mercredi 21 novembre 2012

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°63 : Le conflit du Trône et de l’Autel



Alors que la première partie de cette année 2012, dans la lancée de 2011, avait vu la prédominance des billets consacrées aux nombreuses revues, anciennes comme récentes, que je dévorais les unes après les autres, depuis la rentrée, ceux-ci se sont fait bien plus rares sur ce blog, la faute en incombant à des sujets bien moins captivants, de mon point de vue, que d’habitude, mais également à un certain manque de temps, et d’envie, ce qui fait que certaines revues sont en attente de lecture depuis quelques mois. Du coup, en cette fin du mois de novembre, c’est par le biais du dernier numéro en date de la Nouvelle Revue de l’Histoire que je vous propose un nouveau billet consacré à la presse, presque deux mois après le tout dernier, lui aussi consacré à cette même revue comme on peut le voir ici. Mais avant toute chose, place au sommaire de ce soixante-troisième numéro :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°63 : Le conflit du Trône et de l’Autel
Novembre/Décembre 2012

Le conflit du Trône et de l’Autel
- Le choc des deux glaives au Moyen-âge
- Frédéric II de Hohenstaufen
- Luther, la Réforme, l’Allemagne et la France
- La longue histoire du gallicanisme
- Napoléon et Pie VII
- L’alliance du Trône et de l’Autel sous la Restauration
- 1905 : la séparation de l’Église et de l’État

- Editorial : Le Trône et l’Autel
- L’Inde, une civilisation ignorée : entretien avec Michel Angot
- La guerre anglo-américaine de 1812-1814
- Canaletto a Venise
- La vie parisienne a la veille de la Révolution
- Charles X, le dernier roi
- Pierre Benoit et ses quarante romans
- Anniversaire : Dieppe 1942
- Un homme de l’ombre : Georges Albertini

Autant le sujet du précédent numéro, Les Droites Radicales en Europe, ne m’avait guère enthousiasmé – il faut dire que la NRH, une fois sur deux, ne peut s’empêcher de nous pondre un dossier sur la première moitié du vingtième siècle – autant celui de ce mois de novembre promettait énormément : en effet, nous narrer les forts nombreux conflits qui ont jalonner la longue histoire européenne et qui ont opposer d’un côté les rois, empereurs et princes, de l’autre, la papauté puis les protestants, avait de quoi faire saliver d’avance l’amateur d’Histoire avec un H majuscule que je suis. D’ailleurs, cela commençait plutôt bien avec un retour en arrière salutaire sur les tous premiers conflits et les origines de ceux-ci, le point d’orgue étant atteint avec le chapitre consacré à l’une des figures les plus exceptionnelles du vieux continent : Frédéric II de Hohenstaufen. Encore de nos jours glorifier à sa juste valeur outre Rhin et totalement inconnu par chez nous (je n’ai pas honte d’avouer que la première fois que j’ai entendu parler de lui, ce fut par le biais d’une BD, L’Histoire secrète, et plus précisément son troisième tome, Le Graal De Montségur, ce qui nous démontre une fois de plus la valeur de l’enseignement de l’Histoire sous nos vertes contrées), celui-ci fut tout simplement l’un des plus grands opposants a la papauté de l’histoire, et sa vie, sa lutte à mort contre Rome, mériterait à elle seule bien des livres et des films). Pourtant, une fois ce chapitre achever, le dossier qui débutait si bien, tomba dans des travers que seul la Nouvelle Revue de l’Histoire, pourtant une revue de fort bonne qualité, possède le secret : le chapitre suivant débutant par la réforme de Luther, normal, l’on passe subitement à la France… pour ne plus jamais la quitter. Or, si j’avoue que j’ai appris quelque chose avec le gallicanisme, avait-on besoin de nous taper des pages et des pages sur Louis XIV, Napoléon, la Restauration et de finir par la séparation de l’Eglise et de l’Etat ? Selon moi, non, surtout que, du coup, il est fait l’impasse sur un autre opposant célèbre a la papauté, ce joyeux drille d’Henri VIII dont ces conflits avec Rome donnèrent tout de même la religion anglicane. Du coup, ce dossier qui aurait pu etre intéressant au possible apparait au final comme inachevé et incomplet, ce qui me parait fort dommageable.

Reste, pour finir, les articles hors dossiers et si certains valent largement le coup, et par là, j’entends plus particulièrement celui qui nous narre un conflit littéralement oublié des livres d’histoire, celui qui opposa la toute récente république américaine a l’Angleterre dans une tentative des premiers de faire main basse sur le Canada, mais aussi celui qui s’attarde sur la catastrophe inutile du débarquement de Dieppe en 1942, le restant n’est pas, du moins de mon point de vue, de la même qualité ; mais cela peut etre une affaire de gout avant toute chose. Bref, vous l’avez compris, à mes yeux, ce soixante-troisième numéro de la Nouvelle Revue de l’Histoire ne restera pas dans les annales, la faute à un dossier principal dont j’en attendais énormément et qui me déçu pas mal. Espérons juste que le prochain, en janvier 2013, rehausse un peu le niveau… quoi que, j’ai un peu peur que l’on ait encore droit à un truc sur l’entre-deux guerres… 

mardi 13 novembre 2012

LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE III



LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE III

Cinq rois pour un trône, voilà le résultat de la mort de Robert Baratheon, souverain des Sept Couronnes. Pourtant, Joffrey Baratheon occupe toujours le Trône de fer. Vaincu à la bataille de la Néra, Stannis Baratheon doit fuir vers son île, Peyredragon, avec le reste de sa flotte. Renly Baratheon mort, les Tyrell de Hautjardin choisissent de se rallier aux Lannister en offrant leur fille, Margaery Tyrell, comme épouse au jeune Joffrey. Bien que durement touché par la perte de Winterfell sous les coups de Theon Greyjoy et des Fer-nés, Robb Stark reste seul à s'opposer à Port-Réal. Mais, la situation pourrait vite tourner à l'aigre avec la mise en liberté de Jaime Lannister et les dissensions dans les rangs du Nord. D'autant plus que Sansa n'a pas pu s'échapper du Donjon Rouge et que sa sœur, Arya, demeure introuvable. D'autres drames se jouent au-delà du Mur où Jon Snow, Samwell Tarly et la Garde de Nuit doivent affronter à la fois les Autres et l'avancée de Mance Rayder à la tête d'une immense armée de sauvageons. L'espoir viendra peut-être d'au-delà des mers avec la princesse Daenerys dont le voyage s'apprête à faire trembler Astapor. Une chanson de feu et de glace se déchaîne sur Westeros tout entier, et seuls les plus retors s'en sortiront.

