lundi 31 janvier 2011

LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE SIX


LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE SIX
EPISODE DIX : LA TÊTE ARRIVE
EPILOGUE : LE GRAND NOCTURNE

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. George Spad a retrouvé Tola mais est aux prises avec l'homme élastique. L'armée des crânes intervient, tue l'homme élastique et s'empare de George et de la jeune femme. Pendant ce temps, La Brigade tente d'atteindre le QG du Docteur Mabuse.

Enfin, voilà venu le fameux dernier tome de La brigade chimérique, celui qui, de part sa conclusion a surement dut décevoir, pour ne pas dire désappointer bon nombre de lecteurs jusque là acquis à la cause de cette série et qui, sans aucun doute, attendaient autre chose de ce final a la fois surprenant, pour ce qui est du dixième épisode en particulier, mais si bien trouver, et surtout pour cet épilogue étonnant qui en aura dérouter plus d’un de part son jusqu’auboutisme. Pourtant, que l’on ne s’y trompe pas, une fois passé le choc initial de la chose, ce fut par ailleurs mon cas, il est indéniable que cette fin, qu’elle plaise ou non, est la meilleur possible, représente parfaitement l’idée initiale des auteurs et, de plus, s’inscrit parfaitement dans la logique entière de la série depuis ses débuts. Serge Lehman et Fabrice Colin souhaitaient, par le biais de cette série, nous expliquer pourquoi l’Europe ne possédait plus de super héros tandis qu’outre Atlantique, ceux-ci étaient légions, et sur ce point, inutile d’attendre la conclusion pour vous dire qu’ils ont parfaitement réussis leur but. Certes, cela peut dérouter de prime abord, pourtant, cette explication est tout simplement si parfaite, si logique, que oui, mille fois oui, La brigade chimérique ne pouvait aucunement s’achever d’une autre manière.

Et là, ce pose un problème majeur selon moi pour l’écriture et la compréhension de cette critique : je suis obliger, chose que je ne fais quasiment jamais, de dévoiler une bonne partie de l’intrigue de ce sixième tome. J’ai beau eu essayé de faire outre, de taire ce final et de me contenter de quelques considérations mais cela me paraissait impossible, ou, du moins, je n’ai pas la talent narratif pour le faire. Ainsi, a ceux qui liraient par hasard cet article et qui n’auraient pas encore lu ce dernier tome, je leurs conseille de ne pas aller plus loin et de revenir par la suite, quant aux autres, les connaisseurs, cela n’a, bien entendu, pas grande importance puisque nous sommes là, justement, entre connaisseurs.

Désappointer ? Déçu ? Non, pas le moins du monde, disons plutôt perplexe, voir choqué par les deux derniers épisodes de La brigade chimérique. Personnellement, je ne pense pas que ceux-ci aient put laisser quelqu’un complètement indifférent, que cela soit parce que tous ceux qui s’attendaient a un ultime combat final entre l’ensemble des super héros européens en auront eu pour leur argent, de même, l’épilogue, tant dans sa construction que pour son coté narratif, et par ailleurs, assez désappointant de prime abord, risquera de laisser dubitatif, pour ne pas dire déçu bon nombre de lecteurs. Par ailleurs, j’aurais moi aussi quelque chose a redire sur celui-ci, je le trouve beaucoup trop court, mais bon, les auteurs ayant souhaité s’en tenir aux six tomes initiaux et promis a la base, il faudra faire avec ce que l’on a. Mais je vous disais plus haut que cette fin, donc, était non seulement la meilleure mais aussi la plus logique, par ailleurs, la seule possible. En effet, au vu de tout ce que l’on a put lire jusque là, au vu de tous les indices disséminés ici de là depuis le premier tome, au vu, ne l’oublions pas, élément plus que primordial, qu’en fait, les super héros, contrairement a ce que l’on pouvait penser jusque là, avaient bel et bien exister de part le passé sur le continent européen, sauf que, ce que j’appellerais l’inconscient collectif les a tout bonnement occultés, oui, forcement, cette fin est la seule possible. Certains pourront râler, trouver que les auteurs on été un peu trop loin dans leur idée, et pourtant, que pouvaient ils faire d’autre ? Comment expliquer autrement qu’un continent entier, que dis-je, le monde entier ait oublié un pan de son passé ?

Mais avant d’arriver a cette conclusion, comment ne pas s’attarder un instant sur ce qui restera comme l’un des grands moments de la saga : le combat final entre la brigade chimérique et son équivalent allemand, le Gang M, celui-ci amputé par ailleurs d’un membre ? En toute sincérité, des affrontements entre individus dotés de super pouvoirs, cela fait près de trente ans que j’en ai vu et revu, mais franchement, il aura fallut une BD française, qui au demeurant, n’aura pas atteint des ventes extraordinaires si on compare aux véritables bestseller et qui est surtout connue par le biais d’un cercle, du coup forcement restreint, de passionnés, pour qu’enfin, je sois a la fois époustouflé par le combat en lui-même, et surpris par son issue et surtout, comment celle-ci est survenue, et pourtant, je suis ce que l’on appelle un vieux routard du comics super héroïque. Car que l’on ne se trompe pas, l’élément surprenant, ce n’est pas tant que la brigade chimérique perdre face au Gang M, ce qui, par ailleurs, est déjà rare en soit dans ce genre de récits, non, c’est la façon qui a amener leur défaite qui est tout simplement grandiose : intrinsèquement, ils sont supérieurs, et de loin et l’issue du combat ne fait aucun doute, seulement, uniquement par la force de la parole du Docteur Mabuse, par sa persuasion, par son discours, la brigade se déchire, certains de ses éléments plus va-t-en-guerre se rebellent contre l’autorité du Soldat Inconnu, reconnu comme faible, nuisible, donc transformer en cafard, le tuent, et c’en est finie de la légendaire brigade a la grande surprise du lecteur. Et là, il faut savoir regarder au-delà des apparences car la métaphore est tout simplement géniale : ce groupe de super héros apparemment invincible, c’est la France, les démocraties en gros, et en face, la parole de Mabuse, c’est la propagande nazie. Mais elle aurait put être communiste, car en fait, par le biais de ce combat, les auteurs ont souhaité nous montrer l’état des forces en présence a l’orée de la seconde guerre mondiale : face aux divers totalitarismes, les démocraties, dont le ver est dans le fruit depuis longtemps, ne peuvent lutter, s’affaiblissent, et s’effondrent. Que cela soit par le comportement du Nyctalope qui finis sur les rotules, en roue libre, se parlant a lui-même sur ses eternels regrets mais qui, a aucun moment, n’agit et qui représente bien l’ancienne France, elle qui était si forte, l’ancien rempart de 14-18 mais qui s’apprête a s’effondrer devant les forces allemandes, où la trahison de Sérum, par exemple, qui annonce quelque part la collaboration a venir, il est indéniable que La brigade chimérique n’est pas une simple bande dessinée, que ce combat final n’est pas un simple affrontement entre guignols costumés et que l’ensemble, des premières pages du prologue aux dernières de l’épilogue sont a regarder d’un jour nouveau.

Et alors, pour ce qui est de l’épilogue, tandis que George Spad se retrouve déportée à Auschwitz, la fameuse tête de l’anti-être, au milieu de centaines de milliers de juifs, sa disparition annonce en fait, elle qui était feuilletoniste, bref, qui mettais en scène les aventures et les divers exploits des divers héros de la superscience, la fin de tout un monde ; sans écrivains pour narrer leurs aventures, ceux-ci vont bien évidement tomber entièrement dans l’oublie, comme ce fut le cas du Nyctalope qui au fil des tomes n’aura chercher, alors que le monde sombrait dans le chaos, que quelqu’un digne de lui écrire ses mémoires, bref, de le rendre, par ce fait, immortel, et qui aura finalement échoué, a son grand désespoir et ce, contrairement a des figures comme Holmes ou Fantomas. Mais cet oubli, définitif, n’est pas que la conséquence de la disparition des écrivains, élément important mais qui a lui seul n’aurait pas suffit : les super héros eux-mêmes quittent le vieux continent, suivant ainsi les traces du Passe Murailles dans le tome un, pour rejoindre le nouveau monde et plus particulièrement les Etats-Unis ; terre de prédilection des lors du monde super héroïque et par ailleurs, le personnage que l’on voit le plus lors de cet épilogue est Superman, enfin, Mr Steele, symbole absolu de ce que sera le genre pour les décennies a venir. Et tandis que les super héros partent, que leur plus ancien représentant, le fameux et célèbre Golem, dernière créature magique quitte aussi l’Europe, amenant avec lui ce qui reste de la superscience, entrainant de fait la fin de celle-ci dans nos vertes contrées, les auteurs, par le biais d’un clin d’œil comme les apparitions de Francis Blake et de Bob Morane, mais surtout par celle du Partisan, le héros sans pouvoirs, nous montrent le passage de témoin entre le surhomme et le héros humain, qui peuplera désormais littérature populaire et bande-dessinées européenne (sauf en Grande Bretagne histoire de nous rappeler les futures auteurs de comics d’outre manche). Et tandis que Mabuse et les autres membres du Gang M se refondent pour qu’Adolf Hitler puisse mener la guerre à venir qui sera, sans superscience désormais disparue, conventionnelle, que le Docteur Severac disparaît dans les limbes sans possibilité apparemment de revenir et que George Spad s’en va mourir avec les déportés juifs, Steele amène le Golem et les super héros européens aux USA, autre passage de témoins, le continent américain devenant, maintenant que l’Europe ayant perdu, de part ses décennies a s’entredéchirer, quelque part, son droit a l’imaginaire, et, surtout, sa volonté de créer et de se reconnaître dans des héros, celui-ci étant désormais infréquentable car dévoyé par la thématique du surhomme et la théorie suprématiste de la race aryenne.

