mardi 30 novembre 2010

Sciences et Avenir n° 765 : Les scientifiques et les extraterrestres


Incontestablement, la revue qui m’aura le plus intéresser en ce mois de novembre aura été le numéro de Science et Avenir qui avait, pour dossier principal, les scientifiques et les extraterrestres, ou plutôt, ce qu’ils en pensaient… et là, je peux le dire, c’est bigrement jouissif que de voir que, en 2010, ceux là mêmes qui, je m’en souviens très bien, il y a encore quelques années, soient niaient forcement la chose, soit ne l’avouais que du bout des lèvres, osent affirmer leurs nouvelles convictions. Nouvelles ? Vraiment ? Ou bien n’osaient ils pas avant ?

Quoi qu’il en soit, cela ne date pas d’aujourd’hui puisque ces dernières années, petit a petit, certaines voies avaient commencer a admettre que la vie puisse exister dans l’univers, ce qui est logique, mais aussi une vie intelligente mais ce qui a bouleverser un peu la donne a eu lieu cette année, il y a quelques mois et est du a une déclaration du célèbre Stephen Hawking : «Ne tentons pas de contacter les extraterrestres ! S’ils nous rendaient visite, nous nous retrouverions dans la même situation catastrophique que les Indiens lorsque Christophe Colomb a débarqué en Amérique ! ». Etonnant, plutôt, car si ce genre de prédictions alarmistes étaient connues, c’était plus dans la bouche d’ufologues, bref, de parfaits allumés comme les dénigraient (souvent a juste raison d’ailleurs) bon nombre de scientifiques.

Ainsi, dans ce numéro de novembre que je vous invite a vous procurer si vous le trouvez encore (ce qui n’est pas forcement évidant a la date où j’écris cet article), c’est des scientifiques connus et jugés « sérieux » qui viennent donner une vision de la vie dans l’univers pas très éloignée de ce que certains affirmaient autrefois. Mais place au sommaire de ce fameux numéro qui fera date selon moi :

Sciences et Avenir
Numéro 765, novembre 2010

Au sommaire :

Les scientifiques et les extraterrestres
- E.T., et s’il nous rendait visite…
- Faut-il avoir peur des extraterrestres ?
- Silence radio depuis 50 ans
- Recherche zone habitable désespérément
- Dessine-moi un E.T.
- Les experts confrontent leurs avis

Georges Charpak, un esprit en liberté
Marc Ferro : « Les gens n’ont plus d’avenir explicite »
Versailles, palais des sciences
Cinq voies pour soulages les migraines
Les jeux vidéo du virtuel au réel
Finance à grande vitesse, la cote d’alerte
Les bracelets hologrammes améliorent ils les performances ?

Bien évidement, nous n’en sommes pas encore aux soucoupes volantes et autre paléocontact avec des civilisations venues d’ailleurs, mais bon, désormais, la vie extraterrestre n’est plus niée comme autrefois, c’est un petit pas mais un pas tout de même, et cela a son importance. Curieusement, ou non, cela me fait penser à ma citation préférée : « D’abord, ils nieront la chose. Ensuite, ils la minimiseront. Enfin, ils diront que cela se savait depuis longtemps. »

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°51 : Les années 30


Comme tous les deux mois, je viens consacrer un petit article a la parution du nouveau numéro de la Nouvelle revue de l’Histoire, qui, après avoir fêté son cinquantième numéro en septembre dernier, nous revient donc avec le… cinquante et unième ! Bigre, c’est fou ce que j’ai l’air vachement motiver sur ce coup. Mais place au sommaire :

La Nouvelle Revue de l’Histoire
Numéro 51, novembre/décembre 2010

Au sommaire :

LES ANNÉES 30 : Rêves et révolutions
- Le style des années 30
- La littérature s’engage en politique
- La France troublée dans une Europe en feu
- Les démocraties en crise
- Les mystères du fascisme
- Doriot et le PPF : espoirs et déceptions

Comment a survécu l’aristocratie britannique
Entretien avec Yann le Bohec : Le miracle romain
Le choc des deux glaives au moyen âge
Charles V le sage
Boni de Castellane, un dandy de la belle époque
Les crises surmontées de 1904 à 1914
Alain Daniélou, le découvreur de l’Inde

Bon, je l’avoue, ce numéro de la NRH fut loin de m’emballer comme ses prédécesseurs ; déjà, lorsque je le vis chez mon libraire, avec la photo d’André Malraux qui en plein conflit espagnol portait pour la photo un mauser 96, puis le sujet principal portant pour la énième fois sur l’entre deux guerres (cette fois ci, c’est les années 30, mais bon, jetez donc un coup d’œil au dossier et vous verrez que l’on déborde un peu, voir beaucoup sur la décennie précédente), la première chose qui me soit venue a l’esprit fut : « encore ! ». Et oui, encore l’entre deux guerres, encore le fascisme, le nazisme, le communisme, encore et toujours les mêmes têtes (Lénine, Blum, Hitler, Mussolini, Staline, etc. etc. etc.), encore un dossier sur les écrivains engagés, sur les opinions du temps… Encore, encore et encore ! Et là, je dis stop ! Le dossier en lui-même n’est pas mauvais, le contraire serait même exact, mais a force d’y avoir droit a presque chaque numéro, un immense sentiment de lassitude ne peut que me gagner et du coup, j’avoue que je n’ai même pas encore finie de le lire, par manque d’envie. Mais c’est là l’un des problèmes selon moi de la NRH qui tourne parfois un peu trop en rond sur la même période, allant, en gros, entre 1900 et 1945. Un exemple tout bête ? L’un des articles de la revue n’est il pas intitulé Les crises surmontées de 1904 à 1914 ? Quand je vous disais que l’on tournait un peu trop en rond…

C’est d’ailleurs dommage car la qualité est toujours au rendez vous avec la NRH, mais le fait de ne quitter que ponctuellement une période, la première moitié du vingtième siècle, commence sérieusement a me lasser. J’espère que le prochain numéro saura nous entrainer a une autre époque, car bon, comment dire, il me semble que dans l’Histoire Humaine, il y a un peu de quoi faire, non ?

KORRIGANS : LE PEUPLE DE DANA


KORRIGANS : LE PEUPLE DE DANA

La nuit de Samain, d'après des croyances irlandaises ancestrales, ouvre des passages vers le monde des temps héroïques. Dans la province d'Ulster, la petite Luaine longe la côte avec ses parents et son grand-père sous la pluie battante. La carriole égarée est bientôt précipitée dans le vide, et la petite fille, protégée par les Korrigans des collines, assiste impuissante à l'enlèvement de sa mère et de son grand-père par les Cluricaunes. Recueillie par les créatures qui l'ont sauvée, Luaine choisit de ne plus retourner dans le monde qu'elle connaît. Par amour pour sa mère, elle entraîne ses nouveaux amis dans un combat sans merci contre le clan adverse. Restée inconsciente à la suite de son passage dans le ventre d’une créature fantastique, Luaine est recueillie par les Tuatha de Danann. Ceux-ci viennent de remporter la victoire dans la bataille qui les oppose à la flotte Formorée. Pendant ce temps, Balor, l’infâme souverain exilé, sonde l’esprit de Grandpa’ et comprend l’avantage que lui donnerait le contrôle des pouvoirs de la mère de Luaine.

