jeudi 27 décembre 2018

TANÂTOS – MENACE SUR PARIS


TANÂTOS – MENACE SUR PARIS

1915… Tanâtos, un mystérieux criminel, inventeur de génie au service du Mal, s’est mis en tête de s’approprier une arme absolue : l’Appolyon-7, une sorte de bombe atomique. Avoir participé directement au déclenchement de la première guerre mondiale ne lui suffit plus. Aussi, pour amasser d’énormes profits grâce à la vente d’armes (il s’est astucieusement emparé d’une des principales usines les fabriquant) doit-il faire durer le conflit. L’utilisation de l’Appolyon-7 en sonnerait, en effet, vraisemblablement le terme. Tanâtos déjoue tous les plans et, au terme d’un abordage audacieux, il coule le paquebot dans lequel la bombe était convoyée. Il emporte l’arme et fait prisonnière Mélanie qui, avec son fiancé Louis Victor, avait la charge de surveiller la bombe. Aux îles Hébrides, dans son repère secret, il confie au professeur Velmann le soin de réamorcer l’engin, que les militaires ont réussi à saboter avant qu’il ne s’en empare. La tâche est délicate : Velmann a besoin d’Osmidium pour rendre à nouveau fonctionnel le détonateur… et cette source d’énergie ne court pas les rues. Pourtant, Tanâtos fomente de jolis projets s'il y parvenait : il aimerait récolter le pactole en menaçant tour à tour France et Allemagne de faire sauter Paris et Berlin… Pendant ce temps, à Paris, la riposte s’organise. On est désormais convaincu de l’implication du bandit masqué dans le naufrage du Lusitania et de la perte de l’Appolyon-7. Pour autant, cette découverte ne parvient pas à mobiliser Louis Victor qui, persuadé de la mort de sa douce maitresse Mélanie, nourrit les plus sombres projets…


Tanâtos – Menace sur Paris
Scénario : Didier Convard
Dessins : Jean-Yves Delitte
Couleurs : Frédérique Avril
Couverture : Jean-Yves Delitte
Editeur : Glénat
Genre : Polar, Uchronie, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 02 février 2011
Nombre de pages : 54

Mon avis : Jusque ici, Jean-Yves Delitte et Didier Convard avaient plutôt bien maitrisé leur création, ce Tanâtos, véritable ode a ce génie du mal fortement inspiré d’un certain Fantomas et qui, sans être un chef d’œuvre absolu – loin de là – avait sur glaner un certain public de fidèles, enthousiasmer par cette semi-uchronie haute en couleurs. Cependant, si Tanâtos avait déjà été loin dans ses plans diaboliques – souvenez vous, c’est lui qui est derrière la Première Guerre Mondiale – cette fois ci, il va aller encore plus loin, beaucoup plus loin ! Déjà, le titre : Menace sur Paris. Oui bon, l’on me rétorquera que celui-ci n’a rien d’exceptionnel en soit, qu’il n’est pas franchement original, mais détrompez vous ! Ce n’est pas une simple menace, tenez-le vous pour dit ! Car cette fois ci, les auteurs ont pris le parti d’entrainer la série encore plus loin dans l’extrême, n’hésitant pas à se débarrasser tout bonnement de l’un des protagonistes principaux de l’intrigue, véritable épave dans ce quatrième tome, ce, dès les premières pages. Cette mort, tout simplement inattendue, pourrait être l’un des grands moments de cette saga tout simplement en raison du coté inattendu de cette dernière et de la rareté de la chose. Après tout, vous en connaissez beaucoup des auteurs qui sacrifient l’un de leurs personnages principaux de cette façon, au beau milieu d’une intrigue ? Quoi qu’il en soit, franchement, chapeau pour ce coup de théâtre et cette incontestable prise de risque ! Ensuite, oubliez l’histoire telle qu’on la connaît. Bien évidement, a moins d’être un parfait demeuré qui prendrait ce qu’il lit dans Tanâtos pour argent comptant, tout a chacun sait que celui-ci, d’abord, n’a pas exister, et qu’ensuite, il n’a pas déclencher la Première Guerre Mondiale. C’est une fiction, point barre. Sauf que, jusque là, les auteurs respectaient plus ou moins une certaine véracité historique (oui bon, de loin mais tout de même), hors, avec le final de cet album, tout simplement inattendu lui aussi et apocalyptique, Tanâtos, la série, part dans une toute autre direction, a la plus grande surprise du lecteur qui ne s’y attendait pas du tout. Quand je vous disais que cela allait aller encore plus loin, beaucoup plus loin ! Indéniablement, Menace sur Paris, quatrième tome de la série, porte celle-ci a des niveaux rarement atteints jusque là ; bien évidement, les trois précédant volumes nous avaient déjà laisser une fort agréable sensation de qualité et un personnage, diabolique tout simplement, comme on n’en voit peu de nos jours, mais tout en maintenant la qualité narrative de l’œuvre et des dessins toujours aussi superbes, Jean-Yves Delitte et Didier Convard poussent le bouchon encore plus loin, n’hésitant pas a s’affranchir des sentiers battus et réussissent même, lors du final de l’album, a rendre mal a l’aise le lecteur qui, comme Mélanie, ne peut s’empêcher de trouver dans toute l’œuvre de Tanâtos, une certaine fascination pour le mal. Quel dommage, car oui, il y a un mais, que, paru en 2011, nous n’ayons plus jamais eu de nouvelles au sujet de cette série, sans nul doute abandonnée par ses auteurs en cours de route alors que, en toute franchise, il y avait encore beaucoup a faire avec ce charismatique génie du mal…