Incontestablement, et même si une seconde lecture de l’intégralité de l’œuvre me semble nécessaire pour mieux en apprécier toute la valeur intrinsèque, il est évidant que La brigade chimérique est probablement l’une des bande dessinées les plus importantes de ces dernières années. Et là, ce n’est pas que sa qualité en tant qu’œuvre, le superbe travail de ses auteurs, de ses artistes, non, j’irais même au delà, disons le tout net : cette BD s’avérait nécessaire. Tout d’abord, elle répond a une question que tout amateur de comics a put se poser un jour, quid des européens (si l’on excepte les anglais bien entendu) dans l’histoire des super héros, ensuite pour le formidable travail de recherche des auteurs qui ont ramener des limbes de l’oublie, tout un tas de personnages fascinants que notre histoire, notre inconscients collectif avait tout bonnement oublier, et pour finir, pour la simple et bonne raison que quelque part, La brigade chimérique n’est pas une fin en soit, c’est une série qui pourrait nous réconcilier avec un genre qui n’a pas a être cloisonner outre atlantique ; la boucle étant bouclée, l’individu européen en tant que tel est il prêt a assumer son antique passion pour le personnage super héroïque comme ce fut le cas tout au long de son histoire ? Certes, rien n’est moins sur et c’est très loin d’être gagner. Mais quoi qu’il en soit, La brigade chimérique nous a prouvé que ce n’est pas forcement impossible, comme nous le laisse supposer la dernière image de l’œuvre, cette fameuse chambre ardente perdue dans l’herbe, quelque part au beau milieu des montagnes autrichiennes. Un espoir tenu d’un retour de Severac ? L’avenir nous le dira…

dimanche 30 janvier 2011

LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE CINQ


LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE CINQ
EPISODE HUIT : LE CLUB DE L’HYPERMONDE
EPISODE NEUF: TOLA

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. Jean Severac, George Spad et Irène tentent de décoder les derniers mots de Gregor Samsa. Ne pouvant les résoudre, ils font appel au club de l'hypermonde. Celui-ci abrite des feuilletonistes en activité. Ils transcrivent les histoires de leurs personnages. Pendant ce temps, le gang M et les Mécanoïdes de « Nous autres » surplombent Varsovie.

Cinquième et avant dernier volume de la saga super héroïque européenne de Fabrice Colin, Serge Lehman et Stéphane Gess, ce nouveau chapitre de la désormais culte Brigade chimérique m’aura, si l’on me pardonne l’expression et le langage un peu, comment dire, cru, tout bonnement laissé sur le cul ! Et oui, rien que ça. Mais disons qu’arrivé a ce stade de la série, les qualificatifs commencent sérieusement a me manquer pour la décrire ; la qualité est toujours élevée, je ne pense que le plus grand bien de cette bande dessinée et je pourrais, en toute sincérité, vous sortir des pages et des pages de louanges parfaitement assumées et justifiées de mon point de vu. Mais le pire, c’est que, après trois premiers tomes tout simplement parfaits et un quatrième qui m’avait un peu laissé dubitatif au départ avant que je n’en reconnaisse toute la valeur, voilà que débarque le cinquième et que des le premier de ses deux habituels épisodes qui composent chaque volume, j’ai dut revoir quasiment tout ce que je pensais au sujet de cette série, par le biais d’une révélation qui a agit comme un véritable coup de tonnerre, qui m’a pris complètement par surprise mais qui, a y regarder de plus prêt, est la plus logique du monde et était plus ou moins annoncé par le biais d’indices pas franchement flagrants a la base mais qui après coup s’éclaircissent. Bien évidement, comme cela arrive avec certaines œuvres (et là, on dépasse allégrement la simple catégorie de la bande dessinée), La brigade chimérique fait partie de ces créations qui méritent, pour en tirer toute la quintessence, une deuxième lecture. Cela sera chose faite des que j’en aurais finis avec le dernier volume, et là, fort d’une vision globale de l’intégralité de la saga, je pourrais me faire un jugement définitif, mais en attendant, Dieu que c’est bon !!!

Ce n’est bien évidement pas la première fois que dans cette série, l’on a droit a des révélations, il suffirait pour cela de repenser a tout ce qui avait trait aux mystères entourant le lien entre le Docteur Severac et les quatre entités composants la brigade chimérique et dont le point le point d’orgue avait été le troisième tome. Mais même si cela fut un moment important dans l’intrigue de la saga, comment ne pas faire de ce cinquième et avant dernier tome celui des révélations ? Car je m’explique, assez rapidement, on avait compris les liens entre Severac et la Brigade, restait juste à savoir le pourquoi du comment et quelques détails annexe en gros ; alors que là, la révélation du huitième épisode, intitulé Le club de l’Hypermonde, nous prend complètement par surprise, et sincèrement, bien malin celui qui s’en serait douté avant coup. Personnellement, ce ne fut pas mon cas, et si ensuite, j’ai put repenser a certains indices, certaines paroles énigmatiques plus ou moins tendancieux, je dois reconnaître que l’effet de surprise fut tout bonnement excellent. Mais plus que cela, c’est que, grande force des auteurs une fois de plus, celui-ci n’est pas juste un simple effet narratif réussi, non, bien au contraire, cette fameuse révélation, fracassante de part ses implications, vient sublimer un synopsis déjà excellent jusque là et, accessoirement, nous faire perdre quelques certitudes que l’on pouvait avoir sur certains des protagonistes les plus importants. Franchement, chapeau bas a Fabrice Colin et Serge Lehman.

Alors du coup, le neuvième épisode, Tola, apparaît un peu en retrait vis-à-vis de son prédécesseur, ce qui peut se comprendre au vu de ce que l’on venait tout juste d’apprendre dans celui-ci mais qui est, au demeurant, un peu injuste selon moi. Tout d’abord, saluons une grande scène que je pourrais presque qualifier d’anthologique du Nyctalope, décidément l’un des protagonistes les plus intéressants de cette série ; sincèrement, lorsque j’ai commencé à lire La brigade chimérique, je n’attendais pas des masses de ce type a moitié chauve avec du bide et qui, physiquement s’entends, ne pouvait pas franchement être qualifié de charismatique ; or, au fil des épisodes, le Nyctalope, de part son coté égocentrique, son désir presque égoïste de ne penser qu’a sa fameuse biographie, afin d’avoir sa place au panthéon des plus grands, bref, ce fameux protecteur autoproclamé de Paris, la ville lumière (pas mal pour un type qui, justement, vois dans l’obscurité), de part ses nombreux défauts est apparu bien plus intéressant que bien d’autres protagonistes, plus conventionnels eux. Bref, de mon point de vu, une excellente surprise, et je tenais à le dire (hum, a le redire). Mais pour en revenir a ce neuvième épisode a proprement parler, lui aussi a son lot de révélations et cette fois ci, c’est du coté de la délicieuse « garçonne » George Spad que l’on se tourne et on en saura beaucoup plus sur elle, ainsi que sur l’explication d’une fameuse affiche que l’on pouvait apercevoir dans son appartement dans l’épisode précédant (pour les plus observateurs, bien entendu). Alors, bien entendu, le rythme de cet épisode est un peu plus lent que d’habitude, la « faute » (même si c’est un bien grand mot) au fameux flash-back de George Spad, surtout que, le lecteur attendant avec impatience l’affrontement final, et accessoirement, la fameuse fin des super héros européens que l’on nous promet depuis le début de la série, il se pourraient que certains, du coup, ne l’apprécie pas, or, il n’en reste pas moins indispensable pour la compréhension de l’ensemble, de part ses révélations, mais aussi d’un point de vu narratif.

Bref, inutile de tourner encore autour du pot, oui, vous l’avez compris, mon avis quant a la valeur de La brigade chimérique n’a pas changer d’un iota. Disons même que plus on avance dans la saga et plus mon enthousiasme augmente, atteignant des sommets rarement atteints depuis belle lurette et me faisant dire que, décidément, cette série est un cas très sérieux dans l’univers de la bande dessinée française… Aurais-je déjà trouvé ma BD de l’année 2011 en janvier ? Hum…

samedi 29 janvier 2011

LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE QUATRE


LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE QUATRE
EPISODE SIX : POLITIQUE INTERNATIONALE
EPISODE SEPT: H – A – V – RUSSE

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. Le Nyctalope et l’Accélérateur sont en visite en Russie, pour rencontrer le Grand Frère, mais « Nous Autres » retarde chaque jour l’entrevue stratégique. À Paris, Irène Joliot-Curie persuade Jean Séverac de profiter de l’absence de Saint-Clair pour mener un raid dans son QG de Montmartre afin de délivrer Gregor Samsa, le Cafard, que le protecteur de Paris retient prisonnier. Quant à Félifax, l’homme-tigre, il effectue pour le Conseil une mission de reconnaissance à Metropolis, d’où le Docteur Mabuse manigance de maléfiques projets...

