vendredi 7 décembre 2012

LE TRÔNE DE FER : INTÉGRALE IV



LE TRÔNE DE FER : INTÉGRALE IV

La Maison Stark est en ruines. Trahi par ses alliés Frey, qui n'ont pas toléré son mariage à la hussarde avec une autre femme que l'une des filles de leur patriarche, Robb Stark a été assassiné aux Jumeaux lors du sinistre épisode des Noces Pourpres, en même temps que sa mère Catelyn. Winterfell a été incendié, les derniers héritiers Stark étant réputés morts ou disparus. A Port-Réal, pourtant, le triomphe des Lannister est amer. Avec les morts de Joffrey et surtout de Tywin, la reine Cersei est isolée, coincée entre ses encombrants nouveaux alliés de Hautjardin, les Tyrell, et le pouvoir fanatique du nouveau Grand Septon. Brouillée avec son frère jumeau Jaime, elle l'envoie dans le Conflans où la forteresse de Vivesaigues arbore toujours la bannière des Stark envers et contre tout. Jaime, à présent mutilé, mesure l'étendue de la tâche : pourra-t-il sécuriser le Trône de Fer pour son fils cadet, que tous pensent être celui du défunt roi Robert Baratheon ? Pourra-t-il aussi laver sa propre réputation de régicide ? Brienne de Torth, qu'il a envoyée à la recherche des deux filles Stark, va devoir traverser des régions dévastées par la guerre civile, sans savoir que son destin se trouve peut-être au bout de la route...

Depuis que j’ai débuté la lecture de cette extraordinaire saga qu’est Le Trône de fer, à la fin de l’été dernier (hum, comme le temps passe vite), il me parait évidant que le volume qui m’inquiétait le plus, quoi que, le terme est probablement exagéré, disons plutôt, le volume qui me rendait le plus perplexe était indubitablement ce A Feast For Crows, ou, en français, Un festin pour les corbeaux, regroupé ici sous le titre bancal de Intégrale IV – mais pour ce qui est de la problématique du découpage, ou plutôt devrais-je dire du charcutage subit par l’œuvre dans nos vertes contrées, je n’en parlerais pas ici, l’ayant déjà fait a de multiples reprises lors de mes précédentes critiques. La raison de cette inquiétude est toute simple, et d’ailleurs, tout fan du Trône de fer sait parfaitement de quoi je parle : se compliquant la tache après moult hésitations dans cette suite à donner à l’extraordinaire A Storm of Swords, l’inimitable Georges Martin, après avoir souhaité faire un bond de cinq ans en avant dans l’intrigue – afin que les protagonistes les plus jeunes grandissent un peu – et constatant rapidement qu’en agissant ainsi, il ne réussissait pas à inclure les très nombreux flashbacks nécessaires a la compréhension de l’œuvre, se décida pour une suite, au départ, bien plus conventionnelle mais qui, très rapidement, atteint des proportions pour le moins monumentales ; ainsi, à la base, ce A Feast For Crows n’était pas loin de dépasser allègrement les deux mille pages. Du coup, décision fut prise de séparer ce volume en deux parties. Cependant, plutôt que d’avoir droit à un quatrième tome I et un quatrième tome II, Martin nous proposa un découpage pour le moins inattendue et qui en déconcerta plus d’un : la séparation géographique. Ainsi, dans A Feast For Crows, le lecteur suivrait les péripéties des Lannister – Cersei et Jaime – mais aussi de Brienne de Torth, Arya et Sansa Stark, des Greyjoy, de Sam et Mestre Aemon en route pour Villevieille tandis que de nouveaux protagonistes faisaient leur apparition du coté de Dorme. Quid de John Snow, Daenerys, Stannis, Mélisandre, Davos et Tyrion, pour ne citer que les plus marquants ? Eh bien, ceux-ci n’apparaitraient que dans le cinquième volume, A Dance with Dragons, censé se déroulé au même moment que les événements de A Feast For Crows. Bref, de quoi en déconcerté plus d’un, surtout que cette suite, prévu pour paraitre rapidement, traina en longueur… dans la grande tradition de la saga.

Du coup, que certains lecteurs crient au scandale ou jugent le procédé pour le moins saugrenue, pouvait, de mon point de vue, pour le moins compréhensible, et ce, même si, personnellement, j’estimais que l’on était sur le coup un peu injuste avec Martin : après tout, autant celui-ci est parfaitement critiquable quant à sa proportion a s’éparpiller a tout va, ce qui lui donne moins de temps à consacrer à l’écriture de son œuvre – mais bon, quelque part, il fait ce qu’il veut – autant ce choix scénaristique ne m’apparaissait pas du tout une mauvaise idée. En son temps, un certain Tolkien n’avait-il pas déjà plus ou moins agis de la sorte une fois la Compagnie de l’Anneau séparée ? Que je sache, on ne critiqua pas l’auteur du Seigneur des anneaux pour cela ? Mais il faut dire qu’à l’époque, la Fantasy n’occupait pas la même place que de nos jours et que, surtout, il n’y avait pas Internet. Car bon, comment dire, j’ai encore en mémoire de longs, forts long passages où il fallait se taper Frodon et Sam qui marchaient, se lamentaient, marchaient, discutaient, marchaient… tandis que par ailleurs, il s’en passait des choses autrement plus intéressantes sur la Terre du Milieu. Mais bon, pour en revenir à nos moutons, c’est-à-dire, au Trône de fer et plus précisément à ce quatrième tome tant décrié par certains, je dois tout de même reconnaitre que, avant lecture de celui-ci, je me demandais tout de même qu’elle allait etre mon ressentit vis-à-vis de celui-ci ? Que j’allais aimer, je n’en doutais pas le moins du monde, par contre, allais-je trouver cela aussi bien que les trois premiers volumes qui eux, mettaient la barre très haut, hum… c’était là une toute autre histoire ?!

