samedi 21 mai 2016

THE AUTUMNLANDS – DE GRIFFES ET DE CROCS


THE AUTUMNLANDS – DE GRIFFES ET DE CROCS

Dunstan, un jeune chiot vit dans la cité aérienne de Keneil, l’une des dix-sept cités flottant au-dessus des plaines. Son père commence à l’initier aux tractations commerciales avec les Moindres, les buffles des tribus des plaines. Les Moindres sont les serviteurs des habitants des cités aériennes et sont traités comme des inférieurs ce qui choque le jeune Dunstan qui ne comprend pas pourquoi son père traite si mal ces créatures. Si les élites des cités peuvent asservir les plaines, c’est grâce à la magie dont elles détiennent les secrets. Cependant, au fil des siècles, la magie devient moins puissante et s’épuise, mettant en péril l’équilibre des forces. Pour tenter de résoudre ce problème, les plus grands magiciens des cités se réunissent au sein d’un grand colloque. Alors que les discussions s’enlisent, Gharta, une magicienne phacochère bouscule l’assemblée en proposant d’invoquer le Grand Champion, un personnage mythique, à l’origine de la présence de la magie dans les cités. La proposition de Gharta soulève des passions contraires. Va-t-elle emporter l’assentiment de l’assemblée ?


The Autumnlands – De griffes et de crocs
Scénario : Kurt Busiek
Dessins : Benjamin Dewey
Encrage : Benjamin Dewey
Couleurs : Jordie Bellaire
Couverture : Benjamin Dewey
Genre : Heroic-Fantasy
Editeur : Image Comics
Titre en vo : The Autumnlands – Tooth and Claw
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 8 juillet 2015
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 06 mai 2016
Nombre de pages : 208

Liste des épisodes
The Autumnlands 1-6

Mon avis : Pour tous ceux et celles qui penseraient que les américains ne savent dessiner que des œuvres de types costumés de manière criarde et qui se cognent dessus sans arrêt, il suffirait de jeter un œil plus attentif aux productions de ces dernières années pour découvrir que dans le monde des comics, pas si petit que cela, si les récits de super-héros sont encore majoritaires, c’est de moins en moins le cas, surtout que la qualité, elle, est a rechercher hors les deux géants que sont Marvel et DC, chez les indépendants, bien sur, et particulièrement chez Image où les auteurs ont les coudées franches pour nous pondre des œuvres personnelles et originales. Ainsi, prenez donc ce premier volume de The Autumnlands, œuvre de Fantasy de ce vétéran des comics qu’est Kurt Busiek, individu, ma foi, qu’il est inutile de présenter et qui nous livre ici un véritable petit bijou qui mérite amplement le détour. En effet, loin des canons super-héroiques traditionnels, Busiek, aidé en cela par le jeune dessinateur Benjamin Dewey qui fait preuve dans cet album d’un talent certain, nous entraine dans un monde de Fantasy où ses habitants sont des animaux anthropomorphes ; chiens, bisons, chouettes, etc. A priori, rien de bien original en soit puisque ce n’est pas une première et que les plus cyniques pourraient conclure un peu trop rapidement qu’en dehors du remplacement des humains par des animaux, on restera en terrain familier. Or, comme souvent, les choses sont un peu plus compliquées que cela et en fait, sous un habillage a priori conventionnel – mais certes fort agréable aux yeux, comme je l’ai dit, Benjamin Dewey est bougrement doué – le synopsis de The Autumnlands est plus profond et plus complexe qu’on pourrait le penser de prime abord… Ainsi, Busiek, en vieux vétéran qu’il est, nous livre une société où priment les inégalités sociales : inégalités entre ceux qui vivent dans les cieux et prétendus aimés des dieux tandis que les autres, les terrestres, sont méprisés par les premiers et considérés comme de vulgaires barbares – inégalités qui, bien entendu, causeront bien des déboires aux plus aisés lorsque surviendra un certain événement. Mais ces différences de classes, qui se font sentir également du coté des célestes où, suivant sa fonction ou sa race, on sent bien que tout le monde n’est pas forcément égal, n’est pas l’unique propos de ce comics : ainsi, Busiek met en avant l’un des mythes traditionnels les plus anciens qui soient, c’est-à-dire, celui du messie, du sauveur, de l’homme providentiel – accessoirement, c’est bel et bien un homme – et tourne la chose de manière fort judicieuse au point même de se permettre une certaine dose d’humour, l’incompréhension naissant rapidement entre le prétendu messie et ceux qui le vénèrent. Ajoutons a cela tout un tas de sentiments plus ou moins nobles ou détestables suivant les protagonistes, une intrigue rapidement captivante et, histoire de rester dans les poncifs traditionnels du genre, la présence d’un jeune naïf et idéaliste qui devra, par la force des choses, s’endurcir et vous obtiendrez au final une série qui, ma foi, démarre fort bien et promet énormément – surtout qu’au vu de tout les événements survenus dans ce premier volume, tout un tas de pistes narratives restent a explorer. Bref, des débuts qui demandent confirmation, certes, mais qui, ma foi, se sont être avérés, pour ma part, comme étant une fort bonne surprise de ce printemps… Une affaire à suivre donc…


Points Positifs :
- Bien plus profond qu’on pourrait le penser de prime abord, ce premier volume de The Autumnlands est plutôt prometteur : Busiek nous livre un univers accrocheur, des personnages attachants, une société loin d’être idéale et, surtout, un scénario plutôt réussi, surtout qu’au vu de ces six premiers épisodes, il y a de quoi faire par la suite.
- Les dessins de Benjamin Dewey, bien entendu, et qui sont pour beaucoup pour la réussite de cette série. Il faut dire qu’il dessine fort bien tous ces animaux anthropomorphes et que certaines cases sont un régal.
- Les amateurs d’anthropomorphismes seront bien évidement aux anges.
- La colorisation de Jordie Bellaire.
- Mine de rien, voilà un sacré album  avec plus de deux cent pages ! Urban Comics ne s’est pas moqué de nous sur ce coup là !

Points Négatifs :
- On pourra trouver que certains protagonistes sont un peu trop stéréotypés : le jeune héros naïf et idéaliste, le magicien orgueilleux et prêt à tout pour réussir, la marchande fourbe, le héros invincible et débrouillard, etc.
- Je ne suis pas un grand fan de cette couverture…

Ma note : 8/10

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