étaient pas réels mais ils avaient l’air « tellement réels », qu’on avait envie d’y croire, et c’était surtout cela qui comptait.


Arrivé à ce moment précis de ma critique, un petit aparté s’impose pour les plus jeunes d’entre vous qui trouveront probablement curieux ma réaction lorsque j’ai découvert Jurassic Park et qui ne peut etre qu’aux antipodes de la leur : nous sommes en 2013 et des reportages avec des dinosaures en images de synthèses, vous avez eu l’occasion d’en voir des tonnes, et encore, je ne parle pas des immenses progrès des effets spéciaux dans le cinéma qui fait que, si l’on découvre de nos jours le film de Steven Spielberg, il y a de quoi etre pour le moins dubitatif ; probablement est-ce cela etre blaser. Mais il y a vingt ans, c’était complètement différent et comme je vous l’avais dit un peu plus haut, ce fut dans Jurassic Park que, pour la toute première fois, l’on voyait à l’écran, des dinosaures aussi crédibles – ce qui nous changeait, il faut bien le reconnaitre, des multiples lézards déguisés auquel on avait droit jusque-là dans bien des films, souvent drôles au demeurant.


Mais justement, c’est probablement là que le bât blesse avec Jurassic Park, car si on enlève le coté historique du film, si l’on fait abstraction de l’émerveillement ressenti par ma génération alors, sentiment par ailleurs parfaitement compréhensible, que reste-t-il ? Et bien en fait, pas grand-chose, il faut bien l’admettre. Ce constat, que certains pourront trouver pour le moins cruel, j’en avais déjà fait état il y a de cela deux ans environ lorsque je vous avais parlé sur ce même blog du Monde perdu, la suite de Jurassic Park, un film qui d’ailleurs, sans etre génial, à ma préférence parmi la trilogie. Car bon, en toute franchise, tout cela est du pur produit hollywoodien calibré pour plaire au plus grand nombre, sans aucune surprise, avec par-dessus le marché, tout ce que déteste le plus dans le cinéma du pays de l’Oncle Sam : les enfants niais qui ne servent à rien et qui en plus ne meurent jamais, et les méchants qui sont méchants parce qu’ils sont cupides, qu’ils n’aiment pas les enfants, qu’ils sont gros et qu’ils fument, ceux-ci, bien évidemment, étant zigouiller par les dinosaures – curieusement, si l’on est noir et qu’en plus, on fume, on y passe aussi, bref, dans le petit monde « Made in USA », mieux vaut ne pas avoir de défauts, de vices et surtout, ne pas etre noir. Et quelque part, Jurassic Park, c’était surtout ca : un film plaisant à regarder une fois, mais proche d’un téléfilm de par son scénario franchement pas terrible et possédant tout un tas de clichés qui me donnent de l’urticaire… mais aussi, rassurez-vous, quelques dinosaures… mais si peut finalement : quelques Brachiosaures, un Tyrannosaure, des Velociraptor bien trop grands, un Tricératops malade et deux ou trois autres espèces que l’on aperçoit a peine – sur ce point, dans Le Monde perdu, on aura droit a bien davantage de dinos. Bref, pas de quoi fouetter un chat mais bon, que voulez-vous, il y avait tout de même ces quelques superbes dinosaures, et puis bon, j’écris cela avec du recul, cette même critique écrite en 1993, aurait probablement été bien plus enthousiasmante… Mais le temps a passé et que l’on veuille ou non, il faut en tenir compte.


Jurassic Park a donc vingt ans, et pour fêter l’évènement, le film est ressorti au cinéma mais, effet de mode oblige, en 3D ! Pour etre tout à fait franc, je ne me suis pas décidé à revoir ce film (au bout d’une dizaine de visionnages, je pense avoir fait le tour de la question) pour ce qui est à mes yeux un artifice mais avant toute chose pour faire découvrir celui-ci a mes enfants, plus particulièrement le plus jeune, grand fan de dinosaures et qui a pris le relais dans la famille, vu que jusqu’alors, curieusement, je n’avais jamais eu l’occasion de leurs montrer. Bien évidemment, comme il fallait s’y attendre, ceux-ci apprécièrent fortement la chose, surtout le cadet, cela va de soit – quand on plus, on sait que son dinosaure préféré est le Brachiosaure, alors, l’on peut imaginez sa joie en le découvrant à l’écran. Et si sur ce point, je suis satisfait de leur avoir fait plaisir, et de m’etre fait plaisir de leur avoir fait plaisir, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une pointe de déception quant à la 3D et cette mode du tout 3D que j’ai déjà critiqué a quelques reprises sur ce blog : sincèrement, j’ai trouvé que celle-ci n’apportait strictement rien à Jurassic Park, surtout que le film, avec ses qualités et ses défauts, n’en avait nul besoin. De plus, par moments, j’ai trouvé que celle-ci n’était pas bien réalisé, mais cela est probablement dut au fait qu’à la base, Jurassic Park ne fut pas réalisé pour la 3D. Enfin bon, ce procédé technologique étant à la mode ces dernières années, désormais, on y a quasiment toujours droit à chaque fois, même quand cela ne se justifie pas… enfin, je dis cela mais quand ou peut se faire l’argent, tous les moyens sont bons, non ?