Assez curieusement, ma première impression après avoir lu ce quatrième volume de La brigade chimérique ne fut pas des plus positifs ; certes, j’avais bien aimé les deux nouveaux épisodes proposés mais je n’avais pas retrouvé le même enthousiasme que précédemment. Déception ? Je n’en étais pas encore là mais ce qui était sur, c’est que je me posais pas mal de questions quant a la valeur de ce volume. Pourtant, au fil des heures et de mes interrogations, forcement légitimes, j’ai commencer a changer d’avis, a regarder au delà de mes sentiments premiers et a rechercher la qualité là où elle était, car que l’on ne se trompe pas, celle-ci n’avait pas le moins du monde disparue. Et là, après une bonne nuit de sommeil, j’ai commencé à y voir plus clair : oui, le quatrième tome de La brigade chimérique est tout aussi bon que ses prédécesseurs, et si j’ai put a un moment donné en douter, c’est parce qu’il est différent, tout simplement.

En fait, comme cela est souvent le cas, tout est une affaire de gouts. La où certains auraient put se morfondre devant le manque d’action et d’avancée dans le scénario, selon eux, pendant les trois premiers tomes de la série, pour moi, ce fut un bonheur presque total : j’aime lorsque les choses prennent leur temps, que l’on s’attarde sur tel élément, que l’on avance ces pions petits a petits et que l’intrigue et les révélations qui en découlent ne soient pas apportées tout de suite sur un plateau. Ainsi, que les auteurs aient pris la peine de s’étaler sur une bonne moitié de leur série pour, premièrement, présenter les personnages, l’univers, puis nous éclaircir quant au pourquoi du comment du lien entre le Docteur Severac et la Brigade chimérique ne me gêna pas le moins du monde, bien au contraire. Le problème, c’est que m’étant en quelque sorte habitué a ce rythme de sénateur, ce tome quatre, forcement, d’un tout autre style me déconcerta au départ. D’où ma première impression, pas franchement positive, et mes interrogations. Or, après coup, ce changement de cap, cette entrée de plein pied dans le nœud du problème, c'est-à-dire la politique internationale de l’époque, le jeu des alliances et, surtout, un processus narratif bien plus axé sur l’action était, premièrement, parfaitement justifiable, deuxièmement, oui, un véritable petit régal.

La brigade chimérique est avant tout une Uchronie, que l’on ne s’y trompe pas. Donc, du coup, ce monde à la fois différent et proche du notre nous interpellera de diverses façons mais ce qui est sur, c’est que du point de vu des alliances entre les différents partis au pouvoir, les auteurs ne se sont pas éloignés d’un iota de ce qui a put se passer avant guerre ; du coup, a moins d’être une bille totale en histoire, je pense que chaque lecteur de cette bande dessinée connait un temps soit peu la situation des nations européennes avant guerre : puissantes dictatures fascistes et communistes d’un coté avec les faibles démocraties au beau milieu. Mais que l’on ne s’y trompe pas, certes, il n’y aura pas d’élément de surprise au sens propre du terme, par exemple quant au sort des populations juives ou pour ce qui est des alliances mêmes les plus improbables du point de vu idéologique de l’époque. Mais là où les auteurs font très fort, et cela est un atout non négligeable pour la valeur de cette série, c’est de réussir ce superbe numéro de haute voltige entre le réel et l’imaginaire, d’utiliser les événements du passé tout en les modifiants et du coup, réussir à surprendre le lecteur de la plus superbe des façons. Et puis, ne nous voilons pas la face, on l’attendait ce moment, depuis le prologue pour être plus précis où tous les super héros européens étaient réunis dans la ville de Metropolis ; depuis lors, on s’était attardé sur les mystères liés au Docteur Severac, et si celui-ci n’a pas disparut de l’intrigue, indéniablement, ce tome quatre est plus axé sur les liens entre les divers protagonistes, leurs alliances, bref, la politique internationale qui annonce le conflit à venir. Et là aussi, le jeu en vaut la chandelle car la personnalité de certains se dévoile, tandis que pour d’autres, ce que l’on se doutait se justifie : en particulier le fameux Nyctalope, assez étrange et qui apparaissait assez imbu de sa personne jusque là mais dont on va se rendre compte a quel point son égocentrisme est important. D’ailleurs, paraissant peu charismatique de part son apparence au départ, ce personnage mérite le détour est se trouve, selon moi, être l’un des plus intéressants du point de vu psychologique ce qui en fait une agréable surprise. De même, je suis vraiment curieux de voir quels secrets cache la mystérieuse George Spad avec ses crises spectaculaires d’écriture automatique.

Bref, malgré une première impression pas franchement enthousiasmante, ce quatrième volume de La brigade chimérique s’avère être aussi bon que ses prédécesseurs. Certes, il est différent, mais cette fois ci, on commence à rentrer dans l’action a proprement parler et les auteurs ont fait un tel travail sur la psychologie des protagonistes ainsi que sur la crédibilité de leur univers qu’une fois de plus, je ne pourrais que redire pour la énième fois : cette BD est superbe ! Tenez, juste une petite pierre a l’édifice de tout ce que l’on peut trouver de positif à La brigade chimérique : la petite scène du début, qui se déroule a Moscou, avec ce super vilain a l’apparence peut être ridicule mais qui représente si bien le grand capital comme les caricatures le représentait a l’époque : un type en costume de banquier avec une tête de pieuvre ; ridicule ? Oh que non. Et puis en face, cette idéologie de « Nous autres » où la multitude prime sur l’individu, tellement bien représentative de ce que pouvait être l’URSS sous Staline. Franchement, un must, quand je vous dit que cette BD est un véritable petit bijoux !

vendredi 28 janvier 2011

LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE TROIS


LA BRIGADE CHIMÉRIQUE : LIVRE TROIS
EPISODE QUATRE : L’HOMME CASSÉ
EPISODE CINQ : BON ANNIVERSAIRE DR SEVERAC !

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. À l’Est, le Docteur Mabuse impose peu à peu son règne de terreur, sous couvert de progrès scientifiques. À Paris, un homme aux pouvoirs mystérieux enquête sur sa vraie nature, aidé en cela par les époux Joliot-Curie. Il va découvrir qu’il porte en lui la Brigade chimérique, légendaire protectrice de la France, qui va devoir reprendre du service.

Ah ! Ah ! Enfin, l’attente aura été longue mais je l’ai finalement acquise l’intégralité de cette superbe saga qu’est La brigade chimérique ! La paye tombe, direction La Fnac et hop, je sors la carte bleue ! Oui bon, en fait, j’exagère un petit peu, probablement mes origines latines qui reviennent en force, car pour ce qui est de l’attente, celle-ci pourra se quantifier a… hum, disons environ deux semaines. Vous voyez, ca ne fait pas grand-chose. Et pourtant. Oui, ces quelques jours m’auront paru de longs mois, des années, presque des siècles tant ma hâte de découvrir la suite de la série était intense. Et oui, je suis ainsi, on dirait presque un enfant qui n’en peux plus d’attendre le jour de Noël pour enfin avoir ses cadeaux (et s’apercevoir avec désespoir que ce fichu Père Noël ne lui a pas offert ce qu’il avait demandé), mais bon, je l’assume totalement, et puis, quelque part, a ma décharge, disons que si une bande dessinée méritait un tel enthousiasme, c’était bel et bien La brigade chimérique, probablement l’une des œuvres les plus intéressantes, rafraîchissantes et captivantes de ces derniers mois !

Voilà donc le troisième tome de la saga de Serge Lehman et Fabrice Colin, composé des épisodes quatre et cinq de la série, et sincèrement, tout ce que j’ai put dire précédemment est, non seulement toujours valable une fois de plus, mais l’intérêt de l’histoire, déjà fortement élevé s’en trouve sublimé, ce qui était une gageure a la base. Arrivé là, je ne peux m’empêcher de me poser la question suivante : suis-je vraiment objectif ? Sincèrement, je sais pertinemment que j’ai bien souvent tendance à m’emballer un peu trop rapidement, quitte a, le temps aidant, revenir un peu sur mon jugement premier. Pourtant, dans le cas présent, je ne pense pas me tromper avec cette BD ; le coté comics, même si celui-ci ne m’attire plus comme cela put l’être autrefois n’est pas un élément négligeable, ensuite, et détail essentiel a la saga, le fait que l’intrigue se déroule en Europe, a une période historique que je connais assez bien et qui m’attire depuis longtemps est un autre bon point, et comme en plus, le fait d’utiliser a la fois des personnages réels et d’autres issus du folklore du vieux continent, même si depuis tomber dans un oubli total, mais tout de même intriguant, ne peut être écarté de l’intérêt que je peut porter a la série. En fait, tous ces éléments, je les aime, et quelque part, comme a put le dire dans diverses interviews Serge Lehman, cette fameuse question – que sont devenus les super héros européens – me trottait dans la tête depuis des années et méritait qu’un jour, quelqu’un s’y attelle. D’où mon enthousiasme pour La brigade chimérique des que j’ai su de quoi il en retournait, ainsi que mon empressement quasi enfantin à me procurer la série rapidement (en temps normal, il m’arrive de me maitriser quand même), et comme, élément le plus important, la qualité est en rendez vous, et pas qu’un peu, alors oui, pour répondre a mon interrogation précédente, je pense être objectif, peut être pas a cent pour cent, mais suffisamment en tout cas pour juger cette série.

