jeudi 26 février 2009

DARWINIA


DARWINIA

Mars 1912, l'Europe et une partie de l'Angleterre disparaissent subitement, remplacés par un continent à la faune et à la flore non terrestres que l'on ne tarde pas à nommer la Darwinie. Pour le jeune Guildford Law, cette tragédie n'a rien d'un miracle ou d'une punition divine; plutôt une énigme que la science pourra un jour résoudre. Fort de cette certitude, il va tout sacrifier pour faire partie de la première grande expédition d'exploration destinée à s'enfoncer au coeur du continent inconnu; une expédition qui, de mort violente en mort violente, le mènera plus loin qu'il ne pouvait l'imaginer... Nominé au prestigieux prix Hugo en 1999, Darwinia est une oeuvre d'une singulière ambition, qui évoque l'époque glorieuse où les savants étaient aussi explorateurs et aventuriers.

Quelle formidable déception que ce « Darwinia », et ce qui me chagrine le plus, c’est que ce livre avait véritablement le potentiel pour être excellant, d’où un sentiment de gâchis indescriptible qui ne fait que renforcer mon impression finale. Pourtant, celui-ci débutait fort bien : au début du vingtième siècle, en une nuit, l’Europe disparaissait, ou, du moins, celle que l’on connaît, remplacée par un continent sauvage et singulier. D’ailleurs, les premières pages du roman sont fort bien écrites, et le lecteur plonge rapidement, par le biais des personnages, dans la découverte invraisemblable de la catastrophe survenue au « vieux monde ». Fort d’un début prometteur et qui laissait espérer une suite du même calibre, l’histoire fait un bon d’une décennie en avant, et, se poursuit par ce qui fera le gros du récit, l’exploration du continent européen par une équipe d’expédition américaine. Jusque là, comme dirait l’autre, tout va bien : les conséquences de la disparition des nations européennes et de ses millions d’habitants sur le reste du monde sont crédibles, ainsi que la tentative de survivance de l’Empire Britannique et la volonté US de faire la main mise sur de nouvelles terres à leur unique profit. De même, l’on suit l’expédition avec un certain intérêt dans son avancée et le fait que la faune locale ne sois pas digne d’un quelconque monde perdu, est plutôt une excellente chose : dans trop d’œuvres fantastiques, on aurait eu droit à une avalanche de dinosaures ou de monstres qui auraient donner du fil à retorde aux scientifiques ; là, ce n’est pas le cas et c’est tant mieux. Cependant, comme dans toute bonne jungle impénétrable qui se doit, nous avons droit à une citée antédiluvienne aux dimensions cyclopéennes, et, sans être d’une grande originalité, sa découverte est captivante. « Captivant », ainsi pourrais je résumer les deux tiers de ce « Darwinia », même si les divers récits parallèles ne sont pas forcements indispensables car, il faut bien reconnaître que la vie de la femme de Guildford Law est d’une utilité fort discutable vu que cela n’apporte rien au récit. Mais bon, malgré ce petit défaut, cette grosse moitié du roman est suffisamment passionnante, entre l’exploration et la recherche d’une explication au sort du continent Européen, pour que le lecteur ait un mal fou à décrocher.

Hélas, mille fois hélas, la suite est une véritable catastrophe. Tombant rapidement dans un délire pseudo Matrixien complètement ridicule, l’auteur nous entraîne dans une sois disante guerre entre des entités immortelles et des pseudos dieux qui, agissant tels des virus informatiques, tentent par tous les moyens de recréer le monde à leur image, faisant table rase du passé. Une guerre sensée se déroulée dans le futur, mais aussi dans le passé de ce même futur, avec une Terre à la fois réelle et irréelle puisque reconstitution (comme le restant de l’Univers) des souvenirs des entités qui ont créer les Archives, base de donnée monumentale sensée regrouper les souvenirs de tous les êtres vivants ayant un jour, vécu dans chaque galaxie… Vous vous y perdez ? Normal, ce fut mon cas également tant le récit par dans le grand n’importe quoi. Et, du coup, les personnages, jusque là pas franchement charismatiques mais néanmoins corrects, se perdent dans le grand guignolesque et perdent du coup toute la profondeur qu’ils avaient jusque là. Et si la lecture était captivante au départ, elle en devient tout simplement pénible au point que, les dernières pages de l’œuvre soient un véritable supplice pour le lecteur. Car « Darwinia » promettait tant au départ, que l’aberration qui prend sa place vers le dernier tiers du roman ne fait que regretter que l’auteur n’en sois pas rester à des révélations moins abracadabrantesques, incompréhensibles et ridicules que la bouillie informe avec laquelle il achève son ouvrage. Bref, une énorme déception à mes yeux, tant pas son coté « SF de série Z » à la sauce Matrix de bas étage, que par la sensation que, avec une fin digne du début, « Darwinia » aurait put être un excellant livre. A la place, hélas, on se retrouve donc avec un beau plantage comme on en voit rarement.

