mardi 22 juin 2010

L’ÂGE DE LA DÉRAISON : LES OMBRES DE DIEU


L’ÂGE DE LA DÉRAISON : LES OMBRES DE DIEU

Benjamin Franklin, en compagnie de ses amis de la Junte, arrive en Louisiane, à New Paris, contraint de rallier Philippe d’Orléans à sa cause pour sauver l’ébauche de démocratie qu’il a eu tant de mal à mettre en place. C’est là que les vestiges de France subsistent encore mais pour combien de temps… Adrienne de Montchevreuil rejoint elle aussi la Louisiane : elle est sur le point de retrouver son enfant devenu, malgré lui, le prophète de l’armée qui déferle sur le Nouveau Monde. New Paris sera le lieu de la dernière chance : tous devront s’allier s’ils veulent avoir une chance contre leur seul véritable ennemi, les Malakims, dans la formidable bataille qui les attend...

La première chose que je souhaitais dire, même s’il me semble que ce n’est pas la première fois que je procède ainsi, c’est qu’il m’ais, personnellement, toujours difficile d’achever un cycle, que celui-ci soit court ou long. En fait, comme dirait l’autre, ce n’est pas la taille qui compte dans ces cas la mais la qualité ; après tout, un bon roman vaut plus qu’un cycle moyen en vingt volumes. Mais ce que je souhaitais souligner, c’est qu’il ne m’ais jamais facile de devoir quitter une histoire qui m’a plu, qui a su me transporter très loin de mes préoccupations quotidiennes, qui m’aura fait vibrer, qui m’aura scotché tout autant, ne l’oublions pas, qu’il est difficile de devoir quitter des personnages auxquels l’on s’ait attaché et qui, d’une façon ou d’une autre, nous manquerons même s’ils resteront dans nos mémoires pour longtemps. Car bien entendu, et vous l’avez compris, je viens d’achever la lecture du dernier tome de cet excellent cycle qu’est L’âge de la déraison, et comme la première fois que je l’avais lu, j’en ressors diablement satisfait.

Ma précédente critique du troisième tome, L’empire de la déraison, avait put paraître assez dure et effectivement, après coup, je m’en étais fait moi-même la remarque, constatant que ma critique avait été plutôt « a charge ». Cependant, selon moi, cela ne remet absolument pas en question, comme je l’avais précisé, la qualité intrinsèque de cette œuvre, qui, et je vais me répéter mérite amplement que l’on la découvre, mais il me semblait nécessaire qu’a un moment donné, je pointe du doigt les faiblesses de celui-ci. Et pour cela, le moment me semblait plus judicieux lors du tome trois pour deux raisons : tout d’abord, je n’avais plus qu’a abordé les points positifs pour finir mais aussi, de vous parler de mon ressenti de l’intégralité de l’œuvre ; deuxièmement, vu que les deux derniers tomes pourraient parfaitement n’en faire qu’un seul, tant ils sont liés, quelque part, une critique commune pourrait presque se faire, d’où mon choix.

Car ce qui ressort de prime abord des les premières pages des Ombres de Dieu, c’est que l’on a l’impression immédiate de poursuivre la lecture du tome précédant, puisque sans aucune transition, sans aucun saut dans le temps comme il y en avait eu dans les autres volumes, cette fois ci, l’intrigue reprend exactement là où on l’avait laissé et de plus, les coups de théâtre et rebondissements a foisons sur lesquels s’était achevé L’empire de la déraison se prolongeront tout au long de ce quatrième tome, donnant un peu l’impression que celui-ci n’est que la conclusion de son prédécesseur qui se prolongerait encore et encore sur près de quatre cents pages. Du coup, forcement, ceux qui n’auraient pas apprécié cette surenchère trouveront une fois de plus à redire, et quelque part, il ne serait pas foncièrement faux d’affirmer que Greg Keyes, dans son style narratif, s’est un peu loupé, en faisant un peu trop. Cependant, et même, devrais-je dire heureusement, tout cela est largement compensé par une intrigue tout bonnement excellente, qui, des premières pages du tome un au toutes dernières de celui-ci, aura sut captiver l’attention du lecteur. Car si celui-ci tombe sous le charme (on peut ne pas aimer, après tout, les gouts et les couleurs ne se discutent pas dis t’on) des péripéties de Benjamin Franklin et d’Adrienne de Montchevreuil, ainsi que de cette formidable lute entre l’espèce humaine et les Malakims, ces mystérieux anges, fées, esprits, fantômes de nos légendes depuis la nuit des temps, ce cycle sera une véritable jouissance pour lui, incontestablement.