Assez curieusement, Korrigans semble s’améliorer avec le temps, en tout cas, c’est l’impression assez nette que j’ai put ressentir a la lecture du Peuple de Dana, troisième volume de la saga de Mosdi et Civiello, ce qui, accessoirement, m’a fait assez plaisir. Car aussi dur cela puisse paraître a l’encontre de cette bande dessinée où le lecteur nage en pleins univers celtique, avec ces lutins, ces malicieuses fées des fontaines, pas forcement sympathiques par ailleurs, ces gobelinoides affreux, ces trolls baveux, ces démons qui se complaisent dans le sadisme et ce nouveau peuple, le fameux « peuple de Dana », que n’aurait pas renié Tolkien et ses elfes, les deux premiers tomes, si l’on mettait de coté les dessins de Civiello, grande force de la saga, sur lesquels il n’y a rien a ajouter, nous avaient plutôt laisser sur notre faim : pas original pour un sous, une intrigue qui ne semblait pas décoller véritablement, les raisons de s’enthousiasmer ne se bousculaient pas vraiment au portillon, bien au contraire. Ainsi, malgré quelques petites qualités (non, non, je ne parle pas des dessins), il était difficile de s’accrocher et de se passionner pour une saga que l’on ne pouvait qualifier de mauvaise, cela serait aller un peu vite en besogne, mais qui semblait se complaire dans la moyenne, semblant se reposer uniquement sur sa force principale, justement, les dessins de Civiello. Un peu court pour en faire une réussite ? Certainement. Fort heureusement, ce troisième tome vient donner un petit coup de pied dans la fourmilière scénaristique (oh, un petit, ne vous attendez pas non plus a l’impossible) et relance l’intérêt de la chose, ce qui n’est pas plus mal.

Il était temps diront les plus pessimistes, et je ne pourrais leur donner totalement tord, partageant le même avis, mais reconnaissons que c’est tout de même une bonne nouvelle, surtout pour ceux qui, comme moi, on claquer leur argent dans ce cycle, alors, pour une fois, essayons d’être un peu plus optimistes que d’habitude et osons un « vaut mieux tard que jamais » même s’il faut savoir ne pas s’emballer, Korrigans n’est pas subitement devenu exceptionnel, loin s’en faut ! Mais enfin, l’intrigue évolue un peu, cela est probablement due au fait que les protagonistes principaux débarquent chez les fameux Tuatha de Danann, que l’on se plait a découvrir un nouveau peuple et que l’annonce d’affrontements futurs promet, surtout que le combat naval qui ouvre l’album, sans être franchement génial, n’en est pas moins agréable et jouissif. De même, le fait que l’on en apprenne un peu plus sur les tenants et aboutissements de certains, comme Balor, fait que le lecteur, commençant a voir où les auteurs veulent mener leur sujet, s’intéressera forcement plus a une intrigue qui jusque là avançait un peu a l’aveuglette, et comme en plus, un personnage semble trahir, l’attente du dernier volume n’en est que plus forte (personnellement, j’attends depuis presque quatre ans alors un jour ou deux de plus). Maintenant, il faut savoir garder les pieds sur Terre puisque si Le peuple de Dana me semble supérieur à ses prédécesseurs, l’ensemble de la série se maintient à un niveau que l’on ne pourra que qualifier de moyen. On verra bien comment tout cela s’achèvera et si le dernier volume rehaussera un peu plus le niveau mais bon, quelque chose me dit qu’il ne faut pas trop espérer a ce sujet là.

THE WATCHMEN


THE WATCHMEN

L'action se déroule en 1985 dans une Amérique alternative, dans laquelle des héros costumés et un surhomme, le Dr Manhattan, ont modifié l'histoire. Les États-Unis ont gagné la guerre du Viêt Nam et Richard Nixon en est à son cinquième mandat, mais les héros costumés sont à présent illégaux. Ils ont tous rangé les masques sauf deux : le brutal et cynique Comédien, qui travaille à présent pour le gouvernement, et le paranoïaque et incontrôlable Rorschach qui est recherché par la police. Lorsque Blake, alias le Comédien, est défenestré après un violent combat dans son appartement, Rorschach mène l'enquête pour découvrir qui l'a tué. Tandis que le monde se dirige vers une confrontation nucléaire, les Watchmen sont menacés par un certain « tueur de masques ». En enquêtant sur le meurtre d'Edward Blake, Rorschach découvre que Blake était le Comédien et conclut que quelqu'un veut essayer de les éliminer un par un. Il essaie de prévenir ses camarades retraités — son ancien partenaire Daniel Dreiberg (le Hibou II), Jonathan Osterman (le Docteur Manhattan) et Laurie Jupiter (le Spectre Soyeux). Dreiberg est incrédule, mais rattache pourtant l'hypothèse au milliardaire Adrian Veidt (Ozymandias), qui l'écarte.

Restons dans le monde des supers héros, après Batman dans The Dark Knight dont j’ai publié la critique hier, avec l’adaptation cinématographique de l’œuvre culte d’Alan Moore, The Watchmen. Véritable monument d’un genre, les comics, avant tout américain mais dans lequel les auteurs britanniques ont excellés depuis des décennies, The Watchmen n’est pas, a la base, qu’une « simple histoire mettant en scène des types costumés » comme les non connaisseurs pourraient le penser de prime abord ; bien au contraire, cette œuvre, sortie dans les années 80 dépasse largement les frontières du genre au point de pouvoir être sans peine être considérée comme l’une des bande dessinée les plus importantes de la fin du vingtième siècle, rien que ca. Si indéniablement, The Watchmen est l’aboutissement d’un genre, le comics de super héros, au point que certains aient put dire qu’après lui, il est difficile de faire aussi bien, si cette œuvre apparaît en haut de l’affiche des titres préférés des amateurs du genre, il est évidant que celle-ci a également conquis de par sa richesse, sa profondeur, son synopsis, bien d’autres lecteurs totalement allergiques a ce qu’ils appellent les pantins en costume moulant. Pourtant, il faut reconnaître que pour pouvoir l’apprécier a sa juste valeur, une bonne connaissance du monde des comics, et plus particulièrement des super héros, est nécessaire, ne serais ce que pour en apprécier toute la quintessence. Mais comme cet article est consacré à l’adaptation cinématographique, et non à la BD, je vous renvoie pour ceux qui voudraient en savoir plus, vers la critique de celle-ci, paru sur ce blog en juin de cette année :