dimanche 19 mai 2013

PROMÉTHÉE – LE SARCOPHAGE



PROMÉTHÉE – LE SARCOPHAGE

13 h 13 min – 21 Septembre 2019 : La navette Atlantis disparaît mystérieusement des écrans de contrôle lors de son dernier vol.
13 h 13 min – 22 Septembre 2019 : Toutes les montres et les horloges de la planète s’arrêtent. Au même moment, le mécanisme d’Anticythère, un étrange astrolabe datant de la Grèce Antique, se met en marche alors qu’aucun scientifique n’était parvenu à le déclencher jusqu’à présent.
13 h 13 min – 23 Septembre 2019 : La navette Atlantis réapparaît et atterrit à Cap Canaveral, un survivant est à bord : le commandant de la mission, en état de choc au milieu des cadavres déchiquetés du reste de l’équipage.
13 h 13 min – 24 Septembre 2019 : Un sous-marin nucléaire américain capte l’écho sonar d’un U-boat de l’armée allemande disparu soixante-huit ans plus tôt...Un chalutier voit apparaître devant lui la monumentale coque du Titanic, disparu au même endroit, à 650 km au Sud-Est de Terre-Neuve.
Arsenal maritime de Philadelphia, 1943. Derrière l’immense baie vitrée du laboratoire, Albert Einstein observe avec attention l’USS Eldridge, un des fleurons de la marine des Etats Unis. Ses collaborateurs attendent fébrilement un signal. Un hochement de tête. Une main ferme sur un levier de commande. Une décharge électrique d’une intensité phénoménale. Un éclair incandescent et l’ensemble des observateurs voient disparaitre sous leurs yeux ébahis, le colossal bateau. Einstein est ravi : le navire s’est volatilisé. Tout semble avoir fonctionné comme il l’avait prévu. Enfin presque, puisque la dématérialisation du bâtiment de guerre semble n’avoir fait aucun rescapé… Base de Camp Hero, 1983. Une unité spéciale de l’armée est à pied d’œuvre : elle évacue du bâtiment principal les corps sans vie des centaines de « cobayes » humains qu’un bain d’acide devrait faire disparaitre définitivement. On s’évertue ensuite à rendre totalement hermétique l’édifice devenant de fait un véritable sarcophage... 2019, Jacksonville, Floride. Jeff Spaulding rencontre sur le pouce un vieil ami de la NASA. Il tente ainsi d’en savoir un peu plus sur le mystère de la mission Apollo XX et sur l’étonnant silence autour du seul rescapé. Il voudrait aussi qu’il confirme l’intervention régulière d’extraterrestres dans plusieurs événements et en particulier leur implication dans les récentes catastrophes « de 13h13 ». Son ami reste cependant muet. Il l’invite simplement à aller faire un petit tour du coté de Camp Hero.

