vendredi 7 décembre 2018

LES SENTINELLES – AVRIL 1915 – YPRES


LES SENTINELLES – AVRIL 1915 – YPRES

Après la victoire de la Marne, Taillefer et ses troupes se trouvent englués dans les tranchées d'Ypres, au cœur d'une guerre de position sans vainqueur ni vaincu. Le haut commandement militaire français hésite encore à produire en masse des Sentinelles à l'image de Taillefer. Les scientifiques travaillent en effet également au développement d'une arme qui pourrait faire une différence plus radicale sur l'ennemi : les gaz de combat. Kropp, le chercheur illuminé à l'origine des Sentinelles, fabrique un nouvel appareil qui permet à un homme de voler au dessus des troupes ennemies, propulsé par des fusées sur son dos. Mais l'armée allemande n'est pas en reste. Un programme appelé Ubermensch va envoyer sur le terrain un soldat dopé au Dexynal à haute dose. Sous une armure plus massive que celle de Taillefer, ce combattant hyper violent se lance sur les champs de bataille, tandis que les premiers conteneurs de gaz sont envoyés vers le front.


Les Sentinelles – Avril 1915 – Ypres
Scénario : Xavier Dorison
Dessins : Enrique Breccia
Couleurs : Enrique Breccia
Couverture : Enrique Breccia
Editeur : Delcourt
Genre : Guerre, Fantastique, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 19 janvier 2011
Nombre de pages : 48

Mon avis : Avec ce troisième tome des Sentinelles, œuvre du duo composé de Xavier Dorison et d’Enrique Breccia, une seule question se pose : que faut-il retenir de la suite des aventures en plein premier conflit mondial de Taillefer, Djibouti et les autres ? Tout d’abord, la qualité des précédents volumes est toujours au rendez vous : dans la lignée de ces derniers, nous retrouvons donc un univers, une intrigue auquel nous sommes désormais habitués et tout ce que j’ai put écrire lors de mes deux premières critiques de la série est toujours valable. Lecteurs, si vous avez aimé les premiers volumes des Sentinelles, celui-ci vous ravira de la même manière, voir, quelque part, encore plus de part ses nouveautés. Car si, sans surprise, nous retrouvons un Taillefer toujours dubitatif quand a l’intérêt de ce conflit et de tous ses morts, un Djibouti toujours aussi violent par moments et, surtout, un état major de l’armée toujours aussi va-t-en-guerre et incompétent (le problème, c’est que là, ce n’était pas de la fiction), l’introduction de nouveaux protagonistes comme la fameuse nouvelle Sentinelle française, Pégase, personnage hautement antipathique au départ mais qui, au fil des pages, évolue dans le bon sens, mais aussi et surtout du premier surhomme allemand, l’Übermensch apporte un sang neuf et un renouvellement intéressant a l’intrigue. Surtout que, et les auteurs l’on bien retranscrit dans le récit, avec l’apparition de protagonistes allemands, l’on s’aperçoit que ceux-ci ne sont pas forcement mauvais dans le sens où l’on pourrait l’entendre et que, avec les Sentinelles, tout n’est ni blanc, ni noir : ces hommes, eux aussi doutent, peuvent avoir leurs peines, leurs désillusions et leurs espoirs et, quelque part, ne sont guère différents de ceux du camp d’en face. Mais Xavier Dorison, contexte historique oblige, nous montre aussi les premières utilisations des fameux gaz de combats qui causèrent tant de massacres au sein des tranchées, et qui, comme les attaques quotidiennes baïonnettes au canon sous les obus, ne servit strictement a rien, enfin, sauf a massacrer des millions d’hommes. Sur ce point, le sieur Dorison ouvre ce troisième tome par le constat désabusé d’un Taillefer qui, dans son journal, écrit que toutes ces attaques ne causent ni avancées ni reculades, sauf la mort des hommes, et le l’achève de la même manière, cette fois ci avec le bilan humain des gaz qui, eux aussi, n’ont pas permis de faire basculer le conflit… tout juste d’apporter davantage d’horreur a celui-ci. Et cette horreur de la grande guerre, comme dans les deux précédents volumes, celle-ci est omniprésente dans ce nouveau tome des Sentinelles. Des hommes meurent en masse, de nouvelles armes sont inventées apportant encore plus de destruction et, pendant ce temps là, en haut lieu, une petite poignée d’individus décide du sort, et de la destruction du continent européen dans de luxueux appartements bien loin du champ de bataille ou périt la jeunesse d’une civilisation. Et les Sentinelles, ces fameux super héros ne pèsent pas bien lourd dans tout cela : désabusés, perdant leurs illusions, ils ne sont finalement que des hommes comme les autres, soumis aux ordres d’une hiérarchie cynique et aveugle. Et, pendant que nos trois héros, après avoir subit les horreurs des premiers gazages des tranchées et avoir connu bien des difficultés face à l’Übermensch, s’en vont pour les Dardanelles, vers d’autres horreurs a venir, le lecteur, lui, ravis de tout ce qu’il vient de lire, ne peut s’empêcher d’attendre avec une grande impatiente ce quatrième tome. Décidément une œuvre superbe, sans aucun doute !