L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON


L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON

"Curieux destin que le mien..." Ainsi commence l'étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l'envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps. Situé à La Nouvelle-Orléans et adapté d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, le film suit ses tribulations de 1918 à nos jours. L'étrange histoire de Benjamin Button : l'histoire d'un homme hors du commun. Ses rencontres et ses découvertes, ses amours, ses joies et ses drames. Et ce qui survivra toujours à l'emprise du temps...

L’affaire va être vite entendue et je ne laisserai pas planer le suspens trop longtemps : après avoir vu « L'étrange histoire de Benjamin Button », je me demande franchement pourquoi les médias ont tellement encensés ce film, chantant ses louanges et la performance de Brad Pitt au point de faire de celui-ci le favori pour l’Oscar du premier rôle masculin (ce qui n’arriva pas d’ailleurs) ? Car, si je n’étais pas vraiment motivé pour aller le voir, après coup, je ne peux que confirmer que mes doutes étaient amplement justifiés et que ce long métrage ne m’a pas convaincu. Cependant, malgré tout, je n’affirme pas que ce « Benjamin Button » sois un quelconque étron inintéressant au possible, cela serait faire preuve d’une mauvaise foi totale, mais que, il est très loin de justifier tout le tapage médiatique de ces dernières semaines.

Pour commencer, le postulat de base du film ne m’a pas repoussé, ce qui serait un comble vu mes goûts en matière de fantastique et de science fiction, où pilulent vaisseaux spatiaux, extraterrestres, dragons et créatures cauchemardesques à la Lovecraft. Après tout, nous n’avons là que la « simple » histoire d’un type né vieux et qui vit sa vie à l’envers, rien de bien transcendant ni de choquant pour les habitués du genre. Curieusement, la plupart de mes doutes à l’encontre de « Benjamin Button » venaient précisément de ce qui aurait du le moins me gêner, le coté fantastique du film, et c’est la que le bat blesse, et pas qu’un peu. Les amateurs de science fiction connaissent probablement le légendaire « Hypérion » de Dan Simmons, qui est à la SF ce que « Le Seigneur des Anneaux » est à la Fantasy. Et, tous ceux qui l’on lu un jour auront compris de quoi je parle : en effet, l’un des personnages du roman, Sol Weintraub vit un drame terrible puisque sa fille, Rachel, victime d’une curieuse maladie, se met soudainement à rajeunir, années par années, revivant sa vie à l’envers, jusqu’à redevenir un bébé, au moment où débute le récit. Et, malgré les différences, il est impossible de ne pas faire de comparaisons entre Rachel et ce brave Benjamin. Et justement, c’est là le fond du problème : le drame de la famille Weintraub est si bien écrit, qu’il en ressort une infinie tristesse qui me bouleversa profondément à l’époque où je découvrit « Hypérion ». Et, il faut bien le reconnaître, l’émotion est littéralement absente de cette « étrange histoire de Benjamin Button » ce qui est problématique pour ce genre d’œuvres cinématographiques a grand spectacle. Car autant le triste destin de Rachel me toucha, autant celui du père Button me laissa froid, et pas qu’un peu. Pourtant, les deux histoires ne sont pas si éloignées que ça l’une de l’autre. Mais là où dans Hypérion, l’émotion était à son comble, celle-ci est quasiment absente dans « Benjamin Button », sauf, vers la toute fin du film, quand, un Brad Pitt visiblement peu concerné par la chose et étonnement terne, prend la décision de quitter sa famille, ainsi que, dans les dernières minutes, il meurt dans les bras de celle qu’il a toujours aimé. Et si ces deux scènes m’ont touchés, cela fait bien peu vu la longueur du film (près de trois heures) et, personnellement, cela ne rattrape en rien l’ensemble que j’ai trouvé tout juste sympathique à regarder, mais sans plus : émotions absentes, personnages stéréotypés, scénario sans grande surprise et sans prise de risque : on se croirait devant une espèce « Forrest Gump » à la sauce fantastique (mais à peine), ou des scènes sont ajoutées sans aucune autre justification que de nous montrer ce que fut le vingtième siècle pour les américains : fin de 14/18, seconde guerre mondiale, moto et blousons en cuir, Beatles, conquête spatiale (hop, une fusée décolle tandis que Brad Pitt et Cate Blanchett roucoulent) et, puisque l’histoire se déroule à la Nouvelle Orléans, on finit avec Katrina (l’ouragan, vous vous souvenez ?). D’ailleurs, à ce propos, j’ai trouvé cette inclusion littéralement inutile, voir limite ridicule, vu qu’elle n’apporte rien au déroulement de l’intrigue, mais bon, on connaît nos amis d’outre atlantique, la moindre petite catastrophe à la mode (locale, cela va de sois, parce que, lorsqu’il y a 300 000 morts en Asie du sud-est, tout le monde s’en moque) se doit d’être montrée un peu partout. Dans le même ordre d’idée, ce serait comme si un film français, se déroulant sur plusieurs générations dans la ville de Toulouse, se ferait écho de l’explosion de l’usine AZF, mais sans aucun lien avec les personnages et le scénario. Ridicule ? C’est ce que je pense. Mais bon, ce qui sauve un tout petit peu (mais de façon infime) cette « étrange histoire de Benjamin Button », c’est peut être ce savoir faire hollywoodien, et l’habitude qu’ils ont de réaliser ce genre de films à grands spectacles vu et revus depuis des lustres. Et encore, dans le genre, personnellement, il y a bien mieux. Alors, que reste t’il au final ? Et bien, tout juste Cate Blanchett, qui, contrairement à un Brad Pitt amorphe et méconnaissable (mais pas par les prouesses numériques mais par son talent d’acteur visiblement en congés ce jour là), est crédible, du début à la fin, qu’elle ait 18 ou 80 ans, on y croit dur comme fer. Et, finalement, de part son talent et son implication, elle est l’une des rares à surnager dans ce marasme peut être légèrement sympathique à regarder sur le coup, mais que l’on oubliera bien vite, tout en se demandant, question ô combien cruciale, pourquoi et comment les médias et les critiques ont pu le porter aux nues ? Cela restera à mes yeux un mystère insondable et incompréhensible…