Peu à peu, nous approchons de la moitié de cette année 2013 et il me semble pour le moins évidant que la bande dessinée qui se démarque le plus, et ce, malgré une concurrence féroce, des autres est indéniablement Prométhée de Christophe Bec, car si la lecture du premier tome de cette saga fut lu en octobre 2012, les autres volumes, eux, s’enchaînent a raison de, environ, un par mois en moyenne depuis le début de cette année – au point même que j’en soit venu a quasiment délaisser toutes nouveautés, remettant celles-ci a plus tard. Il faut dire, pour expliquer cela, que j’ai particulièrement accroché à cette série et que, même si l’on peut trouver qu’elle est pour le moins particulière de par sa structure, je la trouve tellement captivante qu’il est, du coup, fort difficile de s’en passer ; ainsi, à chaque fois, lorsque s’achève un volume de celle-ci, la seule chose que l’on souhaite, c’est de connaitre la suite le plus rapidement possible. Du coup, comment ne pas louer son auteur principal, Christophe Bec, pour avoir réussi un tour de force loin d’etre évidant ; après tout, des séries a rallonge, on en connait d’autres, mais des aussi intéressantes, c’est plutôt chose rare dans le petit univers de la bande dessinée. De même, en temps normal, je suis le premier à critiquer les auteurs et éditeurs lorsque, pour de simples raisons mercantiles, ils augmentent le nombre de tomes d’une série afin de la rentabilisée au maximum, et ce, bien souvent au détriment de celle-ci, or, ici, si ce fait ne peut etre nier, force est de constater que cela fonctionne plutôt bien et que même si certains peuvent regretter cette façon de faire, pour le moment (j’ai lu cinq tomes, sept sont sortis, un huitième bientôt), ne pèse aucunement sur la qualité intrinsèque d’une série toujours aussi bonne depuis ses débuts. Mais bon, nous ne sommes pas là pour parler de Prométhée, la série, mais de son cinquième tome, et, justement, il est temps de s’y atteler.


Intitulé Le Sarcophage, ce cinquième volume de Prométhée reste, bien évidemment, dans la grande tradition de la série : au bout de cinq volumes, l’amoureux de cette BD est en terrain connu et s’est depuis longtemps habitué à la façon de procédé de l’auteur, qui, une fois de plus, ne distille que petit à petit ses avancées scénaristiques et se plaisant a complexifier davantage une intrigue générale qui met en avant tout un tas de protagonistes différents et qui ne se connaissent pas (par moments même, séparées par des centaines voire des milliers d’années) et dont on se doute bien qu’a un moment ou un autre, l’on connaitra le lien qui les unis tous. Bref, pour ce qui est de la trame de fond, rien de nouveau ou presque sous le soleil : avides de connaitre la suite, l’on se jette sur ce nouvel album, on le dévore tout en étant captiver par l’intrigue, puis, arrivé au bout, on se rend compte qu’on est encore plus embrouiller qu’avant et que, non seulement le scénario n’a pas vraiment avancé, mais que, oh surprise, on est encore plus pressés de connaitre la suite ! Pourtant, ce cinquième tome, au vu de ses prédécesseurs, sort un peu des sentiers battus…


Bon d’abord, Bec ayant définitivement abandonné les pinceaux, nous retrouvons donc Stefano Raffaele pour ce qui est de la trame narrative principale, c’est-à-dire, l’enquête de Jeff Spaulding qui représente le gros de ce cinquième tome, mais aussi, et là, c’est plus surprenant, cinq autres dessinateurs – Peynet, Demarez, Vax, Ruizge et Ferniani – chacun d’eux suivant leurs propres intrigues parallèles. Cette façon de procédé pourrait etre pour le moins discutable, d’ailleurs, je ne m’en cache pas : en tant qu’ancien amateur de Comics, j’ai toujours détesté ces bande dessinées a dessinateurs multiples. Pourtant, et même si je suis très loin d’etre fan de la chose, force est de constater que malgré le fait que le travail artistique sur ce cinquième volume ait été effectué à douze mains, la plus part du temps, et en dehors de quelques pages, cela ne dénote pas trop, probablement parce que les styles sont plus ou moins proches. Enfin bon, certes, ce n’est pas trop gênant mais quoi qu’il en soit, j’espère que les prochains albums ne seront pas tous de la sorte pour ce qui est des dessins car si avec deux ou trois dessinateurs, cela peut encore passé, six, cela commence à faire beaucoup. Et puis, vu que je regrette les débuts avec Bec, cela n’arrange pas forcément les choses.