Je disais un peu plus haut que ce troisième tome venait sublimer ses prédécesseurs, pourquoi donc ? Tout simplement parce que, après nous avoir laissé, a l’issu du deuxième volume, suspendu a un Docteur Severac qui se souvenait enfin de tout, le lecteur, forcement, n’attendait qu’une seule chose : des explications quand a cette fameuse Brigade que l’on surnomme chimérique. Et des réponses, on va en avoir, à foisons qui plus est. En fait, les deux épisodes proposés, L’homme cassé et Bon anniversaire Dr Severac ne servent qu’à ca : éclaircir le mystère qui lie Severac aux quatre entités qui composent la Brigade, bien entendu, mais aussi, nous en apprendre plus sur les agissements de Marie Curie avec celui-ci, sans oublier de commencer à donner quelques réponses aux interrogations que l’on pouvait avoir vis-à-vis de personnages comme George Spad, par exemple, et leurs motivations réelles. Mais rassurez vous, tout n’est pas expliquer, il reste encore quelques zones d’ombre, comme il fallait s’y attendre, mais quoi qu’il en soit, désormais, on va finalement entrer dans le vif du sujet : les trois premiers volumes tendaient vers ce but, mettre les protagonistes en scène, les motivations de chacun, et relancer la Brigade chimérique, de retour une bonne fois pour toutes. Désormais, il reste trois tomes pour la suite ; un combat entre les « bons » (quoi qu’il y a beaucoup à redire quant au comportement de pas mal d’entre eux) et les méchants personnifiés par le Docteur Mabuse ? Et surtout, en venir au fait : pourquoi n’y a-t-il plus de super héros européens ?

Arrivé à ce stade de la série, je pourrais presque me dire que La brigade chimérique est presque composée de deux cycles, dont le premier viendrait de s’achever. Bien évidement, il faut que je lise l’ensemble pour me faire une idée plus juste mais quoi qu’il en soit, une fois de plus devrais-je ajouter, je suis stupéfait par la valeur intrinsèque de cette bande dessinée. En toute sincérité, ce n’est pas tous les jours qu’une œuvre me procure autant de satisfaction et je ne me lasse pas de le dire et le redire. Valant surtout pour ses nombreuses révélations et les interrogations sous adjacentes qui y sont liées (bigre, on en vient a Jung et rien que cette idée me plait !), ce troisième tome des Brigades chimériques m’aura également rappelé, surtout dans l’épisode cinq, Bon anniversaire Dr Severac, lors du combat contre l’entité extraterrestre, ce qu’est un bon comics : forcement héroïque, a la fois simple et compliquer, des personnages charismatiques en diable et une intrigue à couper le souffle. Bref, ces quelques pages, m’ont replongé un moment des décennies en arrière, quand je dévorais encore quotidiennement des comics US et que parfois, au milieu de la masse souvent insipide, il y avait de sacrées bonnes histoires qui méritaient le détour.

BEFORE AND AFTER SCIENCE


BEFORE AND AFTER SCIENCE

Brian Eno (1977)

1 - No One Receiving (Eno) 3:51
2 – Backwater (Eno) 3:43
3 - Kurt's Rejoinder (Eno) 2:53
4 - Energy Fools the Magician (Eno) 2:05
5 - King's Lead Hat (Eno) 3:53
6 - Here He Comes (Eno) 5:40
7 - Julie With... (Eno) 6:20
8 - By This River (Eno, Roedelius, Moebius) 3:03
9 - Through Hollow Lands (Eno) 3:03
10 - Spider and I (Eno) 4:08

Ah, Brian Eno, il me semblait naturel, au vu de ce que j’écoutais ces derniers temps (Bowie, Talking Heads etc.), que je ne traine pas trop a revenir vers l’un de mes musiciens préférés et plus précisément, vers cet album, probablement son meilleur, Before and After Science. Personnellement, j’entretiens depuis une bonne quinzaine d’années, avec ce très cher Eno, une formidable histoire d’amour, enfin, pas vraiment dans le sens physique du terme puisque, n’étant pas gay, celui-ci ne m’a jamais franchement attiré et même si je l’étais, et bien, comment dire, vu que je ne l’ai jamais rencontré… enfin bon, je divague et commence a perdre le fil. Bref, cette histoire d’amour était, comme cela peut être le cas avec Bowie, les Beatles, Neil Young et tant d’autres, avant tout une histoire musicale, une passion inconditionnelle pour un artiste qui ne m’a jamais laisser indifférent, et ce, dans le bon sens du terme. En effet, que cela soit de ses tous débuts avec Roxy Music, où Brian, qui se faisait alors seulement appeler Eno, jouait les apprentis sorciers sonores et préférait chanter du fond de la salle, a sa carrière solo ainsi que ces multiples collaborations avec, excusez du peu, quelques pointures comme David Bowie, bien entendu, Robert Fripp, John Cale, Nico, les Talking Heads, U2 etc. etc. etc. (désolé pour ceux que j’oublie, la liste est trop longue), j’ai toujours apprécier, que dis-je, adoré ces multiples productions au fil du temps. Car du talent, le sieur Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (ouf !) en possède a revendre, pour lui, pour les autres, ainsi que cette volonté d’aller toujours plus loin, d’expérimenter de nouvelles choses, de franchir les frontières sonores là où tant d’autres se contentent de répéter en boucle la même rengaine pendant toute une carrière, bref, d’apporter au monde de la musique de nouvelles choses, de nouveaux sons ; pas tout seul, bien évidement, mais que Brian Eno fut une figure cruciale du paysage musical depuis les années 70 est un fait que personne ne peut nier en toute objectivité. Pourtant, qui le connaît aujourd’hui ? Franchement, à moins d’être fan ou spécialiste, pas grand monde ; d’ailleurs, était-il véritablement célèbre dans les années 70 ? Allons, pas plus que ca. Toujours cette histoire de préférer chanter du fond de la salle ? Un peu de ca, toujours…

Ainsi donc, ne nous leurrons pas, ce Before and After Science, paru en 1977, ne connu pas un grand succès commercial, mais cela importe peu au final : après tout, dans un monde où des trucs comme La fête au village, Jordy ou maintenant René la taupe trustent les premières places des charts pendant des semaines, il est normal de chercher les perles ailleurs. Et accessoirement, ce cinquième album en solo de Brian Eno en est une, incontestablement. Si ses précédentes œuvres m’avaient déjà enchanté et étaient déjà d’excellente factures, et si la suite sera bien différente (l’ambiant avant tout), avec Before and After Science, Eno nous offre là son disque le plus abouti, où rien n’est à jeter, parfait de bout en bout (chose si rare dans les albums quels qu’ils soient, il faut bien le reconnaitre) mais qui le verra également quitter définitivement les chansons pop pour se consacrer, soit à la production, soit, comme dit précédemment, a l’ambiant. Tournant majeur donc dans sa carrière, ce Before and After Science fut enregistrer au même moment que la fameuse trilogie berlinoise qu’il produisit avec David Bowie, et même dans la structure de l’album, on ne peut s’empêcher d’y voir des point communs avec Low et Heroes : une première face franchement pop, la seconde plus calme. Mais n’y voyons pas là une vulgaire inspiration de son travail avec le mince Duc blanc mais plus comme un condensé de ce qui fut sa carrière jusque là et, bien entendu, ce que sera son évolution future. D’ailleurs, sur ce point, je trouve assez dommageable que Brian Eno ne soit plus revenu depuis a la pop (enfin, a sa façon) et ne chante quasiment plus : personnellement, j’ai toujours trouvé que celui-ci, que cela soit avec Roxy Music, puis bien sur en solo et dans ses diverses collaborations surtout dans les chœurs, avait une voix qui passait bien, que je trouvais intéressante et qui, de mon point de vu, en valait bien beaucoup d’autres prétendus chanteurs. Mais bon, cela restera comme un regret personnel.

Mais ce Before and After Science alors ? Car je parle, je parle et je ne rentre pas dans le vif du sujet ! Tout d’abord, une chose est à signaler : l’indéniable fait que Brian Eno a la chic pour savoir s’entourer de la crème des musiciens du moment, que cela soit les habituels Robert Fripp, Manzarena ou Phil Collins (heureusement cantonné a la batterie) mais aussi divers membres de groupes expérimentaux allemands, Before and After Science est un savant concentré de talents comme on en trouve rarement, et qui n’est pas pour rien dans la qualité finale de l’ensemble. Mais les chansons, que valent-elles ? No One Receiving explique Eno en guise d’introduction mondialiste para-africaine qui lorgne déjà vers ce que sera sa collaboration avec les Talking Heads, ce qui sera encore plus évidant avec ce superbe morceau qu’est King's Lead Hat, véritable concorde de dissonances crépitantes avec son vieux compère de Roxy Music, Phil Manzarena, et dont le nom n’est rien d’autre que l’anagramme de Talking Heads qui sortirent leur premier album quelques mois auparavant ; car si No One Receiving fait un peu figure de morceau pop teinté de funk, le plus endiablé King’s Lead Hat, lorgne carrément vers les terres du funk blanc, et verra Eno copier les gimmicks vocaux de David Byrne, et notamment son fameux phrasé hoquetant et haché. L’imitation étant d’ailleurs impressionnante de ressemblance ! Mais comment ne pas parler également de l’hymne pop de l’album, l’entrainant Backwater avec ses nappes synthétiques qui préfigure la new-wave à venir ou de l’instrumental, bien trop court hélas, Energy Fools the Magician ? Mais si la face A est de prime qualité et ne me lasse jamais après tant et tant d’écoutes, c’est la B qui marquera le plus les esprits et qui fera rentrer définitivement cet album dans la légende : entre un Here He Comes a la mélodie parfaite faisant rappeler les Beatles, le contemplatif Spider And I , sans doute l’une des plus belle chanson de cet album (et de la carrière d’Eno !) dans laquelle les paroles fusionnent à merveille avec la musique, By This River où la délicatesse et la sensibilité sont érigées en art majeur, mais aussi le superbe Julie With... qui touche du doigt la solitude de l’homme postmoderne avec une délicatesse infinie, c’est comme si Brian Eno savait par avance que le mirage communicationnel annoncé se retirerait pour laisser la place a un monde ravagé par l’angoisse, la dépression et le sida. Oui, le rêve est fini depuis longtemps et les années 80 seront là pour le rappeler, quant à Eno, il sera toujours temps pour lui de s’occuper des BO des salles d’attente des dentistes, des aéroports, des lofts de Tokyo et des couloirs d’hôpitaux la nuit. Mais ceci est une autre histoire…

3 bougies pour mon blog!