Alors bien sur, Les ombres de Dieu sont le parfait exemple de ce qu’est une fin de cycle (d’ailleurs, qu’elle soit réussie ou non, mais dans le cas présent, ca va) puisque forcement est venu le temps des réponses a toutes les questions que l’on se posait, que l’on connaît enfin le sort de la bataille contre les Malakims (a votre avis, nos héros vont-ils s’en sortir ? Franchement, vous en doutez ?) mais aussi, et surtout, celui des très nombreux protagonistes de cette longue histoire et là, attention, nous allons avoir droit a un massacre et pas mal de têtes vont tomber (du coup, en en tremblerait presque pour certains). Après coup, cette relecture du final m’a même davantage plu que lors de la première fois, il y a environ trois ans mais je pense que j’avais du, la fois précédente, finir en pleine nuit, a toute vitesse et ivre de sommeil. Cependant, ce qui n’a pas changé, et cela, je le regrette, c’est que cette fin, correcte dans l’ensemble, manque un peu, malgré le panache de la bataille finale, d’une certaine cohérence et aurait gagnée a être un peu développée : Greg Keyes, a force de nous avoir pondu je ne sais plus combien de protagonistes, en a tout bonnement oublié un bon nombre a la fin et du coup, le lecteur ne pourra que s’interroger sur le sort de pas mal de personnages plus ou moins importants, ce qui est tout de même dommage et viens un peu gâcher le plaisir.

Enfin bon, malgré toutes les petites critiques que j’ai put emmètre tout au long des quatre tomes, vous l’avez compris, je considère le cycle de L’âge de la déraison comme l’une des plus belle, et intéressante, réussite de ces dernières années, incontestablement. Tant par ces excellentes idées, son originalité étonnante de part les temps qui courent, ses personnages (certains historiques, d’autres imaginaires, a vous de trouver qui est qui) et son mélange des genres réussie (pour rappel, entre roman de cape et épée, Uchronie, Steampunk, Fantasy etc.), Greg Keyes a réussi une œuvre majeure, dont je ne nie ni n’occulte les défauts de style ou narratifs, mais qui restera dans les annales de la littérature fantastique de ce début de millénaire. Une œuvre à découvrir de toute urgence.

vendredi 18 juin 2010

L’ÂGE DE LA DÉRAISON : L’EMPIRE DE LA DÉRAISON


L’ÂGE DE LA DÉRAISON : L’EMPIRE DE LA DÉRAISON

Les sombres créatures découvertes par Newton et Franklin ont désormais un nom : les Malakims. Après avoir bouleversé toute l’Europe, ils se dirigent cette fois vers l’Amérique où leur instrument de destruction prend la forme d’un bien étrange personnage, appelé Enfant-Soleil. Benjamin Franklin et sa Junte, la société secrète qu’il a organisée, sont sur leurs gardes et luttent farouchement pour venir à bout de ces anges démoniaques. Il aura besoin de l’aide du chaman Red Shoes mais aussi d’Adrienne de Montchevreuil, toujours en quête de son fils disparu. La science pourra-t-elle les aider à conserver les dernières franges de liberté et de raison de l’humanité ?

Une dizaine d’années ce sont écoulées et l’on retrouve les protagonistes du Cycle de l’Age de la déraison, Franklin, Adrienne de Montchevreuil, Red Shoes et les autres, plus âgés, toujours en lute avec les Malakims (enfin, pas tous au même temps mais cela viendra), mais surtout, sur un nouveau continent, l’Amérique du nord, où l’action s’est transposée, abandonnant une bonne fois pour toutes « l’ancien monde » comme on le dit parfois, avec souvent une pointe de mépris d’ailleurs mais bon, de l’autre coté de l’Atlantique. Car ce troisième tome, de part le saut dans le temps effectuer mais aussi par le déplacement géographique (certes, pour ce qui est d’Adrienne et ses compagnons, le lecteur les retrouvera au début en Russie mais assez rapidement, ils partiront eux aussi pour le nouveau monde, traversant l’Asie et abandonnant définitivement l’Europe, quasi omniprésente dans les deux premiers volumes) est un tournant dans le cycle « uchronosteampunkfantasy » (ouf !) de Greg Keyes qui se décompose ainsi en deux parties distinctes : la première, avec des protagonistes plus jeunes, que le lecteur découvre petit à petit tandis que l’intrigue se met doucement en place, et qui a lieu en Europe, et la seconde, où aura lieu l’affrontement final contre les Malakims et qui se déroule en Amérique du nord. Alors certes, après deux tomes, le lecteur est plus qu’en terrain connu et c’est donc avec plaisir (car il me semble évidant que quelque soit le cycle, et à moins d’être maso, si celui-ci ne nous plait pas, on abandonne au plus tard vers le deuxième volume) qu’il retrouve a la fois des personnages qu’il connaît bien désormais mais aussi, et surtout, avec l’envie de voir ce que l’auteur lui a contacté.