Mais ce n’est pas tout, l’autre nouveauté est plus d’ordre scénaristique, moins visible, et pourtant, pour le moins importante lorsqu’on y pense : en effet, et pour la première fois depuis les débuts de la saga, nous n’avons droit à aucune catastrophe : les nombreux protagonistes discutent entre eux, se déplacent pas mal – surtout notre ami Jeff Spaulding – et l’on apprend encore un nombre pour le moins conséquent de complots et autres phénomènes fantastiques, mais, sans le fer de lance de cette série, je veux bien évidement parler des fameux phénomènes qui se déroulent quotidiennement à 13 h 13 min depuis le 21 septembre 2019. Mais alors, ceux-ci ont-ils donc pris fin ? En fait, pas le moins du monde car en fait, si une fois de plus, il se passe tout un tas d’événements dans ce cinquième volume de la série (les plus marquant étant, cette fois ci, la fameuse expérience de Philadelphie sensée avoir eu lieu en 1943 et où un navire de la marine américaine aurait disparu avant de réapparaitre plus tard, mais aussi, la mention du non moins célèbre Projet Blue Book), ceux-ci ont lieu avant la fameuse heure fatidique ; une première donc, un peu perturbante d’ailleurs, mais qui renforce l’impression que j’ai eu que nous avions droit ici à un tome de transition, certes qui n’a pas à rougir de ses prédécesseurs, mais de transition tout de même.


Mais qui dit tome de transition dit que la suite risque de relancer grandement une série qui pourtant, de mon point de vu, avait déjà atteint des sommets scénaristiques pour le moins excellents, bref, cela promet grandement pour la suite… du moins, si celle-ci est à la hauteur car la problématique principale d’une série comme Prométhée, c’est que si l’on part du principe que l’on peut parfaitement admettre que son auteur souhaite prendre son temps et ne faire avancer sans scénario qu’au compte-goutte, et cela, sans rien dévoiler des fort nombreuses énigmes qui le parsèment, il faut un final tout bonnement grandiose, un final qui, parfaitement maitriser et réussi, viennent justifier que l’on s’en soit taper douze (il en est prévu treize tomes au total) avant, et surtout, douze où l’on ne peut pas dire que ça bougeait énormément avant… Bref, c’est une sacrée prise de risque pour Christophe Bec que cette façon d’agir car au final, lorsque sortira finalement cet ultime tome de Prométhée, selon qui justifie nos attentes ou pas, nous pourrons passer d’une série géniale a un parfait plantage… mais bon, non seulement, nous n’en sommes pas encore là, et puis, quelque part, je préfère etre optimiste, persuader que je suis que Christophe Bec sait parfaitement jusqu’où il va nous amener… 

samedi 18 mai 2013

Les Cahiers de Science & Vie 136 : Vivre à Rome au temps des Césars



A la fin du mois de mars dernier, paraissait dans nos kiosques le cent trente sixième numéro de ce qui est ma revue préférée, je veux bien évidement parlé des Cahiers de Science & Vie, consacré à la vie quotidienne des Romains. Or, et comme vous avez pu le constater, il m’aura fallu un certain temps pour en venir à bout puisque, mine de rien, nous sommes déjà mi-mai passé. Alors, est-ce par la faute d’un numéro moins intéressant que d’habitude ou pour d’autres raisons, c’est ce que je vais vous expliquer après le sommaire :

Les Cahiers de Science & Vie n°136 : Vivre à Rome au temps des Césars
Avril 2013

Vivre à Rome au temps des Césars
Edito : Nehil novi sub sole ?
Cadrage : La grandeur de Rome
Interview : « A Rome, des systèmes de solidarité assurent le minimum vital » de Gilles Sauron
I – Le Citoyen
Rome : l’opulence et la misère
Des citadins éternels nostalgiques de la campagne
Donnez-nous nos jeux quotidiens
Des bavards impénitents
La bonne entente avec les dieux
II – La Société
Le Romain et le reste du monde
Des inégalités à tous les étages
La force du sexe faible
La famille au nom du pater
- Le travail, face cachée des Romains
III – Dans l’intimité
Les Romains, débauchés pudibonds
Une existence jalonnée de rites
Animaux de très chère compagnie
Dis mois ce que tu manges…
L’antichambre des festins
L’archéologie des saveurs 

Bon, je ne vais pas vous cacher que la toute première fois que j’ai appris quel allait etre le sujet de ce nouveau numéro des Cahiers de Science & Vie, j’ai été loin, très loin même de sauter au plafond. Pourtant, ayant visité Rome en mars dernier, l’on pouvait imaginer que le dossier de ce numéro d’avril tombait décidément à pic, or, il n’en était rien : en effet, l’Empire Romain, de sa création a sa chute, est un sujet maintes et maintes fois aborder et sincèrement, j’ai pu lire tellement d’articles, vu tant de reportages sans parler des films sur le sujet que, au bout d’un moment, comment dire, disons que celui-ci me lassait un peu – surtout quand celui-ci est régulièrement mis en avant. D’où, probablement, un manque d’enthousiasme a me lancer une bonne fois pour toutes dans la lecture de ce numéro, a quoi il faut ajouter un manque de temps ces dernières semaines où, pour etre tout à fait franc, j’avais préféré avancer dans la lecture de Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski plutôt que de perdre du temps (pensai-je alors) avec un magazine qui ne m’apprendrait pas grand-chose de nouveau. Or, je me suis bien tromper !