Trois ans ! Le Journal de Feanor a trois ans ! Et ben, comme le temps passe vite ; certes, désormais, je n’en suis plus a me dire que j’avais l’impression que c’était tout juste hier que je me lançais dans cette grande aventure qu’était la création d’un blog (le temps qui passe attenue pas mal les choses) mais quoi qu’il en soit, trois années, c’est a la fois beaucoup et peu : beaucoup parce que bon, comment dire, trente six mois, ce n’est pas rien, et peu car que représente cette durée dans une vie ? Pas grand-chose, j’en conviens. Pourtant, je dois avouer que j’éprouve une certaine fierté à ce que mon blog atteigne cette date et entre alors, de plein pied, dans sa quatrième année. Sincèrement, et je pense que ce n’est pas la première fois que je le dit (que dis-je, je suis même sur !), je n’aurais jamais cru, lorsque j’ai débuté Le Journal de Feanor, que celui-ci dure aussi longtemps. Commencer alors que j’étais alors en instance de départ de mon précédant travail et que j’allais passer quelques mois a la maison, les débuts de ce blog étaient alors un simple passe temps qui aurait put n’être qu’une simple passade. Or, avec le temps, je me suis prit au jeu et assez rapidement, malgré les aléas de la vie, le manque de temps parfois flagrant, voir, même, le fait que je ne peux nier que ce blog prenne parfois le pas sur d’autres loisirs, l’évidence s’imposa d’elle-même : je ne l’arrêterais pas tant que je ne m’en lasserais pas, et vu sous cet angle, il se pourrait bien que Le Journal de Feanor dure encore quelques belles années.

Mais plus que des questions existentielles, je tenais surtout aujourd’hui a fêter comme il se doit les trois ans de mon blog, et a remercier tous ceux qui suivent celui-ci, qu’ils soient connus ou anonymes, qu’ils me laissent des commentaires ou pas, et que ce soit des petits nouveaux ou des vieux de la vieille. D’ailleurs, les plus anciens, ceux qui connaissent Le Journal de Feanor depuis les tous débuts se souviennent peut être de toutes les modifications que celui-ci a connu : que cela soit d’un point de vu graphique (ouh, le marron/jaune des débuts…) ou de contenu, ce blog, au jour d’aujourd’hui, n’est plus vraiment le même que lors de ses débuts : cela fait longtemps que les articles politiques qui représentaient la grande majorité du blog ont quasiment disparus (vous m’avez vu faire mention de la succession de la famille Le Pen ? Non, n’est ce pas ?), quant a l’international, il y a un an et demi, je vous aurais sortis tout un tas de post sur les événements actuels en Tunisie, désormais, si un jour, j’en écris un petit, ca sera déjà pas mal. En fait, je pense que je m’en moque un peu de tout ca désormais et que je préfère me concentrer sur les critiques de romans ou de films, par exemple, le foot parce que je suis fan de la chose, la nécrologie, par habitude (rien de morbide la dedans) et quelques infos par ci par la qui, éventuellement, éveillent ma curiosité. De toutes façons, je l’avais dit il me semble lors des débuts de ce blog : celui-ci allait révéler mes gouts, quels qu’ils soient, et comme je me suis lasser de ce qui pouvait m’intéresser il y a trois ans, les changements s’expliquent. Comme le coté « fourre tout » de la chose qui fait du Journal de Feanor un blog, je l’admets, parfois curieux.

Quoi qu’il en soit, encore une fois, un très joyeux anniversaire a mon blog, un grand merci a tous les habitués de celui-ci et, bien évidement, je vous donne rendez vous dans douze mois, afin de fêter les quatre ans du Journal de Feanor… enfin, j’espère d’ici là m’être manifester !

mercredi 26 janvier 2011

LES VOIES D’ANUBIS


LES VOIES D’ANUBIS

Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d'or ? Comment deviner que l'attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ? Voyez plutôt : à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou... Et, nul doute, quelqu'un cherche à l'enlever sinon à le tuer ! Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu'en 1685 puis sera projeté dans l'Egypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis. Traqué, maintes fois capturé et toujours s'échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour. O douce Californie d'aujourd'hui, où es-tu ?

Tout d’abord, une petite précision semble s’imposer : Les voies d’Anubis, de l’auteur américain Tim Powers, et paru en 1983, est souvent considérer comme étant l’un des plus connus, mais aussi, l’un des meilleurs romans Steampunk. Or, a y regarder de plus prêt, il est très difficile d’affirmer que celui-ci puisse véritablement rentrer dans cette catégorie littéraire. Personnellement, car c’est dans mes habitudes mais que j’aime aussi savoir où je mets les pieds, j’aime me renseigner à l’avance sur les œuvres que je prévoie de lire, ainsi, ce constat m’était connu avant coup, cependant, j’imagine le passionné de Steampunk, habitué a déambuler au beau milieu de dirigeables, de diverses machines a vapeur et autres accessoires du folklore du genre s’attaquer aux Voies d’Anubis et, se rendre compte que tous ces éléments en sont tout bonnement absents. Certes, il y a bien une histoire de voyage temporel qui entraine le personnage principal dans le Londres du dix neuvième siècle, mais même pas l’habituelle et mille fois vue et revue époque Victorienne puisque, outre manche, un certain Napoléon (le premier, pas l’autre) est encore au pouvoir ; quant a Londres, c’est le notre, point barre, enfin, a peu de choses prêts liées au récit en tant que tel, bien évidement. Ainsi donc, de mon point de vu personnel, si des œuvres comme (pour n’en citer que quelques unes que j’ai put lire ces derniers temps) les bande dessinées Empire et Hauteville House ou les romans La Lune seule le sait, L'Instinct de l'équarisseur ainsi que, bien entendu, Le nomade du temps, peuvent être considérées comme faisant partie du genre, je serais plus dubitatif avec le livre qui nous préoccupe aujourd’hui, Les voies d’Anubis.

Mais quelque part, cela a-t-il une grande importance ? A moins de vouloir cataloguer chaque œuvre dans toutes les catégories existantes, franchement, non. Cependant, ce simple constat évoqué plus haut peut, du moins je pense, décevoir les inconditionnels pur et dur du genre. D’ailleurs, cela serait plutôt dommage tant le roman de Tim Powers, sans être un monument de la littérature fantastique de ces dernières décennies, n’en reste pas moins un incontournable que tout amateur se doit de lire. Après, c’est une question de choix qui se pose : soit on est un fan inconditionnel d’un genre et on ne voit que par lui, soit ce qui nous importe avant tout, c’est le plaisir de la lecture, la qualité, quelque soit les genres (Space opéra, Uchronie, Fantasy, Horreur, Steampunk etc.). Et dans le cas des Voies d’Anubis, indéniablement, la qualité est au rendez vous, et quelque part, c’est ce qui compte.

Une histoire prenante de bout en bout avec une intrigue plutôt bien ficelée, des personnages bien souvent pittoresques et que l’on pourrait croire a la base peu crédibles pour un sou pour ce qui est de certains mais auxquels on croit et que l’on n’est pas prêt d’oublier de si tôt, mais aussi, avec cet énième récit de voyage temporel, il est incontestable que Tim Powers réussit son coup et se démarque de la concurrence par le fait que, plutôt que de rentrer dans des explications pseudo rationnelles quand a la possibilité d’un tel voyage ainsi que sur les dangers de ce que tout amateur connaît comme étant les fameux paradoxes temporels, ici, l’auteur nous présente les faits, bruts tels qu’ils sont : oui, Brendan Doyle voyage bel et bien dans le passé, plus précisément dans le Londres du début du dix neuvième siècle, oui, ce n’est pas un quelconque Londres d’un univers parallèle, et oui, cela aura des implications non négligeables quant a cette fameuse trame temporelle. Mais là où certains nous auraient sortis des paradoxes, d’autres dimensions, dans Les voies d’Anubis, Tim Powers s’en sort d’une autre façon, quelque part, si j’ose, plus terre à terre, mais, ma fois, avec un certain brio. Bien évidement, je ne vous dirais pas ici comment, inutile de vous gâcher le plaisir de la découverte, mais personnellement, j’ai assez bien aimé ce sacré beau sac de nœuds que l’auteur nous a sortis pour s’en sortir, encore une fois, de belle façon.