Points Positifs :
- Non seulement le plaisir de retrouver une série dont l’univers et les protagonistes nous sont désormais familiers est toujours au rendez vous mais, qui plus, albums après albums, la saga gagne en profondeur et, sans exagération aucune, nous avons ici le meilleur volume des Sentinelles !
- L’habile mélange entre réalité historique et imaginaire qui, comme précédemment, fonctionne toujours à merveille. Il faut dire que le travail de recherche de Dorison est toujours aussi impressionnant et que l’auteur maitrise à merveille son sujet.
- L’apparition de l’équivalent des Sentinelles du coté des allemands – le fameux Übermensch – apporte enfin un adversaire de taille a nos héros.
- L’absurdité de la guerre est parfaitement bien décrite dans ce volume, que ce soit pour la guerre de positions – les fameuses tranchées – mais aussi l’utilisation, horrible et inutile, des tristement célèbres gaz de combats…
- Nous avons droit à une nouvelle Sentinelle : Pégase !
- Les dessins d’Henrique Breccia, toujours assez plaisants, surtout si vous êtes fans.

Points Négatifs :
- Dommage que l’Übermensch se comporte comme un salaud. J’aurai préféré qu’il soit un peu plus ambigu, coté personnalité.
- Qui plus est, il ne dure le temps que d’un seul album…
- Henrique Breccia est un dessinateur plutôt talentueux mais dont le style risque de ne pas plaire à tout le monde. De plus, je trouve sa colorisation un peu trop fade par moments.

Ma note : 8/10

mardi 4 décembre 2018

LE CODEX MERLIN – LES ROYAUMES BRISÉS


LE CODEX MERLIN – LES ROYAUMES BRISÉS

La colline sur laquelle est bâtie Taurovinda, la forteresse d’Urtha (Haut Roi des Cornovides) prend vie : le royaume de l’Autre Monde, celui de l’Ombre des Héros, veut annexer les terres du roi. Mais cette fois, les morts sont mus par une force plus sombre et plus ancienne que le plus vieux de ces fantômes. Qui les réveille ainsi ? Merlin, qui séjourne dans la forteresse, doit répondre à cette question s’il veut sauver ce monde de l’anéantissement. Le vaisseau de Jason, Argo, est de retour, attiré là par la culpabilité attachée à son passé et un terrible secret dont seul Merlin aura la révélation. Argo et Jason détiennent la clé du mystère.


Le Codex Merlin – Les Royaumes Brisés
Auteur : Robert Holdstock
Type d'ouvrage : Fantasy, Mythologie
Première Parution : 02 janvier 2007
Edition Poche : 07 mai 2007
Titre en vo : The Merlin Codex – The Broken Kings
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : anglais
Traduction : Thierry Arson
Editeur : Le Pré aux Clercs
Nombre de pages : 465