Jusque là, il faut l’avouer, Greg Keyes nous a fait un presque sans faute ; en toute sincérité, L’âge de la déraison, même si ce n’est pas le cycle le plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de lire, et malgré quelques petites imperfections déjà abordées dans les critiques des deux premiers volumes, mérite largement le détour, ne serais ce que par les idées qui y sont abordées, une excellente intrigue plutôt captivante, et des personnages auquel l’on s’attache rapidement. Cependant, si les deux premiers volumes m’avaient largement enthousiasmé, je dois reconnaître que la suite m’a un peu laissé sur ma faim. Oh, pas forcement par le déclin dans l’intérêt d’un scénario qui donne une envie irrésistible de découvrir la suite (dur d’aller se coucher le soir) ni par le fait que celui-ci puisse tourner en rond et que le lecteur puisse commencer à ressentir une certaine lassitude. Après tout, de ce coté là, cet Empire de la déraison est dans la lignée de ses prédécesseurs. Cependant, et cela est surtout vrais vers la fin de ce troisième tome et le quatrième sera pire (bref, vous savez or et déjà a quoi vous attendre), les rebondissements a gogo et autres coups de théâtre, déjà suffisamment présents a mon gout dans les deux premiers volumes, atteignent des proportions si importantes que cela gâche un peu le plaisir, les dernières pages étant même le summum du genre. Certes, le scénario est tellement captivant, les révélations de plus en plus nombreuses sur les Malakims et le sort qu’ils comptent faire aux humains et les protagonistes, toujours aussi charismatiques et plus nombreux (désormais, ce n’est plus trois mais quatre groupes de personnages que l’on suit, jusqu’où ira-t-on ???) que le lecteur pourra passer largement outre ces quelques défauts signalés. Mais bon, personnellement, à mes yeux, trop de coups de théâtre tuent les coups de théâtre et je trouve cette espèce de fuite en avant dans le « toujours plus… » (Fort, loin etc.) assez dommageable.

Pour finir, je ne pouvais ne pas m’empêcher de signaler et surtout de souligner les origines de l’auteur de cette œuvre : Greg Keyes est un américain et cela se voit, tant par ses qualités que par quelques défauts. Bien évidement, l’intrigue est excellente, cela, je ne le nie pas le moins du monde, et d’ailleurs, la transposition entre lutte contre les envahisseurs Malakims et la guerre d’indépendance américaine n’aura pas échappé à l’œil averti du lecteur. Mais si le postulat de base et les points communs sont, je trouve, une bonne idée, certaines phrases, certaines idées développées peuvent agacer à force, surtout quand le lecteur est, comme je peux l’être, assez europhile de conviction : lire régulièrement que l’ancien monde ne fut qu’injustices pendant des siècles, qu’il doit être abandonner et que l’avenir ne peut passer que par l’Amérique, franchement, cela agace au bout d’un moment ; surtout que cela ne se justifie pas toujours : Franklin et ses alliés lutent-ils pour la survie de l’humanité ou juste pour l’Amérique ? A priori, la première réponse est la bonne, mais bon parfois, l’on peut douter. Enfin bon, je ne suis peut être pas assez objectif pour être impartial sur ce coup ?

Enfin bref, malgré une critique peu engageante (il me semble clair que je n’ai pas été très tendre) sur ce troisième tome de L’âge de la déraison, je tenais à rétablir une certaine justice, surtout vis-à-vis des éventuels futurs lecteurs du cycle : même si j’ai pointé du doigt bon nombre d’éléments négatifs, cet Empire de la déraison n’en reste pas moins un bon roman, dans la veine de ces prédécesseurs, peut être un peu inférieur en raison du rythme digne d’un film d’action de seconde zone des dernières pages, mais qui, tant par son scénario, tant par ses personnages, et surtout, de part toutes les excellentes idées abordées mérite largement le détour. Cela, on ne peut le contester.

dimanche 13 juin 2010

RUE DES CHIENS MARINS


RUE DES CHIENS MARINS

La vie n’est pas gaie à bord d’un u-boot. Le plus souvent, on reste enfermé et la monotonie n’est généralement brisée que par l’attaque d’un navire ou les bombardements des Alliés qui tentent de couler le sous-marin. Josef, pour éviter de sombrer dans la folie, converse souvent avec un drôle de phoque. Il lui raconte son enfance, ses deux frères... et puis Emma, la jolie Emma, qui joue si mal du violon, mais qui est si radieuse. Il l’a vu partir avec sa maman pour les camps. Parce qu’elle est juive, Emma. Et lui, Josef, n’a rie pu faire contre ça. Deux jours après, il recevait son papier de mobilisation, direction la kriegsmarine.

Des la couverture, les habitués du Journal de Feanor vont peut être râlé, et ce, a tord ou a raison : « encore un truc lié a la seconde guerre mondiale, ca commence à faire beaucoup ! Ne nous avait-il pas sortis une BD, pas plus tard que la semaine dernière avec des SS et des vikings, encore un truc abracadabrantesque !? ». Oui, ce n’est pas faux. Pourtant, il y a une différence de taille entre ces deux œuvres, que je me suis procuré pour la petite histoire le même jour mais bon, cela, je pense que tout le monde s’en moque un peu, Rue des chiens marins et Viking, les racines de l’ordre noir. La première, qui nous préoccupe aujourd’hui, serait incontestablement plus à classer dans le genre « intimiste », tandis que l’autre est bien plus « grand public », tant par les thèmes abordés que par l’intrigue. Car ce sympathique Rue des chiens marins, de l’auteur belge Constant, en plus de ce suffire à lui-même (ouf, pour une fois que je ne me lance pas dans un énième cycle en 36 tomes) fait parti de ce genre d’œuvres dites « a part », qui méritent que l’on s’y attardent, même si, comme vous allez le voir, tout n’est pas parfait.

