vendredi 1 février 2008

L'HISTOIRE SECRÈTE – 1666


L'HISTOIRE SECRÈTE – 1666

Avec la multiplication des Ivoires en cartes à jouer, le pouvoir des archontes se répand à d’autres hommes. Ce qui n’empêche pas ces quatre chamanes de poursuivre leur lutte fraternelle. Très influente dans les milieux pontifes, Reka tente de contrer les hérétiques à l’aide de l’invincible armada… en vain. Puis elle s’attaque à l’Allemagne et parvient avec succès à anéantir le règne de Guillaume de Lecce et des frères rouges avec qui il a fait alliance. Pourtant en 1666, dans les bas-fonds londoniens, de curieux moines aux faciès rongés par le temps semblent être à l’origine d’une vague de crimes répugnants. Alors officier du roi d’Angleterre, l’archonte Erlin soupçonne son frère Dyo d’être toujours en vie et de vouloir s’emparer des talismans. Il envoie alors Georges Soubise quérir un dénommé Isaac Newton pour leur venir en aide. La science de ce dernier et notamment ses recherches sur la lumière, peuvent s’avérer un atout majeur, bien qu’encore au stade expérimental. Il s’agit en effet de lutter contre les Oculus, des créatures surnaturelles à la peau sèche comme du parchemin, et dont tous les orifices sont cousus…


L’Histoire Secrète – 1666
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Léo Pilipovic
Couleurs : Carole Beau
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Editeur : Delcourt
Genre : Fantastique, Action, Esotérisme, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 mai 2006
Nombre de pages : 48

Mon avis : Ce qu’il y a de bien avec Jean-Pierre Pécau, c’est qu’avec lui, n’importe quel événement de l’Histoire peut avoir une explication cachée, d’où le nom d’Histoire Secrète, bien entendu, mais vraiment, tout y passe, comme, pour cet album : l’invincible armada, le mythe de Faust, les découvertes d’Isaac Newton, l’énigme des Rose-Croix, le règne de Cromwell, le sort de la première colonie britannique dans le nouveau monde, le grand incendie de Londres etc. Mais malheureusement, comme à son habitude, ces anecdotes ne sont que plus ou moins vaguement suggérées, alors que l’on aurait put espérer, pourquoi pas, que l’auteur s’attarde davantage sur ceux ci. Certes, depuis le début (voir Genèse) la série est faite ainsi et l’on passe allégrement d’une époque à une autre, survolant bien trop rapidement des faits qui auraient mérité, souvent, un traitement plus développé. Mais bon, une fois de plus, on se tape un énième saut dans le temps et l’on quitte le siège de Rome par les troupes du Connétable de Bourbon dans Les Clés de Saint Pierre pour l’Angleterre post-Cromwell, au XVIIe siècle où Erlin agit dans l’ombre depuis des décennies. Ainsi, l’on apprend que celui-ci est responsable de la Berezina survenue à l’invincible armada espagnole, aidée par des sorciers, en fait, des joueurs de cartes de sa famille. Car, comme on l’avait vu dans les derniers tomes, la donne à bien changée depuis que les Ivoires ont put être copiées et les Archontes ne sont plus les seuls à disposer de pouvoirs, parfois utilisés de façon peu orthodoxe. Dans le fond, ce cinquième tome de la série est plutôt intéressant : le synopsis, fortement inspiré de Jack l’Eventreur (mais deux cent ans plus tôt) est plutôt accrocheur, les traits d’humour ne manquent pas et, l’ensemble est rehausser par les dessins d’un Pilipovic dont le trait de pinceau est correct. Cependant, comme d’habitude, le lecteur pourra avoir du mal à véritablement s’intéresser aux protagonistes secondaires, qui ne sont là que pour un album, même si ceux-ci sont plus intéressants que d’habitude. D’ailleurs, à ce propos, celui qui remporte la palme est incontestablement John Dee, anciennement proche d’Erlin mais dont l’envie d’obtenir la jeunesse éternelle lui fit passer un pacte faustien avec le frère de celui-ci, le sombre Dyo, que l’on retrouve une fois de plus en bien mauvaise posture, retrouvant son apparence de vieille momie à la peau parcheminée, comme dans Le Graal de Montségur. Ce qui est loin d’être franchement enthousiasmant d’ailleurs : car si l’idée de voir un Dee passer un « pacte avec le diable » se tenait, revoir Dyo en zombie de seconde zone fait davantage penser que Jean-Pierre Pécau tourne un peu en rond avec ce personnage, ne sachant pas trop quoi en faire. Dommage car une fois de plus, il apparait que si l’on doit faire un bilan, entre les habituels défauts de la saga et quelques idées mal exploitées voir même une scène qui fleure bon la série Z – le combat final avec des rayons et des cranes jaunes fluo – ce cinquième opus, sans être véritablement mauvais, apparait comme étant moins bon que ses prédécesseurs immédiat, bref, que la déception est une fois de plus au rendez vous ; mais bon, on commence a avoir l’habitude désormais…


Points Positifs :
- Quelques bonnes idées, indubitablement, surtout pour ce qui est des multiples références historiques citées par Jean-Pierre Pécau ; bien sur, ce n’est pas nouveau et on est habitué a celles-ci mais bon, autant le noter surtout que certaines sont plutôt bien trouvées.
- John Dee et son pacte faustien qui fit de lui une liche est plutôt une bonne trouvaille.
- Un humour un peu plus présent que dans les tomes précédents.
- Selon moi, le style de Pilipovic, trop conventionnel, ne vaut pas celui d’Igor Kordey, mais bon, il n’en est pas moins correct et, d’ailleurs, s’en sort plutôt bien pour ce qui est des costumes d’époque.

Points Négatifs :
- Bien sur, les références historiques sont agréables, surtout si on est un passionné, comme moi, d’Histoire, cependant, par moments, trop c’est trop surtout que celles-ci ne sont, pour la plupart du temps, que suggérées et auraient méritées d’être davantage développées.
- Comment voulez vous que l’on s’attache aux personnages puisque ceux-ci changent d’un volume sur l’autre.
- D’ailleurs, ces habituels sauts dans le temps nuisent indubitablement à la qualité de l’ensemble de la série.
- Dyo perd encore son Ivoire ? Le revoilà derechef sous avec une apparence de zombi ? Mais il n’a pas l’impression de se répéter le père Pécau sur ce coup là ?!
- Que de blabla inutile par moments dans ce tome…
- Le combat final a tout de même quelques faux airs de série Z, vous ne trouvez pas ?

Ma note : 5/10

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