dimanche 29 mars 2009

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE


LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE

Le Premier jour du reste de ta vie, ou cinq jours décisifs dans la vie d'une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que d'autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain.

Non mais qu’elle putain de claque j’ai pris hier soir, du genre que l’on n’oublie jamais, même si, avec le temps, celle-ci sera atténuée. Après tout, les émotions ne sont jamais aussi fortes que lors de la première fois, et je ne pense pas que, si un jours je revois ce film, j’éprouve les mêmes sentiments, ou du moins, pas avec autant d’intensité. Et, comme d’habitude, mais on ne me changera pas ainsi du jour au lendemain (surtout à mon age), j’étais plus que dubitatif devant le DVD lorsque je le vis dans les mains de ma femme hier : encore un film français, encore c’est fichus titres à rallonge, beurk ; moi qui rêvait d’aventure et d’évasion, de penser à tout sauf en train train quotidien, j’étais loin d’être servi avec ce « Premier jour du reste de ta vie ». Et pourtant, encore une fois je me suis trompé. Non pas que je n’avais pas besoin d’un genre complètement différent, mais qu’au vu de la qualité intrésèque du film, le jeu en valait amplement la chandelle (mais la prochaine fois, promis juré, je passe à autre chose !).

Ce qui fait la différence entre le cinéma français et américain, comme me le disait ma femme, c’est que dans le premier, on peut parfaitement s’identifier aux personnages, chose bien difficile dans le second. Et pour ce qui est de ce « Premier jour du reste de ta vie », il est plus qu’évidant que pour ce qui est de l’empathie, celle-ci est plus que forte. Le synopsis, d’une simplicité que l’on pourrait croire affligeante (et dans le genre, bon nombres de films se sont déjà cassés la gueule) accroche immédiatement le spectateur, et ce, tout simplement parce que la vie d’une famille, sur plusieurs années, avec les enfants qui grandissent, les parents qui vieillissent, les joies, les peines, les drames et les fâcheries parlent à tout le monde, parce que cela se passe ainsi dans toutes les familles. Du coup, comment ne pas se reconnaître dans ces personnages, qui parcourent deux décennies que ceux de ma génération et les plus âgés connaissent bien, les années 80 et 90 ; de même, les multiples clins d’oeils qui jalonnent le film comme un extrait de « Nulle part ailleurs » ou le premier « Tomb Raider » pour n’en citer que deux, ne peuvent que renforcer l’identification envers cette famille qui pourrait parfaitement être celle de chacun de nous, après tout, ces mêmes choses ont jalonner notre vie. Des exemples d’identification comme ceux là, le film en est rempli, et comme en plus, entre une BO accrocheuse et réussie et des acteurs tout simplement excellents dans leurs rôles, tous les ingrédients sont donc réunis pour faire du « Premier jour du reste de ta vie » une œuvre inoubliable et parfaitement réussie, de celles que l’on ne regrette absolument pas de découvrir et qui vous remuent les tripes en raison de tous les sentiments personnels qui, forcement, vous remontent à la surface. Une belle claque que je vous disais, et je ne mache pas mes mots. Et pour conclure, pour ce qui est des comparaisons avec le cinéma américain (pourtant capable de nous pondre d’authentiques chefs d’œuvres mais dans un style entièrement différent), celui-ci aurait été tout simplement incapable de nous bouleversés autant que ce « Premier jour du reste de ta vie ». Comme quoi, il faut savoir ne pas jurer que par Hollywood et s’intéresser au cinéma des autres pays, bien plus digne d’intérêt que l’on voudrait nous le faire croire. Sincèrement, malgré un titre à rallonge et les préjugés que l’on peut avoir envers le septième art tricolore, pourquoi se priver d’une telle réussite ? Cela serait impardonnable.

dimanche 22 mars 2009

MAGICAL MYSTERY TOUR


MAGICAL MYSTERY TOUR

The Beatles (1967)

1-Magical Mystery Tour
2-The Fool on the Hill
3-Flying
(Lennon / McCartney / Harrison / Starkey)
4-Blue Jay Way
(Harrison)
5-Your Mother Should Know
6-I Am the Walrus
7-Hello Goodbye
8-Strawberry Fields Forever
9-Penny Lane
10-Baby You're a Rich Man
11-All You Need Is Love