Mon avis : Mon plus grand regret, finalement, avec Robert Holdstock, puisque tel est le sujet du jour avec Les Royaume Brisés, troisième et dernier tome du Codex de Merlin, est que celui-ci nous ait quitté bien trop tôt – foudroyer fin 2009 par la bactérie E. Coli – et que celui-ci nous aura laisser une œuvre certes d’excellente qualité, mais qui aurait put être plus importante encore si le destin lui en avait laisser l’opportunité. Bien évidement, je ne vais pas revenir sur la façon dont je l’ai découvert, il y a quelques années – il suffit pour cela de relire mes critiques précédentes du Codex de Merlin – mais ce qui est sur, c’est que, contrairement a bon nombre de romans et d’autres cycles de la production actuelle de Fantasy, oui, mille fois oui, nous avons la une œuvre majeure du genre. Et bien évidement, comme il fallait s’en douter, une œuvre finalement assez méconnue, même parmi les amateurs. Inutile de revenir sur le synopsis de base, sur Merlin, Jason et Urtha, le cadre antique, les mélanges des genres, accessoirement parfaitement réussis, inutile également de revenir sur la qualité d’écriture et de narration de Robert Holdstock, sur le coté prenant qu’a put avoir les divers tomes de ce cycle ; tout cela, vous le retrouverez dans mes critiques de Celtika et du Graal de Fer. Non, aujourd’hui, pour ces Royaumes Brisés, ce que je voulais vous raconter, ce qui m’a le plus marquer, c’est que ce troisième tome m’aura plus fait penser a une conclusion qu’a un véritable roman. Des toutes premières lignes a la dernière, tout au long des quatre cent pages et quelques que j’ai parcouru avec plaisir, c’est surtout cela que j’ai ressenti, comme si, Holdstock avait avant tout souhaité prolonger son récit, lui donnant ainsi une fin en nous narrant le sort de ses divers protagonistes. Et pour cela, plutôt que de nous offrir Merlin & Jason III, l’auteur, tout en finesse, nous entrainait sur leur suite, amenant de nouvelles énigmes, en expliquant d’autres, statuant sur le sort des protagonistes qui nous suivaient depuis le début du cycle, nous offre un magnifique voyage, qui mènera l’Argo d’Alba jusqu’en Crète, avant de revenir a son point de départ où le destin de chacun aura lieu. Et le personnage principal de ce dernier volume, si le terme convient exactement, aura finalement été le temps. Oui, le temps omniprésent dans ce volume, où passé, présent et futur en cessent de se mélanger, au point de parfois en dérouter le lecteur, ce temps qui vient reprendre son dut, que ce soit a Jason, pour lui rappeler sa mortalité prochaine, a Médée, qui en aura trop abuser, a Niiv bien évidement, qui aura raccourci le sien en jouant avec des forces qui la dépasse, a cet étrange Façonneur qui fait son apparition dans ce volume, mais aussi et surtout a Merlin qui, a force de ne pas user ses dons, vivait, en quelque sorte, hors du temps. Ainsi, et même si Les Royaumes Brisés ne viennent pas expliquer tous les mystères, les questions que l’on pouvait se poser depuis le tout début de Celtika, il en est une bonne conclusion, qui laissera, tandis que Merlin s’apprête à reprendre son chemin, sans nul doute le lecteur orphelin d’un univers et de personnages tout bonnement époustouflants. Je pourrais chipoter sur quelques petits détails, comme quelques petits raccourcis un peu faciles, quelques oublis en court de route et des contradictions tout de mêmes assez embêtantes avec les volumes précédant (et ce, même si Robert Holdstock en a conscience puisqu’il nous met en garde contre celles-ci en préambule de son ouvrage), cependant, tout cela est accessoire et ne gâche pas trop le plaisir, indéniable lui, de la lecture. J’avais peut être espérer que ce dernier tome du Codex Merlin soit différent, peut être un peu plus conventionnel finalement – plus héroïque ? Mais, finalement, et même si je lui ai préféré les deux volumes précédant, Les Royaumes Brisés, de part son tempo, finalement assez lent et sobre, comme le court d’une rivière, son coté long, très long épilogue où le temps rattrape, les uns après les autres, tous les protagonistes, est une excellente conclusion a ce superbe cycle qu’est le Codex de Merlin. Et son final, tout bonnement somptueux et triste à la fois, ou des centaines de cygnes occupent l’horizon, tellement féerique en soit, me marquera, je le pense, pendant encore très longtemps…


Points Positifs :
- Une excellente conclusion a ce qui fut l’un des cycles de Fantasy les plus originaux et singuliers de ces dernières années. Certes, Le Codex Merlin est peut-être une œuvre élitiste, complexe, pas évidente d’accès, mais de par sa poésie, son habile mélange de mythes très divers, ses protagonistes hauts en couleurs et pour son ambiance, le jeu en vaut largement la chandelle !
- L’ambiance, finalement assez mélancolique, qui se dégage de ce troisième volet du Codex Merlin, sans oublier, bien entendu, son rapport oh combien important au temps : passé, présent et futur ne cessant de se mélanger dans ce dernier tome.
- Sans nul doute le Merlin le plus original et le plus intéressant qu’il m’a été donné de découvrir dans une œuvre de Fantasy.
- Le talent d’écriture de Robert Holdstock, sans oublier, bien entendu, son immense érudition.
- Le final où, suite au décès de Niiv, nous avons droit a une scène tellement féerique et triste…
- Daidalos, le Dédalle des légendes grecques, protagoniste haut en couleur et franchement réussi !

