samedi 19 décembre 2015

LES TOMMYKNOCKERS


LES TOMMYKNOCKERS

Dans sa tête, le tumulte. Leurs voix s'élèvent comme un tourbillon de feuilles mortes. Creuse, Bobbi, creuse... Incapable de trouver le repos, Roberta Anderson se remémore l'instant où elle a trébuché sur ce bout de métal. Une chose enfouie dans le bois, qui vibre comme un diapason... À l'entrée de Haven, Jim Gardener presse le pas. Dans son crâne, plus forte et plus insistante que jamais, la voix qui l'a poussé à se mettre en route. Bobbi a des ennuis. Il revoit son amie telle qu'elle lui est apparue en rêve. Transparente, blafarde. Sur le fil du rasoir. Dans ses yeux un rayon acide de la couleur des marécages. Image qui éclate en rythmes douloureux... Tard, la nuit dernière et celle d'avant, toc, toc, à la porte, les Tommyknockers...


Les Tommyknockers
Auteur : Stephen King
Type d'ouvrage : Horreur, Fantastique
Première Parution : 10 novembre 1987
Edition Française : 1 novembre 1994
Titre en vo : The Tommyknockers
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Dominique Dill
Editeur : J’Ai Lu
Nombre de pages : 949

Mon avis : Depuis ma relecture de Simetierre, en septembre dernier, j’ai décidé de me replonger dans l’œuvre du maitre de l’horreur moderne, je veux bien évidement parlé de Stephen King, un auteur qui, mine de rien, restera dans l’histoire de la littérature pour son importance dans le genre horrifique à la fin du vingtième siècle. Mais si au fil des derniers mois, j’ai eu l’occasion de relire certaines de ses œuvres et d’en découvrir d’autres, il y avait un titre qui m’intriguait depuis longtemps, un titre auquel je souhaitais donner une seconde chance mais qui ne m’inspirait guère confiance : Les Tommyknockers. Il faut dire qu’il y a deux décennies, après la lecture de Ça, j’avais déjà tenté, une première fois de lire cet ouvrage, or, a l’époque, j’avais abandonné au bout de 300 pages environ, déçu et lassé par une intrigue qui ne m’inspirait guère alors. Bien entendu, mon erreur d’alors fut probablement de l’avoir lu tout de suite après Ça, chef d’œuvre absolu, selon moi, de Stephen King, et d’en attendre peut-être un peu trop, mais en fait, je pense désormais que le problème était tout autre : bien trop jeune, je n’étais pas prêt, tout simplement, pour une œuvre comme Les Tommyknockers. Car oui, plus de vingt ans plus tard et malgré un nombre conséquent de critiques négatives que j’ai put lire depuis belle lurette sur ce roman, non seulement, j’ai dépassé le seuil des 300 premières pages mais, qui plus est, j’ai fortement apprécié cette œuvre. Sacré changement d’avis au sujet des Tommyknockers ? Il est clair que c’est le cas, mais étant moi-même plus âgé, possédant une plus grande expérience et un bagage culturel plus conséquent qu’a vingt ans, j’ai tout simplement redécouvert cette œuvre tellement mésestimé de Stephen King sous un regard nouveau et me suis aperçu que celle-ci possédait bien des qualités… Déjà, écrite a une époque, les années 80, où King lui-même luttait contre de graves problèmes de drogue et d’alcoolisme, il est claire que celle-ci est une belle retranscription des problèmes de l’auteur avec la bouteille, ce, par le biais du personnage de Jim Gardener, véritable loque humaine mais qui n’en reste pas moins, finalement, tellement attachant pour ne pas dire humain avec ses nombreux défauts. Ensuite, il y a le contexte bien sur : ce sont les années 80, la Guerre Froide ne s’est pas encore achevée et depuis la catastrophe de Tchernobyl, la menace nucléaire ne s’est jamais faite aussi forte : celle-ci, dans cet ouvrage, est omniprésente, que ce soit par la révolte de Jim Gardener contre le système, ce dernier ne cessant de la dénoncer – ce qui donne, au passage, tout bonnement la meilleure scène du bouquin – mais aussi, mine de rien, par le biais de ce fameux vaisseau spatial que l’on déterre petit a petit, ce dernier, par le biais de l’air et des vents, contaminant petit a petit tous les habitants d’un village comme l’aurait fait un nuage atomique – d’ailleurs, certains symptômes sont les mêmes. Alors bien entendu, certains me diront que Les Tommyknockers est un bouquin beaucoup trop long, qu’il y a foule de personnages, que par moments, Stephen King se perd dans des descriptions qui ne sont pas forcément nécessaires, cassant un peu le rythme de l’ensemble, mais bon, a un moment donné, et c’est là où je pense que certains ont peut-être été un peu trop injustes avec cette œuvre, finalement, King, c’est quoi si ce n’est des romans interminables, des descriptions de la vie quotidienne a n’en plus finir, une foule de personnages… bref, pourquoi ce qui est acceptable dans certains de ses romans ne le serait plus, subitement, dans celui-ci ? Personnellement, non seulement cela ne m’a pas posé de problèmes mais qui plus est, je reconnais, après coup, que j’ai été captivé de fort belle manière, ce qui, au demeurant, fut une sacrée surprise… Il y aurait certes énormément de choses a ajouter sur Les Tommyknockers mais je ne vais pas non plus rentrer dans les détails, me contentant d’affirmer que si j’ai longtemps eu une mauvaise opinion a l’égard de cette œuvre, le jour où je me suis décidé a la lire dans son intégralité, j’ai littéralement changer d’avis. Formidable roman de science-fiction qui, par certains moments, nous rappelle Le Village des Damnés ou, dans un autre genre, La couleur tombée du ciel de HP Lovecraft, Les Tommyknockers est aussi un roman bien plus personnel qu’on pourrait le penser où un King, dans sa meilleure période créatrice, s’en donne a cœur joie tout en gardant une certaine dose d’autodérision, sincèrement, une belle surprise a mes yeux même s’il m’aura fallut plus de vingt ans pour m’en rendre compte…


