dimanche 30 septembre 2012

THE TUDORS – SAISON I



THE TUDORS – SAISON I

Bienvenue dans la Cour d'Angleterre où se mêlent trahison, manipulation et sentiments humains de tous genres. Le jeune roi Henry VIII n'est pas seulement passionné et fougueux, il est aussi très ambitieux et aspire à une gloire dépassant celle de ses ancêtres de la grande dynastie des Tudors. Malheureusement, à la Cour tout le monde ne semble pas partager ses rêves et la plupart ne s'intéressent qu'à bâtir une fortune sur son dos ou plus encore, de se débarrasser de lui et s'emparer du trône. Cependant, le roi peut compter sur des sujets fidèles tels que le Cardinal Wolsey qui est son ami, confident et conseillé, mais aussi Sir Thomas More, un avocat, philosophe et grand humaniste en qui le jeune Henry trouve un instituteur et un maître de toute sagesse.


Parent pauvre de mon blog, ma rubrique série n’en a pas moins connu, cette année, un net regain d’intérêt dans le Journal de Feanor, ainsi, et même si l’on ne peut faire de comparaisons avec d’autres sujets traiter dans celui-ci, comme le cinéma ou la bande dessinée par exemple, force est de constater que cette année 2012, entre autre événements, aura donc connu une certaine recrudescence de ces fameuses séries. Bien évidemment, pour cela, il aura fallu que celles diffusées sur notre petit écran (je sais pertinemment que je dois etre le seul à ne pas encore le faire mais non, je ne télécharge pas et me contente donc de patienter sagement qu’une série soit diffusée sur une chaine gratuite) soient, premièrement, de fort bonne qualité, deuxièmement, qu’elles me plaisent, cela va de soi. Et parmi les innombrables séries (car celles-ci sont légions depuis quelques années) proposées diffusées en France, l’une de mes préférées est sans contexte les Tudors.


En janvier dernier, j’avais déjà eu l’occasion de vous parler de cette série historique qui nous narrait la vie plus que tumultueuse du célèbre Henri VIII, qui entra dans l’histoire autant que pour avoir rompu avec Rome que pour ses six épouses dont certaines finirent, comment dire, pour le moins très mal ; alors diffusé sur ARTE, cette troisième saison, m’avait donc permis de découvrir une série dont j’avais fait l’impasse lors des deux premières saisons, pour les raisons expliquées dans mon billet d’alors. Et sincèrement, je dois vous avouer que j’avais franchement accroché, regrettant du coup de ne pas avoir tenté l’expérience Tudors plus tôt, espérant secrètement qu’un jour ou l’autre, l’occasion me soit permis de voir ces deux premières saisons. Or, en cette rentrée 2012, ARTE débuta la diffusion de l’ultime saison (qui, pour la petite histoire, prendra fin jeudi soir prochain donc attendez-vous à ce que je vous en parle bientôt) tandis que, pendant ce temps-là, NRJ12, sautant sur l’occasion, eu l’excellente idée de rediffuser la série depuis ses débuts, le samedi soir. Bien évidemment, je ne pouvais pas ne pas en profiter pour, enfin, découvrir les débuts du règne d’Henri, huitième du nom, et de ses amours tumultueuses, dans les deux premières saisons, inédites pour moi, des Tudors.

Pour en avoir déjà parlé lors du billet consacré à la troisième saison des Tudors, je ne m’attarderais guère sur les habituels reproches que l’on peut, sans problèmes, faire à cette série : libertés prises avec l’Histoire (mais finalement, et en comparant avec certains films, pas tant que ça) et physique avenant des protagonistes où tout le monde, ou presque, à défaut d’etre gentil (car bon, ce n’est franchement pas le cas) n’en est pas moins beau, que dis-je, souvent superbe même. Car cela serait se répéter encore et encore, et ce, inutilement : oui, le véritable Henry VIII n’était pas ce beau gosse de Jonathan Rhys Meyers et le Duc de Suffolk, interprété par Henry Cavill, encore moins, quant aux femmes, je n’aurais jamais cru qu’à la fin du Moyen-âge, début renaissance, celles-ci étaient toutes épilées, mais bon, rien de grave en soit puisque cette esthétique érotico-soft n’ai pas très gênante outre mesure, surtout que, à mes yeux, ce qui compte surtout, c’est l’intrigue en elle-même, de découvrir une part d’Histoire peu connue en France mais aussi et surtout, des personnages franchement captivants. Et donc, dans cette première saison, c’est un tout jeune Henry VIII que l’on suit, qui, tombant sous le charme de la célèbre et tragique Anne Boleyn, va tout faire pour parvenir à ses fins, c’est-à-dire, obtenir du Pape que celui-ci annule son mariage avec son épouse, la Reine Catherine (excellente Maria Doyle Kennedy), chose loin d’etre aisée, comme le connaisseur le sait bien, et qui aboutira, ultérieurement, a la séparation avec l’Eglise de Rome. Mais dans ces dix premiers épisodes, nous n’en sommes pas encore là et cette saison, marquée par les frasques et amours du Roi et de sa Cour (avec un Henry Cavill en grande forme), moult complots et intrigues, rencontres avec d’autres souverains, premières apparitions de personnages majeurs à venir, comme Cromwell, et surtout, par l’excellente interprétation de Sam Neill dans le rôle du Cardinal Wolsey, fut en toute sincérité à la hauteur de mes espérances.


Captivante au possible, a l’esthétique somptueuse, possédant une bande son de fort bonne qualité (ah, ce générique, l’un de mes préférées, tous genres confondus) et surtout, une pléiade d’acteurs – mélanges de jeunes premiers et de figures plus connues – et intéressante pour celui qui souhaiterait en connaitre davantage sur cette période historique de l’Angleterre, qui, effectivement, changea le monde (mais pas pour les coucheries du roi, bien entendu) même si l’usage d’un livre sur le sujet sera préférable et, accessoirement, un bon complément, cette première saison des Tudors pose immédiatement tout ce qui a fait la force de cette série ; à mes yeux, l’une de mes préférées de ces dernières années. Et comme la diffusion de la quatrième saison prend fin dans quelques jours sur ARTE et que la seconde a débuté hier, sur NRJ12, vous vous doutez bien que je vous reparlerais très bientôt de cette série, et que l’on peut dire, sans peine, que, incontestablement, pour moi, les Tudors auront marqué au fer rouge ce début d’automne 2012.

mardi 25 septembre 2012

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°62 : Les Droites Radicales en Europe



Avec la fin de l’été, et l’arrivée pour le moins maussade de l’automne (qui, cette année, ne promet guère vue que, après un court été, voici revenir le froid et la pluie), l’amateur d’Histoire, celle avec un H majuscule mais aussi celui qui souhaite sortir des carcans pour le moins bien trop étroits du politiquement correct et des anciens admirateurs de Staline et de Mao de l’intelligentsia hexagonale, retrouvera donc avec plaisir, le tout dernier numéro en date de l’une des revues historiques les plus intéressantes, mais aussi les plus décriées, de la presse française, je veux bien évidement parler de la Nouvelle Revue de l’Histoire :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°62 : Les Droites Radicales en Europe, 1900-1960
Septembre/Octobre 2012