samedi 21 février 2009

ZOULOU KINGDOM


ZOULOU KINGDOM

Au début de l'année 1879, l'armée britannique stationnée en Afrique du Sud s'apprête à envahir le Zoulouland, gouverné par le roi Cetshwayo, et n'attend plus qu'un ordre pour franchir le fleuve qui sépare les deux nations. Mais c'est compter sans la puissante magie aux mains du grand sorcier Mpande : quarante mille Zoulous déferlent bientôt sur Londres, comme une armée de spectres surgissant de la brume ! Et au milieu du chaos, une âme noire comme la nuit rôde dans les rues de la ville à la recherche de nouvelles proies…

Après avoir lu une bonne vingtaine de tomes des Annales du Disque Monde, il n’était pas simple de passer à autre chose : après tout, il n’est jamais évidant de quitter un cycle, surtout quand celui-ci est aussi long et excellant. De plus, comment quitter un univers burlesque pour retrouver des ouvrages, qu’ils soient de Science fiction ou de Fantasy, plus « sérieux ». Pourtant, il fallait bien que je prenne une décision et j’avoue qu’il me fallut une bonne demi heure pour arrêter mon choix sur ce « Zoulou Kingdom », le problème étant surtout du au très large choix de lecture proposé vu que bon nombre d’ouvrages qui trônent dans ma bibliothèque attendent encore que je daigne m’intéresser à eux. Mais bon, je ne me voyais pas me replonger dans un nouveau cycle, ce qui écartais immédiatement pas mal d’œuvres, et, de plus, je souhaitais un livre court, et éloigner de l’univers de Pratchett, d’où mon choix final.

