mardi 26 avril 2011

LE MONDE PERDU : JURASSIC PARK II


LE MONDE PERDU : JURASSIC PARK II

Quatre ans après le terrible fiasco de son Jurassic Park, le milliardaire John Hammond rappelle le Dr Ian Malcolm pour l'informer de son nouveau projet. Sur une île déserte, voisine du parc, vivent en liberté des centaines de dinosaures de toutes tailles et de toutes espèces. Ce sont des descendants des animaux clones en laboratoire. D'abord réticent, Ian se décide à rejoindre le docteur quand il apprend que sa fiancée fait partie de l'expédition scientifique. Il ignore qu'une autre expédition qui n'a pas les mêmes buts est également en route.

Jamais, depuis les débuts du Journal de Feanor, je vous avais autant parlé des dinosaures ; bien évidement, étant un vieux passionné de ceux-ci, je n’ai jamais été avare en publications a leur sujet mais comme sur Futurascience, ce mois d’avril leur était consacré, j’en ai profité pour publier encore plus d’articles que d’habitude, exagérant même un peu selon moi. Mais bon, comme je consacre surtout ce blog a ce que j’aime, et comme, justement, les dinosaures en font parti, ceux-ci auront encore droit, tant que je garderais le feu sacré et la motivation pour m’occuper du Journal de Feanor, a une place de premier choix. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce que ceux-ci sont, disons, a la mode, ces dernières semaines que je vous parle aujourd’hui de Jurassic Park II. En fait, c’est complètement par hasard : hier soir, pour bien finir mes congés, j’ai longuement, très longuement, zappé sur toutes les chaines de la TNT afin d’essayer de finir en beauté ; bien évidement, pendant près de deux heures, ce ne fut pas vraiment le cas. Puis, au gré de mes errances télévisuelles, je suis tombé sur la dernière demi heure d’un film que je n’avais jamais vu : Jurassic Park III. Bon, en toute sincérité, ces quelques trente minutes me suffirent largement pour juger de ce que je pensais avant coup de ce film : ce n’est franchement pas terrible. Mais bon, j’ai tenu jusqu’au bout, pour les dinosaures et surement pas pour un scénario bancal voir carrément ridicule… d’ailleurs, je regrette maintenant de ne pas l’avoir regardé en entier, je pense que je me serais éclater en écrivant cette critique. Cependant, alors que je comptais me coucher – après tout, je me levais tôt le lendemain – j’eu la surprise de voir qu’ils diffusaient ensuite le deuxième volet de la saga – pourquoi mettre le 2 après le 3, excellente question – et la, je me suis dit : « tient, et si je regardais le début, allez un petit quart d’heure ? ». Vous l’avez compris, je l’ai vu jusqu’au bout, me suis coucher vers une heure du matin, et là, sincèrement, je suis complètement explosé.

Un véritable amoureux des dinosaures ne peut être complètement objectif vis-à-vis de la saga de Steven Spielberg, surtout s’il est né avant celle-ci et que, un jour, il fut carrément stupéfait en voyant s’animer des dinosaures – ah, la première scène avec les brachiosaures, inoubliable – en images de synthèses pour la toute première fois au cinéma il y a presque vingt ans – disons qu’avant, le septième art avait déjà connu ses dinosaures, mais bon, comment dire, bien souvent, c’était des lézards déguisés – et que, forcement, même si l’on peut parfaitement avoir conscience que ce ne sont pas des grands films, même si on ne peut pas s’empêcher de se dire que, tout cela n’est pas très loin de la série B, au moins, le sieur Spielberg nous avait offert un magnifique cadeau en « rendant la vie » a ce qui, pour beaucoup d’enfants, ont été et resteront, quelque part, nos idoles… Bien évidement, tout cela est du pur produit hollywoodien calibré pour plaire au plus grand nombre, sans aucune surprise, avec par-dessus le marché, tout ce que déteste le plus dans le cinéma du pays de l’Oncle Sam : les enfants niais qui ne servent a rien et qui en plus ne meurent jamais, et les méchants qui sont méchants parce qu’ils sont cupides, qu’ils n’aiment pas les enfants, qu’ils sont gros et qu’ils fument, ceux-ci, bien évidement, étant zigouiller par les dinosaures. Et quelque part, Jurassic Park premier du nom, c’était surtout ca : un film plaisant a regarder une fois, mais proche d’un téléfilm de par son scénario franchement pas terrible et tout un tas de clichés qui me donnent de l’urticaire… mais aussi, rassurez vous, quelques dinosaures. Bref, pas de quoi fouetter un chat mais bon, que voulez vous, il y avait les dinos, ceux-ci étaient superbes et puis bon, si j’avais écris une critique de celui-ci en 1993, je pense que j’aurais été plus enthousiaste. Mais si Jurassic Parc n’est pas un grand film et que le III se rapproche plus du navet, que vaut véritablement le II, bref, celui qui nous intéresse aujourd’hui ?

Et bien, quelque part, c’est peut être le meilleur. Bien évidement, cela n’en fait pas un grand film, loin de la, cependant, a mes yeux, il est indéniable que si le premier Jurassic Park m’aura davantage marqué, c’était justement parce que dans celui-ci, l’effet de surprise fonctionna a fond et qu’il était difficile de ne pas être insensible devant ces fameux dinosaures qui paraissaient – et qui paraissent encore aujourd’hui – si réels. Dans le deuxième volet de la saga, le spectateur est bien évidement en terrain connu, il sait a quoi s’attendre mais cette fois ci, Spielberg va plus loin, beaucoup plus loin même et pendant deux heures, force est de constater que l’on en prend plein la vue : vous vous plaigniez parce qu’il n’y avait pas assez de dinos dans le premier ? Ici, il y en a plein, et le bestiaire est suffisamment varié. Vous vouliez des vrais méchants ? Ici, ceux qui sont proposés sont tout de même d’un autre acabit que l’informaticien obèse du premier volet. Justement, puisque l’on parle de méchants, bonne nouvelle, il y en a même un qui survit a la fin ; alors bien sur, il – le regretté Pete Postlethwaite qui nous a quitter il n’y a pas très longtemps – s’était plus ou moins rédempter avant mais bon, ca fait plaisir. Vous ne pouviez plus voir les deux horripilants gamins du premier ? Excellente nouvelle, ils n’apparaissent que deux minutes chrono, au début… hélas, mille fois hélas, ils ont été remplacés par une autre, responsable par ailleurs de ce qui restera comme l’une des scènes les plus connes – c’est le mot qui convient – de l’histoire du septième art : celle où telle un gymnase, elle tourne sur une barre et propulse un Vélociraptor par la fenêtre ; un grand moment de solitude… Mais surtout, ce qui fait la force de ce film – enfin, la force, disons, l’intérêt – c’est également ce coté Hatari vs Dinosaures et cette spectaculaire et inoubliable scène où les «méchants » déboulent dans tous les sens et capturent de pauvres dinos effrayer. Et puis, je ne sais pas mais je trouve le scénario moins niais, même si ce n’est pas non plus le top du top, que celui du premier, ce qui n’est pas plus mal.

Hélas, si selon moi, Jurassic Park II est le meilleur de la saga, il ne faut pas s’attendre a un chef d’œuvre non plus. En toute sincérité, celui-ci a bien trop de tares pour espérer en être un. Tout d’abord, cela reste avant tout une « méga production de la mort qui tue à l’américaine », surtout calibrée pour faire acheter les figurines des dinos misent en vente lors de la sortie du film. Ensuite, tous les canons, et pas les meilleurs, du septième art d’outre atlantique, sont au rendez vous ; « mais tuez moi cette gamine !!! ». Alors, on me rétorquera que Jeff Goldblum, le seul personnage potable du premier film est toujours la, sauf que cette fois ci, probablement suite a une crise de folie, Steven Spielberg a littéralement dénaturé le personnage, lui enlevant tout son coté cynique pour un faire une espèce de pleureuse qui passe deux heures à geindre et a se plaindre tandis que les deux femmes de sa vie – sa fille, qui ne lui ressemble pas trop mais bon, et sa copine du jour – le font tourner en bourrique ; quelle déchéance pour le théoricien du chaos… Mais ce n’est pas tout, car il restait le pompon final, l’absurdité qui fout tout en l’air, l’indicible erreur de Spielberg : le petit tour du Tyrannosaure a San Diego ! Mon Dieu, comment peut on cautionner une telle chose ? Déjà, le coup du bateau où tous les marins sont morts alors que le bestiau n’est pas sorti de sa cage ? Où et qui sont les coupables ? Ensuite, imaginez donc un T-Rex dans une ville, et la première chose qui va vous venir a l’esprit sera : carnage. Or, ici, notre super prédateur de la mort qui tue, passe la frontière sans montrer son visa – encore une scène à la con – se désaltère dans une piscine, mange un chien – encore une autre – puis un ou deux passants… et c’est tout. Il retourne gentiment dans la calle du navire, croque le grand méchant au passage et rentre chez lui, sous l’escorte de la Navy – a ce moment là, j’ai pensé aux Village People – ce qui est quand même limite débile car bon, comment dire, vous imaginez le gouvernement américain (ou un autre) ramener un dinosaure chez lui ? Franchement, il finissait soit au zoo, soit à la morgue. Mais bon, que voulez vous, ca se passe comme ca chez Spielberg !