Points Positifs :
- Le final, plutôt inattendu au vu des premiers tomes de la saga, et qui, surtout, fait basculer cette dernière dans l’uchronie pure et dure. Il faut dire – attention aux spoilers – que Paris finit par être littéralement rasé par une explosion atomique, ce qui, ma foi, en aura surpris plus d’un, moi le premier !
- Dans la lignée de ses prédécesseurs, ce quatrième volume de Tanâtos est toujours aussi bon et ravira, sans aucun doute, les fans de la série.
- Le suicide de Louis Victor ! Franchement, c’est plutôt rare qu’un auteur se débarrasse de la sorte de l’un de ses protagonistes principaux, son héros en gros. Et puis, un suicide, qui survient rapidement dans les premières pages de cet album…
- Les fans de Jean-Yves Delitte seront ravis de retrouver l’artiste dans un travail égal a lui-même, c’est-à-dire, plutôt bon pour ce qui est des décors, véhicules, etc.
- Le personnage même de Tanâtos, véritable génie du mal et digne héritier de Fantomas !

Points Négatifs :
- Ce quatrième tome de Tanâtos est paru en… 2011 et, depuis, plus aucune nouvelle, ce qui signifie, forcément, que cette série a été abandonnée par ses auteurs en court de route… Du coup, comment ne pas avoir l’impression d’être pris pour des pigeons par les éditeurs, les auteurs, sur ce coup là, comme cela arrive, malheureusement, un peu trop souvent dans la bande dessinée – un exemple évidant dont je vous ai parler il y a quelques mois, Keltos !
- Comme je l’ai souligner depuis les débuts de cette saga, Jean-Yves Delitte est un bon dessinateur, cependant, s’il excelle à merveille dans les décors et les véhicules en tous genres, il est clair qu’il a beaucoup plus de mal avec les scènes d’actions – personnages trop statiques – et que ses protagonistes ont la fâcheuse tendance a tous se ressembler.

Ma note : 7,5/10

TANÂTOS – LE MYSTÈRE DU LUSITANIA


TANÂTOS – LE MYSTÈRE DU LUSITANIA

En février 1915, au milieu du blizzard de neige qui s’abat sur la péninsule canadienne de Gaspésie, une curieuse ombre plane au-dessus d’une base militaire et scientifique. C’est Tanâtos, l’infâme criminel anarchiste européen, qui a des vues sur Appolyon-7, une invention atomique révolutionnaire. Avec cette arme infernale et dissuasive, les alliés comptent mettre un terme définitif à la guerre en Europe. Ils attendent impatiemment l’arrivée du professeur Velmann, récemment exfiltré d’Allemagne par les français, pour qu’il apporte l’ultime touche à l’arme. Soudain, l’alerte sonne : Tanâtos a été repéré. Les scientifiques accourent au labo, découvrent des soldats tués et arrivent trop tard pour coincer le criminel : Tanâtos s’est envolé, agressant au passage le professeur Manklow, mais laissant l’arme sur place. Au même moment à Paris, Louis Victor, de l’agence de détective Fiat Lux, s’apprête à assumer son ordre d’incorporation. Mais un contre-ordre du ministère de la guerre lui permet d’échapper au front, pour assurer la protection rapprochée d’Appolyon-7. En effet, avant d’être fignolée par Velmann, l’arme doit traverser l’Atlantique, dans le plus grand secret, à bord du Lusitania, un gigantesque paquebot de la marine civile…