http://feanor-journal.blogspot.com/2010/06/watchmen-new-york-1985-sur-notre.html

Comme je le disais dans le paragraphe précédant, pour pouvoir apprécier a sa juste valeur The Watchmen, une bonne connaissance du monde des comics, et plus particulièrement des super héros, est nécessaire ; cela est surtout valable pour les amateurs de bande dessinée car pour ce qui est des films, il me semble clair que cela est une toute autre histoire. Mettons les choses au clair tout de suite : ne nous leurrons pas, les habitués de films super héroïques ne sont pas tous des spécialistes du genre a proprement parler, beaucoup vont regarder un Batman ou un Spiderman comme ils regarderaient un Transformers ou un quelconque film d’action a grand spectacle, de plus, et cela est valable pour les plus jeunes, combien sont venus au genre par le biais du cinéma ? Pour avoir en mon temps fréquenter un forum de comics, je peux vous assurez que c’est un nombre assez conséquent. Cependant, parmi cette nouvelle génération, certains ont put prendre véritablement gout a la chose au point de chopper le virus et de devenir un fanatique qui connaît tout sur tout, mais bon, si cela est exact, dans la grande majorité des cas, les spectateurs qui se déplacent en nombre au cinéma pour voir des types en costume moulant se taper dessus sont les « mêmes » qui autrefois ne juraient que par des Rambo, des Predator ou des Terminator , qui ont connu le passage « Fantasy » avec Le Seigneur des anneaux, et qui demain passeront a un autre genre : bref, ils suivent la mode. Je ne dis pas cela pour les dénigrer, après tout chacun ses gouts comme dirait l’autre, mais bon, du fait, cela me semble difficile que ceux la aient sut apprécier un film comme The Watchmen a sa juste valeur, ou mieux, qu’ils aient véritablement compris le ou plutôt les messages véhiculés par cette œuvre magistrale, et cela est, selon moi, assez dommageable car The Watchmen, au risque de faire rire les néophytes du genre, c’est tout sauf un film de super héros au sens premier du terme. Bien évidement, cela m’est facile d’affirmer une telle chose ayant lu l’œuvre originale, mais bon, cela a, de mon point de vue, une importance certaine.

Maintenant, je parle, je parle mais pas véritablement de l’adaptation de The Watchmen en tant que tel, ce qui pourrait être un comble pour un article consacré a un film, m’attardant dans des a cotés qui intéresseront peut être quelques uns mais qui ne répondront aucunement a la question primordiale qui nous occupe dans le cas présent : que vaut véritablement ce film ? Et bien, n’y allons pas par quatre chemins, The Watchmen est l’exemple parfait de ce que l’on appelle une adaptation réussie d’une œuvre, quelque soit le genre par ailleurs ; comme Le Seigneur des anneaux en son temps (enfin bon, pas si lointain), la BD culte d’Alan Moore et David Gibbons était considérée comme inadaptable a l’écran, ce qui aurait été vrai jusqu'à il y a peu ; la technologie manquant, comment représenter le Docteur Manhattan sans nous présenter un type peint en bleu ce qui aurait été tout bonnement ridicule ? Mais comme celle-ci a fait un bond prodigieux en avant depuis quelques années, l’impossible devient possible et d’un point de vue graphique, pour ce qui est des effets spéciaux, il est incontestable que The Watchmen place la barre très haut… oh, pas plus que la concurrence, ou pas moins, mais bon, c’est un véritable régal pour les yeux. Mais bon, admettons que les performances graphiques ne sont pas l’aune auquel l’on juge la qualité d’un film, et pour cela, reconnaissons que Zack Snyder (que l’on avait vu a l’œuvre dans 300, autre adaptation d’un comics, mais aussi le récent Légende de Ga’Hoole) a réaliser un travail exceptionnel, servi par cela par des acteurs certes peu connus du grand public mais qui collent tellement a leurs personnages qu’ils semblaient être nez pour cela. Et cette qualité, elle éclate au visage du spectateur des les premières minutes du film, dans ce générique où, avec Bob Dylan en bande sonore, on a droit a un récapitulatif de ce que fut l’histoire du vingtième siècle, un siècle forcement différent du notre, cela va de soit, mais pour cela, je vous invite a regarder le film car tout au long des deux heures et demi qu’il dure, on ne s’ennuie pas une seule seconde, captiver par une intrigue, une ambiance, des personnages hors du commun et qui nous démontre, pour ceux qui auront lu la BD, que l’on se trouve, fort heureusement devant une adaptation très réussie.

Bref, vous aurez compris que j’ai été sous le charme de l’adaptation cinématographique de The Watchmen et j’en suis le premier ravis par ailleurs : ayant apprécié grandement la bande dessinée originale, je craignais un peu d’être déçu avec le film, ce qui, n’arriva heureusement pas. Certes, que les fanatiques de la bande dessinée ne s’attendent pas à tout retrouver dans le film, une adaptation, quelque soit le genre, n’est pas toujours identique a l’œuvre originale, ne serais ce que pour une question de durée. Mais d’un autre coté, si l’on met de coté la fin, qui comporte des différences avec celle la BD (par ailleurs, assez compréhensible au demeurant et cela marche toujours autant puisque seul la forme fut changée, pas le fond), nous nous trouvons là devant une adaptation presque parfaite où le souci du moindre détail semble avoir été l’une des préoccupations majeures de Zack Snyder. Si l’on ajoute à cela une bande son assez réussie, des clins d’œil et autres références savamment bien placés, je ne pourrais conclure qu’en disant que The Watchmen est incontestablement une belle réussite.

lundi 29 novembre 2010

THE DARK KNIGHT


THE DARK KNIGHT

Une bande de cambrioleurs masqués dévalisent une banque commandée par la mafia. Chacun des cambrioleurs doit se débarrasser d‘un de ses complices, jusqu’à qu’il n’en reste plus qu’un : le commanditaire du casse, dénommé le Joker. Cette nuit-là, un homme déguisé en Batman interrompt un rendez-vous entre Jonathan Crane, alias l'Épouvantail et des gangsters. Le vrai Batman fait son apparition et appréhende tous les criminels ainsi que les imposteurs. Cependant, il souffre des morsures de chiens des malfaiteurs, ce qui l'amène à revoir la conception de son costume. Batman et le lieutenant Jim Gordon réfléchissent aux moyens d’éradiquer la mafia omniprésente dans la ville. Un nouveau procureur Harvey Dent rejoint leur cause. Celui-ci pourrait devenir le héros public que Batman ne peut être.

Si le personnage de Batman m’est connue depuis ma plus tendre enfance, comme cela doit être le cas pour la plupart des habitants de cette planète (dans la guéguerre que ce livre DC et Marvel dans le monde des comics depuis plus d’un demi-siècle, reconnaissons que les premiers ont sur livrer deux icones totalement intouchables : Batman et Superman), s’il m’est a l’occasion arriver de lire certaines de ses BD, de le voir en dessin animé voir même de tâter quelques uns de ses jeux vidéos, j’ai toujours eu un peu de mal avec les adaptations ciné du chevalier noir ; passer le grand Tim Burton, le reste n’était plus que du grand guignolesque en barre, du purs navets sans grand intérêt si ce n’était que de douter de la sexualité du sieur Bruce Wayne et de son acolyte Robin. Et puis, il y a quelques années maintenant, a l’époque où je fréquentais un forum sur les super héros (un certain Royaume X-Men, ah, comme le temps passe vite), sortis en salle une énième adaptation de Batman en salles, le désormais célèbre Batman Begins, de Christopher Nolan, qui nous invitait à découvrir les origines de la chauve sourie la plus célèbre de Gotham. Film superbe, tant par son scénario, ses acteurs (Christian Bale, Morgan Freeman, Michael Caine, Gary Oldman et Liam Neeson en Ra's Al Ghul), ses effets spéciaux et son dynamisme, Batman Begins jetait aux oubliettes tous ses prédécesseurs, ceux de Burton compris, réussissant le tour de force de rendre un film de super héros, a l’époque a la mode, tout simplement excellant, ce qui, il faut le reconnaître, est loin d’être évidant. Et puis, quelques années plus tard sortie sur les écrans la suite, ce Dark Knight qui devint immédiatement un classique mais que, curieusement, je n’avais jamais eu l’occasion de voir jusqu’à hier soir. C’est pour dire si, Batman Begins étant jusque là ma référence, j’attendais avec intérêt de pouvoir voir ce que ce Dark Knight, vanté par la critique et le public depuis des années, avait véritablement dans le ventre.

