mardi 23 août 2016

JESSIE


JESSIE

Depuis dix-sept ans, Jessie, épouse de l'avocat Gerald Burlingame, doit subir ses jeux sexuels pervers. Mais cette fois, c'en est trop. Enchaînée sur son lit par des menottes qui lui enserrent les poignets, Jessie refuse de se laisser faire et quand son mari tente de la violer, elle lui donne un coup qui l'envoie au tapis. Il ne s'en relèvera pas. Jessie reste à moitié inconsciente. Parfois, elle entend des voix qui lui rappellent des épisodes de sa vie passée, comme pour la punir d'avoir tué son mari. Dans ses souvenirs, elle revoit Ruth, sa copine d'université, puis cette fameuse éclipse de juillet 1963 où son père s'était amusé avec elle à un drôle de jeu. Lorsqu'elle aperçoit face à elle un étrange visiteur à la mallette en peau humaine, il ne semble pas cette fois sortir d'un songe. La panique la gagne. Jessie arrivera-t-elle à se libérer et à sauver sa vie ?


Jessie
Auteur : Stephen King
Type d'ouvrage : Horreur psychologique
Première Parution : 1 septembre 1992
Edition Française : 13 juin 2001
Titre en vo : Gerald's Game
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Isabelle Perrin
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 411

Mon avis : Du temps où j’effectuais mon service militaire, ce qui remonte tout de même à plus de deux décennies, j’avais eu l’occasion de lire un ouvrage un peu particulier de Stephen King qui m’avait pourtant fortement marqué : Jessie. Particulier car dans celui-ci, il n’y avait nulle trace de fantastique, ce qui est chose rare chez l’auteur – quoi qu’il s’en sort fort bien, il suffit de voir, par exemple, La petite fille qui aimait Tom Gordon – et surtout, parce que la quasi intégralité de l’histoire se déroule dans une chambre et a pour protagoniste, la fameuse Jessie, la jeune femme étant prisonnière, menottée a son lit suite au décès subit de son époux. Bref, un postulat de départ original pour un huit-clos qui pouvait s’avérer casse gueule mais qui pourtant n’en reste pas moins efficace, que dis-je, qui est tout simplement excellent, le sieur King réussissant avec Jessie l’une de ses œuvres parmi les plus réussies, selon moi. La raison est plutôt simple car l’auteur réussit le tour de force, pendant trois cent pages (le dernier quart, Jessie est libre), de faire, premièrement, interagir celle-ci avec quelques unes de ses voix intérieures, histoire de caser tout un tas de dialogues – procédé de facilité, certes, mais qui fonctionne – mais aussi et surtout, en faisant, au gré des pages, des allers retours dans le passé de l’héroïne, celle-ci ayant connue des attouchements de la part de son père lors de son enfance. Ce traumatisme, responsable en quelque sorte de la situation actuelle de la jeune femme, est fort bien décrit, de même que l’évolution psychologique de celle-ci, au fur et a mesure que les souvenirs remontent à la mémoire. Bref, de ce qui aurait put être un banal huit-clos, Stephen King réussit le tour de force de nous pondre le portrait d’une femme torturée, d’une femme qui a énormément souffert et qui souffrira encore beaucoup dans ce roman mais une femme qui, malgré tout, s’avérera être forte. Ajoutons a cela quelques scènes vraiment horribles – il a de quoi manger le toutou – et même quelques traits d’humour et l’on obtient au final un excellent ouvrage de la part d’un auteur qui, encore une fois, nous aura prouvé que l’horreur, ce n’est pas seulement des monstres qui se cachent sous le lit, des vampires ou des extraterrestres… loin de là !


Points Positifs :
- Hein, quoi, comment, tout un bouquin sur le sort d’une femme prisonnière de son lit suite a un jeu sexuel qui a mal tourner !? Mais on va s’ennuyer rapidement ! Eh ben en fait, pas le moins du monde et King réussit le tour de force de rendre tout cela oh combien captivant, et ce, par le biais d’une écriture simple mais terriblement efficace.
- Les nombreux allers retours entre la situation actuelle et le passé de Jessie, les deux étant, bien entendu, liés. Quand au père un peu trop proche de sa fille et la mère acariâtre, ce n’est pas la première fois que l’auteur use de ce procédé – d’ailleurs, Stephen King aime a dépeindre les petits secrets inavouables et les travers d’une classe moyenne américaine pas si propre que cela…
- Qu’est ce qu’elle en bave la pauvre Jessie tout au long du roman. Psychologiquement, c’est un roman très dur et qui nous prouve que même sans user du fantastique, King manie fort bien l’horreur sous toutes ses formes – et un simple chien qui se nourrit peut devenir le summum de l’indicible !
- Un roman féministe écrit par un homme et qui est très dur envers la gente masculine : le mari est un pervers, le père un pédophile quand à l’autre fou adepte de nécrophilie, je n’en parle même pas…

Points Négatifs :
- Le tueur adepte des cadavres était-il vraiment nécessaire ?
- La fin, en guise de confession, s’étire peut-être un peu trop en longueur par moments.

Ma note : 8,5/10

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