dimanche 27 mars 2011

LES AVENTURES DE TINTIN : L’OREILLE CASSÉE


LES AVENTURES DE TINTIN : L’OREILLE CASSÉE

Un fétiche arumbaya a été volé au Musée ethnographique: Tintin entreprend son enquête. En remontant les pistes, il retrouve deux hommes intéressés au même fétiche. Ceux-ci partent pour le San Theodoros, république d'Amérique du Sud. Tintin les poursuit là-bas et se retrouve au cœur d'une révolution. Par un jeu du hasard, il devient aide de camp du général Alcazar. Une guerre éclate entre le San Theodoros et son voisin, le Nuevo Rico; Tintin, poursuivi par tous, fuit chez les Arumbayas. Il y découvre enfin le secret du fétiche: celui-ci contient un précieux diamant. C'est finalement en Europe qu'il retrouvera le fétiche et le rendra au musée.

De temps en temps, j’aime replonger dans mes bons vieux Tintin ; et oui, malgré l’âge et le temps qui passe, malgré ses presque trente années qui se sont écoulées depuis la toute première fois où j’ai lu l’un des albums – Les cigares du pharaon – du plus célèbre des reporters, je ne me suis jamais lassé d’une série qui a vu ses débuts dans les années trente, ce qui ne nous rajeunit pas, et qui, au fil des décennies, est tout simplement devenue culte. Bien évidement, l’on pourrait craindre que, Hergé mort depuis près de trente ans, son personnage fétiche n’attire plus autant les jeunes générations, ce qui, accessoirement, n’est pas tout a fait faux ; cependant, lorsque l’on voit l’engouement médiatique autour du film en préparation par Steven Spielberg, l’on ne peut que se dire que Tintin a encore de beaux jours devant lui. La seule chose que je regrette, a moins que cela ne change un jour, c’est que personne n’ai eu le droit de reprendre les aventures du reporter, ce qui, quand je vois ce qu’a put donner certains des nouveaux albums de Spirou, aurait put être intéressant. Quoi qu’il en soit, comme j’ai déjà put vous le dire lors des critiques d’autres titres de la série, Tintin, que je le veuille ou non, fait partie de ma vie depuis si longtemps que, quelque part, il aura marquer (comme d’autres) un petit peu de mes gouts et de ce que je suis. Et si certains albums seront, a mes yeux, a tout jamais des incontournables, il est temps, aujourd’hui, de nous intéresser a un autre moins connus, L’oreille cassée.

Avec les Tintin, pour moi, ce n’est pas bien compliquer : il y a d’abord des albums majeurs comme les dytiques Objectif Lune/On a marché sur la Lune ou Les sept boulles de cristal/Le temple du soleil, les cultissime Tintin au Tibet ou Le lotus bleu, mes petits préférés comme L’ile noire ou Coke en stock et puis des titres que je mets en dessous comme Le sceptre d’Ottokar, Tintin et les Picaros et donc, L’oreille cassée ; albums que j’ai beaucoup moins lu que les autres ou qui, alors enfant, ne m’avaient pas autant intéresser de part, soit l’intrigue, soit, comme dans le cas qui nous intéresse ici, les lieux où celle-ci se déroule (franchement, les états révolutionnaires d’Amérique latine, ce n’est pas trop ma tasse de thé). Ainsi, depuis des années, j’ai, consciemment mis de coté certains titres, relisant sans cesse les mêmes, quand cela m’arrive bien entendu et, quelque part, j’ai désiré, je ne sais combien de temps après, essayer de les relire afin de voir si, du haut de mes trente six ans, mes impressions allaient être les mêmes. Ce fut donc ainsi, rempli de bonnes intentions que je me suis replongé dans la lecture de l’un des albums que je connais le moins bien, ce fameux Oreille cassée.

A première vu, et malgré mes anciennes réticences, il est indéniable que L’oreille cassée possède un synopsis de base assez intéressant avec cette histoire de fétiche volé dans un musée – belge bien entendu – et qui va entrainer Tintin et Milou en Amérique latine, dans un pays imaginaire, le San Theodoros et où l’on trouvera bon nombre d’éléments qui méritent que l’on s’y attarde. Tout d’abord, le plus visible de tous pour les amateurs, comme moi, de civilisations disparues et de ceux qui on consacrer, voir perdu, leur vie a leur recherche, le fameux explorateur Ridgewell qui n’est rien d’autre que le fameux Percy Fawcett, le célèbre aventurier britannique disparu dans les jungles brésiliennes en 1925 en tentant de trouver une cité perdue datant de l'Atlantide, la fameuse Z, et qui, dans les années voir les décennies suivantes, revint régulièrement sur le devant de la scène a chaque fois qu’un nouveau témoignage faisait état d’une possible apparition de celui-ci, ou des preuves de sa mort, voir même, de l’existence d’un petit fils supposé. Forcement, ce clin d’œil d’Hergé ne pouvait que me plaire mais ce n’est pas tout : je vous ais dit, un peu plus haut, que les pays révolutionnaires d’Amérique latine ne m’intéressaient guère, ce qui n’est pas faux ; cependant, la manière, ma fois fort astucieuse avec laquelle Hergé traite le sujet mérite le détour. En effet, par le biais d’un élément comique omniprésent de bout en bout de l’album (dans la grande tradition des premiers albums où seuls Tintin et Milou sont les protagonistes), l’auteur belge nous montre la réalité du terrain, sans aucun détour, que cela soit l’absurdité de ces révolutions permanentes, de ces hommes qui, prenant le pouvoir, deviennent comme leurs prédécesseurs et surtout, détail qui a son importance, de l’implication des occidentaux dans tout cela : ainsi, plus que les états eux-mêmes, ce sont de puissantes compagnies – pétrolières, d’armement – qui font et défont les hommes aux pouvoirs et les régimes, entre graissage de patte et guerres, rien ne se fait sans eux.

Finalement, sans atteindre des sommets qualitatifs comme dans d’autres titres de la série, L’Oreille cassée n’en reste pas moins un excellent album de Tintin (mais quelque part, il n’en existe aucun qui ne soit pas bon) qui, tout en traitant des sujets sérieux et sans se départir de ses éternels voyages autour du monde où nous entraine le plus célèbre des reporters, nous fait, que cela soit par le biais des protagonistes, des gags (mêmes les plus évidant) et des situations, rire de bout en bout ; le summum, selon moi, étant atteint avec la fameuse scène où Tintin doit être fusillé par un peloton d’exécution et qui se transforme en un grand n’importe quoi qui marquera les mémoires. Bref, avec cette relecture, L’oreille cassée se trouve, en quelque sorte, réhabilité à mes yeux et s’avère, finalement, bien plus intéressant, et surtout, drôle que dans mes lointains souvenirs. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier a ces anciennes impressions, bien souvent trompeuses.

dimanche 20 mars 2011

Sciences et Avenir n° 769 : A la recherche des cités perdues


Je dois reconnaître que le numéro de Sciences et Avenir de ce mois de mars 2011 avait de quoi allécher un passionner d’anciennes civilisations comme moi avec un titre aussi accrocheur que : « A la recherche des citées perdues ». Ah, vaste programme que celui-ci, imaginez donc toutes ces citées, de part le monde, qui ne demandent qu’a être découvertes, formidable témoignage de notre passé lointain et qui, depuis des siècles, ont fait vibrer voir carrément fait perdre la raison a des générations d’explorateurs et d’aventuriers. Bref, dossier on ne peux plus intéressant selon moi qui ne pouvait que me donner l’eau a la bouche.

Sciences et Avenir
N° 769, Mars 2011

Au sommaire :

Exclusif : A la recherche des cités perdues
- Amazonie : Z, le mythe de l'Atlantide
- Nubie : l'or de Bérénice
- Colombie : dans la jungle de Ciudad Perdida...
- Troie, le royaume épique d’Heinrich Schliemann
Livre événement :
- Stephen Hawking : y a-t-il un grand architecte dans l'Univers ?
Témoignages : le baclofène contre l'alcoolisme
Comment Wikileaks protège ses sources ?
Mediator, les leçons d’un fiasco sanitaire

Et puis ce fut la débandade, un vulgaire pétard mouillée et une sacrée petite déception. Bon, tout d’abord, cela ne m’a couter que 4 petits euros, mais bon, 4 euros, c’est 4 euros, et si j’avais su, j’aurais mieux fait de me les garder pour autre chose (enfin bon, c’est toujours mieux qu’un paquet de cloppes). Car bon, comment dire, en guise de dossier principal, nous n’avons droit qu’a 14 misérables petites pages (sur un total de 100) avec tout un tas de grandes photos et très peu de texte. Qui plus est, si l’on excepte la citée perdue en Colombie que je ne connaissais pas, le reste n’a rien de neuf en soit, ce qui n’est pas un mal, mais en plus, est expédié a la va vite, ce qui est plus grave. Bref, pour ce qui est du dossier principal, une sacrée belle déception qui m’aura plus que laisser sur ma faim.

Alors, forcement, j’ai du me rabattre sur le reste du magazine mais là non plus, si l’on excepte les extraits du livre de Stephen Hawking vers la fin, qui auront sut éveiller ma curiosité, le reste ne m’aura pas emballé plus que ca ; le Médiator, je connaissais déjà depuis pas mal de temps, le baclofène, bas, comment dire, je m’en moque un peu et Wikileaks, bon, oui, à la rigueur mais ca ne fait que deux pages. Reste bien évidement les brèves, les diverses infos, assez intéressantes dans l’ensemble mais que je connaissais déjà par le biais… du site internet de la revue.

Bref, une belle déception que ce numéro de mars de Sciences et Avenir, la faute à un dossier principal loin de mes attentes. Pour le reste, je savais plus ou moins a quoi m’attendre mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que je devrais faire attention parfois a ce que j’achète : dépenser 4 euros pour un magazine (bon, je ne le nie pas) alors que je peux trouver la quasi intégralité de son contenu gratuitement sur le net, ca laisse songeur sur ce que j’appellerais ma connerie.

mardi 15 mars 2011

TANÂTOS : MENACE SUR PARIS


TANÂTOS : MENACE SUR PARIS

Tanâtos est l’homme mystérieux qui, avec ses complices industriels, banquiers et marchands d’armes, fomente la guerre dans le but d’empocher les dividendes de la tuerie... Il a déjà gagné plusieurs batailles, car la Première Guerre mondiale bat son plein. Ses plans pour utiliser la bombe Appolyon-7 ont en partie été contrecarrés : il la possède, mais sans la source d’énergie nécessaire pour la faire fonctionner. Qu’à cela ne tienne ! Ce diable d’homme n’est jamais à cours de ressources pour nuire… Surtout que ses deux vieux ennemis semblent hors d’état de nuire : Victor sombre dans l’alcool, croyant sa Mélanie disparue, et Bernin se bat sur le front. D’où viendra le salut, s’il est encore possible ?