Bon, tout d’abord, j’ai un regret, celui de ne pas avoir vu ce film lors de sa sortie : a l’époque, j’étais encore a fond (si l’expression conviens) dans l’univers des supers héros, le précédant Batman était encore dans ma mémoire et je pense, que dis-je, je suis sur que je l’aurais apprécié a sa juste valeur. Le temps ayant passé, des années en fait, je me suis petit a petit éloigner de l’univers des supers héros, au point d’avoir, au jour d’aujourd’hui, un peu de mal avec eux : voir des types costumés en collant se baladant au milieu des grattes ciels et combattants des individus déguisés de la même façon (c'est-à-dire, un peu ridicule sur les bords) et affublés de surnoms grotesques pour la plupart, ce n’est plus vraiment ma tasse de thé. Mais bon, reconnaissons le, Batman est a part de part sa classe naturelle, son charisme, son univers, et puis, vu ce que Christopher Nolan avait réalisé sur Batman Begins mais aussi et surtout, vu tout le bien que j’avais put entendre au sujet de Dark Knight depuis des années ainsi que sur la performance d’ Heath Ledger dans le rôle du Joker qui, a entendre beaucoup, était exceptionnelle, et qui était décédé peu de temps avant la sortie du film (voir l’un de mes premiers articles de la rubrique « cimetière »), je ne pouvais ne pas passer a coté d’un tel film, ne serais ce que pour me faire ma propre opinion. Et justement, je m’attendais à mieux.

Voilà, c’est dit et je sens que je vais immédiatement me faire tout un tas d’amis… Bon, que l’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : The Dark Knight est un excellant Batman, dans la lignée de son prédécesseur ; le spectateur, qui a vu Batman Begins est donc en terrain connu, tant par l’ambiance que par les acteurs. Mais selon moi, il n’est ni supérieur, ni inférieur a celui-ci ; certes, il dure plus longtemps, mais bon, on ne juge pas de la qualité d’une œuvre a sa longueur, certes, il fourmille d’action et est d’une violence rare, mais bon, quelque part, un peu comme l’autre et si celui-ci l’est plus, c’est tout bonnement parce que le personnage du Joker est ainsi : un psychopathe que ne se complait que dans le chaos, tuant sans but véritable tandis qu’au moins, un individu comme Ra's Al Ghul en avait un peu plus dans ses intentions et ses idées… ce qui ne fait pas du Joker un personnage moins intéressant, au contraire, mais personnellement, je préfère les « méchants » plus ambigus, un peu a la « Magnéto » dans les X-men. Alors, puisque l’on on est au Joker, comment puis-je nier la performance du regretter Heath Ledger dans un rôle qui lui valu un oscar a titre posthume ? Hum, évidement il est bon, cela, je ne le nie pas le moins du monde, son Joker est fort bien retranscrit a l’écran, je n’en doute pas, cependant, comment dire… a force d’entendre a droite et a gauche, depuis des années, que Ledger était génial dans ce rôle, que cela annonçait le début d’une très grande carrière, et bien, hier soir, en regardant le film, je me suis un peu focaliser sur lui et du coup, si je l’ai trouver bon en meurtrier psychopathe, et ben, je ne l’ai nullement trouver si exceptionnel que cela (quand je vous disait que j’allais me faire des amis). Et alors, je ne peux m’empêcher de me dire, connaissant un peu le monde où l’on vit : « mais cette fameuse performance, aussi bonne fut-elle, n’a-t-elle pas été légèrement rehaussé par un peu tout le monde a l’époque suite a son décès ? Cet oscar du meilleur second rôle, Heath Ledger l’aurait-il obtenu pour un film de super héros s’il était encore parmi nous ? Sincèrement, j’en doute, et pas qu’un peu, au point de me faire tout un tas, mais alors, tout un tas de nouveaux « amis » qui ne vont pas vraiment me vouloir du bien en lisant tout cela…

Excellant film de super héros mais bon film d’action avant tout, The Dark Knight, malgré ses innombrables qualités dans son genre, n’est pas, selon moi, le chef d’œuvre absolu que l’on nous bassine sur les toits depuis quelques années maintenant. Certes, il se laisse regarder, certes, il est difficile de décrocher une fois rentrer dans l’intrigue, certes, on va en prendre plein la vue, mais finalement, comme dans un tas d’autres films d’actions. Dans le genre super héroïque, il est évidant qu’il se démarque, par ses qualités intrinsèque que je ne nie pas nullement, mais aussi, reconnaissons le, parce que les habituelles productions du genre sont assez médiocres dans l’ensemble. Et puis, maintenant que je l’ai finalement vu, je pense que je garde une certaine préférence pour son prédécesseur, Batman Begins, mais bon, après tout, cela n’engage que moi.

KORRIGANS : GUERRIERS DES TÉNÈBRES


KORRIGANS : GUERRIERS DES TÉNÈBRES

La nuit de Samain, d'après des croyances irlandaises ancestrales, ouvre des passages vers le monde des temps héroïques. Dans la province d'Ulster, la petite Luaine longe la côte avec ses parents et son grand-père sous la pluie battante. La carriole égarée est bientôt précipitée dans le vide, et la petite fille, protégée par les Korrigans des collines, assiste impuissante à l'enlèvement de sa mère et de son grand-père par les Cluricaunes. Recueillie par les créatures qui l'ont sauvée, Luaine choisit de ne plus retourner dans le monde qu'elle connaît. Par amour pour sa mère, elle entraîne ses nouveaux amis dans un combat sans merci contre le clan adverse. Pour ce nouveau volume, la chasse à l'homme continue, l'étau se resserre autour de nos trois « héros », l'ignoble Balor aidé de ses fils semble gagné du terrain... mais tout n'est pas perdu, une nouvelle alliée Medh Maeb, une guerrière magicienne au passé obscur cherchant à se venger des fils de Balor va venir en aide à Luaine et ses deux compagnons....

