dimanche 14 février 2016

ROXY MUSIC


ROXY MUSIC

Roxy Music

1 - Re-Make/Re-Model (Bryan Ferry) 5:14
2 - Ladytron (Bryan Ferry) 4:26
3 - If There Is Something (Bryan Ferry) 6:34
4 - Virginia Plain (Bryan Ferry) 2:58
5 - 2HB (Bryan Ferry) 4:30
6 - The Bob (Medley) (Bryan Ferry) 5:48
7 - Chance Meeting (Bryan Ferry) 3:08
8 - Would You Believe? (Bryan Ferry) 3:53
9 - Sea Breezes (Bryan Ferry) 7:03
10 - Bitters End (Bryan Ferry) 2:03


Roxy Music
Musicien : Roxy Music
Parution : 16 juin 1972
Enregistré : 14 mars – 29 mars 1972
Durée : 45:37
Genre : Glam Rock, Art Rock
Producteur : Peter Sinfield
Label : Island

Musiciens :
Bryan Ferry : chant, piano
Brian Eno : synthétiseur, bandes, chœurs
Andrew Mackay : saxophone, hautbois
Phil Manzanera : guitares
Graham Simpson : basse
Paul Thompson : batterie

Mon avis : Jeudi dernier, je vous parlais de l’excellent Rust Never Sleeps, album de Neil Young, musicien qui a souvent été mis à l’honneur sur ce blog depuis que celui-ci existe. Et donc, aujourd’hui, je reste dans la même thématique mais dans un tout autre genre puisque je vais m’intéresser au premier album d’un groupe dont je n’ai jamais eu l’occasion de parler sur Le Journal de Feanor, ce qui est presque incroyable, d’ailleurs, vu que je l’apprécie énormément depuis des années, je veux bien évidement parler de Roxy Music. Enfin, quand je dis que je n’en ai jamais parler, pas de façon directe, bien entendu, puisque, probablement l’avez-vous remarquer si jamais il vous arrive de suivre ce blog de temps en temps, l’un de ses membres fondateurs, Brian Eno, n’est pas un inconnu, bien au contraire, par ici : ainsi, que ce soit pour ses albums ou ses nombreuses collaborations avec divers musiciens et groupes (dont, principalement, David Bowie), le sieur Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno est un habitué du Journal de Feanor, mais avant de devenir le producteur et le visionnaire de génie qu’il est encore aujourd’hui, Brian Eno se fit connaître en tant que bidouilleur improbable d’un groupe complètement improbable et qui devint l’un des plus marquants des années 70, Roxy Music. Et Roxy Music, comme vous vous en doutez, ce n’était pas que Brian Eno, loin de là, même si sa patte le marque énormément tant qu’il en fit parti – deux albums, celui-ci et For Your Pleasure. Non, Roxy Music, c’était avant tout la chose de Bryan Ferry, crooner a la voix de velours et figure marquante du Glam Rock comme put l’être, pour un temps, David Bowie, mais aussi, Marc Bolan. Un groupe incroyable, capable de bien des excentricités musicales mais terriblement efficace et talentueux, car si Roxy Music fut la chose de Ferry, si ce dernier menait allègrement la barque, ce groupe n’aurait pas été ce qu’il fut sans la présence des autres musiciens, Eno bien sur, pour les débuts, ainsi qu’Andrew Mackay et Phil Manzanera. Et ces diverses personnalités, ces musiciens à la fois si différents et si semblables dans leurs délires parvinrent alors à une alchimie musicale incroyable qui fit que ce groupe décidément pas comme les autres accoucha, au cours des années 70, de tout un tas d’albums tout simplement excellents. Et pourtant, ce n’était pas gagner d’avance car si l’on pouvait faire l’impasse sur leur look complètement déjanté – c’était la mode du Glam et il y eut pire – il fallait tout de même accepter leur musique qui l’était tout autant. Ainsi, prenons ce premier album sobrement (c’est la seule chose qui l’est) nommé Roxy Music et qui est le parfait exemple de ce que fut ce groupe, surtout lors de ses débuts avec ces longs passages instrumentaux, ces solos de tous les instruments, ces bidouillages de Brian Eno avec ses synthés et ses bandes musicales, la voix de Ferry, un instrument a part entière, et, ne l’oublions pas, ces chansons incroyables qui tiennent davantage de l’art-rock qu’autre chose. Novateurs, bidouilleurs, planants par moments, mélangeant allègrement tous les genres, les sieurs Ferry, Mackay, Eno, Manzanera et consorts s’en donnent a cœur joie tout en stupéfiant le simple quidam qui écoute cet opus pour la première fois : flirtant allègrement entre le génial et le grand n’importe quoi, Roxy Music réussit parfaitement son coup et nous prouve, une fois de plus, que la prise de risque finit toujours pas accoucher des meilleurs albums. Alors bien sur, Roxy Music (l’album, pas le groupe) n’est pas un opus à mettre entre toutes les oreilles et oui, mille fois oui, il ne peut pas plaire a tout le monde, mais sincèrement, quelle belle réussite pour une première que cet album d’un groupe comme on n’en fait plus…


Points Positifs :
- Incroyable, c’est le terme qui vient a l’esprit immédiatement dès que l’on écoute pour la toute première fois cet album : mais où donc ont-ils été cherché tout ça, comment ont-ils osés faire ça, qu’elle idée saugrenue leur est passée par la tête… et le pire, comme souvent avec les fous qui sont parfois des génies, c’est que non seulement ça marche mais en plus, c’est génial !
- Prétendre qu’on n’avait jamais entendu de telles chansons serait exagéré mais par moments, on n’en est pas loin tellement les membres du groupes poussent l’innovation et les bidouillages pour accoucher d’un résultat à la fois déstabilisant, osé, mais oh combien efficace.
- Bryan Ferry au chant, Brian Eno aux synthés et aux bidouillages, Andrew Mackay au saxo et la flute, Phil Manzanera aux guitares : ces quatre là semblent venir d’une autre planète (et je ne parle même pas de leur look) mais non seulement l’alchimie prend mais en plus, le résultat, alors, est une véritable bouffée d’air frais dans le paysage musical de l’époque.
- Entrées en matières planantes, accélération subite, longs passages instrumentaux, solo de tous les instruments avec, toujours en prime, la voix de Ferry qui devient un instrument a part entière… et pendant ce temps là, dans son coin, Eno bidouille l’ensemble. Mouais, ces types étaient fous !
- Si l’intégralité de l’album est excellent, la face A (je parle toujours en 33 tours) est tout simplement exceptionnelle !
- La pochette, culte bien entendu, annonce la marque de fabrique du groupe pour la suite.

Points Négatifs :
- Je ne dirais pas que ce disque accuse son âge, non, le problème c’est que si on le compare avec son successeur, For Your Pleasure, on s’aperçoit que la production, ici, n’est pas encore parfaitement au top et que le son sonne bizarrement par moments.
- La face A est tellement bonne que, du coup, l’autre apparaît un peu en retrait alors qu’il n’en est rien.   
- Quelque soit le genre, tout est une affaire de gouts, bien sur, mais dans un cas aussi extrême que Roxy Music, il est évidant que cela reste tout de même très spécial, surtout avec ce premier album particulièrement déjanté – les choses se calmeront légèrement avec le départ de Brian Eno – et qui n’est pas d’une écoute facile pour beaucoup. Bref, le genre de disque, de genre musical où soit on adore, soit on déteste, il ne peut y avoir de demi-mesure.

Ma note : 8,5/10

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