Enfin bon, je me suis gentiment moqué de ce film mais je persiste tout de même à dire que ce Jurassic Park II n’en est pas moins le meilleur de la saga. Bien évidement, une telle affirmation peut vous laisser présager de ce que je pense vraiment des autres, mais même si je ne suis pas tendre a l’égard de cette trilogie, et, dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, de ce deuxième volet du Parc Jurassic, je dois quand même admettre que je garde une certaine sympathie pour celui-ci et que je ne me lasse pas de le revoir (enfin, pas tous les jours non plus). Pour son scénario légèrement plus sombre, pour la spectaculaire scène de safari à la Hatari, pour Pete Postlethwaite et, bien évidement, pour les nombreux dinosaures présents à l’écran, Jurassic Park II mérite le détour ; ce n’est pas un grand film, mais tout de même un agréable divertissement. Dommage qu’il ait cependant tellement de défauts…

dimanche 24 avril 2011

LE SORCIER DE LA MONTAGNE DE FEU


LE SORCIER DE LA MONTAGNE DE FEU

C’est au plus profond des labyrinthes de l’inquiétante Montagne de Feu, que se cache un redoutable Sorcier, gardien d’immenses trésors… si toutefois on en croit la rumeur, car de nombreux aventuriers ont pénétré dans les grottes de la Montagne, et nul n’en est jamais revenu. VOUS avez décidé, à votre tour, de tenter l’aventure. Mais êtes-vous bien conscient des périls qui vous guettent ? Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


Le Sorcier de la Montagne de Feu
Série : Défis Fantastiques n°1
Auteur : Steve Jackson et Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Peter Jones
Illustrations intérieures : Russ Nicholson
Titre original : The Warlock of the Firetop Mountain
Traduction : Camille Fabien
Année de l’édition Anglaise : 1982
Sortie de l'édition Française : janvier 1985
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : Si Le Seigneur des Anneaux fut incontestablement le roman qui me fit découvrir la littérature de l’imaginaire, a la même époque, c’est-à-dire, dans les années 80, un autre média, aujourd’hui tomber en désuétude, fit pour beaucoup pour mon gout pour la Fantasy ; celui-ci, les livres-jeux ou livres dont vous êtes les héros, connaissait alors un immense succès et nombreux furent ceux de ma génération qui, avant de passer aux jeux de rôles puis aux jeux vidéos, débutèrent par ces fameux LDVELH comme ils étaient alors connus. Et parmi ceux-ci, autant commencer par le commencement, qui n’a jamais entendu parler du célèbre Sorcier de la Montagne de Feu ? Devenu culte depuis bientôt trente ans, ce livre-jeu doit sa célébrité au fait qu’il s’agit tout bonnement du tout premier Livre dont vous êtes le héros, enfin, pas tout a fait exactement puisque le genre existait déjà auparavant, mais le premier, a coup sur, de la série qui fit la gloire de ceux-ci par la suite, les Défis Fantastiques. Novateur par sa taille – 400 paragraphes, jamais un livre-jeu n’avait été aussi long – par le fait qu’il ait été écrit à quatre mains – les fondateurs Steve Jackson et Ian Livingstone – mais aussi par son concept, fortement inspiré du jeu de rôle en beaucoup plus simple et où il fallait déterminer trois caractéristiques pour son personnage par le biais de lancés de dés, ceux-ci étant utiles tout au long de la partie a venir. Forcement, ce fut un coup de tonnerre en cette belle année 1982 et assez rapidement, d’abord en Grande Bretagne puis dans bien d’autres pays, Le Sorcier de la Montagne de feu explosa des records de vente et lança un genre, les LDVELH, qui marqua toute une génération. Ainsi, pour son coté historique indéniable, je ne pouvais pas, après vous avoir proposé quelques critiques des œuvres de Tolkien, aborder à présent un genre qui m’aura indéniablement marqué. Cependant, si l’on met de coté le coté historique du Sorcier de la montagne de feu, que peut on dire, en 2015, de celui-ci ? Car bon, comment dire, disons que des Livres dont vous êtes le héros, il y en a eu des tonnes après lui, et des excellents par-dessus le marché ; et puis, il y a aussi le facteur temps, non négligeable qui fait que, du haut de mes quarante ans, je n’ai plus le même regard envers ce livre qu’a quatorze ans. Tout d’abord, je dois reconnaître que j’ai été agréablement surpris en le refaisant et que j’y aie même pris un plaisir certain, car, sans être un chef d’œuvre absolu, loin de la, Le Sorcier de la Montagne de feu n’en est pas moins un bon Défis Fantastique, même si certains ont put le dénigrer avec le temps. Premier du genre, il était évidant que l’habitué des LDVELH, qui en a connu d’autres, repère immédiatement les défauts et les imperfections propices, et normales finalement, de ce qui est, il faut l’admettre, un coup d’essai. Mais pour une première, disons que les compères Jackson et Livingstone s’en sortent plutôt bien dans l’exercice toujours périlleux de l’écriture a deux mains. Bien évidement, les deux auteurs feront beaucoup mieux par la suite, mais tout de même, si Le Sorcier de la Montagne de feu a, encore aujourd’hui, garder son coté culte, ce n’est pas uniquement du a son coté historique… même si celui-ci y est aussi pour quelque chose. La première partie est l’œuvre d’Ian Livingstone, et, contrairement à ce que celui-ci nous offrira par la suite, ce n’est pas un one-true-path, ce qui signifie que l’on n’est pas obliger de se taper trente six essais pour trouver le seul et unique chemin possible pour finir le bouquin ; certains en sont friands, d’autres non, personnellement, je ne suis pas contre mais a petites doses seulement. Cependant, même ainsi, il ne faut pas se leurrer, tout cela reste bien linéaire et après une courte et pas franchement originale introduction, le héros, bref, nous, sorti de nulle part, s’en part pour la fameuse Montagne de feu afin de se taper le fabuleux trésor du maitre des lieux, un certain Zagor, apparemment un sorcier aux pouvoirs incommensurables. Rien de bien enthousiasmant, surtout que d’autres LDVELH, par la suite, proposeront des scénarios bien plus originaux et novateurs, mais bon, n’oublions pas qu’il s’agit du tout premier d’un genre qui évoluera par la suite. Autre chose, et petit détail à signaler, Zagor n’est absolument pas présenter comme étant un adepte absolu du mal (comme cela sera bien trop souvent le cas par la suite), c’est juste un sorcier qui vit dans sa montagne. Bref, on part a l’aventure et cette première partie, donc, est loin d’être difficile, les ennemis sont assez faibles, il n’y a pas a ma connaissance de risque de mort subite et l’aventure se déroule a un rythme tranquille, sans grand danger. Sur ce point, aussi, Livingstone rectifiera vite le tir par la suite. Et puis, finalement, on franchit une rivière… Une fois arriver de l’autre coté, c’est autour de Steve Jackson de prendre le relais, et la, franchement, la difficulté monte d’un ton. Oh, rien de bien exceptionnel en soit mais force est de constater que les ennemis rencontrés sont bien plus dangereux mais ce qui marquera surtout les esprits, c’est le fameux labyrinthe de Zagor, dédalle inextricable qui posera bien des problèmes, et ce, même avec une carte. A ce propos, une petite anecdote : étant un peu réfractaire a l’utilisation de plans (par flemme), j’étais littéralement paumé hier soir, tournant en rond pendant je ne sais combien de temps avant de me décider de faire un plan ; franchement, sans lui, j’y serais encore. Mais une fois le labyrinthe franchis, le lecteur est quasiment arrivé au bout de son périple et la encore, malgré la puissance des derniers adversaires proposés – le dragon et Zagor – si l’on possède les bons objets, on peut carrément éviter les combats et terrasser ceux-ci d’un coup, ce qui facilite encore l’aventure en elle-même. Mais alors, a nous les richesses de Zagor ? En fait, pas tout a fait car une fois arrivé devant le coffre au trésor, on s’aperçoit qu’il nous faut trois clefs, et que l’on peut en trouver six tout au long de notre parcours dans la montagne… sauf que trois sont un leurre. Alors, gare si l’on n’a pas les bonnes car du coup, on ne peut terminer l’aventure. Finalement, ca serait peut être bien un one-true-path alors ? Pas un de la mort qui tue mais tout de même… Quoi qu’il en soit, je me suis pointer avec quatre clefs et au bout de trois essais, a moi les richesses de Zagor et la curieuse possibilité offerte par les auteurs que l’on puisse choisir de demeurer dans la montagne et de devenir le nouveau maitre de celle-ci. Finalement, pour un coup d’essai, Le Sorcier de la Montagne de feu s’en sort plutôt bien selon moi. Ce n’est bien évidement pas un chef d’œuvre équivalent a son importance historique, d’ailleurs, ce n’est pas un chef d’œuvre tout court, cependant, force est de constater que malgré tout, Steve Jackson et Ian Livingstone, malgré quelques imperfections, s’en sortent assez bien et ont sut nous proposer une aventure, certes pas très difficile, certes pas franchement originale, mais assez agréable en soit. La suite des LDVELH sera bien évidement d’une toute autre qualité mais quoi qu’il en soit, pour son coté historique mais aussi parce que, après tout, ce n’est pas un mauvais livre, comme ont put le dire un peu hâtivement certains, Le Sorcier de la Montagne de feu, mérite que tout amateur du genre s’y attarde.


Points Positifs :
- Indéniablement, il y a le coté historique de la chose puisque Le Sorcier de la Montagne de Feu est bien entendu le tout premier Livre dont vous êtes le héros. Ajoutons a cela le coté nostalgique pour les vieux de la vieille.
- Un concept génial pour l’époque et qui accouchera de véritables chef d’œuvres par la suite.
- Pour un coup d’essai, force est de constater que les deux auteurs, Steve Jackson et Ian Livingston se débrouillent fort bien : le premier offre une seconde partie tout simplement diabolique (le labyrinthe) tandis que le second n’est pas encore tombé dans ses travers.
- Les illustrations de Russ Nicholson.