Hier après midi, lorsque j’ai achevée la rédaction de la critique du premier tome de la série Korrigans, la grande question qui me trottait dans la tête était la suivante : « mais que vais-je bien pouvoir ajouter pour le tome 2 et 3 vu que tout a été dit, ou presque ? ». Cette interrogation, a première vue franchement banale n’en était pas moins importante au vu qu’elle se justifiait parfaitement : bien souvent, il n’est pas évidant de trouver l’inspiration pour écrire des critiques séparées d’un cycle, surtout quant on se le tape quasiment d’un coup, mais aussi, détail important, quand celui-ci ne le justifie pas véritablement. Bien évidement, si j’avais deux ou trois mois d’écart entre chaque volumes, l’affaire aurait été plus simple, mais comme ce n’est pas le cas, mais qu’en plus, j’avais déjà lu ces fameux trois tomes et que, par-dessus le marché, on ne peut pas vraiment dire que cette série soit d’un très haut niveau, ma question me semblait fort judicieuse. Fort heureusement, a la lecture, hier soit de ces Guerriers des ténèbres, second tome de la saga, mon opinion s’en est légèrement changée et, a défaut de vous proposer une longue critique de ce volume, au moins, j’aurais deux ou trois petits trucs a vous dire, ce qui, admettons le, est mieux que rien.

Tout d’abord, passons sur les dessins de Civiello, je ne vais pas me répéter pour vous dire que ceux-ci sont sublimes, que ce type a décidément une classe folle, non, je préfère vous inviter à relire la critique du premier tome. Enfin, quoi que, il y a bien eu quelques cases que j’ai trouvées légèrement brouillonnes, surtout celles où les lutins étaient aux prises avec une espèce d’hydre dans les grottes ; mais bon, cette petite imperfection n’est décidément qu’une goutte d’eau infime dans le travail toujours aussi excellant de l’illustrateur français.

Car l’intérêt, selon moi, des Guerriers des ténèbres, c’est son scénario qui commence à devenir un peu plus digne d’intérêt que dans le premier tome : certes, il ne faut pas s’attendre a un synopsis génial, voir d’une originalité a toutes épreuves, cependant, reconnaissons, louons même l’évolution de celui-ci dans une direction légèrement plus « osée » qu’on aurait put le penser a la fin des Enfants de la nuit ; que cela soit les nouveaux protagonistes, dont la sensuelle et mystérieuse Medh Maeb, les enfants de Balor, terribles, inquiétants mais curieusement, pas si invincibles que leur apparence pourrait le laisser croire au point que l’un d’eux perdre déjà la vie, ce qui change des canons habituels du genre, mais aussi la disparition de personnages que l’on s’attendait a prendre de l’importance, l’on prend du coup plus de plaisir a la lecture de ce deuxième tome et c’en est une agréable surprise au final.

Alors certes, ce n’est toujours pas le « truc de l’année » mais bon, entre l’univers, assez attirant au départ, les dessins de Civiello et un scénario qui sans être génial ne sera pas aussi décevant que l’on pouvait le craindre au départ, ce Korrigans pourra éventuellement être un peu plus intéressant que l’on pouvait le penser, et, qui sait, trouver même son public ?

dimanche 28 novembre 2010

KORRIGANS : LES ENFANTS DE LA NUIT


KORRIGANS : LES ENFANTS DE LA NUIT

La nuit de Samain, d'après des croyances irlandaises ancestrales, ouvre des passages vers le monde des temps héroïques. Dans la province d'Ulster, la petite Luaine longe la côte avec ses parents et son grand-père sous la pluie battante. La carriole égarée est bientôt précipitée dans le vide, et la petite fille, protégée par les Korrigans des collines, assiste impuissante à l'enlèvement de sa mère et de son grand-père par les Cluricaunes. Recueillie par les créatures qui l'ont sauvée, Luaine choisit de ne plus retourner dans le monde qu'elle connaît. Par amour pour sa mère, elle entraîne ses nouveaux amis dans un combat sans merci contre le clan adverse. Le début d'une série merveilleuse et effrayante, aux dessins sombres et denses, à l'image du Moyen Âge légendaire qu'ils illustrent.

Il y a euh… quatre ans environ (bigre, comme le temps passe vite), je m’étais procurer les trois premiers volets d’une BD qui avaient attiré mon attention pour deux raisons principales : le sujet, tout d’abord, avec ses lutins (les fameux Korrigans) irlandais dans la plus pure tradition celtique, et, ensuite, mais point non négligeable, les dessins, tout bonnement divins d’un artiste que je ne connaissais guère, Emmanuel Civiello, mais dont les planches m’avaient tout bonnement laisser pantois devant tant de maitrise. J’avais alors lu ces fameux trois tomes, étant plus attiré au demeurant par la forme que par le fond, et je m’étais promis de me procurer le plus rapidement possible le quatrième volume afin d’achever la série… chose que je ne fis jamais. Cela, je ne le fie pas par un dégout absolu de la série car celle-ci, sans atteindre des sommets n’en possède pas moins quelques qualités, mais plus soit par oublie, soit parce que j’avais tout le temps une autre BD à acheter avant (dont pas mal de déceptions accessoirement) tout en me promettant qu’un de ces quatre, il faudrait bien que je me l’achète. Et le temps passa, passa, et nous en sommes donc maintenant a quatre ans environ, ce qui fait tout de même beaucoup. Mais le meilleur, c’est que ce fameux quatrième tome, je ne l’ai toujours pas ! Mais bon, ce matin, alors que j’ai une semaine de vacances devant moi et pas mal de temps aussi, ce qui n’est pas négligeable, je me suis dit que j’allais franchir le pas et me le procurer ce fameux quatrième tome de Korrigans. Mais avant, cela va de soit et surtout parce que quatre années, cela fait un bail, je devais relire les trois premiers volumes, histoire de me remettre un peu dans le bain.

Bon, disons le tout de suite : Korrigans n’est pas un chef d’œuvre, loin de là, mais on ne peut même pas dire que cela soit une excellente BD. Disons que celle-ci est convenable, que l’univers proposer, cette Irlande du douzième siècle, où l’on nage en plein mysticisme celtique avec ses diverses créatures locales attire forcement l’amateur du petit peuple qui sera ravi de lire un tel récit. De même, les sublimes planches d’ Emmanuel Civiello sont tout bonnement a couper le souffle ; incontestablement, c’est du grand art et personnellement, j’ai pris plus de temps a lire Les enfants de la nuit, nom du premier tome de la série, qu’une BD normale, et cela, c’est dut au fait que je m’attardais régulièrement et longuement devant les dessins, que cela soit les décors, parfois, ou les personnages, plus souvent. Ainsi, d’un point de vu graphique, il n’y a rien à dire, on fait rarement mieux et il est évidant que sur ce point, Korrigans place la barre très haut. Par contre, pour ce qui est du scénario en lui-même, c’est une autre affaire et cela est plus dommageable : comment dire, disons que l’histoire en tant que telle n’est pas mauvaise, on a droit a une petite fille sauvée par de gentils lutins qui la tirent d’une embuscade de méchants gobelins (enfin, des trucs dans le genre) qui enlèvent sa mère et son grand père, celle-ci est amené dans un « autre monde », celui du petit peuple où règne un terrible tyran, une espèce de lézard qui se délecte des pensées de ses victimes, des humains ; les gentils lutins prennent fait et cause pour la fillette et essayent de l’aider a sauver sa famille. Ce court résumé est en gros l’intrigue de ce premier tome et en fait, voilà le principal problème : un tel synopsis, même bon, c’est du vu et du revu, et pas qu’un peu par-dessus le marché. Je pense que vous avez compris ce que je veux dire ?