Les Droites Radicales en Europe, 1900-1960
- L’Action française avant 1914
- Quand Churchill admirait Mussolini
- Oswald et Diana Mosley
- Les écrivains français et la tentation fasciste
- Ledesmas Ramos et José Antonio
- Le testament de la Garde de Fer
- Codreanu et la Garde de Fer
- Ernst von Salomon, le soir du réprouvé
- L’extrême droite dans la Résistance

- Editorial : Le souvenir d’un élan héroïque
- 2002-2012 : La Nouvelle Revue de l’Histoire a dix ans
- De l’archéologie a l’histoire : entretien avec Jean Guilaine
- Alésia, César et Vercingétorix
- Louis XVIII, un roi restaurateur
- Rousseau sans illusions
- Rome : quand les légions faisaient les empereurs
- La riposte de la Vendée
- Le mythe d’al-Andalus

Dix ans que la Nouvelle Revue de l’Histoire existe, et dix ans que, régulièrement, cette revue, oh combien intéressante, pertinente et de fort bonne qualité, se complait à retourner dans ses travers : son gout immodéré pour la première moitié du vingtième siècle ! Abordé en long, en large et en travers un nombre plus que conséquents de fois, cette période, certes riche en événements et sur laquelle il n’est pas, en temps normal, inintéressant de s’attarder, est devenu, pour les auteurs de cette revue, comme un leitmotiv récurent, un fond de pension inépuisable où, tous les deux ou trois numéros, ceux-ci se sentent obligés de nous pondre un dossier sur le sujet. Le problème, vous l’avez compris, c’est qu’à force d’entendre toujours parler des mêmes choses, on ne peut que s’en lasser, et, bien entendu, dans mon cas, c’est le cas. Du coup, vous imaginez ma déception, il y a trois semaines environs, lorsque j’ai découvert le dernier numéro en date de la NRH !?

Dommage, oui, dommage car, dans le fond, ce n’est pas si inintéressant que cela et que, à la lecture de ce dossier, l’on apprend des choses, l’on découvre d’autres points de vues voir même des faits tout bonnement occultés par l’Histoire – sur ce point, les amours de jeunesse de Churchill méritent le détour. Mais bon, comme c’est toujours la même chose, au bout d’un moment, l’envie n’y est plus et l’on se plait à souhaiter de passer à autre chose. Forcément, une fois de plus dans ce genre de numéros, c’est du côté des autres articles que l’on trouvera les sujets les plus captivants : ainsi, entre celui consacré au plus que méconnu Louis XVIII ou celui sur les rapports entre les légions romaines et les empereurs, ce numéro de La Nouvelle Revue de l’Histoire n’est pas inintéressant. Hélas, même ici, ils se sont sentis obligés de nous reparler, pour la énième fois, de sujets déjà-vus comme César et Vercingétorix, la Vendée ou al-Andalus. Messieurs de la NRH, un peu de nouveautés que diable !

Bifrost 67 : Special George R. R. Martin



Curieusement, et alors que depuis quelques mois, j’avais dévoré avec plaisir, moult revues, qu’elles soient récentes ou plus anciennes, depuis la fin de mes vacances, celles-ci se trouvaient aux abonnés absents. Manque d’intérêt pour celles-ci après une orgie indigeste, peu de parutions dignes d’attirées mon attention, en fait, même pas puisque, ces dernières semaines, je m’étais procurer quelques petites nouveautés au contenu, pour certaines, plutôt alléchant. Or, celles-ci, une fois achetées, se retrouvaient reléguées près de mon PC (lieu habituel de toute revue en court de lecture) puis carrément dans ma bibliothèque, ce qui n’est jamais bon signe (c’est un peu l’endroit où je range mes « trucs à lire plus tard », ce fameux plus tard pouvant parfois etre fort lointain), mais alors, pour quelle raison ? Tout d’abord, le manque de temps, puis, un peu de flemme également (j’ai tellement d’hobbies que, parfois, je suis obligé de reléguer certains de cotés quelques temps) mais aussi, et surtout, ma lecture du premier tome du Trône de fer, dont je vous ai parlé dimanche dernier et qui a occuper énormément de fin de soirées ; moments qu’en temps normal, je réserve normalement aux revues.

Mais il fallait bien y revenir un jour ou l’autre, surtout que, pour ce qui est des parutions de nouveautés de mes revues habituelles, celles-ci n’allaient pas m’attendre, et donc, en ce jour où, pour la petite histoire, j’ai la chance de pouvoir le passer tranquillement à la maison, à me reposer (qui a dit glandouiller ?), ce n’est pas un mais deux billets que je vais vous proposer dans le Journal de Feanor, en commençant par une revue dont je ne vous avais jamais parler jusqu’à ce jour, une revue bien connue des amateurs de SF et de Fantasy, j’ai nommé : Bifrost !

Bifrost n° 67 : Special George R. R. Martin
Juillet, août, septembre 2012

Sommaire
Nouvelles inédites
- Retour aux sources par George R. R. Martin
- 1997, ou comment les hommes ont perdu la guerre galactique par Léo Henry
- Le Régime du singe par George R. R. Martin
Rubriques et magazine
- Objectif Runes : les bouquins, critiques & dossiers
- Le coin des revues par Thomas Day
- A la chandelle de maître Doc’Stolze : esthétique manga pour occidentaux béats, par Pierre Stolze
- Paroles de Libraire : Eric Marcelin & Simon Pinel : librairie Critic par Hervé Le Roux
Au travers du prisme : George R. R. Martin
- George R. R. Martin, par Gardner Dozois
- G. R. R. Martin, ou la constance du jardinier, par Pierre-Paul Durastanti
- Entre glace et feu : le Trône de fer, par Emmanuel Chastellière
- Par-delà Westeros : cartographie critique de l’œuvre de G. R. R. Martin
- Bibliographie de G. R. R. Martin, par Pierre-Paul Durastanti
Scientifiction
- Les voies de l’antigravité, par Roland Lehoucq
Infodéfonce et vracanews
- Paroles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org

Je dois l’avouer, ce fut un peu sur un gros coup de tête que j’ai commandé ce soixante septième numéro de Bifrost, il y a quelques jours, du travail, et, je ne m’en cache pas, le contenu de ce numéro y était pour beaucoup, même si, en toute franchise, je dois reconnaitre que cet achat était loin d’etre nécessaire – hum, souffrirais-je à nouveau d’achats compulsifs, attention ! Car bon, comment dire, un spécial George R. R. Martin, au moment même où je viens de me lancer dans la lecture de son œuvre majeure, Le Trône de fer, c’est un peu comme la cerise sur le gâteau, bref, cela avait fortement de quoi attiser mon intérêt. Certes, de nos jours, l’on trouve tout ce que l’on veut sur le net et, du coup, l’intérêt de certains genres de revues, dont je pus etre friand autrefois, peut paraitre discutable – surtout quand on a une famille à nourrir – pourtant, ayant depuis longtemps entendu parler de cette revue – surtout par le biais de Tigger Lilly sur son excellent blog, Le Dragon Galactique  et qui, par ailleurs, parle de ce même numéro ici même – je me disais que, tôt ou tard, je pourrais me laisser tenter par un numéro, histoire de voir ce que ça valait ; et, forcément, quand je vis ce spécial George R. R. Martin, comment aurais-je pu résister ?