Points Négatifs :
- Quelques incohérences vis-à-vis des volumes précédents nuisent un peu à l’ensemble. Et même si l’auteur s’en explique, c’est un peu dommage.
- L’impression, par moments, de lire une longue conclusion plutôt qu’un véritable roman.
- Jason est malheureusement beaucoup moins présent dans cet ultime volet, il en va de même de la plupart des Argonautes.
- Quelques protagonistes sont un peu oubliés en court de route.

Ma note : 7,5/10

THE LAST KINGDOM – SAISON 3


THE LAST KINGDOM – SAISON 3

En 886, le fils ainé du roi saxon de Bebbanburg voit arriver des drakkars et est tué par le comte danois Ragnar. Le roi de Bebbanburg décide de renommer son plus jeune fils Uhtred, nom de son fils ainé. Le père Beocca rebaptise le fils du roi. A lieu alors une bataille où le roi de Bebbanburg est tué et son fils est kidnappé pour servir d'esclave dans le clan de Ragnar. Il est élevé comme un danois. Mais quand Ragnar est tué, Uhtred décide de partir retrouver ses terres... Quelques années plus tard, et après bien des péripéties, le roi Alfred qui voit sa santé se détériorer, craint pour sa succession et envoie Uhtred combattre un nouveau danger : le redoutable Danois Cheveux de sang et sa sorcière, Skade...


The Last Kingdom – Saison 3
Réalisation : Nick Murphy, Anthony Byrne, Ben Chanan, Peter Hoar, Jon East, Jamie Donoughue et Richard Senior
Scénario : Stephen Butchard, Ben Vanstone et Sophie Petzal, basé sur The Saxon Stories de Bernard Cornwell
Musique : John Lunn et Eivor
Production : Carnival FilmsNetflix
Genre : Historique, Aventure, Drame
Titre en vo : The Last Kingdom – Season 3
Pays d’origine : Royaume-Uni
Chaîne d’origine : BBC 2
Diffusion d’origine : 19 novembre 2018
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 10 x 52 minutes

Casting :
Alexander Dreymon : Uhtred de Bebbanburg
David Dawson : Roi Alfred le Grand
Ian Hart : Beocca
Tobias Santelmann : Ragnar le Jeune
Harry McEntire : Æthelwold
Eva Birthistle : Hild
Eliza Butterworth : Reine Ealswith
Emily Cox : Brida
Millie Brady : Princesse Æthelflæd
Toby Regbo : Æthelred de Mercie
Timothy Innes : Edward
Thea Sofie Loch Næss : Skade
Ola Rapace : Earl Sigurd « Cheveux de Sang »
Magnus Bruun : Cnut
Adrian Bower : Leofric
Peri Baumeister : Gisela
Mark Rowley : Finan
Julia Bache-Wiig : Thyra
Cavan Clerkin : Père Pyrlig
Arnas Fedaravicius : Sithric
Jeppe Beck Laursen : Haesten
James Northcote : Aldhelm
Adrian Bouchet : Steapa
Ewan Mitchell : Osferth
Richard Rankin : père Hrothweard
Simon Stenspil : Dagfinn
Adrian Schiller : Aethelhelm
Kevin Eldon : Mgr Erkenwald