En 2008, lors de la première année de ce blog, j’avais découvert une étonnante bande dessinée du nom de Tanâtos et je m’étais procuré les deux albums alors parus. Immédiatement, je fus conquis par le synopsis de celle-ci : avant la grande guerre, et dans la ligne droite des feuilletonistes d’antant, les auteurs de cette œuvre, Didier Convard, l’auteur d’œuvres cultes comme Le Triangle Secret et I.N.R.I. ainsi que Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la marine belge (c’est écrit sur l’album et je l’oublie a chaque fois) mais aussi et surtout, superbe illustrateur fort talentueux, nous entrainaient sur les traces d’un génie du mal comme on n’en fait plus, Tanâtos, digne héritier de Fantomas et de Moriarty, figures marquantes de la littérature de la fin du dix neuvième et du début du vingtième siècle. Et ce fameux Tanâtos, aux moyens apparemment sans limites, au génie incontestable mais aussi a la mégalomanie indéniable ne pouvait que captiver le lecteur, avide d’une bande dessinée originale, qui sentait le bon vieux temps et d’excellente facture. Le troisième tome, sorti fin 2008 vint confirmer tout le bien que je pensais de cette série, et poussait encore plus loin la folie et le mépris de la vie humaine de Tanâtos, déjà responsable, faut-il le rappeler pour ceux qui connaissent la série, du déclenchement, rien que ca, de la première guerre mondiale !

Forcement, au vu de mon gout pour cette série, j’attendais avec une hâte certaine la fameuse sortie du quatrième tome de Tanâtos, et, franchement, je dois l’avouer, que ce fut long ! Le tome précédant laissait les deux protagonistes principaux, Victor et Mélanie, si l’on excepte notre émule de Fantomas, bien évidement, désemparés, chacun ayant la certitude, suite au naufrage du Lusitania, que l’autre était mort. Et du coup, ces deux années d’attente, alors que je me demandais bien quel coup tordu allait nous sortir ce diable de Tanâtos, furent longues, très longues. Bien évidement, certains me diront que c’est le prix à payer pour la qualité d’une œuvre, je le conçois, certes, mais bon, cela n’en reste pas moins énervant. Quoi qu’il en soit, ce début 2011 fut béni lorsque j’appris la sortie de ce temps attendu quatrième tome de la saga et, alors que je l’ai lu hier soir, la seule chose que j’ai envie, c’est de découvrir la suite !

Jusque ici, Jean-Yves Delitte et Didier Convard avaient fait fort, très fort même avec leur série consacrée a ce génie du mal, mais en toute sincérité, oubliez tout ce que vous avez lu jusque la car cette fois ci, Tanâtos va aller encore plus loin, beaucoup plus loin ! Déjà, le titre : Menace sur Paris. Oui bon, l’on me rétorquera que celui-ci n’a rien d’exceptionnel en soit, qu’il n’est pas franchement original ; détrompez vous ! Ce n’est pas une simple menace, tenez le vous pour dit ! Car cette fois ci, les auteurs ont pris le parti d’entrainer la série encore plus loin dans l’extrême, n’hésitant pas à se débarrasser (apparemment, mais est ce vraiment le cas même si je n’ai pas trop de doutes a ce sujet) tout bonnement de l’un des protagonistes principaux de l’intrigue, véritable épave dans ce quatrième tome, des la première partie ; cette mort, tout simplement inattendue, si elle s’avère vraie, pourrait être l’un des grands moments de cette série tout simplement en raison de sa rareté. Vous en connaissez beaucoup des auteurs qui sacrifient l’un de leurs personnages principaux de cette façon, au beau milieu d’une intrigue ? Alors, subsiste un doute au fond de moi, mais bon, quoi qu’il en soit, si c’est le cas, franchement, chapeau pour ce coup de théâtre et cette incontestable prise de risque ! Ensuite, oubliez l’histoire telle qu’on la connaît. Bien évidement, a moins d’être un parfait demeuré qui prendrait ce qu’il lit dans Tanâtos pour argent comptant, tout a chacun sait que celui-ci, d’abord, n’a pas exister, et qu’ensuite, il n’a pas déclencher la première guerre mondiale. C’est une fiction, point barre. Sauf que, jusque là, les auteurs respectaient plus ou moins une certaine véracité historique (oui bon, de loin mais tout de même), hors, avec le final de cet album, tout simplement inattendu lui aussi et apocalyptique, Tanâtos, la série, part dans une toute autre direction, a la plus grande surprise du lecteur qui ne s’y attendait pas du tout. Quand je vous disais que cela allait aller encore plus loin, beaucoup plus loin !

Indéniablement, Menace sur Paris, quatrième tome de la série, porte celle-ci a des niveaux rarement atteints jusque là ; bien évidement, les trois précédant volumes nous avaient déjà laisser une fort agréable sensation de qualité et un personnage, diabolique tout simplement, comme on n’en voit peu de nos jours, mais tout en maintenant la qualité narrative de l’œuvre et des dessins toujours aussi superbes, Jean-Yves Delitte et Didier Convard poussent le bouchon encore plus loin, n’hésitant pas a s’affranchir des sentiers battus et réussissent même, lors du final de l’album, a rendre mal a l’aise le lecteur qui, comme Mélanie, ne peut s’empêcher de trouver dans toute l’œuvre de Tanâtos, une certaine fascination pour le mal.

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°53 : L'Italie, de la chute de Rome à l'unité de 1861


En ce début d’année, La Nouvelle Revue de l’Histoire semble être partie sur de très bons chemins, du moins, pour ce qui est de l’originalité de ses dossiers principaux. Si vous vous souvenez bien, j’avais poussé un petit coup de gueule qui me semblait amplement justifié en fin d’année dernière, lorsque le numéro 51 nous avait proposé pour la énième fois un sujet sur l’entre deux guerres, thème bien trop souvent abordé a mon gout dans cette revue, mais pas seulement accessoirement. Hors, depuis, que du bonheur ou presque puisque après le numéro guerrier de janvier – Les hommes et la guerre – voilà que ce cinquante-troisième numéro de la NRH nous entraine du coté de l’Italie et de sa longue histoire, de la chute de l’Empire romain a l’unité de 1861.

La Nouvelle Revue de l’Histoire
N° 53, mars/avril 2011

Au sommaire :

L'Italie – De la chute de Rome à l'unité de 1861
- Haut Moyen-âge : une Italie germanique
- Grands seigneurs, banquiers et condottieres
- Mazzini et Garibaldi : les pères du réveil
- Le Piémont acteur de l’unité
- Le Pape au défit du Risorgimento
- Napoléon III : un rôle décisif
- Vers une partition de l’Italie ?

- Machiavel l’Européen
- Emmanuel de Waresquiel, le biographe de Talleyrand
- L’histoire politique européenne revisitée
- Marie Antoinette, une autre image
- Mille ans d’histoire du Maroc
- Félicie de Fauveau, une amazone légitimiste
- Le soleil invaincu de DH Lawrence
- Verdun, 1916, une tragédie dans la tourmente
- En relisant les mémoires de Raymond Aron
- Enquête sur le populisme européen

Sujet très intéressant au demeurant donc que cette histoire de l’Italie au fil des siècles puisque pas souvent aborder dans les revues spécialisées, et, chose encore plus grave, du coté du programme scolaire français ; en toute honnêteté, dans notre beau pays, c’est un peu ainsi que l’on voit l’histoire de nos voisins transalpins : Rome et son Empire, puis les Papes au Vatican, ensuite, on sait que certaines villes ont pris de l’importance puisque l’on entends parler de Venise et de Florence et, par un coup de baguette magique digne d’un sorcier de pacotille, on arrive au vingtième siècle, on passe presque sous silence le premier conflit mondial et on se tape tout de suite Mussolini ! Ca c’est de l’histoire coco ! Et on s’étonne ensuite que le niveau soit si faible. Ainsi donc, ce fut avec une grande satisfaction que, en découvrant le nouveau numéro de la NRH, j’ai put contempler la figure mythique de Garibaldi, et plus encore, le thème du dossier du mois. Alors, du coup, un grand merci a la NRH pour, une fois de plus, sortir des sentiers battus.

Paradoxalement, le reste du bimensuel m’aura moins emballé que d’habitude, on y retrouve pas mal de thèmes souvent abordés, des interviews plus ou moins réussies même si non dénué d’intérêt et une actualité un peu pauvre en sorties de livres, mais ca, ce n’est pas de la faute des rédacteurs. Mais bon, cela n’est pas bien grave, la qualité de la revue est toujours au rendez vous et, ne serais ce que pour le gros dossier de ce numéro, ce cinquante troisième numéro de la NRH mérite le détour ; a moins que vous ne soyez totalement allergique a cette revue, mais ca, c’est un autre problème.

lundi 14 mars 2011

LE PAPE TERRIBLE : DELLA ROVERE


LE PAPE TERRIBLE : DELLA ROVERE

Le 18 août 1503, victime d’un mal mystérieux, le Saint-Père Alexandre VI, né Borgia, passe de vie à trépas. Aux premières lueurs de l’aube, la course au trône papal s’engage. Pour gagner le Saint-Siège, le népotisme, le stupre et le poison seront monnaie courante. Ainsi, le cardinal Della Rovere, ennemi juré du clan Borgia, entend bien accéder à la fonction suprême : ainsi se vante-t-il à son « mignon » d’avoir accéléré le décès du pape précédent. Il met d’ailleurs au point un nouveau plan, qui devrait cette fois lui ouvrir grandes les portes du Vatican !

A ma gauche, Alejandro Jodorowsky, l’un des plus grands scénaristes de bande dessinée de ces trente dernières années, auteur tout simplement d’œuvres aussi cultes et importantes comme L’Incal et toutes les préquelles et séquelles qui lui sont liés, La Caste des Méta-Barrons, Les Aventures d'Alef-Thau, Les Technopères et, plus récemment, Borgia ; a ma droite, encore une histoire se déroulant au Vatican, a une époque ou la Papauté penchait plus du coté du « sexe drogue et rock n’roll », si vous permettez l’expression, ou plus précisément, sexe, jeu de pouvoirs, argent et meurtres, bref, tout pour me plaire ; mettez au milieu de tout cela un superbe dessinateur du nom de Théo et vous obtenez Le Pape terrible, énième série du maitre, donc, énième série ou l’on sait par avance que l’on va taper sur la chrétienté qui n’apparaitra pas sous son bon jour, et, accessoirement, une BD dont je ne me faisait guère de soucis quant a sa qualité, ce, même s’il m’a fallut entendre parler de la sortie du deuxième tome pour me rappeler qu’il faudrait peut être que je commence par me procurer le premier, chose est faite désormais, pour mon plus grand plaisir.

