mardi 21 mars 2017

LE CYCLE D’ELRIC – ELRIC LE NÉCROMANCIEN


LE CYCLE D’ELRIC – ELRIC LE NÉCROMANCIEN

Le glorieux Empire de Melniboné s'est effondré sous l'assaut de Puissances surnaturelles. Ses fils se sont dispersés à la surface de la Terre et s'éteignent lentement, haïs et craints des hommes, perdant le souvenir de leur antique fortune. Elric, le prince des ruines, descendant des empereurs, est le dernier adorateur de leurs dieux grotesques et merveilleux aux temples à demi oubliés. L'Ordre lentement le cède au Chaos. Elric est l'héritier de secrets terribles qui désormais ne peuvent que retarder l'échéance et portent surtout malheur à celui qui les détient. Alors il vit d'expédients, d'orgies et d'aventures, pillard sans scrupules, tueur cynique et désabusé, hanté par le remords, l'humour et la mélancolie. Constamment il nargue la mort, en attendant qu'elle le rattrape.


Le Cycle d’Elric – Elric le nécromancien
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Dark Fantasy
Première Parution : 12 février 1977
Edition Française : 02 janvier 2006
Titre en vo : The Weird of the White Wolf
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Frank Straschitz, Michel Demuth
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 160

Mon avis : C’est avec Elric le Nécromancien, quatrième tome du cycle majeur de Michael Moorcock que l’on rentre véritablement dans le vif du sujet avec les premiers textes écrit par l’auteur de l’aventurier albinos et d’ailleurs, cela se ressent tout de suite : nouvelles plus courtes, un Elric légèrement différent, bien plus cruel par moments et insensible, mais un souffle épique toujours présent et qui laisse songeur. Alors bien sur, le lecteur moderne, blasé, pourra être dubitatif devant les états d’âmes du dernier héritier de l’antique Melniboné, après tout, depuis les années 60, on a eu l’occasion d’en voir défilé par semi remorques des antihéros ; cependant, imaginez un instant, à l’époque, ce que put représenter un personnage comme Elric, littéralement à contre courant de la production habituelle (qui oscillait entre Tolkien et Conan et ses clones) put représenter : tout simplement une révolution. Et les quatre nouvelles composants ce quatrième tome, même si tout n’est pas parfait et que, par moment, on tout cela accuse un peu son age, le démontre plutôt bien. La première, Le songe du Comte Aubec, est assez particulière puisque Elric n’y apparaît pas le moins du monde, son nom n’apparaissant d’ailleurs même pas. Alors, me direz vous, quel intérêt sa présence dans un tel ouvrage ? Pour commencer, le récit se déroule dans le passé, à l’époque de la jeunesse des Jeunes Royaumes, dont on apprend, à la fin, que leur création fut pour le moins particulière. Ensuite, les plus attentifs d’entre vous se rappellent probablement qu’avant de trouver Stormbringer, l’arme de notre albinos préféré était l’épée d’un certain… Aubec. Bref, sans être véritablement extraordinaire, cette nouvelle se relève pour le moins indispensable pour la compréhension globale de la saga, justifiant sa place dans le cycle. Avec La Cité qui rêve, c’est tout simplement à la mythologie Moorcockienne que l’on s’attaque ; en effet, dans ce (trop) court récit, tout ce qui fait, et fera la légende d’Elric est là : la chute de Melniboné, la mort de Cymoril par les mains de son amant, la fuite et la trahison d’Elric, dont les remords ne le quitteront plus. Nouvelle en elle-même excellente, son seul, mais important, défaut est que, comme Moorcock écrivit son cycle dans le désordre le plus total (pour ne pas dire le bordel intégral) y revenant par la suite parfois quelques décennies plus tard, le lecteur aura tout d’abord un peu de mal à reconnaître le mélancolique personnage des premiers tomes (comme dit plus haut), mais, et là c’est bien plus grave, les incohérences sont plus que nombreuses et dommageables pour l’ensemble de la saga. Car là, on est au-delà des boulettes : si Cymoril, dans La Cité qui rêve, est victime d’un sort de sommeil de son frère Yyrkoon, pourquoi diable Moorcock, dans Elric des Dragons, censé se déroulé bien avant mais écrit plus tard, réutilise le même procédé, tout en oubliant qu’Elric avait laissé le trône, ponctuellement certes, a son cousin ? Boulettes et répétitions inutiles… Vraiment dommage pour le coup… La troisième nouvelle, Tandis que rient les Dieux, est l’un des grands moments de ce quatrième tome. Tout d’abord, celui qui deviendra l’un des personnages les plus importants du cycle, Tristelune, le fidèle compagnon et ami du dernier prince de Melniboné y fait son apparition, et rien que pour cela, le récit se devait d’être souligné. Cependant, plus qu’une simple histoire servant de prétexte à l’entrée en scène du second rôle de la saga, Tandis que rient les Dieux est fort d’une intrigue vraiment captivante, où l’on retrouve tout le fatalisme du cycle et où Elric se lance en quête d’un livre, censé lui apporté toutes les réponses qu’il ne cesse de se poser sur le but de sa vie et sur les finalités, plus globales, du destin et des forces qui le contrôlent ou qui luttent depuis la nuit des temps sans parvenir à la victoire. Et alors, après être venu à bout de maintes épreuves, au moment où il croit que toutes ses questions trouveront finalement une réponse, le livre tombe en poussière dans ses mains, le plongeant dans le plus profond des désespoir… scène superbe, où tout le pathétisme et la futilité de l’espérance de connaissance des hommes est mise en avant. Vraiment excellant ! Pour finir, je dois reconnaître que La Citadelle qui chante, malgré une intrigue intéressante et qui se lit bien, doit bien plus à l’apparition de celui qui deviendra la nouvel némésis d’Elric, l’inquiétant et fourbe Theleb K'aarna, ainsi que celle de la Reine Yishana qu’à son histoire, sympathique mais loin d’être extraordinaire et qui permet surtout de faire le lien avec Le songe du Comte Aubec. Certes, elle à sa place dans la saga, mais on à déjà et l’on connaîtra bien mieux… Quoi qu’il en soit, Elric le Nécromancien marque un tournant incontestable dans la saga et c’est bel et bien dans ce quatrième tome que le lecteur rentrera de plein pied dans le cycle, suivant désormais les péripéties d’Elric et de son compagnon Tristelune dans maintes aventures où la lute de la Loi et du Chaos n’est jamais bien loin, et ce, jusqu’à leur sort funeste et inoubliable. Inoubliable comme certaines nouvelles qui composent ce roman et dont les seules faiblesses, malheureusement,  sont qu’elles sont trop courtes mais aussi aux nombreuses incohérences qui parsèment le récit et qui sont dues, à des parutions, comme vous le savez, dans le plus parfait désordre.