Et pourtant, j’aurais dut m’en douter : en effet, il suffisait de lire le titre, Vivre à Rome au temps des Césars, et de réfléchir cinq secondes pour comprendre le fond du sujet de ce numéro des Cahiers de Science & Vie qui, plutôt que de nous ressortir pour la énième fois la chronologie de l’Empire Romain s’attarderait sur la vie quotidienne de ses habitants, les fameux Romains, dont on va s’apercevoir, assez rapidement, que l’on connait bien mal. Car une fois de plus avec les Cahiers, bien des certitudes vont tomber et, au fil des pages, c’est tout bonnement une ville, Rome, et un peuple, les Romains (Citoyens, esclaves, étrangers) presque inconnus que l’on va rencontrer, et, alors que la lecture de ce numéro avance, on ne peut aller que de surprises en surprises – un exemple, un seul, saviez-vous qu’une femme, lorsqu’elle épousait un homme, restait sous l’autorité de son père et non de son mari ? Du coup, et même si je dois admettre que tous les sujets n’ont pas eu le même intérêt à mes yeux, au final, ce numéro des Cahiers de Science & Vie fut une bonne surprise et m’aura appris tout un tas de la vie quotidienne des Romains que je ne soupçonnais même pas. Alors oui, il m’aura fallu énormément de temps pour le lire en entier (l’ai finis en Bretagne), mais dans l’ensemble, un bon numéro… comme d’habitude ? Oui, effectivement. 

mardi 14 mai 2013

La Nouvelle Revue de l’Histoire 66 : Glorieuses défaites et grandes sagas



Après avoir repris le chemin du travail de bon matin, bien malgré moi je dois l’avouer, et avoir passé une journée hautement passionnante (mode vachement ironique, comme vous pouvez l’imaginez), ce fut avec une certaine joie non dissimulée que je suis rentré chez moi afin de passer à des activités bien plus intéressantes. Bien évidement, parmi celles-ci, ce blog, histoire de ne pas changer mes petites habitudes. Et d’ailleurs, cela tombait bien de disposer d’un peu de temps libre devant moi puisque, malgré le nombre conséquents de billets publiés depuis mon retour de Bretagne, samedi dernier, je n’avais pas encore complètement rattrapé mon retard, et dans celui-ci, il y avait le dernier numéro en date de La Nouvelle Revue de l’Histoire dont voici le sommaire :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°66 : Glorieuses défaites et grandes sagas
Mai/Juin 2013

Glorieuses défaites et grandes sagas
- Camerone : 150 ans
- Le sacrifice des Spartiates
- Roncevaux. De l’histoire au mythe
- La gloire de Waterloo
- Le 18 juin 1815
- Stendhal, le chant des causes perdues
- Remember Alamo !
- 1954 : Dien Bien Phu
- De l’Europe au Japon : des défaites fondatrices

- Editorial : La révolte des mères
- De Bonaparte a Napoléon : entretien avec Thierry Lentz
- Archéologie des croyances guerrières
- Henri III, le roi mal-aimé
- Les Daudet dans la cité
- Géopolitique de la Russie
- Le Suédois Sven Hedin, un maudit au Tibet
- Alphonse de Châteaubriant
- Quelle langue pour l’Europe ?
- Jacques Lemarchand, un témoin des années noires