Points Négatifs :
- Bien évidement, pour les amateurs du genre, force est de constater que le genre offrira des titres de bien meilleure qualité et plus originaux par la suite.
- Le scénario est d’une simplicité affligeante : un sorcier vit dans une montagne, on décide d’aller le tuer afin de voler son trésor et, au passage, on butte quelques monstres en avançant dans des couloirs et en ouvrant des portes.
- Dès ce premier volet, les défauts des Défis Fantastiques se font jour et oui, mieux vaut partir avec des caractéristiques assez élevées pour parvenir au but ; de plus, pourquoi ne peut-on jamais faire demi-tour ?
- Mouais, le coup des clefs à trouver a la fin, c’est un peu frustrant si on n’a pas trouver les bonnes en chemin.
- En faisant un plan, la partie du labyrinthe peut être intéressante mais si vous ne le faites pas, vous allez tourner en rond pendant des heures ; vous voilà prévenus…

Ma note : 7,5/10

samedi 23 avril 2011

Les Cahiers de Science & Vie : Alexandre le Grand, au delà du mythe




Il n’y a pas que les vieux magazines dans la vie, il y a également les récents, et le dernier en date que je me suis procurer, il y a tout juste quelques jours et que j’ai tout bonnement dévoré, était consacré a l’une des plus grandes figures de l’histoire de l’humanité, probablement le plus grand conquérant de tous les temps, Alexandre le Grand :

Les Cahiers de Science & Vie : Alexandre le Grand, au delà du mythe
N° 122, Avril, Mai 2011

Au sommaire :

Alexandre le Grand : Au-delà du mythe
- La Macédoine se découvre
- Alexandre, la conquête de l'imaginaire
- Interview de Pierre Briant : « Alexandre le Grand sert de miroir à l'identité européenne »
La conquête d'Alexandre
- La Grèce au IVème siècle av J-C. L'harmonie derrière la discorde
- L'ascension d'une puissance
- Le rêve d'un empire universel
- Chevauchée vers l'infini
- Alexandre, un conquérant féru de sciences ?
- A la rencontre de la puissance Perse
- L'irrésistible armée d'Alexandre
L'empire d'Alexandre
- Dans les habits du roi perse
- Un commerce tourné vers la guerre
- Le grec gagne le monde connu
Les royaumes hellénistiques
- Une succession mal engagée
- Culture grecque en terre orientale
- Alexandrie, la cité qui éclairait le monde
- La bibliothèque d'Alexandrie, cité des savants

Forcement, vu ma passion depuis des années pour cet homme – si mon fils ainé s’appelle Alexandre, c’est qu’il y a une raison a cela - qui, dans l’antiquité et en quelques années à peine, réussi à conquérir l’intégralité de l’immense Empire Perse et a parvenir jusqu’aux limites du monde connu – par les grecs – d’alors, c'est-à-dire, a aller jusqu’aux rives de l’Indus, un tel numéro spécial ne pouvait que me passionner. Bien évidement, rien d’original a première vue ; après tout, comme avec les énigmes dans mon article précédent, des magazines, des reportages, des livres, que sais-je, des films même sur Alexandre, il en existe des tonnes et tout a été dit et redit sur le sujet depuis belle lurette. D’ailleurs, ce fut un peu ma première impression en le découvrant chez mon marchand de journaux : « a quoi bon puisque je connais tout sur Alexandre le Grand ? ». Sauf que, premièrement, on ne sait jamais tout sur un sujet, et sur ce point, je n’ai nullement la science infuse ; ensuite, en feuilletant ce numéro des Cahiers de Science & Vie, je me suis vite rendu compte que celui-ci méritait amplement son achat.

Et je ne me suis pas tromper. En toute sincérité, cela faisait bien longtemps que je n’achetais pas une revue aussi intéressante, qui m’aura autant passionné et que j’aurai lu de bout en bout a une rapidité record ; qui plus est, sur un sujet maintes fois abordés, faut-il le rappeler. Car, ce qui marque rapidement le lecteur, c’est la très grande qualité des articles proposés, et, surtout, le fait qu’ils soient complets, en tout cas, bien plus qu’en temps normal. Ainsi, cette fois ci, plutôt que de suivre bêtement les traces du conquérant (chose passionnante en soit mais connue), les auteurs de ce numéro des Cahiers de Science & Vie nous entrainent dans des sujets parallèles, peu abordés en temps normal, mais qui méritent amplement leur présence car primordiaux : en effet, quel plaisir de revenir sur l’affaiblissement – pour cause de conflits – des citées états grecques et sur la montée de la puissance macédonienne – des grecs eux aussi et non des barbares – dont en apprend plus sur la culture, bien plus raffinée qu’on pouvait le penser jusqu'à alors. De même, la réhabilitation de Philippe II, le père d’Alexandre, véritable instigateur des conquêtes à venir et dont l’importance fut trop longtemps sous estimée est plutôt bienvenue. Comme de s’intéresser a la Perse en elle-même : son Empire, son souverain, Darius III, ses richesses et son mode de fonctionnement, repris par Alexandre lui-même, pour contrôler un territoire aussi vaste et des peuples aussi différents. Ainsi, avec ce numéro des Cahiers de Science & Vie, c’est presque une autre lecture de la courte et tumultueuse vie d’Alexandre le Grand qui nous est proposée, car si, bien évidement, l’on fait la part belle a celui-ci, a son génie, sa vision, son audace et son courage sans oublier son œuvre, c'est-à-dire ses conquêtes, tout bonnement stupéfiantes, le fait de pouvoir en apprendre davantage sur le monde d’alors – et pas uniquement Grec – les rapports entre les peuples, les conséquences de ces conquêtes, les relations entre frères ennemis grecs/perses mais aussi les apartés sur des figures peu abordées en temps normal comme Philipe II et Darius III font de ce numéro des Cahiers de Science & Vie un incontournable pour tout amateur d’histoire digne de ce nom.

Historia Thématique : Dix grandes énigmes passées au crible



Je suis un incorrigible conservateur, et ce n’est surement pas à mon âge que l’on va me changer. Enfin, par conservateur, j’entends dire que je suis ce genre de personnes qui gardent tout, absolument tout, ce qui signifie deux choses : j’ai beaucoup de mal a jeter quoi que ce soit ; du coup, heureusement que j’ai énormément de place dans ma maison (grand garage et cave compris) car sinon, je ne saurais pas où mettre tout ce bazar. Ainsi, un exemple tout bête de ma manie a tout conservé : les magazines. J’en ai une quantité phénoménale, certains récents, d’autres carrément collectors au vu de leur grande ancienneté, certains valent largement le coup, d’autres, sincèrement, non. Mais parmi tout ce fatras, j’aime bien relire pour la énième fois certains de ces magazines, et ce, quelque soit le sujet de ceux-ci. Et parmi eux, ces temps ci, je me suis replonger dans un numéro d’Historia Thématique pas si ancien que ca, puisque datant de 2008 et dont le contenu ne pouvait que me plaire puisqu’il traite d’un, sujet qui me passionne : les énigmes historiques.

Historia Thématique : Dix grandes énigmes passées au crible
N°114, juillet 2008

Au sommaire :

Dix grandes énigmes passées au crible
- On nous cache tout, on nous dit rien !
Affaires en cours
- Comment a-t-on bâti les pyramides d’Egypte ?
- Constantin fut-il un vrai chrétien ?
- Les ovnis datent-ils du Moyen-âge ?
- Qu’est devenu le trésor cathare ?
- Qui a trempé dans l’affaire des poisons ?
- Qui se cache derrière le masque de fer ?
- Napoléon a-t-il été empoisonné ?
- Comment le truand Vidocq est-il devenu flic de choc ?
- Qui était Jack l’Eventreur ?
- Qui a tué Kennedy ?
Affaires classées
- L’Île de Pâques livre ses secrets
- Le suaire de Turin, relique médiévale
- La fin de la bête du Gévaudan
- Le chevalier d’Eon tombe la robe

Mettons les choses au point tout de suite, cet Historia Thématique possède à la fois les qualités et les défauts que le lecteur habitué du sujet pouvait attendre. Car si, et les amateurs du genre ne me contredirons pas, c’est toujours un plaisir de se replonger dans des énigmes qui, pour certaines, font sensation depuis des siècles, force est de constater que bien souvent, ce sont toujours les mêmes qui reviennent. Bien évidement, c’est un peu le souci de ce genre de numéros spéciaux, et ce n’est ni la première ni la dernière fois que cela arrive. Cependant, si comme moi, cela fait quelques décennies que vous vous passionnez pour les énigmes historiques, les mystères etc., je pense que la lassitude ne pourra que survenir devant les énigmes sur – bâillement – l’identité de l’assassin de Kennedy, Jack l’Eventreur, le Masque de fer ou les pyramides. Surtout que, que l’on ne s’y trompe pas, cet Historia Thématique ne nous apprend pas grand-chose de nouveau et à ce propos, la palme est sans doute décernée a la construction des pyramides où pendant quelques pages, on nous parle de leur histoire a travers les siècles pour finalement, proposer quelques hypothèses dont aucune ne convient. Bref, tout ca pour rien, ou presque. Par contre, sans être génial, l’article sur Jack l’Eventreur n’en est pas bien fait et assez complet, quant a celui sur le Masque de fer, il mérite le détour puisque celui-ci nous donne avec quasi certitude l’identité de ce mystérieux prisonnier qui a fait couler tellement d’encre depuis des siècles.

Cependant, je considère tout de même que cet Historia Thématique mérite largement le détour et que si vous avez l’occasion de vous le procurer a bas prix (dans les 90 centimes sur Priceminister si ca vous tente ?), n’hésitez pas une seconde. Car si l’ensemble des sujets sont loin d’être originaux, certains justifient a eux seuls ou presque la lecture de ce magazine : Constantin, l’affaire des poisons, le chevalier d’Eon (bien que trop court a mon avis) et surtout, Vidocq (celui qui m’a le plus passionné) sont d’excellente facture. Alors, est ce parce que ceux-ci sont moins abordés, peut être moins connus que les autres ? Il y a évidement de ca, je ne le nie pas, surtout dans le cas de Vidocq, figure marquante du début du dix-neuvième siècle français mais dont on ne sait pas grand-chose finalement. Mais ce n’est pas tout car ce qui ressort en premier lieu de cet Historia Thématique, c’est la qualité indéniable de tous ses articles, ce qui fait que, même le sujet le plus archiconnu mérite une énième lecture. Et cette qualité, en toute sincérité, n’est pas toujours présente dans ce genre de magazines.

