jeudi 20 avril 2017

LA LÉGENDE DE HAWKMOON – LE JOYAU NOIR


LA LÉGENDE DE HAWKMOON – LE JOYAU NOIR

Une nuit d'horreur s'abat sur Köln. Les armées du Ténébreux Empire viennent de s'emparer de la ville. Les petits garçons sont crucifiés, les petites filles rendues. On force les gens, pour sauver leur vie, à se livrer en public à des exhibitions infâmes. Ils deviendront cadavres ou soldats. De toute façon, ils obéiront à la sinistre devise : Mort à la vie. Dorian Hawkmoon reste prostré dans sa prison. Après tout ce qu'il a enduré, il n'éprouve plus aucune émotion. Il a oublié le supplice infligé à son père, le vieux duc de Köln. Une partie de son esprit est morte. Il ne désire plus rien. Alors le noir baron Melladius, hiérarque de l'Empire, trouve un moyen de le manipuler quand même. Une machine le caresse, le pénètre ; il soupire. Un objet s'incruste dans son front : le Joyau Noir, souple comme la chair, irradiant une chaleur anormale. C'est une torture inédite, un piège incroyablement pervers, une malédiction inconnue qui désormais le poursuit. Jusqu'à sa mort ?


La Légende de Hawkmoon – Le Joyau Noir
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Fantasy, Dystopie
Première Parution : 15 juin 1967
Edition Française : 01 septembre 2004
Titre en vo : The Jewel in the Skull
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Jean-Luc Fromental
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 256

Mon avis : Après avoir parcouru en long et en large l’intégralité du Cycle d’Elric, avec Le Joyau Noir, j’aborde désormais le cycle de Hawkmoon,  et ce premier volume nous entraîne dans un monde fort différent, comme le lecteur s’en rend compte assez rapidement, de celui où Elric vécut ses aventures, quelques milliers d’années auparavant, même si quelques similitudes subsistent, ne serais ce tout simplement que par son nouveau personnage principal, qui ressemble légèrement au dernier Empereur de Melniboné de part son coté tourmenté, indécis voir cynique. De même, l’on retrouve un fidèle compagnon, dans le cas présent un « géant-nain » du nom de Oladhan, comme put l’être Tristelune en son temps. Et si, pour le moment, il n’est quasiment pas fait mention d’une quelconque dualité Loi/Chaos, attendons les autres volumes car l’on se doute bien que ceux-ci ne sont pas très éloignés… De même, comment ne pas voir dans l’Empire Grandbreton, une réminiscence de la cruelle Melniboné en plus décadent, plus horrible et bien mieux détaillée ? Bref, les points communs ne manquent pas, mais la grande force du cycle est son univers, que l’on découvre dans ce premier volume : des milliers d’années se sont écoulées, nous sommes en plein sixième millénaire, une lointaine (déjà) guerre atomique ravagea le monde et le replongea dans le chaos, les hommes retournant au fil du temps à une espèce de moyen age où les objets a priori anachronique sont présents, et où des guerres perpétuelles entre les Etats ont lieu, chacun essayant de conquérir et d’asservir ses voisins ; à ce petit jeu là, l’empire Grandbreton ( inutile de vous dire d’où ils viennent, le nom est assez explicite) est le plus fort, ravageant tous sur son passage au sens propre comme au figuré, et s’apprêtant à unifier par la force, les armes, le sang et la mort une Europe quasiment sans défenses. Un Empire que l’on peut qualifier sans peine de maléfique, tant par les méthodes que par les mœurs. Ailleurs, le monde à aussi changer : sur le continent américain, les habitants sont revenus à un mode de vie plus proche de la nature tandis que la Chine règne sur l’Asiacomunista, autre Empire gigantesque. Bref, un monde post-apocalyptique revenu au moyen age où science et magie sont intrinsèquement liées. Mais plus encore que l’univers, que l’on découvre dans ce premier volume, ce sont les protagonistes qui tiennent le haut du pavé dans Le Joyau Noir et si sur ce point, Hawkmoon malgré un certain charisme est loin de valoir Elric (mais bon, quelque part, celui-ci est hors concours), les autres rehaussent le niveau de l’œuvre, en particulier le Comte Airain, vieux combattant exceptionnel aux connaissances de la politique mais aussi de certains artefacts magiques et des légendes tout bonnement grandiose, mais aussi le Baron Melladius, dans le rôle de la Némésis du Duc de Köln. Tout autour de ces trois personnages principaux gravitent une foule d’autres, assez réussis pour la plupart même si certains auraient mérités que l’on s’attarde un peu davantage sur eux tant leur potentiel était prometteur, je pense pour ne citer que lui au moscovite Asrovak Mikosevaar que j’aurais aimé qu’il ait un rôle plus important. Car en fait, on touche là à un point faible de ce premier volume et de l’œuvre en générale : sa durée. Bien que se prolongeant sur sept tomes, ceux-ci ne sont pas bien longs et fourmillent chacun d’événements qui s’enchaînent les uns après les autres. Du coup, l’on ne s’attarde guère sur des épisodes qui auraient mérité un traitement plus approfondis. Cela n’empêche pas Le Joyau Noir d’être un sympathique roman, une belle entrée en matière pour un cycle plus que prometteur, mais bon, l’impression que tout cela aurait put être encore mieux ne me sortira pas de la tète – et sincèrement, quand je pense a la fin de ce Joyau Noir, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il y a, comme qui dirait, un gros problème tant celle-ci est bâclée... La légende prétend que Moorcock écrivit chaque tome de La Légende de Hawkmoon en quelques jours chacun, sans relecture. Je ne sais pas si cela est tout à fait exact, mais ceci explique peut être cela… Dommage tout de même car s’il y a bien un univers oh combien réussi par Moorcock, c’est bien celui où le Duc de Köln vit ses aventures…


Points Positifs :
- L’univers le plus fouillé, le plus réussi de tous ceux créés par Moorcock au long de sa carrière d’écrivain ; il faut dire que ce monde futuriste mais où l’humanité est retombée dans une espèce de moyen-âge – où existent néanmoins des reliques du passé comme les armes a feu et certains appareils et où magie et science coexistent – est fort attirant. Et puis, il y a ce fameux Empire Grandbreton…
- Justement, cet Empire Grandbreton, tellement dégénéré et assoiffé de puissance, est un joli pied de nez de l’auteur à sa patrie d’origine.
- Dorian Hawkmoon est bien évidement bien moins charismatique qu’Elric, mais bon, reconnaissons que ce dernier est hors-concours et puis, il est pas mal notre Duc de Köln.
- Des seconds rôles à la hauteur, comme le Compte Airain et le Baron Melladius.
- Une première partie qui met en scène l’univers et qui pose l’intrigue tout en s’attardant sur la Kamarg, une seconde où le héros apparait ; bref, tout commençait fort bien…
- Si on lit Le Joyau Noir pour ce qu’il est avant tout, c’est-à-dire, un formidable pastiche de Fantasy – où tout est trop much – alors, vous passerez un agréable moment.

Points Négatifs :
- Si les deux premières parties du roman sont plutôt bonnes, surtout la première, la dernière, elle, est tout bonnement catastrophique, surtout quand on arrive aux dernières pages. On sent que Moorcock était pressé d’en finir, mais a ce point, c’est une véritable honte !
- Le côté trop exagéré des événements déplaira à bon nombre de lecteurs plus exigeants. Et puis, tout se déroule à cent à l’heure, ce qui n’arrangera rien…
- J’aime bien La Légende de Hawkmoon, mais bon, je me demande tout de même si la légende ne dit pas vrai !?

Ma note : 7,5/10

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