Mon avis : Pour une fois, j’aurai eu de la chance puisque, après avoir découvert cette excellente série plus ou moins – oui car la part romancée n’est jamais bien loin – historique qu’est The Last Kingdom en octobre dernier, puis avoir enchainer avec la seconde saison, il y a tout juste quelques jours, j’ai eu le bonheur de me replonger dans la suite des aventures du viking Uhtred Ragnarsson et de ses compagnons, ce, par le biais d’une troisième saison que je peux qualifier, tout simplement, d’excellente ! Pourtant, et comme je l’avais souligné il y a de cela quelques semaines, j’avais été plutôt déçu par la seconde saison de The Last Kingdom, la faute a un scénario qui était un peu le cul entre deux chaises sans oublier des enjeux, il faut le reconnaitre, bien moins importants que lors de la première. Or, alors que j’avais de quoi être méfiant vis-à-vis de cette troisième saison, force est de constater que le rachat de la série par Netflix lui aura fait beaucoup de bien : déjà, par le fait que nous avons eu droit a deux épisodes supplémentaires, ce qui est toujours appréciable, mais aussi et surtout, parce qu’entre une intrigue générale passionnante et captivante de bout en bout, on ne s’ennui pas une seule seconde ! Au point de considéré cette troisième saison de The Last Kingdom comme la meilleure depuis le début ? Franchement, peut-être tant, entre un souffle épique retrouvé, des nouveaux protagonistes qui marquent les esprits – Skade, Cnut, Cheveux de Feu, Edward – quelques morts importantes – non, pas Ragnar – et un final, attendu, avec la mort du Roi Alfred, le spectateur, balloté par les événements, les retournements de situations, sera captiver de bout en bout ! Alors certes, il reste quelques petites imperfections, ici et là, comme ces compagnons d’Uhtred – que j’aime bien, là n’est pas la question – qui survivent à toutes les batailles ou ces vikings qui mettent un temps fou a parvenir jusqu’au Wessex – dans les grandes lignes, presque toute la saison – mais bon, cela n’enlève en rien le plaisir que j’ai put ressentir en regardant ces dix épisodes, en étant satisfait par ce retour en grâce d’une série qui avait si bien débutée et qui, dans son genre, est selon moi une des plus jouissives, au jour d’aujourd’hui. Le problème, car il y en a un, c’est que maintenant, il va falloir que je sois très patient pour découvrir la suite qui, vous l’avez compris, n’est pas pour tout de suite, bien au contraire…


Points Positifs :
- Après quelques errements lors de la seconde saison, le plaisir de retrouver un Uhtred Ragnarsson au top de sa forme est une excellente nouvelle ! Il faut dire que cette suite de The Last Kingdom est peut-être le point d’orgue, jusqu’à maintenant, de la série et que si l’on pouvait éprouver quelques doutes, auparavant, ceux-ci sont littéralement balayés dans cette troisième saison.
- On ne s’ennui pas une seule seconde lors de cette troisième saison : ainsi, entre des enjeux qui repartent a la hausse, de nouveaux personnages qui marquent les esprits, des morts de première importance et une intrigue captivante de bout en bout, il y a de quoi prendre beaucoup de plaisir à suivre les péripéties d’Uhtred et compagnie !
- Toujours cet habile mélange entre reconstitution historique et parties romancées. Il faut dire que non seulement celui-ci fonctionne à merveille mais, en plus, il nous permet d’en apprendre davantage au sujet d’une période de l’Histoire qui, de ce coté ci de la Manche, est très méconnue.
- Le face à face oh combien touchant entre Uhtred et un Alfred mourant, l’assassinat oh combien lâche de Ragnar, deux grands moments de cette troisième saison.
- Un casting toujours aussi impeccable et sur lequel il n’y a rien à redire.

Points Négatifs :
- Je les aime bien les compagnons d’Uhtred – Finan, Sithric et le moine dont j’ai oublié le nom – mais bon, a un moment donné, le coté invulnérable qu’ils ont et qui fait qu’ils échappent a toutes les batailles, on y croit pas trop…
- Les vikings mettent quasiment toute la saison pour parvenir jusqu’au Wessex et… sont stoppés avant même d’y arriver véritablement ! Pendant ce temps là, les autres protagonistes semblent se téléporter allègrement d’un point à l’autre de la carte ?!