Bon, je pense que je n’ai pas forcement besoin de revenir sur la carrière d’Alejandro Jodorowsky ; les amateurs n’y trouveront rien de neuf, quand aux autres, je pense qu’une petite recherche sur le net ne leur ferra pas de mal (c’est que je ne vais pas vous mâcher tout le travail non plus). Quoi qu’il en soit, ce qu’il y a de bien avec l’auteur chilien, c’est qu’il n’y a pas trop de soucis a se faire avec ses productions : cela fait belle lurette que l’on a compris plus ou moins le topo et surtout, que hors quelques dérapages, la qualité est toujours plus ou moins la. Au pire, cela peut osciller entre l’excellent et le bon, mais le mauvais, personnellement, je ne l’ai pas encore connu. Ainsi, mon intérêt pour cette énième série intitulée Le Pape terrible – déjà le titre, tout un programme – ne pouvait qu’éveiller ma curiosité et je me demandais bien ce que pouvait donner cette mouture BD de la vie de Jules II. Je savais que Jodorowsky venait de conclure une autre série consacrée à un autre Pape, Borgia, dont le nom, forcement, est connu de tous, mais telle ne fut pas ma surprise en me rendant compte qu’en quelque sorte, ce Pape terrible est la suite de Borgia, ce qui, après coup, me parait assez logique : Alexandre VI (Borgia) passant de vie a trépas au début de l’album qui nous préoccupe aujourd’hui, continuité est faite avec le Pape, enfin je devrais dire les Papes (mais je vous laisse le plaisir de la découverte) qui lui ont succéder dans ce Pape Terrible. Le problème, car du coup, cela en devient un, cela me pousse à me procurer les fameux quatre volumes de ce Borgia et encore une fois, c’est mon porte monnaie qui va en prendre un sacré coup, déjà que j’ai le plus grand mal à suivre toutes les sorties, mais bon, ceci est une autre affaire.

Mais bon, au fait, que vaut véritablement ce Pape terrible ? Mérite t-il donc que l’on débourse une poignée conséquente d’euros pour se le procurer ou, au moins, qu’on le lise ? Bien évidement, pour moi, c’est oui, indéniablement, mais cela, je pense que vous l’aviez deviné. J’aime bien tout ce que fait Alejandro Jodorowsky, ses univers, ses intrigues, ses personnages, ses dialogues et jusqu'à maintenant, tout ce que j’ai put lire de lui m’a plu, cela en est de même avec Le Pape terrible, je vous le confie. Ensuite, c’est une affaire de gouts, comme je vous le disais plus haut : je suis un fou d’histoire, et qu’une bande dessinée puisse me permettre de me plonger dans la vie, même romancée, d’un Pape qu’en toute franchise, je ne connaissais pas a la base, n’est pas pour me déplaire. Ensuite, se pose à moi le cas de la religion, et plus particulièrement du catholicisme où je suis né : je ne suis pas athée car pour moi, se dire athée, c’est une forme de croyance, mais je ne suis pas le moins du monde attiré par une quelconque religion et surtout pas par les trois plus importantes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Et sincèrement, donnez moi une œuvre où apparaissent les travers des religions, et plus particulièrement du clergé catholique (mais je suis preneur pour les autres) et je suis partant. Et oui, désolé pour les croyants mais je suis comme ca. Bref, trois éléments non négligeables pour le Pape terrible, et comme en plus, les dessins sont tout simplement superbes – je ne connaissais pas bien ce Théo, mais j’ai été faire un tour sur son blog, consacré a la série et en toute franchise, je crois que je suis devenu fan – il me semble évidant que les choses sont claires quant a la qualité finale de cette œuvre et ce que j’en pense.

Car avec Le Pape terrible, oubliez les livres d’histoires et plonger avec le sieur Jodorowsky dans les zones d’ombres de ce Cardinal Della Rovere qui, pour devenir Pape, n’hésite pas a tuer ses prédécesseurs, a tromper, a voler, a corrompre, même a utiliser Machiavel (décidément bien présent ces derniers temps dans mes lectures) a se parjurer, tout en bafouant la fonction suprême par un mariage secret avec son mignon, ce qui fera hisser sur la tête les cheveux des catholiques les plus purs et durs qui au passage auront oublier qu’il fut un temps où le Vatican ressemblait a une Cour royale comme une autre, pour ne pas dire un vulgaire bordel, le pouvoir en plus. Quoi qu’il en soit, sans atteindre des sommets scénaristiques qui en feraient un chef d’œuvre absolu, mais néanmoins servi par une intrigue captivante et suffisamment accrocheuse, des personnages tellement vils que l’on vient à se demander qui est le moins pire la dedans, un soupçon d’érotisme dans la ligne droite des productions du maitre et, bien entendu, de superbes planches d’un Théo tout bonnement excellent, il me semble évidant que Le Pape terrible est une superbe BD, comme je les aime et qui ne me donne envie que d’une seule chose, lire la suite ; mais cela ne saurait pas trop tarder.

L’ODYSSÉE DE L’ESPÈCE


L’ODYSSÉE DE L’ESPÈCE

Il y a dix millions d'années, en Afrique tropicale, parce que la forêt disparaît, quelques grands primates se lèvent et se mettent à marcher sur deux pieds. Face aux dangers de la savane, comme tous les êtres vivants, ils se défendent et s'adaptent. Leur cerveau grandit, leur conscience se développe. Ils inventent, ils s'organisent, ils parcourent la terre et les océans. Ils conquièrent le monde. Nous sommes leurs enfants. Que nous soyons bretons, chinois, indiens ou africains, que notre peau soit blanche, noire ou cuivrée… Nous descendons tous d'une seule lignée. Dix millions d'années, c'est plus de cinq cent mille générations. Inlassablement, nos aïeux ont transmis leur savoir à leurs enfants, pour qu'il arrive jusqu'à nous. Aujourd'hui, la part de ce savoir que l'on appelle science nous permet de remonter jusqu'à eux. De fouiller notre terre pour y trouver leurs traces, faire surgir notre passé… Et raconter ce que l'on sait de l'extraordinaire odyssée de notre grande famille.

Orrorin et Toumaï
Les premiers pas le rassurent. Peut-être même éprouve-t-il le plaisir de la nouveauté. De là-haut Orrorin se sent plus grand, plus fort et il peut voir les siens de loin. La longue marche commence, vers la nourriture, vers de nouveaux abris. Orrorin est le premier bipède connu de notre lignée est-africaine. Et nous le savons par quelques bouts d'os fossilisés trouvés en l'an 2000.

Australopithèque
De nombreuses espèces disparaissent, comme le chalicotère. D'autres survivent en évoluant. Parmi elles, quelques hominidés vont réussir à s'adapter : les Australopithèques. Ils sont mieux connus depuis un beau jour de l'année 1973… où l'équipe franco-américaine dirigée par Yves Coppens, Donald Johanson et Maurice Taïeb, commence à mettre au jour les restes fossilisés d'une petite Australopithèque. Nous sommes dans le nord de l'Ethiopie, dans le triangle des Afars. Son nom scientifique sera donc Australopithèque afarensis.

Homo Habilis
Nous sommes maintenant à moins 3 millions d'années. Un autre grand tournant de notre préhistoire va avoir lieu... Le premier véritable Homme est sur le point de naître. Un changement de climat sera, une fois encore, à l'origine de cette naissance : un grand coup de froid sur la planète. Ce nouvel Hominidé, le premier Homme à proprement parler, est l'un des plus grands inventeurs de notre lignée. Ce nouvel Hominidé, le premier Homme à proprement parler, est l'un des plus grands inventeurs de notre lignée. On l'appelle Homo habilis.

Homo Ergaster et Homo Erectus
Homo Ergaster. C'est le nom que l'on a donné à ce conquérant pour le distinguer des autres. Il va découvrir des terres vierges prêtes à être explorées. Génération après génération, au gré des glaciations qui font baisser le niveau des mers, ou des réchauffements qui les font remonter, ces hommes peuplent la Terre. Pas encore toute la Terre, mais déjà toutes les terres qu'ils peuvent atteindre.

Homme de Neandertal
Europe méridionale, - 200 000 ans. Neandertal s'est adapté aux rigueurs des toundras et des steppes qui couvrent la majeure partie de l'Europe, au sud de la calotte glaciaire. Ce faisant, il est même devenu une force de la nature. Son ossature massive, son corps trapu, les parois de son crâne épaisses sont des défenses naturelles. De plus, il couvre son corps de peaux et de fourrures - les premiers vêtements. De tous nos ancêtres, Neandertal est le plus robuste, le plus endurant. Il va peupler l'Europe pendant des centaines de milliers d'années…

Homo Sapiens
Nous sommes dans le sud de l'Europe, il y a environ 40 000 ans. Le climat et la végétation ressemblent un peu à ceux de l'Ecosse d'aujourd'hui. Et même en période glaciaire, l'été rend la vie plus douce à tous les êtres vivants, plantes ou animaux. Neandertal domine toujours cette partie du monde. Il vit en petites tribus familiales, se déplace selon les saisons, en suivant les migrations de son gibier. Il profite de toutes les richesses de la nature. Pourtant les jours du peuple Neandertal sont comptés. Il va s'éteindre dans quelques millénaires… Avant de partir, il va faire une rencontre stupéfiante.

Tout commença il y a près de neuf ans, lorsque a une heure de grande écoute, une chaine du service public, France 3 pour ne pas la citer, diffusa ce qui fut alors présenter comme étant un documentaire exceptionnel : L’Odyssée de l’espèce. Retraçant l’évolution humaine des tous premiers pas de nos plus anciens ancêtres, qui, pour simplifier les choses, quittèrent les branches des arbres pour s’aventurer dans la savane il y a environ 7 a 6 millions d’années, jusqu'à l’Homo Sapiens, c'est-à-dire, nous-mêmes, en passant par l’Homo Habilis ou l’Homme de Neandertal, tout au long de 90 minutes, le spectateur découvrait alors, de façon imagée, parfois théâtrale des instants de vie parmi les plus marquants de la longue, très longue histoire humaine, celle de nos ancêtres, de leurs évolution, de leurs découvertes, et de la propagation des connaissances. Bien évidement, exceptionnel, ce documentaire l’était bel et bien, sans nul doute possible et la volonté, que dis-je, le courage de France 3 de le diffuser a une heure de très grande écoute se vit récompenser par la plus belle des manières a l’époque, c'est-à-dire, par un excellent audimat ce qui nous montre que lorsque la télé prend des risques, elle en est parfois récompensée. Et même si prêt d’une décennie s’est écoulée depuis cette toute première diffusion, je garde encore en mémoire mes toutes premières impressions d’alors, forcement très bonnes, ainsi que les louanges des divers médias et du public en général ; oui, indéniablement, il y eut un avant et un après L’Odyssée de l’espèce en France, ce qui est dommage, cependant, c’est que ce genre d’initiatives soit, encore aujourd’hui, bien trop rare.