Pourtant, après lecture plus ou moins complète de ce numéro estival de Bifrost, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une légère déception. Pas pour le format, qui m’a surpris (je m’attendais à une revue de taille dite « standard ») mais davantage pour le contenu : comme je vous le disais, de nos jours, sur le net, on trouve quasiment tout ce que l’on souhaite et, forcément, ce dossier sur George R. R. Martin ne m’aura pas apporter grand-chose de neuf, et pourtant, je suis tout sauf un grand spécialiste de cet auteur puisque je n’ai débuter la lecture du Trône de fer que depuis quelques semaines. Certes, sa biographie fut intéressante, et cela m’a permis de constater que d’autres de ses ouvrages méritent, éventuellement, dans le futur, que je m’y intéresse. De même, les critiques, pourtant bien écrites, ne justifiaient pas forcément l’achat de cette revue – encore une fois, vu le nombre de sites spécialisés qui existent…, et blablabla… Par contre, alors que j’en étais à me demander comment j’avais été capable de dépenser 11 euros pour une revue, certes bien écrite, certes de qualité et certes, pas inintéressante, j’eu mon coup de cœur à la lecture d’une nouvelle, 1997, ou comment les hommes ont perdu la guerre galactique d’un certain Léo Henry, qui m’a tout bonnement enchanter ! Probablement pour une question de génération et que je me suis reconnu un peu dans les jeux des deux gamins du texte, mais quoi qu’il en soit, une fort bonne surprise !

Bref, vous l’avez compris, je ne pense pas, à l’avenir, retenter l’expérience Bifrost ; je ne dis pas par-là que cette revue est nulle ou un truc dans le genre, bien au contraire (et c’est un vieil amateur de Dragon Magazine et Casus Belli qui vous parle), mais, au jour d’aujourd’hui, comme je ne dispose pas non plus d’un porte-monnaie extensible à souhait, il me faut faire des choix dans mes acquisitions, et, en toute sincérité, ce que je trouve dans Bifrost, et bien, sans etre désobligeant pour les auteurs de cette revue, je peux le trouver, différemment ou pas, ailleurs et, surtout, gratuitement. Détail non négligeable par les temps qui courent. J’espère en disant cela que les amoureux de cette revue ainsi que tous ceux qui crient haut et fort qu’il faut aider ce genre de magazines à survivre ne m’en voudront pas trop, mais bon, après tout, la vie est une question de priorités…

dimanche 23 septembre 2012

LE TRÔNE DE FER



LE TRÔNE DE FER

Le royaume des Sept Couronnes vit depuis près de quinze ans sous le règne du roi Robert Baratheon qui a mis fin à la lignée des Targaryen lors d'une rébellion qui vit la chute du roi Aerys II Targaryen. Depuis près de neuf ans, après la tentative de rébellion de lord Balon Greyjoy, le royaume est en paix et connaît la prospérité apportée par l'été le plus long connu de mémoire d'homme. Cependant, cette époque touche à son terme... Au-delà du Mur qui marque la frontière septentrionale du royaume, d'étranges événements annoncent la venue prochaine de l'hiver. Pendant ce temps, à Port-Réal, capitale du royaume, lord Jon Arryn qui fut la Main du roi Robert lors des quinze premières années de son règne, décède. Lord Eddard Stark, ami d'enfance du roi et seigneur suzerain du Nord est pressenti pour lui succéder, malgré son aversion pour les intrigues de la Cour. Mais un autre péril menace l'unité du royaume car, au-delà du détroit, dans les cités libres, les derniers héritiers de la dynastie targaryenne conspirent pour reprendre le Trône de Fer qui leur a été usurpé...

Dans a peu de choses prêt un mois, je vais avoir trente-huit ans, ce qui, pour certains, peut paraitre énorme, pour ne pas dire vieux, je n’en doute pas ; bref, quasiment quatre décennies complètes, souvent riches, parfois ennuyeuses, avec des hauts et des bas, comme tout à chacun, des moments de joie et d’autres que l’on préférerait oublier ou, du moins, ne plus jamais connaitre. Et en trente-huit ans, donc, vous imaginez bien la quantité pour le moins phénoménale d’œuvres, quel que soit le genre – cinéma, bande dessinées, romans etc. – que j’ai pu avoir l’occasion de découvrir, d’apprécier, lorsqu’elles le méritaient, de les dénigrer, lorsque je l’estimais, mais aussi, dans des cas plus rares, de les porter aux nues, cela, quand à mes yeux, celles-ci étaient tout bonnement de pures chef d’œuvres. Etant un pur latin avec tous les défauts et qualités qui vont de pair avec mes origines, je sais pertinemment que, bien trop souvent, j’ai tendance à m’extasier pour pas grand-chose, à louer le génie de tel film, tel roman avant de, quelques années plus tard, lorsque je reviens dessus, constater que tout cela ne valait pas un tel déballage d’éloges. Pourtant, en certaines d’occasions, l’évidence est telle que je sais pertinemment, en disant du bien d’une œuvre, que oui, mille fois oui, celle-ci est un véritable chef d’œuvre ; ce constat, même dix ans, vingt ans plus tard, je n’en démords pas le moins du monde. Certes, comme je vous le disais, cela n’arrive pas tous les jours et d’ailleurs, en trente-huit ans, ce ne fut que de façon plus qu’épisodique que j’ai pu découvrir de véritables chefs d’œuvres ; rare, donc, mais pas impossible, car oui, non seulement, ceux-ci existent bel et bien, mais en plus, aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous parler de l’un d’entre eux.

