mardi 28 juillet 2015

LES SEPT SAMOURAÏS


LES SEPT SAMOURAÏS

En 1586, à l'époque Sengoku, dans un Japon médiéval ravagé par des guerres civiles, les paysans sont fréquemment opprimés par des guerriers qui les rançonnent. Une troupe de bandits à cheval s'apprête à attaquer un village mais décide de reporter l'attaque en attendant la prochaine récolte. Un des paysans, Yohei, a surpris la discussion et court aussitôt avertir les autres villageois. Ces derniers sont effondrés, à l'exception de Rikichi, qui essaie de trouver une solution. Ils finissent par consulter Gisaku, l'Ancien du village, qui, à la surprise de tous, rejoint l'avis de Rikichi et conseille d'engager des samouraïs pour défendre le village. Quatre villageois partent donc dans le bourg le plus proche pour recruter des samouraïs. Ils logent avec des ouvriers saisonniers. La tâche s'annonce délicate : le premier qu'ils abordent, offusqué par leur demande, refuse violemment, invoquant une question d'honneur. Dix jours passent et le découragement gagne les paysans qui finissent par se disputer. Ils sont alors témoins d'un évènement qui provoque un attroupement : un vieux samouraï, Kanbei, a accepté de sauver un enfant qu'un voleur retient en otage dans une grange. Il se déguise en bonze afin de déjouer la méfiance du bandit, qu'il tue. Alors que les paysans suivent Kanbei, bien décidés à l'aborder, ils sont devancés par deux samouraïs ayant assisté à la scène : Katsushiro, le plus jeune, implore respectueusement Kanbei de le prendre comme disciple, mais celui-ci, annonçant qu'il est un rōnin, cherche à l'en dissuader ; Kikuchiyo, l'autre guerrier, s'approche ensuite mais ses manières rustres et son allure de fanfaron déplaisent au vieux samouraï qui s'éloigne avec Katsushiro. Les paysans parviennent toutefois à aborder Kanbei mais celui-ci est perplexe : il estime qu'au moins sept samouraïs seront nécessaires pour défendre le village, alors que Gisaku n'avait demandé de n'en engager que quatre. Kanbei semble sur le point de refuser, évoquant à la fois sa lassitude des combats et la difficulté de recruter autant de bons samouraïs contre des repas pour unique récompense, mais l'intervention d'un ouvrier lui fait alors prendre conscience du sacrifice consenti par les paysans : ceux-ci offrent du riz aux samouraïs alors qu'eux-mêmes ne se nourrissent que de millet. Kanbei accepte ainsi de les aider.


Les Sept Samouraïs
Réalisation : Akira Kurosawa
Scénario : Akira Kurosawa, Shinobu Hashimoto et Hideo Oguni
Musique : Fumio Hayasaka (orchestration : Masaru Satō)
Production : Tōhō
Genre : chanbara, jidai-geki, action, drame et aventure
Titre en vo : Shichinin no samurai
Pays d'origine : Japon
Langue d'origine : japonais
Date de sortie : 26 avril 1954
Durée : 207 mn

Casting :
Takashi Shimura : Kanbei Shimada, le sensei
Toshirō Mifune : Kikuchiyo, le « faux » rōnin
Yoshio Inaba : Gorobei Katayama
Seiji Miyaguchi : Kyuzō
Minoru Chiaki : Heihachi Hayashida
Daisuke Katō : Shichiroji
Isao Kimura : Katsushiro Okamoto
Yoshio Tsuchiya : Rikichi
Yukiko Shimazaki : la femme de Rikichi
Keiko Tsushima : Shino
Kamatari Fujiwara : Manzo
Yoshio Kosugi : Mosuke
Bokuzen Hidari : Yohei
Kokuten Kōdō : Gisaku, le vieil homme
Jirō Kumagai : le fils de Gisaku
Haruko Toyama : la belle-fille de Gisaku
Junpei Natsuki : un paysan
Toku Ihara : un paysan
Noriko Honma : une paysanne
Jun Tatara : un ouvrier
Chisao Sakai : un ouvrier
Takeshi Seki : un ouvrier
Atsushi Watanabe : le vendeur de manjū
Sōjin Kamiyama : le prêtre aveugle, joueur de biwa
Noriko Sengoku : la fille du riche fermier
Yasuhisa Tsutsumi : un paysan devant la ferme
Isao Yamagata : le puissant rōnin
Gen Shimizu : le samouraï qui repousse violemment la demande du paysan
Tatsuya Nakadai : un rōnin marchant dans le bourg
Ken Utsui : un rōnin marchant dans le bourg
Eijirō Tōno : le bandit kidnappeur
Toranosuke Ogawa : le grand-père de l'enfant kidnappé
Hiroshi Sugi : l'aubergiste
Shinpei Takagi : le chef des brigands
Toshio Takahara : le brigand au fusil
Masanobu Ōkubo : le brigand du toit
Kichijirō Ueda : le premier espion
Senkichi Ōmura : le brigand qui s'enfuit
Shin Ōtomo : le second du chef