Alors, malgré les superbes dessins de Civiello sur lesquels il n’y a rien à redire, le lecteur ne pourra qu’être dubitatif devant ce premier volume de Korrigans : d’un coté, il prend du plaisir d’un point de vu graphique, mais d’un autre, il se retrouve devant une histoire sans grande originalité et qui peine pour le moment a décoller et qui surtout, énorme défaut, ne se démarque pas le moins du monde des productions habituelles du genre, ce qui, au final, laisse une certaine déception poindre le bout de son nez en finissant la dernière page de ces Enfants de la nuit bien loin de tenir toutes leurs promesses pour le moment.

MALHORNE : LA MATIÈRE DES SONGES


MALHORNE : LA MATIÈRE DES SONGES

Tout a commencé avec la découverte, par l'ethnologue Franklin Adamov, d'une statue en Amazonie. Puis, la rencontre inoubliable avec Malhorne, l'horreur de sa disparition, le retour d'Ilis et la révélation d'Anasdahala, la reine sumérienne aux deux visages. Eternels, ils perpétuent le souvenir d'un secret enfoui depuis près de quarante mille ans : l'Aratta, le pouvoir des eaux du monde, la matière des songes. Un trésor inestimable dont ils ont oublié jusqu'aux origines. Car de l'évolution des espèces à la naissance des religions, de l'extinction des hommes de Neandertal aux civilisations disparues, des mystères de l'univers aux arcanes de l'inconscient collectif, toutes ces énigmes trouvent leur réponse dans l'Aratta. A présent, Franklin et ses compagnons n'ont jamais été aussi proches de l'ultime vérité. Mais un homme veille. Un meurtrier sanguinaire qui n'a pas intérêt à ce que l'Aratta soit révélée à la multitude. Un monstre capable de semer la terreur et la mort aux quatre coins de la planète. Alors, pour tenter de donner une dernière chance à l'humanité, Franklin Adamov devra faire des choix, fuir ou se battre, tuer et peut-être même mourir...

Et voilà, comme dirait l’autre, « toutes les bonnes choses ont une fin », et avec ce quatrième tome, j’ai finalement mis fin a la lecture de cet excellant cycle qu’est Malhorne, un cycle qui m’aura occupé bon nombre de soirées, mais aussi de journées, qui m’aura accompagner dans les transports, au travail même et qui m’aura parfois laisser sur les rotules, un cycle qui aura marquer les mois d’octobre et de novembre, bref, cette fin d’année qui n’en a plus pour très longtemps et un cycle qui pourrait très bien être le meilleur qu’il m’aurait été donné de découvrir en 2010 ; sur ce point, c’est loin d’être gagner car la « concurrence » fut rude, un peu comme d’habitude, mais incontestablement, la tétralogie de Malhorne aura été au-delà de mes espérances. Cela est un fait net et précis sur lequel je ne reviendrais pas, mais cela, les habitués du blog l’auront compris. Cependant, même si j’ai l’air de débuter par la conclusion, je ne ferais pas l’impasse d’une petite critique de cet ultime tome, La matière des songes.

Il en aura fallut du temps pour arriver a cette conclusion tant attendue, du temps et un sacré nombre de pages puisque chaque tome comprenait environ près de sept cents pages, ce qui est notable (même s’il existe plus long, j’en conviens). Mais le plaisir, et il fut grand, ressentit tout au long de la lecture de ce cycle, déjà présent au cours des trois premiers tomes aura une fois de plus été au rendez vous de ce final qui marquera incontestablement les esprits de tous ceux qui auront apprécié l’œuvre mystico-fantastique de Jérôme Camut. Bien évidement, qui dit dernier tome, dit forcement réponses a toutes les questions en cours, a toutes les intrigues, mais aussi, ne l’oublions, qu’adviendra t’il des protagonistes, et ils sont légions, que l’on suit depuis les débuts ou qui sont apparus en cours de route. Et forcement, pour ne pas déroger a la règle, je vous rassure tout de suite, Jérôme Camut va au bout des choses et le lecteur, sur ce point, sera amplement satisfait : s’il cherchait des réponses, cette fois ci, il les aura, toutes, ou presque, ce qui nous change de certaines œuvres au final plus ou moins obscur qui nous laisse un peu sur notre faim ; avec Malhorne, aucun soucis a l’horizon (car je part du principe qu’un individu normalement constitué, s’il n’apprécie pas un cycle n’ira normalement pas jusqu’au bout, a moins d’être limite « maso », mais bon, les cas existent), vous allez en avoir pour votre argent et ce quatrième tome vous comblera au moins sur ce point.

Oui, sur ce point car il y a tout de même un mais. Bien évidement, chacun peut se faire une idée selon ses propres gouts et aspirations à espérer une fin qui le comblera plus qu’une autre, bien évidement, cela n’arrive pas forcement toujours et ce fait ne peut remettre en cause la qualité intrinsèque d’une œuvre, que quelle soit. Cependant, dans le cas présent, je ne peux m’empêcher de souligner quelques points qui, a défaut de me faire changer d’avis quand a mon ressentit final, m’auront tout de même chagriné : tout d’abord, j’ai trouvé regrettable que, alors que Camut nous ait inventé tellement de protagonistes au fil des différents tomes (et en plus, il se permet le luxe d’en sortir d’autres, au demeurant pas franchement utiles, au contraire, dans ce dernier tome), ceux-ci soient expédiés ad-patres en quelques lignes au fil des pages ; si certains ont droit a un traitement de faveur quand a leur mort, pour d’autres, dont certains d’une importance non négligeable et ce depuis le début, ce n’est absolument pas le cas et l’on ne peut qu’en ressentir une déception certaine devant ce fait. D’autres, apparus au fil des tomes n’auront finalement eu qu’un intérêt relatif, où n’auront guère été développés, ce qui est selon moi dommageable. Bon, cela n’enlève en rien a la qualité finale de l’ensemble et l’on peut toujours se dire que la mort est ainsi, brutale, frappant sans prévenir et n’importe qui mais mon opinion restera que l’auteur aura par ce biais chercher la solution de facilité. Autre point négatif selon moi, certains coups de théâtre, certaines révélations ne m’auront pas franchement semblé utiles, en particulier quant à la « trahison » d’un personnage de premier ordre vu que cela n’apporte rien au récit en lui même. Mais sur ce point, je n’en dirais pas plus pour éviter de trop spoiler. Et pour finir, encore et encore : Non, mille fois non, Pedro Alvares Cabral ne s’appelle pas Pablo ! Comment faire une telle erreur et persister !?