Je ne connaissais pas cette collection de chez l’éditeur Lombard, Signé, mais je trouve le concept plutôt intéressant : des auteurs différents a chaque fois, signent (d’où le titre, forcément) une œuvre pour la plupart du temps en un volume dite à la fois personnelle, intimiste et à laquelle ils ont apporté tous leur talent (dixit l’éditeur). Ainsi, lorsque je suis tombé sur cette BD, j’ai d’abord été attiré par la couverture, au dessin qui pourra en rebuter plus d’un mais qui éveilla néanmoins mon intention, puis, après l’avoir feuilleter, je me suis dit que celle-ci méritait de figurer dans ma petite bibliothèque personnelle. Et sincèrement, je ne le regrette pas le moins du monde. Il est rare, disons le en toute franchise, de tomber sur des œuvres dans le genre, surtout au vu de la quantité phénoménale de l’offre en bande dessinée de ces dernières années. Bien souvent, le lecteur se contente des titres les plus connus, ou les plus médiatiques, ce qui fait que bien des petites passent inaperçues. Bon, Rue des chiens marins n’est peut être pas la merveille de l’année, loin de là une telle affirmation, mais cette petite histoire à la fois triste et amusante, sérieuse de part la trame de fond (après tout, nous sommes en pleine seconde guerre mondiale) mais un peu hallucinée quand même puisque le héros, ce jeune sous-marinier de la Kriegsmarine passe une grosse partie de l’album à discuter avec un phoque, ne peut laisser le lecteur indifférent. Et une fois ce fait a priori incongrus accepter par le lecteur (et cela viens assez rapidement), celui-ci se laisse bercé, au gré d’une histoire attachante et des incessants allers retours entre la vie dans un U-Boot, avec les conflits, les dangers, le confinement, et les souvenirs de jeunesse du jeune Joseph, le héros de cette histoire, le tout, dépeint par un dessin au style affirmé mais loin des « canons » habituels des grosses productions modernes (ce qui peut déplaire à certains, je le reconnais).

Alors, tout est parfait dans ce Rue des chiens marins ? Et bien en fait, pas vraiment. Certes, j’ai passé un bon moment lors de sa lecture et de ce coté là, il n’y a rien à redire, je ne regrette pas le moins du monde l’achat de cette bande dessinée. Par contre, comment ignorer que malgré la qualité du scénario, celui-ci a tout de même du mal a décoller, ou au moins, a nous entrainer dans une sphère de réflexion que l’on aurait espérer plus élevée. De même, les discussions à nature philosophique entre le phoque et Joseph, n’apportent finalement à celui-ci que la réminiscence de ces souvenirs, rien de plus. Et puis bon, quelque part, certains raccourcis de l’intrigue sont un peu faciles voir plus que vus et revus : combien de fois, sincèrement, n’a-t-on pas eu droit au coup du soldat allemand amoureux d’une juive (Et en plus, elle joue du violon) ? Franchement, je ne compte même plus.

Mais bon, malgré ces quelques petits points faibles, et même si je m’attendais peut être a un peu plus de cette bande dessinée, j’ai quand même suffisamment apprécié cette Rue des chiens marins et n’hésite pas a le recommander à tous ceux qui en ont un peu assez de l’esbroufe des grosses séries. Et puis bon, ce n’est peut être pas le truc le plus original de l’année mais ses qualités feront que vous en passerez outre et que vous passerez surement un aussi bon moment que moi lors de sa lecture.

samedi 5 juin 2010

LES RACINES DE L’ORDRE NOIR : VIKINGS : TOME 1


LES RACINES DE L’ORDRE NOIR : VIKINGS : TOME 1

1944. Un commando SS explore les profondeurs des forêts à la recherche de la sépulture perdue de Rollon, le premier duc de Normandie. Mille ans après l’arrivée des Vikings en terre franque, quel trésor pousse les nazis à remuer ainsi ciel et terre ? Recruté par la résistance française, Pierre Le Bihan, brillant archéologue, doit replonger dans l’histoire de Rollon et en dénouer les mystères pour contrer la puissante SS. Aidé de Joséphine, une jeune et jolie résistante, il n’a d’autre choix que d’affronter l’occupant et de découvrir avant lui un secret dont dépend l’avenir du IIIe Reich et l’issue de la Seconde Guerre mondiale. La Saga de Rollon le Normand. 1000 ans après, l’histoire recommence.

En fait, je pense que je suis complètement fou. Oui, je le reconnais. Prenez par exemple cette BD qui en est le parfait exemple : a votre avis, pourquoi celle-ci a attiré mon attention ? Pourquoi celle-ci et pas une autre, surtout que, en toute objectivité, ce n’est pas les suites a des cycles que j’ai commencé et que je n’ai jamais achevé (du moins, pas encore) qui manquent. Pourquoi donc me lancer dans l’achat d’une bande dessinée où sur la couverture, il est marquer en gros « tome 1 » ? On ne pourra pas dire que j’ai été pris en traitre, je savais où je me lançais. Mais que voulez vous, alors que je déambulais dans les rayons, « juste pour regarder, rien d’autre » (mais oui, bien sur), un premier coup d’œil sur celle-ci ne me dit rien : « une BD sur les vikings, bof, je m’en fiche ! ». Puis, cinq minutes plus tard, je repasse devant et je m’aperçois que sur l’illustration de la couverture, derrière ces fameux hommes du nord, il y a une … croix gammée ! Ah ! Qu’est ce donc que ceci ? Un lien entre les vikings et les nazis !? Et voila que je me saisis de la chose, que je la feuillette et que je repars avec. Tout simplement.

