lundi 26 janvier 2015

IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION


IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION

Mexique, 1913. Un pilleur de diligences, Juan Miranda, et un Irlandais, ancien membre de l'IRA spécialiste en explosifs, John Mallory, font connaissance. Juan a toujours rêvé de dévaliser la banque centrale de Mesa Verde et voit en John le complice idéal pour son braquage. Il fait chanter John afin de le persuader de s'associer à l'affaire. Tous deux se trouvent plongés en plein cœur de la tourmente de la révolution mexicaine, et Mesa Verde se révèle plus riche en prisonniers politiques qu'en lingots d'or. Malgré eux, les deux amis deviennent les héros d'une guerre qui n'est pas la leur...


Il était une fois la Révolution
Réalisation : Sergio Leone
Scénario : Sergio Leone et Sergio Donati
Musique : Ennio Morricone
Production : Rafran Cinematografica, Euro International Film (EIA), San Miura
Genre : Western, Guerre
Titre en vo : Giù la testa
Pays d'origine : Italie
Langue d'origine : anglais, italien, espagnol
Date de sortie : 29 octobre 1971
Durée : 157 mn

Casting :
James Coburn : John H. Mallory
Rod Steiger : Juan Miranda
Romolo Valli : Dr Villega
Antoine Saint-John : Colonel Günther « Gutierez » Reza
Franco Graziosi : Gouverneur Don Jaime
Rik Battaglia : Général Santerna
David Warbeck : Sean Nolan, le meilleur ami de John
Vivienne Chandler : La petite amie de John
Maria Monti : Adelita, la femme dans la diligence
Jean Rougeul : Le prêtre dans la diligence
Antonio Casale : Le notaire dans la diligence
Memè Perlini : Peon
Edmondo Tieghi : Papa Miranda

Mon avis : Hier, dans ma critique des Noces Funèbres, je soulignais qu’il existait indubitablement une touche Tim Burton, une espèce de marque de fabrique qui fait que ses œuvres sont reconnaissables entre mille, et justement, aujourd’hui, avec cet Il était une fois la Révolution, le moment est venu de constater que la même chose était valable pour le grand Sergio Leone, rien ne ressemblant davantage a un film de Leone qu’un autre film de Leone. Ainsi, et dès les premières minutes de ce second volet de ce qui sera la trilogie des Il était une foisIl était une fois dans l’Ouest en 1969 et Il était une fois l’Amérique en 1984 – on est en terrain familier et l’on retrouve tous les éléments traditionnels des œuvres du réalisateur : plans rapprochés sur les visages des acteurs, paysages magnifiques, longs plans séquences, musique omniprésente et entrainante – encore une fois, une belle prestation du légendaire Ennio Morricone – mais aussi, un humour omniprésent, des personnages hauts en couleur avec ce gout prononcé de Leone pour les duos improbables, ici composé d’un bandit de grand chemin aux préoccupations terres a terre, excellent Rod Steiger, et d’un révolutionnaire irlandais cynique et lettré, James Coburn, ainsi que, thème récurant dans les films du réalisateur italien, cette impression de fin du monde, ce coté « plus rien ne sera jamais comme avant » prononcé, cette disparition de la liberté du temps passé devant la marche implacable du progrès où les banques ne renferment plus de l’or mais des prisonniers politiques. Car en effet, comme son nom l’indique, Il était une fois la Révolution n’est pas un western, même s’il en reprend les poncifs du genre (d’ailleurs, Leone ne voulait plus en tourner), mais un film sur une révolution (forcément), celle qui eu lieu au Mexique au début du vingtième siècle – d’ailleurs, après un début pour le moins traditionnel, l’attaque d’une diligence, la surprise est totale de voir débarquer un type en moto ! Mais ici, c’est une vision désabusée du réalisateur pour la chose politicienne auquel nous avons droit : ne croyant plus en rien, et encore moins aux belles promesses, Sergio Leone nous montre les phases sombres et réelles de ce qu’est une révolution et où un peuple crédule, prêt a se soulever, est massacré par le pouvoir en place – terrible scène de fusillades dans les fosses – tout en étant utilisé sans vergogne par ceux qui veulent prendre le pouvoir, quand, ironie suprême, ils ne sont pas tout simplement donnés… Une vision pessimiste, violente, mais tellement réaliste pour une intrigue où deux hommes, que tout opposait a la base – l’un, fuyant une première révolution avortée en Irlande, complètement désabusé et regrettant le temps passé, et l’autre, bandit de grand chemin devenu héros de la révolution malgré lui – vont créer malgré tout des liens d’amitié au fil des événements. Il était une fois la Révolution est un grand film, un très grand film même ; souvent oublié par le grand public dans la filmographie de Sergio Leone, c’est un film profond, qui donne a réfléchir et qui mérite franchement d’être reconnu a sa juste valeur, un film très critique a l’égard des révolutions et plus particulièrement des politiques, mais aussi un film sur une belle histoire d’amitié, bref, un incontournable !


Points Positifs :
- Moins connu du grand public que d’autres films de Sergio Leone, Il était une fois la Révolution est pourtant l’une de ses plus belles réussites, ne serais-ce que pour son ton désabusé et cynique quand a la chose politicienne et le sort du peuple, celui-ci étant toujours le grand perdant de l’Histoire.
- Rob Steiger et James Coburn sont tout bonnement exceptionnels dans leurs rôles respectifs : le premier pour son jeu plus subtil qu’il n’y parait de prime abord et le second pour son charisme naturel et ce rôle de vieux révolutionnaire cynique qui lui va si bien.
- Comme a chaque film de Leone, on retrouve sa touche, c’est-à-dire, tous les éléments traditionnels qui en font un chef d’œuvre : scénario, plans serrés, paysages magnifiques et grandioses, scènes inoubliables, personnages hauts en couleurs, humour omniprésent, bande son excellente, ambiance de « fin d’un monde ».
- Justement, pour ce qui est des scènes marquantes, comment ne pas mettre en avant celle du dynamitage d’un pont, les fusillades dans des fosses, celle où les révolutionnaires sont vendus par l’un des leurs, celle où les deux trains entrent en collision, voir même, celle du début, dans la diligence.
- Les nombreux flashbacks qui parsèment le film et qui, jusqu’à la fin, nous en apprennent énormément sur le passé de Mallory.
- Mine de rien, n’oublions pas les très nombreuses scènes d’humour qui jalonnent ce film avec, selon moi, en point d’orgue, celle où Juan Miranda prend d’assaut une banque et, a la place de l’or, tombe sur des prisonniers politiques.

Points Négatifs :
- La bande originale de Morricone est certes toujours aussi bonne mais, cependant, je la trouve légèrement inférieur a ce qu’il a put faire par ailleurs ; mais bon, cela reste tout de même de fort bonne facture, l’homme ayant toujours livré un travail excellent.

Ma note : 9,5/10

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