jeudi 29 novembre 2012

AKIRA 3 – LES CHASSEURS



AKIRA 3 : LES CHASSEURS

Néo-Tokyo, 2030...La ville s'est redressée d'une nouvelle apocalypse. De la drogue, des mutants aux pouvoirs paranormaux, un groupe de terroristes antigouvernementaux, et un projet qui effraie tout le monde, financé par l'état, installé en secret sur le site du futur stade olympique et sur lequel veille jalousement l'armée : le projet Akira ! Tetsuo l'ami de Kaneda, s'est découvert des pouvoirs paranormaux terrifiants et devient un danger pour tous, amis comme ennemis. Seul le colonel parait capable de le maitriser...dans quel but ?... La jeune terroriste Kay et le voyou Kaneda tentent à plusieurs reprises d'éliminer Tetsuo, mais celui-ci semble invulnérable et à chaque fois plus puissant. Se jouant de toute résistance, Tetsuo finit par s'introduire dans la base secrète ultra sécurisée où Akira est conservé sous zéro absolu. En le « réveillant » il risque de déclencher une apocalypse incontrôlable. Sur ses pas : le colonel et son armée, Kay et Kaneda, Ryu (un autre terroriste, supposé « frère » de Kay). Chacun de son côté va tenter de le maitriser, mais est-ce encore possible ?


Après deux premiers tomes on ne peut plus prometteurs, il est temps d’aborder la suite de cet excellent manga qu’est Akira – ici, toujours dans sa version colorisé par les américains, celle qui fut publiée en France au tout début des années 90. Bien évidemment, ceux qui, éventuellement, on lut mes critiques sur les deux premiers volumes de la saga (ici et ici) savent déjà tout le bien que je pense de celle-ci et si, bien entendu, l’on peut trouver à redire quand a cette version colorisé, dans mon cas, comme je n’ai jamais eu la chance de lire l’originale (que nous n’avons eu en France que quelques années plus tard), il me sera difficile de faire des comparaisons. Et comme en plus, pour ce qui est d’Akira, une œuvre que j’ai découvert à la fin de mon adolescence, le coté nostalgie est à son paroxysme, je suis, du coup, bien plus complaisant vis-à-vis de cette version. Alors certes, peut etre qu’un jour prochain, si éventuellement, je me procure le manga en noir et blanc et dans son sens de lecture normal, je changerais d’avis, mais pour le moment, tenez le pour dit : vous ne me verrez quasiment pas émettre de franches critiques quand a cet Akira en couleur. Mais bon, tout cela ne nous dit pas ce que vaut ce troisième album de la série et justement, il est temps – rapidement – de m’y atteler.

Après un second volume on ne peut plus captivant et gorgé d’adrénaline pure avec un gargantuesque combat de motards qui s’acheva somptueusement avec la mort du pauvre et sympathique Yamagata, ce troisième tome d’Akira, dans un autre genre, est tout aussi bon, maintenant la série dans une quasi excellence rarement vue dans une œuvre dans le genre. Du coup, cette fois ci, c’est dans les laboratoires secrets de l’armée que la quasi-totalité de l’intrigue se déroule et, sincèrement, c’est tout simplement un pur régal que de suivre Kaneda et Kay, à la fois manipulés et conscients, dans leur quête effrénée de se venger de Tetsuo. Un Tetsuo aux mains du charismatique Colonel, donc, qui compte bien en user pour ses projets, mais qui très rapidement, va s’en mordre les doigts, l’adolescent, franchement cintré, étant tout bonnement incontrôlable. Du coup, c’est reparti pour un massacre en règle de militaires a tout va, surtout que Tetsuo se met dans l’idée de se rendre dans le complexe souterrain où est endormi le mystérieux Akira afin de le réveiller, et ce, avec la plus grande des facilitées vu la façon, à la fois spectaculaire et sanglante, dont il se débarrasse des obstacles qu’il trouve devant lui. Forcément, si une fois de plus, l’action prime avant toute chose dans ce troisième album, il ne faut pas omettre qu’ici, on commence à apprendre pas mal de choses sur le fameux « projet Akira » et plus particulièrement sur les autres mutants existants, qui s’avèrent finalement un peu plus nombreux que prévus – et tous ne vivent pas dans le complexe militaire comme on peut le constater avec Lady Miyako qui dirige un temple et qui semble tirer les ficelles de l’opposition au régime en place par le biais de Nezu et Ryu. Certes, tout cela reste encore bien flou pour le moment mais bon, les quelques révélations que l’on a, minimes mais réelles, sont intéressantes et donnent surtout envie au lecteur de vouloir en savoir davantage. Autre chose à ne pas oublier dans ce troisième tome : son humour qui, malgré tout, est bien présent. Bien évidemment, vu le contexte du précédent album, il aurait été difficile de rigoler, mais ici, surtout par le biais de Kaneda, je dois avouer que les situations cocasses fourmillent, surtout dans la première partie de l’album quand le jeune motard et Kay essayent de s’échapper du complexe militaire. La suite l’est beaucoup moins, mais ce côté humoristique, dans un contexte plutôt sombre, n’est pas pour me déplaire – quoi que, il ne faut pas en abuser non plus.


Bref, une fois de plus un excellent album, quasiment parfait de bout en bout et fort en intensité, en scènes marquantes (certaines planches son tout bonnement sublimes, surtout celles où Tetsuo, descendant dans le complexe où dort Akira, est attaqué par des planeurs de l’armée… ouah, pour moi, c’est culte !) et qui nous plonge une fois de plus dans une œuvre sur laquelle il n’y a pas grand-chose à redire, bien au contraire. En trois albums, Akira est tout simplement parfait, et force est de constater que ce n’est pas donné à tout le monde… et comme la suite – lorsque l’étrange et redouté Akira sortira de son sommeil – annonce des lendemains cataclysmiques, l’on ne peut que se dire que cela risque d’etre encore mieux par la suite !

dimanche 25 novembre 2012

AKIRA 2 – CYCLE WARS



AKIRA 2 – CYCLE WARS

Néo-Tokyo, 2030... La ville s'est redressée d'une nouvelle apocalypse. Des bandes de jeunes voyous motards, de la drogue, des mutants aux pouvoirs paranormaux, un groupe de terroristes antigouvernementaux, et un projet qui effraie tout le monde, financé par l'état, installé en secret sur le site du futur stade olympique et sur lequel veille jalousement l'armée : le projet Akira ! Kaneda le jeune motard rencontre la belle terroriste Kay et se trouve mêlé à tout ça sans bien comprendre ce qu'il se passe. Mais le groupe de Kay essaye de contrecarrer l'état sans bien tout saisir non plus. Seul le colonel semble savoir de quoi il en retourne et son objectif pour l'instant : être prêt pour le « réveil d'Akira » et capturer Tetsuo l'ami de Kaneda, qui s'est découvert des pouvoirs paranormaux terrifiants et devient un danger pour tous, amis comme ennemis. Seul le colonel parait capable de le maitriser...dans quel but ?...