Bref, au final, je pense que cet Historia Thématique mérite que le passionné d’énigmes, même s’il n’y apprendra pas grand-chose de nouveau, s’y attarde. Articles bien écrits et assez complets, illustrations sobres et de qualité, je me suis même surpris à apprendre quelques détails que je ne connaissais pas sur certains sujets pourtant archiconnus. Cependant, il existe un point faible de taille à ce numéro : l’article consacré aux ovnis médiévaux. Pour m’y intéresser depuis longtemps, je pense que ce sujet aurait mérité, que l’on n’y croit ou pas, un autre traitement que celui proposer ici : raccourcis facile, témoignages traités a la va-vite, voir pas du tout, l’auteur survole le problème sans l’approfondir, ce qui, selon moi, est fort dommageable.

vendredi 22 avril 2011

LOW



LOW

David Bowie (1977)

1- Speed of Life (Bowie) – 2:46
2- Breaking Glass (Bowie, Davis, Murray) – 1:51
3- What in the World (Bowie) – 2:23
4- Sound and Vision (Bowie) – 3:03
5- Always Crashing in the Same Car (Bowie) – 3:29
6- Be My Wife (Bowie) – 2:55
7- A New Career in a New Town (Bowie) – 2:51
8- Warszawa (Bowie, Eno) – 6:20
9- Art Decade (Bowie, Eno) – 3:43
10- Weeping Wall (Bowie) – 3:26
11- Subterraneans (Bowie) – 5:39

Attention, la, je m’attaque a du lourd, du très lourd, car a mes yeux, et depuis la toute première fois où j’ai écouté cet album dans son intégralité, je considère que Low est tout simplement le plus grand disque de David Bowie. Voilà, la chose est dite, l’affirmation est posée ; c’est mon avis depuis près de seize ans et même si le mince Duc blanc a sut nous offrir bien d’autres chefs d’œuvres tout au long de sa carrière, selon moi, Low est au dessus de tout les autres car avec Low, Bowie réalise le chef-d’œuvre auquel on ne s'attendait pas vraiment. Après l'excellent Station to Station – lui aussi, l’un de mes préférés – dont la qualité instrumentale et vocale renouait avec l'âge d'or du glam – mais qui ne plut pas franchement a sa maison de disques –, l’artiste s'engouffra alors dans la brèche allemande la plus avant-gardiste, histoire de bouleverser et le rock et son style. Rien que ça! Et pour cela, après les errances destructrices américaines, la starisation a l’extrême et la folie qui ne rodait pas très loin, voilà que Bowie, sortant de la torpeur où l’avait plonger un peu trop de poudre blanche, se met a rêver a nouveau d’Europe, de cinéma expressionniste et de groupes électroniques allemands (qui a dit Kraftwerk ?), et nous offre donc, avec son nouveau compère, l’ancien de Roxy Music, Brian Eno, magicien du son génial, le premier chapitre de ce que l’on surnommera par la suite la fameuse trilogie berlinoise – ce qui est amusant, c’est que seul Heroes fut enregistrer véritablement a Berlin, mais bon – débutant donc avec ce curieux album, Low, avec cette pochette où l’on voit Bowie de profil – photo tirée du, comment dire, moyen L’homme qui venait d’ailleurs – sur un fond orangé du plus bel effet. Mais plus que la pochette, depuis longtemps devenue culte, ce qui choqua a l’époque, ce fut, bien entendu, le contenu.

Ame froide dans un corps en fièvre, pour moult raisons, Bowie était déjà l’inventeur de la new-wave avant même que celle-ci n’ai un nom, et c’est donc avec Low que celui-ci et Brian Eno vont inventer la musique des dix ans qui suivirent. Car ce chef d’œuvre absolu, encore difficile d’accès pour le grand public de nos jours, et qui, bien évidement, ne se vendit guère lors de sa sortie, marqua indéniablement toute une époque mais aussi une évolution notable dans la carrière de David Bowie. Une fois n'est pas coutume, celui ci commence par un instrumental, genre qu'on retrouve sur près de la moitié de l'album avec autant d'audace que de bonheur. Le très animé Speed of life qui détonne par ses accords implacables de batterie, et constitue une chouette synthèse entre le funky le plus chaleureux et une veine plus froide à la Kraftwerk, et dès ce premier titre, tout est dit ou presque car il y a un avant Low et un après. La première face de l’album, constituée de petites mélodies dansantes et acérées, des sortes de morceaux de folk urbain sur lequel un Bowie plus immatériel que jamais pose une voix atone et un regard désenchanté. Et après Speed of Life, donc, ode instrumentale au mouvement, le héros explique a une petite amie qu’il ne touche jamais (elle a un problème) qu’il vient de briser du verre dans sa chambre a nouveau et fait pousser quelque chose d’horrible sur sa moquette – Breaking Glass – et quand il quitte la chambre bleu électrique aux stores métalliques de sa tour de verre, après avoir attendu la visitation du son et de la vision - Sound and Vision -, c’est pour s’accidenter dans la même voiture non sans avoir vu un instant l’essence ramper et s’être demander si – au hasard d’une de ses errances dépersonalisantes – c’est bien son pied qui a presser la pédale - Always Crashing in the Same Car – .L’homme-machine finira alors par se ranger et demande enfin une femme en mariage – Be My Wife – et s’apprête a vivre une nouvelle carrière dans une nouvelle ville - A New Career in a New Town – dans un nouveau instrumental qui clôt la première face. Assez étonnant au demeurant, la première partie de l’album, tranche radicalement avec tout ce que Bowie avait fait jusque là, mais ces morceaux sont tous de petits bijoux, où la guitare aiguë mais saturée tranche sur des nappes de synthés new wave et des lignes de basse ronflantes et dansantes. Etonnant donc, choquant pour certains aussi, mais c'est tout de même la partie la plus abordable de l'album.

Car pourtant... Pourtant, après ces morceaux dignes du génie de Bowie, la partie de bravoure se dévoile enfin. Suite magique d'instrumentaux, parfois accompagnés d'une voix aux accents incantatoires, et leurs froides harmonies réchauffées par le souffle grandiose des arrangements signés Eno/Bowie. A New Career In A New Town, trait d’union entre les morceaux disons « pop » et le reste de l’album, fait embarquer dans un univers minimaliste, dépouillé même, mais où la moindre note trouve sa place dans les battements continus de la basse. Une traversée de mers inconnues qui se poursuit dans le très beau Warszawa, quoique peu facile d'accès, dense, lent, mais qui laisse découvrir au final une légèreté teintée d'une atmosphère japonisante (qu'on retrouve d'ailleurs dans Moss Garden sur Heroes). Les morceaux les plus déconcertants s'enchaînent, jusqu'au final sublime, Subterraneans, peut-être un des plus grands morceaux de Bowie avec son côté feutré, et puis ce saxophone langoureux, aux notes à l'agonie, aux échos sensuels...

Comment arriver à obtenir un son aussi sensible et épuré à partir de machines peu aptes à dégager autant d'émotions? Voilà au final la réponse géniale de Bowie, qui renouvelle au passage ce genre si complexe qu'est le rock : en s'appropriant des moyens techniques haut de gamme tout en évitant l'exercice de style. Car c'est une véritable invitation au voyage que constitue Low, dans un univers musical plein de formes et de couleurs, témoin d'une époque incendiée par le punk, et qui bientôt basculera dans une new-wave peu ou prou plaisante mais qui doit tant à cet album.

Ode anti-commercial, complètement géniale, qui, comme je vous le disais précédemment, ne se vendit guère, Low marqua son époque et toute une génération de musiciens qui s’en inspirèrent fortement par la suite. Mais le résultat, souvent imité mais jamais égalé, ne fut bien évidement pas a la hauteur. Quant a la maison de disque du Mince Duc Blanc, RCA, horrifiée par ce cauchemar climatisé en forme de disque de rock, elle proposera a Bowie de lui payer une nouvelle villa a Hollywood pour qu’il y écrive un nouveau Young Américains, mais il est trop tard, la révolution est en marche, la trilogie berlinoise se poursuivra, toujours avec Eno avec Heroes et Lodger, Iggy Pop, sous la houlette de son admirateur, s’apprête a sortir deux albums majeurs et Eno, lui, son sublime Before and After Science – tous ces disques plus ou moins sortis au même moment, avec les mêmes musiciens, étant très liés – et la new-wave s’apprête a conquérir le monde et renvoyer le punk et le disco aux oubliettes de l’histoire. Indéniablement, Low aura marqué bien évidement la carrière de David Bowie mais également l’histoire de la musique en général. Un très grand album, sans aucun doute, un peu méconnu du grand public pas forcement connaisseur de l’œuvre du britannique, pas très abordable – j’en conviens – mais inoubliable et exceptionnel pour tous ceux qui l’adorent, et j’en fais partie, et, quoi qu’il en soit, un monument de la musique expérimentale.

UN MEURTRE EST UN MEURTRE


UN MEURTRE EST UN MEURTRE

Paralysée depuis quatre ans, Marie trouve la mort dans un accident de voiture. Elle était sur le point de surprendre Paul, son époux, dans les bras de sa maîtresse, Françoise. Une expertise de l'épave apprend à la police que le véhicule a été saboté. Marie aurait donc été assassinée. La sœur de Marie, persuadée que son indigne beau-frère s'est purement et simplement débarrassé d'elle, s'installe chez lui et s'identifie à la défunte. Survient alors un maître chanteur, cynique et désinvolte, qui affirme être le meurtrier. Il n'en pense pas moins que Paul, trop compromis en tant que principal suspect, est disposé à payer...