Mon avis : Il m’aura fallut du temps, énormément de temps (plus de sept ans et demi) pour vous parler de ce véritable monument du septième art qu’est Les Sept Samouraïs, sans nul doute l’un des plus grands films de tous les temps, mais bon, comme il est de coutume de le dire : mieux vaut tard que jamais, et, quelque part, c’est avec une immense fierté que je vais enfin consacrer un billet a ce qui est tout bonnement mon film préféré, tous genres confondus. Bon, d’entrée de jeu, la problématique qui se pose avec un tel chef d’œuvre, c’est que, depuis sa sortie, il y a de cela plus de six décennies, tout a été dit ou presque sur ce film : critiques élogieuses, nombreux hommages, œuvres inspirées comme, bien entendu, la plus réussie, Les Sept Mercenaires. Du coup, que puis-je ajouter de plus, que pourrais-je trouver de nouveau, chose, sincèrement, complètement impossible ?! Ma foi, a part vous dire a quel point ce long métrage m’a marquer, a quel point il fait partie des rares films que je peux voir et revoir sans ressentir le moindre sentiment de lassitude (quoi que sur ce coup, cela faisait un bail) mais aussi, a quel point je trouve que tout est parfait de la première a la dernière minute, je ne vois pas ce que je pourrais vous dire d’autre… et encore, la aussi, ce ne serait même pas une nouveauté, tout cela ayant été dit depuis longtemps par des critiques professionnels ayant bien plus de talent que moi. Car la chose est dite : devant un tel chef d’œuvre, devant un tel monument du cinéma nippon et mondial tout court, je ne saurait rendre justice a ses intrinsèques qualités… je ne suis pas suffisamment doué pour cela. Mais bon, affirmer qu’avec Les Sept Samouraïs, Akira Kurosawa a réaliser le film parfait, que malgré les plus de trois heures que dure celui-ci, on ne s’ennui pas une seule seconde et que tout, absolument toutes les scènes, tous les dialogues sont indispensables, que l’histoire, bien entendu, est bien plus profonde qu’on ne pourrait le penser et que, forcément, tout cela n’est pas qu’un simple affrontement entre samouraïs d’un coté et bandits de l’autre, non, comme il est dit a la fin, les véritables vainqueurs, se sont les paysans… Et puis, les acteurs, ah oui, les acteurs… Toshirō Mifune bien sur, l’acteur fétiche de Kurosawa et qui joue un faux samouraï au grand cœur et qui crève l’écran a chaque apparition, mais aussi l’extraordinaire Takashi Shimura, le héros de ce film, le chef des samouraïs, plus âgé et sage que ses comparses… Mais bon, pour ce qui est des acteurs, que dire, tous mériteraient d’être mis en avant, et ce, qu’ils jouent des samouraïs ou des paysans. Bref, vous l’avez compris, avec Les Sept Samouraïs, nous touchons là a ce que l’on appelle communément un chef d’œuvre, quelque chose de grandiose, d’énorme et d’intemporel tout simplement parfait de bout en bout. Alors bien sur, comme j’adore, que dis-je, comme je vénère ce film, probablement ne suis-je pas objectif, mais qu’importe, sur ce coup, je ne pense pas me tromper et si, forcément, suivant les gouts personnels de chacun, certains auront des préférences pour d’autres longs métrages, ce qui est sur, c’est qu’au panthéon du septième art, Les Sept Samouraïs se trouve au sommet, et cela, personne ne m’enlèvera cette idée qui est d’ailleurs plus qu’une idée, une évidence !


Points Positifs :
- Un chef d’œuvre, tout simplement, et là, tout est dit ou presque. Rares sont les films qui peuvent se targuer d’appartenir a cette caste réservée de monuments du septième art mais il est incontestable que Les Sept Samouraïs en fait partie.
- Tout est parfait de la première a la dernière minute du film : que ce soit l’intrigue, la thématique générale qui met en avant l’interaction entre les différentes classes de la population et la quasi-impossibilité d’en changer, les personnages, tous plus charismatiques les uns que les autres, la mise en scène de Kurosawa tout simplement parfaite, certaines scènes devenues cultes, la musique, bref, comme je vous le disais, tout, absolument tout !
- Les Sept Samouraïs dure plus de trois heures et on ne s’ennui pas une seule seconde ; c’est suffisamment rare pour ne pas le signaler.
- Ah, Toshirō Mifune, comment ne pas reconnaitre que celui-ci brille de mille feux dans ce film ? Fils de paysan devenu un vrai-faux samouraï, bourru, vantard, fantasque, cherchant la reconnaissance, il n’en possède pas moins un cœur d’or. Une grande performance d’acteur.
- Takashi Shimura dans son rôle de samouraï âgé et plus sage que ses compagnons en jette pas mal également. Et puis, la scène où il apparait et où il se déguise en moine pour sauver un enfant est un modèle du genre.
- Il a quand même la classe le personnage de Kyuzō : expert du sabre, charismatique au possible, c’est le samouraï par excellence et sa mort, tué d’une balle par traitrise, sans qu’il puisse combattre, est tellement navrante au vu de son immense talent qu’elle en est devenue culte.
- Les scènes de morts sont superbes : que ce soit de simples quidams ou des personnages importants, nous sommes aux antipodes du cinéma hollywoodien où les héros mettent trois plombes à mourir tout en tapant la discute : ici, un coup de sabre, une balle et c’est fini ! Bref, c’est crédible !
- Ne croyez pas que les paysans n’ont pas un grand rôle à jouer, bien au contraire ; ceux-ci sont les véritables vainqueurs de l’histoire, comme il est dit a la fin.
- On a même droit à une petite histoire d’amour qui, bien entendu, finira mal.
- Mine de rien, Les Sept Samouraïs est un film qui regorge de pas mal de scènes humoristiques.
- Même les inconditionnels de la lutte des classes y trouveront leur compte…

Points Négatifs :
- Hein, quoi, comment, mais où voulez vous que je trouve des défauts a un tel chef d’œuvre ? Bien évidement, tout cela dépendra des gouts personnels de chacun et certains n’accrocheront pas a ce film (noir et blanc, trop long, trop de blabla), mais bon, personnellement, il n’y a rien à redire sauf que l’image, forcément, accuse son âge…

Ma note : 10/10

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