mardi 29 janvier 2008

L'HISTOIRE SECRÈTE – LES CLÉS DE SAINT PIERRE


L'HISTOIRE SECRÈTE – LES CLÉS DE SAINT PIERRE

Après le combat au XIIe siècle sur les terres Cathares de Montségur, l’archonte Reka met un point d’honneur à décimer le Saint Empire Germanique de Frédéric II, étendant un peu plus encore le pouvoir de l’Eglise sur l’Europe. Trois siècles s’écoulent… A Florence en 1527, tandis que la peste étend ses ravages sur toute l’Europe, un certain Michelangelo et un certain Nostredame (Michel Ange et Nostradamus) reçoivent la visite de Doña Aker, l’une des 4 archontes. Elle leur rapporte que de nouvelles cartes, appelé « Eikôns », tout aussi puissantes que les Ivoires originels des archontes, semble avoir été fabriquées et être en service à Rome. Elle y envoie Nostredame, à la tête d’une escorte de chevaliers noirs, pour s’en emparer. A ce moment même, les armées de Charles Quint assiègent et attaquent Rome. Parmi ces derniers, Dyo, qui emploie l’ivoire de la coupe, trouve son pouvoir concurrencé par celui inattendu d’un jeune orfèvre, Benvenuto Cellini. En observant les effets immunitaires contre la peste, de mystérieux symboles gravés sur un pendentif, ce dernier a en effet compris les possibilités offertes par ce pouvoir phénoménal...


L’Histoire Secrète – Les Clés de Saint Pierre
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Léo Pilipovic
Couleurs : Carole Beau
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Editeur : Delcourt
Genre : Fantastique, Action, Esotérisme, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 mars 2006
Nombre de pages : 48

Mon avis : Ouf ! Des les premières pages, on respire : cette fois ci, on ne pourra pas se lamenter au sujet des dessins si décevants du tome précédant. Pilipovic, sans être génial, n’en est pas moins un dessinateur plus que correct, au style précis et réaliste, qui pourra même davantage plaire à beaucoup que celui de Kordey, parfois spectaculaire, mais souvent brouillon. Personnellement, j’ai une certaine préférence pour celui-ci, mais les graphismes de Pilipovic sont néanmoins plaisants, et collent plutôt bien à l’intrigue. Mais si pour ce qui est de la partie graphique, on peut enfin respirer, quid du scénario de ce quatrième volume de L’Histoire Secrète ? Eh ben, une fois de plus, nouveau saut dans le temps et l’on se retrouve, après un préambule où l’on a appris que tous les efforts d’Aker se sont révélés vain et que toute la descendance des Hohenstaufen fut décimée, à Rome, au XVIe siècle, tandis que la ville éternelle est assaillie par des troupes menées par Dyo, qui souhaite se venger de Reka. Les jeux, dérivés des Ivoires se sont multipliés et les Archontes commencent à comprendre qu’ils auront de plus du mal à contrôler un avenir de plus en plus incertain, surtout depuis qu’un nouveau joueurs est entré dans la partie, l’inquiétant Guillaume de Lecce. D’ailleurs, utilisant un jeune orfèvre, Benvenuto Cellini, ceux-ci font créer tout bonnement un nouveau jeu, terrifiant, qui ne se contente pas, comme les autres, de copier les Ivoires originaux. Bref, dans ce quatrième tome, l’intrigue suit tranquillement son court, sans grand bouleversements notables et d’ailleurs, la forme est largement plus intéressante que le fond : après tout, a part quelques éléments spectaculaires, mais pas forcement utiles, comme le monstre des caves du Vatican (les Goules du Château des Djinns passaient bien, le monstre, non), la peste foudroyante, saisissante dans ses horribles effets où l’utilisation d’un Nostradamus encore jeune, il faut bien reconnaître qu’il ne se passe pas grand-chose de véritablement spectaculaire pour l’intrigue en elle-même. Beaucoup de paillettes en quelque sorte, mais quand aux Archontes, on se limitera en gros au duel entre Reka et Dyo, avec Guillaume de Lecce en arbitre, mais de loin. D’ailleurs, sur ce point, les premières pages auront été plus importantes pour la suite de la saga, lorsque l’on apprend que les efforts d’Aker furent réduits à néant, que le reste, ou l’on passe une quarantaine de pages pour que l’on comprenne que la cinquième famille à créer son propre jeu. Et oui, je résume vite fait mais en gros, c’est un peu ça… Ce qui est dommage d’ailleurs puisque, dans le fond, ce quatrième tome, Les Clés de Saint Pierre, est plutôt agréable à la lecture mais plus comme un récit d’action du début à la fin, où le lecteur n’a pas forcement le temps de véritablement s’attacher à des personnages pas franchement charismatiques (après tout, a quoi bon puisque d’un tome sur l’autre, ce ne sont plus les mêmes) et où les défauts de la saga commencent à poindre le bout de leurs nez : évidement, il ne sert à rien de tourner autour du pot, pour Pécau, L’Histoire Secrète fut écrite pour fortifier la cohérence des univers Arcanes et Arcanes Majeurs, du coup, le postulat de départ, la fameuse réécriture de l’Histoire passe un peu à la trappe vu comment elle est rapidement survolée. Alors, au vu des ambitions et du potentiel, s’il était ambitieux de vouloir réécrire l’Histoire, serait-il possible de réécrire L’Histoire Secrète... ?


Points Positifs :
- D’entré de jeu, comment ne pas parler des dessins : exit Goran Sudzuka qui avait malheureusement sévi dans le tome précédant et place a Léo Pilipovic dont le style est certes bien plus conventionnel que celui d’Igor Kordey mais qui n’en reste pas moins agréable.
- L’intrigue en elle-même n’est pas mauvaise et se lit plutôt bien même si elle est en-deçà de celle du Graal de Montségur ; disons que cela reste cohérant avec l’univers de la série depuis ses débuts et que, une fois de plus, on apprend pas mal de choses sur les luttes intestines entre Archontes.
- Une fois de plus, Jean-Pierre Pécau prend plaisir à expliquer le moindre événement historique par le biais des Archontes et des Ivoires ; exemple tout bête, en effet, le Connétable de Bourbon fut bel et bien tué d’un coup de mousquet lors du siège de Rome.
- Une cinquième famille, des jeux qui se multiplient et une intrigue qui se complexifie…

Points Négatifs :
- Malgré une intrigue pour le moins correcte, force est de constater que celle-ci commence a montrer ses limites : tous ces sauts dans le temps entre chaque tome fait que l’on a du mal a s’attacher a des personnages que l’on sait par avance que l’on ne retrouvera pas par la suite.
- De plus, les personnages de ce quatrième tome sont loin d’être franchement emballants ; sympa mais sans plus. Heureusement, il reste Reka toujours aussi charismatique… Par contre, Dyo, il apparait par moments plus ridicule que machiavélique.
- A quoi a servi le monstre dans les caves du Vatican ?
- Pilipovic s’en sort bien, certes, mais je trouve son style trop conventionnel et préfère nettement celui d’Igor Kordey ; allez, encore un tome et il ne nous quittera plus !

Ma note : 6,5/10

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