jeudi 6 février 2014

UNE SÉPARATION


UNE SÉPARATION

Simin demande le divorce, car son mari, Nader, ne veut pas la suivre à l'étranger en compagnie de leur fille de onze ans, Termeh. Nader ne peut s'occuper seul de son vieux père atteint de la maladie d'Alzheimer et engage une femme de ménage, Razieh. La jeune femme est enceinte, mais le dissimule sous un large tchador. Elle travaille, suivie de sa petite fille Samayeh. Mais un jour, Razieh laisse le vieil homme sans surveillance : furieux, Nader, rentré plus tôt, la congédie. Razieh réclame le paiement de ses heures travaillées. Nader la repousse violemment sur le palier ; celle-ci tombe dans l'escalier. La jeune femme fait une fausse couche et intente un procès à Nader. Simin, revenue soutenir son mari, paie la caution qui permettra à Nader de ne pas se retrouver en prison…Mais Razieh a-t-elle dit la vérité ? Et Nader ?


Une séparation
Réalisation : Asghar Farhadi
Scénario : Asghar Farhadi
Musique : Sattar Oraki
Production : Negar Eskandarfar, Asghar Farhadi
Genre : Drame
Titre en vo : Djodāï-yé Nāder az Simin
Pays d’origine : Iran
Parution : 16 mars 2011
Langue d'origine : persan
Durée : 114 min

Casting :
Peyman Maadi : Nader
Leila Hatami : Simin, la femme de Nader
Sarina Farhadi : Termeh, la fille de Simin et Nader, onze ans
Sareh Bayat : Razieh, la femme de ménage
Shahab Hosseyni : Hodjat, le mari de Razieh, cordonnier au chômage
Babak Karimi : le juge
Ali-Ashgar Shahbazi : le père de Nader, 80 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer
Kimia Hosseini : Somayeh, la fille de Razieh et Hodjat, cinq ou six ans
Merila Zarei : Madame Ghahraei, le professeur de Termeh

Mon avis : Le premier film que j’avais eu l’occasion de regarder cette année (accessoirement, ce fut le premier janvier), Le passé, avait été une franche déception ; et il suffit de lire ou relire ma critique pour comprendre mes griefs à l’égard du long métrage d’Asghar Farhadi. Et comme le hasard fait souvent bien les choses, hier soir, sur ARTE, était diffusé une autre œuvre du même réalisateur – même si en fait, je n’en savais rien, n’étant pas non plus un spécialiste du cinéma iranien – Une séparation, un film dont j’avais entendu le plus grand bien, pour les excellentes critiques reçues ainsi que ses distinctions comme l’Ours d’Or du meilleur film en 2011 puis le Golden Globe et l’Oscar l’année suivante. Du coup, l’envie de découvrir par moi-même ce que valait ce long métrage me poussa à le regarder et, assez rapidement, je comprenais que j’allais passer une bonne soirée. Alors bien sûr, le ton du film est pour le moins sombre et il me semble évidant que si vous avez passé une mauvaise journée, mieux vaut passer votre chemin, cependant, dans le genre dramatique et cinéma qui fait réfléchir – mais dans le bon sens du terme est en aucune façon, comme dans beaucoup d’autres films, histoire de se donner un genre – force est de constater qu’Une séparation n’est pas loin de la perfection : se déroulant en Iran, ce qui est peu commun, le spectateur occidental découvre une société bien plus ambiguë que ce à quoi les médias l’ont habituer et qui oscille entre modernisme et tradition, ici, dans le film, un couple aisé et plus ou moins occidentalisé étant opposé à un autre couple, pauvre et religieux. Mais plus que cette séparation entre deux mondes qui s’ignorent quasiment, il est également question d’une séparation d’un couple qui se sépare et qui se déchire tout en continuant à s’aimer, ainsi que de nombreux non-dits et autres mensonges, le spectateur ayant bien du mal à comprendre, assez rapidement, qui dit vrai et qui ment, et ce, sans prendre véritablement parti pour les divers protagonistes, chacun, finalement, ayant ses propres raisons et fautes dans une histoire décidément fort bien maitrisée et qui, au passage, me réconcilie avec Asghar Farhadi.


Points Positifs :
- Une excellente intrigue qui, en partant d’un synopsis pour le moins loin d’etre original et qui nous montre les déchirements entre des gens pour le moins communs, réussi la gageure de captiver le spectateur du début à la fin du film, celui-ci se permettant de s’immerger dans ces divers luttes entre les divers protagonistes.
- Une autre vision de l’Iran auquel on n’est pas vraiment habitué, un pays, par certains côtés, franchement moderne, et par d’autres, conservateur et engluer dans la religion, un pays plein de contrastes et de contradictions, donc, mais qui gagne a etre connu.
- Des acteurs tout simplement excellents, impliqués et crédibles dans leurs rôles avec une petite mention pour Peyman Maadi que j’avais déjà trouvé plutôt bon dans Le passé et qui nous livre une fort belle prestation.

Points Négatifs :
- Peut-être la fin du film, un peu décevante et rapidement expédiée et où l’on ne connait pas le choix de la fille du couple, mais bon, est ce véritablement un défaut ?

Ma note : 8/10

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