mercredi 28 septembre 2016

CRISIS ON INFINITE EARTHS


CRISIS ON INFINITE EARTHS

Sur Terre-3, le Syndicat du Crime aussi bien qu'Alexander Luthor doivent faire face à une menace sans précédent : un mur blanc d'antimatière s'approche à grande vitesse de leur monde et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Tous sont impuissants, y compris un homme étrange qui semble être apparu peu avant l'arrivée de la vague et qui disparaît juste avant la destruction de cette Terre. Il y a bien un survivant : Alex Luthor, le fils d'Alexander, propulsé par-delà la vague d'antimatière grâce au génie de son père. Pendant ce temps, dans un étrange vaisseau spatial, un être apparemment surpuissant et déterminé à sauver le multivers charge une jeune femme se nommant Harbinger de partir à la recherche de héros forts afin de les réunir et de combattre la menace venue d'un autre monde. Les héros réunis, l'être se dévoile : il s'agit du Monitor, un être venu de la nuit des temps. Il prévient les héros de la destruction prochaine de notre monde par une vague d'antimatière générée par sa Némésis, l'Anti-Monitor. Hélas, il est peut-être déjà trop tard car Paria, l'homme qui était apparu sur Terre-3, arrive sur Terre-1 et pour son plus grand désespoir, il sait que son apparition sonne le glas pour notre monde.


Crisis on Infinite Earths
Scénario : Marv Wolfman
Dessins : George Perez, Paul Ryan
Encrage : Bob Macleod, Tom Mccraw
Couleurs : Carl Gafford, Karl Kesel, Anthony Tollin, Tom Ziuko, Jerry Ordway
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Crisis on Infinite Earths
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : avril 1985 – mars 1986
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juillet 2016
Nombre de pages : 544

Liste des épisodes
Crisis on Infinite Earths 1-12
Crisis on Infinite Earths – The Untold Story

Mon avis : Plus de trente ans après sa sortie, j’ai enfin eu l’occasion de lire ce véritable monument du genre comics qu’est Crisis on Infinite Earths, un truc monumental considéré par beaucoup comme le plus grand event de tous les temps, rien que ça ! Il faut dire que le projet en lui-même, a la base, était on ne peut plus ambitieux puisque les pontes de DC, vers le milieu des années 80, soucieux de rendre cohérant leur univers – où, pour rappel, existaient moult versions de certains personnages, tout un tas de Terre parallèles et autres joyeusetés qui ne faisaient que compliquer les choses – décidèrent de, sous couvert d’un énorme event cataclysmique, remettre tout a plat pour que l’on arrive a la fin a une seule Terre, un seul Univers, un seul Superman, etc. La tache fut alors confier au duo Wolfman et Perez, le premier, scénariste de talent qui rêvait depuis des lustres d’inventer une histoire où tous les personnages de l’univers DC apparaitraient, le second, excellent dessinateur au style précis et reconnaissable entre mille et qui fut pour beaucoup pour la réussite du projet. Car bien entendu, le résultat, lui, est connu de tous et oui, en son temps, Crisis on Infinite Earths fut bel et bien le raz de marée attendu, et ce, sans discussions possible – il suffit de le comparer au très médiocre Secret Wars de Marvel paru sensiblement a la même époque et dont le scénario tenait sur un timbre poste pour s’en rendre compte ! Après, bien entendu, il faut tout de même reconnaitre que tout cela est bigrement compliquer a suivre par moments et que oui, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, il vous sera impossible de reconnaitre tous les protagonistes qui apparaissent au fil des pages – et ils sont nombreux vu que Marv Wolfman tenait absolument a que ce soit le cas – de plus, une fois passer, sensiblement, la moitié de l’event et les deux premiers affrontements contre l’Anti-Monitor, il y a comme un certain essoufflement et l’on ne peut s’empêcher de se dire que, quelque part, Crisis aurait peut-être gagner a être un poil plus court – que de temps perdu avec la révolte des vilains de DC… Mais bon, en dehors de cela, comment ne pas reconnaitre le coté grandiloquent de la chose, comment ne pas louer la cohérence scénaristique de l’ensemble ? Des héros meurent, des mondes disparaissent, il y a tout un tas de scènes cultes et un méchant, enfin, a la hauteur et qui représente une menace mortelle – ce qui, mine de rien, n’est pas toujours le cas – et ce, avant qu’a la fin, il n’y ait plus de Multivers et que, en quelque sorte, DC puisse repartir de bonnes bases bien plus saines et, surtout, moins complexes pour le néophyte… Alors certes, il faut lire ce Crisis on Infinite Earths en le remettant dans son contexte et se souvenir que cet event est paru en 1985, que les comics de l’époque étaient fort éloignés de ce qu’ils sont devenus, que oui, il y a énormément de dialogues, de bulles de pensées et que oui, mille fois oui, tout ce petit monde use et abuse d’un langage soutenu qui fera sourire les plus jeunes d’entre nous – et je ne parle pas de certains héros et vilains aux noms ou aux looks complètement ringards de nos jours, surtout que DC a toujours eu le don de nous en pondre des tas ! Tout cela fera que nombreux seront ceux qui n’accrocheront pas a Crisis on Infinite Earths, mais bon, je pense que chaque œuvre appartient a son époque et il ne faut pas oublier que ce qui nous parait excellent et moderne de nos jours apparaitra comme complètement dépassé et ringard dans dix ou vingt ans ; de plus, en toute franchise, pour une œuvre de 1985, je trouve que Crisis n’a pas si mal vieillit que cela, mais bon, ce n’est que mon avis… Quoi qu’il en soit, ne serais-ce que pour son importance dans l’univers de DC et des comics en général mais aussi par le simple fait que oui, il s’agit bel et bien du plus grand event de tous les temps – le Secret Wars moderne de Marvel ne lui arrive pas a la cheville – si vous êtes un amoureux de bande dessinée nord-américaine, alors, vous ne pouvez pas passer a coté de Crisis on Infinite Earths : il se peut que vous ne l’appréciez pas pour tout un tas de raisons, mais bon, certaines œuvres se doivent d’être lues, le reste, ce n’est qu’une affaire de gouts personnels…