De mémoire, c’est probablement la toute première fois que je vous parle sur ce blog d’un vieux film français. Bien évidement, et les habitués l’auront remarqué depuis longtemps, j’ai tendance à ne pas négliger les films originaires de notre pays et ce, même si a chaque fois que j’ai la possibilité d’en voir un – le plus souvent, proposé par ma femme – je râle comme si je partais a l’abattoir, et ce, pour changer d’avis une fois le film commencé. Car une chose est certaine, je ne fais nullement partie de ceux qui ne jurent que par le cinéma américain, bien au contraire ; a mes yeux, ce qui compte, c’est la qualité d’une œuvre, quel quelle soit, son origine, finalement, important peu, bien que celle-ci, je ne le nie pas, puisse toujours jouer un certain rôle. Enfin, tout ca pour vous dire que malgré ma mauvaise foi et mon coté râleur, j’aime le cinéma français, et, accessoirement, de plus en plus. Cependant, comme je vous le disais plus haut, c’est la première fois que je me lance dans la critique d’un film français aussi ancien – 1972 – et, qui plus est, malgré ma passion notable pour l’âge d’or du cinéma hollywoodien et pour les vieux films en noir et blanc, je me suis rendu compte que depuis que j’ai commencer ce blog, je n’ai pas souvent eu l’occasion de vous proposer énormément de critiques sur ceux-ci, ce qu’il faudra réparer a terme, mais pour le moment, intéressons nous donc a ce fameux polar a la française typique, Un meurtre est un meurtre.

En toute sincérité, je suis tombé sur ce film complètement par hasard, lors de mon séjour a Honfleur, alors que l’on se reposait a l’hôtel, j’ai profité d’avoir la chaine Ciné Classique pour voir un vieux film. Alors certes, après avoir vu le final d’un truc dont je ne sais même pas le nom avec des vikings, mais qui avait l’air pas mal, je dois reconnaître que j’ai été un peu déçu, de prime abord, lorsque débuta ce Un meurtre est un meurtre… toujours mon eternel manque d’enthousiasme devant un film français, qui plus est, un vieux polar… et pourtant, des les premières minutes, avec la scène –vue deux fois, chose rare – où Stéphane Audran, jouant ici le rôle d’une épouse en fauteuil roulant trompée par son mari, Jean-Claude Brialy, qui lui préfère la jeune Catherine Spaak, est écrasée par sa propre voiture, je dois avouer que je suis rentrer immédiatement dans l’histoire, me demandant bien si ce fameux mari avait quelque chose a voir avec cet accident… ou ce meurtre ? Car en partant d’une idée pas franchement originale – une épouse trompée qui meurt, le mari vers qui se portent tous les soupçons et la maitresse – et en réutilisant tous les artifices du genre, force est de constater que Etienne Pierrier nous livre la un intéressant petit bijou de polar noir fait « a la manière de ». Car si Un meurtre est un meurtre est tout sauf original, si l’inspiration envers les œuvres du grand Claude Chabrol est tellement évidente que celui se permet même le luxe de faire une apparition dans le film dans le rôle complètement décalé d’un contrôleur de train myope et en pilotage automatique, cela n’enlève en rien aux qualités d’un film que l’on ne peut en aucun cas qualifier de simple copie sans saveur, bien au contraire. En effet, comme il existe un genre pour les péplums, les westerns, les comédies romantiques etc., ici, Un meurtre est un meurtre est un polar pur et dur, sans surprises notables puisqu’en aucun cas, il ne s’éloigne des canons du genre, mais suffisamment intéressant en soit pour ravir le spectateur qui se satisfera de cette intrigue tellement tordue avec ce maitre chanteur, Robert Hossein égal a lui-même, qui fabrique des « preuves » pour accuser des faux coupables de meurtres qu’ils n’ont pas commis avant de menacer de tout révéler a la police sauf si, bien entendu, on n’achète son silence moyennement une belle petite somme d’argent. Car, et vous l’avez compris, tout l’intérêt du film repose la dessus, sur ce mari, Jean Claude Brialy, empêtré dans les filets de ce superbe maitre chanteur, soupçonné par la sœur – qui ressemble comme deux gouttes d’eau a son épouse - Stéphane Audran dans un double rôle particulièrement jouissif d’un meurtre qu’il n’a pas commis et qui en plus, a sur le dos un commissaire de police, Michel Serrault, haut en couleur, amusant avec sa petite moustache, son complet impeccable et son humour pince sans rire. Et, du coup, Un meurtre est un meurtre, malgré un final un peu spécial – vous comprendrez si vous avez l’occasion de le voir un jour – plus qu’un simple polar comme il en existe des tonnes sur le marché, laisse, au final, une fort bonne impression.

Bien évidement, ce n’est pas non plus le chef d’œuvre du genre, loin de là, après tout, il existe bien mieux, mais en toute sincérité, cela m’a fait plaisir de revoir un film d’un genre que j’avais complètement délaissé depuis bien longtemps, avec ses qualités et ses défauts, certes, mais qui, par une histoire biscornue, mais de qualité, au possible, et de très bon acteurs – il faut le souligner – s’avère finalement, bien plus digne d’intérêt que l’on pouvait le penser de prime abord. Et si avec le temps, Un meurtre est un meurtre est, de nos jours, assez méconnu, je pense qu’il mériterait le détour pour les amateurs de vieux polar a la française, voir même, comme dans mon cas, pour les autres, qui ne voudraient que passer un bon moment.

lundi 18 avril 2011

L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE


L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE

Avocat d'affaire, la trentaine, une femme et deux enfants magnifiques, Paul Exben a réussi. Sauf qu'il en a mis de côté son rêve premier : devenir photographe. Sa femme, Sarah, plus par provocation et par manque de présence de son mari, prend un amant. C'est leur voisin et il est... photographe. Paul apprend cette liaison, l'édifice s'écroule. Désespéré il cherche à comprendre, il se rend chez l'amant. La discussion tourne mal et... c'est l'accident. Paul se retrouve devant le cadavre de l'amant de sa femme, Grégoire Kremer. Paul va alors décider de se faire disparaître lui-même puis de prendre l'identité de cet homme. Il va maintenant s'exiler, fuir après ce drame pour se reconstruire. De tenter de vivre sa vie...

Ah non, là, je ne suis pas d’accord ! Que dis-je, je suis indigné, en colère même ! Mais franchement, ils se foutent de nous ou quoi !? Non, non et non ! Vous l’avez compris, cette drôle d’entrée en matière pour la critique d’un film n’est pas dans mes habitudes, bien au contraire ; bien évidement, il m’est déjà arrivé de m’emporter a l’encontre de telle œuvre qui m’aura fortement déplu, souvent a raison par ailleurs, mais cette fois ci, c’est encore pire que d’habitude. Alors oui, je ne m’attendais pas a ce que ce film, L’homme qui voulait vivre sa vie, soit un chef d’œuvre du cinéma, un incontournable du septième art français, non, par contre, je m’attendais tout de même, c’est la moindre des choses – surtout au prix que coute un DVD (Feanor, le seul en France qui ne télécharge toujours pas) – a passer un bon moment devant mon petit écran, en compagnie de ma femme qui avait lu le roman éponyme de Douglas Kennedy et qui en avait garder un fort bon souvenir. « C’est du tout bon » m’étais-je alors dit sans la moindre hésitation : entre le roman, apparemment excellent, les critiques, qui me semblaient positives lors de la sortie du film (mais étais ce vraiment le cas ?), le synopsis de celui-ci, qui avait de quoi être alléchant et même, oui, même l’affiche qui me plaisait bien, j’attendais beaucoup de L’homme qui voulait vivre sa vie. Et puis, finalement, ce fut la catastrophe, imprévisible, inattendue, horrible !

Et pourtant, tout cela avait fort bien commencé selon moi. Cette histoire où ce pauvre avocat, a qui tout semblait réussir – excellente carrière, femme et enfants, pavillon de banlieue et même, pour cause de décès prochain, héritage non négligeable – tout en rêvant secrètement d’être photographe et qui, petit a petit, va s’apercevoir – mais est-ce une surprise ? – que sa femme le trompe avec un… photographe (certes sans talent aucun mais photographe tout de même), qui se retrouve seul – femme et enfants partis – et qui, a la suite d’un terrible accident, commet l’irréparable, se voit dans l’obligation, selon lui, de disparaître, définitivement, se faisant passer pour mort, abandonnant ses enfants, et, commençant alors une nouvelle vie, essayer de vivre sa fameuse vie dont il avait toujours rêver – bref, être photographe – avait de quoi me séduire. Surtout que, force est de le constater, la première partie du film, en gros, tout ce que je viens de résumer, est de très bonne facture, sans nul doute. D’ailleurs, dans ma grande tradition que j’ai de m’identifier aux protagonistes des films, la scène où Romain Duris passe ses derniers instants avec son fils (oui bon, c’est a ce moment là que je me suis rendu compte que c’était un garçon, jusque la, j’étais persuader que c’était une fille), sachant pertinemment qu’il va l’abandonner et ne le rêvera plus jamais, cet instant de souffrance absolue me marqua fortement, en tout cas, suffisamment pour que coule une petite larme… Et à ce moment là, je m’étais dit que je me trouvais devant un superbe film. Que ne m’étais-je pas trompé, hélas, mille fois hélas…

Non mais franchement, c’est quoi ce film ? Bah oui, L’homme qui voulait vivre sa vie est quasiment parfait, dans son genre, jusqu'à la scène du vernissage, lorsque Grégoire Kremer, qui en fait est Paul Exben, c'est-à-dire, Romain Duris, l’homme qui joue des rôles de beau ténébreux tourmentés, quand la fortune commence a lui sourire, et, avec celle-ci, les ennuies. Car arrivé là, subitement, le film dérape littéralement. Oubliez tout le bien que j’ai put écrire de bien jusque là, tout cela est littéralement balayé par un final, une petite dizaine de minutes hallucinantes de médiocrité : les scènes s’enchainent sans explication, le vieux journaliste français – qui semblait en savoir beaucoup – disparaît littéralement – euh, une explication, ca pouvait être bien, non ? –, la rédac/chef serbe, après l’énième disparition du héros, le rejoint sur un banc, le regarde et disparaît a son tour, sans que l’on sache ce qui se passe, le héros embarque sur un bateau – oui, bon, pourquoi pas – tout a coup, il est réveiller par des hurlements, des types sont jetés a la mer, il prend des photos, il hurle (comme un con), est découvert, est jeter lui aussi par-dessus bord, sauve un clandestin en le faisant grimper dans un canot de sauvetage sortie d’on ne sait où, arrive en Italie, le clandestin est interroger par la police et les médias, lui, le héros, encaisse un sacré paquet de pognon, sourie au clandestin et puis… fin.