N’oublions pas non plus les protagonistes de cette histoire car ils occupent une place non négligeable dans la réussite finale de cette œuvre : si Brendan Doyle n’est pas, avouons le, le « héros » le plus charismatique de la littérature fantastique (le contraire serait plus exact) et apparaît un peu fade par moments, et si les autres personnages que je qualifierais de cent pour cent humains sont un peu, plus ou moins, dans le même cas, il en est tout autrement de figures marquantes comme le fameux Joe face de chien (le soit disant loup garou qui sévit à Londres), les mages égyptiens (oui, pour les étourdis du fond de la classe, il sera beaucoup fait état de l’Egypte dans cette histoire, d’où le titre), que cela soit le « vrai » ou son Ka, ainsi que, celui que je place au dessus de tous les autres, le fameux chef des mendiants, un clown monté sur échasses qui n’est pas sans rappeler, de mon point de vu, un autre grand allumé qu’est Kefka dans Final Fantasy VI. Celui là, malgré son allure grotesque qui pourra vous laisser perplexe au départ, s’avérera être le personnage le plus intéressant, a proprement parlé de ce récit et vous ne serez pas prêt de l’oublier par la suite.

Mais dans Les voies d’Anubis, Tim Powers réussit aussi le tour de force de nous proposer un Londres fort bien décrit, assez crédible dans l’ensemble ce qui permet au lecteur une espèce d’immersion dans le récit, chose qui n’arrive pas forcement toujours, surtout que ce Londres, aussi semblable soit-il du notre (enfin, celui d’il y a deux cent ans) n’en possède t’il pas une faune pour le moins curieuse, où des lutins marchent au milieu de créatures sorties d’un laboratoire d’un quelconque savant fou, où les dieux de l’ancienne Egypte ne sont pas une création de l’esprit et où la magie est présente, sous une forme un peu différente que celle que l’on a l’habitude de rencontrer dans le genre fantastique (et oui, utiliser celle-ci a un prix) mais néanmoins redoutable. Bref, vous l’avez compris, Les voies d’Anubis, sans être a proprement parler un roman Steampunk, de part la qualité de son intrigue, les excellentes trouvailles de son auteur, son univers et quelques bonnes idées, mérite largement de figurer dans la bibliothèque de tout amateur de littérature fantastique. Bien évidement, il y a mieux, beaucoup mieux par ailleurs, mais sincèrement, si vous ne connaissez pas encore ce roman, n’hésitez pas une seconde car il fourmille de bonnes idées et vous fera passer a coup sur un fort bon moment.

lundi 17 janvier 2011

HISTORIA SPÉCIAL – MORTS MYSTÉRIEUSES



HISTORIA SPÉCIAL – MORTS MYSTÉRIEUSES
Septembre 1982

Sommaire :
Edito : Morts mystérieuses
Journal de la France : Vingt ans déjà
Morts mystérieuses
- 1761 - Qui a « suicidé » Marc-Antoine Calas ?
- 1804 - Pichegru s’est-il étranglé lui-même ?
- 1830 – L’espagnolette du prince de Condé.
- 1882 – Le coup de revolver dont serait mort Gambetta.
- 1890 – Où est passé l’archiduc Jean Salvator ?
- 1890 – Un épisode mystérieux de l’histoire du cinéma : la disparition de Le Prince.
- 1915 – Gallipoli : le régiment disparu dans un nuage.
- 1916 – Qui a provoqué la mort du Maréchal Kitchener ?
- 1923 – Philippe Daudet, 14 ans, s’est-il tué dans un taxi ?
- 1925 – A la recherche de Fawcett.
- 1936 – Les deux versions de la mort de Garcia Lorca.
- 1949 – Raymond Maufrais disparaît dans la jungle guyanaise.
- 1953 – Wilma Montési : un mystère créé de toutes pièces.
- 1962 – « Lucky » Luciano, l’empereur du crime, victime de la mafia ?
- 1968 – L’affaire Markovic.
- 1973 – L’accident mortel d’Aristote Onassis.
- 1975 – Lord Lucan, assassin introuvable.
- 1977 – Le suicide collectif des Baader.
- 1980 – Joseph Fontanet, victime d’un tireur en goguette ?

Mon avis : Amoureux d’énigmes policières, de disparitions inexpliquées, de mystères non résolus, ce vieux, très vieux hors série de la revue Historia est indéniablement fait pour vous. J’ai personnellement, dans ma bibliothèque, quelques petits trésors du même genre que j’ai lu et relu un nombre incalculables de fois et dont je ne me lasse jamais, tous sont anciens, ce numéro d’Historia, par exemple, date de 1982, mais un peu comme le bon vin, j’ai l’impression qu’ils se bonifient avec les années. Serais-ce que les revues actuelles sont de moins bonne qualité ou, plus surement, parce qu’a la base, ces vieux hors séries étaient tout simplement excellent, quoi qu’il en soit, c’est toujours avec un grand plaisir que je me replonge dans la lecture de ceux-ci, et, bien entendu, cet Historia Spécial intitulé Morts mystérieuses ne déroge pas à la règle. Certes, certains cas sont archis connus, que cela soit l’affaire Calas, l’espagnolette du prince de Condé ou le cas Fawcett, les amoureux du genre n’y trouveront rien de nouveau à se mettre sous la dent. De même, on à droit au fameux canular qu’est le régiment soit disant disparu dans un nuage à Gallipoli et dont tous les passionnés de paranormal nous rabâchent les oreilles depuis prêt de cinquante ans (et cela dure encore de nos jours alors que dans ce hors série, datant, pour rappel de 1982, on nous explique ce que c’est : tout juste un canular), mais sincèrement, ce numéro spécial d’Historia mérite largement le détour, tout d’abord, pour la grande qualité de ses articles, ensuite, pour l’éclectisme des cas abordés qui fait que l’on passe de cas très connus, donc, a d’autres, bien plus obscurs mais tout aussi passionnants. Alors, si vous êtes amateurs de vieux crimes non résolus et si vous avez l’occasion de vous le procurer, n’hésitez pas une seule seconde, ce vieux numéro d’Historia est fait pour vous !


Points Positifs :
- Si vous êtes passionner par les affaires criminelles non résolues, par ces crimes célèbres qui, des décennies voir des siècles plus tard, on ne connait pas encore toute la vérité a leurs sujets, alors, indéniablement, ce numéro est fait pour vous et vous tiendra en haleine tout au long de sa lecture.
- Un numéro assez éclectique où l’on alterne allègrement entre des cas archi-connus (Gambetta, le prince de Condé, Fawcett) a d’autres bien plus obscurs – d’ailleurs, sur ce point, qui, de nos jours, a entendu parler de l’affaire Markovic, crime qui, mine de rien, fut tout sauf anodin puisque les noms de l’épouse de George Pompidou et d’Alain Delon avaient circulés a l’époque.
- Indéniablement, les revues, autrefois, étaient plus riches de par leur contenu, ce qui fait que, bien entendu, on allait davantage au fond des choses.

Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre que ce n’est pas le sujet le plus original qui soit, surtout que, comme je l’ai dit, certaines de ses affaires sont vues et revues un nombre incalculables de fois, d’où, par moments, un certain sentiment compréhensible de déjà-vu.
- Un grand bof pour la couverture, celle-ci ne donnant pas vraiment envie de découvrir le contenu…

Ma note : 7,5/10

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°52 : Les hommes et la guerre


Numéro guerrier que ce NRH de ce début d’année 2011 puisque le dossier principal de celui-ci n’est ni plus ni moins que les hommes et la guerre. Vaste programme, à coup sur, pas franchement original, il faut bien le reconnaître, voir, limite racoleur, cependant, la qualité est une fois de plus au rendez vous, et personnellement, le sujet m’intéresse bien plus que celui du dernier numéro et qui se préoccupait de la France d’entre les deux guerres, période maintes fois abordée dans la Nouvelle Revue de l’Histoire.

La Nouvelle Revue de l’Histoire
Numéro 52, janvier/février 2011

Au sommaire :

LES HOMMES ET LA GUERRE
- Guerre juste, croisade et jihad
- Les 40 batailles qui ont fait l’Histoire
- Napoléon, inventeur de la guerre moderne
- Les femmes et la guerre
- A l’école des grands capitaines
- L’avenir de la guerre
- Les allemands dans la Légion étrangère

Stéphane Courtois, l’historien de gauche qui a démolis le communisme
Botticelli, génial et toujours mystérieux
Louis XV, le mal-aimé
Karl Marx ou le ressentiment
Ce que révèle la Princesse de Montpensier
Les français en Corée
Une histoire biaisée de l’Epuration
L’Afrique des coups tordus
Michel Houellebecq, une époque déjantée

Ce cinquante-deuxième numéro de la NRH m’a donc davantage plu que son prédécesseur même si au final, je n’aurais pas été spécialement conquis par le dossier principal lui-même ; certes, c’est toujours bien écrit, certes, il y a des idées intéressantes voir novatrices qui méritent, a défaut d’y adhérer totalement (le civilisation européenne devant tout a ses origines grecques et héroïques, serait avant tout guerrière dans l’âme, ce qu’elle n’est plus au jour d’aujourd’hui), mais le fait de survoler un peu les époques voir passer parfois un peu du coq a l’âne m’a laisser un sentiment contradictoire : pas mal mais pouvait mieux faire.

