vendredi 28 mars 2008

LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS


LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS

Londres, à l’extrême fin du XIXe siècle. Dans la maison d’un savant, un groupe d’amis écoute celui qui prétend être le premier voyageur du temps narrer ses aventures. Le voyageur du temps commence son récit en décrivant le monde de l’an 802701. La Terre est habitée par les Éloïs, descendants des hommes. Androgynes, simplets et doux, ils passent leur temps à jouer tels des enfants et à manger des fruits dans le grand jardin qu’est devenue la Terre. À la surface de celle-ci, ne subsiste plus aucune mauvaise herbe, ni aucune autre espèce animale. Le monde semble être devenu un paradis. Seulement l’explorateur du temps ne tarde pas à se rendre compte que cette apparente harmonie cache un terrible secret. Des puits menant à des systèmes d’habitations souterraines sont répartis un peu partout, et un bruit de machine s’en échappe. C’est sous terre que vit une autre espèce descendante aussi des hommes, les Morlocks, sortes de singes blancs aux yeux rouges ne supportant plus la lumière à force de vivre dans l’obscurité. La nuit, ils vont et viennent à la surface en remontant par les puits, pour kidnapper des Éloïs dont ils se nourrissent, devenus ainsi leur bétail à leur insu. L’explorateur, dont la machine à voyager dans le temps a disparu, va devoir descendre sous terre affronter les Morlocks, s’il veut pouvoir retourner chez lui. Entre temps, il va se lier avec une Éloïe, Weena.


La Machine à explorer le temps
Auteur : H. G. Wells
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : Juin 1895
Edition Poche : 8 octobre 2001
Titre en vo : The Time Machine
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Henry-D. Davray
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 166

Mon avis : Décidément, cette fin du mois de mars est plutôt faste pour ce qui est de la littérature fantastique puisque, après le méconnu Ariosto Furioso dont je vous ai parlé il y a quelques jours a peine, voilà qu’aujourd’hui, j’aborde ce qui est tout bonnement un monument de la science-fiction, un classique incontournable, je veux bien évidement parler de La Machine à explorer le temps. Bon, tout d’abord, je dois reconnaitre qu’il m’est fort difficile d’émettre une critique au sujet d’une telle œuvre, après tout, que pourrais je ajouter de plus a ce qui a déjà été dit et redit un nombre incalculables de fois sur ce roman tout bonnement culte, connu de tous, et ce, que l'on soit passionné du genre ou non ? Bien évidement, pas grand-chose… Mais bon, je vais tout de même essayer. Tout d'abord, je dois reconnaitre que j'ai décidé de relire ce livre afin de pouvoir ensuite me lancer dans Les vaisseaux du temps de Stephen Baxter (roman qui rend hommage a HG Wells en donnant une suite aux voyages dans le temps de l’explorateur), et ce, dans les meilleurs conditions, histoire que je me replonge un peu dans le contexte. Ceci avoué, qu'ai je ressenti en relisant cette œuvre, lu pour la première fois alors que j’avais sensiblement quatorze ans ? Tout d'abord, une impression de dépaysement total – dans les récits du même genre, on aborde rarement un futur aussi lointain – de découverte, auprès de l'explorateur, de ces années 800000, mais, ne l’oublions pas, de pessimisme également. Car La Machine à explorer le temps, même si elle nous narre un voyage onirique dans un futur lointain, est une œuvre sans compromis pour l'avenir de l'espèce humaine, chose que l’on a tendance a oublier, plus d’un siècle après sa sortie. Que cela soit les Eloïs ou les terrifiants Morlocks, nos descendants sont bien loin d'avoir les capacités intellectuelles que le voyageur du temps s'attendait à trouver, ce qui, a une époque où l’homme n’avait pas encore cesser de croire aux bienfaits du progrès et de la science, est plutôt a contre-courant. Plus qu'un simple livre de science-fiction, La Machine a explorer le temps est également, voir surtout, une satyre de la lutte des classes de l'Angleterre Victorienne, et, bien sur, des dégradations, poussées a leurs paroxysmes des relations entre le monde d'en haut (les oisifs) et celui du bas (les travailleurs) ; parallèle que l'on retrouvera dans le Metropolis de Fritz Lang quelques décennies plus tard... En relisant ce chef d'œuvre de la littérature SF, je n'ai pu m'empêcher de penser a ses adaptations cinématographiques, si éloignées du sens profond du récit original (avec des Eloïs bien trop intelligents vis a vis de ce qu'ils devraient être....) et dans le fond, si décevantes... Mais ceci est un autre problème... Quoi qu'il en soit, plus d'une centaine d'années après sa parution, La Machine a explorer le temps n’a rien perdu de sa force et se classe incontestablement parmi les plus grandes réussites de la SF. Bref, un incontournable !