Bah oui, tout ca en moins de dix minutes, peut être cinq à peine, et puis hop, le générique de fin ; on n’en saura pas plus. Et là, sincèrement, j’en suis resté bouche bée, j’ai regardé ma femme, elle non plus n’avait pas compris et, au bout de quelques secondes, un sentiment de colère indicible a l’encontre de ce film ! Mais franchement, c’est quoi cette fin ? Cette façon de faire a la « Bon bah voilà, j'ai plus d'idée donc on arrête là. », ce n’est pas prendre un peu les gens, bref, les spectateurs, pour des cons ? Ils pouvaient pas, je ne sais pas, rajouter dix petites minutes, un quart d’heure pour, a défaut d’une bonne fin, que l’on ait au moins une fin potable. Mais même pas, on boucle tout cela a la va-vite, on ferme les rideaux et hop, démerdez vous avec tout cela. Non mais quel foutage de gueule monumental. Sincèrement, a ce point, c’en est même rare. Mais le pire dans tout cela, c’est que cet Homme qui voulait vivre sa vie avait si bien commencé, il avait un potentiel certain et puis… cette fin a la con digne des pires navets. Franchement, une énorme déception pour ma part.

VÉNUS NOIRE


VÉNUS NOIRE

Paris, 1817, enceinte de l'Académie Royale de Médecine. « Je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l'anatomiste Georges Cuvier est catégorique. Un parterre de distingués collègues applaudit la démonstration. Sept ans plus tôt, Saartjie, quittait l'Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l'icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d'une ascension dorée...

Pour moi, l’histoire de la Vénus noire débuta il y a fort longtemps déjà, bien avant le film et probablement avant même que son réalisateur, Abdellatif Kechiche, n’ai l’idée de le faire. C’était il y a longtemps, avant même que nos médias nationaux ne parlent du destin tragique de Saartjie Baartman il y a quelques années, lorsque la France rendit a l’Afrique du sud la dépouille de cette femme pour qu’enfin, elle soit enterrée dans la terre de ses ancêtres. Saartjie rentra dans ma vie par le biais du hasard, comme cela arrive souvent, dans un article qui lui étais consacré dans un magazine dont je ne me souviens plus du nom, il y a une dizaine d’années au moins, a moins que ce ne soit dans une revue spécialisée – histoire ou autre – je ne m’en souviens plus vraiment mais ce n’est pas le problème car en découvrant son destin, sa triste histoire, sa vie misérable, humiliante, je dois reconnaître que celle-ci me marqua profondément, au point de, justement, ne jamais l’avoir oublier. Car une chose est claire lorsque l’on voit une œuvre cinématographique : quand on sait que ce n’est qu’une histoire inventée, c’est une chose, mais quand celle-ci est inspirée de faits réels, c’en est une autre. Bien évidement, dans les deux cas, on peut éprouver la même compassion pour les protagonistes de l’intrigue, mais si en plus, on sait que derrière les caméras et le scénario, il y a une histoire réelle, c’est autrement différent. Ainsi, quand j’appris l’année dernière qu’un film consacrée à la vie de Saartjie Baartman sortait sur les écrans, la première chose que je me suis dit était que, bien évidement, je ne pouvais pas ne pas passer a coté de celui-ci.

Alors bien sur, je connaissais donc déjà la vie de cette Vénus noire, ses humiliations, la façon dont elle fut traitée par la société occidentale de l’époque, le début du dix-neuvième siècle, ainsi que sa triste fin et, par-dessus le marché, ce que l’on fit de sa dépouille. De même, passionné d’histoire, je connaissais parfaitement la mentalité de l’époque vis-à-vis de ce que l’on appelait alors les « races inférieures »… à l’homme blanc, bien évidement. Ainsi, je n’étais pas en terrain inconnu, au contraire et je dois avouer que cela aide pour avoir un certain recul vis-à-vis de tout ce que l’on peut voir tout au long des deux heures et demi environ que dure ce long métrage ; car que l’on ne s’y trompe pas, cela n’est pas du tout jolie a voir comme il fallait s’y attendre. Je vais être cru mais Saartjie Baartman a connue une vie de merde (pardonné moi l’expression mais ce fut le cas) et Abdellatif Kechiche n’a pas fait dans l’édulcoration habituelle, il nous montre tout dans sa Vénus noire, et c’est probablement pour cette raison que bon nombre de spectateurs ne l’ont pas apprécié. Car, et ce fut l’une des critiques la plus récurrente que j’eu l’occasion d’entendre lors de la sortie du film, ce sentiment de voyeurisme tout au long de cette œuvre, cette mise en scène où est placée le spectateur, qui, tel le public de ce dix-neuvième siècle naissant – qu’il soit des bas fonds de Londres ou Paris, ou de la haute société sous le premier Empire – se délecte de la vision de cette soit disant « sauvage », cette prétendue « princesse africaine », de ses danses endiablées, de ses déhanchements, de sa morphologie particulière, oui, cette impression que nous aussi, nous ne sommes que des voyeurs en gêna plus d’un, pourtant, selon moi, elle est nécessaire. Car comment comprendre autrement cette attirance – car oui, ce fut le cas – pour la fameuse « Vénus Hottentote », de ces hommes et femmes occidentales, si persuadés de leur supériorité sur tous les autres peuples de la Terre si le réalisateur ne nous mettait pas, par le biais de ses gros plans, de ses mouvements de caméras, et surtout, en ne cachant rien, donc, a la place de ces hommes et femmes qui furent nos ancêtres. Alors oui, c’est dur, car la vie de la Vénus noire ne fut qu’une longue chute en avant vers la décadence la plus totale, pauvre employée de maison au Cap, qui ne voulait que devenir une artiste et qui dut subir humiliations sur humiliations, déceptions sur déceptions, avant de tomber dans la déchéance la plus totale.

Vénus noire est bien évidement un film triste, car l’on ne peut que compatir au triste destin de cette pauvre femme, mais c’est aussi un film très dur sur la société occidentale de l’époque, un film où tous les travers de celle-ci, vis-à-vis de ce qu’ils appelaient alors les « races inférieures » transparait a chaque instant : que ce soit le dédain manifeste envers celles-ci, qu’il se manifeste par le mépris, les idées reçues voir même, sublime ironie de l’histoire, par ces défenseurs anglais de Saartjie qui ne peuvent concevoir que celle-ci soit une artiste – c’est forcement une esclave – mais la formidable hypocrisie de l’homme blanc n’est, elle aussi, aucunement occultée : ah oui, pour lui, les noirs ne sont que des singes évolués, mais pour ce qui est de coucher avec leurs femmes, ca ne semble pas trop leur poser de problèmes. Car, l’élément le plus présent dans cette œuvre, l’érotisme de la « Vénus Hottentote », celle que ces blancs considèrent comme une sauvage, celle que sa morphologie étonne, ne les empêche pas de la toucher, de la désirer ardemment. Saartjie Baartman aura commencé par de pathétiques spectacles dans les bas fonds des grandes capitales européennes, sera passé par les salons parisiens, aura subit bien des désillusions, finira par se prostituer et, pour couronner le tout, une fois morte, dans les mais des savants de l’époque qui l’étudient tel un animal, sera exposer au Muséum d’Histoire naturelle de Paris pendant plus d’un siècle. Triste destin donc que celui de cette Vénus noire, mais excellent film, servi par de superbes acteurs, une très bonne mise en scène et qui ne peut laisser, indéniablement, le spectateur indifférent. Une œuvre qui dérange, qui n’occulte rien et qui fait réfléchir, du grand cinéma, comme je l’aime, tout simplement.

vendredi 15 avril 2011

HOLY LOLA


HOLY LOLA

Pierre Ceyssac est médecin dans le Cantal. Il quitte son cabinet pour deux mois afin de se rendre au Cambodge avec sa femme Géraldine. Ils ont récemment appris que Géraldine était stérile et ont donc décidé d'entamer des démarches pour une adoption. Arrivé à Phnom Penh sous une pluie battante, le couple s'installe rapidement dans un hôtel presque exclusivement fréquenté par des Occidentaux qui, comme eux, cherchent à adopter un enfant. Commence un parcours du combattant : des orphelinats au bureau des adoptions, tout semble se liguer contre eux. Les conseils avisés des clients de l'hôtel leur permettent d'éviter certaines tracasseries, mais leur quête ne progresse pas pour autant. Ils se découragent peu à peu...

Ce fut un peu par hasard que je suis tombé l’autre jour sur ce film ; d’ailleurs, pour être tout a fait franc, a la base, je ne comptais même pas le regarder : « bon, un film français sur l’adoption, mouais, bof… » on ne peut pas vraiment dire que le sujet m’emballait franchement, et puis, au vu de la semaine de Coupe d’Europe qui s’annonçait, je préférais me coucher tôt pour ne pas être exploser quelques jours plus tard – et oui Mr l’Empereur, je fais parti de la France qui se lève tôt – mais, comme cela m’arrive bien souvent, je me suis rapidement laisser entrainer par l’histoire, assez captivante, et, au bout d’un bon quart d’heure, l’évidence s’imposa d’elle-même : j’allais voir cet Holy Lola (curieux nom tout de même) jusqu’au bout et, je peux vous le dire d’entrée de jeu, je n’ai pas été déçu le moins du monde.