“Magical Mystéry Tour” est un cas à part dans la discographie des Beatles et il n’est pas évidant, à première vue, d’en écrire une critique. La raison est toute simple, celui-ci n’est pas réellement un disque officiel comme peuvent l’être « Revolver » ou « Abbey Road » par exemple ; en effet, il s’agit de la bande originale du film (si l’on peut qualifier cette chose de film, ce qui est loin d’être acquis) du même nom, sorti fin 67, en pleine période psychédélique des quatre de Liverpool, et encore, cette fameuse BO ne comportait uniquement que six titres (les premiers en fait), ce qui fait que, franchement, avec du recul, il est incontestable que celle-ci était loin d’être vraiment indispensable puisque bon, sans être méchant, a part l’enchanteur « The Fool on the Hill » de Macca et l’extraordinaire « I Am the Walrus » de Lennon, le reste était loin d’être à la hauteur de ce que les Beatles nous avaient habituer jusque alors (mais, car il y a toujours un mais, encore une fois, ces mêmes titres sois disant inférieurs, valaient largement bon nombre de productions de l’époque, pourtant riche en talents divers). Bref, on ne peut pas dire que ce « Magical Mystéry Tour » débutait bien sa carrière : film ( ?) ou personne ne comprenait rien, y compris les principaux protagonistes, BO bien courte et bancale, il fallut attendre quelques années (1976 en Grande Bretagne pour être exact) et l’ajout de cinq autres titres, tous issus de 45 tours, pour rendre la chose bien plus intéressante. Car là, le niveau de l’ensemble monte en flèche, ne serais ce que par le duo inséparable « Strawberry Fields Forever » et « Penny Lane », les deux titres qui auraient dut apparaître sur l’extraordinaire « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » et qui l’auraient rendu encore meilleur (comme si cela était possible vu la qualité de celui-ci), deux bijoux magnifiques auxquels on joint le célèbre « All You Need Is Love », véritable hymne de l’été de l’amour ainsi que le sympathique « Hello Goodbye ». Du coup, pris dans son ensemble et pour quelqu’un qui ne connaît pas grand-chose en « Beatles », l’album peut s’avérer être excellant, au vu des titres proposés, pour la moitié de très haute volée. Mais bon, pour tous les autres, cela ne reste qu’une espèce de compilation, sympathique et indispensable lorsque l’on est collectionneur, mais d’un moindre niveau que les albums officiels. Mais bon, malgré cela, « Magical Mystéry Tour » vaut le détour, ne serais ce que par le fait que c’est plus agréable de retrouver des titres aussi bons que « I Am the Walrus » ou « Penny Lane » (pour ne citer qu’eux) dans ce qui reste un vrai faux album, que dans une compilation avec une soixantaines de titres.

SEPT VOLEURS


SEPT VOLEURS

Ebrinh et Ivarr, deux voleurs sans envergure, vivent tant bien que mal de leurs larcins dans les bas-fonds de Marmaëkard. Un matin, ils rencontrent deux nains qui souhaitent faire usage de leurs talents pour une mission risquée mais lucrative : s'emparer des richesses de leur peuple, qui dorment sous la montagne. Pour monter cette expédition, ils recrutent également un colosse chargé de transporter le butin et deux féroces orcs. Mais le fabuleux trésor des nains attise tant les convoitises que rien ne se déroulera comme prévu... “7 récits, 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir !” 7 scénaristes et 7 dessinateurs ont relevé le défi lancé par David Chauvel.

Deuxième tome de la collection « 7 », ces « Sept Voleurs », sans atteindre les sommets de « Sept Missionnaires » ou des « Sept Psychopathes » n’en est pas moins une bande dessinée plutôt agréable, qui, sans être d’une grande originalité (franchement, l’Heroic Fantasy, on commence à connaître en long et en large depuis le temps), possède un certain charme qui nous permet, à nous autre lecteurs, de passer un sympathique moment de détente, à défaut d’être inoubliable. Certes, pour le chef d’œuvre, il faudra repasser, idem pour ses suivants, l’excellant et le bon, mais ce n’est pas trop grave puisque le moyen peut parfois suffire, et puis, après tout, c’est déjà mieux que le mauvais, non ?

Après une entrée en matière que je trouve un peu absurde (que voulez vous, il m’arrive parfois de tomber dans le n’importe quoi le plus total), intéressons nous un petit peu à ce que vaut réellement ces « Sept Voleurs ». Tout d’abord, le scénario, à priori peu original comme je l’avais déjà préciser se révèle suffisamment accrocheur pour ne pas ennuyer le lecteur ; en effet, on rentre facilement dans l’histoire, et ce, malgré cette sensation de départ que des quêtes de trésors, on les a mille fois lu ou jouer dans d’interminables parties de jeux de rôles. Sans être hautement charismatiques, les personnages sont toutefois corrects, dans la lignée du genre et peut être que le fait que l’on n’ai droit uniquement qu’a des voleurs est préférable au fait de se retrouver avec des paladins et autres magiciens : ok, ce sont des crapules sans fois ni loi, mais au moins, on ne se retrouvera pas avec un monde a sauver (mouais, juste un trésor à récupérer, c’est bon pour les faibles niveaux ça ?). Enfin, pour ce qui est des dessins, ceux-ci sont agréables à l’œil et collent plutôt bien à l’histoire, dont le synopsis évolue petit à petit, sans grandes surprises certes, mais avec un petit dénouement assez inattendu. Bien évidement, les « Sept Voleurs » ne sont pas une BD extraordinaire, et après lecture, on passera rapidement à autre chose, mais bon, malgré tout, en reprenant des formules archis connues et maintes fois utilisés, je trouve qu’il s’en sort assez bien et permet de s’octroyer un agréable moment de détente sans grande prise de tête, ce qui est déjà pas mal.

dimanche 15 mars 2009

LES AUTRES DIEUX ET AUTRES NOUVELLES


LES AUTRES DIEUX ET AUTRES NOUVELLES

Démons ! Ils sont légion dans l'univers de Lovecraft. Ils peuplent les rêves, la nuit, les cités obscures, nos rues, nos maisons. Depuis le grand lézard aquatique jusqu'à ces créatures hybrides, momies à têtes d'animaux qui hantent les catacombes pharaoniques... Même les chats, ont une aura étrange. On raconte qu'à Ulthar, ils se sont livrés à un sordide festin... Au-delà des monstres, il y a ce chemin qui mène vers l'Inconnu Le palais des Soixante-Dix Délices est l'une de ces merveilles. Situé dans la ville fabuleuse de Celephais, il égale en beauté les temples de Sarnath, la magnifique. Comment parvenir dans ces citadelles qui touchent au monde des Dieux et parfois aux marches de l'enfer ? Point n'est besoin d'être sorcier. Lovecraft nous montre le chemin...