Points Positifs :
- Chronologiquement, c’est le véritable début du Cycle d’Elric puisque les nouvelles qui composent cet Elric le nécromancien sont les premières écrites par Moorcock et dans celles-ci, on a droit a un héros ambivalent, oh combien charismatique, et qui connait les plus grands drames de son existence : la mort de Cymoril et la destruction d’Imrryr, la Cité qui rêve…
- La Cité qui rêve et Tandis que rient les Dieux sont deux des meilleures nouvelles de l’intégralité du cycle, la première pour son coté dramatique qui fera de notre héros ce qu’il est, la seconde, pour l’apparition du compagnon d’Elric, le sympathique Tristelune, mais aussi pour ce fatalisme qui, jamais, ne quitte le dernier prince de Melniboné.
- Elric est tout de même l’une des figures les plus charismatiques de la Fantasy et c’est toujours un plaisir que de suivre ses aventures, surtout que le personnage est d’une complexité rare, surtout pour l’époque.
- Le songe du Comte Aubec s’avère indispensable pour la compréhension du monde où vit Elric.
- La Citadelle qui chante apparait en retrait vis-à-vis des autres nouvelles mais reste de qualité.

Points Négatifs :
- Quel dommage que toutes ces nouvelles soient beaucoup trop courtes. Il y avait pourtant tant a dire de plus et l’impression finale et que, malheureusement, on survole plus les événements qu’on ne les vit.
- Comme Moorcock a eu l’idée, au fil des ans – et jusqu’à ce jour – de revenir régulièrement a son personnage fétiche, nous avons droit, par la force des choses, a bon nombre d’incohérences vis-à-vis de romans écrits plus récemment mais dont les histoires sont censées s’être déroulées avant celles de Elric le nécromancien.

Ma note : 8/10

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