lundi 20 février 2017

LE LABYRINTHE DE PAN


LE LABYRINTHE DE PAN

En 1944, la guerre d'Espagne est achevée depuis 5 ans, et l'Espagne est désormais sous la coupe de Franco. Les maquisards se terrent dans les montagnes. La jeune Ofelia, une enfant rêveuse aimant les contes de fées, voyage avec sa mère Carmen, enceinte et de constitution fragile. Celle-ci est partie rejoindre son nouveau mari, le tyrannique et sanguinaire capitaine Vidal de l'armée franquiste, qui a pour tâche d'éliminer la résistance des maquisards dans la région. La nuit de son arrivée, Ofelia est guidée par un étrange insecte qu'elle prend pour une fée, et découvre au cœur d'un antique labyrinthe voisin de sa nouvelle maison un faune inquiétant. Il lui révèle qu'elle serait la réincarnation de la princesse Moanna, du monde souterrain et égarée sur la Terre. Pour en être certaine et afin de retrouver ses vrais parents, Ofelia doit réussir trois épreuves.


Le Labyrinthe de Pan
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro
Musique : Javier Navarrete
Production : Estudios Picasso, Tequila Gang, Esperanto Filmoj
Genre : Fantastique
Titre en vo : El laberinto del fauno
Pays d'origine : Espagne, Mexique
Langue d'origine : espagnol
Date de sortie : 11 octobre 2006
Durée : 118 mn

Casting :
Ivana Baquero : Ofelia
Doug Jones : le faune / l'homme pâle
Sergi López : le capitaine Vidal
Maribel Verdú : Mercedes
Ariadna Gil : Carmen
Álex Angulo : le docteur Ferreiro
Roger Casamajor : Pedro

Mon avis : Ce n’e pas la première fois que je regardais Le Labyrinthe de Pan, mais le plaisir, près de dix ans après l’avoir découvert à l’écran, n’a pas changer d’un iota, bien au contraire. Ce fut donc avec un certain enthousiasme que je me lançais donc dans ce fort beau film, de Guillermo del Toro, emprunt d’un onirisme enchanteur dans un univers mêlant à la fois le fantastique, le conte de fées, a la réalité la plus brutale, la fin de la guerre civile espagnole. Il est assez rare que des genres aussi différents que le merveilleux et la guerre soient mélangés dans des films, mais force est de constater que ceux-ci fonctionnent à merveille dans cette œuvre qui ravira plus les amateurs de contes de fées que de guerre, cela est incontestable. En effet, l’élément militaire n’est là qu’en toile de font de l’intrigue, celle-ci se déroulant quelques années après la guerre civile espagnole, après la victoire des troupes franquistes alors que de rares poches de résistance républicaines poursuivent vainement le combat. C’est donc dans ce contexte de guerre, de brutalité et de mort que la jeune Ofelia, héroïne de l’histoire, se retrouve après avoir, en compagnie de sa mère enceinte, rejoint son beau père, le cruel commandant du camp, le terrible Capitaine Vidal (magnifiquement interprété par un Sergi López bigrement inspiré et diabolique à souhait, que l’on aime détester dans ce film). Et alors, la jeune fille va sans cesse osciller entre ce réel, si dur et cruel, et ce merveilleux, a la fois enchanteur et inquiétant mais à la violence bien codifiée (l’ogre, sublime, le crapaud géant) dont on ne sait, tout au long de l’histoire si celui-ci doit être pris pour argent comptant ou si, tout ceci n’est issu que de l’imagination de la jeune adolescente qui trouve ainsi, telle une Alice, un moyen d’échapper a sa triste réalité. Et c’est justement là que réside l’une des grandes forces du film, ce vas et vient constant entre deux mondes très différents et ou seul Ofelia semble aller, de l’un à l’autre, au point que le spectateur ne peut que se dire que, forcement, tout ceci n’est que le résultat d’un imaginaire particulièrement développé. D’ailleurs, personnellement, c’est bien ce que je pense, ou, du moins, ainsi que je vois cette œuvre avec néanmoins un petit bémol, un petit doute que je ne peut m’empêcher d’avoir vers la toute fin, lorsque la jeune fille s’évade. N’y aurait il pas une part de réel dans tout ceci ? Et donc, si l’intrigue est incontestablement une belle réussite, si les acteurs sont tous excellents, n’oublions pas la bande son et le visuel, donnant à l’ensemble un coté enchanteur et oppressant à la fois. A la réalité de la guerre répond un univers certes de contes de fées, mais pas le genre auquel l’on s’est habitué, celui de Disney, si fade et sans grand intérêt. Non, l’univers du Labyrinthe de Pan renvoie aux contes d’antant, de ceux qui plaisaient aux enfants tout simplement parce qu’ils étaient effrayants. Et incontestablement, effrayant, le film de Guillermo del Toro l’est, ne serais ce que par une violence parfois très crue et non cachée, mais aussi et surtout grâce a ce décor inquiétant, oppressant, sombre et ces personnages qui ne le sont pas moins, comme le Pan du titre, ce faune a la fois attirant et repoussant (ne sent-il pas la terre, la chèvre, comme le dit Ofelia, mais n’est il pas, dans le fond, bien plus « humain » qu’un Vidal ?). Et cette bande son, qui tout au long du long métrage, nous accompagne, véritable ode aux films du genre… Bref, difficile de trouver des défauts à un film à priori sans grande prétention, mais qui, indéniablement, ne pourra que plaire aux amateurs du genre et qui est une belle réussite. Certes, les gros bourrins et les amateurs d’hémoglobine et d’action passeront leur chemin, ne trouvant aucun intérêt a ce soit disant conte pour enfants mais cela n’est pas important, après tout, Le Labyrinthe de Pan n’est pas pour eux, ce qui n’est pas plus mal. Quand au conte de fée, oui, mais pour grands enfants…


Points Positifs :
- Un excellent conte de fées comme on n’en fait plus trop de nos jours. Mélangeant habilement le fantastique et le réel, Le Labyrinthe de Pan est une œuvre rare et qui nous entraine dans un univers à la fois enchanteur et inquiétant.
- Si le faune du film et les autres créatures sont effrayantes, force est de constater que le véritable monstre de cette œuvre est le capitaine Vidal, un sadique qui nous prouve que, souvent, le monde réel est bien le plus cruel.
- Guillermo del Toro réussi à nous faire douter, jusqu’à la toute dernière scène du film, sur la réalité supposée de ce monde imaginaire, ce qui, ma foi, est un beau tour de force. A chacun de se faire son opinion…
- Des décors réussis et qui sont pour beaucoup pour la réussite de ce film. Il en va de même pour la bande originale qui apporte tant a cette ambiance a la fois enchanteresse et oppressante.
- Coté acteurs, il n’y a rien à redire et les rôles principaux sont bons voir très bons. Petite mention pour Sergi López dans le rôle du capitaine Vidal.
- Il est super l’Homme Pâle !

Points Négatifs :
- Peut-être que le coté politique du film prend un peu trop le pas sur l’intrigue par moments. D’ailleurs, sur ce point, Le Labyrinthe de Pan est un film bien plus politisé qu’on pourrait le penser de prime abord.
- Dommage que la partie fantastique ne soit pas un poil plus dévellopée…

Ma note : 8/10

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