dimanche 14 août 2016

LE FILS DE SAUL


LE FILS DE SAUL

Octobre 1944, Saul Ausländer, prisonnier juif hongrois à Auschwitz, fait partie du Sonderkommando de l'un des fours crématoires, groupe d'ouvriers strictement séparé du reste du camp et qui, tout en attendant leur propre exécution à tout moment, est forcé de participer à la crémation et à la dispersion des cendres des victimes de l'extermination massive. Saul croit reconnaître son fils dans un enfant mort, et décide de tenter de le sauver de l'incinération et d'entrer en contact avec un rabbin, avec qui il l'enterrera selon le rite approprié. Entre-temps le Sonderkommando désespéré se prépare à se révolter et à saccager le crématorium, mais Saul se détourne d'eux et a pour seule obsession de mener à bien son projet, pour son fils dont il n'avait pas su s'occuper de son vivant.


Le Fils de Saul
Réalisation : László Nemes
Scénario : László Nemes et Clara Royer
Musique : László Melis
Production : Laokoon Filmgroup, Hungarian Film Fund et Laokoon Film Arts
Genre : Drame
Titre en vo : Saul fia
Pays d'origine : Hongrie
Langue d'origine : hongrois, yiddish, allemand et polonais
Date de sortie : 11 juin 2015
Durée : 107 mn

Casting :
Géza Röhrig : Saul
Levente Molnár : Abraham
Urs Rechn : Biedermann
Todd Charmont : Braun
Sándor Zsótér : le docteur
Uwe Lauer : Voss
Christian Harting : Oberscharführer Busch
Kamil Dobrowolski : Mietek

Mon avis : L’Holocauste a souvent été représenté au cinéma, cependant, rares ont été les films qui l’on été de manière a marquer durablement les esprits, car bon, comment dire, pour une œuvre comme La Liste de Schindler, pure chef d’œuvre du septième art, n’en déplaise a certains, combien de plantages ont put paraitre dans nos salles obscures ? Cependant, dans le cas du Fils de Saul, les choses sont, fort heureusement, fort différentes… ainsi, a mille lieux du navet prétentieux et donneur de leçons que put être La Rafle en son temps, le long métrage de László Nemes met tout sentimentalisme de coté pour ne nous montrer que la réalité la plus crue, celle des horreurs d’un camp d’extermination, celui d’Auschwitz, le plus tristement célèbre, mais en mettant l’accent sur des hommes et des femmes un peu particulier, les fameux et bien souvent méconnus Sonderkommando, c’est-à-dire, des prisonniers, juifs pour la plupart, travaillant pour les nazis dans les camps et forcés de participer au processus de la solution finale. Un postulat de départ original, donc, mais, et c’est là l’une des bonnes idées de ce film, sans le moindre jugement vis-à-vis de ces hommes – comme ce fut un peu le cas dans The Reader, bon film, pourtant, au demeurant. Ainsi, dans Le Fils du Saul, nous assistons, tout au long de prêt de deux heures, principalement à deux choses : a une succession, donc, des taches réalisées par ces hommes, de l’accompagnement des nouveaux arrivés jusqu’à la dispersion de leurs cendres en passant par le tris des effets personnels, mais aussi, et c’est là le fil conducteur du film, a la volonté d’un homme, le fameux Saul du titre, qui, croyant reconnaitre son fils mort, souhaite absolument l’enterrer dignement, ce qui le poussera a commettre bien des actions dangereuses qui le mettront en danger. Bref, avec ce résumé des grandes lignes de ce long métrage, on était en droit d’attendre que Le Fils de Saul fut une belle réussite sauf que là, je serais un peu plus dubitatif : ainsi, si la thématique est intéressante, si l’esthétique (ah, tous ces plans séquences qui se succèdent) est une merveille et si la sobriété de la chose est un choix judicieux, a un moment donné, il manque un je ne sais quoi qui en aurait fait une véritable réussite… Peut-être une interaction entre les protagonistes un peu plus importante, peut-être des dialogues plus nombreux, peut-être un sentiment d’immersion un peu trop présent par moments ? Bref, un bon film, certes, qui mérite le détour de par son sujet et son esthétisme mais qui, quelque part, rate un peu le coche de par quelques longueurs un peu trop gênantes par moments…


Points Positifs :
- Esthétiquement, c’est plutôt magnifique et je ne me lasse pas de tous ces plans séquences qui se succédaient, surtout au début. De même, la proximité de la caméra lors de certaines scènes est une bonne chose, ainsi que le choix des couleurs, sombres sans tomber dans l’obscurité la plus totale comme bon nombre de films hollywoodiens.
- Un film sur les Sonderkommando, je peux me tromper mais il n’y en a pas des tas ?!
- Aucun sentimentalisme, aucun jugement vis-à-vis de ces hommes, cela nous change…
- Le postulat de départ : ainsi, cet homme qui travaille contraint et forcé au milieu de centaines de milliers de mort et qui sait que de toutes façons, son sort est scellé, ne souhaite qu’une chose, enterrer dignement son fils… ou, du moins, celui qu’il croit être son fils.

Points Négatifs :
- Il y a tout de même pas mal de longueurs dans ce film.
- L’absence de sentimentalisme comme il y en a tant dans les productions américaines est indéniablement une bonne chose, cependant, on passe presque d’un extrême a l’autre et j’ai eu du mal, par moments, a être toucher par le héros.
- Un manque plutôt conséquent d’interactions entre les protagonistes la plupart du temps. Suivre Saul de bout en bout, c’est une bonne idée, par contre, les autres passent quasiment au second plan.

Ma note : 7/10

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