vendredi 20 janvier 2012

L’ARMEE DES DOUZE SINGES



L’ARMEE DES DOUZE SINGES

En 2035, l'humanité vit rejetée dans des souterrains suite à la propagation d'un virus mortel et à l'extermination de la majeure partie de la population en 1996. Le seul espoir des survivants est de retrouver la piste du virus dans le passé afin de l'identifier et de soigner la population. La technique du voyage dans le temps est alors balbutiante et seuls des prisonniers sont déclarés volontaires pour cette dangereuse exploration. James Cole (Bruce Willis), hanté par une image d'enfance, une image violente et douce qui revient comme un leitmotiv, est ainsi envoyé dans le temps à la recherche de cette fameuse Armée des 12 Singes qui a apparemment libéré le virus. Cole parviendra-t-il à obtenir ces précieux renseignements ? Qui est-il vraiment ? Que sont ces flashbacks qui le hantent ?


Cela peut paraitre incroyable quand j’y pense, mais, alors que L’armée des douze singes est l’un des films que j’ai le plus vu et revu (si l’on excepte les Louis de Funès et autres Ben Hur et Autant en emporte le vent), je n’avais jamais proposé la critique de celui-ci sur ce blog. Bien évidemment, il y a une explication à cela : le simple fait que cela faisait quelques années que je ne le regardais plus (c’est après tout une raison comme une autre) ce qui a un avantage certain : le fait de vous proposer une critique bien meilleur que je ne l’aurais fait en 2008 par exemple, mais aussi et surtout, comme ça faisait un bon bout de temps que je ne le revoyais plus, j’ai grandement apprécier cet énième visionnage de cette œuvre, surtout que, pour la toute première fois, je l’ai vu en VO ; ce qui, accessoirement, fut une bonne idée. Ainsi, ce mercredi, et pendant que ma femme et mes enfants partaient au cinéma voir La colline aux coquelicots (argh, fiévreux, je ne pus les accompagner), je me suis donc installer devant mon petit écran pour me replonger dans ce qu’il faut bien appeler l’un de mes films préférés.

Avant d’aller plus loin, une petite précision s’impose : oui, je suis parfaitement au courant que L’armée des douze singes est une adaptation du court métrage La jetée de Chris Marker et datant de 1962 (voir ici pour en savoir plus). Mais comme, malgré mes propres promesses de m’être jurer de le voir, je ne l’ai jamais fait (du moins, pour le moment quoi que cela fait juste une bonne dizaine d’années d’attente), je ferais l’impasse, dans cette critique, de La jetée. Du coup, et tout en sachant pertinemment ce que l’œuvre qui nous préoccupe aujourd’hui doit à celle de Chris Marker, cette critique sera uniquement considérer a L’armée des douze singes. Que l’on me pardonne donc par avance si je n’en ferais plus mention par la suite.

Ceci étant dit, attaquons le problème à bras raccourcis, c’est-à-dire, cette fameuse Armée des douze singes, qui, en son temps, les années 90, marqua bien des cinéphiles et des amoureux de fantastiques. Œuvre du fantasque et génial Terry Gilliam que l’on ne présente plus, ce film est l’aboutissement, selon moi, de ce que doit être une œuvre fantastique comme je les aime : en effet, dans celle-ci, tous les éléments dont je ne me lasse pas sont présents. Ainsi, dès les premiers instants et une musique de générique inoubliable, le ton est donné ; s’ensuit, tout au long du film, des allés retours incessants entre passé/présent et futur au point où le spectateur ne sait plus où donner de la tête, et surtout, si tout cela est bel et bien réel. Et c’est surtout ce futur qui marque les esprits : dans une planète dévastée par un virus mortel qui décima la quasi-totalité de la population mondiale, des prisonniers de droit commun, volontaires d’office, sont envoyés dans le passé afin de trouver des indices sur cette fameuse Armée des douze singes, organisation suspectée d’avoir provoqué l’apocalypse. Et ce futur, forcement peu rassurant, est encore plus effrayant quand on voit ce que l’espèce humaine – ou ce qu’il en reste – est devenu, ne serais ce que ces scientifiques en blouse blanche, véritables archétypes du savant fou qui, dans des décors improbables, envoie donc de simples quidam vers, apparemment, une mort certaine. Et parmi ces « volontaires », il y a donc la grande star hollywoodienne de l’époque, le symbole même des films d’actions des années 90, Bruce Willis en personne dans ce qui, à mes yeux, restera comme son meilleur rôle au cinéma. Car ici, si, pour la énième fois dans sa carrière, Bruce Willis essaye de sauver le monde, c’est d’une façon bien plus subtile et intéressante que d’habitude car plutôt que l’habituel bourrin qui castagne tout ce qui bouge, dans L’armée des douze singes, s’il ne joue pas un enfant de cœur, c’est un personnage hautement plus attachant que d’habitude qu’il joue : paumé, souvent – par la force des choses – défoncé par les médicaments et baveux, Bruce Willis fait des allers retours entre passé et futur sans savoir si, finalement, tout cela n’est pas qu’une simple illusion de son esprit et qu’en fait, il ne soit complétement fou. Bien évidemment, on se doute bien que ce n’est pas le cas mais quoi qu’il en soit, le tout est si bien tourné que l’on peut avoir des doutes. Autre rôle marquant de ce film, un Brad Pitt complétement halluciné qui nous sort toute la panoplie du parfait amateur de camisole de force. Sincèrement, l’on peut aimer ou détester cet acteur mais ici, il est tout bonnement parfait et ce, même s’il pousse tellement à fond son rôle que parfois, on a l’impression qu’il surjoue un peu trop, allant toujours plus loin dans les profondeurs de la folie.


Folie, le mot est lancée : folie des hommes qui ont provoqué un tel drame, folie des hommes, dénoncé tout le long du film, qui n’ont pas respecté la nature, folie de la plus part des protagonistes – Brad Pitt, assumé, Bruce Willis, qui pense l’être, Madeleine Stowe, elle, jouant une… psychiatre – et puis, ces savants, pas très net, ces décors, faits de bric et de brocs, et cette musique, ah, cette musique, oppressante et qui reviens sans cesse. Mais le pire, du moins, ce que l’on retient avant tout de cette œuvre, c’est que, quel que soit nos connaissances du futur (ou du passé), quel que soit nos efforts afin d’essayer de le modifier, cela est tout bonnement impossible : chaque acte, chaque décision, chaque parole ne tendra que vers l’inéluctable vérité : ce qui doit arriver arrivera.

Bien évidemment, un film comme L’armée des douze singes ne laisse pas indifférent, ne serais ce que par son propos et son esthétisme, peu commun, il faut l’avouer. Peut-être un peu oublier, de nos jours, il n’en reste pas moins comme étant ce qu’il faut bien appeler, sans exagération aucune, un pur chef d’œuvre. Et que je vous dise cela alors que le rôle principal est tenu par Bruce Willis, ce n’est pas rien, je peux vous l’assurer. Quoi qu’il en soit, avec cette Armée des douze singes, Terry Gillian signe là l’une de ses plus belles œuvres, certes dérangeante par moments, peu commune, originale et qui, sans nul doute, mérite le détour. A voir ou à revoir… 

2 commentaires:

Tigger Lilly a dit…

Un de mes films préférés. Vu et revu plein de fois aussi et comme ça fait longtemps, je me demande si je vais pas un jour 'lacheter en blue ray ou en dvd.

Feanor a dit…

Je ne peux que te le conseiller, cela va de soi!

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