Tanâtos – Le Mystère du Lusitania
Scénario : Didier Convard
Dessins : Jean-Yves Delitte
Couleurs : Frédérique Avril
Couverture : Jean-Yves Delitte
Editeur : Glénat
Genre : Polar, Uchronie, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 novembre 2008
Nombre de pages : 54

Mon avis : Inutile de tourner autour du pot plus longtemps, ce troisième tome de Tanâtos, œuvre du duo composé de Didier Convard et de Jean-Yves Delitte, est toujours aussi bon que ses prédécesseurs et ce que j’avais écris il y a quelques jours au sujet des deux premiers volumes est toujours d’actualité, que cela soit en bien ou en mal. Bref, sans grandes surprises, si vous avez appréciez les débuts de la série, vous serez en terrain familier et ce Mystère du Lusitania saura vous ravir, si ce n’était pas le cas auparavant, inutile de vous attarder, ce serait perdre votre temps. Ainsi, du coté du scénario, il n’y a rien a redire, tant celui-ci est toujours égal a lui-même et dans la même veine que ces prédécesseurs : action, intrigues tortueuses mais plausibles, rebondissements inattendus, je tenais néanmoins a rappeler aux éternels insatisfaits que j’entends déjà râler en affirmant qu’il n’y avait pas de bombe atomique en 1915 que, nous nous trouvons dans une fiction, qui plus est dans une uchronie et que du coup, énormément de choses sont permis, si, et ce « si » est important, cela reste du domaine du plausible, et cela est parfaitement le cas. Quant aux dessins, et bien comment dire ? Si le trait de Jean-Yves Delitte est reconnaissable entre mille et que l’artiste est indéniablement doué, il souffre tout de même de deux défauts majeurs selon moi : tout d’abord, ses protagonistes ont tous tendance à se ressembler, ensuite, il a du mal avec les scènes d’actions, ses personnages apparaissant comme trop statiques. Quand a l’intrigue de ce troisième volet, qu’est-ce que j’en ai pensée ? Sincèrement, nous touchons là au gros point fort de cette saga et, sur ce point, il n’y a rien à redire tant Didier Conrad possède un talent certain pour nous tenir en haleine avec ses histoires de ce Fantomas oh combien charismatique et si attirant. Quand a cette histoire de bombe atomique – car c’est de cela que l’on parle – ma foi, une fois que l’on a accepté les hélicoptères, les forteresses volantes et les autres gadgets de Tanâtos dans les volumes précédents, ma foi, pourquoi pas !? Bref, vous l’avez compris, dans la lignée de ses prédécesseurs, Le Mystère du Lusitania est une suite oh combien acceptable à Tanâtos : toujours aussi captivant, il vous fera passer un bon moment, même si, il faut le reconnaitre, il n’est pas exempt de défauts. Mais bon, une fois arriver a la dernière page, la seule chose que l’on a envie, c’est de découvrir la suite, alors, c’est que le jeu, quelque part, en valait la chandelle, vous ne trouvez pas !?


Points Positifs :
- Didier Convard continue avec une certaine habilité à lier le moindre événement de la Première Guerre Mondiale a Tanâtos et donc, ici, c’est le naufrage du Lusitania, suite a un torpillage en règle par un U-Boot allemand, qui est au cœur de l’intrigue, notre Fantomas habituel étant, bien entendu, derrière tout cela. Le résultat ? Disons que cela accouche d’un scénario plutôt réussi et oh combien captivant.
- Si vous avez apprécié les deux premiers volumes, si l’univers de Convard vous a tapé dans l’œil, ma foi, il serait dommage de passer a coté de cette suite qui mérite le détour !
- Le coté Fantomas contre Les Brigades du Tigre qui, ma foi, fonctionne toujours à merveille !
- Les dessins de Jean-Yves Delitte, particulièrement pour ce qui est des décors, des véhicules, etc.
- Textes, expressions d’époque, psychologie des personnages : tout cela renforce la crédibilité de l’ensemble.