A Storm of Swords constitue le troisième volume de la fantastique fresque de George R. R. Martin : A Song of Ice and Fire, plus connu sous nos latitudes sous le nom du Trône de fer. Bien évidemment, en France, et de façon plutôt curieuse comme je vous l’ai déjà dit dans mes critiques précédentes, après le découpage de la saga en de multiples volumes, par la suite, le format original étant enfin conservé dans les nouvelles éditions, plutôt que d’avoir les titres de chaque volume de la saga, nous avons droit, par le biais des éditions J’ai Lu, à ces fameux Intégrales I, II etc. Chose amplement critiquable, de mon point de vue, mais bon, je ne vais pas non plus me répéter sans arrêt, surtout qu’il s’en passe des choses dans ce troisième volume du Trône de Fer. Et justement, tandis que l’on pouvait penser qu'après deux prédécesseurs aussi éblouissants qu’A Game of Thrones (Intégral I) et A Clash of Kings (Intégral II), il était impossible de garder le même niveau voir, soyons fous, de l'élever… ce diable de Martin nous livra… mais chut, procédons dans l’ordre.

L’habitué de ce blog se souviendra probablement du concert de louanges engrangé par le tout dernier volume de la saga ; celui-ci misait davantage sur le souffle épique avec un gigantesque affrontement – qui restera gravé dans les mémoires – que sur les jeux politiques des débuts. Avec A Storm of Swords, George R.R. Martin arrive à trouver l'équilibre presque parfait entre ces deux versants. Un des premiers éléments à évoquer, c'est bien la justesse de la narration employée par l'américain. Avec le nombre de personnages qui apparaissent et le nombre de lieux à explorer, l'utilisation d'un chapitre par personnage principal s'avère essentielle pour jongler avec les péripéties toujours plus incroyables du récit. Au nombre de dix cette fois, ils permettent d'avoir une vue d'ensemble des événements sans pour autant laisser le lecteur sur le bas de la route. Il faut d'ailleurs absolument mentionner l'apparition de Jaime Lannister dans ceux-ci. Par les yeux des Stark, principalement, celui-ci faisait figure de « méchant » jusque dans les dernières pages d'A Clash of Kings où son entretien avec Catelyn Stark amorce un changement dans cette vision du personnage. C'est tout naturellement que l'auteur en fait un de ses narrateurs pour A Storm of Swords. Plus encore qu'avec Theon Greyjoy et d'autres auparavant, Martin chamboule totalement la façon d'appréhender le personnage et le fait spectaculairement évoluer, toujours dans ce soucis de rejeter le manichéisme si courant des livres de Fantasy. Mais ce retournement va plus loin. Non content de changer notre jugement vis-à-vis de Jaime, les chapitres consacrés au commandant de la Garde Royale viennent ternir l'image de personnages qui pouvaient paraître plus ou moins bons jusqu'à présent. On pense notamment au portrait au vitriol d'Eddard Stark. Sans s'étendre davantage sur les myriades d'ajustements entrepris par George R.R. Martin, confirmons qu'une des grandes forces de ce troisième volet réside dans ses personnages en niveaux de gris. On connaissait certes déjà cet élément mais c'est par un patient travail sur les perceptions et les jugements du lecteur à l'égard des personnages du récit que l'auteur met en exergue de façon magistrale le rôle de la subjectivité dans l'écriture de l'histoire. Bien entendu, on reste ébahi par le nombre de protagonistes introduits. Désormais, on les compte par centaines, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes pour ma part : en effet, si au bout de trois longs, très longs tomes, la majeure partie des protagonistes me sont enfin familiers, force est de constater que j’ai toujours du mal à me rappeler de tel ou tel personnage que l’on pourrait qualifier de troisième zone (sans que dans le cas présent, cela soit désobligeant vu la quantité folle qui nous est proposée) même si, dans l’ensemble, il y a eu du progrès et que, dans l’ensemble, désormais, je sais parfaitement « qui est qui ». De plus, et comme ce fut le cas dans les deux précédents volumes de la saga, George R.R. Martin soigne encore et toujours ses personnages. Et si, comme on le sait fort bien, Tyrion Lannister s'affirme comme une réussite totale, Petyr « Littlefinger » Baelish ne démérite pas, très loin de là. On pourrait évidemment en citer bien d'autres comme La Vipère de Dorne, Walder Frey ou Tywin Lannister. Sachez simplement que la galerie présente dans ce Storm of Swords a de quoi faire pâlir n'importe quelle autre œuvre de Fantasy voir de littérature tout court.

Du coup, on s'imagine bien qu'avec le nombre de pages du volume et son imposante pléiade d'acteurs, A Storm of Swords approfondit grandement l'univers de Westeros. Déjà particulièrement étoffé et remarquable, celui-ci en vient à égaler les Terres du Milieu d'un certain J.R.R. Tolkien. Cette fois, on découvre l'Au-delà du mur et la société sauvageonne par les yeux de Jon Snow – et sur ce point, comme il fallait s’y attendre, ceux-ci nous apparaissent sous un autre jour – on continue à explorer les cités libres avec Daenerys – le récit de celle-ci est assez singulier, franchement a part de l’intrigue principal, il n’en reste pas moins intéressant pour deux raisons : il nous permet de découvrir d’autres lieux, perso, moi j’aime bien, et surtout, n’oublions pas que dans le cerveau prolifique de Martin, tout ceci a un but, et que, forcément, toutes les intrigues finiront par se rejoindre, enfin, en théorie – et on fait connaissance avec les familles de Dorne et d'Hautjardin. Les nouveautés ne s'arrêtent pas là puisque les anciennes histoires et les vieux secrets affirment de nouveau leur importance et construisent une solide base historique au royaume des Sept Couronnes. Martin reste fidèle à lui-même et nous propose toujours plus de détails et de profondeur à son monde. Une profondeur que l'on n'a pas fini de sonder et qui, parfois, laisse songeur : en effet, rares sont les véritables créateurs d’univers aussi crédibles ...  Elément important, les touches de Fantasy apparaissent bien plus encore dans ce volume, continuant dans ce sens le crescendo voulu par l'auteur. Dragons et morts-vivants bels et bien actifs, dieux, ou plutôt religion de plus en plus présente et, bien entendu, magie, ce troisième tome du Trône de Fer laisse entrevoir de façon mesurée son appartenance à la littérature de genre. Même si les Autres laissent planer le doute quant à leur nature véritable, le culte de R'hllor dévoile maintenant son vrai visage par l'intermédiaire de Mélisandre et de Thoros – ces deux-là, dans deux genres différents – et l’on ne peut oublier le surprenant Lord Béric Dondarion, ainsi que le retour d’une certaine… mais là aussi, chut... Bref, on sent que côté Fantasy, les choses sérieuses commencent.