Bref, deux choses : comme élément attirant l’œil du client, les nazis marchent bien en fait, mais bon, au moins, avec eux, on sait a quoi s’en tenir : comme « méchants » d’une histoire, il est difficile de faire « mieux » ; salauds, sadiques, avec leur théories détestables sur la supériorité de la race germanique et l’infériorité des autres, leurs lubies pour l’occultisme, la Thulé, l’Atlantide etc., ils ont tout pour faire passer un type comme Sauron pour un joyeux drille. Par contre, et j’en viens a ma deuxième chose, pour ce qui est de l’originalité, on repassera, ceux-ci étant surexploité depuis des décennies tant dans les films, les romans ou les BDs. Ainsi, pour ce qui est de ce média, on ne compte plus depuis longtemps les séries où l’on retrouve ceux-ci, d’ailleurs, un petit tour sur les bandes dessinées dont je parle sur ce blog vous confirmera un peu la chose. En fait, dans le monde de la BD européenne, le lecteur retrouve souvent deux grands courants (ce ne sont pas les seuls mais ils sont surreprésentés) : les récits de nazis et ceux de secrets et de complots de l’Eglise Catholique. Et devinez quoi ?

Vous n’avez pas compris ? Je vous le donne dans le mille : ce Viking, les racines de l’ordre noir exploite les deux thèmes ci-dessus cités, car aux nazis s’ajoute donc les habituelles petites cachoteries du catholicisme et le fameux, bâillement, « secret qui pourrait remettre en cause l’existence même de la chrétienté toute entière », rien que ca ! Bref, si l’on se doutait au départ que l’originalité n’allait pas être le point positif de cette BD, au bout de quelques pages, l’affaire s’avérait être encore plus compliquée que ca, d’où une certaine perplexité, au point où l’on se trouve de cette critique quand à la valeur et l’intérêt de la chose.

Pourtant, après coup, et même si je n’ai pas franchement été tendre avec cette œuvre jusque là, je dois reconnaître que celle-ci s’en sort ma fois assez bien. Ouh là, n’allez pas imaginer que l’on à a faire au truc de l’année, que cette histoire tirée d’un roman (qui accessoirement a assez bien marché apparemment, personnellement je ne connaissais pas mais bon je suis loin d’avoir la science infuse) du propre scénariste de la BD révolutionnera le genre ou se démarquera de part d’innombrables qualités de la production du genre habituel. Bien loin de moi une telle idée. Cependant, malgré un manque flagrant d’originalité, des personnages un peu trop caricaturaux à mon gout (Le Bihan et sa « copine » étant un comble du mauvais gout surtout la fille qui ne semble s’intéresser qu’au camembert, véridique) et des dessins qui alternent entre le correct voir l’agréable mais aussi, hélas, le plus que douteux sur certaines cases, je trouve que ce premier tome de Vikings s’en sort plutôt bien, ou, du moins, a su éveiller comme il le faut mon intérêt. Probablement que cela est dut au fait que je suis assez attirer par toutes ces histoires de conspirations, de secrets détenus par l’Eglise, le tout mâtiné d’Histoire et avec les nazis pour compléter le tout. Mais aussi, reconnaissons le, grâce a un scénario qui, a défaut d’être original ou tout simplement parfaitement réussi, possède un petit quelque chose qui fait que le lecteur est rapidement captivé et ne peut s’empêcher de désirer connaître le fin mot de l’histoire. Et ce, même si celui-ci ne révolutionnera probablement pas le genre…

Bref, vous l’avez compris, ce premier tome de Vikings est peut être sympathique mais est loin d’être franchement indispensable. Après, si vous êtes un passionné comme moi du genre abordé (ou plutôt des genres) et que vous ne vous en êtes pas encore lassé, alors jetez y un petit coup d’œil, il pourra, éventuellement, vous plaire. Maintenant, de là a vous le procurez comme moi, cela n’est peut être pas nécessaire. Après tout, douze euros et quelques, c’est une petite somme, non ?

WATCHMEN


WATCHMEN

New York, 1985 sur notre calendrier, minuit moins douze sur l'horloge de l'holocauste nucléaire. Une loi interdit désormais aux super héros d'exercer leurs pouvoirs. Seuls quelques-uns restent à la solde du gouvernement. Les autres vieillissent et s'interrogent sur leur inutilité.
Vendredi soir, le Comédien, agent numéro un du gouvernement américain depuis quarante ans, est mort à New York. Qui a assassiné cet ancien membre des Gardiens, un groupe de super-héros aujourd'hui dissous ? Et pourquoi ?
Mû par un terrible soupçon, Rorschach, le détective psychotique qui a préféré devenir un hors-la-loi plutôt que d'accepter les nouvelles règles, contacte ses ex-partenaires, un « tueur de masques » est après eux.
Alors commence une traque sans pitié, où chacun apportera sa pièce du puzzle pour révéler peu à peu l'inimaginable vérité...
Tandis qu'inexorablement, les aiguilles se rapprochent de minuit.