Les Autres Dieux et autres nouvelles
Auteur : Howard Philipps Lovecraft
Type d'ouvrage : Fantastique, Horreur
Première Parution : 1920-1926
Edition Française : 1 janvier 1999
Titre en vo : Dagon
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Paule Pérez
Editeur : J'ai Lu
Nombre de pages : 123

Liste des Nouvelles :
Herbert West, réanimateur
Les chats d’Ulthar
Les autres dieux
L’étrange maison haute dans la brume
Celephais
La malédiction de Sarnath
La tombe
Prisonnier des pharaons

Mon avis : Les nouvelles que l’on trouve dans ce recueil, au nombre de 8, sont issues du célèbre Dagon, œuvre magistrale de part sa densité (30 nouvelles couvrant 32 ans de la vie de l’auteur), même s’il faut bien reconnaître que celles-ci ne font pas partis (loin de là) des titres majeurs que Lovecraft ait put écrire. Ah ! Lovecraft ! Ma première rencontre avec le célèbre auteur du mythe de Cthulhu date de 1995, alors que j’avais finis mon service militaire et que j’entrais dans la vie active : immédiatement, je tombais sous le charme de ces œuvres indicibles et de cette mythologie effrayante ou l’espoir n’existe pas et la folie toujours présente. Les autres dieux et autres nouvelles, ouvrage qui nous intéresse ici, fait partie de la collection Librio, excellente initiative où l’on pouvait trouver des textes majeurs pour pas grand-chose (10 francs à l’époque, une misère : 1€50). Certes, Dagon est plus complet, mais à défaut de le posséder, et vu que je souhaitais lire un ouvrage très court (une centaine de pages), mon choix se porta sur ces nouvelles, qui occupèrent ma soirée d’hier, me permettant de me replonger avec plaisir et angoisse dans l’univers de l’un mes auteurs préférés, un peu trop négligé depuis quelques années. Alors certes, toutes les nouvelles que l’on retrouve ici ne sont pas du même niveau d’intérêt, et, l’on passe allégrement des histoires typiquement Cthulhuiennes à d’autres, plus proches de La quête onirique de Kadath l’inconnue, œuvre de semi-Fantasy, plus éloignée du style horrifique habituel. Et, comme je l’ai écris précédemment, on est loin de ce que Lovecraft ait put produire de meilleur, cependant, malgré cela, ces nouvelles sont loin d’être bonnes à jeter, bien au contraire. C’est donc avec un certain plaisir que j’ai put me replonger dans le magistral et inquiétant Herbert West, réanimateur, sorte de Frankenstein pervers prêt à tout pour démontrer que la mort peut être surmontée, le subtil Les chats d’Ulthar, très court mais parfaitement réussi, le superbe La tombe, dans la plus pure tradition des œuvres du maître, comme Je suis d’ailleurs par exemple, mais aussi L’affaire Charles Dexter Ward, et, pour finir, Prisonnier des pharaons, qui nous dépayse un peu, nous entraînant dans les mystères insondables de l’ancienne Egypte. Les autres nouvelles sont, à mon avis, légèrement inférieures, mais valent néanmoins le détour, donnant à l’ensemble un intérêt certain qui me donne envie, après coup, de me replonger à l’occasion dans les autres œuvres de Lovecraft, et, un jour, de me procurer ce fameux Dagon, qui possède quelques petites perles que je n’ai pas encore (honte à moi) eu l’occasion de lire.


Points Positifs :
- Huit nouvelles de Lovecraft, le maitre de l’indicible, pour moins de deux euros, une somme modique surtout pour un contenu plutôt intéressant.
- Si l’ensemble est parfois inégal, force est de constater qu’il y a quelques petites perles comme Herbert West, réanimateur, La tombe et, bien entendu, Les chats d’Ulthar.
- Prisonnier des pharaons pour son côté dépaysant.

Points Négatifs :
- Bien évidement, si certaines nouvelles sortent du lot, il faut reconnaitre qu’une bonne moitié de celles-ci, sans être mauvaises, sont inférieures qualitativement parlant a celles citées précédemment.
- Nous sommes bien entendu loin de ce que Lovecraft a put publier par ailleurs et de ses plus belles œuvres, mais bon, ne crachons pas dans la soupe, surtout au vu du prix !

Ma note : 7/10

samedi 7 mars 2009

SEPT PSYCHOPATHES


SEPT PSYCHOPATHES

1941. Joshua Goldschmidt a mis au point un plan pour en terminer avec la guerre : recruter 7 hommes pour assassiner Hitler et choisir ces 7 tueurs parmi ceux qu’on appelle fous ou psychopathes, les seuls capables de raisonnement hors normes et dont les agissements ne seront pas anticipés par l’ennemi. Churchill ayant donné son accord, ils sont parachutés au-dessus de l’Allemagne… “7 récits, 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir !” 7 scénaristes et 7 dessinateurs ont relevé le défi lancé par David Chauvel.