Mais, quid de l'histoire ? En bon maître d'œuvre, George R.R. Martin mélange savamment l'épique et l'intimiste. Pour le premier, disons qu'A Storm of Swords contient maintes pages de bravoure ou de désastre, que ce soit pendant les Noces Pourpres, chapitre tout simplement exceptionnel et qui en choquera plus d’un (argh, mais pourquoi étais-je tomber sur un spoiler peu de temps auparavant !?) ou pendant la bataille du Mur. Pour le second point, les complots politiques et les retournements de situation qui en résultent atteignent ici leur paroxysme. Forcément, un des grands événements – que je ne dévoilerai pas – du livre se trouve bien évidement dans l'épisode des Noces Pourpres. Mais ce serait vite oublier les noces de Joffrey, presque aussi inattendues et plutôt jouissives finalement ainsi que la confrontation entre Sansa, Petyr et Lisa assortie de son incroyable révélation qui m’aura tout simplement laissé pantois ! George R.R. Martin n'a plus rien à prouver après cela en termes de suspense et d'inattendu, soyez-en certain. Grâce à sa volonté de bâtir un récit adulte qui ne refuse pas les évolutions logiques exigées par une histoire de cet acabit, l'américain continue de tuer certains de ses personnages principaux. Rétrospectivement, ces « surprises » n'en sont pas vraiment mais leur implacable logique au cœur du roman ainsi que les profonds bouleversements qu'elles engendrent en font un des plus importants atouts du livre. On saluera également la façon de penser la saga dans sa globalité et non par volet comme le font la plupart. Ainsi, A Storm of Swords renverse brutalement nos convictions acquises auparavant. La fin du volume constituant certainement un des plus ingénieux coups d'éclat qui soit, comme je vous l’ai dit... Mais, bien sûr, je vous laisse le découvrir. Côté noirceur et ton adulte, l'écrivain américain assure encore et toujours une partition sans fausse note notamment à travers la relation Jaime/Cersei des plus...troublantes. Décidément, Le Trône de Fer n'aime pas le politiquement correct. Tant mieux, car nous non plus.


Grandiose, exceptionnel, surprenant, spectaculaire, A Storm of Swords, ou troisième intégrale comme l’on dit dans cette édition, est tout simplement l’apogée d’un Martin qui atteint ici le paroxysme de sa série, dépassant les limites que l’on ne pouvait imaginer etre capable que celle-ci puisse atteindre. Fort de grands moments, captivant au possible au point qu’il en devienne quasiment impossible de décrocher la lecture – et nous avons là plus de 1100 pages – et parfois, terriblement cruelle, il me parait indéniable que ce troisième volume du Trône de Fer ne fait que confirmer tout le bien que je pouvais penser à son sujet jusque-là, bref, que ce roman est tout simplement un véritable chef d’œuvre, un truc tout bonnement énorme, du genre qu’on en lit que deux ou trois dans sa vie. Vous pensez que j’exagère ? Sincèrement, quand vous avez un récit aussi bien structuré, riche, crédible, qui est presque aussi fort de par ses implications, son univers, ses intrigues, ses révélations, la profondeur de ses protagonistes, que par ses fausses pistes, ses histoires perdues (et si cela se serait passé autrement), comment ne pas conclure au chef d’œuvre !? Et dire qu’il me reste encore deux volumes à lire (l’Intégral IV et le dernier paru aux USA,  A Dance with Dragons, et que l’on a droit en France en trois parties) et qu’après cela, ce ne sera pas encore finis…

LA CHAMBRE DES OFFICIERS



LA CHAMBRE DES OFFICIERS

Au début du mois d'août 1914, Adrien, un jeune et séduisant lieutenant, part en reconnaissance à cheval. Un obus éclate et lui arrache le bas du visage. La guerre, c'est à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce qu'il la passe, dans la chambre des officiers. Une pièce à part réservée aux gradés atrocement défigurés par leurs blessures. Un antre de la douleur où chacun se voit dans le regard de l'autre. Cinq ans entre parenthèses à nouer des amitiés irréductibles avec ses compagnons d'infortune. Cinq ans de reconstruction pour se préparer à l'avenir, à la vie.


Ce dimanche, comme chacun sait, ou devrait le savoir (car en toute sincérité, je ne me fais plus guère d’illusions sur les connaissances historiques des nouvelles générations), 11 novembre 2012, nous fêtions, un peu partout en Europe, la fin de la première guerre mondiale, la célèbre der des ders, qui, bien entendu, ne le fut pas, et qui s’acheva donc, a la même date, il y a presque un siècle, en 1918. Ecrire cela, pour quelqu’un né en 1974, donc, bien après ce terrible conflit, parait tout de même incroyable : plus jeune, cette première guerre mondiale, pourtant lointaine dans le temps, ne me le paraissait pas tant, or, a chaque année qui défile, et alors qu’en 2014, nous fêterons le centenaire du début des hostilités, je commence à me rendre compte de tout le temps qui s’est écoulé depuis. Mais bon, d’ici deux ans, il y aura probablement de quoi vous en dire davantage, et surtout, de rappeler aux plus jeunes d’entre nous, qui n’aurons connus que la paix – ce qui fut mon cas également – quelle importance dans l’Histoire put avoir la première guerre mondiale, et surtout, quelle principale conséquence elle eut : je veux bien évidement parler de la chute de la toute-puissance de la civilisation européenne qui se donna le coup de grâce final deux décennies plus tard.


