lundi 28 janvier 2008

L’HISTOIRE SECRÈTE – GENÈSE


L’HISTOIRE SECRÈTE – GENÈSE

3000 avant notre ère, vers la fin du néolithique. Un vieil homme blessé s’échappe d’une cité lacustre, épaulé par quatre enfants, après avoir été attaqué. Avant de mourir, le vieux chaman confie à chacun d’entre eux des cartes d’ivoire sur lesquels sont représentés des symboles. Ces cartes confèrent un pouvoir incommensurable sur le temps et les éléments à chacun d’entre eux, dès lors devenus des « archontes ». S’ils promettent de ne jamais unir leurs puissances, les 4 jeunes commencent par désobéir, en voulant venger leur village. Une comète s’écrase alors sur la terre ! Ils décident donc de se séparer pour éviter ce type de catastrophe. 1600 plus tard en Egypte, l’aîné Dyo prend fait et cause pour Pharaon, tandis que son frère Erlin, allié à un dénommé Moïse, souhaite protéger les hébreux et les aider à fuir l’Egypte. Lors d’une bataille mémorable pour la prise de la forteresse d’El Koumma, les deux frères abusent alors de leurs cartes. Dans l’optique de prendre l’ascendant l’un sur l’autre, ils provoquent une succession d’évènements fantastiques, tels que des raz de marée, des invasions de sauterelles, des créations de golems, des ouvertures de mer rouge…


L’Histoire Secrète – Genèse
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Carole Beau
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Editeur : Delcourt
Genre : Fantastique, Action, Esotérisme, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 17 novembre 2005
Nombre de pages : 48

Mon avis : J’avoue que je n’ai pas eu longtemps à réfléchir lorsqu’il m’a fallut choisir l’œuvre qui aurait droit a me première critique sur mon blog : en effet, ayant découvert L’Histoire Secrète l’année passée, je peux affirmer sans problème que celle-ci aura été la bande dessinée la plus marquante, du moins, a mes yeux, de 2007. Par forcément pour sa qualité intrinsèque, mais je vais y revenir, mais surtout en raison de son omniprésence… après tout, neuf tomes en douze mois, il était difficile de faire mieux. Du coup, et comme en ce mois de janvier était sortit le dixième volume de la saga, je m’étais dit que, avant de passer a la critique de celui-ci, je vous proposerai celle de ses prédécesseurs, histoire de faire les choses dans l’ordre, bien sur, mais aussi de revenir sur une bande dessinée qui avait décidément tout pour réussir et qui, quelque part, s’est perdu en route… Ce constat, vous le constaterez, au fil de mes critiques qui oscilleront entre le plutôt bon et le franchement mauvais, mais avant cela, commençons par le commencement et ce fameux Genèse. Les Archontes, deux hommes et deux femmes, vivant depuis la nuit des temps, porteurs chacun des cartes d’ivoires aux pouvoirs incommensurables et manipulant dans l’ombre la destinée de l’humanité, oui, le concept de base était on ne peut plus alléchant, je ne le nie pas, d’ailleurs, au vu de mes gouts personnels, je ne pouvais pas passer à coté d’une telle œuvre. Cependant, les meilleures idées au monde n’accouchent pas forcément d’incontournables et, justement, ce premier tome de L’Histoire Secrète en est le plus parfait exemple : après une entrée en matière pour le moins tonitruante et réussie, un petit bon de quelques milliers d’années dans le temps nous entraine dans l’Egypte antique, plus précisément a la période de l’Exode décrite dans l’Ancien Testament où, malgré leurs promesses, les Archontes se font déjà la guerre. Mouais, pourquoi pas, l’idée peut se tenir sauf que si l’habillage est prometteur, le contenu l’est moins : ainsi, là où l’on pouvait être en droit d’avoir un récit basé sur les rivalités entre Archontes, on se retrouve avec des scènes de combat qui se succèdent les unes aux autres, la magie et quelques monstres en plus. Alors bien sur, par moment, il y a un souffle épique et certaines planches sont spectaculaires, mais bon, comme notre vieil ami, Igor Kordey – qui se fit connaitre sur un certain New X-Men avec Grant Morrison – est connu depuis bel lurette pour être capable du meilleur (si, si) comme du pire (hélas), les 48 pages de ce premier tome oscillent donc entre le plutôt bon et le… comment dire… franchement moche. Ensuite, il faut reconnaitre que le sieur Jean-Pierre Pécau est un sacré bon scénariste et que sa connaissance de l’histoire est réelle, sauf que, si ses tentatives d’expliquer les Plaies d’Egypte par le biais des Ivoires passe encore, quel mouche lui a pris de nous imposer la présence d’Hoplites grecs ici ?! Il a trop regardé Troie – au demeurant, un mauvais film – ou quoi ? Du coup, au final, on se retrouve avec une bd pour le moins bancale où se mêlent, dans le plus parfait désordre, bonnes et mauvaises idées, dessins réussis et d’autres hideux, et qui, par-dessus le marché, me semble bien trop courte : 48 pages, cela limite forcément les choses, surtout quand les deux tiers de celles-ci sont consacrés a des scènes de combats… Dommage car le potentiel était pourtant là…


Points Positifs :
- Un synopsis de départ plutôt intéressant : quatre êtres a priori immortels qui manipulent dans l’ombre l’humanité depuis la nuit des temps, oui, l’idée était pas mal.
- Les premières pages qui nous narrent les origines des Archontes sont les plus réussies, surtout pour le choix des couleurs ; ce ton sépia est un plus indéniable.
- Certains passages sont réussis, il y a de bonnes idées comme l’utilisation des Plaies d’Egypte, les Archontes m’ont l’air intéressants quoi que stéréotypés et je ne nie pas que, parmi toutes ces scènes de combats, il y a deux ou trois faits d’armes impressionnants.
- Le cas Igor Kordey : son style, particulier, ne plaira pas a tout le monde mais personnellement, je l’aime bien et certaines de ses planches sont fort réussies, tant au niveau des dessins que des cadrages.
- Une belle couverture.

Points Négatifs :
- Passé un début fort réussi, il faut reconnaitre que la quasi-totalité de ce premier tome est consacrée à un affrontement entre égyptiens et hébreux ; trop de combats tuent les combats.
- Qui plus est, on sent l’inspiration des auteurs qui ont un peu trop pompé le film Troie… qui n’est pas vraiment un chef d’œuvre, faut-il le rappeler ?
- Mais que viennent faire des hoplites là-dedans !?
- Oui, comme je le disais, les Archontes me semblent un peu trop stéréotypés et l’on sait déjà quels sont les sympas, le méchant et… la folle.
- Le cas Igor Kordey, encore : mais comment peut-il nous livrer des planches superbes et nous pondre de véritables étrons tout de suite après !? En plus, son style ne plaira pas à tout le monde.
- Mouais, on sent Pécau limité par les 48 pages… En tout cas, il y avait de quoi mieux faire.

Ma note : 5,5/10

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