Ah, La Nouvelle Revue de l’Histoire, bimensuel plutôt polémique, qui ne plait pas à tout le monde et avec lequel je ne suis pas forcément toujours d’accord mais qui, malgré tout, possède un petit quelque chose qui fait que, bien souvent, il aborde des sujets que d’autres magasines du genre passent sous silence – même si l’un des plus gros défauts de la NRH est de se sentir obliger de toujours nous pondre des articles sur la période 1920/1945. Une revue plus qu’intéressante et que j’ai pour habitude de dévorer lors de chaque nouveau numéro, ce qui fut le cas une fois de plus, lors de ces vacances qui viennent de s’achever. Et donc, en ce numéro printanier de la NRH, et malgré une couverture d’une mochetée affligeante (mais comment ont-ils été capables de nous pondre un tel étron ?), le dossier principal promettait énormément, consacré qu’il était aux fameuses et célèbres glorieuses défaites comme, pour ne citer que les plus connues : Roncevaux, les Thermopyles, Waterloo ou Alamo. Dossier captivant à lire et qui me tint en haleine et ce, même si, finalement, ces batailles ont déjà été maintes fois traitées depuis longtemps ; un dossier qui m’aura fait découvrir une « glorieuse défaite » que je ne connaissais pas, Camerone, même si le nom, lui, ne m’était pas complètement inconnu, et qui, surtout, s’attarde longuement sur ce gout immodéré que l’on peut avoir pour ces défaites héroïques, parfois au point même qu’on les préfère aux victoires.

Le reste de ce numéro de la Nouvelle Revue de l’Histoire n’est pas forcément du même acabit mais sans sort néanmoins avec les honneurs, particulièrement grâce aux articles consacrés à Henri III, un roi finalement méconnu, a Sven Hedin, précurseur de l’allemand Heinrich Harrer au Tibet et à celui consacré à la Russie moderne, et ce, même si celui-ci aurait mérité d’etre un peu plus approfondi selon moi. Bref, comme vous l’avez compris au vu de mes dires, un fort bon numéro de la NRH que je ne peux que conseiller aux férus d’Histoire ainsi qu’à tous ceux et celles qui aiment une certaine idée du panache que peut etre une glorieuse défaite.

lundi 13 mai 2013

LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS – L'ŒUF DES TÉNÈBRES



LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS – L'ŒUF DES TÉNÈBRES

« Le Temps... Akbar n'est rien !... Ni le Nid... Ni Ramor !... C'est le Temps qui est tout ! Il est la cause, le principe originel... Et lorsque la tentation s'empare du mythe... lorsque l'homme s'oppose à l'univers et le bouscule, c'est au mythe de rétablir l'ordre ! » Ainsi s'exprime le Gardien du Nid lorsque Bragon, Pélisse, Bulrog et messire l'Inconnu s'enfuient du Doigt du Ciel, emportant avec eux l'Œuf des Ténèbres qui y était caché. Ils sont accompagnés de Kiskill, servante des dieux qui a perdu son immortalité et ses pouvoirs en même temps que sa virginité dans les bras d'un Élu qui n'est autre que... messire l'Inconnu. C'est tous ensemble qu'ils devront parcourir la dernière étape de la Quête. Et c'est bien contre le temps que la course s'est engagée, car il ne reste plus que deux jours pour rejoindre Mara avec l'Œuf. Ramor, bien que toujours enfermé dans la conque, devient de plus en plus fort, et Mara ne saurait le contenir sans l'aide de l'Œuf.

Il est coutume de dire que toutes les bonnes choses ont une fin, et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, deux choses me paraissent évidentes : tout d’abord, qu’effectivement, avec L’Œuf des ténèbres prend fin le premier cycle de La quête de l’Oiseau du temps, accessoirement, le plus connu et celui qui aura marquer toute une époque (la suite, intitulé Avant la quête, est sur mes tablettes et j’attends de voir ce que celle-ci apporte à cette œuvre mais bon, je ne vois pas comment ce second cycle pourrait égaler le premier, à moins que je me trompe lourdement), mais aussi, simple vérité qu’il est bon de rappelée, que oui, mille et une fois oui, ce fut une bonne chose que cette Quête, que dis-je, une chose tout bonnement grandiose ; et, comme j’ai également coutume de le dire, je pèse mes mots ! Mais bon, arrivé à ce point de la saga, alors que la fin approche, qui pouvait encore en douter ? Depuis les débuts, tout fut tout simplement proche de la perfection absolue, ce qui, de mémoire, est chose fort rare (pas impossible mais rare), ainsi, et vu comment le tandem Le Tendre et Loisel s’étaient débrouillés jusque-là, sauf catastrophe de dernière minute, cet ultime album ne pouvait qu’etre, au minimum, que dans la même veine que ses prédécesseurs, ce qui, en soit, était déjà amplement suffisant. Et je ne vais pas tourner longtemps autour du pot ni perdre davantage de temps afin de créer un suspens pour le moins inutile : oui, cet Œuf des ténèbres qui clôt La quête de l’Oiseau du temps est une fin à la hauteur de la saga… d’une très grande saga pourrais-je même ajouter.

