mercredi 21 décembre 2016

LES AVENTURES DE TINTIN – LE LOTUS BLEU


LES AVENTURES DE TINTIN – LE LOTUS BLEU

Un messager venu de la Chine vient rencontrer Tintin dans le palais du Maharadjah de Rawhajpoutalah, où le journaliste se repose. Celui-ci, ressortissant chinois, n'a eu que le temps de prononcer les mots Shanghaï et Mitsuhirato, avant d'être touché par une fléchette empoisonnée au radjaïdjah, le « poison qui rend fou ». Tintin est par la suite informé que le fakir, membre du gang des trafiquants de drogue, s'est évadé de prison, puis, part à Shanghai afin de rencontrer Mitsuhirato. Arrivé en Chine, il reçoit une lettre d'un messager de ce dernier qui désire le rencontrer. Le Japonais Mitsuhirato semble être un paisible commerçant, propriétaire d'une boutique de vêtements féminins. Très avenant, il dit à Tintin avoir envoyé le messager pour le mettre en garde de grands dangers. Il le convainc également de rentrer en Inde pour protéger le maharadjah. En repartant de chez le Japonais, Tintin est victime d'un attentat à la mitraillette. Il doit la vie à l'intervention d'un mystérieux jeune homme, sans toutefois rien comprendre à la situation, car son sauveur prend la fuite.


Les Aventures de Tintin – Le Lotus bleu
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1936
Nombre de pages : 62

Mon avis : Si Les Cigares du Pharaon, quatrième album des Aventures de Tintin, marquait déjà un tournant au sein de l’œuvre d’Hergé, il est indéniable que c’est avec Le Lotus Bleu que ce dernier signe son tout premier chef d’œuvre et que, enfin, son héros, va atteindre la dimension qu’on lui connait : en effet, dans les premières aventures – Tintin au pays des SovietsTintin au Congo, Tintin en Amérique et Les Cigares du Pharaon – Hergé se contentait d’envoyer Tintin dans des pays différents sans véritablement se renseigner sur ces derniers, usant et abusant des stéréotypes européens de l’époque. Mais avec Le Lotus Bleu, suite à sa rencontre avec Tchang Tchong Jen, jeune étudiant chinois vivant alors en Belgique et qui inspirera le personnage de Tchang, les choses changent : Hergé se documente, apprend moult usages et coutumes de la Chine, découvre sa culture mais aussi, et ce n’est pas rien, la situation géopolitique d’alors où le pays, pourtant riche d’une civilisation de près de trois mille ans, est sous la coupe des puissances occidentales et du Japon qui vient d’envahir la Mandchourie, ce qui, pour la petite histoire, n’est que le début de la Seconde Guerre Mondiale… Du coup, si le synopsis de départ n’est que la suite de celui du Cigare des Pharaons, c’est-à-dire, que Tintin est en lutte avec une organisation de trafiquants de drogue internationale, le fond et la forme changent du tout au tout avec une aventure davantage structurée mais aussi, crédible pour ce qui est de ce quelle nous montre de la Chine de l’époque. Qui plus est, ayant pris fait et cause pour le sort des chinois, Hergé va a contre courant de la presse occidentale d’alors et n’hésite pas a critiquer ouvertement la présence des occidentaux en Chine, leur racisme et leur prétendue supériorité mais aussi, bien entendu, le Japon, impérialiste et qui jouissait alors de louanges élogieux de la part des occidentaux en tant que prétendus garants de le civilisation asiatique… Bref, vous l’avez compris, en plus d’être un tournant dans la série et, accessoirement, une aventure captivante de bout en bout, Le Lotus bleu est également un petit brulot politique qui renvoi dans les cordes tous ceux qui prétendent qu’Hergé n’est qu’un sale raciste. Dommage juste qu’il y ait ce soucis incompréhensible au niveau des dessins : les premières pages de l’album avaient été refaites histoire de coller aux albums précédant tandis que le reste n’est que coloriser. Franchement, c’était l’un ou l’autre et pas les deux !


Points Positifs :
- Le véritable premier chef d’œuvre d’Hergé, incontestablement. En effet, si des efforts notables avaient déjà été effectués dans Les Cigares du Pharaon, force est de constater qu’avec Le Lotus bleu, on atteint une autre dimension et qu’on peut dire, sans problèmes, que c’est ici que Les Aventures de Tintin débutent bel et bien !
- Finit les stéréotypes débiles de l’époque et autres paternalisme occidental : Hergé se documente, découvre la civilisation chinoise mais aussi la géopolitique de l’époque, le résultat étant, bien entendu, excellent puisque cet album est crédible de bout en bout.
- Mine de rien, il en fallait pour aller a contre courant des médias occidentaux de l’époque et de prendre ainsi fait et cause pour la Chine et d’être contre le Japon. D’ailleurs, Hergé parsème cette aventure de moult références aux méfaits occidentaux et nippons depuis qu’ils occupent la Chine.
- Accessoirement, l’intrigue du Lotus bleu est fort bonne, captivante de bout en bout et on sent bien que l’évolution amorcée dans Les Cigares du Pharaon à tirer définitivement Tintin des atermoiements des débuts.
- Retour de Rastapopoulos qui sera bien évidement la némésis de Tintin au fil de ses aventures, mais aussi, et surtout, apparition de Tchang, premier véritable ami de notre héros et qui reviendra bien plus tard, dans un certain Tintin au Tibet
- La couverture, l’une des plus connues des Aventures de Tintin et l’une des plus belles.

Points Négatifs :
- Je n’ai jamais compris ce qu’Hergé a voulut faire en refaisant les premières pages de l’album et en laissant tout le reste tel quel, se contentant de les coloriser. Franchement, c’était l’un ou l’autre mais pas les deux car ce choix choque énormément.

Ma note : 8,5/10

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