« Zoulou Kingdom », lors de sa parution en poche il y a quelques mois avait attirer mon attention de part son synopsis accrocheur : à l’époque Victorienne, les Zoulous débarquent en Grande Bretagne, portant le conflit au plein cœur de l’Empire. Et qui dit « Zoulous », dit forcement, pour ceux qui ont eu l’occasion de voir un film comme « Zulu Dawn », de formidables guerriers plongeant en ordre sur les tuniques rouge britanniques, les massacrant implacablement. D’ailleurs, à ce propos, je me souviens de deux films traitant du sujet (un ou les anglais passent tous à la casserole, un autre ou ils s’en sortent un peu mieux, et je dois avouer que je ne sais plus lequel est « Zulu Dawn ») qui m’avaient fortement marquer étant plus jeune. De même, grand amateur des films à la « Fort Alamo », où une poignée de résistants se font massacrer par un ennemi supérieur en nombre, je ne pouvais qu’être attiré par ce « Zoulou Kingdom ». Retrouvant l’Uchronie, genre qui me plait tant, j’étais curieux de savoir ce que cela pouvait donner, même si je ne connaissais l’auteur que de nom, et encore, celui-ci me faisait rire – Christophe Lambert – vous comprendrez aisément pourquoi. La science fiction française n’est pas à négliger, même si j’eu droit, parfois, à quelques déceptions, mais autant que l’anglo-saxonne : il y a du bon comme du mauvais, et si, je ne m’attendais à un chef d’œuvre, je comptais passer néanmoins un agréable moment. Et sur ce point, je ne fus pas déçu.

Pas déçu, mais pas franchement conquis non plus. Christophe Lambert part d’une excellente idée de base, et je reconnais que l’auteur est passionné par son sujet et qu’il à donner son meilleur. Cependant, si son œuvre se lit d’une traite et est suffisamment accrocheuse, elle ressemble plus à une série B de cinéma qu’à une superproduction comme « Alamo », dont en sent l’inspiration en de multiples occasions. Mais une série B sympathique, comme il en existe tant, qui, malgré les défauts du genre, porte en elle quelques qualités qui font que, l’on n’ose dire du mal de l’ensemble, même si l’on est très loin d’un chef d’œuvre inoubliable. « Zoulou Kingdom » est rempli de bonnes intentions mais, il lui manque incontestablement un souffle épique : en effet, il existe de bons passages, quelques personnages réussis, mais trop souvent, l’auteur ne parvient pas à nous émouvoir lors des scènes dramatiques. Des morts importantes sont décrites à la va vite, sans que l’on s’y attarde, et, plus grave, à chaque fois qu’il y a des descriptions sur les conditions de vie de la population civile, cela m’a laisser froid. Peut être que le problème principal est que, Lambert, dans son inspiration d’œuvres cinématographiques, s’en est trop approché est que, du coup, « Zoulou Kingdom » aurait davantage gagner à être vu, qu’à être lu. Pourtant, malgré ses défauts, je ne dirais pas que le livre m’a déçu, loin de la ; celui-ci m’a captiver, comme certains films peuvent le faire, et ce, tout en restant moyens. Au final, bonnes et mauvaises idées s’équilibrent, faisant de cet ouvrage un agréable passe temps, mais qui ne restera pas dans les annales, un peu comme bon nombre de séries B que l’on regarde sur le coup avec un certain plaisir, mais que l’on prend comme ce qui est : un divertissement, sans plus. Mais bon, si vous aimez l’Uchronie, l’époque Victorienne et les zoulous, pourquoi ne pas essayer « Zoulou Kingdom », cela vous changera un peu des habituels nains, trolls et autres vaisseaux spatiaux qui hantent un peu trop la littérature fantastique.

mercredi 18 février 2009

SHREK


SHREK

Shrek, un ogre verdâtre, cynique et malicieux, a élu domicile dans un marécage qu'il croit être un havre de paix. Un matin, alors qu'il sort faire sa toilette, il découvre de petites créatures agaçantes qui errent dans son marais. Shrek se rend alors au château du seigneur Lord Farquaad, qui aurait soi-disant expulsé ces êtres de son royaume. Ce dernier souhaite épouser la princesse Fiona, mais celle-ci est retenue prisonnière par un abominable dragon. Il lui faut un chevalier assez brave pour secourir la belle. Shrek accepte d'accomplir cette mission. En échange, le seigneur devra débarrasser son marécage de ces créatures envahissantes. Or, la princesse Fiona cache un secret terrifiant qui va entraîner Shrek et son compagnon l'âne dans une palpitante et périlleuse aventure.

C’est un peu par surprise que j’ai revu Shrek, ce lundi : parfois, les enfants commencent à regarder un dessin animé quelconque et, de temps en temps, il m’arrive de me laisser tenter, surtout qu’à la base, le DVD est à moi, donc, pourquoi m’en priver après tout ? Mais bon, je ne saurais vous dire combien de fois j’ai déjà vu ce film d’animation depuis sa sortie il y a une bonne poignées d’années désormais. Cinq, six, plus ? Peu importe au final, sauf qu’il existe toujours une différence entre un premier visionnage qui peut être fort trompeur, et un énième, qui entraîne forcement une certaine routine mais qui nous permet incontestablement d’avoir un certain recul sur la chose. Ce qui est le cas dans le sujet qui nous préoccupe à présent. D’un autre coté, si j’arrive encore à le revoir en entier au bout d’une demi douzaine de fois environ, c’est que dans le fond, Shrek ne peut être totalement mauvais. Non ?