Mais là n’est pas mon propos dans ce billet de vous donner mes impressions sur ce conflit meurtrier et dévastateur pour le continent européen puisque, comme vous l’avez compris, c’est d’un film, La chambre des officiers, que je vais vous entretenir. Un long métrage sur la première guerre mondiale, c’est toujours, de mon point de vue, une bonne nouvelle, car même si les films qui lui sont consacrés ne sont pas aussi rares que l’on pourrait le penser de prime abord – disons qu’il faut les chercher un peu – si l’on fait la comparaison avec le deuxième conflit mondial, l’on ne peut que constater à quel point celle-ci est mise en avant, et de très loin, vis-à-vis de sa devancière. Est-ce dut au fait qu’en 39/45, entre un ennemi parfaitement identifié et représentatif des pires horreurs, l’Allemagne nazi et Hitler, des chefs d’état charismatiques et surtout, la main mise d’un cinéma américain qui se plait à se mettre en valeur, 14/18, conflit plus ambigu, sans véritables bons ni méchants, de fait, ne pouvait rivaliser ? Probablement. Quoi qu’il en soit, du coup, je n’hésite jamais à me laisser tenter par une œuvre se déroulant pendant ce conflit – il faut dire, que bien souvent, celles-ci sont particulièrement de bonnes qualités.


Sortit en 2001 déjà et tiré du roman éponyme, La chambre des officiers avait alors connu un certain succès critique qui, de mon point de vu, est assez mérité. Bien évidemment, dans le film, certaines différences apparaissent vis-à-vis de l’œuvre originale, et, principalement, le fait qu’ici, l’on s’en tienne à la période de la guerre, en gros, tout le temps de convalescence qu’il aura fallu a Adrien, le personnage principal – la fin du long métrage ne s’attardant guère malheureusement sur son retour à la vie dite « normale ». Mais si ces différences, normales et que l’on retrouve toujours lors de tout transfert d’une œuvre littéraire à l’écran, existent, et j’y reviendrai, dans les grandes lignes, le synopsis principal, l’idée maitresse initiale est toujours présente : je veux bien évidement parler de tout le processus de reconstruction d’Adrien, horriblement défiguré dès les premiers instants de la guerre et pour qui rien ne sera plus jamais comme avant, quoi qu’on puisse en penser. Bien évidemment, ici, point d’actes de bravoures, point de grandioses scènes de combat, la quasi intégralité du film se déroulant dans un hôpital militaire, et plus précisément dans cette fameuse chambre destinée aux officiers – sur ce point, il peut paraitre curieux que bon nombre de films sur la première guerre mondiale montrent finalement si peu sur celle-ci ?! Du coup, avec un tel scénario, les amateurs de grand spectacle auront rapidement pris la fuite, à moins que, film français oblige, ils n’aient même pas tenté l’expérience. Tant pis pour eux, tant mieux pour les autres, car, ce qui est sûr, c’est que pour tous les amoureux de films plus intimistes, plus centrés sur les sentiments des protagonistes, une œuvre comme La chambre des officiers ne peut que les intéresser.


Pourtant, malgré le fait que, incontestablement, cela soit un bon film, malgré le fait que les acteurs, engagés, précis et plutôt doués, jouent à merveille, malgré de superbes images – ah, ce sépia qui s’impose tout au long du film – et quelques bonnes idées ainsi que quelques scènes marquantes (personnellement, j’ai particulièrement apprécier le médecin plus enthousiasmer par les possibilités d’avancées médicales que lui ouvrent la guerre, mais qui, pourtant, n’en semble pas moins attaché à ses patients à sa manière), je dois reconnaitre que j’ai eu du mal avec la fin du film, trop rapidement expédiée selon moi. En effet, pendant deux heures, l’on suit, tranquillement, très tranquillement, la lente reconstruction d’Adrien et de ses compagnons, et puis, en moins d’un quart d’heure : sortie d’hôpital, retour à la vie civile, il se rend compte que sa Clémence fantasmée n’était qu’une chimère, quelques grimaces avec une petite dans le métro puis une rencontre un peu bête dans la rue et c’est tout… Mouais, bon, pour un film sur les gueules cassés, probablement les grands oubliés de l’Histoire, j’ai trouvé cela un peu léger, ne serais ce que pour les difficultés de retrouver une vie normale, de supporter le regard des autres etc., choses dont la version ciné de La chambre des officiers, finalement, fait abstraction. 

lundi 5 novembre 2012

THORGAL – LA CHUTE DE BREK ZARITH


THORGAL – LA CHUTE DE BREK ZARITH

Perchée sur un piton rocheux, la forteresse de Brek Zarith domine la côte. Sur l'immense terrasse qui surplombe l'océan, un petit homme s'affaire à préparer l'équipement du baron Zorn. Celui-ci, contre son gré, a été choisi par Shardar-le-puissant pour tenter de devenir le premier homme volant, grâce à un étrange costume fait de plumes. Lancé dans le vide, Zorn s'écrase sur les rochers. Lassé de ce jeu, Shardar se débarrasse du créateur du costume de la même manière, puis s'enfonce dans les profondeurs du château pour rejoindre le mage Helgith qui l'attend avec l'enfant...


Thorgal – La chute de Brek Zarith
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : juin 1984
Nombre de pages : 46

