lundi 15 janvier 2018

NIKOPOL – LA TRILOGIE


NIKOPOL – LA TRILOGIE

2023. Paris est devenue une ville autonome sous le régime fasciste de Choublanc dans laquelle le centre est réservé aux riches soutiens du régime, la banlieue regroupant les laissés-pour-compte et les malades de la capitale. Nécessitant une importante quantité de carburant, une pyramide dirigée par les antiques dieux Egyptiens se tient en vol stationnaire au dessus de la capitale en attendant le résultat des négociations avec Choublanc qui demande l'immortalité en échange de son carburant, ce que les dieux refusent. Horus, qui a déserté le conseil divin après sa mise en minorité, s'empare du corps gelé d'Alcide Nikopol dont la capsule pénitentiaire cryogénique est revenue après près de trente ans de voyage dans l'espace; Nikopol avait été condamné pour désertion. Horus décide d'user de celui-ci pour s'emparer du pouvoir politique et mettre Anubis à sa merci. Il lui greffe une jambe d'acier pour remplacer celle qu'il a perdu et fusionne avec son corps pour passer inaperçu. Le duo pénètre dans le palais des sports pour remplacer un joueur de hockey soviétique pour un match amical et se faire connaître en humiliant l'équipe locale. Au terme de la rencontre, Horus prétends vouloir l'asile politique et Choublanc, qui a déjoué une tentative d'attentat, profite de l'occasion pour redorer son blason en vue des élections proches. Les dieux égyptiens, qui subodorent une ruse d'Horus, récupèrent le robot gardien de Nikopol qui s'est échoué sur la pyramide et décident de l'utiliser à leur profit.


Nikopol – La Trilogie
Scénario : Enki Bilal
Dessins : Enki Bilal
Couleurs : Enki Bilal
Couverture : Enki Bilal
Editeur : Casterman
Genre : Science-Fiction
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 22 novembre 2017
Nombre de pages : 192

Mon avis : J’avais profité d’une énième sortie d’une intégrale de l’œuvre culte d’Enki Bilal, je veux bien évidement parlé de Nikopol, pour, enfin, après tant d’années, me décider a lire celle-ci. La chose peut paraitre incroyable, certes, pourtant, c’est un fait, alors que le premier album de la trilogie, La Foire aux immortels, était sorti en 1980, il m’aura donc fallut patienter jusqu’à début 2018 pour m’attaquer a l’une des œuvres de SF française les plus célèbres. Mais bon, comme il est de coutume de le dire : mieux vaut tard que jamais, quoi que, sur ce coup, tard est un euphémisme… Mais bon, trêve de bavardages et allons droit au but, c’est-à-dire, qu’ais-je penser de cette fameuse trilogie Nikopol ? L’attente fut-elle à la hauteur de mes espérances ? Ais-je eu affaire a un pur chef d’œuvre ? Eh ben en fait, mes propos sont bien plus nuancés que cela… Mais je m’explique : le premier volet, La Foire aux immortels, est, de mon point de vu, le point d’orgue de la trilogie et peut-être qualifier, sans exagération aucune, de quasi-chef d’œuvre ou chef d’œuvre tout court ! Dans cet album, Enki Bilal, auteur oh combien talentueux et dessinateur qui l’est encore plus nous livre un univers extraordinaire – et je pèse mes mots – une dystopie où, dans un futur proche – encore plus vu que nous sommes en 2018 – et suite a une guerre nucléaire, Paris, devenu une ville autonome, est tenu en laisse par un régime fasciste, où des extraterrestres vont et viennent comme si de rien n’était et où, dans une pyramide survolant la mégalopole, des dieux égyptiens jouent au Monopoly. Dit comme cela, l’univers proposé par Bilal semble complètement barré mais le plus incroyable, c’est que cela fonctionne à merveille, surtout quand l’auteur nous sort un héros encore plus improbable, un ancien déserteur qui vient de passer trois décennies en cryogénisation, le fameux Alcide Nikopol qui deviendra rapidement l’hôte mortel d’Horus, un dieu en goguette… Un postulat de départ audacieux, donc, une intrigue qui fourmille de bonnes idées a chaque page et des personnages hauts en couleurs font donc de cette Foire aux immortels un incontournable du genre et une œuvre que tout amateur de SF se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie ! Cependant, si je suis dithyrambique a l’égard de ce premier volet de La Trilogie Nikopol, je le suis beaucoup moins pour ce qui est de ses suites, La Femme piège et Froid Équateur… Hein, quoi, comment me diront certains fans de l’œuvre culte de Bilal, mais c’est tout de même dans le second volet qu’apparait Jill Bioskop, oui, la sublime femme a la peau blanche et aux cheveux bleus qui est l’un des personnages phare de la saga. Oui, certes, j’en conviens et je reconnais que la belle possède des atouts et un charisme certain, de même, je reconnais volontiers que La Femme piège et Froid Équateur sont deux très bonnes bandes dessinées et, accessoirement, des suites acceptables. Cependant, car il y a un mais, vu l’excellence de La Foire aux immortels, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce premier volet, si proche de la perfection, est tellement supérieur a ses deux suites que, fatalement, au petit jeu des comparaisons, il n’y a pas photo selon moi. Alors certes, il faut relativiser les choses, reconnaitre que, dans l’ensemble, La Trilogie Nikopol est un monument de la SF, mais bon, quelque part, je ne peux m’empêcher de me dire que dans le cas présent, La Foire aux immortels se serait suffit a lui-même, n’en déplaise a la belle Jill…


Points Positifs :
- Une excellente intégrale – et a une somme modique, accessoirement – pour ce qui l’un des plus beaux fleurons de la SF française, un véritable monument de la BD que tout amateur se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie, rien que ça !
- Le premier volet, La Foire aux immortels, est un pur chef d’œuvre de la bande dessinée. Que ce soit par son univers, son ambiance, ses protagonistes ou son intrigue, tout est parfait, ou presque.
- A l’époque de la sortie de La Foire aux immortels, Enki Bilal n’était pas encore tomber dans la BD peinte et, franchement, quand je vois l’évolution qui suivit, je préfère les dessins de ce premier volume.
- La Femme piège et Froid Équateur restent deux très bonnes suites, il faut en convenir.
- Jill Bioskop, Horus, Alcide Nikopol et tous les autres ; on a tout de même affaire a une galerie de protagonistes hauts en couleurs.
- Quand on lit une œuvre comme La Trilogie Nikopol, on ne peut s’empêcher de se dire que beaucoup furent ceux qui s’inspirèrent de celle-ci, ce qui, bien entendu, veut tout dire…

Points Négatifs :
- J’ai tellement accroché a La Foire aux immortels que, curieusement, j’ai été moins emballé par ses deux suites : La Femme piège et Froid Équateur. Car si ces deux albums sont assez bons dans l’ensemble, il manque un petit je ne sais quoi qui en font des chefs d’œuvres, comme le premier tome.
- Un petit coté retro « SF à la papa » qui fait que certains des plus jeunes risquent de ne pas accrocher. Cela serait dommage mais bon…

Ma note : 8,5/10

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