Car en effet, si une fois de plus, nous retrouvons tout ce qui a fait la force de cette œuvre, tout ce qui a fait que j’ai été captiver de bout en bout, quasiment de la première page du premier tome a la dernière du quatrième, c’est-à-dire, un scénario intéressant et parfaitement maitrisé, des personnages, de premier plan ou secondaires tout simplement réussis et qui possèdent tous un petit quelque chose qui fait qu’on s’y attache très facilement, un humour savamment dosé et qui ne tombe pas dans l’excès comme ce pouvait etre le cas dans d’autres œuvres datant de la même époque, un certain érotisme dut au personnage de Pélisse mais qui ne tombe jamais dans le vulgaire voir le pornographique mais aussi et surtout, car comment ne pas le citer, les somptueuses planches du sieur Loisel, force est de constater que cet ultime tome qui clôt donc ce premier cycle est à la fois prévisible et complètement inattendu ! Prévisible, dans le sens où l’on se doute bien que nos héros finiront bien par le trouver ce fichue volatile dont on nous rabat les oreilles depuis le début, mais inattendue de part une fin tout simplement surprenante, qui prend le lecteur de court de par les multiples rebondissements de celle-ci, la destinée de certains protagonistes ainsi que ce côté doux-amer que n’aurait pas renié un certain George Martin quand il nous dit comment il voit la fin de son Trône de fer – au moins, les lecteurs de Martin, s’ils ont lu La quête de l’Oiseau du temps peuvent se faire une idée, s’ils n’en avaient pas jusque-là, de ce que cela peut donner une fameuse fin douce-amère… Quoi qu’il en soit, un final bien moins joyeux que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre mais qui n’en clôt pas moins de fort superbe façon une saga qui aura donc été parfaite de bout en bout. Bien évidemment, je n’en dirais pas davantage afin de ne pas gâcher l’effet de surprise pour ceux et celles qui n’auraient pas encore lu cette magnifique saga ; disons juste que de nouveaux protagonistes feront leur apparition, que des révélations seront faites et que tout le monde, bien au contraire, n’en sortira pas indemne… mais aussi, attendez-vous a tout, surtout à l’inattendu !


Et donc, vous l’avez compris, j’ai bien évidement été enchanté par cet Œuf des Ténèbres, et d’ailleurs, je dois reconnaitre que j’ai rarement eu l’occasion de lire une fin qui clôt d’aussi belle façon une saga en plusieurs volumes – bien évidemment, ce n’est pas la première fois mais, mine de rien, souvent, à force d’attendre monts et merveilles, on finit par etre déçu devant le résultat final, or, ici, ce n’est pas du tout le cas. D’ailleurs, puisque je parle de bande dessinées en plusieurs tomes, comment ne pas souligner que dans le cas présent, peut etre que l’un des points forts de cette Quête de l’Oiseau du temps, justement, c’est d’etre finalement assez courte en égard des critères actuels ou maintes séries s’étalent en longueur, dépassant souvent la dizaine de volumes voir davantage alors que cela ne se justifie pas entièrement. Quatre volumes uniquement peut-être, mais du bon, du très bon même, et franchement, je pense que bien des auteurs devraient s’en inspirer.


Quoi qu’il en soit, et comme cela m’est déjà arrivé en d’autres occasions, il m’aura fallu bien du temps pour me décider à découvrir cette saga, et après coup, je ne peux m’empêcher de me dire : « mais comment ai-je fait pour passer presque trente ans à côté d’un tel chef d’œuvre !? » Mouais, question plus que pertinente et d’ailleurs, j’encourage vivement tout bon amateur de BD qui se respecte, s’il ne l’a jamais fait, à découvrir cette saga, car franchement, elle est excellente. En tout cas, et en guise de conclusion, je ne pouvais finir qu’en remerciant les auteurs, Le Tendre et Loisel, pour cette quête tout simplement sublime et qui m’aura fait passer de fort bons moments. Ce n’est pas tous les jours que je le fait, mais eux, ils le méritent amplement !

LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS – LE RIGE



LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS – LE RIGE

Le chevalier Bragon et ses compagnons se dirigent vers l’immense piton rocheux qui se dresse dans l’estuaire du fleuve Dol dans l’espoir d’y trouver l’Oiseau du Temps. Mais encore leur faut-il traverser le territoire du légendaire Rige, vaste labyrinthe de ruines perdues dans la jungle. Le Rige n’a qu’une seule loi : celle de la chasse ! Et le fait que Bragon ait autrefois suivi son enseignement n’y changera rien ; l’heure est venue pour maître et élève de se mesurer...