Rien de neuf avec ces « 7 Psychopathes », une bande dessinée lu et relue bon nombre de fois et qui, sans atteindre des sommets de qualité, n’en est pas moins fort agréable, même après « x » lectures. Premier tome de la collection « 7 », dont j’ai publier mes critiques personnelles sur ce blog (ici : http://feanor-journal.blogspot.com/2008/05/7-guerrires-7-rcits-7-missions-haut.html et là : http://feanor-journal.blogspot.com/2008/04/7-missionnaires-irlande-ixe-sicle.html ), il laissait envisager, à l’époque de sa parution, bien des promesses pour la suite. Certes, la qualité de la série oscilla par la suite entre le très bon et le médiocre, mais sans remettre en cause ce premier volume, toujours aussi agréable à la lecture au bout de presque deux ans.

« 7 Psychopathes » m’avait attiré en son temps pour deux raisons, son synopsis sur lequel je reviendrais, et son dessinateur, Sean Phillips, que les amateurs de comics connaissent bien et que j’avais découvert, quelques années auparavant sur un titre des X Men (désolé de ne plus me rappeler si c’était sur Uncanny ou New X Men, période Morrison, mais ma mémoire me fait défaut, le début de la vieillesse probablement). Certes, le style de celui-ci ne faisait pas que des heureux, mais je l’avais apprécié, et, forcement, ce fut avec un certain plaisir que je constatai qu’il était toujours aussi bon dans cet album européen. Après, on aime ou on n’aime pas, mais personnellement, je suis fan, même si j’admets que son style faussement brouillon peut déplaire à certains. Mais « 7 Psychopathes » ne vaut pas uniquement par ses graphismes, mais par son scénario qui à priori, pourrait ne pas paraître original mais qui réserve bien des surprises, et ce, jusqu’au bout : en pleine seconde guerre mondiale, un commando britannique est formé afin de tenter d’assassiner Hitler, mais là ou le sujet de cette BD est intéressant, c’est que ceux-ci sont choisis, n’ont pas leurs compétences en terme d’infiltration, militaires ou autres, mais pour leur diverses folies, allant du simple sentiment d’angoisse au sadisme pur. Persuadés que combattre le mal par le mal est la seule chance d’aboutir dans une mission aussi insensée, nos 7 psychopathes sont donc larguer en pleine Allemagne, entraînant le lecteur dans un défilé de rebondissements certains convenus, d’autres non, et plein de surprises, dont un dénouement plutôt, ma foi, inattendu. Fort agréable à la lecture, « 7 Psychopathes » est assez prenant et se finit vite, un peu trop d’ailleurs, tant l’action prend le pas sur les réflexions métaphysiques, mais n’en est pas moins une petite réussite, sans grande prétention certes, qui comblera d’aise l’amateur du genre et lui fera passer un bon moment. Un peu trop court hélas, mais bon, pourquoi s’en priver ?

vendredi 6 mars 2009

REVOLVER


REVOLVER

The Beatles 1966

1-Taxman (George Harrison) – 2:39
2-Eleanor Rigby – 2:07
3-I'm Only Sleeping – 3:01
4-Love You To (George Harrison) – 3:01
5-Here, There and Everywhere – 2:25
6-Yellow Submarine – 2:40
7-She Said She Said – 2:37
8-Good Day Sunshine – 2:09
9-And Your Bird Can Sing – 2:01
10-For No One – 2:01
11-Doctor Robert – 2:15
12-I Want to Tell You (George Harrison) – 2:29
13-Got to Get You into My Life – 2:30
14-Tomorrow Never Knows – 2:57

Et si c’était lui le numéro 1, le plus grand album de tous les temps, celui que tous les musiciens du monde auraient souhaiter réaliser avant eux, ou qui essayent de reproduire depuis ? Certes, dans la plupart des classements officiels, « Sgt. Pepper's » occupe la première place, mais son plus grand rival, est incontestablement ce sublime, extraordinaire « Revolver », paru en 1966, et qui marque incontestablement un tournant dans la carrière des Beatles : avant lui, ceux-ci n’étaient qu’un groupe exceptionnel, après, ils devinrent tout bonnement universels, rejoignant à jamais le firmament des plus grands musiciens de l’Histoire. Car, au moment où sortit le septième album de leur carrière, il était évidant que le temps des débuts était bien loin, ce qui était déjà évidant avec « Rubber Soul » et que la sophistication musicale allait atteindre des sommets insoupçonnés. Abandonnant définitivement les concerts qui les lassaient, les Fab Fours allaient devenir de véritables bêtes de studio, avides de nouveautés et repoussant toujours plus loin les limites de leur créativité.