Bien évidement, le temps a passé depuis et j’ai eu l’occasion, au fil des années de voir et revoir de multiples rediffusions de ce documentaire, soit dans sa version originale, par le biais du DVD rapidement acheter après sa première diffusion, soit celle comportant moult explications scientifiques, et se rapprochant de fait du documentaire tel que l’on est habituer d’ne voir sur nos petits écrans. Du coup, a force, je dois avouer que ces multiples rediffusions me lassèrent un peu, surtout qu’entre temps, tout un tas de « suites » virent le jour, comme Homo Sapiens, Le sacre de l’Homme, Toumaï et même L’Odyssée de la vie, elles aussi multi-diffusées sur le service public au fil des ans. Pourtant, si lassitude il y eut, mon intérêt pour ce documentaire (et pour les autres par ailleurs) ne faiblit pas comme j’ai put le remarquer hier après midi après l’avoir revu, chose que je n’avais pas faite depuis un bon bout de temps. Bien évidement, l’effet de surprise s’est depuis longtemps envolé, mais même ainsi, au bout de presque une décennie et de moult rediffusions, il est incontestable, selon moi, que L’Odyssée de l’espèce n’a rien perdu de son intérêt.

Bien évidement, si le format choisis alors s’éloigne des reportages scientifiques auxquels on est habituer en temps normal (voir ARTE), pour être tout a fait franc, les concepteurs de L’Odyssée de l’espèce n’ont rien inventer, se contentant de s’inspirer de ce que la BBC avait fait, par exemple, avec leur célèbre Sur la terre des dinosaures (et dont j’ai écrit la critique sur ce même blog la semaine dernière) sortit quelques années plus tôt : documentaire diviser en plusieurs parties, chacune consacrée a une période donnée et, bien évidement, a l’un de nos ancêtres, scènes de vie, théâtralisation des événements importants comme, par exemple, la découverte du feu, celle de la pierre taillé, et voix off narrative qui nous donne a la fois quelques informations sur les événements en cour comme sur ce que l’on voit a l’écran. Mais n’y voyez rien là aucun manque d’originalité mais plutôt la reprise d’une formule qui a fait ses fruits et a ce propos, il est indéniable que Jacques Malaterre a fait là un superbe travail de réalisateur. Bien évidement, les mauvaises langues se sont tout de même fait entendre, un peu de la même manière que dans le cas de Sur la terre des dinosaures : tout cela n’était que de la spéculation, personne, au jour d’aujourd’hui, n’a la certitude que les événements se sont déroulés ainsi, quant a la caution scientifique d’Yves Coppens (mais il n’était pas seul sur ce coup là), on n’en viendrait presque a lui trouver beaucoup a redire, certains mettant en cause ses compétences ; mal accessoirement bien français que de rejeter ce qui vient de chez soit et de s’extasier sur les autres et après l’on s’étonnes que nos « cerveaux » trouvent du travail ailleurs ? Mais quoi qu’il en soit, comme c’est également le cas pour Sur la terre des dinosaures, disons nous bien qu’un documentaire comme L’Odyssée de l’espèce est à prendre avant tout pour ce qu’il est, c'est-à-dire, un concentré des connaissances du moment (que de nouvelles découvertes pourront dans l’avenir contredire), une extrapolation d’événements qui ont eu lieu il y a une éternité et dont, avouons le, un flou total continuera a planer et, surtout, un formidable travail de vulgarisation scientifique, et cela me semble le plus important : comment croyez vous que le simple quidam accroche a un reportage où un type barbu au milieu de son chantier de fouilles va nous parler pendant une demi heure de toutes les hypothèses possible et inimaginables sur la façon dont l’Homo Erectus taillait ses silex alors que dans L’Odyssée de l’espèce, la question est réglée en deux minutes ? Réducteur, simpliste ? Non, éducatif car tous ne sont pas capables ou ne veulent même pas entendre parler de reportages scientifiques et si des documentaires comme L’Odyssée de l’espèce permettent d’attirer un nouveau public, c’est tant mieux ! La connaissance, toujours la connaissance, et pour le plus grand nombre, c’est cela qui compte, et quand en plus, la qualité est au rendez vous, que demande le peuple ?

vendredi 11 mars 2011

DES MILLIARDS DE TAPIS DE CHEVEUX


DES MILLIARDS DE TAPIS DE CHEVEUX

Quelque part aux confins de l'Empire, sur un monde oublié de tous... une petite planète apparemment anodine. Sauf que, depuis des temps immémoriaux, les hommes s'y livrent à une étrange occupation : tisseurs de père en fils, ils fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le Palais des Etoiles de l'Empereur. Pourtant, une étrange rumeur circule. On raconte ça et là que l'Empereur n'est plus. Qu'il serait mort, abattu par des rebelles. Mais dans ce cas, à quoi peuvent donc servir ces tapis ? Et qui est cet homme si étrange qui prétend venir d'une lointaine planète ? Lui aussi affirme que l'Empereur est mort...

Cela faisait un certain temps que Des milliards de tapis de cheveux (rien que le titre mérite déjà le détour) était sur ma fameuse liste de « trucs vachement important à lire le plus rapidement possible », j’en avais entendu le plus grand bien, pour ne pas dire, que des louanges, et j’étais assez curieux de voir ce que ce roman de SF pouvait avoir dans le ventre. Ainsi, après une petite période consacrée au Steampunk, avec des satisfactions et pas mal de déceptions, il était temps, finalement, de me lancer dans ce fameux Des milliards de tapis de cheveux (ouf, un petit long de devoir réécrire le titre a chaque fois). Tout d’abord survint une surprise, l’auteur de l’ouvrage était allemand, Andreas Eschbach, puisque tel est son nom. Surprise car bon, comment dire ; de mémoire, je ne me souviens pas le moins du monde avoir déjà lu une œuvre, quelle soit de SF, de Fantasy ou de Fantastique, venant d’outre Rhin, ensuite, je ne m’étais même jamais posé la question de savoir s’il existait une quelconque SF germanique. Ainsi, ma curiosité de départ s’en trouva d’autant plus renforcée ; après tout, quand on doit se contenter de la littérature britannique, nord américaine et française, cela fait plaisir de temps en temps de pouvoir découvrir des auteurs, comment dire, plus exotiques. Mais l’origine d’un écrivain, la longueur d’un titre ou les louanges glanées a droite et a gauche sur le net ne suffisaient pas à faire de ces Milliards de tapis de cheveux, à mes yeux, une réussite incontestable, non, il fallait que je me fasse ma propre opinion.

Et là, en toute sincérité, je dois reconnaître que je comprends parfaitement toutes les louanges des lecteurs que j’avais put lire depuis quelques mois, d’ailleurs, pour être tout a fait franc, je n’ai même pas attendu la fin du roman pour les comprendre, ni même la moitié, non, cette certitude de me trouver devant ce qu’il faut bel et bien appeler un grand roman de SF m’apparue assez rapidement, au cours des touts premiers chapitres. C’est une chose rare, surtout avec moi a qui il m’arrive parfois d’avoir du mal a rentrer dans un nouveau bouquin, hors la, des les premières pages, des les premières lignes, je fut tout bonnement captiver par l’univers et l’intrigue mis en place par ce fort talentueux Andreas Eschbach qui, cela peut paraître difficile a croire, nous offrait là son tout premier roman. Car pour un coup d’essai, force est de constater que Des milliards de tapis de cheveux sont une réussite indéniable, de celles qui marquent suffisamment les esprits et que l’on n’oublie pas de si tôt, voir jamais, de ces romans qui rentrent de plein pied dans nos propres listes personnels, notre fameux « Top Ten des meilleurs livres de … », et tout cela, quelque part, pourrait tenir en un mot : originalité. Auquel l’on ajoutera, bien évidement, la qualité.

Original, Des milliards de tapis de cheveux l’est par son synopsis, tout bonnement imparable : dans une quelconque planète perdue au fin fond de l’espace, aux limites d’un Empire Galactique comme il en existe tant dans le Space Opera, une catégorie d’hommes, pour ne pas dire une caste, consacrent leurs vies entières à réaliser un tapis, et un seul tapis, en utilisant pour cela les cheveux de leurs femmes (oui, ils en ont plusieurs) et de leurs filles. Et s’ils ne font qu’un seul et unique tapis, c’est que le travail consacré à la conception de celui-ci est si ardue, que toute une vie est nécessaire, et une fois celui-ci achever, et destiné, car il ne faut jamais l’oublier, a tapisser le Palais de l’Empereur, il sera vendu (le tapis, pas l’Empereur galactique), et cette somme d’argent, fruit de toute une vie, sera donnée au fils du tisseur afin que celui-ci puisse s’installer, prendre femme (s) et pouvoir a son tour se mettre a l’ouvrage, créant a son tour son propre tapis. Et malheur si un second fils nait, car cet argent ne peut servir que pour un seul et unique héritier, alors, si cela arrive, on le tue, tout simplement. Ainsi, depuis des dizaines de milliers d’années, des générations entières de tisseurs se succèdent, consacrant leur vie à créer et offrir des milliards de tapis de cheveux a l’Empereur. Et déjà, arriver a ce moment précis du récit, on ne peut s’empêcher de pousser un ouf de soulagement en se disant que pour une fois, on n’aura pas droit a tout ce qui fait le train train habituel du Space Opéra – Empire contre rebelles, combats intersidéraux, gentils et méchants – (en fait si mais d’une façon fort différente) et que, cette curieuse coutume des tisseurs de tapis, en plus d’être originale, donne vraiment envie d’en savoir plus sur elle. Car bien évidement, la grande question qui va se poser assez rapidement et bel et bien de savoir pourquoi, justement, des hommes, depuis la nuit des temps, passent leur vie a tisser des tapis, et le récit, d’abord de façon détournée, par le biais de rumeurs comme celle qui sous entendrait que ce fameux Empereur, espèce de Dieu vivant, serait mort, tuer par un rebelle depuis vingt ans, va amener le lecteur vers la recherche des mystères entourant cette coutume. Ainsi, par le biais de plusieurs courts chapitres, Des milliards de tapis de cheveux va nous faire suivre des protagonistes différents, de nouvelles têtes apparaissant a chaque fois tandis que d’anciennes passent au second plan pour ne réapparaitre que beaucoup plus tard voir plus du tout, que cela soit le vieux tisseur au prises avec son fils qui ne désire pas lui succéder, le marchand chargé d’acheter les tapis et de les transporter, ce professeur qui se pose bien trop de questions et qui pourrait bien être taxer d’hérétique ou ce curieux personnage venu d’ailleurs et qui ne cesse d’affirmer que l’Empereur est mort. C’est donc par le biais de morceaux de vie, de scènes plus ou moins importantes que l’intrigue avance, petit a petit, et même quand on n’a l’impression de passer du coq a l’âne, même quand on s’éloigne complètement du fil conducteur, un autre chapitre viendra relier le tout, pour faire, finalement, de cet ensemble a priori disparate, un récit bien plus cohérant que l’on pourrait le croire a première vue. Un puzzle ? Oui, Des milliards de tapis de cheveux est un véritable puzzle, chaque chapitre pris indépendamment n’apportant aucune réponse a l’énigme, aux énigmes, mais une fois que l’on a relié toutes les pièces de ce fameux puzzle…