Et voilà, après tants d’années, pour ne pas dire des décennies a lire des comics, mais aussi, car c’est le cas depuis plus d’un an, a les abandonner régulièrement, toujours pour les mêmes raisons (en gros, répétitivité des histoires, aucunes véritables évolutions, tous changements notables étant reléguer aux oubliettes a chaque changement d’auteur, univers partagé avec ses éternels contraintes, retour en arrière pour soit disant ne pas froisser les fans, morts qui ressuscitent tôt ou tard, parfois des l’épisode suivant et surtout la certitude que ces séries qui ont quasiment toutes plus de cinquante ans, voir plus, nous enterrerons toutes), voilà donc que finalement, j’ai enfin lu l’œuvre culte par excellence du genre, celle sur laquelle tout le monde ou presque (mais fort rares sont les détracteurs) est d’accord pour en louer l’excellence, l’importance et la valeur, je veux bien entendu parler de The Watchmen. Oui, il m’aura fallu des années pour finalement avoir l’occasion de la découvrir, alors que, comme bien souvent avec moi (un exemple tout bête, Elric pour la Fantasy), je connaissais l’œuvre depuis des lustres, ayant lu et relu moult commentaires et critiques fort élogieuses a son sujet, connaissant les principaux protagonistes, l’intrigue dans ses grandes lignes et les implications qui en découlent. Bref, ce Watchmen, quelque part, avant même de lire la première page, c’était un peu comme si je me lançais dans une relecture où le plaisir des rebondissements et des coups de théâtre n’auraient pas la même saveur. Un peu car forcement, ce n’était pas entièrement le cas, bien entendu ; après tout, ce n’est pas parce qu’une œuvre est connue, dans ses grandes lignes, que l’on peut se passer de la découvrir pour de bon : va-t-on donc se priver de lire, toutes proportions gardées, Hamlet ou l’Iliade uniquement parce que tout le monde ou presque connaît les intrigues par cœur ? Bien évidement, non. Pour Watchmen (attention, je ne compare cette BD malgré ses innombrables qualités aux deux œuvres citées) donc, qui est au monde des comics ce qu’Hamlet est au théâtre où les Beatles à la musique, c’était un peu le cas ; évidement que cela faisait longtemps que je comptais me plonger dans ce que beaucoup considèrent comme la meilleur histoire de super héros de tous les temps (et oui), et comme bien souvent, après coup, je n’ai pas put m’empêcher de me dire : « mais comment ais-je fait pour ne pas avoir lu ce truc plus tôt ?! » (Eternelle phrase qui revient souvent et qui me résume bien en fait). Mais bon, comme dirait l’autre, mieux vaut tard que jamais.

Sauf qu’en fait, avec un truc aussi gros que The Watchmen, je me retrouve en fait comme devant un mur infranchissable. Après tout, il ne faut pas se leurrer, tout a déjà été dit et redit ad nauseam depuis près de vingt cinq ans qu’est sortie cette série. Du coup, que pourrais-je ajouter de véritablement neuf, d’original, quelque chose qui vaille véritablement le coup et qui ne fasse pas « énième répétition » ? J’ai eu beau chercher, y réfléchir longuement, j’ai dut m’avouer vaincu ; forcement, en plus, depuis le temps, bon nombre de chroniqueurs ont eu l’occasion de « pondre » de magnifiques critiques ou le feront, quoi qu’il en soit, bien mieux que moi, analysant le moindre détail de la BD, les intentions des auteurs, les répercussions de l’œuvre sur le paysage des comics de super héros car un fait est a ne pas négliger : il y a un avant et un après Watchmen, et l’on ne compte plus, depuis la parution de ce petit bijou, le nombre de références, d’inspirations, d’emprunts au fil des années. Car sans The Watchmen, ou pour la première fois, l’on nous présentait des héros sous un jour sombre, inquiétant voir pas bien dans leur têtes pour bon nombre d’entre eux, cela bien loin de l’archétype super héroïque en court depuis l’âge d’or et le discours bien souvent niais qui en avait découler bien trop souvent, aurait-on connu d’autres cycles majeurs, des protagonistes plus ambigus et un manichéisme fort différent ? Bien évidement que non. Pourtant, malgré le raz de marré et l’immense succès que fut la parution de Watchmen, quelque part, et encore aujourd’hui, cette œuvre est un peu a part dans le monde des comics américains ; jamais inégalé depuis, l’œuvre d’Alan Moore et de Dave Gibbons (tient, comme c’est amusant, deux anglais sont a l’origine de la meilleur histoire de BD super héroïque) reste le summum d’un genre, et le sera probablement définitivement à jamais.