Une œuvre a-t-elle déjà put changer votre vie ? J’ai conscience, parfaitement, qu’une telle question peut paraitre plus qu’osée et fort probablement, certains d’entre vous, qui liront ces quelques lignes, pourraient trouver que je vais beaucoup trop loin cette fois ci. Pourtant, cette interrogation, aussi osée puisse-t-elle paraitre de prime abord, ne m’en parait pas moins pertinente, car oui, je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais personnellement, certaines œuvres ont belle et bien changer ma vie. Alors oui, je sais parfaitement que ce n’est pas un film ou une série, voir même un dessin animé, aussi marquant puisse-t-il l’etre dans la vie d’une personne, qui le fasse vivre, lui apporte le bonheur (une partie mais pas la plus importante, ne nous voilons pas la face non plus) ou le fasse tout simplement etre heureux : enfants, famille, amis, relations diverses voir même travail (car il faut bien vivre sa vie), cela me semble plus important : la naissance d’un enfant, gagner au loto, la mort d’un proche, un mariage, ce sont tout de même des événements autrement plus importants que la lecture d’un roman, aussi bon soit-il (bien évidement, parmi ceux-ci, j’en ai inclus un qui n’est qu’une chimère, mais bon, cela ne coute rien de rêver après tout), pourtant, si la naissance de mes enfants auront plus changer ma vie que tout autre événement, je considère sans peine que certaines œuvres, elles aussi, ont jouer leur rôles, à diverses étapes de ces quatre décennies d’existence et que, sans elles, sans leur découverte, leur contenu, ce qu’elles m’ont apporter, je ne serais pas, aujourd’hui, l’homme que je suis, avec mes gouts, mes passions, voir même mes qualités et mes défauts. Alors oui, selon moi, une œuvre peut changer notre vie, et certes, cela n’arrive pas tous les jours, certes, oui, il y a plus important, mais que serions-nous sans ses romans, ses films, ses séries, ses bande dessinées, ses disques, bref, sans tout ce petit sel de la vie qui fait que nous sommes, avant toute chose, ce que nous sommes.

Sur ce blog, en presque cinq années d’existence de celui-ci, j’ai pu vous parler de bien des chefs d’œuvres, et, pour en rester uniquement aux romans, je peux parfaitement classer des titres comme Les Cantos d’Hypérion, Fondation ou Elric, pour ne citer que les plus marquants, comme de purs chef d’œuvres qui oui, chacun a leurs façons, m’ont suffisamment marquer comme on aurait pu me le faire au fer rouge ; par ailleurs, d’autres titres furent tout aussi importants même si, ne les ayant plus lus depuis longtemps, je n’ai jamais eu l’occasion de vous en parler dans le Journal de Feanor : ainsi, entre les œuvres de Lovecraft ou celles de Tolkien comme le sublime Silmarillion et celui que l’on ne présente plus, Le Seigneur des Anneaux, à plusieurs reprises, au cours de ma vie, certains titres, certains auteurs, se démarquaient des autres. Et parmi ceux-ci, nul ne doute que la découverte de Tolkien, à la fin des années 80, alors que j’avais quatorze ans, fut probablement l’un des plus spectaculaires : recevant la trilogie pour Noël, j’avais tellement été enthousiasmé que je l’avais lu six fois de suite, sans discontinué ! Le Seigneur des Anneaux, donc, que j’ai lu à une époque où je me lançais dans les Livres dont vous êtes le héros, fut le catalyseur de mon entrée en Heroic Fantasy pour de longues, très longues années, avec le meilleur, mais aussi le pire, et si, avec le temps qui passe et l’évolution de mes propres gouts personnels, je me suis de plus en plus éloigné du genre que je jugeais trop figé dans des canons dépassés, jamais je ne reniais mes premiers amours, et ce, même si je n’aurais pas été contre qu’Elric vienne trucider Frodon avec Stormbringer et s’empare allègrement de l’Anneau Unique ! Bref, je pense que les connaisseurs du genre l’ont compris, j’étais plus que prêt pour passer à autre chose, a une autre Fantasy, plus sombre, plus adulte, plus à mon gout pour faire court…

Le Trône de fer, voilà, après un préambule qui n’en finissait pas, il est temps d’aborder enfin ce qui nous intéresse aujourd’hui, je veux bien évidement parler de ce qui est tout simplement considérer par beaucoups comme étant l’une des œuvres de Fantasy les plus importantes de ces dernières années, si ce n’est la toute meilleure, rien que ça ! Exagération, effet de mode dut a la série (que, pour la petite histoire, je dois etre le seul encore à ne pas avoir vu) et qui passera bien vite, sincèrement, non, je ne le pense pas, mais comment en convaincre quelqu’un qui n’aurait pas lu, qui n’aurait pas découvert cet univers, ces personnages, ces intrigues toutes droits sorties de l’imagination de son auteur, George R. R. Martin, considéré par certains comme le Tolkien moderne. Hérésie hurleront aux loups (Stark) les fans du vieux maitre ? Eh bien, pour avoir lu les deux auteurs, et tout en étant le plus objectif possible, chaque œuvre se valant et n’étant, finalement et après mure réflexion, nullement comparable si ce n’est par leur propre importance, cette comparaison ne m’apparait pas forcément exagérée, bien au contraire. Martin, comme Tolkien, a su créer de toutes pièces un monde, que dis-je, un univers crédible et magistrale, des personnages en veut-tu en voilà charismatiques en diable et une intrigue… ah, cette intrigue… qui vous empêche tout simplement de reposer le bouquin tant que vous ne découvrez pas la suite ! Pourtant, rares finalement sont les points communs entre les deux œuvres, le contraire étant plutôt à souligner : d’une part, chez Tolkien, nous avons un récit, voire carrément le récit fondateur de tout un genre, l’Heroic Fantasy avec son manichéisme de bon aloi, ses héros destinés à sauver le monde et ses méchants terriblement diaboliques, tandis que chez Martin, oubliez tout de go les Elfes aux oreilles pointues, les Nains et leurs haches, les magiciens barbus et les forces du mal car dans Le Trône de fer, la magie, les créatures fantastiques, si elles ont pu exister ou existent encore, ne sont qu’à peine esquisser et le lecteur de se retrouver davantage devant un récit plus proche du roman historique que de la pure œuvre de Fantasy – d’ailleurs, quand on connait les références de Martin comme Les rois maudits, la guerre des deux roses ou le Mur d’Adrien, pour ne citer que les plus importantes, l’on comprends mieux où l’auteur veut nous entrainer : ici, pas de héros ni de grands méchants mais toute une flopée de protagonistes, tout aussi importants les uns que les autres et que l’on suit, chapitres après chapitres, selon le point de vue de chacun. Cette façon de procédée, qui peut en troubler plus d’un, permet pourtant de suivre le déroulement de l’intrigue selon le point de vu de protagonistes souvent antagonistes dans le récit et est, accessoirement, une véritable bouffée d’oxygène dans un genre pour le moins convenu en temps normal. Chaque lecteur aura, du coup, ses préférences, selon ses personnages préférés et le fait que, suivant ces fameux points de vue, tel protagoniste peut, d’un chapitre à l’autre, passer presque d’un type bien à un véritable salaud est une façon de procédé que je trouve pour le moins judicieuse et parfaitement bien trouvée.