Mon avis : Comme les amoureux de la saga la savent bien, ou pour ceux qui auraient lu mon précédant billet, La chute de Brek Zarith est le troisième et dernier volet d’une trilogie que les fans ont surnommés la trilogie de Brek Zarith, débuté avec La galère noire, dont je vous ai parlé en aout dernier, et qui s’est poursuivie avec Au-delà des ombres dont je viens tout juste de vous parler sur ce blog. Cette trilogie, que beaucoup estiment être l’un des grands moments de la saga possède certaines particularités : ainsi, pendant trois albums, les personnages secondaires sont les mêmes, même si on ne les voit pas toujours pour diverses raisons, mais cela est plutôt normal, et l’adversaire principal est un certain Shardar-le-puissant dirigeant de Brek Zarith après avoir usurper le pouvoir du prince Galathorn, et qui, pour la petite histoire, ne fait son apparition que dans le troisième tome de la trilogie. De plus, et pour la première (mais pas la dernière) fois dans la série, le temps commence à jouer son œuvre et une année s’écoule entre le quatrième et cinquième tome, ce qui permet surtout aux auteurs de mettre en scène un tout nouveau personnage : le fils de Thorgal, dont la première rencontre entre celui-ci et sa progéniture est assez marquante au demeurant. Pour le reste, on notera que les trois albums sont assez différents les uns des autres : assez typé action pour ce qui est de La galère noire, l’on passe allègrement vers un certain onirisme dans Au-delà des ombres (mon préféré des trois) avant de repasser a de l’aventure pure et dure dans le dernier, même si celui-ci est un peu ampli d’un certain désabusement quant aux conséquences de la chute de ce fameux usurpateur de Brek Zarith. Thorgal, qui ne pense qu’à retrouver la femme qu’il aime, et au passage, son fils, n’a que faire de ce jeu de rois qui, selon lui, ne valent pas forcément mieux les uns que les autres, et, finalement, n’aspire qu’à la paix ; chose, bien entendu, qu’on se doute bien qu’il n’aura pas… sinon, la série en serait restée là. Clôturant assez bien cette trilogie tant apprécié, La chute de Brek Zarith regorge de scènes marquantes, comme la toute première, où l’usurpateur se plait à jouer aux Icare avec ses sujets, mais aussi celles du bal, véritable orgie qui se finit tragiquement. L’on notera au passage que la manière dont Shardar tient ses barons m’a fait diablement pensée à celle dont Louis XIV en personne tenait ses nobles : en leur donnant moult festivités à la Cour. Ici, cela n’empêche pas certains d’essayer de se rebeller mais, décidément, à force d’orgies et probablement émoussées, ils en sont tout bonnement incapables. Quand a la fameuse chute dont parle le titre, celle-ci, finalement, ne viendra ni de ses barons, ni des vikings (qui perdent encore l’un de leurs chefs, décidément, ils sont maudits), ni du roi légitime, ni même, quelque part, de Thorgal… mais cela, je n’en dis pas plus et vous laisse la surprise, disons juste que, enfin, une certaine personne commence à prendre davantage d’assurance et a moins jouer les demoiselles en détresse… quoi que ? Au final, donc, un très bon album, pas mon préféré, certes, mais suffisamment captivant pour me tenir en haleine et confirmer tout le bien que je pense de cette série. Reste la grande question, désormais : mais quand m’attaquerais-je à la suite ?


Points Positifs :
La chute de Brek Zarith est une bonne conclusion à une trilogie qui est, selon les fans, l’une des plus réussies de la série ; plus tipée action que le tome précédant qui était proche du chef d’œuvre absolu, elle n’en reste pas moins convenable.
- Curieusement, ce qui m’a le plus marquer dans cet album, c’est la cour de Shardar : tenus en laisse par d’innombrables orgies et autres fêtes décadentes, les nobles finissent par être complètement incapables de se rebeller contre leur tyran. De plus, j’ai bien aimé leurs divers costumes, tous plus improbables les uns que les autres.
- Shardar est un personnage qui en jette : intelligent en diable, méticuleux, calculant ses coups a l’avance, il tombera, certes, mais cela s’est jouer a peux de choses.
- Première apparition du fils de Thorgal et de Aaricia, un certain Jolan ; accessoirement, il semble planer bien des mystères a son sujet.
- Les nombreuses références qui parsèment cet album : Icare, Archimède et ses miroirs, Leonard de Vinci et ses machines volantes…
- D’ailleurs, la scène d’ouverture où un des barons est « volontaire » pour voler est un pur régal !

Points Négatifs :
- Mouais, difficile de passer après Par-delà les ombres tout de même, surtout que, finalement, scénaristiquement, cet album est par moments simpliste.
- Une malédiction semble s’être abattu sur les divers chefs vikings : ils passent tous l’arme a gauche les uns après les autres !
- Le discours anti-royauté de Thorgal peut apparaitre par moments un peu naïf… sympathique mais naïf.

Ma note : 7,5/10

THORGAL – AU-DELÀ DES OMBRES


THORGAL – AU-DELÀ DES OMBRES

Un vieil homme traverse une ville crasseuse, noyée sous la pluie. Il entre dans une auberge et y cherche le vaillant chevalier Thorgal. Mais on lui rit au nez, car le chevalier en question n'est rien de plus qu'un mendiant sur lequel les clients essuient leurs bottes... Devenu muet et apathique, Thorgal ne cherche même plus à mendier sa nourriture. Shaniah l'accompagne et s'efforce de le maintenir en vie. Malgré cela, le vieil homme, Wargan, a besoin de Thorgal, porteur de la clé du Deuxième Monde !


Thorgal – Au-delà des ombres
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : août 1983
Nombre de pages : 46

Mon avis : J’avais laissé Thorgal un peu de coté quelques mois puisque la critique du tome précédant, La Galère noire, remonte déjà a aout dernier. Pour rappel, et particulièrement pour ceux et celles qui connaitraient mal ce monument de la bande dessinée franco-belge, La Galère noire était en fait la première partie de ce que les fans ont surnommés la trilogie de Brek Zarith, sans nul doute l’une des plus belles réussites de toute la série. Et donc, après une entrée en matière plutôt réussie, j’au l’agréable surprise de lire tout bonnement… ce qui est le meilleur album de Thorgal depuis les débuts de la saga ! Il faut dire que l’on retrouve ici tout ce qui a fait l’intérêt de la série depuis ces débuts : déjà, l’univers de Thorgal, attirant au possible et qui oscille entre une certaine Fantasy mais davantage proche des légendes nordiques et germaniques que de la bien trop pâle copie de Donjons & Dragons. Ensuite, le mélange des genres qui, de mon point de vue, a toujours bien fonctionné : notre héros, ici, se voit plonger, afin de sauver son aimée, dans un autre monde, un univers parallèle en quelque sorte, replongeant carrément dans le temps avant de rencontrer, rien que ça, la Mort elle-même, du moins, l’un de ses avatars. Et si, dit comme cela, certains pourront trouver la chose peu originale, à la lecture, il en est tout autre et chaque page, ou presque, est un véritable régal pour le lecteur, tant, déjà, par les multiples bonnes idées qui parsèment cet album, mais également par la qualité des dessins qui, d’album en album, ne cessent de s’améliorer – même si, pour un jeune lecteur, ceux-ci pourront paraitre un peu trop vieillot. L’intrigue ne permet pas un seul moment de répit, les protagonistes rencontrés, parfois sur une ou deux cases, sont tous marquants, et certaines planches sont tout bonnement somptueuses de par leur découpages ; le tout, empreint d’une certaine tristesse et d’un fatalisme pesant, accouche d’un final certes sans surprises mais oh combien réussi – la belle et si triste mort de la jeune Shaniah – mais qui fonctionne parfaitement, et qui, personnellement, m’a franchement toucher. Bref, et vous l’avez compris, un excellent album de Thorgal selon moi, le meilleur depuis le début et qui confirme, une fois de plus, tout le bien que je pense vis-à-vis de cette œuvre dans son ensemble.