Tout d’abord, il me semble nécessaire de signaler que le sujet principal de ce Holy Lola, c'est-à-dire, l’adoption, n’est pas souvent traiter au cinéma. On pourrait, a priori penser le contraire, mais en fait, les souvenirs que l’on peut avoir a ce propos sont plus ceux de téléfilms américains ou allemands des après midis de M6 que des salles obscures. D’ailleurs, pour être tout a fait franc, de mémoire, je n’ai pas vraiment de souvenirs d’avoir déjà vu un film traitant de l’adoption ; des enfants déjà adoptés, oui, mais la démarche d’un couple dans le long et sinueux parcours pour en trouver un, franchement, c’est déjà plus rare. De ce fait, je ne peux que louer la démarche de Bertrand Tavernier de sortir un peu des sentiers battus, de nous proposer, du coup, un sujet plus original qu’il n’y parait de prime abord – car si l’on a l’habitude d’entendre parler d’adoption, c’est plus dans des documentaires qu’au cinéma, ne l’oublions pas – et surtout, car c’est un peu ce qui compte tout de même, d’avoir parfaitement réussi son coup. Car bien évidement, il faut savoir remettre les choses dans leurs contextes et ne pas s’extasier en vain devant ce qui n’est, au final, qu’un simple film sans prétention, car Holy Lola ne fut pas créer, et j’insiste sur le terme « créer », pour glaner moult récompenses, pour être acclamer par la critique et le public, mais tout juste pour nous montrer le quotidien, ma fois hautement difficile, semé d’embuche, d’un couple qui, ne pouvant avoir d’enfants par des voies naturelles, désire adopter. Ce coté réaliste, parfois même flirtant allégrement avec le documentaire, est assumé et s’il m’a largement plu, il fait parti de ces fameuses raisons qui font qu’un large public, habituer aux productions hollywoodiennes sans âmes, détestent franchement les productions françaises. Pourtant, Holy Lola, pour peu que l’on s’intéresse un peu au sujet, pour peu que l’on éprouve un peu de compassion pour ces couples, pour peu que l’on ne souhaites pas fermer les yeux sur la réalité de certains pays – ici le Cambodge – et pour peu que l’on se plait a se donner la peine de réfléchir lorsque l’on regarde un film, plutôt que, tels des vaches regardant passer les trains, de s’abrutir devant un écran, ne peut que nous plaire. Bien évidement, la réalité ici montrée est terrible : Bertrand Tavernier ne cache rien, ni les errements des adoptants, ici plusieurs couples de français, ni leur quête désespérer, parfois a la limite de la légalité, encore moins ce que l’on peut appeler le marché de l’adoption, où, dans moult pays dans le monde, les enfants disponibles sont réservés pour les nord américains qui, avec leur fortunes, ont fait exploser le marché, mais aussi, les petits arrangements entre amis qui font que politiques, personnalités etc. passent de toute façon avant tous les autres, et ce, en vitesse record. Mais ce n’est pas tout, car en plus, sans complaisance mais également sans jugement – et ce point a son importance – la corruption régnante a tous les niveaux au Cambodge n’est pas occultée (ici, c’est ce pays mais c’est valable ailleurs) ce qui, bien évidement, a fait hurler certains bien pensants comme si, montrer la vérité, même dérangeante, était un crime de lèse majesté. Mais Bertrand Tavernier ne juge pas les cambodgiens, il se contente de montrer les faits, tels qu’ils sont, de dénoncer ce gigantesque et bien souvent occulte marché de l’adoption, de toute façon, de plus en plus réservé aux plus riches, mais aussi, a nous faire nous poser la question suivante : « vaut-il mieux laisser un enfant vivre dans sa culture d’origine ou le faire échapper a une misère certaine ? ». Excellente question auquel les deux réponses possibles ne sont ni toutes blanches, ni toutes noires. Car il est évidant que si, dans les pays occidentaux, il y aurait plus de faciliter pour adopter, peut être que les gens n’iraient pas a l’autre bout du monde, usant parfois du trafic, pour trouver un enfant. Mais ceci est une autre histoire.

Quoi qu’il en soit, il est indéniable que Holy Lola ne fait pas que dénoncer la réalité des faits, qu’ils dérangent ou non, car l’une des grandes forces du film, c’est le parcours de ces couples, et plus précisément de ce couple, composé de Jacques Gamblin et Isabelle Carré, tous deux tout bonnement exceptionnels dans cette quête si difficile qu’elle semble sans espoir. L’intensité des sentiments, les espoirs déçus, les déceptions, les décisions a prendre et, enfin, la délivrance, tous ces instants, forcement intenses ne peuvent qu’émouvoir les spectateurs qui, forcement, ne peuvent qu’être captiver par l’intrigue. Et si, tout au long du film, je n’ai pas bien compris pour qu’elle raison Isabelle Carré passe la moitié de son temps a demi-nue ou carrément nue (car bon, comment dire, je croyais a la base que c’était un film sur l’adoption), il me semble évidant que les deux acteurs principaux, de part la qualité et l’intensité de leur jeu font beaucoup pour la réussite de cette œuvre.

Alors oui, Holy Lola peut déranger et ne pas plaire a certains, alors oui, sa vérité n’est pas fait pour tous, oui, on peut éprouver des doutes sur certaines méthodes du marché de l’adoption et même, s’indigner de ce que l’on peut voir. Mais comment ne pas prendre fait et cause pour ces gens qui ne désirent qu’une seule et unique chose, pouvoir être parents, comment ne pas compatir pour ces hommes et ces femmes a qui on met sans cesse des bâtons dans les roues, a qui on demande tout et n’importe quoi tandis que, ailleurs de part le monde, n’importe quel imbécile peut procréer sans qu’une assistante sociale ne vienne enquêter sur sa vie ? Oui, le sujet de ce film n’est pas simple, tout autant que l’adoption en elle-même. Quant au Cambodge, magnifique pays ravagé il n’y pas si longtemps par la guerre et les terribles Khmers rouges, comment ne pas s’extasier devant ces magnifiques paysages mais aussi, comment ne pas compatir a la misère évidente de la population ; « Au Cambodge les gens sourient mais leurs cœurs sont brisés ». Oui, tout cela n’est pas si simple et Holy Lola le montre bien. Certes, ce n’est peut être pas un film pour tout le monde, mais ceux qui accrocherons, eux, seront indéniablement touchés par celui-ci.

SUR LA TERRE DES MONSTRES DISPARUS


SUR LA TERRE DES MONSTRES DISPARUS

Imaginez un char d'assaut ressemblant à un phacochère de cauchemar ou un oiseau d'une demi-tonne qui dévore des chevaux miniatures. Grâce à la magie des effets spéciaux et les conseils techniques de paléontologues, la BBC a recréé une période oubliée de l'histoire. Cette production nous propose d'être les témoins d'un époustouflant safari préhistorique. Les dinosaures se sont éteints mais une nouvelle bataille pour la survie fait rage: celle des mammifères.

Épisode 1 : L'aube des temps nouveaux

-49 millions d'années - Eocène inférieur – Allemagne - Après la crise d'extinction du Crétacé, la vie est revenue sous la forme d'une forêt tropicale humide qui couvre tous les continents dont l'Europe. Les reptiles ne règnent plus sur Terre, et les mammifères se sont considérablement diversifiés. Mais ils ne sont pas les maîtres des terres émergées : des oiseaux géants occupent la place des superprédateurs, tel est le cas du Gastornis, volatile carnivore et aptère, de 170 centimètres de haut et pesant une demi-tonne.

Épisode 2 : Le tueur des Mers

-36 millions d'années - Eocène supérieur - Pakistan et Égypte - Le monde est devenu plus sec, la forêt a régressé au profit de la savane. De grands mammifères terrestres sont apparus : de lourds herbivores comme le brontothère Embolotherium, et de puissants carnivores comme Andrewsarchus (dont les plus proches parents sont pourtant les ruminants !). Les mers, et en particulier la Téthys, entre Eurasie et Afrique, sont le royaume de Basilosaurus, baleine carnivore de 15 mètres de long, descendante d'Ambulocetus. Pourtant, cette faune est menacée par un grand bouleversement climatique, causé par la glaciation de l'Antarctique, la première depuis des centaines de millions d'années, qui perturbe les courants marins et les pluies jusque sous les tropiques.

Épisode 3 : Un monde de Géants

-25 millions d'années - Oligocène supérieur – Mongolie - L'Asie connaît un climat tropical, avec une alternance de saisons sèches et humides très accentuée. Pour faire face à ces conditions, les mammifères ont dû s'adapter et certains ont atteint des tailles gigantesques, comme Entelodon, phacochère géant et particulièrement agressif, les Chalicothères et surtout Indricotherium, rhinocéros sans cornes, de 7 mètres de haut et pesant 15 tonnes. Leur taille leur permet de supporter de longues périodes de pénurie, alternant avec des saisons d'abondance. L'épisode raconte la jeunesse d'un de ces animaux, depuis sa mise bas jusqu'à son émancipation.

Épisode 4 : Lointains ancêtres

-3,2 millions d'années - Pliocène supérieur - Éthiopie - Au-delà de la vallée du Rift en formation, l'Afrique de l'Est est devenue une savane. Des primates hominidés primitifs, les Australopithèques, ont quitté la forêt, s'adaptant avec difficulté à leur nouvel environnement. Vivant en petits clans familiaux, et se nourrissant de fruits, de racines et parfois de charognes qu'ils disputent aux vautours, ils doivent supporter la prédation des grands carnivores (comme le félin à dents de sabre Dinofelis), contre lesquels les arbres clairsemés leur procurent un maigre refuge. Leur survie ne peut être assurée que par la vie en groupe, qui leur permet de mieux se défendre contre les prédateurs, et par les outils qu'ils commencent à inventer.