Points Positifs :
- A première vue, on se dit que Les Tommyknockers n’est qu’un énième roman de plus de Stephen King, et puis, après une entrée en matière qui ne casse pas des briques, petit a petit, on commence a entrer dans l’histoire, Jim Gardener fait son apparition, cela nous déstabilise un peu et là, ça part littéralement en sucette avec une scène d’anthologie avant que l’on revienne a la trame principale, une pause narrative pour nous présenter une foule de personnages et ce qui leur arrive et ensuite, bah, ensuite, on fait les liens entre tout cela et on ne lâche plus ce fichu roman avant la fin, dantesque !
- Mine de rien, c’est rare de voir un auteur aborder de façon aussi crue ses propres problèmes d’alcoolisme : à l’époque, Stephen King buvait énormément (entre autres) et ce Jim Gardener est tout bonnement une véritable loque humaine. Mais ses défauts, finalement, le rendent humain et attachant, alors qu’à coté de lui…
- La scène où Gardener, invité a un cocktail mondain et, bien entendu, complètement bourré, s’en prend aux invités afin de leur faire comprendre ce qu’est la menace du nucléaire est tout simplement la plus réussie du roman, un truc inimaginable et grandiose.
- Une invasion extraterrestre comme jamais vous n’en avez vu : ah, ils sont intelligents ces Tommyknockers mais en fait, pas tant que ça et s’ils créent pas mal de choses, c’est un peu au petit bonheur la chance.
- C’est fou le nombre de thèmes abordés dans cette œuvre : l’alcoolisme, bien sur, la science-fiction avec cette invasion d’extraterrestre, le nucléaire, et puis, toujours les thématiques propres a l’auteur comme ses héros décidément toujours aussi paumés, ses petits villages perdus avec leurs habitants vivant quasiment en vase clôt et leurs petits secrets inavouables…
- Oui c’est long, oui King prend son temps pour décrire tout et n’importe quoi mais au final, au-delà de la trame principale, tous ces passages mettant en avant tel personnage apportent un plus indéniable a l’ensemble.
- J’ai apprécié les inventions à la fois débiles et terrifiantes de ces habitants améliorés, avec, en tête de liste, le distributeur de Coca tueur !
- Un nombre conséquent de clins d’œil qui renvoient a pas mal d’autres œuvres de l’auteur comme Ça, Charlie, etc.

Points Négatifs :
- Il est clair, je ne peux pas le nier, qu’il y a vraiment énormément de personnages et que, par moments, ce n’est pas toujours évidant de ce souvenir qui est qui, surtout quand un gus apparait pendant quelques lignes puis refait surface quatre cent pages plus loin.
- Si vous n’aimez pas ou n’êtes pas habituer aux bouquins de Stephen King avec ces pages et ces pages de descriptions de banalités à n’en plus finir, Les Tommyknockers n’est pas pour vous, surtout que par moments, l’auteur passe vraiment du coq à l’âne, surtout au cours du premier tiers de l’œuvre.

Ma note : 9/10

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