Après avoir abordé, pas plus tard qu’hier, le tout premier tome de ce cultissime manga qu’est Akira, je n’ai pas perdu de temps et une fois la critique de celui-ci publiée sur ce blog, je me suis lancé dans la lecture de sa suite directe, le second tome (ah bon ?) intitulé Cycle Wars, le titre n’étant pas du tout anodin quand on voit le contenu de celui-ci. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je tennais à signaler deux petites précisions : tout d’abord, cette œuvre s’étalant sur treize numéros (dans le format colorisé des éditions Glénat et datant du début des années 90) et comme je la possède dans son intégralité (du moins, j’ai quatre albums et le restant en fascicules), vous vous doutez bien que, sauf manque de temps imprévu, je l’achèverais en théorie dans les semaines à venir ; bref, l’attente ne sera pas très longue – sauf impondérable – entre chacune des critiques, quoi que, vous vous doutez bien que je ne vais pas non plus tout vous proposer en deux ou trois jours, loin de là. De ce fait, je tennais à vous prévenir que, forcément, les douze critiques à venir (en comptant celle-ci) seront plus courte qu’en temps normal : après tout, dans une série en treize tomes qui se suivent les uns les autres sans aucun temps mort, nul besoin de s’attarder à faire du remplissage lors de chaque critique. Si encore, j’avais tout un tas de temps libre à consacrer à cela, nul ne doute que je le ferais, mais bon, comme je ne pointe pas à l’ANPE, j’irais, ou du moins, je tacherais d’aller à chaque fois à l’essentiel, ce qui, j’en conviens, est amplement suffisant par moments. Mais bon, trêve de bavardages inutiles et intéressons-nous donc à ce second volume de cette grande saga qu’est Akira.

Comme son titre le laisse présager (quoi que, parfois, entre les titres et les contenus, il y a un monde), nous avons droit, dans ce second volume d’Akira version colorisée par nos amis américains (c’est bon de le rappeler histoire que l’on ne confonde pas avec la version originale en noir et blanc et dans le sens de lecture nippon) a une grandiose guerre de gangs de motards, enfin, plus précisément tous les gangs de Tokyo d’un côté contre la bande des Clowns dont le nouveau chef est un certain Tetsuo. Et forcément, vu ce que celui-ci est devenu, vous vous doutez bien que rien n’est joué d’avance, bien au contraire et que le rapport de forces écrasant ne serait, dans le cas présent, qu’un simple fétu de paille. Curieusement, j’ai pu trouver sur le net quelques critiques négatives à l’encontre de cet album, comme quoi l’auteur, Katsuhiro Otomo s’attardait beaucoup trop sur des à-côtés pas franchement utiles, comme cette guerre de motards. Pourtant, et ma relecture me l’a une fois de plus confirmé, non seulement celle-ci est parfaitement justifiée de par les événements qui l’entrainent, mais qui plus est, franchement, elle est grandiose ; oh, certes, ce n’est pas non plus l’Everest scénaristique, mais bon, captivante au possible, d’une violence extrême mais logique et se déroulant sans temps morts, ce Cycle Wars atteint des sommets dont le paroxysme est (attention spoiler) bien entendu la mort de Yamagata. Personnage secondaire voir plus que secondaire de la série, vu qu’il ne dure pas bien longtemps, son décès, parfaitement bien amené et inévitable scénaristiquement (il fallait bien que Kaneda perde un pote des mains de Tetsuo pour que sa volonté de le tuer soit plus forte) est indéniablement l’un des moments les plus marquants du début de la saga ; d’ailleurs, personnellement, la mort de Yamagata est l’un de mes moments préférés dans le manga, l’un de ces événements dans une œuvre qui marquent durablement ceux qui la vivent, et ce, même vingt ans plus tard, j’ai une fois de plus été touché par celle-ci, c’est pour dire. Or, reconnaissons-le, Yamagata n’est qu’un personnage secondaire dans Akira, alors, pourquoi un tel engouement de ma part pour son décès face à Tetsuo ? Cela est probablement dut au fait que parfois, certains personnages acquièrent une certaine aura, ou importance, par une mort tout bonnement exceptionnelle et inoubliable.


Bien évidemment, ce second tome d’Akira ne comporte pas qu’une simple bagarre de motards, aussi bonne soit-elle, et si la mort de Yamagata marque tant, d’autres scènes sont tout aussi importantes : ne serais-ce que la sublime planche où l’on voit Tetsuo piloter sa moto les bras croisés où celle où le Colonel se rend dans le sanctuaire sous terrain où est enfermé un certain Akira et où l’on commence à comprendre à quel point celui-ci peut etre dangereux pour l’humanité, nul ne doute que ce Cycle Wars fourmille de moments forts. Et comme en plus, d’un point de vu des couleurs, il y a un mieux vis-à-vis du premier tome, que demander de plus à une œuvre qui, sans aucun doute, démarre décidément sur les chapeaux de roues !

samedi 24 novembre 2012

AKIRA 1 - L'AUTOROUTE



AKIRA 1 - L'AUTOROUTE

Néo Tokyo, année 2030. Trente-huit ans ont passé depuis la Troisième Guerre Mondiale. Ce fut l’apocalypse et les plus grandes villes du Monde furent rasées par des explosions nucléaires. Aujourd’hui, la vie a repris un cours normal même si quelques traces de ce terrible passé subsistent comme la zone interdite où explosa la première bombe. C’est pourtant dans cet endroit que Kaneda et sa bande s’amusent cette nuit-là, faisant une course de moto. Cela leur permet d’oublier un peu leur foyer d’accueil, ce centre d’insertion et d’apprentissage réservé aux jeunes délinquants. Alors qu’ils s’apprêtent à quitter les lieux, un garçon à l’allure étrange apparaît au milieu de la route. Tetsuo ne peut l’éviter et c’est l’accident. Il est gravement blessé. Quant au garçon, il disparaît sous les yeux de Kaneda et de ses amis, tel un spectre. Tetsuo est emmené par les autorités à l’hôpital. Mais, le lendemain, ses amis découvrent qu’il n’est hébergé dans aucun des centres de soin de la ville. Ni la police, ni sa mère ne semblent savoir où il se trouve.  Les adolescents viennent d’être mêlés malgré eux à une affaire d’Etat. La zone interdite semble cacher des activités de recherches militaires aussi étranges que dangereuses. Et Tetsuo, sans le savoir, pourrait bien servir les desseins de l’Armée. La Résistance comprend que les choses évoluent rapidement. Alors qu’elle tente d’en savoir plus, elle va elle aussi croiser le chemin de la bande à Kaneda.