Parfait de bout en bout, « Revolver » voit les Beatles, au sommet de leur art, nous livrer 14 magnifiques bijoux (dont trois d'Harrison, un record !) : que cela soit les guitares électro-acoustiques d’ « I’m Only Sleeping », les cordes d’ « Eleanor Rigby », la sitar d’Harrison sur un « Love You To » qui plaira aux plus réfractaires de la musique indienne (mon Dieu, l’intro à la harpe !) ou un « Yellow Submarine » qui mériterait à lui tout seul un post, la barre est mise très haut. Et la basse ! Cette basse que McCartney révolutionne a lui tout seul, la mettant en avant de façon envoûtante, comment ne pas parler de cette basse. Incontestablement, Paul McCartney fut le plus grand joueur de basse de tous les temps, en plus d’être génial cela va de sois, mais au fil des années, on a eu tendance à l’oublier. Et Lennon, qui non contant d’être au meilleur de sa forme, nous livre ce qui, à mes yeux, fut le meilleur titre de l’album (voir l’un des plus réussis du groupe), « Tomorrow Never Knows » au son tellement moderne, encore de nos jours, véritable prouesse pour l’époque, avec son mélange de guitares saturées que l’on fait défiler dans tous les sens, à l’envers etc, sa batterie hypnotique, ce coté planant : un véritable monument. Tout comme l’album dans son intégralité tant musicale qu'artistique, de part sa pochette, la première pop-art.

Certes, selon les goûts de chacun, « Revolver » ne sera pas forcement considéré comme étant le plus grand album des Beatles, mais à mes yeux, cette place lui revient de droit. Une quarantaine d’années après sa sortie, celui-ci n’a rien perdu de sa force, nous montrant la créativité d’un groupe tout simplement génial, qui savait encore, à ce moment là, tirer dans le même sens. Pour la petite histoire, « Revolver » fut le premier CD que j’acquis, il y a une bonne quinzaine d’années, et au bout de tant de temps, je ne me suis jamais lassé de l’écouter, encore et encore, comme si c’était la première fois : la marque des chefs d’œuvres probablement.

mardi 3 mars 2009

HAUTEVILLE HOUSE : USS KEARSARGE


HAUTEVILLE HOUSE : USS KEARSARGE

Entrée au service du Baron Haussmann, Églantine a été arrêtée et emprisonnée à la Conciergerie, dans l’attente d’une probable exécution. Dès lors, Gavroche doit solliciter les services d’un individu tristement célèbre : le Fantôme des truands de Paris, prince des ténèbres pour les uns, génie du mal pour les autres. La rencontre a lieu dans les Catacombes... Un pacte est scellé. Gavroche doit retourner sur les traces de son passé, dans le Pacifique sud, sur la grande terre de Nouvelle-Calédonie.

Je dois reconnaître qu’il est parfois plus simple de critiquer (dans le sens donner son opinion et non « casser ») une œuvre, quel quelle soit, que l’on découvre, plutôt qu’une que l’on connaît bien. Dans le cas de « Hauteville House », les quatre premiers tomes ne m’étaient pas inconnus, en deux ans, j’eu le temps de les lire et de les relire. Et, après cette énième relecture, j’avoue que mon opinion était faite d’avance. Cependant, ce n’est pas évidement pas le cas avec cet « USS Kearsarge », cinquième volume de la saga qui entame un nouveau cycle, et ce fut donc le cœur léger et rempli d’espoirs que je me plongeai dans cette suite attendue des aventures de Gavroche et de ses compagnons.

Continuant sur la lancée du premier cycle, « USS Kearsarge » nous entraîne cette fois ci à l’autre bout du monde, plus précisément dans le sud est asiatique, en Nouvelle Calédonie (à ce propos, il m’avait sembler lire il y a fort longtemps une interview de l’auteur, Fred Duval, qui laissait entendre que la suite se déroulerait en Chine, apparemment, l’idée fut abandonnée en chemin), colonie française qui attire bien des convoitises en raison de ses mines de Nickel, le fameux « or vert ». Le dépaysement aurait put être parfait sans un petit détail qui m’a gêné ; en effet, on retrouve tous les personnages principaux, ce qui peut se comprendre pour les héros, un peu moins pour les deux frères scientifiques qui agissent pour le compte du second Empire. J’aurais préféré de nouvelles tètes, mais bon, il faudra se contenter de ce que l’on nous propose. Quoi qu’il en soit, le lecteur est forcement en terrain connu, et je ne pense pas qu’il soit vraiment nécessaire de revenir sur les défauts et les qualités (heureusement en plus grand nombre) de la série. Le principal est ailleurs : retrouvant des personnages que l’on connaît désormais bien, c’est avec un certain plaisir que l’on les suit dans ces nouvelles aventures légèrement plus exotiques que dans le premier cycle. Certes, retrouver les protagonistes de la guerre de Céssession à un tel point du globe peut sembler incongrus, et sert, je pense, en particulier à justifier la présence de Zelda, mais, au fil du scénario, on accepte le fait et l’on n’y pense plus, après tout, l’aventure nous attends alors, a quoi bon s’attarder sur des petits détails ? Certes, pour le moment, il est impossible de savoir ce que les auteurs nous réservent : l’action se limitera t’elle à la Nouvelle Calédonie, des personnages importants passeront ils l’arme à gauche, le fantastique occupera t’il une place importante (la dernière case le laisse entendre, cependant, rien ne nous dit que ce ne soit pas des machines ?) ? Et j’avoue que c’est avec une certaine impatience que j’attends la suite, ce qui est plutôt bon signe avec une série. Alors, si vous avez aimé les quatre premiers tomes de « Hauteville House », et même si le pokemon de mauvaise mémoire vous avait rebuté, n’hésitez pas à vous plonger dans les nouvelles aventures de Gavroche et de Zelda qui semblent pour le moment prometteuses. Et puis, si vous avez le coup d’œil, vous pouvez toujours vous amuser à chercher les Beatles (et oui, ils font une très courte apparition !) ou admirer le petit hommage à cette ancienne (et excellente) série que fut « Les Mystères de l’Ouest ».