Points Négatifs :
- Jean-Yves Delitte est un bon dessinateur, incontestablement, cependant, s’il excelle à merveille dans les décors ou les navires, force est de constater qu’il a beaucoup plus de mal avec les scènes d’actions – personnages trop statiques – et que ses protagonistes ont la fâcheuse tendance a tous se ressembler.
- Un manque flagrant de charisme de la part des héros, du coup, seul Tanâtos – qui reste tout de même une caricature de Fantomas – transparait nettement de cette œuvre.
- Le cadavre du scientifique est resté quasiment a la vue de tout le monde pendant des mois !? Hum, un peu léger de la part de Tanâtos, vous ne trouvez pas ?
- Lorsque Louis Victor, a la fin, est persuader de la noyade de Mélanie, on a l’impression qu’il joue un rôle tellement son visage est inexpressif et ses paroles plus gnangnan qu’autre chose…

Ma note : 7/10

mercredi 26 décembre 2018

LES NOUVEAUX SAUVAGES


LES NOUVEAUX SAUVAGES

Dans le monde actuel, beaucoup de personnes plongent dans le stress ou la dépression et certaines finissent par craquer. Face aux souffrances qu'elles endurent, certaines personnes finissent par céder au désir de vengeance. Six récits sur le thème de la vengeance se succèdent : Pasternak, Mort aux rats, La loi du plus fort, La bombe, La proposition et Jusqu'à ce que la mort nous sépare.


Les Nouveaux Sauvages
Réalisation : Damián Szifrón
Scénario : Damián Szifrón
Musique : Gustavo Santaolalla
Production : El Deseo, Kramer and Sigman Films et Telefe
Genre : Comédie dramatique
Titre en vo : Relatos salvajes
Pays d'origine : Argentine, Espagne
Langue d'origine : espagnol
Date de sortie : 21 août 2014
Durée : 122 mn

Casting :
Darío Grandinetti : Salgado
María Marull : Isabel
Mónica Villa : madame Leguizamón
Julieta Zylberberg : la jeune fille
Rita Cortese : la cuisinière
César Bordón : Cuenca
Juan Santiago Linari : Alexis
Leonardo Sbaraglia : Diego Iturralde
Walter Donado : Mario
Ricardo Darín : Simón Fisher
Nancy Dupláa : Victoria
Luis Mazzeo : le collègue de Simón
Óscar Martínez : Mauricio
María Onetto : Helena
Osmar Núñez : l’avocat
Germán de Silva : José
Diego Velázquez : le procureur
Alan Daicz : Santiago
Érica Rivas : Romina
Diego Gentile : Ariel

Mon avis : Bon, je ne vais pas vous mentir, a la base, je n’étais pas vraiment attirer par Les Nouveaux Sauvages, long métrage argentin dont le postulat de départ – plusieurs sketches sur des individus qui, a un moment donné de leur vie, pétaient littéralement les plombs – n’avait pas de quoi me faire sauter au plafond. Et puis, j’ai vu le premier, celui du crash volontaire d’un avion par un déséquilibré – toute ressemblance avec celui de l'Airbus de la Germanwings du 24 mars 2015 étant, au passage, totalement fortuite – et là, je me suis dit, pourquoi pas ? Oh, certes, je n’étais pas encore complètement convaincu vu que ce dernier était trop court et que le second, Mort au rats, est sans nul doute le moins bon du lot… cependant, dès le troisième sketch, La loi du plus fort ou, comment deux individus, derrière leur volant – et leur ego – peuvent disjoncter totalement, mon opinion à commencer à changer : il faut dire que ces deux beaufs qui se battent a mort pour une histoire débile de « qui a la plus grosse », franchement, cela mérite le détour ! Et c’est à partir de là que Les Nouveaux Sauvages prend toute sa saveur puisque, jusqu’à la fin, et la petite cerise sur le gâteau qu’est Jusqu’à ce que la mort vous sépare, force est de constater que c’est un pur régal dans les pétage de plombs intégrales, les scènes d’hystéries, la violence mais aussi… l’humour ! Car oui, indéniablement, on rigole pas mal devant ces hommes et ces femmes qui, une fois qu’un petit truc à disjoncter dans leur cerveau – et je pense que certains savent parfaitement de quoi je parle – n’ont plus aucune limite et son capables du pire. Bref, si au départ, je n’étais guère emballer par ces Nouveaux Sauvages, l’expérience, après coup, aura été plus que concluante : pour le coté absurde et drôle de la chose, bien entendu, mais aussi parce que ce long métrage n’est qu’un rappel de ce qui peut arriver a tout a chacun, car personne n’est a l’abris, un jour, de péter littéralement les plombs !


Points Positifs :
- Un excellent long métrage sur les pétage de plombs qui peuvent arriver a tout a chacun, ce, par le biais de plusieurs sketches qui, s’ils ne sont pas tous d’égal valeur, ont le mérite de nous montrer diverses situations, le plus souvent de la vie quotidienne, cela, en réussissant a nous faire rire.
- Jusqu’à ce que la mort nous sépare est, indéniablement, le point d’orgue de ce film, cependant, La loi du plus fort est pas mal non plus. A un degré moindre, La proposition et La bombe sont plutôt réussis.
- Ce qui fait le plus peur, en regardant ce film, c’est que ces hommes et ces femmes qui disjonctent, cela pourrait être vous, cela pourrait être moi…
- Des acteurs bien évidement peu connus sous nos latitudes mais qui n’en restent pas moins plutôt bons dans leur rôles respectifs.