Points Positifs :
Au-delà des ombres est tout simplement le meilleur album de Thorgal depuis les débuts de la série : que ce soit par son scénario parfaitement abouti et maitrisé, ses dessins somptueux, le déroulement de l’intrigue et ce final d’une infinie tristesse, il n’y a aucune fausse note…
- Indéniablement, s’il y a un protagoniste qui se démarque grandement dans cet album, c’est bel et bien Shaniah : la jeune adolescente amoureuse et parfois mesquine du tome précédant a bien grandit, elle aime toujours Thorgal, le suit jusqu’au royaume des morts et finit par se sacrifier par amour. C’est beau, émouvant… et puis, son regard lorsqu’elle dit à Thorgal qu’elle l’aimait à en mourir…
- A moins d’être totalement sans cœur, il est impossible de ne pas être toucher par cette histoire tellement touchante où l’amour est au centre de tout : celui de Thorgal pour sa femme, bien entendu, mais surtout, mais celui, non partagé, de Shaniah pour Thorgal.
- Jamais Grzegorz Rosinski n’avait livré jusque là une prestation aussi somptueuse ; c’est tout simplement magnifique !
- Ah, les descentes dans le royaume des morts ou aux enfers ont toujours la cote et, franchement, comment ne pas être captiver par celle-ci !?
- Mine de rien, pas mal l’idée de voyager dans le temps pour parvenir dans le royaume des morts.

Points Négatifs :
- S’il fallait trouver un défaut a cet album, disons que la couverture n’est absolument pas a la hauteur de son contenu ; dommage tout de même…

Ma note : 8,5/10

WALKING DEAD – PASSÉ DÉCOMPOSÉ


WALKING DEAD – PASSÉ DÉCOMPOSÉ

Policier, Rick Grimes prend une balle au cours d’une fusillade et tombe dans le coma. A son réveil, il est dans un hôpital. Il appelle une infirmière, mais personne ne vient. Il se lève, trouve ses affaires dans la commode à côté de son lit, s’habille et commence à errer dans les couloirs : désespérément vides. En prenant l’ascenseur, un cadavre tombe à ses pieds au moment où les portes s’ouvrent. Rick voit que le corps est en décomposition et paniqué, il hèle à l’aide… sans réponse. Il se dirige alors vers la cafétéria dont l’ouverture est fermée par une planche, notre policier ouvre et tombe sur une salle remplie d’humains dont les corps pourrissent… et qui semblent pourtant bel et bien vivants ! L’un d’entre eux se jette sur lui, qui s’étale avant de chuter avec son agresseur dans les escaliers. Après plusieurs marches dévalées, le mort vivant n’est plus en état de nuire, sa tête se trouvant arrachée par le choc. Notre policier se relève pour voir les anciens occupants de la cafétéria arriver. Il referme alors les portes avec sa ceinture. Arrivé au parking, aucune voiture n’est ouverte. Il se résigne à sortir à pied et a rentrer chez lui, espérant qu’à l’extérieur la situation sera meilleure…


Walking Dead – Passé décomposé
Scénario : Robert Kirkman
Dessins : Tony Moore, Charlie Adlard
Encrage : Tony Moore, Charlie Adlard
Couleurs : Tony Moore, Cliff Rathburn
Couverture : Tony Moore
Genre : Fantastique, Etrange, Horreur
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Walking Dead - Days Gone Bye
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 12 mai 2004
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 01 juin 2007
Nombre de pages : 144

Liste des épisodes
Walking Dead 1-5

Mon avis : Malgré ce que certains pourraient penser, les comics, ce n’est pas uniquement des bandes dessinées de super-héros, bref, un truc où des individus en collants se cognent dessus sans arrêt, non, les comics, c’est un peu plus complexe que cela et, justement, si l’on aborde le cas Walking Dead, ce qui tombe bien puisque c’est de cette œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui, voilà donc un comics sans le moindre super-héros… mais, avec pas mal de zombies ! Alors bien sur, comme souvent, les choses sont un peu plus compliquées qu’on pourrait le penser, et, justement, j’y viens… même si je dois reconnaitre qu’avant lecture de ce premier tome, pour moi, Walking Dead rimait bien évidement avec zombies, un premier tome que j’ai d’ailleurs plutôt apprécier… Bon, certes, je ne vais pas non plus prétendre que, subitement, je suis tombé sur le truc de l’année, que j’ai été bouleversé parce que j’ai découvert et que cela faisait belle lurette que je ne lisais pas un truc aussi bon, cela serait, non seulement exagéré, mais qui plus est, plutôt faux. Par contre, et je ne m’en cache pas, j’ai compris, en lisant ce premier volume, en quoi Walking Dead a pu plaire a tant de lecteurs : certes, a la base, nous n’avons là que ce que l’on pourrait appeler qu’une simple histoire de zombis qui ne révolutionne, a aucun moment, le genre. D’ailleurs, l’amateur de ce dernier sera en terrain connu et se plaira à constater que tous les clichés du genre, attendus, sont en place : les morts vivants sont partout, l’épidémie semble inéluctable, la société n’est plus que songe et il ne reste, dans un monde post-apocalyptique, qu’une poignée de survivants qui risquent leur peau à chaque instant. Cependant, si le synopsis de base de Walking Dead n’a rien de bien original en soit, bien au contraire, force est de constater que cela marche plutôt bien et que l’une des grandes forces du scénariste, le sieur Kirkman, est d’avoir, à partir d’un matériau usé jusqu’à la moelle, réussi l’exploit de renouveler le genre avec une histoire bigrement efficace ; comme quoi, c’est possible. Bien évidemment, pour cela, le principal intérêt de ce comics n’est pas franchement les zombis en tant que tels car, quelque part, ceux-ci auraient pu être remplacer par tout et n’importe quoi (vampires, indiens, communistes, extraterrestres, etc.), non, ce qui fait la grande force de Walking Dead – mais en disant cela, je ne fais que répéter ce que chacun sait – c’est bel et bien les interactions entre personnages, leurs relations pour le moins compliquées, ce qu’ils peuvent représenter, leurs doutes, craintes, espoirs, et surtout, leurs réactions devant cette catastrophe. Et, bien entendu, c’est par ce biais, mais aussi par les superbes dessins en noir et blanc de Tony Moore, qu’indéniablement, Walking Dead se démarque de la concurrence et mérite toute notre attention. Bien évidemment, dans ce premier tome, nous ne faisons que faire connaissance qu’avec l’univers et les personnages d’une saga bien longue et les zones d’ombre – dont la principale, bien entendu, est le pourquoi d’une telle épidémie – sont encore bien nombreuses. Cependant, la qualité, elle, est déjà bel et bien là et force est de constater que, pour une première, Kirkman et Moore font très fort et que la seule chose que l’on peut ressentir a l’issu de la lecture de ce premier tome, et, bien entendu, de découvrir la suite. Non seulement, pour savoir ce qu’il adviendra de tous ces protagonistes (dont certains sont déjà passés de vie à trépas) bien mal barrés dans cet univers post-apocalyptique, mais aussi, pour en apprendre davantage sur les causes de cette épidémie et sur les moyens de lutter contre elle, du moins, si cela est encore possible. Bref, j’ai été, comme vous l’avez compris, conquis par ce premier volume de Walking Dead, et même si j’ai mes préférences pour d’autres genres, force est de constater que je me laisserais bien tenter par la suite, que dis-je, c’est même une certitude. 