HAUTEVILLE HOUSE : ATLANTA


HAUTEVILLE HOUSE : ATLANTA

Atlanta, 1864. Églantine, en mission d’infiltration, a découvert ce que l’empereur Napoléon III compte négocier avec les états confédérés du Sud : l’utilisation d’une arme monstrueuse et vivante découverte dans les bas-fonds d’un temple maya. De leurs côtés, Zelda, Gavroche et Georges, prisonniers des sudistes, sont transférés par train vers Atlanta où le Général Hood veut les interroger avant de livrer l’ultime bataille…

Avec « Atlanta » prend donc fin ce premier cycle de cette série franchement rafraîchissante qu’est « Hauteville House ». Les trois premiers tomes nous avaient entraîner des ruines Aztèques du Mexique au sud profond des Etats-Unis en pleine guerre de Céssession, sur les traces d’agents Républicains, mélange de « James Bond » et des « Mystères de l’Ouest » aux prises avec un complot mêlant le Second Empire et les Confédérés, le tout dans un univers steampunk aux multiples références cinématographiques, musicales et autres (observez bien la moindre case, vous pourriez être surpris) avec un petit soupçon de fantastique qui ne dénaturait pas l’ensemble. Or, ce quatrième tome, sans que je puisse voir en lui une véritable déception, n’est peut être pas au final, aussi bon que ce à quoi l’on pouvait s’attendre.

En effet, je ne peux que revenir sur l’un des points négatifs de la série : ses dessins bien trop inégaux, qui alternent entre l’excellant et le médiocre. Une fois de plus, on ne peut pas vraiment dire que Thierry Gioux se soit foulé sur les visages de bon nombre de personnages secondaires, nous ressortant le « coup des sudistes » mais en en le démultipliant, vu que le nombre des protagonistes (deux armées qui s’affrontent) à considérablement augmenter. C’est tout de même dommageable vu la qualité, par ailleurs, des décors et des machines industrielles à la sauce « steampunk ». Enfin, à la rigueur, on s’y attendait puisque ce défaut est présent depuis le premier album. Par contre, si le scénario n’a rien perdu de sa verve et tient toujours le lecteur en haleine, le tout est irrémédiablement gâché par l’intervention de la créature, pauvre monstre sorti d’on ne sait ou, à l’apparence franchement ratée (on dirait un Pokemon !) et qui plus est, se voit entourée d’une aura bleue incompréhensible qui ne joue pas en sa faveur, bien au contraire. Du coup, ce qui aurait du être le point fort de la saga, l’affrontement entre la créature et les troupes nordistes, l’écrasement de celles-ci par un être surgi du fond des temps quasiment invulnérable, en devient tout simplement ridicule et risible. Et ceci porte un coup très dur à ce quatrième tome : car autant, on aurait put laisser passer le happy end à la américaine auquel on à eu droit, autant le plantage du monstre est une énorme déception. Mais bon, il serait dommage de juger une série qui jusque là réalisait un quasi sans faute, uniquement en raison de quelques pages, même si j’admet que celles-ci représentent une pilule difficile à avaler. Ce premier cycle d’« Hauteville House » s’achève donc sur une demi-fausse note à laquelle l’on ne s’attendait pas mais qui ne me fera pas changer d’avis quand au fait que cela reste une bonne série.

HAUTEVILLE HOUSE : LE STEAMER FANTÔME


HAUTEVILLE HOUSE : LE STEAMER FANTÔME

Églantine, nouvelle recrue des Républicains, est infiltrée auprès d'un Ernest de la Touque, diplomate de Napoléon III. Débarquée à Charleston, dans une Amérique dévastée par la guerre de Sécession, elle doit découvrir ce que l'Empereur compte négocier avec les états confédérés. Au Mexique, Zelda et Gavroche prennent en chasse le Clovis, un puissant navire impérial contenant dans ses cales une arme dévastatrice?

Le troisième tome de la saga de Duval et Gioux prend, incontestablement un tournant vers le fantastique (attendu, au vu de la fameuse arme secrète que recherchait l’Empire), alors que, jusque là, le récit se contentait tranquillement de naviguer en des eaux uchroniques à la technologie steampunk (deux genres qui se marient fort bien puisque d’un certain coté, il ne peut y avoir de second sans le premier). Et puisque je parle de « naviguer », profitons en pour signaler que l’élément aquatique tient une place de choix dans ce volume, véritable hommage à Jules Vernes et à son « 20 000 lieux sous les mers » : sous marins, bases marines secrètes, monstres marins, combats maritimes sont légions dans le troisième tome de la saga qui voit Gavroche et Zelda quitter définitivement le Mexique pour les Etats-Unis, alors plongés en pleine guerre de Céssession. Une fois de plus, le coté steampunk est poussé à son paroxysme, et l’on se régale avec les divers véhicules (dirigeables, chars, cuirassés etc.) qui parcourent l’ouvrage, promettant forcement une guerre entre Sudistes et Nordistes bien différente que celle que l’on connaît. Malheureusement, si de ce coté là, il n’y a rien à redire point de vue dessin, ce n’est pas le cas pour certains personnages, franchement mal dessinés (jetez donc un coup d’œil aux soldats confédérés dans les dernières pages et vous comprendrez). Mais bon, dans l’ensemble, « Hauteville House » reste égal à elle-même, agréable mélange des genres (historique, steampunk, fantastique, espionnage), ne perdant rien de son coté « aventuresque », même si je dois avouer, que la révélation au sujet de la fameuse arme secrète m’ai un peu laissé sur ma faim ; j’aurais préféré, personnellement, une véritable arme plutôt qu’un monstre, mais bon, après tout, c’est ce qu’il est dans le fond.

