jeudi 30 mars 2017

LE CYCLE D’ELRIC – LA REVANCHE DE LA ROSE


LE CYCLE D’ELRIC – LA REVANCHE DE LA ROSE

Souvent Elric se retire à Tanelorn en se disant que pour une fois, c'est sûr, il va enfin pouvoir prendre un peu de repos, mais ça ne dure pas : très vite, il doit repartir dans des voyages sans trêve. Cette fois, il se dirige vers l'est à la recherche d'un globe où, semble-il, on peut voir toute la Terre future. Pourra-t-il y apprendre un peu de son propre avenir ? Ou bien sera-t-il éternellement condamné à éprouver sans cesse l'horreur de son passé ? Il faudrait qu'il retrouve l'âme de son père afin de pouvoir se détacher de son fantôme et d'échapper au malheur qui le poursuit. Dans cette quête lancinante, qui le conduit un peu partout dans le Multivers, il n'aura qu'une alliée : la Rose, seule survivante d'un peuple disparu, et qui n'a qu'une idée – se venger.


Le Cycle d’Elric – La revanche de la Rose
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Dark Fantasy
Première Parution : 01 octobre 1991
Edition Française : 27 février 2006
Titre en vo : The Revenge of the Rose
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Bénédicte Lombardo
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 288

Mon avis : Ne tournons pas autour du pot, cela serait perdre du temps : je dois reconnaître que ce sixième tome du Cycle d’Elric est celui qui, depuis le début de la saga, m’à le moins le plut. Avec une telle entrée en matière, il est évidant que le lecteur de cette critique pourra éventuellement être méfiant quant au contenu ou la valeur de cette Revanche de la Rose, ce qui pourrait être compréhensible, cependant, ceci n’est après tout qu’un avis personnel et puis, ce n’est pas parce que ce volume du Cycle d’Elric m’a moins enthousiasmé que les précédents qu’il n’est pas pourvu de qualités. D’ailleurs, celles-ci existent, mais pas au point, pour moi, d’en faire un Elric inoubliable. Écrit en 1991, La revanche de la Rose est l’un des ouvrages les plus tardif de la saga, et, comme pour La Forteresse de la Perle, les différences avec les autres volumes sont nombreuses, en commencent par le style d’écriture, bien plus étoffé et le genre : plus de nouvelles plus ou moins longues mais un véritable roman. Dans celui-ci, bien plus complexe que d’habitude donc, l’on retrouve le Prince albinos dans une aventure un peu spéciale, sans son compagnon Tristelune aux abonnés absent (officiellement séjournant à Tanelorn), errant dans divers mondes, parcourant allégrement les plans afin de retrouver l’âme de son père, que se disputent deux seigneurs du Chaos. Les diverses pérégrinations du dernier descendant de Melniboné le feront rencontrer bon nombre de personnages à la fois pittoresques et charismatiques, en particulier un ancien serviteur de la Balance Cosmique, désormais passé sous la coupe du Chaos, Gaynor le Damné, dans le rôle du « grand méchant » et accessoirement l’une des meilleurs réussites du livre (que l’on peut retrouver dans d’autres œuvres de Moorcock comme Corum ou Le pacte de Von Beck), ainsi que Wheldrake, le poète, a la fois attachant et agaçant, mais bien plus travaillé qu’une Rose ma fois bien fade et qui aurait mérité un autre traitement. Autour de ces personnages principaux s’ajoutent une foule d’autres protagonistes aussi variés qu’un crapaud amoureux, un loup-garou maudit ou la famille Phatt qui ont pour particularité de voyager entre les mondes. Bref, vous l’avez compris, La revanche de la Rose brille par son éclectisme et ce qui s’apparentait à la base à une simple chasse au trésor (dans le cas présent, l’âme de Sadric) va vite se transformer en quête initiatique, par delà les sphères, où le lecteur oscillera entre poèmes et théories sur le Multivers, au point que bien trop souvent, il en sera un peu voir complètement perdu. D’ailleurs, cette complexité est, à mon avis, l’un des points faibles du récit, ou du moins, un écueil sur lequel les plus motivés viendront s’échouer, malgré toute la meilleure des bonnes volontés. Disons que le problème n’est tant soit pas que la théorie Moorcockienne sur le Multivers soit trop complexe, mais plutôt que dans ce roman, on a droit aux divagations des multiples protagonistes quasiment toutes les pages, au point que cela en devient vite lassant. De même, je trouve exagéré le fait que certains d’entre eux se baladent allègrement entre les plans d’existence comme d’autres prennent le train : à la rigueur, que certains êtres exceptionnels en soient capable, pourquoi pas, mais dans La revanche de la Rose, on a la désagréable impression que n’importe quel quidam en est capable, ce qui nuit un peu à la crédibilité de l’œuvre. Mais bon, passons… Ce qui est tout de même dommage avec La revanche de la Rose, c’est que dans le fond, ce titre est très loin d’être mauvais et que, passer une première partie plutôt longuette où il ne se passe pas grand-chose, on rentre vite dans le vif du sujet et le final n’est pas si mauvais. Mais pour y parvenir, encore faut il s’accrocher, et se taper près de 150 pages pas franchement passionnantes (ou qui auraient put être écourtées) où Elric et Wheldrake se baladent, rencontrent la nation Tzigane (hein, quoi, dans le cycle d’Elric ?), bavardent pendant des heures et où l’intrigue n’avance qu’a pas d’escargot. Dommage car le pire c’est que les moments spectaculaires ne sont pas absents, en particulier la destruction de la caravane tzigane, quand à celle-ci, l’idée d’une nation de voyageurs, parcourant sans cesse la même route à travers le monde est une bonne trouvaille. Mais c’est incontestablement par la suite, lorsque Elric joint ses forces à Gaynor, qu’ils naviguent sur l’inquiétante Mer Lourde, ont à faire aux Seigneurs du Chaos puis, ensuite, lorsque survint l’affrontement final entre Elric et ses alliés contre les forces tout droit sorties d’un tableau de Bruegel et que le minutieux plan de la Rose est révélé que l’on se dit que tout n’était pas a jeter dans ce roman, loin de là, et que, effectivement, il y avait quelques bonnes idées. Mais bon, le manque de rythme évidant de la moitié de l’œuvre et un nombre parfois trop important de bavardages pas toujours utiles fait que La revanche de la Rose, qui aurait put être un roman pour le moins sympathique, ne pourra être considéré que comme une œuvre moyenne du cycle. Dommage car le titre méritait bien mieux et, accessoirement, nous aussi…