Points Positifs :
- Déjà, le coté culte de la chose. Que l’on veuille ou pas, La Machine à explorer le temps est l’un des romans les plus connus du genre fantastique, et, accessoirement, un des tous premiers de la science-fiction telle qu’elle se développera au cours du vingtième siècle. Maitre étalon du genre du voyage dans le temps, l’œuvre de Wells sera souvent copié, jamais égalé.
- Un futur très lointain, plus de 800000 ans, et, un avenir bien sombre pour ce qui est de l’évolution humaine ; ici, la science a failli, l’homme à régresser, et, que ce soit les insouciants et un peu idiots Eloïs ou les terrifiants et plus malins Morlocks, notre voyageur du temps connaitra bien des désillusions.
- Il fallait oser pour l’époque tout de même de nous proposer un futur loin d’être aussi radieux que celui-ci annoncé par la science ; Wells n’est décidément pas Jules Verne.
- Captivant, bien écrit, le récit n’a pas pris une ride.
- Le passage où l’explorateur du temps ne cesse d’avancer, encore et encore, jusqu’aux tous derniers jours de notre planète m’aura marqué a jamais.

Points Négatifs :
- Difficile d’en trouver face a un tel chef d’œuvre qui, comme je l’ai dit, n’a pas pris une ride – ce qui n’est pas le cas d’autres œuvres contemporaines. Disons que, s’il fallait en trouver une, le fait que ce soit trop court, j’aurai préféré que le plaisir dure un peu plus…

Ma note : 9/10

mardi 25 mars 2008

ARIOSTO FURIOSO


ARIOSTO FURIOSO

1533. L'Italia Federata a conquis le Nouveau Monde. À Firenze, Lodovico Ariosto, poète et conseiller de Damiano de Medici, est pris en étau entre les factions rivales qui se disputent le pouvoir. Telle est la realtà. Le poète s'évade en écrivant une suite à son Orlando Furioso. Et dans cette Amérique de rêve, il devient Ariosto le héros qui, monté sur son hippogriffe fabuleux, va défendre les Cérocchi contre les sorts et les sorciers. Telle est la fantasia. Jusqu'au jour, tragique, où rêve et réalité se rejoignent...


Ariosto Furioso
Auteur : Chelsea Quinn Yarbro
Type d'ouvrage : Fantasy
Première Parution : 1980
Edition Poche : 8 octobre 2003
Titre en vo : Ariosto Furioso
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Jean Bonnefoy
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 477

Mon avis : On pourra dire qu’il m’aura fallut pas mal de temps pour que je lise finalement cet Ariosto Furioso et que, du coup, il aura patienté bien des mois dans ma bibliothèque – mais quelque part, c’est le lot de bon nombre de mes livres finalement et celui ci ne déroge pas a la règle – cependant, comme on a l’habitude de le dire : mieux vaut tard que jamais, mais bon, procédons par le commencement... Avant toute chose, je dois dire que l’achat de cette œuvre est surtout du au fait qu'il s'agit d'une uchronie et, qu'étant fan du genre, il m'avait intrigué, même si, la toile de fond générale ne m'attirait pas forcement au départ : une Italie réunifié des le XVIème siècle, mouais, je demandais à voir – après tout, pourquoi pas ? Pourtant, au fil des pages, j’ai commencé à rentrer dans l’histoire, même si, par moments, celle-ci peut en déstabiliser plus d’un… En effet, l'intrigue est divisée en deux parties : la Realtà, ou le poète Ludovico Ariosto se voit mêlé aux intrigues de la cour de Firenze et la Fantasia, œuvre du dit poète où, celui-ci, se transforme en preux chevalier et sans va vivre des aventures fantastiques au nouveau monde. Du coup, tout au long du roman, nous alternons, au gré de la lecture, d’un univers a l'autre, sans qu'il y ait, il faut le reconnaitre, vraiment de rapports évidents. Personnage historique réel, Ludovico Ariosto qui est l'auteur de Orlando Furioso, œuvre qui reprend des personnages tels Roland – oui, celui de La chanson de Roland – est ici décrit sous deux facettes différentes : le poète peu sur de lui qui cherche à satisfaire son maître et protecteur, Damiano, et le chevalier héroïque, sans peur et sans reproche, par ailleurs, ultra-caricatural. Sur ce point, et ce ne doit pas être une grande surprise, ma préférence va largement au poète, son alter ego imaginaire en devenant presque ridicule alors que le véritable Ariosto est dans le fond un personnage plutôt touchant. Les deux intrigues, sans être extraordinaires, sont assez agréables à lire mais ne suffisent pas néanmoins à faire de Ariosto Furioso un grand livre, et ce, pour deux raisons : tout d'abord, je trouve dommage que le coté uchronique ne soit pas plus développer que ça, on ne sait pas trop quel est le point de divergence avec l’Histoire officielle, l'Italie est unifiée, point barre. Comment ? On a quelques indices mais très peut au final pour se faire une idée précise. La deuxième raison est que les deux récits, qui au passage ne se rejoignent que dans les toutes dernières lignes, s'achèvent a mon goût un peu trop brusquement alors qu'ils avaient été plutôt assez développés pendant plus de 400 pages. Mais bon, ça n'empêche pas que j'ai tout de même apprécié la fin et que, au final, même si ce n'est pas un chef d'œuvre, j'avoue avoir passé d'agréables moments à la lecture de cet Ariosto Furioso.