Ma note : 8/10

dimanche 2 décembre 2018

LES SENTINELLES – SEPTEMBRE 1914 – LA MARNE


LES SENTINELLES – SEPTEMBRE 1914 – LA MARNE

Le Lieutenant Féraud a été transformé à son insu en machine de guerre appelée Taillefer, un soldat doté d'un exosquelette métallique tirant son énergie de la révolutionnaire pile au radium qu'il a inventée. Aujourd’hui, il est chargé de retrouver un appareil photo perdu lorsque l'avion de reconnaissance qui le transportait a été abattu par les allemands au dessus de Château-Thierry. Si les derniers télex envoyés par le pilote disent vrai, les clichés pourraient démontrer que les troupes allemandes se sont séparées au sud de Paris, offrant la possibilité d'une contre-offensive française. Tiraillé par ses convictions pacifistes, Féraud se laisse convaincre par Gallieni que ces clichés seraient décisifs pour que le maréchal Joffre lance cette contre-offensive forcément victorieuse. L’objectif est d’arriver à une fin rapide de la guerre, donc finalement d’épargner des vies humaines dans les deux camps. Taillefer part donc vers Château-Thierry à la tête d'une section démoralisée par les difficultés de la guerre. Il est épaulé par l'adjudant Djibouti, combattant aguerri, et sous l'étroite surveillance du colonel Mirreau qui voit en Taillefer autant une chance de victoire qu'un moyen idéal pour obtenir des crédits de recherche supplémentaires…


Les Sentinelles – Septembre 1914 – La Marne
Scénario : Xavier Dorison
Dessins : Enrique Breccia
Couleurs : Enrique Breccia
Couverture : Enrique Breccia
Editeur : Delcourt
Genre : Guerre, Fantastique, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 20 mai 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Après nous avoir narré les origines de Taillefer dans le premier volume des Sentinelles, avec l’invention de la pile au radium, le début du premier conflit mondial, la terrible blessure de Gabriel Féraud et son choix de devenir la nouvelle Sentinelle, Xavier Dorison nous entraine cette fois-ci, quelques semaines plus tard à peine, alors que l’armée française est en pleine déconfiture et qu’un nouveau spectre de Sedan semble s’annoncer (gouvernement courageusement en exil a Bordeaux, civils en fuite sur les routes, armée en perdition), tout juste avant la fameuse Bataille de la Marne (oui, celle avec les taxis), formidable contre-attaque de la dernière chance qui fit basculer l’issue du conflit, et, accessoirement, le prolonger pendant des années, ce qui, après coup et en sachant tout ce qui en découla (y compris le second conflit mondial) me fait penser qu’il aurait peut être mieux fallut une courte défaite qu’une longue victoire avec toutes les horreurs a venir… Mais laissons là mes interrogations qui accessoirement pourraient faire un bon synopsis pour une Uchronie pour nous intéresser au deuxième volume des Sentinelles, intitulé Septembre 1914 –La Marne. Tout d’abord, tout le bien que j’ai put dire lors de la critique du premier volume est valable pour celui-ci, j’éviterais donc au maximum de me répéter, me contentant pour ceux qui ne l’auraient pas lu, de vous inviter à la découvrir sur ce même blog. Ceci étant dit, je dois avouer que c’est donc avec plaisir que j’ai découvert la suite des aventures de notre super héros national, ce fameux Taillefer, dans ce qui est sa première mission, toujours accompagné du rude et brutal Djibouti, mais qui, comme tout gros nounours qui se respecte, commence a dévoiler ses sentiments et ses doutes. Bien évidement, tous ceux qui auront apprécié le premier tome des Sentinelles n’avaient qu’une hâte, que l’action a proprement parler débute, et cette fois ci, contrairement au premier volume où l’on s’attardait plus sur les protagonistes et où la guerre n’était présente que sur quelques pages, cette fois ci, combats, faits d’armes, explosions, sang et morts seront présents quasiment de bout en bout. Et les horreurs du conflit, déjà présentes précédemment, de se retrouver sublimées jusqu'à l’indicible. Car Taillefer et Djibouti, accompagnés de quelques soldats qui, dans la grande tradition de Star Trek, servent de chaire a canon, vont en connaître des dures et des pas mures, au point d’y perdre pas mal de certitudes, voir de disjoncter devant tant d’horreur et de baisser les bras, mais aussi, surtout dans le cas de Gabriel Féraud, de comprendre que même s’il n’est pas le soit disant surhomme que l’on prétend, que même s’il ne peut pas gagner la Guerre a lui tout seul et encore moins sauver tout le monde, il n’en a pas moins un rôle a jouer auprès de ses compagnons d’armes, celui de symbole. Un peu comme Captain America bien plus meneur et galvanisateur au sein des autres super héros, ceux-ci étant quasiment tous bien plus puissants que lui. Ainsi, il aura fallut connaître bien des horreurs dans cette mission, voir bien des camarades mourir, supporter des horreurs sans nom pour que Gabriel Féraud, bien hésitant dans les premières pages de ce deuxième tome, devienne enfin Taillefer, celui qui mènera les siens a la victoire. Septembre 1914 – La Marne est donc un excellent deuxième tome, tout aussi indispensable que son prédécesseur et qui, malgré le fait que l’action, de prime abord, semble prendre le pas sur le reste, est bien plus profond que l’on pourrait le penser. Xavier Dorison nous offre donc là une très bonne suite a sa série qui se maintient donc a un très bon niveau, quand aux dessins d’Enrique Brescia, ils sont toujours aussi bons même si je dois mettre en garde les âmes plus sensibles, celui-ci ne cache rien des horreurs de la guerre, bien souvent occultées par ailleurs. Seul petit bémol dans le scénario qui m’a chiffonner : a un moment donné, la compagne de Djibouti, la Mata Hari de service, dit a son complice qu’ils doivent tout faire pour empêcher la mission de nos Sentinelles d’aboutir, or, ensuite, il ne se passe rien. Hum, belle coquille que celle là, mais bon, cela ne m’empêche pas de continuer d’affirmer bien haut que nous sommes là devant une excellente série. Seul question, et de taille : le troisième tome sera-t-il toujours aussi bon ?