Enfin bon, j’ai l’air de trouver tous les défauts du monde et de chipoter sur cette Matière des songes mais cela est également dut au fait que jusque là, j’avais un peu occulté les quelques points faibles de la série et que je tenais à me rattraper ; de plus, mettons les choses au point tout de suite : ces quelques défauts, au final, n’en sont pas moins mineurs et ce dernier tome est tout aussi bon que ses prédécesseurs, concluant magistralement une saga qui marquera indéniablement tous ceux qui auront pris la peine de la lire de bout en bout. Car les faits sont là, bruts et incontestables : Malhorne est une sacrée bonne série, comme on n’en fait rarement et qui mérite amplement que l’on y plonge. Jérôme Camut a vraiment réussi un fort joli coup, un beau mélange des genres où l’on retrouve pèle mêle tant d’éléments passionnants comme la vie après la mort, les dimensions parallèles, les secrets sur les religions, l’existence ou non de divinités, d’autres mondes, des sociétés secrètes, un brin de polar, de SF, de romance, d’Histoire, bref, un beau mélange des genres qui aurait put parfaitement foiré mais qui fonctionne de la plus belle des manières et qui tient en haleine le lecteur du début a la fin.

Alors, La matière des songes nous apportera finalement toutes les réponses que l’on attendait, il faudra dire adieu a bon nombre de personnages que l’on avait apprécié, et avec des coups de théâtre en pagaïe, dont un, tout bonnement exceptionnel et qui me laissa coït sur le coup, il faudra s’attendre au retour d’une vieille connaissance, un certain Malhorne qui n’aurait pas encore dit son dernier mot. Le final, surprenant de part ses implications et son déroulement en déroutera probablement plus d’un mais après coup, je l’aurais trouvé excellant, de même que les dernières pages qui nous laissent entendre que malgré tout, l’Histoire n’est qu’un eternel recommencement. Bref, que ceux qui hésiteraient à se plonger dans la lecture de Malhorne ne perdent plus une minute, cette tétralogie vaut largement le coup. Et le plus incroyable, et cela sera ma conclusion, c’est que Jérôme Camut, dans son œuvre, nous aura finalement proposé une théorie, si l’on met un peu de coté Zagul, le Dieu/Dragon (quoi que) et les civilisations parallèles, pas si stupide que cela au final : cette Aratta, cette eau source de vie, ces morts qui quelque part, seraient en nous ou tout recommence, où rien ne se perd, recommence, et ben, je ne sais pas mais cela ne m’a pas laissé indifférent, bien au contraire.

SHUTTER ISLAND


SHUTTER ISLAND

1954, au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un hôpital psychiatrique pour assassins. L'inspecteur Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice : une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final...

Quelle claque que ce Shutter Island ! Franchement, une semaine après l’avoir vu, je ne m’en suis pas encore véritablement remis même si le temps qui est passé a atténué un peu les sentiments ressentis lors de la vision de ce film. Décidément, dans le cinéma, on peut classer les œuvres en deux catégories, celles dont on attend monts et merveilles, comme par exemple Elle s’appelait Sarah, et qui nous laissent dubitatif pour ne pas dire froid, et puis, il y a celles dont on n’attends pas grand-chose et qui se révèlent être des chefs d’œuvres, parfois, ou qui nous marquent suffisamment, et ce, de façon positive cela va de soit. Je vous rassure tout de suite, Shutter Island n’est pas un chef d’œuvre, le prétendre serait une exagération ; cependant, c’est un sacré bon film, pétris de qualités et tout bonnement représentatif de ce que le cinéma américain est capable de nous offrir de temps en temps. Personnellement, et ceux qui suivent ce blog depuis longtemps l’auront remarqué, je ne porte pas le cinéma originaire de la contrée de l’Oncle Sam dans mon cœur : bien trop souvent, la médiocrité est au rendez vous de ce que l’on annonce comme étant des blockbusters, quant aux films d’action, romantiques etc. sincèrement, quand on en a vu un, on les a tous vu. Mais en fait, le grand défaut, selon moi, du cinéma US est sa trop grande quantité de productions, la plupart ne valant pas véritablement le coup, cependant, reconnaissons qu’au fil des décennies, il nous a tout de même offert bon nombre de merveilles mais aussi de sacrés bon films. Et selon moi, Shutter Island en est un.

Je n’ai pas pour habitude d’être un fanatique inconditionnel de tel réalisateur partant du principe que personne n’est parfait et que dans une filmographie, il y a toujours des ratés, cependant, certains sont doués, indéniablement, et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, il est incontestable que les dernières productions que j’ai put voir de Martin Scorsese m’ont laisser ravis, que cela soit Gangs of New York, Les infiltrés et, maintenant, Shutter Island… les trois avec le même premier rôle, l’excellant Leonardo DiCaprio, un acteur qui, personnellement, ne m’a jamais déçu au cours d’une, désormais, longue filmographie. Et si je ne suis pas fan des réalisateurs, sauf Tim Burton mais lui est un peu a part, ce n’est pas le cas pour les acteurs (ou les actrices) et pour ce qui est de DiCaprio, il est indéniable que cela fait maintenant belle lurette que j’apprécie ses talents d’acteurs et que je prends toujours le même plaisir a le voir dans ses films. Et une fois de plus, et malgré les mauvaises langues qui trouvent qu’il grossis au fil des ans (ce qui est absurde puisque cela fait maintenant longtemps que ce n’est plus un « gamin », a quelques jours prêts, il a mon âge), je le trouve toujours aussi bon et une fois de plus, c’est de toute sa classe qu’il illumine ce Shutter Island, sombre histoire se déroulant dans un hôpital psychiatrique quelques années après la seconde guerre mondiale.

Car le synopsis du film vaut le détour malgré un début très loin d’être original : les années 50, deux flics, dont DiCaprio, en tenue d’époque (chapeau, imper etc. la classe quoi) mille fois vu et revue dans tout bon polar qui se respecte partent enquêter sur une mystérieuse et visiblement « impossible » évasion d’une patiente de l’établissement psychiatrique où sont enfermés des meurtriers en tout genres. Assez rapidement, le spectateur se rend compte que quelque chose ne tourne pas très rond la dedans, que le personnel soignant, les gardiens mais aussi et surtout les médecins, en commençant par le directeur du site, Ben Kingsley tout en sobriété et qui traverse le film avec son regard inquisiteur, cachent quelque chose. Et ce mystère semble être suffisamment grave, on pense a un secret d’état et a des pratiques dignes des médecins nazis, soupçons amenés judicieusement par la présence sur le site d’un médecin allemand, le toujours excellant Max von Sydow avec son accent à couper au couteau. Et comme en plus, le personnage principal, DiCaprio, a justement, au cours du conflit mondial, pénétrer dans un camp d’extermination, le spectateur ne peut que pencher a ce moment précis de l’intrigue, pour un jolie complot que ne renierai pas un épisode d’X-Files. Cependant, les choses ne sont pas aussi simples que l’on pourrait le croire, et c’est là l’une des grandes forces du film : DiCaprio, enfin son personnage dans l’œuvre, pas l’acteur, est bien marqué par les camps de la mort dont les morts reviennent le hanter toutes les nuits, mais aussi par sa femme, morte dans l’incendie de son appartement par la faute d’un pyromane visiblement enfermé a Shutter Island ; et ce qui apparaissait au départ comme une simple enquête sur la disparition d’une femme ayant tuer ses trois enfants de se transformer petit a petit en un vaste complot visant tout bonnement les deux enquêteurs. Et là, le film part dans des sentiers insoupçonnés, au milieu de décors sombres, grisâtres et peu avenants, le spectateur voit les protagonistes s’enfoncés de plus en plus dans un maelstrom de non-dits, de vérités cachées, de mensonges et de pertes de repères et ce, jusqu'à la spectaculaire et inattendue révélation finale qui laissera sur le carreau plus d’un et qui était tout simplement envisageable au début du film. Et les dernières minutes de Shutter Island, plus calmes, fatalistes et terribles, viennent clore une intrigue tout bonnement excellente comme on n’en voit rarement.