Points Positifs :
- En usant des traditionnelles vieilles ficelles des œuvres du genre, Robert Kirkman réussi le paru, néanmoins, de renouveler celui-ci, et ce, en mettant l’accent sur les relations entre les divers protagonistes, ces dernières ayant presque par moment plus d’importance que les zombies eux-mêmes.
- D’ailleurs, Walking Dead est plus un comics sur les relations entre les personnages en territoire hostile (où l’on peut remplacer les zombies par n’importe quelle autre menace) qu’une œuvre d’horreur pur et dure – même s’il ne faut pas faire l’impasse sur cet élément, bien entendu.
- Les dessins de Tony Moore sont tout simplement excellents, quand au choix du noir et blanc (avec pas mal de nuances de gris), c’est une excellente idée ; comme quoi, la couleur, ce n’est pas une obligation !
- Cela fait du bien d’avoir droit a des personnages qui doutent, qui ne sont pas surhumains ou infaillibles, bref, des gens comme vous et moi placer dans une situation qui les dépassent. Ajoutons toute une palette de sentiments humains, des plus nobles aux plus vils et l’on obtient un bon cocktail de ce qu’est Walking Dead.
- A force de ne pas en parler, on finirait par croire que ces derniers ne servent a rien, or, il ne faut pas les oublier les zombies ! Surtout qu’ils sont fidèles à eux-mêmes, ce qui ravira les amateurs du genre.

Points Négatifs :
- Fort peu de véritables points négatifs dans ce premier tome de Walking Dead, si ce n’est, peut-être, l’épisode bouche trou qui n’apporte pas grand-chose au schmilblick si ce n’est de nous présenter les conditions de survies dans ce monde post-apocalyptique… et puis, il est un peu niais le père par moments.
- Hélas, mille fois hélas, Tony Moore ne restera pas aux dessins pour la suite ; a mon grand regret…

Ma note : 9/10

THE TUDORS – SAISON III



THE TUDORS – SAISON III

Après la mort d'Anne Boleyn, la vie continue à la Cour. Débarrassé d'Anne et de sa fille Elizabeth qu'il a fait bâtarde, Henry peut enfin s'unir à Jane Seymour, qui il l'espère, lui donnera un fils. Mais plus que jamais tout est incertain. Avec la chute des Boleyn, Cromwell se retrouve maintenant en situation de danger, Jane n'est pas encore enceinte et une rébellion se prépare. Et Mary, grâce à l'intervention de Jane, peut enfin revoir son père et espère un retour à la Cour. Quant à Charles, il est envoyé au combat par Henry pour contrer la rébellion qui gagne du terrain.


Je sais que je vais encore me répéter pour la énième fois mais, depuis la rentrée, il est indéniable que si une série, une seule, m’aura marquer, c’est bel et bien Les Tudors ; d’ailleurs, pour etre tout à fait franc, je pense ne pas me tromper en affirmant que celle-ci restera, à mes yeux du moins, comme la série de cette année 2012 puisque, ce fut en début d’année que je la découvris, et me mis à la suivre pour la première fois, sur ARTE, avec une certaine troisième saison. Hein, quoi, comment, mais, n’est-ce pas la même saison dont je vais vous parler aujourd’hui, celle-ci n’a-t-elle pas déjà eu droit, en son temps, a sa propre critique comme on peut le voir ici même : The Tudors - saison III. Oui, c’est bel et bien le cas, je ne m’en cache pas, mais si, décision fut prise de réécrire un billet au sujet de celle-ci, cela est dut a deux raisons principalement : tout d’abord, cette première critique – accessoirement, probablement le billet de la catégorie Séries le plus vu au jour d’aujourd’hui – n’en fut pas vraiment une ; à l’époque, ce n’était pas dans mes habitudes d’écrire des critiques pour les séries et, d’ailleurs, lorsque je l’ai publié, cette troisième saison n’était même pas achever. Deuxièmement, comme les autres saisons (dans l’ordre de parution sur ce blog : première, quatrième et seconde) eurent droit, depuis septembre, à leurs propres critiques, je ne pouvais décidément pas ne pas rendre hommage à cette troisième saison, ne serais ce que pour son importance à mes yeux : après tout, ne fut-il pas grâce à elle que j’ai découvert cette série ? Rien que pour cette raison, un nouveau billet me semblait indispensable.