Points Positifs :
- Le plaisir de retrouver la suite d’une série au postulat de départ original et qui avait démarré de fort belle manière ; qui plus est, après la mise en place de l’univers, des protagonistes et des enjeux, ce second volume nous entraine au cœur même de l’action et, pour cette première mission de nos héros, on ne s’ennui pas une seconde !
- Taillefer et Djibouti gagnent en consistance et sont loin d’être des coquilles vides, surtout que, malgré leurs exploits, ils doutent pas mal face aux événements.
- Toujours cet habile mélange entre réalité historique et imaginaire, Xavier Dorison maitrisant fort bien son sujet, comme, bien entendu, son travail de recherche assez conséquent.
- Les dessins d’Henrique Breccia, toujours assez plaisants et qui collent parfaitement bien à l’ambiance.

Points Négatifs :
- Un scénario peut-être un peu léger et convenu par moments, ce qui empêche Les Sentinelles d’atteindre l’excellence – mais bon, n’est pas La Brigade Chimérique qui veut…
- Quelques coquilles et oublis dans le scénario. Rien de gravissime, certes, mais bon…
- Henrique Breccia est un dessinateur correct, mais il lui manque tout de même une certaine folie, un petit je ne sais quoi qui aurait apporté une touche plus marquante aux Sentinelles, l’ensemble restant trop conventionnel.

Ma note : 7,5/10

samedi 1 décembre 2018

LES SENTINELLES – JUILLET-AOÛT 1914 – LES MOISSONS D'ACIER


LES SENTINELLES – JUILLET-AOÛT 1914 – LES MOISSONS D'ACIER

Au Maroc, en 1911, tandis que l’armée française tente de mâter la rébellion, une mitrailleuse Maxims canarde les troupes françaises. Un soldat avance néanmoins étonnamment à la rencontre du déluge de plomb, sans même vaciller. C’est une « Sentinelle », c'est-à-dire un super soldat, doté de membres et d’une cuirasse en acier, qu’une drogue puissante aide à porter. Pourtant, aussi invulnérable soient ces sentinelles, un gros défaut demeure : l’énergie nécessaire à alimenter leur système. Car rapidement la batterie électrique tombe à plat et la sentinelle s’écroule, sans autre choix que celui de se faire exploser à la grenade, une fois rejoint par ses ennemis. Le colonel Mirreau, responsable du projet, assiste de loin à cet ultime échec. Trois ans plus tard, alors que l’archiduc François Ferdinand vient d’être assassiné à Sarajevo, le scientifique Gabriel Feraud présente au public sa nouvelle pile à radium, source électrique révolutionnaire, afin de débloquer des fonds pour la développer. Frileux, les banquiers refusent. Dans la foule, Mirreau, qui a compris tout le potentiel de l’invention, fait une offre financière… mais Feraud refuse catégoriquement de vendre sa pile à l’armée. En outre, le scientifique est mobilisé dans les jours qui suivent pour servir la patrie. Persuadé qu’une fois au front, Feraud ne pourra qu’accepter que son invention aide les militaires, le colonel Mirreau lui accorde secrètement un ange gardien, un colosse, ancien membre du projet sentinelle, surnommé Djibouti…


