samedi 18 décembre 2010

THE MAN WHO SOLD THE WORLD


THE MAN WHO SOLD THE WORLD

David Bowie

1 - The Width of a Circle (Bowie) 8:05
2 - All the Madmen (Bowie) 5:38
3 - Black Country Rock (Bowie) 3:32
4 - After All (Bowie) 3:52
5 - Running Gun Blues (Bowie) 3:11
6 - Saviour Machine (Bowie) 4:25
7 - She Shook Me Cold (Bowie) 4:13
5 - The Man Who Sold the World (Bowie) 3:55
6 - The Supermen (Bowie) 3:38


The Man Who Sold the World
Musicien : David Bowie
Parution : 4 novembre 1970
Enregistré : 18 avril – 22 mai 1970
Durée : 40:37
Genre : Hard Rock, Heavy Metal, Folk Rock, Blues Rock, Glam Rock
Producteur : Tony Visconti
Label : Mercury

Musiciens :
David Bowie : chant, guitare, Dubreq Stylophone
Mick Ronson : chant, guitare
Tony Visconti : basse, piano, guitare
Mick Woodmansey : batterie, percussions
Ralph Mace : synthétiseur Moog

Mon avis : Et dire que je l’ai détesté pendant des années! Sacré David Bowie, j’aurais passé mon enfance a ne pas pouvoir le voir, et ce, uniquement parce que, étant un petit brun a la peau matte, j’avais du mal tout petit avec les blonds aux yeux bleus (le comble, c’est que le mince duc blanc les a vairons) qui étaient, quelque part, la norme en France ; après tout, ne disait-on pas « nos chères petites têtes blondes » ? Et puis, en ce début des années 80, Bowie était partout avec son Let’s Dance et son China Girl qui tournaient en boucle a la radio et a la télé jusqu'à n’en plus soif. Ainsi, il m’aura fallut bien plus d’une décennie pour le redécouvrir, me procurer tous ces albums, en tomber presque amoureux, musicalement, cela va de soit, et le reconnaître pour ce qu’il est, indéniablement, c'est-à-dire, comme l’un des meilleurs auteurs compositeurs tout bonnement génial de la seconde moitié du vingtième siècle. Et autant j’ai put détester David Bowie enfant, autant je l’adore depuis que je suis adulte. Cette petite introduction me semblait nécessaire afin d’expliquer la relation que j’ai entretenu avec le personnage, qui, pour rappel, nous a quitter en janvier dernier ; avec Bowie, je ne suis pas véritablement objectif, sauf dans ses périodes de vaches maigres artistiquement parlant dans la seconde moitié des années 80. Pour moi, Bowie, c’est comme les Beatles, les Stones (euh, jusqu’en 72), Neil Young et quelques autres, un génie dont je ne me lasse pas d’écouter en boucle chacun de ses albums avec, a chaque fois, le même plaisir. Et pour ce qui est de sa longue production artistique, il y a de quoi faire, et justement, parce que David Bowie fut et restera mon artiste préféré, et comme, depuis les débuts de ce blog, je n’ai jamais eu l’occasion de vous parler du moindre de ses albums, ce qui, ma foi, est une véritable hérésie, pourquoi ne pas commencer par le commencement et par sa première véritable réussite en 33 tours qui vaille le détour, l’envoutant The Man Who Sold The World. Sortie a la fin de l’année 1970, The Man Who Sold The World sans atteindre la qualité et le succès de bon nombre d’albums géniaux a venir et un véritable tournant pour Bowie et, accessoirement, un véritable petit bijoux qui laisse entrevoir bon nombre de merveilles a venir. Déjà, la pochette, où Bowie pose langoureusement en robe sur un canapé avec son jeu de cartes éparpillées devant lui pose le personnage : il est fini et bien fini le temps des chemises a fleurs et du Peace and Love, voila maintenant venu des chanteurs ambigus, où le strass et les paillettes se mêlent a des textes hallucinés parlant de folie, de dieux homosexuels et de lobotomie en pagaïe. Bref, Bowie et le Glam Rock, cela donne ca : son plus magnifique représentant, mais aussi sa plus parfaite antithèse, contrairement a Marc Bolan par exemple qui était le Glam a (presque) lui tout seul. Ainsi, en ce début des seventies, un curieux petit bonhomme aux yeux bizarres, autrefois mime de son état, nous offre un album majeur, au son distordant et aux textes auxquels on n’a parfois bien du mal a tout comprendre et où, au dessus de tout cela, plane sa voie, intemporelle, reconnaissable entre mille et qui, des milliers de fois après l’avoir entendu et réentendue, me donne toujours autant de frissons. Et donc, The Man Who Sold The World, avec ses plus de quarante ans d’âge, fascine encore aujourd’hui, avec en ouverture, le magistral The Width Of A Circle, ses huit minutes et ses guitares folles où Bowie fait le récit d'un voyage psychologique, violent et sexuel duquel les héros sont lui, l'autre lui (son double schizophrénique) et dieu, qui est aussi un amant homosexuel de Bowie, avec qui il partage des expériences sadomasochistes. Des le départ, la messe est dite, le personnage posé, et on va en prendre pour des décennies de plaisir. Et si ce titre, tout bonnement excellent, est une belle entrée en matière, comment ne pas s’attarder sur ce que je considère comme le sommet de l’album, All the Madmen, traitant de la schizophrénie et de lobotomie avec son invocation finale « zane zane zane ouvre le chien », l’un de mes titres préférés de Bowie, mais aussi de belles petites perles comme After All ou The Supermen avec son surhomme nietzschéen. Mais il en manque une, et de taille puisqu’elle donne même son nom a l’album. Comme beaucoup de personnes, j’aurais connu The Man Who Sold The World (la chanson, pas l’album) par la version de Nirvana. Tout bonnement excellente, cette reprise mérite, pour une fois, le détour, ce qui n’est pas toujours le cas par ailleurs. Mais malgré sa valeur, indéniable, j’ai une nette préférence pour l’originale, celle de Bowie, moins crade, plus, comment dire, planante, plus mystérieuse et où, une fois de plus, la voie sublime tout. Inspiré d’une nouvelle de science fiction, le titre partage encore aujourd’hui les avis, les uns préférant l’original de Bowie, les autres, celle de Nirvana, mais quoi qu’il en soit, et quelque soit les opinions diverses qui ont plus à voir entre les gouts et les couleurs de chacun, ce titre est la preuve de l’inventivité et du génie du Mince Duc Blanc. Ainsi donc, The Man Who Sold The World restera dans l’histoire de la musique comme le premier des indispensables de Bowie ; pas encore totalement un chef d’œuvre comme les merveilles à venir, il n’en reste pas moins excellent et fourmille de bons titres annonciateurs de la suite qui s’avérera, comme chacun sait, excellente. Personnellement, et après moult écoutes, je ne me lasse toujours pas de cet album, ne serais ce que pour ces deux titres que sont The Width of a Circle et All the Madmen, que je trouve exceptionnels, mais bon, quelque part, c’est un peu le cas pour moi avec tous les albums de Bowie. Et dire qu’enfant, je ne pouvais pas le voir !