Mais parler de Des milliards de tapis de cheveux sans aborder un autre point fort non négligeable de ce roman m’apparaît presque comme, la aussi, une hérésie. Rarement dans un récit de Space Opéra, on n’a eu cette impression d’infini, d’énormité que peut être véritablement un Empire Galactique. Ah oui, on le connaît bien ce terme, depuis Fondation ou Star Wars, pour ne citer que les deux exemples les plus connus, qui n’a jamais entendu parler d’Empire Galactique ? Mais qui, avant coup, a put s’imaginer ce que cela peut vraiment représenter ? Personnellement, j’avais cru le faire, je me disais que c’était forcement grand, mais en lisant Des milliards de tapis de cheveux, en fait, je me suis rendu compte que j’étais a mille lieues du compte ; en effet, imaginez un Empire tellement ancien dont l’origine se perd dans la nuit des temps, imaginer un Empereur qui règne depuis près de 80 000 ou 100 000ans, et il y en eu d’autres avant lui, dix pour être exact. Vous commencez à avoir la tête qui tourne au vu des chiffres ? Rassurez-vous, c’est normal. Mais que cet Empire existe depuis un ou deux millions d’années, qu’il englobe je ne sais combien de galaxies, qu’il soit composer de milliards de milliards d’habitants, ce qui vous achèvera, à coup sur, c’est la révélation finale, la fameuse réponse a la question que l’on se pose depuis le début : mais pourquoi fabriquent-ils des tapis de cheveux ? Car, bien évidement, ce n’est surement pas pour tapisser le Palais de l’Empereur, mais cela, vous l’avez deviné. Et quand vous apprendrez cette vérité, a la fois si futile et pourtant tellement logique, alors la, peut être vous rendrez vous compte alors de ce que peut être un Empire Galactique, de ce qu’il peut être capable de faire, de ce que permet le pouvoir et de la façon d’on peut en user un être quasi divin et une fois que vous serez effrayer par la chose, vous vous rappellerez ce qu’avait dit l’Archiviste au sujet de l’énigme des tapis de cheveux : cela n’est qu’une histoire parmi d’autres. Et là, tout en vous disant a quel point Des milliards de tapis de cheveux est un superbe roman, d’une profondeur et d’un intérêt assez rares pour que cela soit souligner, vous tremblerez devant ce que l’homme est capable de faire quant il en a le pouvoir.

mercredi 9 mars 2011

TELLEMENT PROCHES


TELLEMENT PROCHES

Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. Quand Alain a épousé Nathalie, il ne savait pas qu'il épouserait aussi sa famille. Ce samedi, comme toutes les semaines, ils sont invités à dîner chez son beau-frère, Jean-Pierre à Créteil. Mais ce soir, plus que d'habitude, Alain est à bloc, il bout comme une cocotte prête à exploser. Il en a marre, marre de se planter à chaque fois sur le chemin pour aller à Créteil, marre de se taper les petits conseils de vie de Jean-Pierre et de sa femme Catherine qui élève ses enfants comme des chevaux, marre d'attendre de dîner l'estomac vide en regardant les spectacles soporifiques de leur fille Gaëlle, marre de regarder pour la énième fois la vidéo de leur mariage, marre aussi de son autre belle-sœur Roxane, qui, affolée par son horloge biologique, a jeté son dévolu sur Bruno, jeune interne en médecine qui se demande un peu comment il a atterri à ce dîner. C'est vrai, Alain en a marre de ces dîners familiaux, mais il ne sait pas encore ce qui l'attend véritablement ce soir-là... Ni les jours qui suivent

Tout d’abord, je ne pouvais débuter la critique de ce film sans présenter mes excuses a ma femme : lorsqu’il y a quelques semaines, elle me ramena deux DVD en rentrant des courses, autant je fus satisfait du premier de ceux-ci, La route (voir critique sur ce même blog en février de cette année), autant le second, intitulé Tellement proches et prétendue, je cite, « comédie de l’année », me laissa hautement dubitatif pour ne pas dire perplexe ; hein, quoi, comment, mais qu’est ce que c’est que ce truc encore ? Une comédie ? Française, et avec l’autre gus d’Omar et Fred par-dessus le marché ? Mais ca ne va pas la tête ? Bref, vous l’avez compris, je n’étais pas franchement emballé par ce film et encore moins pour ce qui était de le voir. Vendredi soir dernier, ma femme le vit et au bout de dix minutes, me supplia de la rejoindre tellement il était drôle. Campant sur les positions, je refusais alors tout en entendant, toute la soirée, ses rires fusant allègrement de la chambre. Hum, me serais-je tromper ? Toujours méfiant mais curieux de voir ce qui avait put pouvoir provoquer une telle hilarité chez ma femme, je lui promis alors de le regarder ce mardi, je que je fis… et là, je compris… oui, je compris mon erreur, ma terrible erreur au sujet de ce film. Ce qui fait, du coup, que je me dois de présenter mes excuses à ma femme, et, accessoirement au film lui-même.

N’y allons pas par quatre chemins, cela faisait des années que je ne rigolais pas autant devant un film ! Oui, je sais que j’ai souvent tendance à m’emballer et a exagérer les choses, c’est mes origines latines qui veulent ca, mais en toute sincérité, faites moi confiance pour une fois, je peux vous assurer que, dans le cas présent (ce qui ne signifie pas qu’en temps normal, je raconte n’importe quoi), il ne faut voir dans mon enthousiasme a l’égard de cette comédie aucune exagération, loin de là. Comédie, oui, le mot est lâché et si un film mérite le qualificatif de comédie, c’est bel et bien ce Tellement proche. Bien évidement, ce n’est pas le seul, d’autres sont dans le même cas, et, pourquoi le nier, lui sont infiniment supérieurs, mais sincèrement, prenez donc ce petit film sans prétention avec des acteurs connus, mais loin d’être des stars du septième art, un synopsis de base loin d’être original, les relations familiales, saupoudrez le tout d’une sacrée bonne dose d’humour, mélanger bien l’ensemble et vous obtenez ce Tellement proche, et là, c’est partit pour une heure quarante de franche rigolade, entre situations ubuesques, tellement hallucinantes que l’on en est presque a se décrocher la mâchoire et des personnages – ah ces personnages ! – à la fois littéralement loufoques, pathétiques, extrêmes dans ce qu’il faut bien appeler leur folie, leur habitudes, leur coups de gueule, il est tout bonnement impossible pour le spectateur de ne pas rire aux éclats tout au long du film. Car tout est drôle, de bout en bout et ca démarre au quart de tour avec une première partie d’anthologie où, pendant près d’une demi-heure non stop, on se marre quasiment en permanence devant ce que l’on voit a l’écran, et là, en toute sincérité, je peux vous assurez que des comédies, dans ma vie, j’en ai vu des tonnes, mais que cette première demi-heure dans Tellement proche, c’est quasiment du jamais vu. Et je n’exagère toujours pas. Mais vous croyez que la suite est plus calme ? Détrompez vous, ca n’arrête jamais ou presque car si l’on n’atteint pas les sommets de cette première partie, la suite du film se poursuit de la plus belle façon et les éclats de rire, pour ne pas dire les fous rires se succèdent tandis que l’on se demande franchement comment cela peut être possible de rigoler autant !?

Mais peut être que, tout simplement, en plus d’acteurs en pilotage automatique dans le bon sens du terme, comme en particulier le couple François-Xavier Demaison (Jean-Pierre)/ Audrey Dana (Catherine), l’avocat commis d’office qui rêve de grandes affaires et la maitresse de maison parfaite qui se font passer pour juifs car leur fille est inscrite dans une école juive (en primaire) car celle-ci a le meilleur taux de réussite au bac, la sœur, Joséphine de Meaux (Roxanne) totalement halluciné dans sa relation avec Omar (Bruno) qui se demande bien pourquoi il est toujours largué sur l’autoroute, sans oublier, bien évidement Vincent Elbaz (Alain) eternel gamin devant l’eternel qui ne supporte pas sa belle famille, ce qui nous fait le plus rire, ce sont, justement, ces fameuses situations familiales : qui n’a jamais râler en devant aller a un repas de famille (hum…)? Qui n’as jamais invité que les adultes pour ne pas avoir à supporter les enfants (tient tient, ca me rappelle l’une de mes dernières soirées) ? Qui n’a jamais mis en avant ses propres enfants, montrer leurs œuvres au grand désespoir de ses invités ? Qui n’a jamais eu à se taper sa belle famille, hein, qui ? Et oui, si Tellement proches fonctionne aussi bien, en plus de la qualité des acteurs, c’est grâce a la justesse de toutes ces scènes que tout le monde a vécu dans sa vie, des scènes de la vie quotidienne, des situations, des rapports familiaux, des tensions qui font tout le sel de l’existence. Alors, non seulement on meurt de rire devant le comique de ces fameuses scènes, mais celles-ci sont amplifier par nos propres souvenirs, notre propre expérience. Oui, Tellement proches, c’est vous, c’est nous, c’est moi, et c’est pour cela que ca marche aussi bien.