Points Positifs :
- Quelques bonnes idées dans ce roman comme la nation Tzigane, ce peuple qui fait le tour du monde depuis la nuit des temps, suivant sans arrêt la même route, sans s’arrêter. Mais aussi, les liens entre l’intrigue et les poèmes de Wheldrake (un personnage d’un autre ouvrage de Moorcock, Gloriana ou la Reine inassouvie), le triste destin du personnage Loup Garou, quelques théories sur le Multivers.
- Gaynor le Damné est un personnage plutôt réussi et force est de constater que cet ancien Champion de la Balance est charismatique en diable.
- Quelques passages méritent le détour comme la destruction de la nation Tzigane, la confrontation entre Elric et Gaynor face a Arioch, la révélation finale, quand on apprend que la Rose avait manipulé tout le monde pour parvenir a son but.

Points Négatifs :
- L’auteur a beaucoup trop tendance à partir dans des dialogues a n’en plus finir sur le Multivers, la poésie, les états d’âmes de certains personnages, et ce, en usant par moments d’un langage peu compréhensible. Du coup, non seulement cela casse le rythme de lecture mais, surtout, cela finit par lasser le lecteur qui se perd littéralement par moments a la lecture de certaines théories sur le sort du Multivers ou sur les agissements de certains protagonistes.
- Heureusement que ce roman s’appelle La revanche de la Rose car cette fameuse Rose, on ne peut pas dire qu’elle a été vraiment mise en avant, bien au contraire…
- Par moments, on se demande si le héros de cette histoire est Elric – qui n’a jamais été aussi transparent – ou Wheldrake !?
- Une conclusion écrit a la va-vite et qui enfonce le clou.

Ma note : 6/10

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