Il y a de cela un peu plus de deux semaines, je vous avais parlé sur ce blog de cette cultissime bande dessinée qui marqua indéniablement les années 80, La Quête de l’Oiseau du Temps, œuvre des sieurs Le Tendre et Loisel, respectivement au scénario et aux dessins. Pour la petite histoire, et pour rappel si jamais vous n’avez pas eu l’occasion de lire les critiques des deux premiers volumes de la saga, La Conque de Ramor et Le Temple de l’oubli, comme ce fut le cas pour bien d’autres œuvres, ce ne fut que sur le tard que j’ai découvert cette œuvre – en fait, depuis deux semaines. Ou plutôt que je me suis enfin décidé à la lire, car, bien évidemment, de par mon âge, je ne suis plus très loin de la quarantaine, je connaissais depuis belle lurette cette bande dessinée, les protagonistes principaux m’étaient plus ou moins familiers de même que les couvertures des albums, vu et revus un nombre incalculables de fois dans les rayons depuis des décennies. Et donc, après avoir dévoré – et le mot est faible – les deux premiers tomes de La Quête de l’Oiseau du Temps, il était grand temps de me lancer dans la suite de la saga : ça tombait bien, j’étais en vacances et ce fut donc du côté de la Bretagne que j’emmena les deux derniers tomes de la série, tout juste empruntés à ma médiathèque.

Après etre parvenus à s’échapper du terrible Temple de l’oubli dans le précédant volume, ce fut avec une certaine joie que j’ai retrouvé Pélisse, Bragon et leurs compagnons dans ce troisième tome de la saga intitulé Le Rige. Et la première chose qui saute aux yeux des lecteurs, c’est la différence des couleurs entre les deux albums : des teintes jaunâtres du désert et du temple, l’on passe ici a une ambiance plus verdoyante, forêts, marécages… mais aussi ruines… plantant le décors de l’action de cet album qui se déroule donc dans le territoire de l’énigmatique et charismatique Rige, un formidable guerrier, probablement le meilleur d’Abgar, adepte de la chasse sous toutes ses formes (y compris la chasse à l’homme) et, jusque-là, toujours invaincu. Bien évidemment, afin de pouvoir poursuivre leurs quêtes, Pélisse et ses compagnons devront réussir à traverser ce fameux territoire, exploit que personne n’a jamais réussi jusqu’alors, mais je pense ne pas faire un immense spoiler en vous disant que nos héros, eux, y parviendront – sinon, bah, la quête prenait fin ici. Car de toutes façons, ce qui compte avant tout dans ce troisième album, ce n’est pas de savoir si Pélisse, Bragon et les autres réussiront ou pas à échapper aux griffes du Rige, mais plutôt, comment vont-ils le faire. De même, ici, ce qui prime, ce n’est pas tant l’action en soit même mais davantage les liens entre les protagonistes, car, justement, Bragon et le Rige possèdent un passé commun ; lien qui aboutira, à la fin de l’album, a une scène magnifique et plutôt émouvante mais qui aura déçu bon nombre d’amateurs de grand spectacle, probablement rebutés par ce duel qui ne s’étale pas inutilement sur trois ou quatre pages, comme il est de coutume de faire de nos jours. Et ces liens entre protagonistes, ces changements pour certains et cette mélancolie qui parsème ces pages, fait de celui-ci un album tout aussi bon que ses prédécesseurs, mais, peut etre avec un petit plus : probablement la figure tellement marquante du Rige ?


Bref, vous l’avez compris, ce troisième tome de La Quête de l’Oiseau du Temps est toujours aussi bon et réussit la gageure de maintenir la série a un niveau pour le moins exceptionnel. Bien évidemment, et comme j’eu l’occasion de vous le dire lors des critiques des deux premiers albums de la série, nous avons là une œuvre qui date déjà un peu, ce qui n’enlève certes rien à sa qualité intrinsèque, mais qui, de par son style, son humour et son érotisme d’un autre temps, voir même pour une certaine façon de narrer une histoire, pourra troubler des lecteurs plus jeunes, peu habitués à un tel style. Mais pour ceux qui sauront passer outre cela, ainsi que pour ceux de ma génération, la chose parait plus qu’évidente : nous avons bel et bien là une œuvre tout bonnement culte !
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