Points Positifs :
- Déjà, c’est une uchronie, donc, comme j’apprécie le genre, c’est un bon point, ensuite, les deux récits, assez différents, ne sont pas désagréables a la lecture et permettent de passer un bon moment jusqu’à ce qu’ils se rejoignent, a la toute fin.
- Justement, j’ai particulièrement apprécié la fin de ce roman que j’ai trouvé assez réussi ; mais je n’en dirais pas plus.
- Le personnage réel de Lodovico Ariosto est plutôt réussi, voir même, par moments, touchant.
- Mention sympathique a l’auteur, Chelsea Quinn Yarbro, pour m’avoir fait connaitre Lodovico Ariosto et son œuvre.

Points Négatifs :
- Une uchronie sans que l’on sache quel est le point de divergence, c’est, selon moi, un problème : le plaisir de découvrir un monde différent du notre, c’est une chose, mais savoir pourquoi, dans celui-ci, l’histoire a pris un autre tournant, est, a mon avis, primordial.
- Pas toujours évidant de passer d’une intrigue a l’autre, surtout qu’on ne comprend pas vraiment le lien entre les deux, et ce, jusqu’à la toute fin du roman.
- Si l’on peut s’attacher a Lodovico Ariosto, le poète, son alter-égo chevaleresque est tellement imbu de sa personne, tellement prétentieux et sans charisme que, par moments, ce fut pénible de lire les parties qui lui étaient consacrées.
- La fin est réussie, je ne le nie pas, mais, tellement courte…

Ma note : 6,5/10

jeudi 13 mars 2008

LES ARCHIVES DU SAVOIR PERDU N°18 – LES TEMPLES D’ANGKOR WAT


LES ARCHIVES DU SAVOIR PERDU N°18 – LES TEMPLES D’ANGKOR WAT
Mars/Avril 2008

Sommaire :
- Les Mystères de la Civilisation Pré-Inca.
- Le Canyon de Grapevine (Nevada).
- Les Joyaux de la Jungle : Les Temples d’Angkor Wat.
- A-t-on découvert une pyramide en Crimée ?
- Cuicuilco : La plus ancienne Pyramide sur Terre ?
- Les Massaï, les Cananéens et le lien avec les Incas.

Mon avis : Il y a de cela presque deux mois, lors des débuts de ce blog, je descendais en flèche une certaine revue que je trouvais pourtant fort sympathique il y a quelques années mais qui, au fil du temps, c’était pas mal dégradée, je veux bien évidement parler des Archives du Savoir Perdu, revue dont le thème principal est, comme on peut aisément le deviner, le paranormal. Il faut dire que ce numéro de janvier, consacré aux pyramides, était particulièrement médiocre, mais aussi, et ce détail est important, que si, a vingt ans, j’étais un féru de paranormal, d’ovnis, de fantômes et autres créatures mystérieuses, en vieillissant, je suis devenu… comment dire… pas moins crédule mais en tous cas, plus méfiant. Quoi qu’il en soit, malgré un désintérêt de plus en plus important pour cette revue, une fois de plus, je me suis fait prendre au piège et, franchement, au vu du contenu de celle-ci, je commence sérieusement à me demander si le jeu en vaut véritablement la chandelle ? Après tout, sept euros pour cette, euh, chose… Pourtant, les choses commençaient plutôt bien, après tout, sans être d’une grande beauté, la couverture avait de quoi allécher le simple quidam amateur de mystères dans mon genre avec, en guise de promesse, un voyage du coté des célèbres temples d’Angkor Wat. Or, et là, on peut commencer a parler de tromperie sur la marchandise, si Angkor est bel et bien au programme de ce numéro – le contraire aurait été scandaleux – ce n’est même pas l’article le plus long, ce qui est un comble ! Qui plus est, comme si le numéro précédant n’avait pas suffit, voilà qu’on se tape encore des articles sur… je vous le donne dans le mille… de prétendues pyramides. Bref, nous ne sommes pas loin du foutage de gueule avec ce numéro des Archives du Savoir Perdu, mais bon, on commence, malheureusement, à avoir l’habitude…