Pour le reste de la revue, quelque part, cela m’aura davantage passionné en particulier les articles, bien trop courts malheureusement, sur des sujets que je connais moins bien comme Botticelli, par exemple, mais surtout sur la présence française lors de la guerre de Corée, conflit majeur mais bien trop souvent absent des manuels d’Histoire. A quand un dossier spécial sur celle-ci dans un éventuel futur numéro de la Nouvelle Revue de l’Histoire ?

LOIN DU PARADIS


LOIN DU PARADIS

L'Amérique provinciale dans les années 50. Cathy est une femme au foyer accomplie : son mari a réussi professionnellement et lui a donné deux enfants très mignons et fort obéissants, sa maison, son jardin et sa vie sont réglés comme du papier à musique. Elle est même plus que cela : elle est la femme d'intérieur idéale, interviewée par la gazette locale et chérie par toutes ses amies. Seulement voilà, un soir, elle doit aller chercher son mari au commissariat et, un autre, elle le surprend, dans son bureau, à embrasser un autre homme à pleine bouche. Le monde de Cathy s'écroule, mais il lui faut coûte que coûte sauver les apparences...

De temps en temps, il y a de belles surprises, et incontestablement, Loin du paradis en fut une. Sincèrement, je ne connaissais pas du tout ce film, il faut savoir que celui-ci sortit en 2003, qui fut, d’un point de vu personnel, la pire période de ma vie, et si je ne m’attarderais nullement sur celle-ci, ce n’est absolument pas le lieu, disons qu’a l’époque, j’avais bien d’autres chats à fouetter que de me préoccuper des sorties cinématographiques. Ainsi donc, ce fut par une simple bande annonce sur ARTE que j’ai appris, à la fois son existence, et, surtout, que celui-ci allait être diffusé ce dimanche soir. Immédiatement, j’eu envie de le regarder ; certes, ce n’est pas la première fois qu’une simple bande annonce réussie a me convaincre d’une telle chose, après tout, celles-ci sont faites pour cela, cependant, le peux que je savais de l’intrigue du film éveilla ma curiosité, tout d’abord, avant que, les rares images, ne finissent par me convaincre. Car celles-ci, où l’élément déclencheur de mon envie, bien plus que cette intrigue où une parfaite représente de l’american way of life se rend compte avec horreur que son mari la trompe avec un homme, ce qui aurait put, en temps normal, m’intéresser, m’éblouirent immédiatement par leurs couleurs, tellement marquées, que j’eu l’impression, au début, que je me trouvais là devant un film d’époque, ce qui n’était pourtant pas le cas.

Avec son titre ironique, Loin du paradis est pourtant un film moderne de part ses thèmes abordés : homosexualité, amour interracial ; sincèrement, vous en connaissez énormément des films des années 50 qui abordent de tels sujets ? Cependant, l’on peut dire sans crainte que celui-ci est ce que l’on appelle « un film a la manière de… » ; de part son esthétisme, son coté haut en couleur, l’on se croirait, au point que cela n’en devienne troublant, devant un vieux film hollywoodien. Du coup, l’on sent l’hommage marqué du réalisateur a une époque, bien entendu, mais aussi et surtout, a ce cinéma d’entant, ce qui fait que, contrairement a moult productions cinématographiques auxquels l’on est habituer au fil des décennies qui se contentent de reproduire les décors, les vêtements de l’époque où se déroule leurs intrigues, dans Loin du paradis, c’est une toute autre chose et l’on pourrait presque se dire que, quelque part, l’on a presque le sentiment de remonter le temps, devant ce charme désuet, ces couleurs abondantes et qui sont l’élément le plus marquant du film… sauf que c’est bien entendu impossible, ne serais ce que pour le sujet principal de l’intrigue : imaginez donc, dans les années 50, une scène où l’on verrait deux hommes s’embrassant ? Allons, inutile de faire aussi, comment dire, «osé », disons, juste les allusions a des rapports sexuels entre personnes du même sexe ? Et ce n’est pas tout, par dessus le marché (et là, nous avons pas mal de membres du KKK qui se retournent dans leurs tombes) une femme blanche qui s’amourache d’un noir ! Bigre ! Mais quelle perversité ! Oui, indéniablement, un tel sujet n’aurait pas été possible il y a un demi-siècle, d’où mon « un film a la manière de… »

Mais si de nos jours, de tels thèmes sont loin, enfin je pense, de nous choquer et qu’à force, on peut dire sans crainte que le public est habitué depuis longtemps, ce n’était bien évidement pas le cas dans l’Amérique puritaine de l’après guerre (et de l’avant, et d’il n’y a pas si longtemps en fait, c’est un peu plus compliqué que cela et même un Président noir n’a pas forcement tout changer), cependant, certains pourront trouver que ce film n’apportera pas grand-chose de neuf, que le sujet fut déjà maintes fois exploiter depuis et ils pourront trouver tout cela bien fade, croyant qu’il ne s’agit que d’un énième mélodrame de plus comme Hollywood sait si bien en produire des tonnes. Or, ils auraient tort, indéniablement, car nous tout de même là un superbe film toute en finesse, avec son esthétique particulière, ses couleurs chatoyantes au départ, lorsque tout va bien, quand la façade du couple « Magnatech » comme on les surnomme, fait encore illusion, quand on entend parler de belles idées sur la condition des noirs, sur leurs droits en tant qu’individus, quand la vie sociale, si fournie, les nombreux amis, le travail même du maris semblent montrer au spectateur ce qu’est un couple, un vrai de vrai, et la parfaite image de l’american way of life de la période consumériste de la fin des années 1950: villa cossue, confort moderne, grosse voiture rutilante, élégance hollywoodienne, la famille Whitaker incarne l’idée de la réussite sociale que la présence d’une bonne et d’un jardinier (noirs tous deux) achèvent de parachever. Et ces tons automnaux, que cela soient les feuilles des arbres, les robes des femmes, leurs cheveux, toute cette chaleur éclatante qui semble nous conforter dans cette image de ce qu’est la famille du bonheur.

Et puis c’est le drame, tout bascule : l’épouse, bafouée, découvre la double vie de son si parfait mari qui la trompe avec un homme par dessus le marché ! Et l’homosexualité étant ce qu’elle était à l’époque, une maladie honteuse que l’on cachait, celui-ci ne peut que vouloir, refoulant ses sentiments et ses préférences les plus profondes, que se soigner, devenir « normal », être un homme, un vrai, pour sa femme, sa famille, mais surement pas pour lui dans le fond. Et a ce moment du film, il y a une frontière, indéniable et qui me marqua : toujours et encore les couleurs. L’on passe de la chaleur au froid, ce bleu, ce mauve, ce gris, que cela soit dans le choix de la robe de Madame Whitaker, de l’hôpital, les couleurs deviennent plus froides, parfois mêmes inquiétantes, et si, rapidement, les tons rougeâtres réapparaissent, l’on a du mal à les voir de la même façon ; annonciateurs de chaleur et de bonheur, c’est un peu comme si on ne leur faisait plus confiance, comme si ceux-ci n’étaient qu’une façade et que tout s’apprêtait a s’effondrer sur cette famille. Car les apparences, maitre étalon de cette époque, mais pas uniquement par ailleurs, vont éclater, et les langues commencer a se délier, a accuser, a diffamer, et la pauvre Madame Whitaker, que l’on présentait comme l’épouse modèle, passer d’une si bonne chrétienne aux idées modernistes qui avait de la compassion pour les noirs, a une vulgaire trainée qui couche avec son jardinier. Et du coup, c’est forcement toute l’énorme hypocrisie d’une époque qui est mise en accusation, tous ces biens pensants qui allaient faire de beaux discours sur les pauvres gens de couleurs mais qui n’acceptaient pas de les fréquenter, alors une histoire d’amour, en plus, vous imaginer !?

Mais ce racisme, car il faut appeler un chat un chat, n’est pas, comme on a trop tendance à l’occulter, parfois de façon complaisante, et par ailleurs, dangereuse, l’apanage des blancs ; la communauté noire ne supportant pas, elle aussi, que l’un des siens fréquente une blanche. Et alors, dans un univers cloisonner, chacun s’aperçoit qu’il ne peut sortir de chez soit, qu’il ne peut franchir la frontière qui lui a été imparti a la naissance, de part la couleur de peau, la condition sociale etc. Et forcement, l’histoire d’amour à peine naissante, devant de si grandes contraintes, ne pourra pas aller plus loin et il sera toujours temps, ensuite, de vivre, encore et encore dans les apparences, dans les conventions sociales ; bref, dans l’hypocrisie. Finalement, le mari ne se « soignera » pas, et vivra son histoire d’amour avec un homme, a la surprise générale, cachée, bien entendue tandis que son épouse, n’aura plus que ses yeux pour pleurer devant la frustration que sera sa vie.

Indéniablement, Loin du paradis est un excellant film, et, accessoirement, dans mon cas, une très bonne surprise : tant par les sujets abordés, les acteurs, l’intrigue et surtout, cette façon de filmer, ce raz de marré de couleurs chatoyantes qui sont l’élément le plus marquant du film et, en tout cas, presque un personnage a elles mêmes tant elles sont indispensables et marquent les esprits, je ne peux que vous conseiller de le voir : moderne par ses thèmes abordés, mais qui n’en existaient pas moins a l’époque (sauf qu’on n’en parlais pas, la façade, toujours) ancien pour ne pas dire nostalgique de part son esthétisme, Loin du paradis est peut être le film qui manquait aux années 50.