Vingt ans plus tard, je comprendrais parfaitement à quel point il peut etre fort difficile pour les plus jeunes d’entre nous, gavés de mangas depuis leur plus jeune âge au point qu’ils puissent croire que ce genre de bande dessinée ait toujours existé sous nos latitudes, l’importance que put avoir Akira pour tous ceux de ma génération. Car l’œuvre du génialissime Katsuhiro Otomo, bien moins connue de nos jours, est sans nulle doute, dans notre pays (mais pas seulement) à l’origine de l’engouement pour les mangas qui explosa littéralement dans les années 90 avant de connaitre le succès que l’on connait désormais. Bien évidemment, Akira n’est pas véritablement seul : un terreau fertile existait déjà, celui des forts nombreux dessins animés nippons qui connurent leur heure de gloire dans les années 80 sur notre petit écran, marquant à tout jamais toute une génération pour la culture et les œuvres du pays du soleil levant – bref, la mienne, celle des trente/quarante ans. Mais Akira eu pour mérite d’etre le tout premier manga a etre paru sous nos latitudes, certes, loin de son format original, marquant durablement tous ceux qui eurent le bonheur de le découvrir, et ouvrant la voie pour tous ceux qui suivirent par la suite. Alors, quelque part, il serait de bon ton, il me semble, pour les plus jeunes qui ne connaitraient pas encore ce qu’il faut bel et bien appeler sans exagération aucune un chef d’œuvre, s’ils se prétendent amateur de mangas, qu’ils se jettent sans perdre de temps sur cet Akira, pour sa qualité, indiscutable bien entendu, mais également pour le coté historique de la chose.

Pour la petite histoire, la publication d’Akira en France connue bien des avatars : ainsi, en 1990, nous avons eu droit au simple portage de la version colorisée américaine, sous forme de fascicules semi-comics et qui ne dura même pas jusqu’à la fin de la série, ceux-ci en restant au volume 31 – je me souviens qu’à l’époque, cela m’avait un peu gonflé. Mais à la même époque, la série paraissait également, et dans son intégralité, sous un format album, composée de 13 volumes plus un franchement dispensable (sauf pour les fans ultras) qui ne contenait que des planches d’Otomo. La version originale, en noir et blanc, que ceux qui ont eu la chance de lire estiment largement supérieure à la colorisée, ne paraissant que quelques années plus tard. Mais pour en revenir à la version US, la première que nous avons eu droit en France et qui nous préoccupe aujourd’hui, il faut savoir que celle-ci, outre le fait que les américains ont coloriser l’ensemble de l’œuvre, parfois de façon un peu hasardeuse (nous en étions alors aux tous débuts de la colorisation par ordinateur), il faut savoir que celle-ci fut présenté dans le sens de lecture occidental, bref, que toutes les cases sont inversées, les protagonistes devenant forcément tous gauchers, entre autres curiosités dont certaines un peu plus gênantes dans la suite de l’œuvre. Bien évidemment, l’on pourrait trouver énormément à redire quand a cette version et le massacre (appelons un chat un chat) subit par l’œuvre d’Otomo, cependant, comme j’ai connu Akira ainsi et que je n’ai jamais eu l’occasion de lire le manga original, c’est donc de la version US/française que je vous parlerais sur ce blog, et ce, dans les semaines à venir puisque, vous l’avez compris, je n’en resterais pas à ce premier tome des péripéties de Kaneda, Tetsuo, Kay et compagnie. Mais bon, toutes ces mises au point étant faites, il est temps de s’attaquer à ce fameux premier volume d’Akira.

Bien évidemment, dans ce premier volume, Katsuhiro Otomo met tranquillement en place son univers et son intrigue : donc, dans un Tokyo post-apocalyptique dont les japonais ont le secret, mais qui a été reconstruit suite à un conflit nucléaire mondiale qui dévasta le monde au début des années 90, l’on fait la connaissance d’une bande de motards composées de jeunes délinquants amenés par Kaneda, grande gueule en diable, et qui, suite à un étrange accident, va voir l’armée s’intéresser de très près à l’un de ses membres, Tetsuo. Et sans rentrer dans les grandes lignes, car le propos de cette critique n’est surement pas de vous faire un résumé de l’histoire, sachez seulement que, si jamais vous n’avez jamais lu Akira, que dès ce premier tome, bon nombre des personnages principaux de l’histoire feront leur apparition, dont le fort charismatique Colonel, et que l’ont fait connaissance avec la plus part des forces en présences et des mystères à venir. D’ailleurs, le lecteur comprend rapidement que l’intrigue d’Akira tournera très rapidement vers le fantastique pur et dur, comme on peut le constater dans la deuxième moitié de ce premier tome, mais bon, pour le moment, je n’en dirais pas plus, laissant le plaisir de la découverte a ceux qui souhaiteraient se lancer dans cette œuvre. Cependant, un petit bémol se doit d’etre signaler : si l’on peut contester la colorisation d’Akira, ne serais ce que par respect envers l’œuvre originale, force est de constater que par la suite, une certaine qualité sera néanmoins présente ; par contre, dans ce premier tome, ce n’est pas vraiment ça, bien au contraire et bon nombre de planches ne rendent, du coup, pas du tout justice au talent de Katsuhiro Otomo tellement le choix des couleurs semblent bâcler.


Quoi qu’il en soit, ce premier tome d’Akira, s’il est loin d’etre parfait, démarre tout de même sur les chapeaux de roues (c’est le cas de le dire) et annonce un univers d’une richesse et d’un intérêt rarement atteints. Bien évidemment, ici, nous n’en sommes qu’aux tous débuts de la saga et un lecteur qui découvrirait l’œuvre pourrait etre légèrement dubitatif face à ce premier tome, pourtant, qu’il n’hésite pas à découvrir la suite car celle-ci mérite largement le coup. Dans mon cas, je dois reconnaitre que ce fut particulièrement curieux de replonger dans une œuvre que j’ai lu un nombre incalculables de fois, mais que je n’avais pas lu depuis… oh, une éternité ! Curieux mais plutôt plaisant ; certes, plus jamais je ne retrouverais le plaisir de la découverte, ce qui est normal, mais vu que cela faisait tellement longtemps que je ne relisais pas Akira, cela me permettra bien entendu de redécouvrir certaines scènes dont je ne me souvenais plus, mais aussi, également, le plaisir de me replonger dans une œuvre tout bonnement culte à mes yeux et qui fut, en son temps, l’une de celles qui me marqua le plus. 

mercredi 21 novembre 2012

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°63 : Le conflit du Trône et de l’Autel