Mais alors, que pourrais-je donc ajouter de nouveau que je n’ai pas déjà dit, un jour lointain de janvier dernier ? Tout d’abord, le fait que, grâce à NRJ12, que je ne remercierais jamais assez pour leur choix de rediffuser les trois premières saisons de la saga, de m’avoir, non seulement permis de découvrir les deux premières saisons, encore inédites pour moi, des Tudors, mais également, de pouvoir revoir cette fameuse saison III avec un œil nouveau : en effet, même si vu il y a quelques mois à peine, je me souvenais encore plutôt bien de son intrigue et des divers événements qui la marquèrent, le fait d’etre plus habitué aux protagonistes, mais aussi et surtout, aux évènements qui eurent lieu avant celle-ci, me permirent de davantage l’apprécier – les forces en présence, les rivalités voir même les réactions de certains ainsi que les conséquences de celles-ci m’apparaissant, forcément, bien moins obscures. Sur ce point, d’ailleurs, cela m’aida bien, surtout, pour la ribambelle de protagonistes secondaires, finalement, assez nombreux dans cette série et dont on ne parle pas suffisamment assez de mon point de vue. Mais cela, finalement, n’était pas une surprise, bien au contraire : après tout, se lancer dans une série sans connaitre les débuts n’ai pas chose aisée, et ce, même si l’Histoire (avec un H majuscule car, pour rappel, tout cela eut bel et bien lieu, enfin, dans les grandes lignes) ne m’était pas inconnue. Enfin, la diffusion, déjà, des deux premières saisons, à la suite, m’aura au moins permis, en plus de passer de forts bons samedis soirs pendant deux mois, de me préparer comme il le fallait pour la rediffusion de la saison III.


Et donc, que dire, désormais, au sujet de celle-ci ? Bon, tout d’abord, celle-ci est plus courte que les autres – huit épisodes au lieu des dix habituels – et ce fait a son importance quant aux déroulements d’une intrigue qui, contrairement aux autres saisons, a tendance à moins s’appesantir sur les faits afin de parer au plus pressé. Je ne sais d’ailleurs pas pour quelle raison cela fut fait ainsi (hum, une grève des scénaristes probablement, non ?) mais ce qui est sûr, c’est que, du coup, j’ai eu l’impression, après coup, que l’on a un peu perdu de ce qui faisait la qualité de cette série depuis ses débuts. Oh, bien évidemment, ne vous méprenez pas sur mes propos, a aucun moment je ne prétends affirmer que la troisième saison des Tudors soit moins passionnante que les autres, bien au contraire, disons juste que ces deux épisodes manquant auront pesé sur le déroulement d’une histoire qui s’est, de mon point de vue, achever un peu trop rapidement.

Pour ce qui est de la période de la vie de notre sacrée Henri VIII toujours aussi incorrigible dans ses ébats amoureux, ici, va du mariage de celui avec la douce Jeanne Seymour qui lui laissera un hérité mal (finalement) mais qui disparaitra bien trop rapidement suite à des complications post-natales, a sa rencontre avec la jeune et puérile Catherine Howard, qui, comme chacun sait, finira très mal, cela, en passant par le calamiteux quatrième mariage du roi avec la sympathique Anne de Clèves – excellente Joss Stone au demeurant – qui, ne plaisant pas à Henri, finira par devenir une proche de la famille royale. Mais si Henri laisse apparaitre de plus en plus, dans cette saison, une certaine paranoïa pour ne pas dire de la folie, plus particulièrement suite au décès de Jeanne Seymour qu’il aimait sincèrement, et est de plus en plus diminué, si son fidèle compagnon des premiers jours, Charles Brandon, suite aux évènements encourus, voit son image pâlir fortement, mais surtout, son mariage éclater, il est indéniable qu’un homme porte quasiment à lui tout seul tout l’intérêt de cette troisième saison, je veux bien évidement parler de Thomas Cromwell : apparu vers la fin de la première, omniprésent dans la seconde, ici, désormais, on ne voit quasiment que lui et l’on peut dire, sans exagération aucune que ce qui fait l’intérêt de cette avant dernière saison des Tudors repose sur les épaules du Lord du Sceau Privé, joué, pour ne pas dire magnifié par un James Frain tout bonnement exceptionnel dans ce rôle. Au point de jeter une ombre sur les autres protagonistes, y compris Henri VIII, oui, c’est mon ressenti : ainsi, de sa montée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir (débutées dans les saisons précédentes) jusqu’à sa chute finale et son horrible exécution, Thomas Cromwell est le protagoniste le plus intéressant à suivre dans cette troisième saison, et, quelque part, finalement, le plus sympathique. Comme tant d’autres, plus dure (et finalement injuste) fut sa chute (et, accessoirement, bien trop rapide et trop vite expédiée) mais au moins, de par sa présence à l’écran, James Frain/ Thomas Cromwell aura indéniablement rehaussé le niveau d’une saison qui, sans lui, serait apparue bine plus en retrait.


Et c’est donc par ce constat que s’achève ma dernière critique de cette excellente série qu’est les Tudors : découvert en début d’année par cette même troisième saison, ce fut surtout ces deux derniers mois que je l’aurais vu dans son intégralité. Bien évidemment, je suis obligé de me répéter, encore et encore, mais bon, comment ne pas le faire dans ce billet qui conclura cette série ? Oui, celle-ci, malgré quelques arrangements avec l’Histoire et des acteurs un peu trop beau gosse pour etre honnêtes mérite largement tout le bien que l’on a pu dire d’elle, oui, elle plaira sans nul doute aux amateurs d’Histoire, et ce, même si l’on peut pointer du doigt tel ou tel détail, oui, mille fois oui, sur ces dernières années, je considère les Tudors comme étant ma série préférée, du moins, celle qui m’a le plus plu, pour ne pas dire, celle qui m’aura réconcilier avec un format – les séries – que j’avais un peu abandonner depuis longtemps. Au final, on pourra regretter que celle-ci en soit resté là, que les auteurs n’aient pas osé s’intéresser à la dynastie des Tudors dans son ensemble, surtout car les trois enfants d’Henri VIII auront régner et que, pour connaitre la suite des événements, il y avait largement de l’excellent matériel pour nous offrir quelques très bonnes saisons de plus. Mais bon, les choses étant ce qu’elles sont, il faudra se contenter de ces quatre saisons, de la vie d’Henri VIII, de ses jeunes acteurs qui se sont révélés et surtout, d’une série, qui, indéniablement, aura suffisamment marquer son époque pour rester dans les mémoires, du moins, pour ce qui est de mon cas. 
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