Bref, vous l’avez compris, j’ai aimé, que dis-je, j’ai adoré ce premier volume (lu ici dans sa dernière version dite intégrale qui reprend le format de parution original, ce qui, selon moi, est une fort bonne chose) de cette exceptionnelle saga qu’est Le Trône de fer. Pourtant, tout ne fut pas aussi facile au départ : tout d’abord, il est dans mes habitudes de ne jamais, mais vraiment jamais me lancer dans la lecture d’une œuvre tant que celle-ci n’est pas achevée, hors, comme chacun sait, pour ce qui est du cas présent, nous n’en sommes pas prêt d’en connaitre la fin – et encore, la connaitront nous un jour, suffirait que Martin meure et adieu celle-ci – pourtant, à force d’entendre tellement de louanges au sujet de cette œuvre depuis tellement longtemps, je me suis laisser tenter, me disant qu’avec les quatre premières intégrales, j’en avais au moins pour un certain temps. Ensuite, et ceci est valable pour tout nouveau lecteur qui souhaiterait se lancer dans Le Trône de fer : que ce fut dur au début ! Ces changements de points de vue entre les chapitres, le nombre gargantuesque de personnages principaux, secondaires, de troisième zone, les familles, les régions, les ancêtres, les légendes m’ont tellement embrouillé qu’il m’aura fallu une bonne centaine de pages pour que je commence enfin à m’y retrouver – et encore, alors que j’ai attaqué le tome deux depuis une semaine, parfois, il m’arrive de tomber sur un protagoniste sur lequel j’ai un doute – a quoi il faut ajouter la fameuse traduction tant décriée du sieur Jean Sola qui n’arrange pas les choses : usant d’un français au style plutôt ancien, la tournure des phrases, lorsque l’on est pas habitué – ce qui est le cas de tout individu normal – a de quoi dérouter nos pauvres neurones. Pourtant, avec le temps, je m’y suis habituer et je dois avouer que, désormais, celle-ci ne me pose plus aucun problème. Pour finir, un petit avertissement s’impose : dans Le Trône de fer, ne vous attendez pas à de grandes scènes d’actions ou des descriptions de batailles grandioses, ici, c’est surtout énormément de parlote entre personnages, de pensées etc. Personnellement, cela ne me gêne pas mais un tel procédé pourrait déplaire à plus d’un lecteur. Mais bon, ce n’est pas comme si je ne les avais pas prévenus.


Ceci étant dit, il est temps que je me replonge dans la deuxième intégrale, que je suive la suite des aventures de Daenerys Targaryen, Jon Snow, Arya Stark et le génialissime Tyrion Lannister, que je retrouve le plaisir incommensurable que je ressens a la lecture de cette œuvre, que je tremble pour les personnages (et oui, ici, n’importe qui peut mourir !), que je m’extasie devant les intrigues, les coups fourrés et les divers retournements de situations qui ponctuent le récit. Pour cette première critique du Trône de fer, je ne me serais guère attardé sur celui-ci, ses personnages, cette intrigue et je tacherais de le faire pour la suite, mais pour une première, j’avais décidément bien plus à cœur de vous dévoiler mon ressenti sur cette œuvre, même si, pour cela, je me serais un peu éparpiller dans tous les sens. Bien plus haut, dans ce billet, je me demandais si une œuvre peut changer une vie ? La réponse, vous la connaissez fort probablement : même si je relativise les choses, même si, après tout, cela n’est qu’un roman, même si la vie fourmille de choses autrement plus importantes, c’est oui, un grand oui même ! Mais bon, comment pourrait-il en etre autrement ? Personnellement, des œuvres géniales, il en existe des tas, mais aussi magistrale que ce Trône de fer, sincèrement, je dois les compter sur les doigts d’une main !

samedi 8 septembre 2012

AGUIRRE, LA COLERE DE DIEU



AGUIRRE, LA COLERE DE DIEU

Au XVIe siècle, une expédition espagnole mandatée par Pizarro part à la recherche de l'Eldorado sous les ordres de Pedro de Ursúa. Lope de Aguirre, l'un de ses lieutenants, illuminé et mégalomane, s'oppose à son autorité. Ses actions pour saboter l'expédition se multiplient. Lorsqu'Ursúa ordonne un arrêt des recherches, Aguirre lance une mutinerie contre lui et impose le sacre d'un noble du groupe, Fernando de Guzmán, comme empereur d'Eldorado. Il fait exécuter les partisans de l'ancien chef, à l'exception d'Ursúa lui-même qui est épargné par Guzmán. Les hommes restants, sous les ordres d'Aguirre et Guzmán, embarquent à bord d'un radeau et descendent le fleuve dans l'espoir de trouver la cité d'or.

Il existe des films (voir des œuvres, au sens plus large) qui sont nimbées d’une aura légendaire et qui ne vieillissent pas d’un pouce, malgré le temps qui passe. Et bien souvent, ceux-ci ne sont pas forcément les plus connus du grand public, loin de là, et ce, même si l’amateur éclairé, lui, sait pertinemment de quoi il en retourne. Prenez par exemple ce film, Aguirre, la colère de Dieu, vous ne pouvez que difficilement imaginez ce que celui-ci peut représenter pour moi ; et pourtant, combien de fois ais-je pu le voir véritablement (c’est-à-dire, en entier) dans ma vie : une fois, deux fois peut-être avec, de temps en temps, quelques minutes par ci par là ? Quoi qu’il en soit, et avant sa dernière diffusion en date, ce mercredi soir, sur ARTE, je ne l’avais vu qu’une seule et unique fois dans son intégralité, et c’était il y a si longtemps… D’ailleurs, n’étais-je pas trop jeune lorsque je l’avais découvert pour la toute première fois, n’étais-je pas passé à côté de l’essence même du scénario, avais-je compris sa profondeur, son sens caché ? Franchement, non. Pourtant, vous dire que cette œuvre ne m’avait pas marqué au fer rouge serait vous mentir.


Oui, il existe des films comme cet Aguirre, la colère de Dieu qui marquent une vie, des œuvres que vous n’oubliez jamais et que vous portez forcément aux nues ; comment, rares sont ceux parmi vos proches à connaitre ce long métrage ? Mais qu’importe, après tout, la célébrité et les grands succès du box-office n’ont jamais été gages de qualité – par contre, je le reconnais, le contraire est vrai également mais cela est un autre débat. Quoi qu’il en soit, pour en revenir à nos moutons, prenez deux hommes, Werner Herzog, maitre d’œuvre du nouveau cinéma allemand, et l’inimitable Klaus Kinski, aussi génial que complètement cintré, deux hommes capables de se détester cordialement, de se menacer de mort le plus naturellement du monde comme d’autres vont acheter leurs baguettes et d’imposer de fait une ambiance détestable sur le plateau, enfin, sur les lieux de tournage, ici en extérieur, deux hommes faits pour se rencontrer, travailler ensemble et nous offrir au final, tout bonnement un pur chef d’œuvre ; et quel putain de chef d’œuvre !