Alors que la première partie de cette année 2012, dans la lancée de 2011, avait vu la prédominance des billets consacrées aux nombreuses revues, anciennes comme récentes, que je dévorais les unes après les autres, depuis la rentrée, ceux-ci se sont fait bien plus rares sur ce blog, la faute en incombant à des sujets bien moins captivants, de mon point de vue, que d’habitude, mais également à un certain manque de temps, et d’envie, ce qui fait que certaines revues sont en attente de lecture depuis quelques mois. Du coup, en cette fin du mois de novembre, c’est par le biais du dernier numéro en date de la Nouvelle Revue de l’Histoire que je vous propose un nouveau billet consacré à la presse, presque deux mois après le tout dernier, lui aussi consacré à cette même revue comme on peut le voir ici. Mais avant toute chose, place au sommaire de ce soixante-troisième numéro :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°63 : Le conflit du Trône et de l’Autel
Novembre/Décembre 2012

Le conflit du Trône et de l’Autel
- Le choc des deux glaives au Moyen-âge
- Frédéric II de Hohenstaufen
- Luther, la Réforme, l’Allemagne et la France
- La longue histoire du gallicanisme
- Napoléon et Pie VII
- L’alliance du Trône et de l’Autel sous la Restauration
- 1905 : la séparation de l’Église et de l’État

- Editorial : Le Trône et l’Autel
- L’Inde, une civilisation ignorée : entretien avec Michel Angot
- La guerre anglo-américaine de 1812-1814
- Canaletto a Venise
- La vie parisienne a la veille de la Révolution
- Charles X, le dernier roi
- Pierre Benoit et ses quarante romans
- Anniversaire : Dieppe 1942
- Un homme de l’ombre : Georges Albertini

Autant le sujet du précédent numéro, Les Droites Radicales en Europe, ne m’avait guère enthousiasmé – il faut dire que la NRH, une fois sur deux, ne peut s’empêcher de nous pondre un dossier sur la première moitié du vingtième siècle – autant celui de ce mois de novembre promettait énormément : en effet, nous narrer les forts nombreux conflits qui ont jalonner la longue histoire européenne et qui ont opposer d’un côté les rois, empereurs et princes, de l’autre, la papauté puis les protestants, avait de quoi faire saliver d’avance l’amateur d’Histoire avec un H majuscule que je suis. D’ailleurs, cela commençait plutôt bien avec un retour en arrière salutaire sur les tous premiers conflits et les origines de ceux-ci, le point d’orgue étant atteint avec le chapitre consacré à l’une des figures les plus exceptionnelles du vieux continent : Frédéric II de Hohenstaufen. Encore de nos jours glorifier à sa juste valeur outre Rhin et totalement inconnu par chez nous (je n’ai pas honte d’avouer que la première fois que j’ai entendu parler de lui, ce fut par le biais d’une BD, L’Histoire secrète, et plus précisément son troisième tome, Le Graal De Montségur, ce qui nous démontre une fois de plus la valeur de l’enseignement de l’Histoire sous nos vertes contrées), celui-ci fut tout simplement l’un des plus grands opposants a la papauté de l’histoire, et sa vie, sa lutte à mort contre Rome, mériterait à elle seule bien des livres et des films). Pourtant, une fois ce chapitre achever, le dossier qui débutait si bien, tomba dans des travers que seul la Nouvelle Revue de l’Histoire, pourtant une revue de fort bonne qualité, possède le secret : le chapitre suivant débutant par la réforme de Luther, normal, l’on passe subitement à la France… pour ne plus jamais la quitter. Or, si j’avoue que j’ai appris quelque chose avec le gallicanisme, avait-on besoin de nous taper des pages et des pages sur Louis XIV, Napoléon, la Restauration et de finir par la séparation de l’Eglise et de l’Etat ? Selon moi, non, surtout que, du coup, il est fait l’impasse sur un autre opposant célèbre a la papauté, ce joyeux drille d’Henri VIII dont ces conflits avec Rome donnèrent tout de même la religion anglicane. Du coup, ce dossier qui aurait pu etre intéressant au possible apparait au final comme inachevé et incomplet, ce qui me parait fort dommageable.

Reste, pour finir, les articles hors dossiers et si certains valent largement le coup, et par là, j’entends plus particulièrement celui qui nous narre un conflit littéralement oublié des livres d’histoire, celui qui opposa la toute récente république américaine a l’Angleterre dans une tentative des premiers de faire main basse sur le Canada, mais aussi celui qui s’attarde sur la catastrophe inutile du débarquement de Dieppe en 1942, le restant n’est pas, du moins de mon point de vue, de la même qualité ; mais cela peut etre une affaire de gout avant toute chose. Bref, vous l’avez compris, à mes yeux, ce soixante-troisième numéro de la Nouvelle Revue de l’Histoire ne restera pas dans les annales, la faute à un dossier principal dont j’en attendais énormément et qui me déçu pas mal. Espérons juste que le prochain, en janvier 2013, rehausse un peu le niveau… quoi que, j’ai un peu peur que l’on ait encore droit à un truc sur l’entre-deux guerres… 

mardi 13 novembre 2012

LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE III



LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE III

Cinq rois pour un trône, voilà le résultat de la mort de Robert Baratheon, souverain des Sept Couronnes. Pourtant, Joffrey Baratheon occupe toujours le Trône de fer. Vaincu à la bataille de la Néra, Stannis Baratheon doit fuir vers son île, Peyredragon, avec le reste de sa flotte. Renly Baratheon mort, les Tyrell de Hautjardin choisissent de se rallier aux Lannister en offrant leur fille, Margaery Tyrell, comme épouse au jeune Joffrey. Bien que durement touché par la perte de Winterfell sous les coups de Theon Greyjoy et des Fer-nés, Robb Stark reste seul à s'opposer à Port-Réal. Mais, la situation pourrait vite tourner à l'aigre avec la mise en liberté de Jaime Lannister et les dissensions dans les rangs du Nord. D'autant plus que Sansa n'a pas pu s'échapper du Donjon Rouge et que sa sœur, Arya, demeure introuvable. D'autres drames se jouent au-delà du Mur où Jon Snow, Samwell Tarly et la Garde de Nuit doivent affronter à la fois les Autres et l'avancée de Mance Rayder à la tête d'une immense armée de sauvageons. L'espoir viendra peut-être d'au-delà des mers avec la princesse Daenerys dont le voyage s'apprête à faire trembler Astapor. Une chanson de feu et de glace se déchaîne sur Westeros tout entier, et seuls les plus retors s'en sortiront.

