lundi 15 mai 2017

MOMMY


MOMMY

Au Canada, une nouvelle loi (la loi S 14) autorise les parents d'enfants très difficiles à confier ceux-ci à une institution d’État de type hôpital psychiatrique pour mineurs. Dans ce contexte, Diane, veuve d'une quarantaine d'années habitant la banlieue de Montréal, récupère la garde de son fils Steve, un adolescent souffrant d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité, du fait de son expulsion pour comportement irresponsable et dangereux du centre de rééducation dans lequel il avait été placé peu de temps après la mort de son père. La mère et le fils forment un duo explosif – entre amour, violence, tendresse et insultes – que va venir compléter leur voisine Kyla, professeur dans le secondaire en « congé sabbatique » à la suite d'un drame dont elle garde un bégaiement séquellaire handicapant. Tous les trois trouvent alors une forme d'équilibre précaire (Kyla donnant des cours de rattrapage à Steve, tandis que Diane effectue des ménages pour assurer la survie financière de la maisonnée) et même un certain bonheur. Jusqu'au jour où un huissier de justice délivre à la mère de l'enfant une très mauvaise nouvelle. Après, tout déraille...


Mommy
Réalisation : Xavier Dolan
Scénario : Xavier Dolan
Musique : Noia
Production : Metafilms
Genre : Drame
Titre en vo : Mommy
Pays d'origine : Canada
Langue d'origine : français, joual
Date de sortie : 19 septembre 2014
Durée : 134 mn

Casting :
Anne Dorval : Diane « Die » Després
Antoine Olivier Pilon : Steve O'Connor Després
Suzanne Clément : Kyla
Alexandre Goyette : Patrick, le mari de Kyla
Patrick Huard : Paul Béliveau
Viviane Pacal : Marthe
Nathalie Hamel : Natacha
Michèle Lituac : la directrice du centre de rééducation
Pierre-Yves Cardinal : un garde de l'hôpital psychiatrique
Steven Chevrin : Steve dans le rêve de Diane
Sabrina Bisson : la DJ du karaoké
Isabelle Nélisse : la fille de Kyla
Ted Pluviose : le chauffeur du taxi

Mon avis : De Xavier Dolan, jusqu’à hier soir, donc, je n’avais vu que Juste la fin du monde, en mars dernier, et, pour la petite histoire, je n’avais absolument pas accroché a ce film, y trouvant beaucoup trop de défauts pour que je comprenne un certain engouement vis-à-vis des critiques a son égard. Cependant, malgré cette première expérience pas concluante pour un sou, je n’avais pas jeté totalement l’éponge au sieur du sieur Dolan, ne serais-ce que pour voir si tout le bien – et le mal car l’individu divise fortement – que certains disent de lui depuis des années était justifié, d’où, finalement, cette envie de voir ce Mommy, long métrage dont j’avais entendu moult louanges. Et là, alors que je n’attendais absolument pas monts et merveilles de ce film, ce fut le choc, l’énorme surprise, totalement inattendue car oui, mille fois oui, Mommy est un bon, que dis-je, un excellent film ! Déjà, ne serais-ce que pour son esthétisme, et en disant cela, je ne parle pas uniquement du format où seul 50% de l’image est montrée a l’écran ; non, ce format, déstabilisant au départ est qui renforce le sentiment d’oppression n’est qu’un élément de cet esthétisme particulier qui ne laisse pas le spectateur indifférent, que ce soit par ces plans rapprochés des protagonistes, le choix des couleurs, des lumières, des angles de vue, qui sont, indéniablement, de pures merveilles pour les yeux. Et puis, bien sur, il y a cette histoire, oh combien tragique, digne d’Œdipe avec cet adolescent qui voue un culte amoureux a sa mère, cet adolescent décidément pas comme les autres, quasiment ingérable mais si attachant par moments. Mais n’oublions pas ces femmes, la mère, bien sur, courageuse et prête a tout pour son fils, la voisine, blessée par la vie et qui se sent presque investie d’une mission dans l’aide qu’elle accorde à ce couple si particulier… Oui, ces femmes qui, comme souvent, sont au cœur des films de Xavier Dolan et qui, dans ce Mommy, sont tout simplement magnifiées. Magnifiées ?! Comme ce film, incontestablement une ode a l’amour filial, terriblement cru dans ce qu’il nous montre mais qui, fort heureusement, ne tombe jamais dans le misérabilisme – pourtant, cela aurait été facile. Alors, pour ma part, si je n’avais pas aimé Juste la fin du monde, j’ai bien fait retenter l’expérience Xavier Dolan car bon, mine de rien, après coup, il apparait que ce Mommy est l’un des meilleurs films qu’il m’ait été donné de voir depuis le début de cette année, rien que ça !


Points Positifs :
- Une histoire a priori banale et qui, par le talent de Dolan, s’en retrouve magnifiée comme une fantastique ode a l’amour maternel et filial. Il faut dire que l’on s’attache très rapidement aux trois protagonistes – la mère, le fils et la voisine – et que chacun d’entre eux, avec ses forces et ses faiblesses, crève l’écran.
- L’esthétisme du film, que ce soit pour le format de celui – un petit carré au milieu de l’écran – oh combien oppressant, mais aussi pour les plans audacieux, le choix des angles de vues, les couleurs, etc.
- Magistrale interprétation des acteurs, principalement pour ce qui est d’Antoine Olivier Pilon, en adolescent violent et quasiment ingérable, mais aussi Anne Dorval, formidable dans ce rôle de mère un peu beauf et vulgaire mais tellement attachante et forte.
- Un film dur, cru mais qui ne tombe jamais dans le misérabilisme.
- Ce québécois à couper le couteau et qui nécessite des sous-titres, c’est un vrai régal !
- La scène où la mère imagine cet avenir que son fils ne lui donnera jamais ; d’une tristesse infinie lorsque l’on est parent…
- Une fin ouverte où chacun aura sa propre signification – pour ma part, elle est pessimiste.

Points Négatifs :
- Même si le film n’est pas court – plus de deux heures – je regrette que deux ou trois scènes n’aient pas été davantage développées ; par exemple, celle après la tentative de suicide du jeune homme. De même, le personnage du mari de la voisine est a peine aperçu.

Ma note : 8,5/10

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