Par le biais d’un scénario malin et original (car rarement abordé au cinéma) d’une expédition espagnole, à l’époque de la conquête du nouveau monde, qui est sur les traces de la mythique cité d’Eldorado au fin fond de la jungle amazonienne, le spectateur suit donc ce groupe en pleine dérive, en pleine folie, mener une quête dangereuse et perdue d'avance puisque dès le départ, il est annoncé qu’Eldorado n’est qu’une fable inventée par les indiens. Un groupe en pleine folie puisque, non seulement, sa quête n’est qu’une chimère, mais que par-dessus le marché, une révolte éclate au sein de celui-ci, mené par Lope de Aguirre – accessoirement, un personnage réel qui a bel et bien existé – joué ici par le génial Klaus Kinski, qui entraine ses troupes, composés d’individus sans aucune morale et dont la soif d’or et de pouvoir les prive de toute morale et de sentiments humains, toujours plus loin dans cette forêt impénétrable et meurtrière, et ce, jusqu’à leur propre autodestruction finale. Véritable fable sur la malice perfide qu'apporte la passion du pouvoir, la folie qu'elle engrange, le film dérange dans le fait qu'il montre des personnages inconscients, sans morale, même ce prêtre qui a l'idée d'obtenir une croix en or affiche à sourire plein d'avidité juste... dérangeant. Le pouvoir est un des thèmes du film, mais s'ajoute à lui celui de la peur. La peur constante des indiens, ennemis invisibles qui tuent dans la plus grande discrétion. La peur du bruit, la peur du silence, la peur du mouvement, la peur de l'absence de mouvement. Peur paranoïaque, ravageant l'esprit autant que le fait l'appât du gain, autant que la fièvre et la faim, mais aussi autant que la peur qu'inspire ce leader, Aguirre.


Aguirre, personnage tout bonnement fascinant dans ce film, interprété donc par un Klaus Kinski époustouflant, brillant de justesse, dérangeant. Sa carrure, sa gestuelle, sa voix, tout est fait pour lui donner ce charisme de fou emblématique. Son regard transperce, sonde, jusqu'à déranger même le spectateur. Et Aguirre qui, déjà, n'était pas très net au début, va le devenir de moins en moins au fil de la dérive, au fil de cette quête de folie où il va n'en devenir que plus malsain, plus perturbant, et juste jouissif à voir se mettre en place en tant que spectateur.


Film envoutant, Aguirre, la colère de Dieu est porté par des plans plus magnifiques les uns que les autres, rappelant Apocalypse Now ou La ligne rouge (mais rappelons que ceux-ci sont sortis après celui dont nous parlons). Une caméra maîtrisée nous plongeant complètement dans l'atmosphère dangereuse et sale de la forêt amazonienne. Mais qui paradoxalement nous offre une fin de toute beauté, parfaite sous tous les plans : dans un radeau qui s’est délabré tout au long de son parcours sur le fleuve et dont il ne reste que quelques ruines éparses, un Aguirre totalement allumé, seul au milieu des cadavres de ses compagnons et ayant pour dernière compagnie, une bande de singes, hurle a la face de Dieu la célèbre phrase : « Qui d'autre est avec moi ? ». Des morts, des singes, le fleuve, la forêt et, bien entendu, sa propre mort à venir n’étant que les seules réponses qui nous viennent à l’esprit.


Aguirre, la colère de Dieu est donc un chef d'œuvre intemporel, un film à la fois dérangeant et fascinant, qui nous immerge de la plus sublime des façons dans une magistrale descente aux enfers, au cœur de la folie, et ce, tout en n'oubliant pas de conserver une approche historique intéressante et réelle (pour rappel, le personnage interprété par Kinski a bel et bien exister, c’est rebellé contre le Roi d’Espagne et ses méfaits ont été bien plus graves que ceux présentés dans ce film), qui nous montre l'état d'esprit de ces hommes, de ces colons à l'esprit plein de pouvoir et rendus fous par la quête d’un Eldorado de pacotille. Aguirre, la colère de Dieu, une fresque autant qu'un film, brillant chef d'œuvre, juste magnifique et à ne manquer sous aucun prétexte.

GOD OF WAR III



GOD OF WAR III

À la fin de God of War II, Kratos avec l'aide des Titans part à l'assaut du mont Olympe afin de tuer Zeus à l'aide de la Lame de l'Olympe. Sur le dos de Gaïa, Kratos affronte Poséidon, qui déchaîne les démons des mers contre le titan. Après la mort du dieu des océans, les eaux envahissent les terres. Quand Kratos parvient à rejoindre Zeus, ce dernier déchaîne sa foudre, blessant Gaïa au bras et provoquant sa chute. Kratos ne peut se retenir et tombe dans le Styx, tandis que Gaïa, lui refuse son aide en affirmant qu'il n'a toujours été qu'un pion.

Lorsque fin décembre prochain, je m’attèlerais a la tache de l’écriture de mon habituel billet consacré au récapitulatif de l’année écoulée et que je devrais choisir celui qui sera considéré comme étant le jeu de cette année 2012, nul doute que la saga de God of War, dans son intégralité, sera probablement le grand vainqueur. Bien évidemment, affirmer une telle chose dès le mois de septembre peut paraitre assez hasardeux, surtout que, d’ici là, je peux changer d’avis – et quand je pense à Skyrim, pour ne citer que mon dernier jeu en date que je viens tout juste à peine de commencer, force est de constater qu’effectivement, changer d’avis est une possibilité à prendre en compte – mais bon, et même si je peux me tromper, je pense que dans un peu moins de quatre mois, lorsqu’il me faudra choisir, mon choix se portera le plus naturellement du monde sur God of War. Tout commença en mars derniers, quand, alors que j’étais pour la énième fois en congés, je m’étais procuré le deuxième volet des aventures de Kratos : God of War II Divine Retribution. Car, dès les premières minutes de jeu, ce fut un véritable choc ; ambiance, scénario, protagonistes, musique, graphismes, je retrouvais en un seul jeu une sensation que je n’avais pas ressenti depuis des années, celle d’avoir la certitude de me trouver devant un très très bon jeu ; une véritable tuerie, comme l’on dit de nos jours. Pourtant, à la base, lorsque ce bourrin de Kratos fit ses premiers pas vidéoludiques, je n’avais pas franchement accroché à celui-ci : trop violent, trop sanglant, trop… bourrin, cet antihéros sans aucune morale ne m’attirait guère. Cela, ce fut avant d’essayer le jeu en lui-même, et de comprendre que ce que je prenais pour des défauts, collaient tellement bien à ce personnage et cet univers, qu’il ne pouvait décidément pas en etre autrement. Bien évidemment, une fois God of War II achevé, j’eu tout de suite l’envie de me procurer et de faire son prédécesseur, le tout premier épisode de la série, celui par qui tout avait commencé : sobrement intitulé God of War, celui-ci, malgré le fait qu’il était indéniablement un très bon jeu, portant les germes de l’excellence du second opus, n’en possédait pas moins quelques petits défauts, finalement assez compréhensibles, qui le rendaient inférieur à sa suite : ainsi, entre les graphismes, sa courte durée de vie et le nombre ridiculement bas de boss – seulement trois, un record – ce premier God of War, malgré ses qualités, ne pouvait prétendre à rivaliser avec son successeur. Mais, bien évidemment, ce n’était pas fini car, comme chacun sait – du moins, si l’on s’intéresse à la chose vidéoludique – sur console de salon, Kratos poursuivait ses aventures sur PS3.