Points Négatifs :
- Malheureusement, tous les sketches ne se valent pas et si deux d’entre eux sont effectivement géniaux, deux autres sont sympas mais sans plus, un est beaucoup trop court – Pasternak – et le dernier, Mort au rats, n’est franchement pas terrible, il faut le reconnaitre…
- Il faut être fan de ce genre de films à sketches.

Ma note : 7,5/10

mardi 25 décembre 2018

LA FORÊT DES MYTHAGOS – LAVONDYSS


LA FORÊT DES MYTHAGOS – LAVONDYSS

Des années se sont écoulées depuis la quête qui a mené les frères Huxley au plus profond de la forêt de Ryhope, ce vestige d'un lointain passé hanté par des créatures issues de l'inconscient collectif. Une quête qui laissait inexplorée une partie essentielle de ce territoire : le cœur de la forêt, le royaume ultime, la source de tous les mythes – Lavondyss. Tallis, une adolescente dont le demi-frère, Harry Keeton, a disparu quand elle était petite fille, va entreprendre à son tour le voyage, persuadée qu’Harry est toujours vivant, prisonnier du bois de Ryhope. Mais pour en franchir le seuil, toute une initiation est nécessaire. Et avant d'être en mesure de répondre à l'appel de Lavondyss, Tallis devra accomplir les rituels par lesquels la forêt s'offre et se protège à la fois, fait signe et se refuse...


La Forêt des Mythagos – Lavondyss
Auteur : Robert Holdstock
Type d'ouvrage : Fantasy, Mythologie
Première Parution : 11 mai 1988
Edition Poche : 02 septembre 2004
Titre en vo : Mythago Wood – Lavondyss
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : anglais
Traduction : William Desmond
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 624