Mais alors, car il y a un mais, pourquoi une telle fin aussi misérable ? Pourquoi venir presque tout gâcher avec cet épilogue franchement inutile, qui n’apporte rien du tout au film, par ailleurs excellent, où l’on retrouve les personnages mal vieillis pour la plupart (décidément en France, on a du mal avec le vieillissement des acteurs dans les films), certains plus que d’autre ce qui en devient ridicule, pleine de bons sentiments et qui, a aucun moment, ne fonctionne ? Oui, franchement, pourquoi ? Alors, un conseil : si vous regardez un jour Tellement proches, éteignez votre lecteur DVD des que débute la scène finale, cela vous évitera cette sensation de gâchis final. Mais pour le reste, tout le reste… oh mes amis, un pur régal !!!

mardi 8 mars 2011

SUR LA TERRE DES DINOSAURES


SUR LA TERRE DES DINOSAURES

Imaginez que vous pourriez être le témoin de l'ère des dinosaures, que vous pourriez voir un diplodocus naître, un tyrannosaure chasser, un torosaurus charger, que vous pourriez traverser les 160 millions d'années du règne des dinosaures sur la terre. Grâce aux techniques d'images de synthèse les plus à la pointe, Sur la terre des dinosaures redonne vie au monde tel qu'il était il y a 220 millions d'années, époque à laquelle les dinosaures sont apparus sur la terre. 160 millions d'années d'histoire : de leur apparition à leur soudaine extinction. Sur la terre des dinosaures révolutionne le monde des documentaires.

Épisode 1 – Une nouvelle dynastie
-220 millions d'années – Trias supérieur – Arizona
La Terre du Trias voit cohabiter divers groupes de reptiles, qui s'affrontent pour la suprématie dans un climat tropical sec, avec de fortes alternances entre saisons.

Épisode 2 - L'Ère des géants
-152 millions d'années – Jurassique supérieur – Colorado
Le climat de la Terre est à présent chaud et humide, la forêt (composée de conifères pour l'essentiel) alterne avec des savanes, parcourues par de gigantesques dinosaures sauropodes, dont le Brachiosaure et le Diplodocus.

Épisode 3 – Mers cruelles
-149 millions d'années – Jurassique supérieur – Angleterre
L'actuel continent européen est à l'époque un archipel au climat tropical bordé de récifs coralliens. Si les dinosaures règnent sur la terre ferme, d'autres reptiles les remplacent en mer.

Épisode 4 – Les maîtres du ciel
-127 millions d'années – Crétacé inférieur – Brésil, Amérique du Nord et Espagne
Cet épisode retrace le périple d'un vieux mâle d’Ornithocheirus, ptérosaure géant de 15 mètres d'envergure, depuis les côtes de l'actuel Brésil jusqu'à l'Europe, au-dessus de l'Océan Atlantique en formation. Il rencontrera au fil de son voyage la faune de trois continents.

Épisode 5 - Les lutins des glaces
-106 millions d'années – Crétacé moyen – Antarctique
Près du pôle, l'Antarctique a aussi ses propres dinosaures. Mais le climat tempéré froid, avec de longs hivers enneigés, et plus encore une nuit polaire longue de plusieurs mois, n'autorise que la présence d'espèces adaptées.

Épisode 6 - Mort d'une dynastie
-65,5 millions d'années – Crétacé supérieur – Montana, États-Unis
Les dinosaures règnent encore sur Terre ; leur peuple est dominé par les Tyrannosaures, qui prélèvent leur tribut sur les espèces végétariennes, Hadrosaures ou Cératopsiens. Mais l'environnement change autour d'eux et surtout, une intense activité volcanique projette des cendres et gaz toxiques, qui affectent l'ensemble des êtres vivants.

Mes enfants ayant depuis ces derniers mois nourris une passion sans borne pour les dinosaures, et ce, a la plus grande joie du vieil amoureux de ces formidables reptiles qui autrefois peuplaient notre planète que je suis, je m’efforce, des que possible, de les combler de multiples manières : que cela soit par le biais des jouets, comme les Playmobils par exemple, des livres (qu’ils ont déjà mais on peut toujours trouver mieux) et maintenant, par l’acquisition du DVD comportant les six épisodes (oui je sais, il en existe un septième dans un autre DVD mais bon, ce fut une question de prix) de l’excellent reportage de la BBC intitulé Sur la terre des dinosaures. Paru en 1999, celui-ci m’avait suffisamment marqué a l’époque, tant par la qualité de ses images de synthèses, alors exceptionnelles et qui donnaient véritablement l’impression de voir évoluer de vrais dinosaures, ce qui, personnellement, fut un petit choc agréable lors de sa première diffusion en France, mais aussi de part sa qualité générale, tant dans la pertinence des scénarios proposés – de véritables documentaires animaliers mais avec des dinosaures – que par les commentaires, sobres, sérieux et, de part chez nous, doublés par un André Dussollier en grande forme et visiblement inspiré par le sujet. Du coup, l’idée de me le procurer pour le revoir avec mes enfants devint une évidence, et, épisodes après épisodes, nous avons tous les quatre, regarder avec plaisir – les yeux de certains brillaient a tel apparition tant attendue, et je suis dans le lot – les six parties qui composent ce documentaire ces derniers jours.

Bien évidement, il y aurait probablement a redire sur tel détail : par exemple, tout les épisodes ne sont pas de qualité égale, il faut le reconnaître et l’on passe de l’excellent L'Ère des géants a d’autres, comme Les lutins des glaces ou Mort d'une dynastie moins réussis selon moi (ce qui est plus problématique pour le dernier puisqu’il nous narre tout simplement la disparition des dinosaures), mais cela ne signifie nullement que la qualité n’est pas au rendez vous, disons que certains placent la barre tellement haut que l’on ne peut s’empêcher d’être déçu par d’autres. Mais quoi qu’il en soit, et quelque soit les préférences de chacun (qui fait que l’on va apprécier un épisode plus qu’un autre), ce qui est certain, c’est que chaque épisode de Sur la terre des dinosaures apporte son lot d’intérêt a l’ensemble : que cela soit la période peu connue des près-dinosaures au Trias dans Une nouvelle dynastie, l’évolution des jeunes diplodocus dans L'Ère des géants, les reptiles marins et volants dans Mers cruelles et Les maîtres du ciel, les dinosaures de l’antarctique et la survie d’espèces anciennes dans Les lutins des glaces voir même les conditions climatiques et leur durcissement a la fin du Crétacé, ainsi que leur conséquences sur la faune et la flore dans Mort d'une dynastie, chaque épisode de Sur la terre des dinosaures apporte son lot d’intérêt et de découvertes pour le simple quidam, passionné ou non de la chose, qui n’est pas paléontologue.

Des critiques, Sur la terre des dinosaures en a connu et en connaitra encore ; évidement, l’on peut pointer du doigt telle inexactitude scientifique, telle spéculation sur le mode de vie d’animaux disparus, pour les dernier d’entre eux, il y a près de soixante cinq millions d’années, mais sachons reconnaître que pour ce qui est de la paléontologie, mais cela est valable dans bien des domaines scientifiques, la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et sera encore moins celle de demain, ainsi, des découvertes ultérieures – le documentaire date tout de même de 1999 – peuvent contredire certaines choses que l’on voit a l’écran, mais les concepteurs du documentaire ont réaliser celui-ci avec les connaissances de l’époque, bien évidement. Quand au comportement des dinosaures proposés, tel qu’il apparaît a l’écran, cela est bien évidement de la spéculation, mais ce n’est pas non plus n’importe quoi ; des erreurs existent, certaines choses doivent approcher de la réalité mais de toute façon, il est évidant que l’on ne saura jamais comment se comportaient exactement des animaux ayant vécu il y a des dizaines et des centaines de millions d’années, on ne pourra que, spéculer, justement.

Quoi qu’il en soit, a mes yeux, Sur la terre des dinosaures est un excellent documentaire qui ne peut que plaire aux amateurs, petits et grands, de ces terribles lézards qui dominèrent le monde pendant plus de cent soixante millions d’années. Personnellement, j’en suis fan même si j’aurais souhaiter voir quelques dinosaures que j’aime bien un peu plus présents a l’écran et que le dernier épisode m’a un peu laisser sur ma faim. Mais en toute sincérité, c’est un très bon documentaire, comme la BBC en a le secret pourrions nous ajouter, et qui plus est, il a plu a mes enfants, et rien que pour ca, ca valait le coup de l’acheter. Reste maintenant ses deux petits frères : Sur la terre des géants et Sur la terre des monstres disparus, tout aussi bons et tout aussi indispensables, mais ceci est une autre histoire.

mercredi 2 mars 2011

300


300

L'armée invincible des Perses menée par Xerxes menace le monde grec. Les Athéniens ne sont pas armés pour la repousser. Les Spartiates, menés par leur légendaire roi Léonidas seuls peuvent empêcher la fin d'une civilisation. Mais la tradition veut que les oracles donnent leur avis sur la guerre. Les oracles corrompus. Ceux-ci interdisent à Léonidas d'aller à la rencontre des Perses avec son armée malgré un plan infaillible. Alors Léonidas décide de partir seul, juste accompagné de sa garde sparte, 300 hommes à la discipline de fer, qui le suivent pour l'honneur, pour la gloire, pour Sparte. Ils vont droit vers la mort mais ils avancent. Par la suite, ils devront tenir le passage des Thermopyles jusqu'à l'arrivée de renforts. Jusqu'à la mort.

Ah, 300, tout un programme ! Cela faisait un bon bout de temps (hum, vu que je n’avais pas encore écris la critique de cette BD sur ce blog, c’est que ca fait plus de trois ans au minimum) que je n’avais pas lu cette œuvre du célèbre auteur de comics, le a la fois grand, a la fois controversé Frank Miller. Grand tout simplement pour des titres depuis longtemps entrés dans la légende des comics comme Batman - The Dark Knight, Sin City, Daredevil - Born Again et donc 300, controverser également en raison de la teneur parfois ambigu de ses scénarios remplis d’une violence extrême et parfois d’une idéologie limite. Mais quelque soit l’opinion que tout a chacun peut se faire de l’auteur américain, là où tout le monde, ou presque, est d’accord, c’est sur son talent : tant d’un point de vu scénaristique que par ses dessins, Miller détonne, Miller choque, Miller va là où peu osent s’aventurer et surtout, Miller ne laisse pas indifférent. Mais le propos de cet article n’est surement pas de vous écrire une biographie de l’auteur de 300, ce dont je me sens incapable, tout simplement (et accessoirement, cela ne me tente même pas), mais de l’œuvre en elle-même, ce qui, selon moi, est bien plus intéressant.