Au début du vingt et unième siècle (ça à l’air pompeux dit ainsi mais bon, c’est le cas alors pourquoi s’en priver ?) sortait un curieux film en images de synthèses du nom de Shrek, qui nous narrait les aventures d’un Ogre plutôt sympathique accompagné d’un âne très bavard dans un univers de conte de fées où l’on retrouvait pelle mêle les trois petits cochons, Cendrillon, Pinocchio, le bonhomme en pain d’épices et bien d’autres encore. Rien de bien extraordinaire, il faut être franc vu que ce n’était pas la première fois que l’on s’attaquait aux contes de fées par la parodie (« Mécomptes de Fées » de Terry Pratchett, « Le Concours du Millénaire » de Roger Zelazny et Robert Sheckley, pour ne vous citer que deux exemples) mais comme l’être humain à souvent la mémoire courte, Shrek se posa immédiatement en « anti Disney », ce qui est légèrement ridicule vu que le préfixe « anti » signifie « contre » et que les créateurs parodiaient moins la firme de Mickey que les contes de fées dont celle-ci sut tirer ses meilleures œuvres. Mais bon, que voulez vous… Cependant, là où la différence était notable est que, contrairement aux dessins animés de Disney, Shrek est incontestablement destiné à un public plus mure, plus adulte, qui saura apprécier les diverses subtilités des emprunts et des dialogues (et encore, dans le premier, cela reste assez basique, des le deuxième, on aura droit à une surenchère permanente). Mais les enfants peuvent parfaitement le regarder, puisque même ainsi, il reste assez abordable. Bref, lors de sa sortie, Shrek fut un véritable triomphe, qui entraîna déjà deux suites, et une flopé de produits dérivés. Mais, au bout de près d’une décennie, qu’en reste il ?

Sincèrement, je dois avouer que ce premier Shrek est assez sympathique, qu’il se laisse toujours regarder avec plaisir, mais que, à mes yeux, il est très loin d’être le chef d’œuvre que certains enthousiastes avaient crié à l’époque. Il est bien, sans plus. D’ailleurs, si je devais en choisir un seul dans la série, mon cœur vacillerait sans hésitations aucune sur le deuxième, bien plus riche, drôle et, qui se targue de la présence de l’incomparable Chat Poté. Quand au trois, par charité Chrétienne, je m’abstiendrait de faire de commentaires tant il m’a déçu. Mais, sans être le « super truc de la mort qui tue que chacun doit voir absolument au moins une fois dans sa vie », le premier Shrek, malgré une intrigue simpliste (allez sauver une princesse victime d’une curieuse malédiction, affronter un dragon, tout plein de bons sentiments etc.) fonctionne toujours aussi bien que lors de sa sortie, et l’on ne se lasse pas de le regarder et de sourire, lors de certaines scènes (j’ai bien dit sourire, et non pas rire). Et puis, au vu de la ressemblance entre le seigneur Lord Farquaad et notre Sarkozy national, il ne faudrait pas rater ce qui pourrait être un bon moment de détente. Enfin, s’il y a encore quelqu’un qui ne l’a pas vu ? Car c’est peut être mon problème dans le fond, même si je ne m’en lasse guère, la magie ne fonctionne plus vraiment au bout de quelques années. Mais bon, malgré mes réticences, Shrek reste un bon film d’animation, qui plaira aux petits comme aux grands et c’est ce qui compte finalement.

mardi 10 février 2009

NORTH STAR : LA LÉGENDE DE KEN LE SURVIVANT


NORTH STAR : LA LÉGENDE DE KEN LE SURVIVANT

Kenshiro, alias Ken, un guerrier surhumain exceptionnellement doué pour les arts martiaux, erre dans un monde post-apocalyptique, ravagé par la guerre nucléaire. Il combat, inlassablement le mal, là où il sévit. D’une cité à l’autre, il prend sous son aile protectrice les innocents et éradique des tyrans utilisant la magie noire... Un spectacle impressionnant. Ken le Survivant associe magistralement science-fiction et art martiaux, aventures futuristes et légendes vieilles comme le monde. Le film frappe autant par des combats parfaitement chorégraphiés que par des décors de toute beauté.