Mon avis : Il est indéniable, après lecture de ce second volet de La Forêt des Mythagos, que ce Lavondyss fait partie de ce genre d’œuvres que, soit l’on adore, soit l’on déteste. Et les raisons pour ressentir des avis aussi différents, aux antipodes les uns des autres sont multiples : tout d’abord, comme je vous l’ai déjà dit lors de ma critique du premier volet, il y a le style de cette saga, aux antipodes, donc, de la production lambda de Fantasy, ensuite, force est de constater que si le premier tome de La Forêt des Mythagos était déjà particulier en soit, son écriture, sa conception même restaient tout de même – dans un sens – assez conventionnel, ce qui, il faut en convenir, n’est absolument pas le cas avec Lavondyss. Ici, préparez vous a vous accrocher car la lecture sera ardue, atteignant des sommets de complexité rarement atteints – nous démontrant au passage tout le talent narratif de Robert Holdstock – ce qui m’a fait penser, par moments, qu’il serait presque plus simple de gravir l’Himalaya. J’exagère, bien évidement, mais je dois avouer qu’a certains moments, j’ai eu énormément de mal avec certains passages, chose qui ne m’étais jamais arrivé lors de la lecture du premier tome. Car dans Lavondyss, si un jour le cœur vous dit de vous lancer dans la lecture de ce roman, force est de constater que, en plus de vous armer de courage, vous allez devoir accepter le fait que la structure narrative est particulière, qu’il y aura énormément d’aller-retour dans le temps, que l’on commence a telle époque, que, sans presque sans apercevoir, on poursuit dans le passé avant de revenir au point de départ et que, surtout, en arrivant a un certain point du récit, un spectaculaire bond en avant dans le temps sera effectuer... Bref, de quoi s’y perdre ! D’ailleurs, le temps est l’un des éléments clefs de Lavondyss, et quand en plus, on se rend compte que celui-ci ne s’écoule pas forcement de la même façon et qu’en plus, il y a une belle petite boucle temporelle vers la fin (accessoirement, superbement bien trouvée et écrite), peut être que vous comprendrez a quel point j’ai put galérer lors de ma lecture. Mais quoi qu’il en soit, cela mérite le coup de s’accrocher, indéniablement. Alors certes, la première partie s’étale longuement et le lecteur peut parfois se demander où l’auteur veut en venir avec toute ces chapitres consacrés a l’apprentissage de la jeune Tallis qui, pour couronner le tout et complexifier la chose, semblent bien souvent décousus ; d’ailleurs, entre toutes les références a de multiples légendes (toutes différentes, quoi que…), celles a des procédés shamaniques qui parsèment le récit (et qui en agaceront voire noieront certains), des passages pas forcement clairs ou qui, de prime abord, semblent ne rien avoir avec le récit en court, cette première partie est tout bonnement un sacré défit a relever. Pourtant, même si on peut avoir du mal a tout suivre, quel plaisir finalement de la lire, surtout que, petit a petit, certaines révélations se font. Mais le grand tournant a lieu une fois que Tallis pénètre dans les bois, quand le récit semble prendre des tons plus conventionnels (pourtant, rien n’est moins sur), que de nouveaux protagonistes font leurs apparitions et que les énigmes se… complexifient a notre grand dam (au départ), mais c’est surtout là que l’on commence à se rendre compte où Robert Holdstock veut en venir et que la lecture (apparemment) apparaît comme étant plus simple. Pourtant, nous n’en sommes pas au bout de nos peines et tout en suivant les pérégrinations de Tallis et de Scathach (le jeune guerrier qu’elle vue en vision étant jeune) au sein de la forêt de Ryhope, approchant de plus en plus de son cœur, le fameux Lavondyss, la première forêt, celle qui arriva après l’âge glaciaire, le lecteur devra prendre en compte chaque détail, chaque élément voir même le moindre protagoniste (qui peut apparaître sous un trait, disparaître, puis réapparaitre par la suite sous une autre apparence) ou une simple parole car chaque paragraphe, aussi court soit-il, contient une information importante pour la suite du récit. Le détail peut s'imbriquer dans les rouages de l'énigme aussi bien dans le paragraphe qui suit que bien plus tard dans le récit. Car disons le : Lavondyss est avant tout un immense puzzle, d’une complexité rarement atteinte et qui ne trouve son dénouement et l’intégralité de la révélation de ses mystères que dans les toutes dernières pages et c’est a ce moment là, que la valeur de ce roman prend toute sa saveur, lorsque, admiratif devant le travail accompli par Robert Holdstock sur cette œuvre, le lecteur ne peut que s’incliner devant ce qu’il faut bien nommer une pure réussite. Lavondyss n’est donc pas le genre de roman qui plaira a tout le monde, cela, je ne peux le nier, d’ailleurs, ce n’est que vers la toute fin, en découvrant les conséquences de l’imbrication de toutes les pièces du puzzle, lorsque je me suis rendu compte a quel point tout était murement penser, réfléchis, qu’un détail a telle page occasionnait quelque chose vers la fin mais aussi, et surtout, au début, en découvrant la réelle portée et valeur de cette œuvre que mon opinion, jusque là dubitative c’est faite et que j’ai put m’apercevoir a quel point Lavondyss était une véritable réussite. L'imagination de l'auteur est extraordinaire, parfois déroutante, parfois sanglante, parfois brumeuse, parfois délirante, parfois effrayante et certes, rarement rassurante, mais elle nous donne au final un récit extraordinaire, tout bonnement. Certes, c’est complexe, certes, on est parfois perdu, mais si l’on s’accroche, si l’on prend la peine d’aller jusqu’au bout et si – il faut bien l’avouer – l’on n’est pas un indécrottable allergique aux récits à la fois allégoriques et féeriques, si l’on accepte de quitter le traintrain quotidien de la Fantasy commerciale, alors, Lavondyss pourra vous plaire, indéniablement. Ce qui est amusant, c’est qu’en reprenant des éléments déjà vus dans le premier tome mais en les traitant sous une forme complètement différente, Robert Holdstock nous offre une première partie de cycle tout bonnement exceptionnelle, qui revisite totalement nos légendes, poussant celles-ci jusqu'à leurs retranchements et émerveillant, au passage, le lecteur devant une aussi incontestable réussite.