D’ailleurs, quelque part, l’on dit souvent que si l’on ne devrait lire qu’un seul et unique comics de super héros, c’est Watchmen. Cela pourrait être exact sauf qu’en fait, l’affaire est bien plus compliquée que l’on pourrait le croire : comment un parfait néophyte en la matière retiendra toutes les subtilités du genre, tous les clins d’œil a d’autres personnages en d’autres temps et d’autres lieux ? The Watchmen, pour quelqu’un d’étranger a la bande dessinée US ne restera qu’une bonne (ou non) histoire où l’on voit des drôles de héros sans véritables pouvoirs (après tout, seul le quasi divin Dr Manhattan dispose réellement de pouvoirs, et quels pouvoirs d’ailleurs), quadragénaires et vieillissants, bourrés de complexes pour certains, sans morale pour d’autres, violents voir complètements fous pour la plupart ; des héros désabusés, lassés de « casser du petit malfrat » et qui savent que leurs actions ne changera pas le font du problème, mais des héros capables de bien des atrocités afin de parvenir a leurs fins d’ailleurs. Une intrigue qui flirte ouvertement et a dessein avec l’Uchronie, dans un monde ou les deux bocs antagonistes sont au bord de la guerre nucléaire, un monde où ces mêmes héros sont « a la retraite » et où, des les premières pages, l’un d’eux est assassiner ce qui lance le charismatique mais inquiétant Rorschach sur la piste d’un hypothétique tueur de héros qui pourrait bel et bien être l’un d’entre eux. Bref, pour le néophyte, tout cela pourra plaire, mais ne vaut-il pas mieux être un habituer du monde super héroïque pour apprécier a sa juste saveur ce que Moore et Gibbons ont concocté avec maestria ? Comment le lecteur, habitué aux habituelles grosses productions de Marvel et DC où soit disant tout change et rien ne sera jamais plus comme avant alors qu’en fait, la seule chose qui est sure, avec leurs séries phares, c’est que la seule chose qui y règne en maitre, c’est le détestable statu quo, ne pourra pas accueillir avec joie une série, avec un début et une fin (cela a l’air stupide dit comme cela mais c’est fou ce que c’est agréable tout de même), remplie d’idées géniales, a l’univers cohérent, définie et riche (quel travail fait a se sujet, c’en est même rare a ce niveau), avec ses protagonistes géniaux et inoubliables, son intrigue captivante de bout en bout (même quand on en connaît les tenants et les aboutissements, si si, je vous assure que oui) et ce jusqu’au boutisme qui en ressort et qui traduit superbement bien la phrase taguée sur divers murs que l’on aperçoit au fil des pages : « who watches the Watchmen ? »

Oui, qui garde les gardiens ? Incontestablement, The Watchmen restera dans l’histoire de la bande dessinée nord américaine comme une œuvre culte, et ce qui fait de mieux dans son genre, les BDs de super héros. Mais aussi, une œuvre majeure dans la BD en général, tous genres et toutes origines confondus. Alors oui, si vous ne deviez lire dans votre vie qu’un seul comics de super héros costumés, c’est Watchmen qu’il vous faut, et rien d’autre. Par contre, pour en apprécier toute la valeur et la saveur, il me semble évidant qu’être un habitué du genre est largement préférable. Quoi qu’il en soit, si vous vous dites fans de BD, vous ne pouvez pas passer a coté d’un tel monument.

vendredi 4 juin 2010

L’ÂGE DE LA DÉRAISON : L’ALGÈBRE DES ANGES


L’ÂGE DE LA DÉRAISON : L’ALGÈBRE DES ANGES

1722 : deux ans ont passé depuis que les alchimistes de Louis XIV ont précipité une comète sur Londres, dévastant une grande partie de l'Europe. Les véritables instigateurs de cette catastrophe ne sont cependant pas les Français, mais de mystérieuses sortes d'anges dont le but est d'anéantir l'humanité. Dernier espoir pour l'Homme : mettre au point une algèbre angélique afin de lutter contre ses ennemis immatériels. C'est à cette tâche que vont s'atteler Isaac Newton et son apprenti, le jeune Benjamin Franklin, réfugiés à Prague à la cour du Saint-Empereur romain germanique. C'est aussi à quoi s'efforce l'ancienne favorite de Louis XIV, Adrienne de Montchevreuil, luttant pour sa survie dans une France livrée aux brigands, avec son nourrisson et son impénétrable protectrice, Véronique de Crécy. De même, bien que d'une manière moins « scientifique », Red Shoes, un chaman choctaw, tente d'apporter sa pierre à l'édifice en traversant l'Atlantique avec une délégation de colons américains, parmi lesquels le puritain Cotton Mather et le pirate Barbe-Noire, inquiets du sort de l'Ancien Monde. Leurs aventures respectives vont les rassembler à Venise, sous domination turque où doivent s'affronter les forces de Pierre le Grand de Russie et de Charles XII de Suède...

Nous voila donc avec le deuxième tome du cycle de Greg Keyes, L’âge de la déraison, cet Algèbre des Anges où le lecteur suit, une fois de plus, les péripéties du jeune Benjamin Franklin et de la belle Adrienne de Montchevreuil (chacun de son coté, cela va de soit) dans une Europe dévastée par la chute d’une comète sur Londres, provoquée par les alchimistes de Louis XIV, et littéralement en proie au chaos et a la guerre, tandis que de nouvelles menaces se font jour, du coté de la Russie plus précisément. Bien évidement, le lecteur qui aura aimé le premier tome retrouvera avec plaisir des personnages qu’il a appris a connaître et qui lui sont désormais familiers, de même qu’une intrigue qui petit a petit, tout en se complexifiant, commence a dévoiler quelques réponses (oh, mais juste un chouïa, c’est qu’il y a quatre tomes en tout) aux questions que l’on pouvait se poser au sujet de ces mystérieux et inquiétants Malakims, dont on comprend bien qu’ils ne veulent pas le plus grand bien à l’espèce humaine.