A Storm of Swords constitue le troisième volume de la fantastique fresque de George R. R. Martin : A Song of Ice and Fire, plus connu sous nos latitudes sous le nom du Trône de fer. Bien évidemment, en France, et de façon plutôt curieuse comme je vous l’ai déjà dit dans mes critiques précédentes, après le découpage de la saga en de multiples volumes, par la suite, le format original étant enfin conservé dans les nouvelles éditions, plutôt que d’avoir les titres de chaque volume de la saga, nous avons droit, par le biais des éditions J’ai Lu, à ces fameux Intégrales I, II etc. Chose amplement critiquable, de mon point de vue, mais bon, je ne vais pas non plus me répéter sans arrêt, surtout qu’il s’en passe des choses dans ce troisième volume du Trône de Fer. Et justement, tandis que l’on pouvait penser qu'après deux prédécesseurs aussi éblouissants qu’A Game of Thrones (Intégral I) et A Clash of Kings (Intégral II), il était impossible de garder le même niveau voir, soyons fous, de l'élever… ce diable de Martin nous livra… mais chut, procédons dans l’ordre.

L’habitué de ce blog se souviendra probablement du concert de louanges engrangé par le tout dernier volume de la saga ; celui-ci misait davantage sur le souffle épique avec un gigantesque affrontement – qui restera gravé dans les mémoires – que sur les jeux politiques des débuts. Avec A Storm of Swords, George R.R. Martin arrive à trouver l'équilibre presque parfait entre ces deux versants. Un des premiers éléments à évoquer, c'est bien la justesse de la narration employée par l'américain. Avec le nombre de personnages qui apparaissent et le nombre de lieux à explorer, l'utilisation d'un chapitre par personnage principal s'avère essentielle pour jongler avec les péripéties toujours plus incroyables du récit. Au nombre de dix cette fois, ils permettent d'avoir une vue d'ensemble des événements sans pour autant laisser le lecteur sur le bas de la route. Il faut d'ailleurs absolument mentionner l'apparition de Jaime Lannister dans ceux-ci. Par les yeux des Stark, principalement, celui-ci faisait figure de « méchant » jusque dans les dernières pages d'A Clash of Kings où son entretien avec Catelyn Stark amorce un changement dans cette vision du personnage. C'est tout naturellement que l'auteur en fait un de ses narrateurs pour A Storm of Swords. Plus encore qu'avec Theon Greyjoy et d'autres auparavant, Martin chamboule totalement la façon d'appréhender le personnage et le fait spectaculairement évoluer, toujours dans ce soucis de rejeter le manichéisme si courant des livres de Fantasy. Mais ce retournement va plus loin. Non content de changer notre jugement vis-à-vis de Jaime, les chapitres consacrés au commandant de la Garde Royale viennent ternir l'image de personnages qui pouvaient paraître plus ou moins bons jusqu'à présent. On pense notamment au portrait au vitriol d'Eddard Stark. Sans s'étendre davantage sur les myriades d'ajustements entrepris par George R.R. Martin, confirmons qu'une des grandes forces de ce troisième volet réside dans ses personnages en niveaux de gris. On connaissait certes déjà cet élément mais c'est par un patient travail sur les perceptions et les jugements du lecteur à l'égard des personnages du récit que l'auteur met en exergue de façon magistrale le rôle de la subjectivité dans l'écriture de l'histoire. Bien entendu, on reste ébahi par le nombre de protagonistes introduits. Désormais, on les compte par centaines, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes pour ma part : en effet, si au bout de trois longs, très longs tomes, la majeure partie des protagonistes me sont enfin familiers, force est de constater que j’ai toujours du mal à me rappeler de tel ou tel personnage que l’on pourrait qualifier de troisième zone (sans que dans le cas présent, cela soit désobligeant vu la quantité folle qui nous est proposée) même si, dans l’ensemble, il y a eu du progrès et que, dans l’ensemble, désormais, je sais parfaitement « qui est qui ». De plus, et comme ce fut le cas dans les deux précédents volumes de la saga, George R.R. Martin soigne encore et toujours ses personnages. Et si, comme on le sait fort bien, Tyrion Lannister s'affirme comme une réussite totale, Petyr « Littlefinger » Baelish ne démérite pas, très loin de là. On pourrait évidemment en citer bien d'autres comme La Vipère de Dorne, Walder Frey ou Tywin Lannister. Sachez simplement que la galerie présente dans ce Storm of Swords a de quoi faire pâlir n'importe quelle autre œuvre de Fantasy voir de littérature tout court.

Du coup, on s'imagine bien qu'avec le nombre de pages du volume et son imposante pléiade d'acteurs, A Storm of Swords approfondit grandement l'univers de Westeros. Déjà particulièrement étoffé et remarquable, celui-ci en vient à égaler les Terres du Milieu d'un certain J.R.R. Tolkien. Cette fois, on découvre l'Au-delà du mur et la société sauvageonne par les yeux de Jon Snow – et sur ce point, comme il fallait s’y attendre, ceux-ci nous apparaissent sous un autre jour – on continue à explorer les cités libres avec Daenerys – le récit de celle-ci est assez singulier, franchement a part de l’intrigue principal, il n’en reste pas moins intéressant pour deux raisons : il nous permet de découvrir d’autres lieux, perso, moi j’aime bien, et surtout, n’oublions pas que dans le cerveau prolifique de Martin, tout ceci a un but, et que, forcément, toutes les intrigues finiront par se rejoindre, enfin, en théorie – et on fait connaissance avec les familles de Dorne et d'Hautjardin. Les nouveautés ne s'arrêtent pas là puisque les anciennes histoires et les vieux secrets affirment de nouveau leur importance et construisent une solide base historique au royaume des Sept Couronnes. Martin reste fidèle à lui-même et nous propose toujours plus de détails et de profondeur à son monde. Une profondeur que l'on n'a pas fini de sonder et qui, parfois, laisse songeur : en effet, rares sont les véritables créateurs d’univers aussi crédibles ...  Elément important, les touches de Fantasy apparaissent bien plus encore dans ce volume, continuant dans ce sens le crescendo voulu par l'auteur. Dragons et morts-vivants bels et bien actifs, dieux, ou plutôt religion de plus en plus présente et, bien entendu, magie, ce troisième tome du Trône de Fer laisse entrevoir de façon mesurée son appartenance à la littérature de genre. Même si les Autres laissent planer le doute quant à leur nature véritable, le culte de R'hllor dévoile maintenant son vrai visage par l'intermédiaire de Mélisandre et de Thoros – ces deux-là, dans deux genres différents – et l’on ne peut oublier le surprenant Lord Béric Dondarion, ainsi que le retour d’une certaine… mais là aussi, chut... Bref, on sent que côté Fantasy, les choses sérieuses commencent.