Épisode 5 : Dents de « Sabre »

-1 million d'années - Pléistocène inférieur - Paraguay - Les deux Amériques viennent de se réunir. L'Amérique du Sud était longtemps restée isolée des autres continents, une faune unique y a pris place, composée, entre autres, d'ongulés primitifs (Macrauchenia) de puissants et gigantesques xénarthres (Doedicurus, Mégathérium dépassant la taille d'un éléphant) et d'oiseaux terrestres géants et carnivores (comme le Phorusrhacos). Ces animaux doivent désormais affronter la concurrence d'espèces venues du Nord, comme les grands félins. Parmi eux, le Smilodon, un « tigre à dents de sabre » de 300 kg, vivant en groupes composés d'un mâle dominant, de plusieurs femelles et de leurs jeunes, est en passe de devenir le superprédateur de l'écosystème.

Épisode 6 : Des Mammouths et des Hommes

-30 000 ans - Pléistocène supérieur - Europe - La Terre est entrée dans une période glaciaire. La calotte polaire s'étend jusqu'à l'Europe centrale et le niveau de la mer est descendu de 200 mètres. En été, l'actuelle mer du Nord est une toundra, où beaucoup de grands herbivores se nourrissent : cerfs, bisons, antilopes, rhinocéros laineux, etc., et bien sûr les mammouths. Ces animaux emblématiques du dernier âge glaciaire cohabitent avec les hommes de Cro-Magnon, qui utilisent leurs os comme combustible et leurs défenses pour construire leurs abris, mais les chassent assez peu, préférant s'attaquer à des proies de taille plus modeste (cerfs, chevaux...). Quand vient l'automne, les plaines du Nord deviennent très vite inhospitalières, et les mammouths descendent vers le Sud, accompagnés par les Homo sapiens. En chemin, ils rencontreront divers prédateurs, qui guettent les convois dans les vallées et les montagnes : les loups, les lions des cavernes, mais aussi les hommes de Neandertal.

Les plus assidus de ce blog se souviennent peut être qu’il y a quelques semaines, le mois dernier pour être plus précis, j’avais déjà proposé ici même la critique d’un documentaire intitulé Sur la Terre des dinosaures. Celui-ci, produit par la BBC il y a près d’une décennie est depuis longtemps devenu culte pour le grand public, amateur des terribles lézards, et même s’il n’était pas exempt de défauts, surtout pour les spécialistes, force est de reconnaître que même en 2011, les représentations par images de synthèses des dinosaures n’ont toujours pas pris une ride et plaisent toujours autant aux petits comme aux grands. Forcement, toujours pour poursuivre dans mon désir de satisfaire la soif de connaissance de mes enfants sur la préhistoire, il me semblait fort logique d’aborder ensuite ce que l’on peut considérer comme étant la suite du documentaire consacré aux dinosaures, Sur la Terre des monstres disparus, qui, malgré un titre un peu tape-à-l’œil et accrocheur, s’attarde sur le règne qui suivis celui des dinosaures, c'est-à-dire, celui des mammifères.

Tout d’abord, force est de constater que lorsque l’on entends le mot « préhistoire », nous avons tout de suite tendance a penser immédiatement aux dinosaures, occultant tout le reste, c'est-à-dire, les reptiles mammaliens, les batraciens et les insectes géants qui les précédèrent, mais aussi, et fort curieusement, les mammifères qui leur succédèrent suite a leur disparition. Cela est un fait assez étrange en soit surtout pour deux raisons : tout d’abord, nous-mêmes, c'est-à-dire, l’espèce humaine, sommes issus de ces mêmes mammifères, que dis-je, nous sommes des mammifères ; ensuite, autant je peux comprendre que, par exemple, avant les dinosaures, rares sont ceux qui connaissent vraiment la faune qui peuplait notre planète – euh, le Dimétrodon, les trilobites ? – force est de constater qu’entre le Mammouth, le Tigre a dents de sabres, le Mégacéros, l’Auroch ou le Paresseux Géant, il y avait de quoi faire point de vu animaux charismatiques. Et encore, je ne cite que les plus connus. Pourtant, depuis toujours ou presque, autant l’homme est passionner par les dinosaures et même les néophytes sont capables de vous citer je ne sais combien de noms de ceux-ci, autant les mammifères géants, les fameux représentants de la mégafaune (dont je vous aie déjà parlé a quelques reprises sur ce blog), ressemblent plus, aux yeux de beaucoup, a de vulgaires seconds couteaux. Or, selon moi, et quand je pense a certaines créatures, dont certaines tout bonnement inconnues du grand public, c’est une injustice flagrante. Ainsi, il me semble que ce documentaire, Sur la Terre des monstres disparus, est donc une excellente initiative – mais aussi un moyen de surfer allègrement sur la pub du premier, j’en ai conscience – de la BBC qui nous permet de voir, comme ce fut le cas pour les dinosaures, un certain nombre de mammifères mythiques en situation, mais aussi de parfaire nos connaissances pour d’autres.

Forcement, Sur la Terre des monstres disparus est le « petit frère » de son ainé et tout ce que j’ai put dire, en bien comme en mal de celui-ci est parfaitement valable pour ce second épisode ; avec des scénarios toujours construits sous la forme de documentaires animaliers, le spectateur suit comme précédemment les péripéties d’animaux préhistoriques, certains connus, d’autres non, dans leur vie de tous les jours. Techniquement parlant, c’est toujours aussi bon et l’on ne peut s’empêcher de s’extasier devant la maitrise atteinte dans ce documentaire. De plus, les scénarios des divers épisodes constituants ce documentaire, sont tous – certes, certains plus que d’autres – suffisamment captivants pour que l’on n’en perde pas une miette et que l’on se mette a rêver devant ces « monstres » de la préhistoire, beaucoup moins connus que les dinosaures, mais bien souvent, tout autant spectaculaires et dignes d’intérêt, au point même que, parfois, pendant de courts moments, on se surprend a se rappeler que ce que l’on regarde a l’écran n’est qu’une reconstitution. Justement, c’est sur ce point que certains trouveront a redire, arguant du fait que tout cela n’est que suppositions des modes de vies des animaux présentés et qu’en plus, les scénarios sont bien souvent dramatiques. Et comme ce fut le cas avec Sur la Terre des dinosaures, je me contenterais de répondre que de toutes façons, étant dans l’impossibilité de remonter le temps pour voir comment ces animaux vivaient, tout ce que l’on raconte a leurs sujets, ne pourra être que des suppositions ; quant aux divers scénarios en eux-mêmes, et bien, disons que ceux-ci sont fait pour accrocher le spectateur et que, par ailleurs, ceux-ci sont égaux aux simples et communs documentaires animaliers que l’on a l’habitude de regarder.

Quoi qu’il en soit, Sur la Terre des monstres disparus me semble tout de même légèrement inférieur a son prédécesseur. Ce constat n’a strictement rien a voir avec le fait que nous avons là des mammifères préhistoriques – venant de la part d’un amateur de la mégafaune, ca le ferais mal – plutôt que des dinosaures mais plus a la valeur intrinsèque des divers épisodes. Car si cela commence plutôt bien, avec le redoutable Gastornis, un oiseau géant véritable terreur des premiers mammifères et qui me fait terriblement penser a un dinosaure carnivore avec un bec a la place des mâchoires (pour cela, je renvoie au Gigantoraptor erlianensis dont je vous ai déjà parlé sur ce blog, lors des tous premiers jours de son existence), le Basilosaurus, cette baleine tueuse géante de notre passé ainsi que l’Indricotherium, le plus grand mammifère terrestre de tous les temps, l’intérêt descend rapidement avec le quatrième épisode qui nous narre la vie – enfin la survie – de nos lointains ancêtres. Franchement, j’ai trouvé cet épisode déplacé, non pas qu’il soit anormal de parler des hommes préhistoriques, mais leur consacrer carrément un épisode complet, c’est un peu trop. Le niveau remonte heureusement avec Dents de Sabres, avec, forcement, les célèbres félins aux canines proéminentes, et s’achève, de façon sympathique avec les mammouths et l’âge glaciaire – quoi que le coup du Neandertal qui se prend une charge d’un rhinocéros laineux et qui survit de façon, hum, disons comique, m’est rester en travers de la gorge – derniers représentants, si l’on excepte les quelques rares survivants comme la Girafe, l’Eléphant ou le Buffle, par exemple, de la fameuse mégafaune. Mais le problème, c’est que quand surgit le générique de fin de l’ultime épisode, on ne peut nier la qualité de l’ensemble mais, on ne peut s’empêcher de se dire que pour un reportage censé nous en apprendre plus sur les mammifères préhistoriques, et ben, justement, on n’en aura pas vu des tonnes, ce qui, a mes yeux, est fort dommageable.

Alors peut être que comme je m’y connais un petit peu, je m’attendais a plus de ce documentaire, et que le néophyte, lui, sera satisfait du contenu de ce Sur la Terre des monstres disparus, mais quoi qu’il en soit, malgré une toute légère déception, surtout due au passage avec nos lointains ancêtres – j’ai manquer de m’endormir – qui, selon moi, avait plus sa place ailleurs qu’ici, force est de reconnaître que ce documentaire est tout de même d’excellente qualité et qu’il mérite largement, pour peux que l’on s’intéresse a la préhistoire ù que, par curiosité, on voudrait en savoir plus sur les autres « géants » de notre passé, le détour. En tout cas, encore un beau travail de la BBC (ah, ca c’est du service public de qualité), sans nul doute, et la prochaine fois, il sera temps de se préoccuper du troisième volet de la saga est de remonter le temps pour découvrir, justement, les animaux qui ont précéder les dinosaures… mais ceci est une autre histoire, a venir dans quelques semaines…

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...