Il fut un temps, pas si lointain que cela au demeurant où si l’on n’était pas un amateur de comics, et encore, assez spécialiser dans le sujet et osant sortir de la sainte dualité DC/Marvel, il aurait été tout bonnement impossible de connaître 300 et encore moins de savoir de quoi cette BD parlait. Personnellement, ce fut mon cas pendant des années, avant de, fréquentant alors des forums sur les comics, je n’en entende parler pour la première fois. Mais depuis, le grand public sait parfaitement de quoi il en retourne dans 300, le film étant passé par la (maintenant, de la a savoir que celui-ci est tiré d’un comics, c’est une autre histoire), plutôt pas mal au demeurant selon moi (enfin, du moins, assez fidèle a la version papier), tout a chacun, ou presque, connaît la fameuse bataille des Thermopyles et le sacrifice de 300 spartiates, ces formidables guerriers grecs de l’antiquité face a des milliers de perses. Bien évidement, en tant qu’amateur d’histoire en général, je connaissais parfaitement ce fait d’armes peu commun et un tel sujet ne pouvait que m’intéresser au plus haut point et me pousser, forcement, à me procurer cette BD, ce que je fis il y a quelques années.

De prime abord, ce qui choque et étonnes le lecteur, c’est le format choisis, a l’italienne (bref, en format paysage), ce qui, encore aujourd’hui, me perturbe au plus haut point pour le rangement de cette bande dessinée (bon, ok, je suis un maniaque) parmi le reste de ma collection mais qui, au demeurant, s’avère être une formidable idée de Franck Miller : Ce format permettant à l'auteur d'illustrer les batailles sur toute la largeur de ses pages, et de mieux traduire la progression géographique des Spartiates vers la bataille, les pages alternant de superbe manière entre de grandes planches sublimes souvent entrecoupées de petites cases disposées de ci de la, celles-ci permettant de faire avancer le récit ou servant plus aux dialogues. Et une fois le format, tout simplement peu commun dans le monde des comics, accepter par le lecteur, ce qui survient assez rapidement, celui-ci est entrainer dans une véritable sarabande guerrière, où la violence n’est jamais occultée, où les corps de chaque protagoniste sont en permanence en mouvement, où les diverses perspectives cinématographiques alternent toujours judicieusement, Miller s’en donnant tout simplement a cœur joie tandis que sa femme, Lynn Varley colorise le tout a merveille, sublimant de part son travail une œuvre déjà exceptionnelle graphiquement parlant. Bien évidement, l’amateur de comics de base pourra être choqué par les dessins de Miller ; nerveux, parfois peu travaillés, celui-ci, de part son style particulier privilégie l’ambiance plutôt que l’exactitude des traits, cependant, si l’on accroche, c’est tout bonnement sublime. Après, tout est une affaire de gouts, mais bon, comme il m’arrive parfois de le dire : entre un Jim Lee qui nous sort des planches justes, belles mais sans surprise et sans âme, je préfère largement un Franck Miller ou un Igor Kordey, par exemple, aux styles plus discutables certes, mais bien plus chaleureux que le premier citer… hum, je sens que je vais encore me faire des amis…

Mais abordons maintenant l’ensemble des critiques que certains ont fait à Franck Miller au sujet de 300. Tout d’abord, la non véracité historique. Bon, et là, c’est l’amateur d’Histoire avec un H majuscule qui vous parle : évidement que 300 est bourré d’incohérences, qu’il manque des faits, que certains sont hautement exagérés pour ne pas dire mensongers, mais il faut tout de même se rendre compte que nous avons a faire, comme le dit Miller lui-même, a une BD librement inspiré d’un fait réel et en aucun cas a une reconstitution historique ; 300 n’est pas un livre historique, si vous voulez en savoir plus sur la bataille des Thermopyles, il existe des bouquins, des reportages et bien d’autres médias pour cela et donc, prendre 300 pour ce que c’est : une bande dessinée, un divertissement, tout simplement. Ensuite, parlons de la violence. Bon, mettons les choses au point tout de suite, nous ne sommes pas au pays des bisounours, c’est une évidence, ensuite, au vu de l’époque, l’antiquité, et du contexte, bah, c’est tout de même une guerre, il n’est pas anormal de voir des morts, du sang et des membres coupés… et encore, quand j’y pense, j’ai déjà vu des trucs bien plus violents que 300. Mais peut être que ce qui gènes le plus, c’est la philosophie de ces fameux spartiates, et là, c’est un tout autre problème : ah oui, ce sont quand même de sacrés individus qui se débarrassent des faibles, qui ne vivent que pour la guerre et qui ont un état plutôt totalitaire au vu de notre vision moderne (d’ailleurs, même les athéniens a l’époque le pensaient), et ensuite, ils se permettent de se prétendre être le seul rempart contre l’obscurantisme représenter par les perses, cela ressemble a l’hôpital qui se fout de la charité. Mais bon, une fois de plus, vous vouliez quoi ? Tout d’abord, pour ce qui est des perses, mais cela est valable pour n’importe quel peuple de l’époque, c’étaient loin d’être des enfants de cœur, cela, il me semblait important de le souligner. Ensuite, oui, c’est un peu gonflant, je le reconnais, de lire toutes les deux ou trois pages que la Grèce est le symbole de raison dans le monde, mais bon, c’était ainsi que les grecs se voyaient, l’on appelle cela de la propagande et celle-ci est vieille comme le monde. Alors, l’on me rétorquera que Sparte ressemble bigrement a une dictature, que leur mode de vie est fascisant au possible, ce a quoi je me contenterais de répondre qu’il faut en venir avec les comparaisons qui n’ont pas de sens : déjà, les dictatures sont modernes, point barre. C’était un mode de gouvernement qui n’existait pas a l’époque, n’importe quel personne qui s’intéresse un tant soit peu a l’histoire le sait parfaitement. Ensuite, arrêtons une bonne fois pour toutes de regarder et surtout de juger le passé avec nos yeux et nos idées modernes ; ce qui nous apparaît comme immoral, ignoble, anormal au vingt et unième siècle ne l’était pas pour des hommes du moyen âge, de l’antiquité ou même des cavernes. Les mentalités, la façon de voir les choses, les lois, que sais-je, la façon de traiter les autres, de faire la guerre etc. (les exemples sont innombrables) évoluent avec le temps et rien ne nous dit, d’ailleurs, c’est même sur, que dans l’avenir, nos descendants ne trouvent notre époque décadente, odieuse, immorale. Ceci étant dit, certains détracteurs de Franck Miller s’attaqueront à lui personnellement en soupçonnant celui-ci de complaisance envers un régime à la Spartiate (je dis cela pour éviter le terme dictature qui est inadaptée) ; personnellement, et au risque de choquer, je me moque pas mal de savoir ce qu’il pense, ce qui compte avant tout, c’est son œuvre, dans le cas présent, 300, et pour moi, je ne vois pas dans celle-ci une quelconque apologie du fascisme ou de la survie du plus fort au détriment du faible mais plutôt la vision, personnelle d’un auteur de comics, tout simplement excellente par ailleurs, d’une célèbre bataille de l’antiquité et d’un sacrifice, celui de Leonidas et de ses hommes (au demeurant bien plus nombreux, il n’y avait pas que des spartiates, détail que l’on oublie assez facilement), assez noble et courageux au demeurant car a terme, il permit aux états grecques de continuer le combat et de finir par l’emporter. Après, pour ce qui est de chercher des poux à Miller, ce n’est pas ma tasse de thé.

Bref, je prends 300, et je pense que chacun devrait faire de même (mais ce n’est qu’un conseil), pour ce que c’est avant tout : une très bonne BD, pas forcement un chef d’œuvre non plus car le qualificatif est trop fort, mais quoi qu’il en soit, une œuvre marquante dans le petite monde routinier des comics qui feraient bien, selon moi, de sortir de leur train train quotidien des parutions mensuelles de super héros. Que cela soit par son format, peu commun, ses graphismes, son ambiance et son scénario, 300 est tout simplement l’un des meilleurs comics qu’il m’ai été donné de lire. Alors, si vous avez vu le film et ne connaissez pas encore la BD d’où celui-ci fut tirer ou si l’envie vous prend, n’hésitez pas une seconde car cette œuvre étonnante, originale, mérite amplement le détour.

mardi 1 mars 2011

LES CONJURÉS DE FLORENCE


LES CONJURÉS DE FLORENCE
Suivis de LA TENTATION DU DOCTEUR STEIN

Florence, au tout début du XVIème siècle. Une Florence bien différente de celle qu’évoquent nos livres d’histoire : Léonard de Vinci a renoncé à la peinture pour donner vie aux machines qu’il dessinait dans ses carnets et l’Italie de la Renaissance connaît déjà sa révolution industrielle. La perle de la Toscane reste cependant la ville des grands peintres, des grands architectes, des fêtes… et des intrigues sophistiquées, des morts mystérieuses. Comme celle de Raphaël et de son assistant. Qui est à l’origine de ces meurtres ? Pour quel enjeu ? Sur fond de rivalité entre l’Italie et l’Espagne et de rébellion savonaroliste, Pasquale, jeune peintre apprenti, mène l’enquête en compagnie de Machiavel, journaliste à la Gazette de Florence, qui joue les Sherlock Holmes avant la lettre…

Uchronie, Steampunk ? Quand on sait que cette dernière, en quelque sorte, pour exister, est forcement la première également, les choses deviennent a la fois simples et compliquées a la fois, en particulier pour tous ceux qui ne vivent que dans la classification a tout va… et encore, j’éviterais d’ajouter que le Steampunk, c’est un petit peu de la Fantasy a vapeur. Mais quoi qu’il en soit, et je pense que tous les amateurs de ce genre seront d’accord avec moi, c’est que, quand on pense Steampunk, nous vient immédiatement a l’esprit l’Angleterre victorienne, le dix neuvième siècle, les chapeaux haut de forme etc. Or là, et c’est le premier point positif de ces Conjurés de Florence, un petit saut dans le temps s’impose jusqu'à la Renaissance italienne. Changement de lieu, changement d’époque et, Uchronie oblige (comme je suis d’humeur taquine), le point de divergence suivant : Leonard de Vinci abandonnant la peinture se consacre uniquement aux machines et donne a Florence sa révolution industrielle, et, accessoirement, en change la face du monde.