Mais, quid de l'histoire ? En bon maître d'œuvre, George R.R. Martin mélange savamment l'épique et l'intimiste. Pour le premier, disons qu'A Storm of Swords contient maintes pages de bravoure ou de désastre, que ce soit pendant les Noces Pourpres, chapitre tout simplement exceptionnel et qui en choquera plus d’un (argh, mais pourquoi étais-je tomber sur un spoiler peu de temps auparavant !?) ou pendant la bataille du Mur. Pour le second point, les complots politiques et les retournements de situation qui en résultent atteignent ici leur paroxysme. Forcément, un des grands événements – que je ne dévoilerai pas – du livre se trouve bien évidement dans l'épisode des Noces Pourpres. Mais ce serait vite oublier les noces de Joffrey, presque aussi inattendues et plutôt jouissives finalement ainsi que la confrontation entre Sansa, Petyr et Lisa assortie de son incroyable révélation qui m’aura tout simplement laissé pantois ! George R.R. Martin n'a plus rien à prouver après cela en termes de suspense et d'inattendu, soyez-en certain. Grâce à sa volonté de bâtir un récit adulte qui ne refuse pas les évolutions logiques exigées par une histoire de cet acabit, l'américain continue de tuer certains de ses personnages principaux. Rétrospectivement, ces « surprises » n'en sont pas vraiment mais leur implacable logique au cœur du roman ainsi que les profonds bouleversements qu'elles engendrent en font un des plus importants atouts du livre. On saluera également la façon de penser la saga dans sa globalité et non par volet comme le font la plupart. Ainsi, A Storm of Swords renverse brutalement nos convictions acquises auparavant. La fin du volume constituant certainement un des plus ingénieux coups d'éclat qui soit, comme je vous l’ai dit... Mais, bien sûr, je vous laisse le découvrir. Côté noirceur et ton adulte, l'écrivain américain assure encore et toujours une partition sans fausse note notamment à travers la relation Jaime/Cersei des plus...troublantes. Décidément, Le Trône de Fer n'aime pas le politiquement correct. Tant mieux, car nous non plus.


Grandiose, exceptionnel, surprenant, spectaculaire, A Storm of Swords, ou troisième intégrale comme l’on dit dans cette édition, est tout simplement l’apogée d’un Martin qui atteint ici le paroxysme de sa série, dépassant les limites que l’on ne pouvait imaginer etre capable que celle-ci puisse atteindre. Fort de grands moments, captivant au possible au point qu’il en devienne quasiment impossible de décrocher la lecture – et nous avons là plus de 1100 pages – et parfois, terriblement cruelle, il me parait indéniable que ce troisième volume du Trône de Fer ne fait que confirmer tout le bien que je pouvais penser à son sujet jusque-là, bref, que ce roman est tout simplement un véritable chef d’œuvre, un truc tout bonnement énorme, du genre qu’on en lit que deux ou trois dans sa vie. Vous pensez que j’exagère ? Sincèrement, quand vous avez un récit aussi bien structuré, riche, crédible, qui est presque aussi fort de par ses implications, son univers, ses intrigues, ses révélations, la profondeur de ses protagonistes, que par ses fausses pistes, ses histoires perdues (et si cela se serait passé autrement), comment ne pas conclure au chef d’œuvre !? Et dire qu’il me reste encore deux volumes à lire (l’Intégral IV et le dernier paru aux USA,  A Dance with Dragons, et que l’on a droit en France en trois parties) et qu’après cela, ce ne sera pas encore finis…

LA CHAMBRE DES OFFICIERS



LA CHAMBRE DES OFFICIERS

Au début du mois d'août 1914, Adrien, un jeune et séduisant lieutenant, part en reconnaissance à cheval. Un obus éclate et lui arrache le bas du visage. La guerre, c'est à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce qu'il la passe, dans la chambre des officiers. Une pièce à part réservée aux gradés atrocement défigurés par leurs blessures. Un antre de la douleur où chacun se voit dans le regard de l'autre. Cinq ans entre parenthèses à nouer des amitiés irréductibles avec ses compagnons d'infortune. Cinq ans de reconstruction pour se préparer à l'avenir, à la vie.


Ce dimanche, comme chacun sait, ou devrait le savoir (car en toute sincérité, je ne me fais plus guère d’illusions sur les connaissances historiques des nouvelles générations), 11 novembre 2012, nous fêtions, un peu partout en Europe, la fin de la première guerre mondiale, la célèbre der des ders, qui, bien entendu, ne le fut pas, et qui s’acheva donc, a la même date, il y a presque un siècle, en 1918. Ecrire cela, pour quelqu’un né en 1974, donc, bien après ce terrible conflit, parait tout de même incroyable : plus jeune, cette première guerre mondiale, pourtant lointaine dans le temps, ne me le paraissait pas tant, or, a chaque année qui défile, et alors qu’en 2014, nous fêterons le centenaire du début des hostilités, je commence à me rendre compte de tout le temps qui s’est écoulé depuis. Mais bon, d’ici deux ans, il y aura probablement de quoi vous en dire davantage, et surtout, de rappeler aux plus jeunes d’entre nous, qui n’aurons connus que la paix – ce qui fut mon cas également – quelle importance dans l’Histoire put avoir la première guerre mondiale, et surtout, quelle principale conséquence elle eut : je veux bien évidement parler de la chute de la toute-puissance de la civilisation européenne qui se donna le coup de grâce final deux décennies plus tard.


Mais là n’est pas mon propos dans ce billet de vous donner mes impressions sur ce conflit meurtrier et dévastateur pour le continent européen puisque, comme vous l’avez compris, c’est d’un film, La chambre des officiers, que je vais vous entretenir. Un long métrage sur la première guerre mondiale, c’est toujours, de mon point de vue, une bonne nouvelle, car même si les films qui lui sont consacrés ne sont pas aussi rares que l’on pourrait le penser de prime abord – disons qu’il faut les chercher un peu – si l’on fait la comparaison avec le deuxième conflit mondial, l’on ne peut que constater à quel point celle-ci est mise en avant, et de très loin, vis-à-vis de sa devancière. Est-ce dut au fait qu’en 39/45, entre un ennemi parfaitement identifié et représentatif des pires horreurs, l’Allemagne nazi et Hitler, des chefs d’état charismatiques et surtout, la main mise d’un cinéma américain qui se plait à se mettre en valeur, 14/18, conflit plus ambigu, sans véritables bons ni méchants, de fait, ne pouvait rivaliser ? Probablement. Quoi qu’il en soit, du coup, je n’hésite jamais à me laisser tenter par une œuvre se déroulant pendant ce conflit – il faut dire, que bien souvent, celles-ci sont particulièrement de bonnes qualités.