Et alors, quid de ce quatrième intégrale, ou A Feast For Crows, pour citer le titre exact de cette œuvre ? Eh bien, ma fois, avouons-le tout de suite, après le summum scénaristique que fut A Storm of Swords, où les événements notables se succédaient les uns aux autres, quasiment sans temps mort, avec un final, Les Noces pourpres et La loi du régicide, qui restera longtemps, très longtemps dans les mémoires de tout lecteur ayant eu la chance de lire Le Trône de fer, force est de constater qu’ici, et bien, ce n’est pas qu’il ne se passe rien (comme j’ai pu le lire ici ou là, ce qui est on ne peut plus faux), mais tout de même, scénaristiquement, c’est beaucoup plus calme : prenant tranquillement son temps, Martin met gentiment en place ses quelques nouveaux protagonistes, plus particulièrement toute la clique dornienne, dont on avait eu un aperçu avec le regretté Oberyn Martell, mort un peu trop selon moi tant le personnage était charismatique (mais c’est là aussi la force de cette œuvre contrairement à bien d’autres : ici, personne n’est à l’abris et quand un personnage ultra charismatique passe rapidement l’arme à gauche, un autre, sans grand intérêt, peut durer toute la saga… en gros, comme dans la vie réelle) et nous entraine de nouveau du côté des Iles de Fer, avec la lutte de succession pour le Trône de grés, avec, là aussi, un nouveau protagoniste qui promet énormément : un certain Œil de Choucas. Mais si quelques nouveautés sont au rendez-vous, les anciens, du moins, une partie d’entre eux, ont droit au chapitre : alors certes, si les passages dédiés a Sam et Brienne ne sont pas inintéressants à strictement parler, car même s’il ne se passe pas grand-chose d’époustouflant avec eux – après tout, ils se contentent de voyager tout le long du bouquin – de par les quelques événements qui leur arrivent, ainsi que par leur évolution, ils n’en sont restent pas moins nécessaires quant à l’évolution de l’intrigue. Mais le point d’orgue de ce A Feast For Crows, bien entendu, sont les chapitres consacrés aux Lannister. Indéniablement, c’est un véritable régal que de suivre les deux jumeaux, Cersei et Jaime, la première, régente du royaume, son fils Tommen étant trop jeune encore, s’englue littéralement dans des mauvais choix qui s’avèrent qui plus est catastrophiques tandis que sa paranoïa et sa haine de sa bru finissent par la pousser à se mettre dans un sacré pétrin au final ; Jaime lui, protagoniste tout bonnement ignoble dans le premier tome de la saga – normal, on ne le voyait que sous le regard un peu trop hypocrite des Stark – poursuit son évolution et semble, une bonne fois pour toutes, quitter le « côté obscur de la force », n’espérant qu’une seule et unique chose : devenir quelqu’un d’honorable, le problème étant l’image que les autres ayant de lui et qui ne s’améliore pas avec le temps – sauf Brienne mais elle, c’est son cœur qui parle. Alors je ne dis pas que tout l’intérêt de ce quatrième volume du Trône de fer repose uniquement sur les péripéties des Lannister, mais que ceux-ci y occupent une place non négligeable et centrale, c’est un fait que l’on ne peut nier.


Bien évidemment, A Feast For Crows, s’il faut le comparer à ses devanciers, apparait néanmoins comme étant inférieure : l’intrigue est certes toujours aussi excellente, la qualité, intrinsèque de la série ne s’est pas envolée subitement du jour au lendemain, et certaines révélations sur le passé de Westeros et des protagonistes méritent amplement le détour, ajoutons à cela quelques événements notables et un final tout bonnement digne des meilleurs moments de la saga est vous comprendrez que mon avis vis-à-vis de ce quatrième volume du Trône de fer est on ne peut plus positif. Pourtant, comme je vous l’ai dit, il n’empêche qu’il apparait comme étant inférieur à ses prédécesseurs ; la faute, probablement, a sa structure qui fait que l’on mette de côté la moitié des personnages principaux, mais aussi, ne l’oublions pas, a cette sensation qu’en presque neuf cent pages, il ne se passe pas, finalement, grand-chose. Quoi qu’il en soit, un très bon ouvrage, selon moi, qui ne dénote absolument pas vis-à-vis de ses devanciers, et ce, même s’il peut dérouter par moments. Enfin bon, tout cela est bien gentil mais il est temps, désormais, de se lancer dans sa suite et voir ce qu’il va advenir de John, Daenerys, Stannis, Tyrion, Theon, Davos et les autres !

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