Mais pour ce qui est du lecteur, même s’il a aimé Les démons du Roi-Soleil et que ce fut avec une impatience certaine qu’il attendait de se plonger dans sa suite, il faut qu’il sache que l’on lui souhaite bien du courage ; prenez les protagonistes par exemple, déjà, dans le premier tome, ceux-ci étaient fort nombreux, et si l’on pouvait s’attendre a que de nouvelles têtes viennent remplacer fort justement ceux qui sont tombés au champ d’honneur, il était difficile d’imaginer que celles-ci seraient aussi nombreuses, et pas des moindres d’ailleurs puisqu’un troisième personnage principal fait son apparition des les premières pages, Red Shoes, un indien un petit peu (beaucoup) sorcier sur les bords et qui prend rapidement une importance qui le place a égalité avec Franklin et Adrienne, rien que ca. Sur ce point, il est intéressant il me semble de revenir sur ce personnage. Personnellement, je n’ai jamais été attiré plus que cela par les indiens d’Amérique du nord et leur culture, certes, je ne suis pas novice sur celle-ci mais bon, disons que ce n’est pas véritablement ma tasse de thé. Par contre, ce Red Shoes donne immédiatement envie que l’on s’y intéresse (enfin, pour moi, c’est le cas), du moins autant aux légendes évoquées qu’a ces curieux « enfants de l’ombre ». Mais l’arrivée d’un indien, avec tout le folklore qui l’accompagne (dans le sens noble du terme) dans le récit est à mon avis une excellente trouvaille, ne serais ce que pour faire le parallèle entre les différentes façons dont les diverses cultures humaines « voient » les Malakims. Ceci étant dit, d’autres nouveaux font leur apparition, comme le Tsar Pierre bien évidement, Lenka qui aura un important rôle à jouer, Hercule d’Argenson et surtout le mystérieux Capitaine Frisk, personnage a la classe évidente et qui vous révélera bien des surprises. D’ailleurs, il est incroyable de voir a quel point l’auteur a sut créer ou utiliser des protagonistes hauts en couleurs pour la plupart, qu’il les aient inventer comme pour Crécy (quoi que, on devine les sources d’inspiration) ou qu’ils aient véritablement exister, au point que bien souvent, le lecteur ne peut que regretter que chacun n’ait pas la place qu’il mérite au vu de son charisme évidant et que d’autres soient a peine utiliser voir oublier. Surtout qu’entre les habituels, les nouveaux et les « revenants » qui viennent faire un petit coucou, il y a de quoi faire.

Pour l’intrigue, ou plutôt devrais-je dire « les intrigues », nous nous retrouvons dans la lignée du tome un et celle-ci (celles-ci) est (sont) toujours aussi passionnante (s) : que cela soit du point de vu de Franklin, d’Adrienne ou de Red Shoes, le lecteur a droit a un magnifique voyage, parcourant milles lieux, moult citées, allant de rebondissements en coups de théâtre (certes parfois un peu trop faciles voir tirer par les cheveux, hélas) et découvrant des cultures et des légendes aussi variées que celle du Golem a Prague, d’un certain voyage dans la Lune qui emprunte un peu à Cyrano de Bergerac mais qui pourra également, si l’on soit un temps soit peu curieux de nature, a s’intéresser a la rivalité entre Pierre et Charles XII de Suède (figure historique que je ne connaissais pas alors que celui-ci mérite le détour), aux Janissaires etc. Bref, c’est un univers riche, crédible que nous propose Greg Keyes, et ce, malgré le fait que l’on nage incontestablement en pleine Fantasy (sans oublier les petits cotés Steampunk et uchroniques, forcement) : croyez vous donc qu’il existe une si grande différence, de prime abord, entre une Adrienne de Montchevreuil et un magicien d’Heroic Fantasy (et je ne parle même pas de Red Shoes qui lui est ouvertement un sorcier) ? Apparemment, non, sauf que dans le premier cas, tout est explicable scientifiquement parlant (enfin, en fait… mais chut, les révélations, ce n’est pas pour tout de suite), dans l’autre, ce n’est que de la magie.

Pour des raisons personnelles, L’algèbre des Anges est probablement mon volume préféré de la saga, mais comment ne pouvait-il en être autrement lorsqu’une bonne part de l’action se déroule dans la magnifique ville de Prague ? De plus, la première fois que je l’avais lu, je venais tout juste de visiter cette ville, ce qui fut un élément de plus à porter a son crédit à mes yeux. Bien évidement, trois ans plus tard, l’émerveillement et le plaisir de la découverte n’est plus la, ce qui est compréhensible lors d’une relecture mais même ainsi, une fois de plus, je pris énormément de plaisir à le redécouvrir et a suivre les pas de Benjamin Franklin dans les enchanteresses rues Pragoises. Un véritable régal, sans aucun doute.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...