jeudi 6 octobre 2016

DÉSOLATION


DÉSOLATION

Route 50, Nevada. Peter Jackson et sa femme Mary traversent le désert pour regagner New York. Soudain, Mary pousse un cri : là, sur un panneau de limitation de vitesse, quelqu'un a cloué un chat. Puis Peter aperçoit dans le rétroviseur une voiture de police, qui les dépasse et pile. Un immense flic en sort, les contraint à abandonner leur véhicule et les emmène à... Désolation, la ville la plus proche. Désolation ! Quel nom, même pour une cité minière ! Dès lors la vie de Peter et Mary tourne au cauchemar. Pourquoi ce policier que semble ronger un mal étrange les a-t-il arrêtés ? Et où sont passés les habitants de Désolation, où les coyotes et les busards semblent régner en maîtres ? Bientôt le couple se retrouve au poste de police, avec quelques citoyens honnêtes, prisonniers eux aussi. Et l'horreur se précise...


Désolation
Auteur : Stephen King
Type d'ouvrage : Horreur, Fantastique
Première Parution : 24 septembre 1996
Edition Française : 03 novembre 1998
Titre en vo : Desperation
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Dominique Peters
Editeur : J’ai Lu
Nombre de pages : 635

Mon avis : Avant d’entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, d’attaquer a proprement parler la critique de ce Désolation, énième roman du prolifique Stephen King, auteur décidément très présent sur ce blog depuis plus d’un an, je dois souligner que cette œuvre est un peu a part parmi toutes celles de l’auteur puisque, en fait, celle-ci est très fortement liée a un autre roman de ce dernier, Les Régulateurs ; en quelque sorte, Désolation est le jumeau des Régulateurs et vice-versa, les deux ouvrages possédant les mêmes personnages mais dans des rôles différents. Du coup, la lecture de l’un ne pouvait aller sans l’autre mais comme il fallait bien commencer par l’un des deux, c’est Désolation qui a la primeur de la chose et il sera toujours temps de revenir sur les points communs entre les deux œuvres lorsque viendra la critique des Régulateurs – bref, que je lise ce dernier. Ceci étant dit, quid, donc, de ce Désolation ? Eh ben ma foi, voilà donc un roman qui ne m’aura pas laissé indifférent mais dont j’ai eu le plus grand mal à me forger un avis totalement clair… Le pourquoi de la chose ? Tout simplement parce que si certains passages, si certaines idées, si l’intrigue en elle-même, bref, si tout cela est bon voir très bon par moments, il y a des passages et des raccourcis qui gâchent un peu l’ensemble. Pourtant, cette idée d’individus pris au piège par un shérif pour le moins inquiétant au fin fond d’un bled paumé au beau milieu de nulle part est franchement bonne, de même que ce qui se cache derrière ce fameux shérif, cette entité primordiale digne de Lovecraft ne pourra que ravir les amateurs du maitre de l’horreur ; ajoutons a cela un casting haut en couleurs de personnages différents et liés par le destin (dont une certaine jeune femme que l’on avait découvert dans Rose Madder) et auxquels on s’attache très rapidement, sans oublier, bien sur, le don inné de l’auteur pour nous captiver tout en nous faisant frissonner, force est de constater que ce Désolation avait décidément tout pour lui et que l’on n’était pas très loin du chef d’œuvre. Or, tout cela est gâché, certes pas au point que l’on puisse parler de déception, loin de là car ce roman reste plutôt bon, par l’omniprésence de la religion et plus particulièrement par les nombreux « miracles » qui parsèment l’intrigue. Certes, on peut parfaitement comprendre que Stephen King ai souhaiter accorder une place importante a la religion dans cette œuvre, qu’il ait voulu y montrer la force et la faiblesse de la foi, cependant, par moments, tout cela a un peu tendance a tomber dans une certaine exagération, ce qui, selon moi, est un peu dommageable. Bref, au final, si Désolation reste néanmoins et incontestablement un bon roman, ce n’est pas un chef d’œuvre ; dommage, sur ce coup, on n’en était franchement pas loin… mais bon, la limite peut être si facilement franchis dans un sens comme dans l’autre…


Points Positifs :
- Une fois que l’on comprend que quelque chose de pas naturel se cache derrière cet inquiétant shérif, l’intrigue atteint des sommets qualitatifs vraiment excellents. Il faut dire que King n’est jamais aussi bon que lorsqu’il place ses protagonistes face à des forces primordiales qui les dépassent.
- Au début, on est un peu dubitatif devant ces quelques personnages liés par le hasard, cependant, en apprenant a les connaitre et en les voyant agir entre eux, on s’y attache et au final, on ne peut que louer grandement Stephen King de nous avoir pondu un casting aussi bon – avec une petite mention, pour ma part, pour l’écrivain prétentieux, Johnny Marinville.
- Stephen King s’attarde longuement, comme a son habitude, sur la présentation de ses protagonistes, mais une fois la machine lancée, alors là, on est captiver jusqu’au final !
- L’entité primordiale responsable de ce qui est arrivée aux habitants de la ville de Désolation, les animaux qui sont sous son emprise, la vieille légende sur le sort des mineurs chinois, les statuettes maudites… oui, l’amateur d’horreur en aura pour son compte !

Points Négatifs :
- L’idée d’apporter une place centrale à la religion n’est pas mauvaise, d’ailleurs, il y a quelques bonnes choses comme ce questionnement qui revient régulièrement sur la cruauté de Dieu. Hélas, Stephen King rate un peu le coche de par l’utilisation qu’il en fait car si l’on pouvait accepter quelques petits miracles, par ci par la, a un moment donné, ces derniers deviennent trop nombreux et tiennent davantage du deux ex machina qu’autre chose.

Ma note : 8/10

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