Les Sentinelles – Juillet-Août 1914 – Les Moissons d'Acier
Scénario : Xavier Dorison
Dessins : Enrique Breccia
Couleurs : Enrique Breccia
Couverture : Enrique Breccia
Editeur : Delcourt
Genre : Guerre, Fantastique, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 20 mai 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Les plus attentifs l’auront probablement remarqué mais le mois dernier, nous célébrions – peut-être pas avec les honneurs dus a l’événement – le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre, la fameuse Première Guerre Mondiale, celle qui, entre 1914 et 1918, entraina le continent européen dans un conflit terriblement meurtrier dont, il faut le reconnaitre, 39-45 ne fut que le prolongement et dont il ne se remit jamais. Curieusement, je n’ai guère eu l’occasion de marquer le coup, ce qui, au vu de mes gouts en matière historique, est presque honteux, du moins, jusqu’à a aujourd’hui où, par le biais de ce premier volet des Sentinelles, je vais vous parler d’une bien singulière bande dessinée qui mêle a la fois la Grande Guerre mais aussi l’univers des super-héros. Paru sensiblement au même moment que la cultissime Brigade Chimérique, Les Sentinelles, œuvre du sieur Xavier Dorison, est donc la seconde BD française qui s’essaye au genre super-héroique, même si, en comparant les deux œuvres, les points communs sont plutôt rares : en effet, ici, Xavier Dorison nous propose un synopsis bien plus simple que celui de Serge Lehman et si vous avez été allergique a la complexité scénaristique et aux multiples références de La Brigade, il se pourrait que vous accrochiez davantage aux Sentinelles, BD oh combien plus accessible. Bien évidement, en écrivant cela, je laisse sous-entendre que l’œuvre de Dorison est inférieure à celle de Lehman et, quelque part, sans vouloir être désobligeant pour le premier, c’est le cas. Le problème, c’est que La Brigade Chimérique tient tellement du chef d’œuvre que, forcément, au petit jeu des comparaisons, il n’y a pas photo, ce qui n’enlève en rien l’intérêt que l’on peut éprouver vis-à-vis des Sentinelles, BD plus conventionnelle, certes, mais qui, non seulement, ravira les amateurs d’histoire – et plus précisément les passionnés de la Grande Guerre – mais également ceux des super-héros, même si, comme on peut le découvrir dans les pages de ce premier volet de la saga, ces derniers tiennent davantage des prouesses de la science qu’autre chose. Alors bien entendu, dans ce premier tome des Sentinelles, nous avons droit, en parallèle aux débuts du conflit, aux origines de Taillefer, le héros de la saga, l’introduction des multiples protagonistes et tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un premier volet, mais bon, l’ensemble, plutôt bien dessiné par le sieur Enrique Breccia est non seulement plaisant mais, surtout, fort prometteur, surtout que, historiquement parlant, tout cela est fort instructif – Dorison ayant effectué un travail de documentation assez important. Bref, un excellent premier volet pour une saga qui, sans nul doute, ravira les amateurs du genre !


Points Positifs :
- L’idée d’inclure des super-héros dans la Première Guerre Mondiale est plutôt une bonne chose, même si ces derniers sont à mille lieux des demi-dieux costumés auxquels on est habitués. Ici, c’est la science qui crée des surhommes, ce qui, au passage, crédibilise un peu l’intrigue.
- Taillefer, mi-homme, mi-machine dont on découvre les origines, le charismatique Djibouti, Sentinelle d’une génération précédente. Pour le moment, nous n’avons droit qu’à ces deux là, mais bon, on n’est pas déçus !
- Le travail de documentation de Xavier Dorison qui est assez imposant. De plus, il mêle habilement ses personnages et son intrigue aux événements réels.
- Un bon premier volet qui, comme il fallait s’y attendre, présente le postulat de départ, l’intrigue générale, les protagonistes, etc. De plus, tout cela est fort agréable à la lecture.
- Sans être exceptionnels, les dessins d’Enrique Breccia sont assez plaisants.

Points Négatifs :
- Bien évidement, cela reste inférieur à La Brigade Chimérique – mais bon, ce dernier est tout bonnement hors-concours !
- Des protagonistes un poil stéréotypés tout de même, il faut le reconnaitre.
- Certains n’accrocheront peut-être pas au style d’Enrique Breccia qui, sans être mauvais – bien au contraire – n’est pas non plus exceptionnel.

Ma note : 7,5/10