Points Positifs :
- On nous a annoncé un dossier sur les temples d’Angkor Wat et ceux-ci seront bel et bien au programme ; mais bon, ne vous attendez pas non plus a quelque chose de grandiose.
- Il y a bien quelques trucs intéressants, ici et la, et qui mériteraient d’être approfondis, mais ils sont noyés dans un tel fouillis de délires qu’on finit par rejeter le tout.
- De belles photos de divers sites, de part le monde, qui égayent un peu cette revue… mais bon, je ne l’ai pas acheté principalement pour ceux-ci…

Points Négatifs :
- Non seulement le prétendu dossier consacré a Angkor Wat n’est pas extraordinaire en soit et n’apportera pas grand-chose aux connaisseurs – si ce n’est quelques petites inepties – mais, histoire d’enfoncer le clou, ce dernier n’est même pas le plus long, et de très loin puisque la civilisation pré-Incas le bas d’une dizaine de pages ! Tromperie sur la marchandise ? Selon moi, c’est bien le cas.
- Après un numéro, celui de janvier, consacré aux pyramides, qu’avons-nous ce mois ci ? Bien entendu, de nouvelles pyramides ; enfin, de prétendues pyramides… Bref, on se moque un peu du monde.
- C’est de pire en pire cette revue et c’est fou le nombre d’hypothèses débiles, de vrais-faux mystères et d’affirmations complètement fausses que l’on peut trouver au fil des pages. Un vrai amateur d’énigmes en tous genres – car oui, le monde en est constellé – ne peut que s’indigner de ce genre de magazines qui fait plus de mal que de bien !
- Depuis qu’ils ont changé la maquette de la couverture, c’est une catastrophe.

Ma note : 2,5/10

dimanche 9 mars 2008

THERE WILL BE BLOOD


THERE WILL BE BLOOD

Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire. Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l'amour, l'espoir, le sens de la communauté, les croyances, l'ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.


There Will Be Blood
Réalisation : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson, tiré du roman d'Upton Sinclair, Pétrole !
Musique : Jonny Greenwood
Production : Miramax Films
Genre : Drame Psychologique
Titre en vo : There Will Be Blood
Pays d'origine : Etats-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 26 décembre 2007
Durée : 158 mn

Casting :
Daniel Day-Lewis : Daniel Plainview
Paul Dano : Paul Sunday / Eli Sunday, prédicateur de l'église de la « troisième révélation »
Kevin J. O'Connor : Henry Brands
Dillon Freasier : H.W. Plainview, enfant
Ciarán Hinds : Fletcher Hamilton
Russell Harvard : H.W. Plainview, jeune adulte
David Willis : Abel Sunday, le père
Sydney McCallister : Mary Sunday, la plus jeune fille
Barry Del Sherman : H.B. Ailman
Paul F. Tompkins : Prescott
Randall Carver : Monsieur Bankside
Coco Leigh : Madame Bankside