Entre le fait que God of War, second du nom, s’achevait sur un formidable cliffhanger ainsi que l’envie de découvrir l’univers de Kratos porté sur console dernière génération, l’envie de jouer à ce dernier volet de la saga fut forte et je dois reconnaitre que long furent les mois d’attente avant de, enfin, pouvoir enfin me lancer dans ce God of War, troisième du nom, que je me suis procurer au mois de juillet dernier. Or, une fois celui-ci acquis, je dus encore patienter avant de le commencer puisque entretemps, j’avais un certain Dante’s Inferno à finir (pour ce qui est de ce jeu, force est de constater qu’il me semble inutile de vous rappeler d’où vient son inspiration) puis, ensuite, ma partie de God of War III eu à connaitre quelques coupures : deux semaines pendant mes vacances du coté de Lacanau, puis, pour finir, juste avant le combat final contre Zeus, presque deux semaines également par manque de temps. Pour un jeu tant attendu, cela peut paraitre beaucoup, mais bon, ce sont les aléas de la vie comme dirait l’autre. Quoi qu’il en soit, tout cela peut etre, ou pas, passionnant (hum, je pense que non), ce qui compte avant toute chose, c’est que je vous dise ce que je pense de ce troisième opus des péripéties barbaresques de Kratos ? Et sur ce point, il me semble qu’il est grand temps que je m’y attèle !


Tout d’abord, abordons le point qui, je pense, mettra tout le monde d’accord et sur lequel peut d’entre vous trouveront à redire, je veux bien entendu parler des graphismes. PS3 oblige, et comme il fallait s’y attendre, ceux-ci sont bien évidement somptueux. Que ce soit les décors, tous plus somptueux les uns que les autres, les personnages, les jeux de lumière voir même les détails, comme les giclées de sang et certains effets dus aux armes ou aux pouvoirs, il n’y a pas grand-chose à redire ; surtout que, dans mon cas, je ne dispose que d’une vieille télévision et que, sur un matériel plus moderne, je n’ose imaginer le rendu graphique !? Mais bon, quelque part, ce constat n’est pas forcément une surprise en soit : après tout, God of War II sur PS2 était déjà sublime en soit et l’on se doutait bien que les petits gars de chez Santa Monica Studio, a moins d’une défaillance monumentale, sur une machine supérieure, ne pouvaient nous livrer qu’un jeu magnifique techniquement parlant. Pas de surprise donc, juste une confirmation de ce à quoi il fallait s’attendre, le principal était de toute façon ailleurs.


Oui, le principal questionnement que le joueur pouvait éventuellement se poser, du moins, celle qui me taraudait l’esprit après avoir achevé les deux premiers opus, était de savoir ce qu’un énième épisode de God of War, en dehors du fait qu’il sortait sur une machine plus puissante, pouvait bien apporter à la saga ? La conclure ? Certes, il fallait bel et bien une fin, cela va de soit (quoi que, d’après ce que j’ai pu voir, un quatrième volet et en préparation, la bonne blague !), surtout vu comment s’achevait le volet précédant. Mais bon, les développeurs allaient-ils réussir à se renouveler, allaient-ils véritablement apporter quelque chose de neuf a cette saga, quelque chose qui marquerait une différence autre que d’un seul point de vue technique ? Ce nouvel opus ne risquait-il pas de manquer cruellement d’originalité, de n’etre que, finalement, une simple poudre aux yeux pour le simple quidam qui n’y verrait que du feu ?


En fait, la réponse n’est pas aussi simple que je l’aurais souhaité. Indéniablement, il me semble évidant d’affirmer que ce troisième opus de God of War est un bon jeu, probablement l’un des tous meilleurs soient sortis sur notre bonne vieille Playstation 3 ; en effet, tout ce qui avait fait la force de la saga, et que l’on retrouvait déjà dans le premier volet, est toujours là, mais amplifier – plus beau, plus grand, plus spectaculaire, plus violent, etc. Cependant, à mes yeux, la problématique qui se pose est plus d’un point de vue scénaristique qu’autre chose. Certes, une fois de plus, l’intrigue qui nous est proposé est captivante au possible et, du coup, incarner Kratos est toujours un plaisir et il est dur de décroché une fois la manette en main, mais, quelque part, tout cela n’est que le prolongement de l’épisode précédant ; ainsi, au menu du scénario, rien de bien nouveau au programme : Kratos veut se venger, Kratos tue des dieux, Kratos se bat contre des cyclopes, Kratos fait encore une fois un tour aux Enfers, Kratos marche, court, saute, vole, étripe, démembre, ouvre des coffres, trouve de nouvelles armes, les rend plus performantes, devient, forcément, de plus en plus balèze et se tape Zeus à la fin. En fait, comme dans les précédant volets, tout simplement. Alors oui, il ne fallait pas s’attendre à de grands bouleversements de la part de ce troisième volet de God of War, les développeurs ont fait leur boulot, l’adaptant tout juste à la PS3 et, donnant une fin (pour le moment), donc, à la saga. Mais si le jeu est indéniablement bon, si techniquement, il n’y a rien à redire et si, je ne le nie pas, le plaisir est toujours au rendez-vous, pour ce qui est de l’originalité, on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit, elle, au rendez-vous. Ais-je l’air d’exagéré, ne chipoterais-je pas un peu trop ? Aux yeux de nombreux joueurs, probablement que oui, cela n’étant qu’un point de détail pour la plus part. Sauf que, pour moi, ce n’est pas le cas.


L’on a tendance à dire que qui aime bien, châtie bien, et je pense que c’est ce que j’ai fait avec ce God of War III. Bien évidemment, ce n’était surement pas dans ce genre de jeu qu’il fallait s’attendre à des surprises scénaristiques époustouflantes, surtout que, quelque part, il faut rappeler que ce troisième opus n’est que la suite directe de son prédécesseur, ce qui a pu déjouer un peu en sa défaveur vis-à-vis de celui-ci, du moins, encore une fois de plus, de mon point de vue. Car pour moi, le meilleur épisode de God of War est indéniablement le second avec son scénario de folie mais aussi et surtout, sa longueur ; oui, ne l’oublions pas, le volet PS3 des aventures de Kratos ne brille pas non plus par une extrême durée de vie. Ce point aussi joue en sa défaveur, ce qui est dommageable. Mais bon, il est peut-être temps que j’arrête de taper (gentiment) sur ce jeu, mine de rien, si c’est avis peut paraitre plus que désobligeant, surtout aux yeux de joueurs plus complaisants, je dois tout de même reconnaitre que ce God of War III n’en reste pas moins un sacré jeu, jouissif en diable, terriblement prenant et très difficile à lâcher une fois la partie lancée. Dommage juste qu’il soit trop court et ne se démarque pas vraiment de ses prédécesseurs, car sinon, c’est du tout bon !

mardi 4 septembre 2012

EXCALIBUR – CHRONIQUES : PENDRAGON



EXCALIBUR – CHRONIQUES : PENDRAGON

Cette épée prolonge la volonté d’Avalon. Celui qui la brandit, parle au nom de l’île sacrée. Merlin un vieux druide visionnaire mais pas infaillible. Uther Pendragon, une jeune brute qui apprend à devenir un véritable roi. Ygerne, une femme battue pour ses convictions religieuses. Gorloix un pervers sadique accroc de Dieu et bourreau de sa femme. Et Morgane une adorable enfant qui voit les choses que personne ne voit, pas même Merlin. Une enfant qui souffre de savoir qu’un jour, elle sera infailliblement mauvaise.