Points Positifs :
- Sans être un véritable succès a l’époque, The Man Who Sold the World est le premier opus de Bowie où le génie de se dernier pointe enfin le bout de son nez sur la totalité de l’album : l’ensemble est cohérent, Bowie a enfin trouver son univers et nous l’impose, musicalement, il y a tout un tas de choses fort intéressantes, quand aux textes, nous sommes a des années lumières de ce qui se faisait auparavant dans la musique populaire.
- Il n’y a pas de mauvaises chansons dans cet opus, mais reconnaissons que des titres comme The Width of a Circle, The Man Who Sold the World et, surtout, All the Madmen, se démarquent nettement du lot et sont de véritables petites merveilles.
- Justement, dans cet album, même si le ton général est le même, Bowie aborde moult styles musicaux et l’on passe allègrement du Heavy Metal au Folk en passant par le Blues ou des prémices du Glam.
- La pochette, tout simplement culte avec notre David Bowie posant langoureusement en robe sur un canapé. 

Points Négatifs :
- Tony Visconti, compagnon de toujours, est déjà aux manettes mais la production, elle, souffre tout de même un peu par moments, surtout si on la compare avec ce qui se fera par la suite. Parfois, le son est un peu étrange, la voix de Bowie un peu en retrait…
- Malgré un ensemble plus qu’acceptable, on sent que Bowie se chercher encore un peu, d’où, justement, ces divers genres musicaux abordés. Mais bon, cela arrivera très rapidement.

Ma note : 8,5/10

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