Points Positifs :
- Un ouvrage d’une complexité peu commune, qui vous fera tourner en bourrique par moments, qui choisis, indéniablement, ses lecteurs, auquel il faut s’accrocher et faire attention au moindre détail… mais qui s’avère, une fois que l’on parvient au bout, une réussite incontestable. Avec Lavondyss, Robert Holdstock nous a livré une œuvre totalement inclassable, étonnante, pas simple d’accès mais tout simplement exceptionnelle !
- Le premier volet de La Forêt des Mythagos nous avait déjà entrainés très loin au cœur des mythes et des légendes de l’humanité, dans Lavondyss, l’auteur va encore plus loin, faisant preuve, au passage, d’une maitrise narrative peu commune.
- Le temps est au cœur du récit : ainsi, tout au long de celui-ci, on alternera entre plusieurs périodes temporelles, on s’y perdra, les protagonistes se rencontreront eux-mêmes dans le futur et dans le passé, bref, de quoi s’y perdre, cependant, une fois que l’on possède une vision de l’ensemble… chapeau bas Mr Holdstock !
- Une nouvelle héroïne dans ce second tome, Tallis, jeune fille qui cherche son frère dans la sombre et inquiétante forêt des Ryhope. Et si celle-ci est la figure principale de ce roman, les autres protagonistes brillent tous par un charisme indéniable.

Points Négatifs :
- Un roman d’une complexité peu commune, probablement un des plus durs qu’il m’a été donné de lire ; bref, il faut s’accrocher, et pas qu’un peu ! Bien évidement, une œuvre comme Lavondyss n’est absolument pas destinée au grand public, ni même, il faut le reconnaitre, a la plupart des amateurs de Fantasy.
- On n’échappe pas à quelques longueurs, particulièrement lors de la première partie.

Ma note : 8,5/10

lundi 24 décembre 2018

Joyeux Noël !


Comme tous les ans, a la même époque, je viens par le biais de ce petit et court billet souhaiter un joyeux Noël et de bonnes fêtes a tous et a toutes. A ma famille la plus proche, qui est la seule qui compte véritablement, mon chat, bien entendu, mes connaissances, qu’elles soient amicales ou professionnelles et, bien entendu, les quelques rares lecteurs de ce blog, c’est-à-dire, ceux qui, par le plus grand des hasards, sont tombés sur cet article… Mais quoi qu’il en soit, même si Noël a, depuis longtemps, surtout par chez nous, un peu perdu de son coté religieux pour être remplacer par le coté mercantile propre a notre époque, je ne vais pas jouer les rabat-joies, loin de là ; après tout, il suffit que je relise le billet de l’année passée – voir celui d’il y a deux ans – pour me dire que, mine de rien, si certains arrêtaient de râler un peu, ils se rendraient compte que la situation était tout de même autrement plus sombre il n’y a pas si longtemps encore – qui vous dit que je transmet ici un petit message aux Gilets Jaunes… Alors, profitons de cette accalmie bien venue et célébrons le réveillon de Noël comme on il se doit, c’est-à-dire, en croyant que cette ancienne célébration romaine du Sol Invictus a quelque chose a voir avec la naissance du Christ ou, tout simplement, uniquement pour profiter d’un bon repas en famille – si vous souhaitez éviter les disputes propres aux grandes réunions familiales, suivez mon conseil, faites le vide autour de vous histoire de vous débarrassez des nuisibles – hein, quoi, comment, ce n’est pas très en rapport avec l’esprit de Noël, oui, je sais... Bref, passez un bon, que dis-je, un excellent réveillon de Noël et, surtout, je vous souhaite d’avoir tout un tas de cadeaux… car bon, on ne va pas se mentir, n’est ce pas ?!

SIXIÈME SENS


SIXIÈME SENS

Psychologue pour enfants, le docteur Malcolm Crowe vient de voir ses compétences officiellement distinguées par la municipalité de Philadelphie. Ce soir-là, il savoure cette reconnaissance en compagnie de sa femme Olivia quand un jeune homme, qui s'est introduit chez eux, tire sur lui et se suicide après lui avoir reproché de ne pas l'avoir délivré de ses peurs et surtout de ne pas avoir pris son problème au sérieux. Un an plus tard, toujours hanté par le drame, Malcolm s'intéresse au cas d'un petit garçon de 8 ans, Cole Sears, dont le comportement étrange est lié à un terrible secret qu'il n'a jusqu'ici partagé avec personne, pas même avec sa mère, qui l'élève seule…


Sixième Sens
Réalisation : M. Night Shyamalan
Scénario : M. Night Shyamalan
Musique : James Newton Howard
Production : Buena Vista Pictures
Genre : Horreur psychologique
Titre en vo : The Sixth Sense
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 2 août 1999
Durée : 107 mn