Mon avis : Dans la série des grandes premières sur ce blog, j’ai enfin le grand honneur de vous proposer ma première critique cinématographique – il était temps vu que nous sommes déjà en mars et que Le Journal de Feanor aura bientôt un mois et demi d’existence – et, le hasard faisant souvent bien les choses, ce n’est pas n’importe quel film qui aura droit a ce privilège puisqu’il s’agit de There Will Be Blood, une œuvre, qui, comme chacun sait, a pas mal fait parler d’elle ces derniers mois… Critiques élogieuses, Oscar du meilleur acteur pour Daniel Day-Lewis, intrigue plutôt intéressante – l'ascension, dans le monde du pétrole, d'un homme sans scrupules et misanthrope – bref,  tous les éléments semblaient être en place pour passer un fort bon moment. Or, au final, j'ai été déçu. Pas qu’un peu d’ailleurs, j'ai été franchement déçu ! Non pas que le film sois mauvais, loin de là, mais disons que je m’attendais a autre chose, surtout au vu des nombreuses louanges que j’avais put lire a son égard. Car si, effectivement, Daniel Day-Lewis livre une belle prestation et justifie de ce fait, premièrement son Oscar, deuxièmement, la confirmation qu'il est un grand acteur, le film en lui même est, a mon avis, en deçà de mes espérances. Pourtant, There Will Be Blood débute plutôt bien : dans une cacophonie indescriptible, Daniel Day-Lewis, seul, dans sa mine, a force d'acharnement, parvient à trouver un filon. Son ascension dans le monde du pétrole se poursuit jusqu'à son arrivé dans une petite bourgade perdue au fin font de nulle part et où il va véritablement faire fortune. Et, ma foi, jusque là, tout allait bien… Cependant, et sans trop spoiler le film en rentrant dans les détails, disons que, si, logiquement, la majeure partie de l’intrigue se déroule dans cette petite bourgade de Little Boston, on s'aperçoit rapidement que celle ci, du coup, occupe quasiment l'intégralité du film. Et la, apparaissent des longueurs, rares mais néanmoins présentes – et pourtant, en temps normal, je n’ai aucun soucis avec les films que l’on peut qualifier de long… Puis, soudainement, après que l’on ait perdu pas mal de temps sur des détails, a la toute fin du film survint un saut dans le temps et l'on retrouve Daniel Day-Lewis au crépuscule de sa vie, dans un superbe manoir, pour une scène finale a mon goût ratée tant les acteurs surjouent. Et moi qui m'attendais a une véritable chronique de sa vie, je me retrouve, finalement, avec une sensation étrange, non de gâchis, mais de regrets ; j'aurais souhaité en savoir plus sur ces années occultées. Et puis, ce fameux fils, pourquoi ne pas l'avoir développé un peu plus ? Et, avant que je ne l’oublie, au passage, ça aurait été sympa de faire vieillir légèrement le prêtre à la fin, vous ne trouvez pas !? Bon, je ne souhaite pas descendre spécialement ce There Will Be Blood car dans l’ensemble, c’est tout de même un bon film, cependant, après coup, je dois admettre qu’il ne correspondait pas du tout ce a quoi je m’attendais… Bien entendu, a force d’entendre moult éloges a son égard, je m’attendais à quelque chose de plus spectaculaire, d’où, forcément, une certaine déception, mais bon, quoi qu’il en soit, après visionnage de la chose, il apparait clairement que There Will Be Blood n'est pas le gros truc que tout le monde annonçait… Reste, bien sur, la performance de Daniel Day-Lewis que l’on ne peut pas critiquer, cependant, avec une histoire un peu mieux ficelée, ce n’aurait pas été une mauvaise chose, non ?


Points Positifs :
- Bien entendu, s’il y a bien une chose sur laquelle il n’y a rien à redire, c’est la performance d’acteur de Daniel Day-Lewis qui est bonnement excellente ; bien sur, on connait le bougre depuis le temps et ce n’est plus vraiment une surprise, mais bon, il faut toujours rendre à César ce qui lui appartient…
- L’intrigue n’est pas vraiment mauvaise, loin de là, et je reconnais que c’est par moments plaisant à regarder.
- Bonne reconstitution historique des débuts de la ruée vers l’or noir aux Etats-Unis et de l’apparition des grandes fortunes liées au pétrole.

Points Négatifs :
- Mouais, ce n’est pas non plus ce a quoi je m’attendais : le film commence bien puis, petit a petit, commence à tomber dans les longueurs, l’intrigue ronronne, s’attarde sur des détails peu importants et, soudainement, après plus de deux heures, fait un sacré bon dans le temps pour conclure l’histoire. Un peu bof tout cela…
- Je ne suis pas un grand fan de cette mode de mettre la bande son en avant tandis que les dialogues sont par moments inaudibles ; du coup, certaines musiques sont plus stressantes qu’autre chose…
- Franchement, je m’attendais à ce que le fils de Daniel Plainview soit un peu plus développé. Tout tendait vers cela et puis, finalement, en cours de route…
- Euh, ils ne pouvaient pas maquiller un peu mieux le prêtre à la fin pour nous montrer que lui aussi avait vieilli ou alors, possédait-il le don de la jeunesse éternelle ? Qui sait, c’est peut-être cela ?!

