samedi 3 juin 2017

STRANGE FRUIT


STRANGE FRUIT

En 1927, à Chatterlee dans le Mississipi, le grand fleuve est en proie à des crues historiques, forçant les populations à protéger leur village et leur champ grâce à des digues. Alors qu'ils craignent que l'une d'elle ne tienne pas, des hommes, blancs, se rendent dans une taverne où les noirs se détendent en écoutant de la musique, en buvant de l'alcool ou en dansant. Même si l'esclavage a été aboli, les blancs ordonnent à leurs employés de se presser car, même si la nuit est tombée, les eaux montent et ils ont besoin d'eux pour remplir des sacs de sable et consolider les digues. Parmi les noirs, se trouve Sonny un homme accusé de vol dans un bric-à-brac et recherché par le shérif. Celui-ci parvient à s'enfuir. Alors qu'il court à travers les environs, que les autres noirs sont conduits sur les fameuses digues alors que d'autres s'affairent déjà dessus, une lumière vive en provenance du ciel s'écrase sur la fameuse barrière de terre et de sable, laissant passer une grosse quantité d'eau. De l'engin sort un homme noir, un véritable colosse. Il ne parle pas un mot mais sa carrure, sa force et sa nature vont changer les choses. En bien ?


Strange Fruit
Scénario : Mark Waid, J.G. Jones
Dessins : J.G. Jones
Encrage : J.G. Jones
Couleurs : J.G. Jones
Couverture : J.G. Jones
Genre : Super-Héros, Historique
Editeur : Boom Studios
Titre en vo : Strange Fruit
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 08 juillet 2015 – 02 novembre 2016
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 05 avril 2017
Nombre de pages : 128

Liste des épisodes
Strange Fruit 1-4

Mon avis : D’entrée de jeu, Strange Fruit était une œuvre polémique, et cela, les auteurs, Mark Waid et J.G. Jones l’avaient parfaitement assumés dès la création de ce comics qui souhaitait pointer du doigt la place des afro-américains dans la culture populaire nord-américaine et plus particulièrement dans la bande dessinée. Attention louable, certes, a bien y réfléchir, surtout quand on constate que parmi les icones de chez Marvel ou DC, l’homme noir y brille surtout par son absence, procédé plutôt judicieux puisque ce fameux Colosse qui tombe du ciel renvoi bien évidement a Superman, cependant, là où le bat blesse, c’est que malgré toutes les bonnes attentions du monde, luter pour une cause, c’est bien, écrire une bonne histoire, c’est pas mal aussi. Car hélas, malgré la beauté du produit finit – c’est un bien bel album – et, bien entendu, malgré les superbes peintures du sieur J.G. Jones, scénaristiquement, Strange Fruit est plutôt moyen pour ne pas dire faiblard par moments : ainsi, après un premier épisode qui, pourtant, plaçait la barre assez haut, le reste n’est pas a la hauteur de nos espérances, loin de là, et tant même a décevoir au final. Il faut dire que si ce fameux être venu du ciel en jette, effectivement, si la retranscription de la manière de pensée et d’agir des habitants du sud profond des Etats-Unis de cette lointaine année 1927 est plutôt juste, tout cela tombe très rapidement dans des stéréotypes plutôt navrants où, de toutes façons, il n’y a vraiment aucun personnage blanc positif mais, pire que tout, où le scénario, l’histoire, bref, le nerf de la guerre, finit par briller par son absence tant abonde les raccourcis on ne peut plus faciles. Dommage car tout cela est loin d’être mauvais, bien au contraire et que, surtout, le premier épisode ne laissait pas attendre que les trois autres ne soient qu’une lente descente qualitative. Après tout, Strange Fruit partait d’une très bonne attention et possédait indéniablement tous les éléments pour devenir un incontournable, cependant, a un moment donné, il ne faut pas oublier le scénario en court de route car au final, eh bien, œuvre coup de poing ou pas, cela reste une bande dessinée…
                                                                                                                   

Points Positifs :
- Le postulat de départ est tout simplement excellent – a défaut d’être véritablement original, il faut en convenir – ainsi, dans le sud profond des Etats-Unis, en 1927, un être tombe du ciel, bourré d’une force peu commune et d’une intelligence supérieure et ce n’est pas Superman mais le Colosse et il est noir de peau, ce qui ne peut que déplaire aux pecnos du coin…
- Strange Fruit pointe du doigt le racisme de l’époque aux USA mais aussi, a une plus large échelle, celui qui existe encore de nos jours, y compris dans le milieu des comics. Et que l’on soit d’accord ou pas, le débat mérite d’exister.
- Graphiquement, bien évidement, c’est magnifique et il faut saluer le travail de J.G. Jones.
- Le premier épisode est tout simplement excellent.
- L’amateur d’Histoire sera ravi d’apprendre que cette fameuse crue du Mississipi exista bel et bien en 1927.

Points Négatifs :
- Crée la polémique, lutter pour une cause, c’est certes noble et louable, cependant, il ne faut pas oublier que Strange Fruit est également une bande dessinée et que, bon, comment dire, il est dommage que les auteurs n’aient pas fait davantage d’efforts pour nous offrir un scénario plus réussi. Il faut dire que, passé le premier épisode, la suite déçoit plus qu’autre chose.
- Les événements se précipitent les uns après les autres sans que l’on soit sensible à ces derniers ou que l’on s’attache véritablement aux protagonistes ; il faut dire que, malheureusement, ces derniers sont tout saufs charismatiques et que le seul qui aurait put l’être, le fameux Colosse, ne parle jamais…
- Je sais parfaitement que le sud profond des Etats-Unis était sacrément raciste en 1927 et que, d’ailleurs, le pays lui-même l’était, et l’est encore de nos jours même si de sacrés progrès ont été faits, cependant, ne pas nous proposer ne serais-ce qu’un seul personnage blanc positif, cela fait tomber l’histoire dans une lutte entre blancs et noirs qui finit davantage par diviser qu’autre chose.

Ma note : 6,5/10

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