Rien qu’en lisant le résumé de la jaquette, on a tout compris : ce film va être phénoménal ! Mais pas dans le bon sens du terme, car « North Star : La légende de Ken le survivant » est un authentique nanard, comme on les aime ! Du coup, comme cela arrive à chaque fois que l’on à affaire à ce genre d’œuvres cinématographiques, les résumés de jaquette en fond des tonnes, ce qui est logique après tout, tout doit être fait afin d’attirer le client, ou l’idiot si vous préférez. Pourtant, je ne suis pas tomber dans le panneau le jours ou j’ai acheter cette chose vu que je savais pertinemment où je mettais les pieds. Car, l’adaptation cinématographique (étrangement, j’ai du mal à considérer ce machin ainsi mais bon, faute de terme plus approprié, je vais me contenter de cela) du cultisime manga « Hokuto no Ken » (qui lui mérite le coup d’oeuil) est reconnue depuis bien longtemps comme étant une belle daube nanardesque. Mais, qui dit « nanard » dit crise de fou rire (c’est ce qui fait la différence avec les navets où l’on se fait chier comme « Independance Day » par exemple) et si, dans le genre, il existe bien mieux, étant fan du manga et du dessin animé depuis les années 80, je ne pouvais décidément pas passer à coté de « North Star : La légende de Ken le survivant ».

Reprenant grosso modo (ou merdo) l’intrigue du début du manga : Ken contre Shin, qui lui à volé sa copine, ce qui fait que Ken n’est pas contant et qu’il va se venger, le film (enfin, il faut bien le nommer ainsi) est un modèle de ce qu’il ne faut pas faire, pour le bien de son modèle original. Certes, si « Hokuto no Ken » n’a jamais brillé par ses réflexions philosophiques, il se détachait parfois de l’œuvre (du moins au départ) une certaine tristesse et une fatalité complètement absente dans le cas qui nous intéresse ici. Certes, il était évidant qu’un manga ultra violent n’allait pas donner un film à la « Lelouch », mais bon, tout de même, nous nous trouvons du coup avec un Kenshiro (au nom japonais mais à l’apparence occidentale, mais bon, si le seul problème était celui la, ça ne serait pas trop grave encore) encore moins charismatique que dans la BD, un Shin privé de toute l’ambiguïté de son personnage et un Bat… Non, par charité chrétienne, je m’abstiendrais de parler de ce qu’ils en ont fait. Bref, les personnages ressemblent à ceux dont ils sont tirés, mais plus par les noms et les rôles qu’ils occupent dans l’intrigue (euh, si l’on doit appeler cette chose une intrigue ?) que pour un quelconque soucis de crédibilité : les acteurs errent comme des âmes en peine, pas vraiment concernés par la chose, dans des décors misérables constitués d’un sois disant désert de sable gris, sous un ciel gris, un pseudo village grisâtre de vingt mètres carré et une tour grise qui se dresse dans un ciel … gris (forcement) et d’où, incroyable, deux projecteurs qui se demandent peut être ce qu’ils sont venus faire dans une telle galère, éclairent légèrement la ville grise (et oui !) d’un bleu fatigué. Et pour ce qui ait de la performance d’acteur, je tenais à tirer bien bas mon chapeau à l’incroyable Gary Daniels, dans le rôle de Kenshiro, qui, par une maîtrise totale de son regard bovin, nous émerveille à de multiples reprises, que cela sois dans des scènes d’action ou de réflexion. Décidément, celui-ci n’eut pas la carrière qu’il méritait dans le comique tant son non-jeu flagrant illumine le film de son emprise. Quand à l’inénarrable Costas Mandylor en méchant aux looks et aux poses gay pas super assumées (il adore que des hommes torses nus le frappent), il réussit tout de même à donner une image de Shin auquel je n’aurais jamais pensé en vingt ans. Du grand art je vous disais !

Bref, vous l’avez deviné, « North Star : La légende de Ken le survivant » est tout sauf indispensable, et ce, même si vous être fan du manga. Néanmoins, malgré ses très nombreux défauts, ses acteurs au QI absent et le manque flagrant de budget, si vous avez en vous, un minimum de courage, de temps à perdre et un goût pour les nanard, alors, peut être que la tentation sera assez forte et que vous vous laisserez tenter. Certes, c’est assez pathétique, mais bon, au milieu de cet indécible ratage, il m’est quand même arriver de rigoler, ne serais ce que pour Gary Daniels. Alors, ça vous dit ?

vendredi 6 février 2009

CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE


CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE

Charlie est un enfant issu d'une famille pauvre. Travaillant pour subvenir aux besoins des siens, il doit économiser chaque penny, et ne peut s'offrir les friandises dont raffolent les enfants de son âge. Pour obtenir son comptant de sucreries, il participe à un concours organisé par l'inquiétant Willy Wonka, le propriétaire de la fabrique de chocolat de la ville. Celui qui découvrira l'un des cinq tickets d'or que Wonka a caché dans les barres de chocolat de sa fabrication gagnera une vie de sucreries.