S’il y a un bien un domaine couvert en long en large et en travers, c’est bien la légende arthurienne. Ce constat, depuis des siècles que celle-ci existe sous diverses formes – voir sur ce sujet Les Cahiers de Science & Vie n°117 : Le roi Arthur, le mythe à l'épreuve de la science très instructif sur le mythe arthurien – se vérifie dans moult médias, que ce soit par le biais de romans, de films, de séries, mais aussi, bien entendu, en bande dessinée. Sans cesse remaniée et réinterprétée au fil des siècles, la légende arthurienne, dont il existe bien des versions, parfois contradictoires, séduit toujours autant les auteurs modernes, toujours prêts à offrir à un public décidément jamais blaser, leurs propres versions du mythe. Bien évidemment, a force, tout a chacun a, un jour ou l’autre, entendu parler ou vu tel œuvre qui traite de la légende arthurienne et des noms comme Merlin, Excalibur, Lancelot, Arthur, Viviane ou Camelot sont bien connus de tous. Forcément, cet état de fait pourrait parfaitement en blaser plus d’un, surtout que, bien souvent, le pire côtoie le meilleur ; d’ailleurs, avais-je franchement besoin, je vous pose la question, de me lancer, alors qu’il existe tellement de bande dessinées qui sortent chaque fois, dans une énième série qui traite du mythe arthurien ? En avais-je vraiment besoin ? Etais ce nécessaire ? Car bon, je ne voudrais pas etre méchant mais après tout, qu’est-ce que ces Chroniques d’Excalibur apportent de nouveau à une légende tellement connue, tellement vu et revue qu’à force, on ne pourrait que s’en lasser ?


L’on pourrait dire, pas grand-chose, et pourtant, force est de constater qu’en traitant d’un sujet vieux comme le monde, que l’on connait plus que par cœur et qui n’apporte franchement plus aucune surprise – a moins de s’en éloigner sensiblement, ce que le regretté Robert Holdstock avait superbement fait dans sa trilogie du Codex de Merlin – le sieur Jean-Luc Istin, alias monsieur maitre d’œuvres de la collection Celtic de chez Soleil, réussi le tour de force, c’est le cas de la dire, de nous proposer un fort bon album qui certes, ne rénove absolument pas le genre, mais n’en reste pas moins bigrement efficace. Bien évidemment, le scénariste des Druides et de bien d’autres séries, qui avait déjà tâté du mythe arthurien chez Soleil, connait parfaitement bien son affaire, et en grand connaisseur de la chose qu’il est, il s’attaque ici à Excalibur, la fameuse épée magique que le roi Arthur est connu pour avoir arraché du rocher. Cependant, Istin, dans ce premier tome, ne va pas s’occuper d’Arthur en lui-même et consacrer son travail, comme le nom de cet album l’indique, à son père Uther. Pour cela, il s’attache les services de Brion un artiste ma foi fort talentueux, que je ne connaissais pas, et qui avait déjà œuvré, toujours chez Soleil, sur l’Épopée de Gilgamesh. Son travail sur ce premier tome des Chroniques d’Excalibur étant tout bonnement somptueux et est sans nul doute l’une des raisons principales au fait que j’ai fortement apprécier celui-ci.


Ainsi, dans ce Pendragon, premier volume de cette toute nouvelle et énième saga sur le mythe arthurien, les compères Jean-Luc Istin et Brion, maitrisant leurs sujets sur le bout des ongles, chacun dans sa partie, nous livrent là un album, déjà, un plus long que d’habitude (une cinquantaine de pages) ce qui n’est pas négligeable, surtout vu la qualité de l’ensemble, qui n’est certes pas original en soit – mais comment peut-on l’etre au bout de tant de versions d’une même histoire – tout en étant d’un très bon niveau : ainsi, suivant les pas d’un Merlin fidèle à lui-même et sans surprises, le lecteur va découvrir le sort du père d’Arthur, le fameux Uther Pendragon, celui qui était destiné à engendrer un roi, et non, a le devenir. Et ce personnage, souvent oublié ou à peine entraperçue dans bien des versions de la geste arthuriennes, connait ici son heure de gloire, Jean-Luc Istin lui donnant un petit côté tragique qu’on ne lui connaissait pas et qui lui va bien, tandis que le sieur Brion, de par son talent, sublime ses traits de la pointe de ses pinceaux. D’ailleurs, il apparait clairement que dans ce premier tome d’Excalibur, le scénario d’Istin est superbement mis en valeur par Brion qui sait capter le passage du temps avec talent. Les évènements s’enchaînent et le dynamisme est toujours de mise. Les détails fourmillent et il est véritablement plaisant de voir les armures, les châteaux ou encore la barbe de Merlin au vent. Brion parvient d’ailleurs à nous donner une belle interprétation d’Avalon avec son architecture intemporelle et ses belles naïades.


Au final, il apparait clairement que ce Pendragon, premier tome d’une énième série consacré au mythe arthurien – un de plus ajouteront les grincheux – est un tome séduisant, fort plaisant mais qui joue peut-être un peu trop la carte de la rapidité pour décrire des actions et une temporalité complexe. L’histoire, archie connue même si divergente par certains points des canons du mythe – après tout, chaque auteur, depuis des siècles, ne fait qu’apporter sa propre version de celui ci – fonctionne plutôt bien et est suffisamment captivante pour qu’on puisse la juger comme étant réussie. Les dessins, eux, sont tout bonnement superbes et il me semble évidant, après coup, que je tacherais de retenir attentivement le nom de ce dessinateur ; ses personnages, Merlin, Uther, Morgane et les autres, ses décors, l’on atteint tout simplement des sommets et sur ce point, la double page où Merlin arrive à Avalon est un must du genre. Nul doute, après tout ceci, que la suite promet énormément et que l’on ne peut qu’etre pressés de la découvrir. Espérons juste que le duo continu sur cette lancée car ils ont mis la barre très haut. 
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...