Points Positifs :
- Grandiloquent, audacieux, terriblement inventif, spectaculaire, bourré de bonnes idées, de divers retournements de situations et de tout un tas de scènes cultes, Crisis on Infinite Earths, même s’il n’est pas parfait, est l’exemple même de ce que devrait être un event : un véritable événement qui fera parler de lui des décennies plus tard et pas les pétards mouillés que l’on se coltine depuis trop longtemps a mon gout…
- Scénaristiquement, Marv Wolfman nous livre quelque chose d’énorme où tout, ou presque, est savamment bien pensé et mis en scène.
- Les dessins de George Perez, bien sur. Je ne suis pourtant pas son plus grand fan, mais là, sincèrement, chapeau bas a ce dernier qui dessine l’intégralité des douze épisodes (dont certains sont doubles) avec un souci du détail que l’on ne peut qu’admirer.
- Tous les personnages de l’univers DC sont au rendez vous : certes, souvent, c’est un peu fouillis et la plupart seront de parfaits inconnus a vos yeux – a moins d’être un grand spécialiste de DC – mais bon, ce coté grandiloquent et exagéré n’est pas désagréable, bien au contraire.
- Jamais les héros de DC n’auront eu à faire a une telle menace et oui, l’Anti-Monitor est probablement l’un des vilains les plus puissants qu’il m’a été donné de découvrir dans un comics.
- Supergirl qui meurt en combattant l’Anti-Monitor, Flash qui passe l’arme à gauche lui aussi, pour ne citer que les deux victimes les plus importantes, car ce ne sont pas les seuls… Oui, il y a de la casse dans cet event, et ce, a une époque où les héros ne ressuscitaient pas tout les quatre matins.
- Monitor, Paria, Harbinger, Alex Luthor : ces nouveaux personnages jouent un rôle majeur dans l’intrigue et marquent plutôt les esprits.
- Le premier Superman bien sur, Kal-L : un des protagonistes majeurs de la saga et qui possède une classe incroyable ; accessoirement, il connait une belle fin…
- Accessoirement, le pari de DC de rendre cohérant son univers fut réussi.

Points Négatifs :
- Malheureusement, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, vous passerez a coté de tout un tas de références et la plupart des personnages seront pour vous (comme pour moi) de parfaits inconnus. Le prix a payer pour que tout le monde ait droit a son petit quart d’heure de gloire, certes, mais bon, du coup, ce n’est pas toujours facile a suivre… même si loue la volonté de Marv Wolfman d’avoir fait ce choix.
- Un certain essoufflement scénaristique une fois passé la moitié de l’event : il faut dire que l’on se serait bien passer de la trahison des vilains qui essaient de prendre le contrôle des planètes restantes alors que la menace de la fin du monde est toujours présente… Heureusement que la fin remonte le niveau.
- Il faut reconnaitre que malgré toutes ses qualités, Crisis on Infinite Earths accuse tout de même son age et que oui, bien des lecteurs modernes auront bien du mal avec cet event d’une autre époque : narration omniprésente, gentils très gentils et méchants très méchants, bulles de pensées, dialogues souvent soutenus… oui, une toute autre époque…

Ma note : 9/10

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