lundi 2 mars 2009

HAUTEVILLE HOUSE : DESTINATION TULUM


HAUTEVILLE HOUSE : DESTINATION TULUM

15 mai 1864, les forces spéciales de l'Empereur Napoléon III interviennent sur le sol mexicain à la poursuite de l'agent républicain Gavroche. Sans nouvelles de lui, le Q.G. de la résistance française donne sa première mission de terrain à Églantine. Cette dernière se retrouve à son tour sous la surveillance de l'intrépide Zelda, toujours au service du contre-espionnage américain.

Un deuxième tome dans la même lignée que son prédécesseur avec un petit plus : une couverture vraiment sublime. Certes, je sais pertinemment que ce qui compte, c’est le contenu d’une ouvre, et non son apparence (à ce petit jeu là, les comics sont très forts pour nous appâter avec des couvertures magnifiques et 22 pages daubiques à souhait de ce que l’on peut difficilement appelé une bande dessiné), mais bon, de temps en temps, cela fait plaisir de pouvoir avoir les deux : et là, on à tout de même un petit bijou que je ne me lasse pas d’admirer encore et encore. Mais bon, en dehors de ses considérations artistiques, où en est l’histoire en elle-même, puisque c’est cela qui nous intéresse principalement ? Et bien, disons que nos héros, que l’on avait laissés abandonnés en plein désert mexicain à la fin du tome un, n’ont pas un instant de répits : poursuites multiples et affrontements contre les troupes impériales, l’action est une fois de plus au rendez vous. Mais désormais, on n’en sait bien plus sur les plans de Napoléon III et sur les recherches de ses hommes au Mexique. Et là, j’ai forcement été conquis puisque des que l’on me parle de vieilles légendes aztèques, de Dieux qui s’affrontaient sur Terre et de technologie oubliées, je suis aux anges. Car tout cela, on y a droit dans ce « Destination Tulum » toujours aussi endiablé et prenant. Entre deux scènes d’actions, de nouveaux personnages apparaissent, d’autres sont un peu plus détaillés, le complot se dévoile ainsi que les diverses alliances, et le lecteur pourrait être aux anges si ce ne serait des dessins alternant le bon et le moyen : certaines planches sont parfois limites (trop même, surtout pour ce qui est des personnages), ce qui est dommage et gâche un peu l’impression finale. Mais le tout est néanmoins sauvé par un synopsis suffisamment accrocheur qui permet d’oublier les quelques défauts. Alors, au final, « Destination Tulum » est entièrement dans la ligne droite de son prédécesseur, ce qui ne fait peut être pas de « Hauteville House » une série géniale mais tout de même agréable.

HAUTEVILLE HOUSE : ZELDA


HAUTEVILLE HOUSE : ZELDA

1864. Des agents républicains établis à Guernesey doivent contrecarrer les projets scientifiques de Napoléon III. Pour sa première mission, l'agent Gavroche est envoyé au Mexique afin d'aider la résistance à s'organiser contre les troupes de Maximilien, empereur fantoche mis en place par Napoléon III.

Il y a deux ans environs, je découvrais une petite série chez Delcourt qui ne payait pas de mine à premier abord, et qui, finalement, sans être franchement extraordinaire, possédait quelques qualités pour ne pas avoir à regretter son achat (contrairement à d’autres, suivez mon regard). Son nom : Hauteville House. Celui-ci faisait bien sur référence à la demeure de Victor Hugo, lorsqu’il se retrouva exilé sur l’île de Guernesey, sous le second Empire. Et si le célèbre écrivain n’apparaît que sous forme d’ombre dans la bande dessinée, celle-ci est suffisamment pesante pour que l’on ne cesse de penser à lui. Après la fin du premier cycle, un cinquième volume est sorti il y a quelques mois, et comme je l’ai déjà fait précédemment sur ce blog, j’en profite pour me replonger dans cette œuvre afin de me remémorer un peu les personnages, avant de m’attaquer au plat principal : le début du second cycle. Accessoirement, bien entendu, je vous proposerais quelques courtes critiques des quatre premiers tomes.