Ma note : 6,5/10

jeudi 6 mars 2008

LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN


LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN

Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés. Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique. Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps, les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans. Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ?


Les Déportés du Cambrien
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction, Anticipation
Première Parution : 1967
Edition Poche : 17 avril 2002
Titre en vo : Hawksbill Station
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Livre de Poche
Nombre de pages : 191

Mon avis : Pour le second roman a avoir droit a sa critique sur ce blog, il apparait d’entrée de jeu que Les Déportés du Cambrien, œuvre du sieur Robert Silverberg, se démarque nettement de Perdido Street Station dont je vous ais parler il y a quelques jours a peine, et ce, pour tout un tas de raisons assez diverses, comme, par exemple, sa longueur : mois de deux cent pages, ça nous change nettement des presque milles pages de Perdido et des bouquins que j’ai l’habitude de lire… Mais comme chacun sait, ou devrait le savoir, ce n’est pas la taille qui compte et dans le cas présent, force est de constater que ce grand nom de la science-fiction qu’est Robert Silverberg nous le prouve plutôt bien. Pour la petite histoire, jusqu’à ce jour, je n’avais eu l’occasion que de lire qu’un seul ouvrage de l’auteur, Jusqu'aux Portes de la Vie, récit pour le moins singulier qui narrait les aventures d’un certain Gilgamesh (oui, celui de la fameuse épopée mésopotamienne) dans le royaume des morts ; un roman sans prétention mais agréable. Mais pour être tout à fait franc, avec Les Déportés du Cambrien, nous franchissons indéniablement un palier qualitatif. Déjà, le concept de départ avait plus qu’éveiller ma curiosité – des prisonniers politiques envoyés des milliards d’années dans le passé, lors des débuts de l’apparition de la vie sur Terre, sans espoir de retour, bref, la prison idéale – et, au bout de quelques pages, j’ai été plus que conforter dans mon choix, celle-ci s’avérant être captivante. Robert Silverberg, jongle de fort bonne manière entre deux récits, c’est-à-dire, l’intrigue principale qui s’étale sur quelques jours entre, l'arrivée de cet étrange Lew Hahn parmi les autres détenus dans la station de Hawksbill jusqu'à la révélation finale, et l’intrigue secondaire, s’intéressant elle a la vie de Jim Barret, protagoniste principal du livre, et, accessoirement, plutôt touchant, de ses débuts de révolutionnaire jusqu'à son arrestation – la, sur une période bien plus longue, plus de 20 ans. Et, non seulement on prend un certain plaisir a alterner les deux récits, découvrant petit a petit le passé du héros tout en se demandant qui peut bien être ce tout nouveau détenu, mais en plus, dans ce récit, Silverberg se permet de nous tenir en haleine avec son histoire de mouvements clandestins dans cette Amérique devenue une véritable dictature. Vous l’avez compris, sans être le roman de l’année et malgré un coté un peu rétro, Les Déportés du Cambrien s’est avéré être une fort bonne surprise, assez prenant, qui se lit d’une traite et dont la fin, pour être tout a fait franc, m’aura surpris, bref, une œuvre que je ne saurai trop que vous conseiller…


Points Positifs :
- Déjà, notons l’originalité du postulat de base : envoyés un milliard d’année dans le passé, sans la moindre chance d’en revenir, les prisonniers politiques d’une Amérique devenue une dictature se retrouvent donc bel et bien dans ce qu’il faut bien appeler une prison idéale. Bien entendu, les voyages dans le temps sont un thème souvent abordés dans le genre SF, cependant, pas de cette manière en tous cas.
- Robert Silverberg alterne plutôt bien entre deux récits et l’on passe de l’un à l’autre sans le moindre problème et toujours avec le même intérêt.
- Captivant, assez court, impossible de lâcher ce roman avant de le finir.
- La fin, surprenante.

Points Négatifs :
- Je suis peut-être habituer à des romans un peu plus longs et qui font un peu plus la part belle aux descriptions.
- De même, le style à un peu vieillit, mais, en comparaison avec d’autres œuvres, pas tant que cela…
- La surprise finale est plutôt réussie mais je trouve qu’elle arrive un peu trop rapidement ; mais bon, comme je l’ai dit, ce roman est court, ce qui explique sans doute cela !?

Ma note : 7,5/10
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