vendredi 25 janvier 2013

HAMELIN


HAMELIN

Par un hiver du XIVe siècle, un vieux colporteur s’installe sur la place centrale d’un gros bourg allemand fortifié. Accompagné par le son de sa vièle, il se met à narrer aux badauds la tragique mésaventure qui ravagea la bonne ville de Hamelin, alors qu’il était petit. Cela se déroula en 1284, alors que lui-même était âgé de 10 ans. Cette année là, les rats proliféraient tant et si bien dans la ville, qu’ils parvenaient à dévorer, en meute, des mendiants encore vivants. Vue la colère des habitants, le bourgmestre fit appel à un spécialiste pour dératiser le bourg. L’homme qui s’était présenté était mystérieux, renfermé et il portait sur l’épaule un étrange furet. Lors du premier entretien face aux autorités de la ville, il refusa de communiquer son prix : il lui fallait étudier l’ampleur et la nature de l’invasion avant de savoir combien cela allait coûter. Après quelques jours, il annonça que la situation était grave : qu’il y avait environ 100 bêtes pour chaque habitant. La dératisation intégrale allait donc coûter 100 Ducas – une somme astronomique ! Le bourgmestre accepta toutefois, avec comme dans l’idée malhonnête qu’il ne réussirait pas pleinement sa mission et qu’il serait toujours temps, ensuite, de refuser le paiement. Mal lui en prit…


Hamelin
Scénario : André Houot
Dessins : André Houot
Couleurs : Jocelyne Charrance
Couverture : André Houot
Editeur : Glénat
Genre : Conte, Fantasy
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 05 octobre 2011
Nombre de pages : 48

Mon avis : Bien évidement, les plus attentifs d’entre vous ont déjà entendu parler de la fameuse légende du joueur de flute de Hamelin, de ce village envahit par les rats, de cet étranger mystérieux qui l’en débarrasse en charmant les rongeurs du son de son envoutante flute, de ses cupides villageois qui refusent alors de payer ce qu’ils avaient promis au flutiste et de la terrible vengeance de celui-ci, revenant quelques temps plus tard et amenant derrière lui, tous les enfants du village, laissant leurs parents désemparés. Forcement, ce conte, connus de tous – oui bon, certes, moins que Blanche Neige ou Le petit chaperon rouge mais tout de même – a connu, au fil du temps, bien des adaptations et du coup, en découvrant le sujet de cette bande dessinée, le lecteur méfiant pourra me rétorquer que l’intérêt de celle-ci est loin d’être évidant, et quelque part, je le comprendrais. En effet, a quoi bon ? Oui, a quoi bon une énième version d’un vieux conte qui risque de ne pas apporter grand-chose à celui-ci ? Ou est la prise de risque scénaristique dans tout cela, l’originalité ? Et ben en fait, justement, c’est la que la démarche de André Houot est intéressante car en s’attaquant a une œuvre aussi connue, vu et revue, le risque était grand : risque de ne pas intéresser grand monde, risque de lassitude devant tant de versions, bref, un sacré risque de plantage. Or, et bien heureusement pour nous amateurs de bande dessinées, ce fut la réussite – et quelle réussite – qui fut au rendez vous puisqu’en effet, l’auteur, a la fois scénariste et dessinateur, a réussit le tour de force de rendre intéressant, que dis-je, passionnant, une vieille histoire dont je pensais sincèrement qu’il n’y avait plus grand-chose à tirer. Ainsi, que ce soit par le propos principal, connu de tous – l’intrigue du conte en elle-même avec le flutiste, les rats et les villageois radins – qui ne surprendra personne mais qui n’en est pas moins traiter de fort agréable façon, mais aussi par le récit parallèle, inédit celui-ci, qui a pour protagonistes principaux un enfant handicapé et une jeune adolescente qui fait tourner bien des têtes (pour rester poli) ce qui lui voudra la jalousie puis la haine de ses concitoyens, André Houot nous livre la une fort bonne histoire, a la fois proche et lointaine du récit original et où l’on retrouve des éléments intéressants comme, par exemple, celui du bouc émissaire, thème quasi principal de toute cette histoire. Si l’on ajoute a cela des dessins tout bonnement somptueux – et je pèse mes mots – avec de nombreuses cases occupant presque une page entière et où fourmillent tant de détails, que ce soit dans l’architecture ou dans les « tronches » des personnages, que l’on passera presque plus de temps a les admirer tous qu’a suivre véritablement le récit, pourtant captivant, et vous comprendrez que cet Hamelin, depuis sa désormais lointaine sortie en 2011, reste encore une belle petite réussite, comme on aimerait en voir plus souvent…


Points Positifs :
- Ce qui marque indéniablement, ce sont les dessins, bien évidement. Il faut dire qu’André Houot livre ici un quasi sans fautes et ses planches sont tout simplement magnifiques : fourmillant de détails, cadrages du plus bel effet, personnages a trognes, force est de constater que tout cela est un véritable régal pour les yeux.
- André Houot réussit le tour de force de renouveler un conte vieux comme le monde et archi-connu, pourtant, le pari était loin d’être gagner mais en mettant en avant des protagonistes secondaires et en nous narrant leur histoire, principalement, ce Hamelin sort un peu des sentiers battus.
- Rendons à César ce qui lui appartient et donc, a Jocelyne Charrance, son travail de colorisation sur cette bande dessinée.
- Le petit clin d’œil aux fameux procès d’animaux qui, pour la petite histoire, on bel et bien existés au Moyen-âge.

Points Négatifs :
- En mettant en avant le sort des deux frères et de la jeune fille, l’auteur met, du coup, le joueur de flute au second plan ; certes, ainsi, cela nous permet d’avoir un conte un peu plus original qu’une simple adaptation, cependant, il est dommage que le fameux joueur, charismatique au possible, soit si peu exploité dans cette histoire.

Ma note : 7,5/10

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