Œuvre Uchronique comme je les aime, «Hauteville House » nous entraîne dans un dix-neuvième siècle à la fois semblable et différend du notre : en effet, dans celui-ci, Hugo ne représente pas qu’une résistance passive, bien au contraire puisqu’il se retrouve à la tète d’une puissante organisation plutôt bien équipée qui lutte contre l’Empire de Napoléon le Petit. Mais, comme dans d’autres œuvres Steampunk, la technologie de l’époque s’en trouve fortement modifiée et l’amateur du genre aura le plaisir de retrouver bon nombre d’objets et de véhicules aux relents d’anachronismes et à la technologie fortement inspirer de la révolution industrielle. Dans ce premier volume, forcement, l’on découvre les personnages, l’univers et les enjeux du récit à venir, mais plutôt que de s’attarder en de longues explications, l’auteur nous entraîne rapidement dans le feu de l’action et l’on passe allégrement de scènes d’action pures à d’autres, plus calmes, sans s’ennuyer une minute. Bien évidement, la grande force de ce « Zelda » est son univers, comme je l’ai déjà dit, et pour que celui-ci fonctionne parfaitement, il fallait des dessins à la hauteur. Bon, la dessus, je serais un peu moins enthousiaste vu que je n’ai pas forcement accrocher à l’artiste, même si certaines planches sont fort bien réussies. Peut être est ce son coté un petit peu « simpliste » qui m’a gêner mais là, je dois avouer que je chipote un peu, vu qu’au final, les dessins collent plutôt bien au récit. Reste les personnages : ceux-ci sont peut être stéréotypés au possible (le beau gosse aventurier et casse coup, la femme fatale, la prude jeune femme qui cache un passé difficile etc.), mais assez attachants. Certes, il ne faudra pas s’attendre à de grandes surprises avec eux mais bon, après tout, on se retrouve avec une belle petite saga qui débute, ma foi, fort joliment, et même si ce ne sera pas un chef d’œuvre, «Hauteville House » promet de bons moments divertissants, ce qui, part les temps qui courent, n’arrive pas toujours. Au final, un bon premier tome que ce « Zelda » avec un seul credo : l’aventure !

LES CHRONOLITHES


LES CHRONOLITHES

La vie de Scott Warden bascule le jour où il est témoin de l'apparition du premier Chronolithe à Chumphon, en Thaïlande. Ce monument hors du commun célèbre la victoire du seigneur de la guerre Kuin. Mais cette victoire n'aura lieu que dans vingt ans et trois mois. Qui peut bien être ce Kuin dont on ignore tout ? Et comment ce monument a-t-il pu venir quasi instantanément du futur ? Autant de questions auxquelles vont tenter de répondre Scott et son ancien professeur de physique, Sulamith Chopra, pendant qu'autour d'eux le monde semble s'écrouler, dans l'attente de l'avènement de Kuin. Un grand roman de science-fiction aux allures de thriller scientifique empreint, comme souvent chez Robert Charles Wilson, d'humanisme et de mélancolie.

Décidément, au bout de deux livres, je pense que j’ai cerné le principal défaut, à mes yeux, de Robert Charles Wilson : celui-ci à de superbes bonnes idées, la dessus, il n’y a rien à redire, par contre, et c’est là que la bat blesse, il n’arrive pas à les développer comme elles le mériteraient. Le résultat, du coup, est soit catastrophique, soit décevant. Et si cette fois, nous n’avons pas droit (heureusement !) à une fin digne du pathétique « Darwinia », on ne peut pas dire que « Les Chronolithes » soient une grande réussite, car, malheureusement, le résultat final est encore loin de nos espérances. Pourtant, je dois reconnaître que le postulat de base était enchanteur et qu’il possédait un potentiel plutôt accrocheur : des monuments, issus de l’avenir, apparaissaient mystérieusement en de multiples contrées du globe, annonçant un futur conquérant, Kuin, apparemment invincible. Il y a quelques mois, en lisant le résumé de la couverture, je n’hésitait pas une seconde à me procurer cet ouvrage tant il promettait. Or, mais vous l’avez compris, la déception n’en fut que plus rude.

D’un certain coté, « Les Chronolithes » doivent beaucoup à « Darwinia » : celui-ci avait été un tel navet (et pourtant, cela me coûte de l’écrire tant il promettait), que, du coup, je me lança dans cet autre ouvrage de Robert Charles Wilson avec la plus grande méfiance. Et avec raison, car, après un bon début (l’apparition du premier Chronolithe) qui laissait encore présager de bonnes choses, même s’il n’était pas franchement original, au bout de quelques pages, on comprend rapidement que, plutôt que d’avoir à faire à un excellant roman de SF ou une poignée de personnes vont essayer par tous les moyens d’empêcher l’inéductable arrivée de leur futur conquérant, on aura droit aux problèmes conjugaux et paternels d’un héros maussade, à sa recherche de sa fille devenue ado et disparue après être partie en vadrouille au Mexique (la partie la plus pénible du livre), et, à une fin ultra prévisible ou, celui-ci et ses compagnons ont à faire à (bâillement) quelques jeunes terroristes d’une milice pro-Kuin. Car de celui-ci, on n’en saura pas plus (qui est il, d’où vient il, ce genre de choses), ce qui, dans certains cas peut marcher, par exemple lorsque le récit est passionnant, mais qui dans « Les Chronolithes », est plutôt gênant vu que sa présence aurait peut être redonner un certain intérêt au récit ? Certes, le héros et quelques uns de ses compagnons cherchent bien à empêcher les conquêtes de Kuin, mais bon, de façon occasionnelle : l’auteur perd trop de temps à détailler les états d’âme d’un personnage principal dont on se moque tant il est peu charismatique ainsi qu’a développer les petites vies de ses proches, oubliant quasiment le sujet principal du roman : les fameux Chronolithes et Kuin. Alors, même s’il est supérieur à « Darwinia » (mais c’était peut être difficile de faire pire ?), « Les Chronolithes » déçoivent fortement, puisque, à la place d’un sympathique roman de science fiction, on se retrouve presque avec un polar pseudo scientifique, possédant de bonnes idées, mais absolument pas développées. Encore un bof, dommage…
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