Les conjurés de Florence démarrait avec un postulat de base, ma fois, assez prometteur et cela faisait quelques temps que je m’étais promis de m’y attaquer. Que cela soit de part son univers, cette Florence industrielle avec ses airs de Steampunk, ces rapports entièrement différents avec le continent américain d’où les espagnols sont absents et où des liens se sont établis, du coup, avec l’Empire Aztèque et les autres peuples du continent (ce qui est par ailleurs une idée assez judicieuse en y réfléchissant un peu : l’Espagne avait cette volonté de conquête et de conversion, un état plus commercial comme celui de Florence est plus intéresser par les profits des échanges commerciaux), mais aussi, et ce n’est pas négligeable, les protagonistes du roman où l’on croise bon nombre de figures historiques comme Machiavel, Michel Ange, Raphaël, Leonard de Vinci, Copernic ou Cortez, mon enthousiasme allait bon train dans les premières pages de ce roman de Paul McAuley, un auteur que, je dois avouer, était un parfait inconnu a mes yeux avant coup. Ainsi, assez rapidement, je fut pris, en suivant les traces du jeune peintre Pasquale, dans les méandres de ce qu’il faut bel et bien appeler un polar, celui-ci secondant un Machiavel autrefois tomber en disgrâce et aujourd’hui journaliste tout simplement parfait dans le rôle du vieux mentor roublard et parfait connaisseur de la chose. Par ailleurs, j’abonde dans le sens des éditions Folio SF qui, sur le quatrième de couverture, osaient la comparaison tout de même excessive avec Le nom de la rose, surtout au vu de la qualité de celui-ci. Mais bon, toutes proportions gardées, les similitudes existaient entre les deux œuvres : le coté enquête policière dans un milieu clos, ici les peintres, les rapports entre maitre et élève, vieux et jeune, parfaitement retranscris avec Machiavel et Pasquale, mais aussi et surtout, la part ludique du roman car, aussi incroyable que cela puisse paraître, l’on apprend pas mal de choses sur la peinture en lisant Les conjurés de Florence. Par contre, et là, je ne peux le nier, je n’ai pas compris la deuxième comparaison entre cette œuvre et Perdido Street Station ; j’ai eu beau chercher, je ne vois pas vraiment, mais bon, cela n’enlevais rien a mon enthousiasme.

Mais hélas, mille fois hélas, c’était trop beau pour durer. Si la première partie des Conjurés de Florence était tout bonnement passionnante, ensuite, cela se gatte rapidement et a aucun moment, et ce, jusqu’au final, l’auteur ne parvient à redresser la barre de son récit. Est-ce la succession de coups de théâtre toutes les deux ou trois pages, l’ampleur des complots auxquels on manque de se perdre dans le jeu des alliances et des trahisons, est ce aussi le fait qu’assez rapidement, l’enquête est tout bonnement délaissée pour l’action a proprement parlée, que Machiavel, figure indispensable au récit ne fasse plus que des apparitions éparses, ou bien alors, est ce que je n’ai pas trop accrocher avec le coté « magique » (même si tout est explicable scientifiquement, reste la magie des indiens du nouveau monde) qui fait son apparition ? Je ne sais pas, un peu de tout cela a la fois. Et au fait, le fameux ange que souhaitait peindre Pasquale, on n’en apprend pas plus sur le sujet, comme, malheureusement, pas mal d’autres événements qui restent un peu trop dans le flou. Et alors, forcement, tout ce qui faisait la force de ces Conjurés de Florence, tout ce qui émoustillait le lecteur dans la première partie du roman disparaît petit à petit et si, n’exagérons pas, la suite n’est pas mauvaise en soit, cela reste bien trop moyen et largement inférieur, et on va jusqu’au bout plus avec un certain dépit, au point que l’on puisse parler de déception, tout simplement.

Donc, indéniablement, Les conjurés de Florence ne peuvent que décevoir, et ce, surtout en raison d’une déception que je qualifierais de monumentale, au vu du postulat de départ et de la première partie, qui sincèrement, nous faisait parfois penser a ce fameux Nom de la rose. Du coup, ce qui aurait put être exceptionnel, ou du moins, très bon, s’en retrouve grandement déprécier au point que l’on peut parler d’œuvre un peu bancal au vu de sa construction et des différences d’intérêt une fois arriver environ a la moitié du roman. Bon, malgré cela, Les conjurés de Florence restent un agréable divertissement qui plaira probablement a certains, mais le lecteur exigeant que je suis en attendait bien plus.

Par contre, les éditions Folio SF ont eu la très bonne idée d’inclure à la fin de l’ouvrage une courte nouvelle du même auteur intitulé La tentation du docteur Stein, récit qui se déroule dans le même univers mais dix ans auparavant et qui, en mêlant le mythe du Golem et celui de la créature de Frankenstein réussit le tour de force de redonner le sourire au lecteur déçu par le récit principal. C’est court, c’est loin d’être original mais c’est du tout bon, croyez moi !

DES HOMMES ET DES DIEUX


DES HOMMES ET DES DIEUX

Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L'armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour… Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.

Forcement, ce film, Des hommes et des dieux, ne plaira pas a tout le monde ; ce n’est pas ce que l’on nomme communément une œuvre grand public, encore moins familiale, c’est un film assez spécial en soit, pas évidant d’accès et qui n’intéressera pas le plus grand nombre et qui déroutera pas mal de spectateurs qui, poussés par la curiosité de son succès critique et médiatique ainsi que par ses multiples récompenses, parfaitement méritées au demeurant, se seront décidés a franchir le pas, bien malgré eux. Car les choses doivent être dites comme elles le sont : Des hommes et des dieux est un film à part, une espèce d’ovni comme le cinéma en propose de plus en plus rarement, pour ne pas dire jamais, un film tout bonnement impossible selon les standards hollywoodiens, mais c’est aussi, et je pèse mes mots, un grand film, un très grand film. Pourtant, comme bien des chefs d’œuvres, que cela soit du cinéma, de la littérature ou de la musique par exemple, la plupart des gens qui l’auront vu, et apprécier a sa juste valeur ne reviendront pas dessus de si tôt, voir jamais ; oui, et j’en fais partie, je le dis sans honte aucune : je voulais le voir depuis longtemps, je l’ai vu, j’ai aimer, mais non, je ne le regarderais probablement plus jamais. Paradoxal ? Pas forcement.

Il aurait pourtant été facile de traiter le sujet de ces Hommes et des dieux d’une toute autre manière, bien plus conventionnelle comme le cinéma nous a habituer : prenez l’histoire de base, l’assassinat en 1996 de sept moines du Monastère de Tibhirine en Algérie par le GIA (enfin, selon la version officielle, après, rien n’est moins sur mais je vous donne rendez vous dans l’article suivant pour l’affaire a proprement parlée) ; moult réalisateurs nous auraient sortit un film sur le drame en lui-même, l’enlèvement, l’assassinat des moines, voir, auraient proposer leurs propres hypothèses sur les responsables… cela aurait été habituel disons, comme dans pas mal de reconstitutions de tel ou tel événement historique. De même, Des hommes et des Dieux aurait put avoir un rythme différent, plus, comment dire, cinématographique et d’ailleurs, il est amusant que j’écrive aujourd’hui deux critiques de films, celui sur l’assassinat des moines de Tibhirine donc, et Va, vis et deviens, précédemment, sur l’opération Moïse, tous deux avec un fond historique, mais traiter de manières fortement différentes ; car si, comme je vous le disait dans ma critique précédente, la forme de Va, vis et deviens est tout ce qui a de plus banal, c’est très loin d’être le cas dans Des hommes et des dieux. D’où, justement, cette difficulté a abordé cette œuvre pour bon nombre d’entre nous.

Car ici, le réalisateur a pris le parti, justifié et ma fois, fort bien trouver, de se contenter de suivre la vie de ces moines, des hommes simples, sans parti pris envers des forces qui les dépassent, les terroristes et l’armée algérienne, et qui n’ont pour seul créneau que leur foi, leur monastère et surtout les villageois qui dépendent d’eux et qu’ils ne souhaitent pas abandonner en ces temps difficiles. Et donc, du coup, le spectateur se surprend des le départ a devoir suivre la vie monacale de ces hommes, faite de travaux, de chants, de prières, de repas pris en commun, de discussions avec les villageois, musulmans eux et l’on passe, allègrement, sans but apparent, d’une scène ou le vieux médecin donne des conseils sur l’amour et le désir a une jeune algérienne ce qui peut paraître paradoxal pour le néophyte qui ne connaît le catholicisme que par le Pape, le Vatican et surtout, tous leurs interdits, choses a des années lumières de ce que peut être un curée de la campagne profonde, bien plus proche des préoccupations de ses ouailles, a une autre scène, où les moines sont invités a une fête chez leurs voisins tandis qu’en filigrane commence a planer l’ombre menaçante des extrémistes. Car le rapport saint et fraternel entre les deux religions, tel qu’il nous est présenter et sans aucune démonstration de grands sentiments comme on en voit dans d’autres productions est rapidement rattraper par l’histoire et le conflit algérien des années 90, et là, le film prend tout son intérêt et sa force car désormais, se pose la question : rester et mourir, ou partir ? Et, toujours sur le même rythme, le spectateur suit désormais les doutes et les espérances de ces hommes, leurs interrogations quant à ce qu’il faut faire, leurs craintes, leurs volontés, leur désir de rester neutre au beau milieu d’un horrible conflit qui finira par les emporter, comme chacun sait, en commençant par eux, bien évidement. Car assez rapidement, d’où les doutes de certains, ils ne se font guère d’illusions sur leur sort a plus ou moins brève échéance, ce qui donne des scènes très fortes, intenses car tous moines qu’ils sont, ce ne sont que des hommes. Le summum étant ce qui restera pour moi comme le point culminant du film, la séquence évoquant la Cène où la caméra, dans une émouvante série de travellings, dépeint le visage des moines dont l'émotion trahit le pressentiment d'une fin proche, lors d'un repas précédant leur enlèvement, qui sonne comme un repas d'adieu, le tout accompagnée par la musique du Lac des Cygnes, de Tchaïkovski ; tout simplement une scène inoubliable et d’une intensité rarement atteinte au cinéma. Alors, bien évidement, l’enlèvement surviendra, comme de convenu, mais de ce qui arriva véritablement a ces hommes, on n’en saura rien, a part, bien évidement, qu’ils sont morts, le propos du film étant tout autre.

Des hommes et des dieux fait parti de ces films inclassables qui nous rappellent que le cinéma, ce n’est pas que du grand spectacle, des lieux communs et un manque d’originalité habituel. Par un choix de réalisation fort et assumé, par des acteurs que je qualifierais sans peine de touchés par la grâce (bigre, je ne me serais jamais douter que Lambert Wilson puisse être aussi bon, impressionnant !), ainsi que pour toutes les raisons que j’ai put évoquer précédemment, il est indéniable que le cinéma français a la un très grand film. Alors oui il n’est pas facile d’accès, et oui, il ne fait pas parti de ces œuvres que l’on revoit en boucle sans se lasser, pas par manque d’intérêt, bien évidement, mais peut être par peur d’y replonger, tout simplement. Mais quoi qu’il en soit, un film a voir, au moins une fois dans sa vie…

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