« Charlie et la chocolaterie » est l'adaptation cinématographique du classique de la littérature enfantine « Charlie and the Chocolate Factory », écrit en 1964 par Roald Dahl et qui se vendit à plus de 13 millions d'exemplaires à travers le monde et qui fut traduit dans pas moins de 32 langues. Cependant, l’adaptation de Tim Burton n’est que le remake d’une première version, datant elle de 1971 et qui n’a pas à rougir de celle qui nous occupe aujourd’hui : j’eu l’occasion de la voir l’année dernière, sensiblement à la même époque, et, franchement, j’avoue avoir été agréablement surpris. Certes, un « Burton » avec son alter ego, Johnny Depp et sa compagne, la belle Helena Bonham Carter, cela ne se refuse pas. Cependant, cela suffit il à en faire un film inoubliable ? Pas forcement comme nous allons le voir.

« Charlie et la chocolaterie » semblait être fait pour Tim Burton au moins autant que celui-ci était fait pour cette œuvre ; la logique voulait que tôt ou tard, le réalisateur s’atèle à sa réalisation et c’est ce qui arriva. De même, Johnny Depp était fait pour jouer le rôle de l’ambigu Willy Wonka, à qui il sut insufflé un coté plutôt inquiétant par moments, voir pas vraiment sain d’esprit, tout en le rendant plus humain en de certaines occasions. Alors, certes, nous nous retrouvons devant un merveilleux conte, qui plaira autant aux petits comme aux grands (ce qui n’est pas plus mal pour le regarder en famille) et dont l’univers féerique est fort bien retranscris mais, on ne m’enlèvera pas de l’esprit que je trouve Tim Burton plus à l’aise devant des œuvres plus « sombres » comme avaient pu l’être « Sleepy Hollow », « Les Noces Funèbres » ou « Edward aux mains d’argent ». En particulier celui-ci, aux décors tout autant « colorés » que « Charlie », mais dont émanait une certaine tristesse quasiment absente de ce dernier. En effet, dans « Charlie et la chocolaterie », nous nous retrouvons dans un univers bien plus gai et malicieux, où les « méchants » caricaturés au possible, disparaîtrons les uns après les autres au fil d’une logique implacable et sans surprise. Mais bon, malgré ce fait, propre à l’histoire en elle-même, nous nous trouvons néanmoins devant un bon film, aux décors réussis et qui, même si des le départ on sait pertinemment que ce brave Charlie sera le vainqueur du concours organiser par le mystérieux Willy Wonka, n’en est pas moins captivant. Certes, l’atmosphère est insouciante, voir enfantine, mais cela ne gâche pas forcement le plaisir du spectateur. Et puis, rien que pour la performance (habituelle devrais je rajouter) de Johnny Depp, pourquoi s’en priver. Alors, même si comme moi, vous préférez des ambiances plus sombres et inquiétantes, ne passez pas à coté de ce « Charlie » qui n’en ai pas moins enchanteur et vous fera passer un agréable moment.

mardi 3 février 2009

L’HISTOIRE SECRÈTE – LES VEILLEURS


L’HISTOIRE SECRÈTE – LES VEILLEURS

Sur son lit d’hôpital où il reprend quelques forces, Daniel Rosenthal veille attentivement sur une carte de tarot : un morceau de carton représentant une étoile, confié par Robert Desnos avant de mourir dans la boue de Theresienstadt, un camp de déportation. Cette carte, le poète l’avait dessiné lui-même alors qu’il était client de l’arcane 17, un singulier cabaret de la butte Montmartre, fréquenté par les surréalistes. A sa sortie du centre de regroupement des déportés, Rosenthal n’est plus que l’ombre du riche marchand d’art qu’il était avant guerre. Il est néanmoins bien décidé à comprendre pourquoi ce tarot exerce sur lui une telle fascination. Il est persuadé que cette « mauvaise étoile », comme la nommait Desnos, a une infinie valeur, qu’elle remplisse lourdement ses poches ou qu’elle change à jamais son destin. C’est Léon Vasil, un brocanteur des puces, qui éclaire le premier sa lanterne, en lui contant l’étonnant rôle des jeux de cartes dans l’histoire du monde. Une histoire ciselée par 4 personnages, par 4 maisons, 4 ivoires marqués d’un symbole dont le tarot de Rosenthal n’est qu’un des multiples rejetons : une des pièces du jeu de l’arcane 17 que MI6, CIA, Opus Dei et membres de l’ODESSA tentent de reconstituer. Rosenthal n’était pas joueur, le voici lancé dans une dangereuse partie qu’observe d’un œil attentif des archontes intéressés…