LES MYSTÈRES DE HARRIS BURDICK


LES MYSTÈRES DE HARRIS BURDICK

Chris van Allsburg a découvert les dessins de ce livre chez Peter Wenders. Ce retraité était éditeur de livres pour enfants. Un jour, un homme se présentant comme Harris Burdick est venu le voir, expliquant qu'il avait écrit et illustré quatorze histoires. « Il n'avait apporté qu'un seul dessin sur chaque histoire » et devait apporter ces histoires le lendemain matin. Quatorze images étranges, bizarres, insolites, extraordinaires... en noir et blanc, pour parler, pour rêver...

ARCHIE SMITH, LE PRODIGE
Une petite voix demanda : « Est-ce que c'est lui ? »
SOUS LA MOQUETTE
Deux semaines passèrent et cela recommença.
UN JOUR ETRANGE DE JUILLET
Il le lança de toutes ses forces, mais le troisième caillou revint en ricochant.
ECHEC A VENISE
Même en faisant machine arrière de toute sa puissance, le paquebot avançait de plus en plus dans le canal.
AUTRE LIEU, AUTRE TEMPS
S'il y avait une réponse, c'est là qu'il la trouverait.
DES INVITES INATTENDUS
Son cœur battait très fort. Il était certain d'avoir vu le bouton de la porte tourner.
LA HARPE
C'était donc vrai, pensa-t-il, c'est absolument vrai.
LA BIBLIOTHEQUE DE M. LINDEN
Il l'avait prévenue pour le livre. Maintenant c'était trop tard.
LES SEPT CHAISES
La cinquième s'est arrêtée en France.
LA CHAMBRE DU SECOND
Tout a commencé quand quelqu'un a laissé la fenêtre ouverte.
DESSERT VIVANT
Elle abaissa le couteau et cela devint encore plus lumineux.
CAPITAINE TORY
Il balança sa lanterne trois fois et la goélette apparut lentement.
OSCAR ET ALPHONSE
Elle savait qu'il était temps de les renvoyer. Les chenilles se tortillèrent doucement dans sa main, en lui disant « au revoir ».
LA MAISON DE LA RUE DES ERABLES
Ce fut un beau décollage.

Cet article, je comptais l’écrire depuis longtemps et ce n’est qu’aujourd’hui, finalement, que je m’y attelle, mais comme dirait l’adage populaire, « mieux vaut tard que jamais ». Alors, bien évidement, Les Mystères de Harris Burdick est avant tout autre chose un livre pour enfants, cependant, que les grincheux prennent gardent avant de râler : pas n’importe lequel, de part ses qualités, bien entendu, mais aussi de part son contenu, curieux de prime abord, qui en fait tout son charme, sa valeur, et surtout, que a fait de cet album l’un des ouvrages les plus utilisés par les professeurs de primaire dans notre beau pays depuis fort longtemps, comme je vais essayer de vous expliquer.

Ce fut par le biais de mon épouse, professeur des écoles et elle-même fille d’institutrice que j’ai connu ces fameux Mystères de Harris Burdick il y a quelques années déjà. Immédiatement, elle m’avait prévenu que cet ouvrage risquais fort de me plaire de part son contenu et ce fut donc, avec une curiosité certaine que je le découvris, un jour lointain de fin 2005. Immédiatement, des le préface, je fus conquis : ainsi donc, l’auteur, Chris Van Allsburg, mettait en scène tout un scénario qui fleuretait de bon aloie avec le fantastique et le mystérieux où, selon lui, les illustrations de l’album étaient l’œuvre d’un homme, le fameux Harris Burdick, qui les avaient laissé a un vieil éditeur, depuis a la retraite, du nom de Peter Wenders, et qui étaient sensées représentées quatorze histoires, avant de disparaître mystérieusement dans la nature de la même façon dont il était apparu. Chris Van Allsburg, étant, toujours selon ses dires, entré en contact avec cet éditeur, plusieurs années plus tard, s’était alors décidé à publier les dites illustrations sous le titre, donc, des Mystères de Harris Burdick. Bien évidement, il n’en est rien, Chris Van Allsburg est en réalité l’auteur de l’ouvrage, quant a Harris Burdick, celui-ci n’est qu’un personnage imaginaire, mais le ton est lancé, afin de donner une consistance et un lien a l’ensemble de l’album, composé d’illustrations disparates, et permet de plonger davantage le lecteur, jeune, rappelons le, dans le coté mystérieux de la chose.

Et force est de constater que ca marche, car, pour ceux qui ne connaitraient pas cet album de jeunesse, Les Mystères de Harris Burdick ne racontent nulle histoire en soit, les quatorze illustrations sont indépendantes les unes des autres et leur seul et unique lien, justement, est ce vrai faux mystère que l’on nous présente dans la préface de l’album. Mais alors, où est l’intérêt de la chose s’il n’y a pas d’histoire a proprement parler puisque, par habitude, les albums jeunesse, et pas qu’eux d’ailleurs, racontent tout de même une histoire ? Serais ce un simple livre d’illustrations, habillement maquillée par un auteur qui ne savait que faire de quelques unes de ses productions ? Nullement, et c’est là tout le génie qui transparait de cette œuvre de Chris Van Allsburg car, au lieu de nous proposer sa vision des choses, c’est a une fantastique invitation au voyage dans notre imaginaire qu’il nous propose. Ici, nul récit formaté, ni début, ni fin véritable, chacune des quatorze illustrations qui parsèment cet album (et dont j’ai mis les titres en préambule de cet article) sont une ouverture vers un autre monde, celui de l’imaginaire, et chacun, qu’il soit petit, ou bien plus grand, car Les Mystères de Harris Burdick plairont probablement aux grands passionnés de fantastique que nous sommes, se plaira a essayer d’inventer une histoire, quatorze histoires voir même plus, chacune indépendante les unes des autres, n’ayant aucune limites, si ce n’est, celles de notre propre imagination.

Car lorsque l’on voit une maison décollée dans la nuit noire, telle une fusée, quand on s’interroge, devant cette forme mystérieuse sous la moquette qui semble effrayer un individu qui essaye tant bien que mal de se défendre ou bien, quand on se demande pourquoi un caillou lancer dans l’eau revient mystérieusement a son lanceur, notre cerveau, ramollis par la télévision, par le cinéma, par les jeux vidéos, bref, notre cerveau qui n’a plus forcement l’habitude de réfléchir par lui-même, qui ne sait plus ce qu’est inventer une histoire, commence a échafauder de multiples théories, a imaginer le pourquoi du comment, une préquelle a la scène, une suite, bref, de passif, le lecteur devient actif et chacun, devant ses illustrations, aura créer ses propres récits, aura fourni ses propres explications, but, véritable et avouer de l’auteur et de son ouvrage.

Alors, devant le coté ludique évidant des Mystères de Harris Burdick, chacun comprendra pourquoi cet album, déjà vieux de près de trente ans environ, soit toujours vu d’un très bon œil du coté du corps enseignant dont les membres ne cessent de l’utiliser avec leurs classes. Après tout, quel formidable moyen de stimuler les imaginations des plus jeunes que cet album, surtout a une époque ou le verbe « réfléchir » serait presque un gros mot et ou pour ce qui est de l’imagination, celle-ci soit devenue une espèce, quasiment, en voix d’extinction comme tant d’autres. J’ai eu l’occasion de lire quelques compositions, au fil des années, des élèves de mon épouse et si, bien entendu, le meilleur côtoie bien trop souvent le pire, j’ai put, parfois, m’extasier devant telle idée, tel récit que j’ai estimé plutôt pas mal venant d’enfants aussi jeunes, comme quoi, il y a encore parfois matière à espérer pour certains.

Vous comprendrez donc pourquoi, personnellement, je tiens Les Mystères de Harris Burdick en très haute estime mais aussi, pourquoi cela faisait longtemps que je comptais lui consacré un article. Bien évidement, vous parler d’un album jeunesse sans faire mention des talents d’illustrateurs de son auteur, Chris Van Allsburg, serait une hérésie, et même si vous avez depuis longtemps quittés les bancs de l’école primaire, je pense que les quatorze planches qui composent cet album, uniquement composées de noir, de blanc et de tout un tas de nuances de gris, les cadrages inhabituels, les éclairages surgis de nulle part, l’atmosphère mystérieuse de ses dessins tout simplement beaux, mais aussi insolites, étranges, fantastiques, troublants, angoissants, fascinants, photographiques, oniriques, terrifiants et familiers, irréels et pourtant hyperréalistes ne pourront, indéniablement, que vous fasciner et vous scotcher devant un tel étalage de merveilleux.

Les Mystères de Harris Burdick est un album pour enfants ? C’est certes exact mais cela me parait fort réducteur ; si vous aimez le merveilleux, le fantastique, et surtout, si vous faites partis de ceux qui aiment rêver, ou cauchemarder, et surtout, si vous n’avez pas peur de créer vos propres récits, alors, vous en conviendrez peut être, comme moi, que cet œuvre de Chris Van Allsburg plaira autant aux plus jeunes qu’aux adultes, enfin, ceux qui ont sur garder en eux un gout pour l’imaginaire.

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