jeudi 24 mai 2018

ROMA ÆTERNA


ROMA ÆTERNA

Et si l’Empire romain n’avait jamais disparu ? Voici l’histoire parallèle d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Egypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur élimine un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum. Vers l’an 2650 A.U.C. (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la Ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et l’automobile fait son apparition.


Roma Æterna
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Uchronie
Première Parution : 07 octobre 2003
Edition Française : 18 février 2009
Titre en vo : Roma Eterna
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Jacques Chambon
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 535

Mon avis : Un Empire Romain éternel, tel est le postulat de départ de Roma Æterna, uchronie de Robert Silverberg, bien plus profonde que l’on pourrait le penser de prime abord. Car en plaçant la ligne divergente au moment de l’Exode des Hébreux, qui, dans cet univers, échoua – les chars de Pharaon rattrapant les fugitifs et les massacrants tous jusqu’aux derniers – l’auteur laisse entendre que si Moise n’emmenait pas son peuple hors d’Egypte, il n’y aurait pas eu d’Israël, puis, plus tard, le Christ ne serait pas né, donc, sans religion Chrétienne (et avec une communauté judaïque limité à quelques milliers d’individus), l’Empire Romain se serait maintenu et, en survivant aux invasions barbares, aurait prospérer, bon gré mal gré, jusqu'à nos jours, instaurant une Pax Romana qui aurait éviter bien des conflits à l’humanité. Certes, on pourrais discuter pendant des heures sur la possibilité pour un Empire aussi vaste de pouvoir survivre plus de deux mille ans, mais, et là où l’ouvrage de Silverberg est intéressant, et, quelque part, subversif pour les grandes religions polythéistes, c’est qu’il pose la question suivante : celles-ci n’ont-elles pas causés plus de mal que de bien au fil d’une Histoire bien mouvementé où se succédèrent conflits de religions, massacres au nom de Dieu puis, camps de concentrations et, désormais, fondamentalisme islamiste ? A la lecture de ce Roma Æterna, il est permis d’y croire, car même s’il ne s’agit que d’un ouvrage de science-fiction sans grande prétention, et si l’auteur n’est pas plus complaisant que cela envers cet Empire, capable lui aussi de bien des atrocités, il est indéniable que celui-ci, malgré ses travers, de part sa puissance, évite bon nombre de conflits qui ont emmailler notre Histoire. Composé de plusieurs nouvelles se déroulant à diverses époques de la très longue Histoire de l’Empire Romain, le récit nous entraîne dans les méandres de cette Rome éternelle, qui semble immuable et qui connaît, au court des âges, gloires et revers divers mais qui parvient à se maintenir coûte que coûte et quelque soit le régime. Si ces mêmes nouvelles sont de qualités inégales, elles n’en restent pas moins indispensables pour saisir l’Histoire de l’Empire Romain et le lecteur se retrouve entraîner dans une succession de complots, de conflits, de découvertes et d’explorations a la fois proches et forts éloignées de notre monde réel. Et, sincèrement, je dois avouer que l’on prend un certain plaisir à découvrir ce monde, issu de l’imagination fertile de Robert Silverberg, et que, malgré des passages légèrement moins intéressants, l’ensemble n’en reste pas moins suffisamment accrocheur pour faire de ce Roma Æterna un roman digne d’intérêt doublé d’une uchronie plausible qui laisse songeur en plus, bien entendu, de ne pas être tendre envers les religions monothéistes…


Points Positifs :
- Un postulat de départ franchement intéressant avec cet Empire Romain qui, plutôt que de disparaitre comme dans le monde réel, se serait maintenu contre vents et marées, toujours plus puissant, jusqu’à nos jours.
- La thématique générale qui ressort de cette uchronie et que, malgré ses travers, malgré des périodes de conflits inévitables, cet empire éternel, imposant sa Pax Romana, évite à l’humanité la plupart de ses conflits et des millions de morts.
- Si toutes les nouvelles qui composent cet ouvrage ne se valent pas, l’ensemble reste néanmoins assez bon et comme tout cela est lié, la lecture s’en trouve assez facile voir passionnante pas moments.
- L’ouvrage, mine de rien, est peu complaisant vis-à-vis des religions monothéistes, mais bon, quand on voit tous ce qu’elles sont causées – et causent encore – comme ravage au fil de l’Histoire, on ne peut s’empêcher de se dire que si elles n’avaient pas vu le jour, le monde ne s’en serait que mieux porter…

Points Négatifs :
- Comme je le disais, toutes les nouvelles ne se valent pas et on alterne allègrement entre le franchement bon et le moyen.
- Sincèrement, la dernière partie consacrée aux hébreux et à leur rêve de conquête spatiale, on s’en serait bien passée, surtout que tout cela n’apporte strictement rien au roman.
- Curieux cette volonté de Silverberg de revenir régulièrement sur la décadence de l’Empire Romain tout au long du livre… surtout qu’il dure plus de 2000 ans.

Ma note : 7,5/10

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