Sortit en 2001 déjà et tiré du roman éponyme, La chambre des officiers avait alors connu un certain succès critique qui, de mon point de vu, est assez mérité. Bien évidemment, dans le film, certaines différences apparaissent vis-à-vis de l’œuvre originale, et, principalement, le fait qu’ici, l’on s’en tienne à la période de la guerre, en gros, tout le temps de convalescence qu’il aura fallu a Adrien, le personnage principal – la fin du long métrage ne s’attardant guère malheureusement sur son retour à la vie dite « normale ». Mais si ces différences, normales et que l’on retrouve toujours lors de tout transfert d’une œuvre littéraire à l’écran, existent, et j’y reviendrai, dans les grandes lignes, le synopsis principal, l’idée maitresse initiale est toujours présente : je veux bien évidement parler de tout le processus de reconstruction d’Adrien, horriblement défiguré dès les premiers instants de la guerre et pour qui rien ne sera plus jamais comme avant, quoi qu’on puisse en penser. Bien évidemment, ici, point d’actes de bravoures, point de grandioses scènes de combat, la quasi intégralité du film se déroulant dans un hôpital militaire, et plus précisément dans cette fameuse chambre destinée aux officiers – sur ce point, il peut paraitre curieux que bon nombre de films sur la première guerre mondiale montrent finalement si peu sur celle-ci ?! Du coup, avec un tel scénario, les amateurs de grand spectacle auront rapidement pris la fuite, à moins que, film français oblige, ils n’aient même pas tenté l’expérience. Tant pis pour eux, tant mieux pour les autres, car, ce qui est sûr, c’est que pour tous les amoureux de films plus intimistes, plus centrés sur les sentiments des protagonistes, une œuvre comme La chambre des officiers ne peut que les intéresser.


Pourtant, malgré le fait que, incontestablement, cela soit un bon film, malgré le fait que les acteurs, engagés, précis et plutôt doués, jouent à merveille, malgré de superbes images – ah, ce sépia qui s’impose tout au long du film – et quelques bonnes idées ainsi que quelques scènes marquantes (personnellement, j’ai particulièrement apprécier le médecin plus enthousiasmer par les possibilités d’avancées médicales que lui ouvrent la guerre, mais qui, pourtant, n’en semble pas moins attaché à ses patients à sa manière), je dois reconnaitre que j’ai eu du mal avec la fin du film, trop rapidement expédiée selon moi. En effet, pendant deux heures, l’on suit, tranquillement, très tranquillement, la lente reconstruction d’Adrien et de ses compagnons, et puis, en moins d’un quart d’heure : sortie d’hôpital, retour à la vie civile, il se rend compte que sa Clémence fantasmée n’était qu’une chimère, quelques grimaces avec une petite dans le métro puis une rencontre un peu bête dans la rue et c’est tout… Mouais, bon, pour un film sur les gueules cassés, probablement les grands oubliés de l’Histoire, j’ai trouvé cela un peu léger, ne serais ce que pour les difficultés de retrouver une vie normale, de supporter le regard des autres etc., choses dont la version ciné de La chambre des officiers, finalement, fait abstraction. 

lundi 5 novembre 2012

THORGAL – LA CHUTE DE BREK ZARITH


THORGAL – LA CHUTE DE BREK ZARITH

Perchée sur un piton rocheux, la forteresse de Brek Zarith domine la côte. Sur l'immense terrasse qui surplombe l'océan, un petit homme s'affaire à préparer l'équipement du baron Zorn. Celui-ci, contre son gré, a été choisi par Shardar-le-puissant pour tenter de devenir le premier homme volant, grâce à un étrange costume fait de plumes. Lancé dans le vide, Zorn s'écrase sur les rochers. Lassé de ce jeu, Shardar se débarrasse du créateur du costume de la même manière, puis s'enfonce dans les profondeurs du château pour rejoindre le mage Helgith qui l'attend avec l'enfant...


Thorgal – La chute de Brek Zarith
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : juin 1984
Nombre de pages : 46

Mon avis : Comme les amoureux de la saga la savent bien, ou pour ceux qui auraient lu mon précédant billet, La chute de Brek Zarith est le troisième et dernier volet d’une trilogie que les fans ont surnommés la trilogie de Brek Zarith, débuté avec La galère noire, dont je vous ai parlé en aout dernier, et qui s’est poursuivie avec Au-delà des ombres dont je viens tout juste de vous parler sur ce blog. Cette trilogie, que beaucoup estiment être l’un des grands moments de la saga possède certaines particularités : ainsi, pendant trois albums, les personnages secondaires sont les mêmes, même si on ne les voit pas toujours pour diverses raisons, mais cela est plutôt normal, et l’adversaire principal est un certain Shardar-le-puissant dirigeant de Brek Zarith après avoir usurper le pouvoir du prince Galathorn, et qui, pour la petite histoire, ne fait son apparition que dans le troisième tome de la trilogie. De plus, et pour la première (mais pas la dernière) fois dans la série, le temps commence à jouer son œuvre et une année s’écoule entre le quatrième et cinquième tome, ce qui permet surtout aux auteurs de mettre en scène un tout nouveau personnage : le fils de Thorgal, dont la première rencontre entre celui-ci et sa progéniture est assez marquante au demeurant. Pour le reste, on notera que les trois albums sont assez différents les uns des autres : assez typé action pour ce qui est de La galère noire, l’on passe allègrement vers un certain onirisme dans Au-delà des ombres (mon préféré des trois) avant de repasser a de l’aventure pure et dure dans le dernier, même si celui-ci est un peu ampli d’un certain désabusement quant aux conséquences de la chute de ce fameux usurpateur de Brek Zarith. Thorgal, qui ne pense qu’à retrouver la femme qu’il aime, et au passage, son fils, n’a que faire de ce jeu de rois qui, selon lui, ne valent pas forcément mieux les uns que les autres, et, finalement, n’aspire qu’à la paix ; chose, bien entendu, qu’on se doute bien qu’il n’aura pas… sinon, la série en serait restée là. Clôturant assez bien cette trilogie tant apprécié, La chute de Brek Zarith regorge de scènes marquantes, comme la toute première, où l’usurpateur se plait à jouer aux Icare avec ses sujets, mais aussi celles du bal, véritable orgie qui se finit tragiquement. L’on notera au passage que la manière dont Shardar tient ses barons m’a fait diablement pensée à celle dont Louis XIV en personne tenait ses nobles : en leur donnant moult festivités à la Cour. Ici, cela n’empêche pas certains d’essayer de se rebeller mais, décidément, à force d’orgies et probablement émoussées, ils en sont tout bonnement incapables. Quand a la fameuse chute dont parle le titre, celle-ci, finalement, ne viendra ni de ses barons, ni des vikings (qui perdent encore l’un de leurs chefs, décidément, ils sont maudits), ni du roi légitime, ni même, quelque part, de Thorgal… mais cela, je n’en dis pas plus et vous laisse la surprise, disons juste que, enfin, une certaine personne commence à prendre davantage d’assurance et a moins jouer les demoiselles en détresse… quoi que ? Au final, donc, un très bon album, pas mon préféré, certes, mais suffisamment captivant pour me tenir en haleine et confirmer tout le bien que je pense de cette série. Reste la grande question, désormais : mais quand m’attaquerais-je à la suite ?