Casting :
Bruce Willis : Dr. Malcolm Crowe
Haley Joel Osment : Cole Sear
Olivia Williams : Anna Crowe
Toni Collette : Lynn Sear
Donnie Wahlberg : Vincent Grey
Bruce Norris : Stanley Cunningham
Glenn Fitzgerald : Sean
Trevor Morgan : Tommy Tammisimo
Peter Tambakis : Darren
Jeffrey Zubernis : Bobby
M. Night Shyamalan : Dr. Hill
Lisa Summerour : une demoiselle d'honneur
Mischa Barton : Kyra Collins
Greg Wood : M. Collins
Angelica Torn : Mme Collins
KaDee Strickland : visiteur n°5
Samia Shoaib : la jeune femme

Mon avis : Forcement, et ceux qui me connaissent ne seront pas surpris, proposez moi une histoire avec un soupçon de paranormal et cela ne pourra qu’éveiller ma curiosité… Bref, un enfant qui voit des fantômes, des « gens qui sont morts » comme il dit, hum, cela, c’est le genre de truc qui plaira à un vieux fidèle de X-Files. Et, d’entrée de jeu, je dois avouer que, malgré toutes mes réticences passées – principalement dut au fait que je n’ai jamais été un grand fan de Bruce Willis – je fus captivé par l’intrigue dès les premières minutes, ou presque, en fait, dès que le sieur Willis, jouant ici le rôle d’un psychiatre pour enfants, rencontra le jeune Cole Sears, joué ici par le jeune Haley Joel Osment, tout bonnement excellent. Intrigue donc, captivante, sobriété des personnages, y compris et surtout d’un Bruce Willis dans un rôle inhabituel, ce qui nous change de son rôle de bourru dans moult films d’actions sans intérêt (pas plus mal), doutes au départ quant aux problèmes de l’enfant, que l’on pourrait penser victime d’une quelconque maladie mentale avant que l’on ne comprenne une bonne fois pour toutes que celui-ci voit véritablement des morts – le film basculant alors carrément dans le paranormal – mais aussi le coté « rédemption » de Willis, les problèmes de communication entre l’enfant et sa mère donnant parfois des cotés un peu naïfs mais non désagréable au film. Bref, tous ces éléments font que l’on passe un bon moment avec ce Sixième sens. Mais tout cela n’est rien sans le twist final, totalement imprévu, particulièrement pour ce qui est du personnage interprété par Bruce Willis. Ainsi, une fois que l’on apprend la vérité, une fois que l’on comprend tout, une fois passé la stupeur de la révélation, on s’aperçoit que l’intégralité du film regorgeais d’indices, que tout était évidant des les premières minutes, que, forcement, et je ne pense pas faire de spoiler près de vingt ans après la sortie du film, tout indiquait a la base que Bruce Willis (enfin, son personnage) était lui aussi un fantôme. Et, franchement, avouons que tout l’intérêt de l’œuvre repose sur cette révélation. Car, comme je le disais précédemment, si Sixième sens est un bon film, ce n’est pas un grand film. Bien évidement, celui-ci possède tout un tas d’éléments qui captivent suffisamment l’attention du spectateur, bien entendu, les acteurs – y compris Bruce Willis – jouent parfaitement bien et, surtout, la révélation finale est tellement surprenante et inattendue qu’elle mérite à elle seule le détour. Cependant, c’est aussi cela le problème, enlevez celle-ci et il restera tout juste un film, bon, mais un film comme un autre. Certes, une fois cette révélation connue, un second visionnage est nécessaire, histoire de découvrir tous les petits détails, tellement évidents, qui jalonnent ce film, mais bon, de là a crier au chef d’œuvre, je ne pense pas qu’il faille aller jusque là…


Points Positifs :
- Le retournement final qui, non seulement nous surprend de fort belle manière, mais qui, surtout, nous donne envie de revoir ce film, afin que l’on puisse découvrir tous les petits détails flagrants qui nous démontraient depuis le début que le personnage interprété par Bruce Willis était mort.
- Une œuvre plutôt réussie dans le genre horrifique. Bien plus subtile que l’on pourrait croire, Sixième Sens mise tout sur les dialogues entre le psychologue et l’enfant, sur l’ambiance, assez oppressante, mais aussi sur le fait que les effets horrifiques servent le scénario, non le contraire.
- Un casting assez réussi avec, en tête de liste, le jeune Haley Joel Osment, bien entendu, mais on n’oubliera pas un Bruce Willis tout en sobriété, ce qui est chose rare avec lui.

Points Négatifs :
- Certes, Sixième Sens est un bon film mais pas un grand film : ainsi, il apparait comme étant trop court et la thématique du contact avec les morts n’est pas totalement abordée, en dehors d’un exemple, certes réussi, il faut le reconnaitre.
- Un coté un peu gnangnan par moments, dont on se serait bien passer…

Ma note : 7,5/10