L'histoire Secrète – Les veilleurs
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 janvier 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Retrouver un énième tome de L’Histoire Secrète en ce début d’année 2009 est tout sauf une surprise puisque, comme je le signalais dans la critique du treizième volume de la saga, Le Crépuscule des Dieux, a la place de la fameuse encyclopédie que l’on nous avait annoncer lors de la parution des Sept Piliers de la Sagesse, nous allions avoir droit a un énième tome, et, je m’en doutais fortement et le quatrième de couverture me l’a confirmer, a un nouveau cycle – nous en sommes déjà au troisième mine de rien ! Le problème, vous l’avez compris, c’est qu’en toute objectivité, on peut commencer a se demander combien de temps cela va durer, surtout que, après un premier cycle qui, reconnaissons le, fut plus une déception qu’autre chose, puis un second bien plus intéressant, le troisième, lui, débute de la pire des manières car franchement, cela faisait bien longtemps que je n’étais pas autant déçu par un album de L’Histoire Secrète ! Car bon, a la lecture de ce quatorzième tome, comment ne pas être dubitatif quand a son contenu, pour ne pas dire, sans être méchant, son utilité ? Après tout, qu’elles furent les principales révélations que l’on peut apprendre a la lecture de ces Veilleurs, je vous le donne dans le mille : que quatre familles (plus une cachée) se livrent une guerre impitoyable et dans l’ombre depuis des milliers d’années ! Bigre, cela fait juste treize albums qu’on est au courant mais Jean-Pierre Pécau a crut bon nous le rappeler. Après, je ne nie pas qu’il y a quelques détails intéressants ou que certaines révélations ont un quelconque intérêt, comme, justement, le fait que la famille de Guillaume de Lecce existe toujours, de même, une fois de plus, nous retrouvons un Igor Kordey au sommet de sa forme et qui nous livre depuis quelques temps une prestation sans faille. Mais a coté de cela, a quoi bon ? Oui, a quoi bon cet album, tous ces nouveaux protagonistes tandis que les anciens sont tout bonnement absents, et, surtout, cette curieuse impression qu’il n’en ressort strictement rien – peut-être tout simplement parce que, dans le fond, c’est le cas ! Oui, de quoi se poser bien des questions ainsi que, dans l’ensemble, sur une série dont la tournure prise commence a inquiéter…


Points Positifs :
- Si je veux être totalement objectif, l’histoire en elle-même de cet énième tome de L’Histoire Secrète n’est pas mauvaise, surtout que Jean-Pierre Pécau abandonne ce qu’il faisait depuis trois volumes, c’est-à-dire, nous pondre des tomes où se mêlaient plusieurs intrigues, et ce, sur plusieurs années.
- Je ne nie pas que l’on apprend pas mal de choses sur les familles et leur luttes au travers des siècles ; le problème, c’est que cela fait treize tomes que l’on est au courant, mais bon…
- Igor Kordey semble enfin avoir trouvé son rythme de croisière et il n’y a plus grand-chose a dire a son sujet depuis quelques temps, son travail étant pour le moins correct voir excellent par moments.
- Le poster sur les Ivoires et les Cartes, offert avec cet album.

Points Négatifs :
- L’utilité de ce tome est pour le moins remise en question : en effet, Les Veilleurs est un véritable ovni dans la série, il se déroule sans que le moindre personnage important fasse son apparition, avec de nouvelles têtes et Pécau nous y explique, pendant une bonne partie, ce que l’on sait déjà depuis des lustres… Par moments, en lisant ce tome, je n’ai pas put m’empêcher de me dire que celui-ci aurait put être un bon début pour une série, mais bon, vu qu’il y en a treize derrière, il y a de quoi être perplexe…
- Le pire, c’est que l’on n’est même pas sur que l’on retrouve Daniel Rosenthal par la suite !?
- Encore un nouveau cycle qui commence : ça fait deux fois, déjà, qu’on nous fait le coup. Cette série aura-t-elle une fin un jour ?

Ma note : 4/10
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