Points Positifs :
La chute de Brek Zarith est une bonne conclusion à une trilogie qui est, selon les fans, l’une des plus réussies de la série ; plus tipée action que le tome précédant qui était proche du chef d’œuvre absolu, elle n’en reste pas moins convenable.
- Curieusement, ce qui m’a le plus marquer dans cet album, c’est la cour de Shardar : tenus en laisse par d’innombrables orgies et autres fêtes décadentes, les nobles finissent par être complètement incapables de se rebeller contre leur tyran. De plus, j’ai bien aimé leurs divers costumes, tous plus improbables les uns que les autres.
- Shardar est un personnage qui en jette : intelligent en diable, méticuleux, calculant ses coups a l’avance, il tombera, certes, mais cela s’est jouer a peux de choses.
- Première apparition du fils de Thorgal et de Aaricia, un certain Jolan ; accessoirement, il semble planer bien des mystères a son sujet.
- Les nombreuses références qui parsèment cet album : Icare, Archimède et ses miroirs, Leonard de Vinci et ses machines volantes…
- D’ailleurs, la scène d’ouverture où un des barons est « volontaire » pour voler est un pur régal !

Points Négatifs :
- Mouais, difficile de passer après Par-delà les ombres tout de même, surtout que, finalement, scénaristiquement, cet album est par moments simpliste.
- Une malédiction semble s’être abattu sur les divers chefs vikings : ils passent tous l’arme a gauche les uns après les autres !
- Le discours anti-royauté de Thorgal peut apparaitre par moments un peu naïf… sympathique mais naïf.

Ma note : 7,5/10

THORGAL – AU-DELÀ DES OMBRES


THORGAL – AU-DELÀ DES OMBRES

Un vieil homme traverse une ville crasseuse, noyée sous la pluie. Il entre dans une auberge et y cherche le vaillant chevalier Thorgal. Mais on lui rit au nez, car le chevalier en question n'est rien de plus qu'un mendiant sur lequel les clients essuient leurs bottes... Devenu muet et apathique, Thorgal ne cherche même plus à mendier sa nourriture. Shaniah l'accompagne et s'efforce de le maintenir en vie. Malgré cela, le vieil homme, Wargan, a besoin de Thorgal, porteur de la clé du Deuxième Monde !


Thorgal – Au-delà des ombres
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : août 1983
Nombre de pages : 46

Mon avis : J’avais laissé Thorgal un peu de coté quelques mois puisque la critique du tome précédant, La Galère noire, remonte déjà a aout dernier. Pour rappel, et particulièrement pour ceux et celles qui connaitraient mal ce monument de la bande dessinée franco-belge, La Galère noire était en fait la première partie de ce que les fans ont surnommés la trilogie de Brek Zarith, sans nul doute l’une des plus belles réussites de toute la série. Et donc, après une entrée en matière plutôt réussie, j’au l’agréable surprise de lire tout bonnement… ce qui est le meilleur album de Thorgal depuis les débuts de la saga ! Il faut dire que l’on retrouve ici tout ce qui a fait l’intérêt de la série depuis ces débuts : déjà, l’univers de Thorgal, attirant au possible et qui oscille entre une certaine Fantasy mais davantage proche des légendes nordiques et germaniques que de la bien trop pâle copie de Donjons & Dragons. Ensuite, le mélange des genres qui, de mon point de vue, a toujours bien fonctionné : notre héros, ici, se voit plonger, afin de sauver son aimée, dans un autre monde, un univers parallèle en quelque sorte, replongeant carrément dans le temps avant de rencontrer, rien que ça, la Mort elle-même, du moins, l’un de ses avatars. Et si, dit comme cela, certains pourront trouver la chose peu originale, à la lecture, il en est tout autre et chaque page, ou presque, est un véritable régal pour le lecteur, tant, déjà, par les multiples bonnes idées qui parsèment cet album, mais également par la qualité des dessins qui, d’album en album, ne cessent de s’améliorer – même si, pour un jeune lecteur, ceux-ci pourront paraitre un peu trop vieillot. L’intrigue ne permet pas un seul moment de répit, les protagonistes rencontrés, parfois sur une ou deux cases, sont tous marquants, et certaines planches sont tout bonnement somptueuses de par leur découpages ; le tout, empreint d’une certaine tristesse et d’un fatalisme pesant, accouche d’un final certes sans surprises mais oh combien réussi – la belle et si triste mort de la jeune Shaniah – mais qui fonctionne parfaitement, et qui, personnellement, m’a franchement toucher. Bref, et vous l’avez compris, un excellent album de Thorgal selon moi, le meilleur depuis le début et qui confirme, une fois de plus, tout le bien que je pense vis-à-vis de cette œuvre dans son ensemble.


Points Positifs :
Au-delà des ombres est tout simplement le meilleur album de Thorgal depuis les débuts de la série : que ce soit par son scénario parfaitement abouti et maitrisé, ses dessins somptueux, le déroulement de l’intrigue et ce final d’une infinie tristesse, il n’y a aucune fausse note…
- Indéniablement, s’il y a un protagoniste qui se démarque grandement dans cet album, c’est bel et bien Shaniah : la jeune adolescente amoureuse et parfois mesquine du tome précédant a bien grandit, elle aime toujours Thorgal, le suit jusqu’au royaume des morts et finit par se sacrifier par amour. C’est beau, émouvant… et puis, son regard lorsqu’elle dit à Thorgal qu’elle l’aimait à en mourir…
- A moins d’être totalement sans cœur, il est impossible de ne pas être toucher par cette histoire tellement touchante où l’amour est au centre de tout : celui de Thorgal pour sa femme, bien entendu, mais surtout, mais celui, non partagé, de Shaniah pour Thorgal.
- Jamais Grzegorz Rosinski n’avait livré jusque là une prestation aussi somptueuse ; c’est tout simplement magnifique !
- Ah, les descentes dans le royaume des morts ou aux enfers ont toujours la cote et, franchement, comment ne pas être captiver par celle-ci !?
- Mine de rien, pas mal l’idée de voyager dans le temps pour parvenir dans le royaume des morts.

Points Négatifs :
- S’il fallait trouver un défaut a cet album, disons que la couverture n’est absolument pas a la hauteur de son contenu ; dommage tout de même…

Ma note : 8,5/10
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