mercredi 6 juin 2018

LES MONADES URBAINES


LES MONADES URBAINES

En 2381, l'humanité a trouvé une solution à la surpopulation : c'est en se développant verticalement dans des Monades urbaines, des tours de mille étages, qu'elle continue de croître. L'altitude détermine le niveau social des habitants, qui quittent rarement leur étage. Au sein de cette société, pandémonium sexuel sans tabou, les hommes semblent nager en plein bonheur. Toutefois, la création, l'imagination et l'individualité y sont considérées comme des notions dangereusement subversives. C'est dans ce monde étrange que vont se croiser les destins de Micael, un électronicien qui rêve d'un monde antérieur, Jason, un historien qui découvre les affres de la jalousie, et Siegmund, un citoyen modèle. Tout se précipite quand Siegmund connaît une défaillance suite à une descente dans les bas étages. Bientôt, la situation vire au tragique.


Les Monades Urbaines
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 1971
Edition Poche : 27 octobre 2016
Titre en vo : The World Inside
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Michel Rivelin
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 352

Mon avis : Il est indéniable que, depuis sa parution, Les Monades Urbaines est considéré comme étant un des incontournables du sieur Robert Silverberg, sans nul doute un des plus grands noms de la SF nord-américaine de ces cinq dernières décennies. Ainsi, avant même de le lire, j’en avais entendu le plus grand bien, ce, même si j’étais tombé sur quelques voix plutôt discordantes, ici et là. Alors, chef d’œuvre ou pas ? Disons, après coup, que si je devais choisir une œuvre de Silverberg, pour ce que j’ai lu de lui, mon choix se porterait sur L’Homme dans le Labyrinthe, autrement plus réussi, ne serais-ce que dans la psychologie de ses personnages, quand aux Monades Urbaines ? Eh bien, disons que si nous avons bel et bien affaire à un bon roman du maitre, quelques défauts l’empêchent d’atteindre l’excellence… Pourtant, le postulat de départ est franchement bon : ainsi, cette idée d’une société humaine qui, dans le futur, ne cesse de croitre – jusqu’à atteindre les 75 milliards d’habitants sur la planète, lorsque débute l’intrigue – encore et encore, et qui vie cloitrée dans de gigantesques tours de 3000 mètres de haut, ce postulat, donc, a de quoi fasciner. Surtout que, comme a son habitude, Silverberg décrit a merveille une société aux apparences parfaites mais qui, en fait, ne l’est pas tant que ça : ainsi, dans ce roman, tout devient rapidement obligation, que ce soit d’avoir des enfants, de ne pas sortir de la norme, de ne rien avoir à cacher – surtout son corps – et, bien entendu, de ne jamais refuser un rapport sexuel. Ce dernier point, qui ravira les libertins de tout poils est en fait une belle hypocrisie, les femmes étant, de fait, a disposition de tout homme qui souhaiterait les prendre – comme il est si joliment dit dans le texte. Et c’est donc par le biais de plusieurs nouvelles – mais où l’on retrouve souvent les mêmes protagonistes – que le lecteur, va rapidement s’apercevoir que tout n’est pas rose dans ce soit disant meilleur des mondes, comme il fallait s’en douter. Bref, sur l’idée générale de ce roman, Robert Silverberg réussit nettement son paris et nous livre une fort bonne dystopie, cependant, là où il échoue un peu, c’est dans l’écriture en elle-même, l’ensemble souffrant de quelques redondances voir même, vers la fin, de quelques facilitées narratives un peu navrantes. Dommage car, sans cela, Les Nomades Urbaines serait incontestablement un incontournable, mais bon, malgré ces quelques défauts d’écriture, si vous apprécier les dystopies et la SF intelligente – sans tomber dans la hard-science – alors, n’hésitez pas, ce roman ne vous laissera pas indifférent !


Points Positifs :
- Un postulat de départ pour le moins réussit et franchement original. Il faut dire que ce futur où 75 milliards d’être humains vivent cloitrés dans des milliers de tours géantes de 3000 mètres est franchement bonne. De même que la société, telle qu’elle est décrite et qui s’avère être une excellente dystopie.
- Comme il fallait s’y attendre, derrière ce vernis de liberté à tout va – principalement sexuel – Silverberg nous dévoile un futur qui n’est fait que de contraintes et d’obligations : procréation, sexualité, etc.
- Si toutes les nouvelles ne se valent pas, certaines méritent le détour – même si l’ensemble est fortement lié, surtout qu’on y retrouve souvent les mêmes personnages – est la lecture est non seulement plaisante mais également captivante.
- Une belle petite charge contre le libertinage a tout va et la déconstruction familiale.

Points Négatifs :
- La nouvelle sur le musicien est la pire du lot. Il faut dire que les descriptions musicales et métaphysiques sont tellement chiantes que j’en suis ressortit avec un mal de crane horrible !
- Au bout d’un moment, Silverberg tourne un peu en rond et on tombe dans quelques redondances et autres facilitées scénaristiques.
- Qu’est-il advenu du visiteur de Vénus de la première nouvelle ? On n’entend plus parler de lui par la suite ?!

Ma note : 7,5/10

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