Bien évidement, comme il faut savoir rendre à César ce qui est à César, Martin Scorsese n’est pour rien dans le processus créatif de cette histoire puisqu’à la base, Shutter Island est un roman, cependant, son adaptation est excellente et mérite largement le détour, ne serais ce que pour la mise en scène, les décors, les acteurs et une intrigue passionnante de bout en bout et qui vous étonnera de part son final. Assez curieusement selon moi, ce film fut pas mal critiquer lors de sa sortie et est loin de faire l’l'unanimité dans le public. Personnellement, mon avis est tout autre et si, oui effectivement Shutter Island n’est pas un chef d’œuvre, il n’en est pas moins un excellant film qui agréablement surpris et captiver de la meilleur des façons. Un film que, bien évidement, je ne peux que vous conseiller.

dimanche 21 novembre 2010

MALHORNE : ANASDAHALA


MALHORNE : ANASDAHALA

Londres : le corps d’un homme assassiné est découvert dans les bas-fonds de la ville. La communauté scientifique est stupéfaite. Il s’agit d’un néandertalien, une race humaine éteinte depuis près de 40 000 ans ! Quel est ce prodige ? Europe continentale : des milliers d’hommes et de femmes disparaissent mystérieusement, rayés de la surface de la Terre. Certains d’entre eux sont retrouvés morts ou à moitié fous, une croix solaire tatouée sur le ventre. Existe-t-il un lien avec le massacre des cathares par l’Inquisition au XIIIe siècle ? Alors qu’Ilis, Franklin et leurs compagnons se sont volatilisés dans le désert turc, la quête initiée par Malhorne continue, menée simultanément par la fondation Prométhée, la police européenne et des émissaires du Vatican. Et un mot, un mythe, une réalité extraordinaire, revient sans cesse : l’Aratta. Dans ces lieux où se mêlent tous les possibles, où rôdent tous les dangers, Ilis va s’approcher de la vérité et découvrir les plus anciens secrets de l’humanité...

Indéniablement, ce qui marquera le plus les esprits dans ce troisième tome de l’excellente saga de Jérôme Camut qu’est Malhorne, restera la surprise. En effet, comment le lecteur, déjà abasourdis par les innombrables bouleversements narratifs du second volume, par tous les nouveaux protagonistes ainsi que par les révélations, mais aussi, ne l’oublions pas, tout les nouveaux mystères qui en découlent, ne pourra ne pas être totalement perdu par la première partie de cet Anasdahala au point d’y perdre quasiment tous ces repères déjà bien mis à mal jusque là. Car les faits sont là, incontestables : il m’est rarement arrivé, au cours de mes lectures, d’être a ce point balloté dans tous les sens au cours d’une saga, quel quelle soit, et pourtant, au cours de ma vie, je peux estimer en avoir lu un sacré bon nombre non négligeable. Cela montre selon moi les qualités narratives incontestables de Jérôme Camut, dont j’avais apprécié le style et les idées depuis les débuts de Malhorne mais l’on voit également que l’auteur aime complexifier au maximum son intrigue, noyant son lecteur parmi ses protagonistes innombrables (et dire qu’il y en a encore des nouveaux !), envoyant gentiment son intrigue principale dans des chemins tout bonnement insoupçonnés au départ et renouvelant sans arrêt les moult coups de théâtre tout en mélangeant les genres avec brio ; personnellement, je suis conquis, cependant, je reconnais que cette façon de faire peut en repousser plus d’un, effrayés par tant de changements ou tout bonnement perdus voir perplexes devant un énième changement de direction.

Car pour approfondir un peu ce troisième tome de Malhorne, comment ne pas revenir sur cette première partie dont je vous ai parlé plus haut ? Jusque là, nous avions, au cour de la saga eut droit a, pèle mêle : un individu non pas immortel mais eternel qui se réincarnait depuis des siècles dans différents corps tout en se souvenant de ses vies passées et qui c’était amusé a laisser, aux quatre coins du monde sept statues énigmatiques qui mirent la puce a l’oreille a une Fondation scientifique appartenant à un milliardaire américain décidé a mettre tous ses moyens dans la résolution de cette énigme, ensuite, le fameux Malhorne suicidé, celui-ci se réincarna curieusement dans le corps d’une fille, enlevée à la naissance par un sociologue (Franklin Adamov) et ses compagnons (en vrac, une journaliste, un prêtre, un moine tibétain etc.) qui partirent en vadrouille en pleine foret amazonienne avant que la Fondation ne les rattrape, ne fasse un massacre et laisse l’incarnation de Malhorne pour mort ; ensuite, un petit bon dans le temps et l’on se retrouve dans un monde digne de Big Brother, où chaque habitant de la planète se voit porter une puce cutanée, où un curieux hurluberlu fait le buzz sur le net en décriant les méfaits de l’humanité sur l’environnement et que le fils d’une ancienne adepte d’une secte de Malhorne retrouve, mais pas par hasard, celui-ci, bel et bien vivant, dans sa nouvelle identité, Ilis et ne la fasse échapper des mains de la Fondation. Et là, on comprend que Malhorne n’était qu’une face d’une personnalité bien plus ancienne, du nom d’Ethen Ur Aratta, vieille de près de dix mille ans, et qui avait fondé une civilisation près de l’ancienne Mésopotamie avant que celle-ci ne soit détruite, ce qui donna lieu à la légende du déluge universel. Et le récit, déjà complexe a la base, de partir dans tous les sens avec une organisation secrète existant depuis la nuit des temps, l’Aratta, dont on ne comprend pas bien s’il s’agit d’une personne, d’un lieu, d’une énergie quelconque, mais aussi, ne l’oublions surtout pas, le mystérieux Zagul, dont on entend parler depuis le premier tome, et qui vivait en pleine préhistoire.

Bref, comme vous pouvez le constater, les deux premiers tomes de Malhorne étaient déjà plutôt bien fournis, mais ce n’était que le début puisque, des les premières pages de cet Anasdahala, le lecteur se prend en pleine face des néanderthaliens qui vivraient encore, des humains qui semblent venir d’un autre monde, de mystérieuses disparitions qui reviendraient sans cesse de part le monde et auxquels seraient liées les… Cathares (sic !) tandis que le Vatican, lui, en saurait beaucoup plus sur le sujet que l’on pourrait le penser de prime abord. Et tout cela, c’est en gros la première partie de ce troisième tome, où l’on suit la Fondation Prométhée qui tente de résoudre tous ses mystères qui lui tombent sur le nez, mais où de nouveaux personnages font, encore, leur apparition, comme l’envoyé du Vatican où les policiers enquêtant sur les disparitions. Et là, je voue l’avoue en toute franchise, il faut s’accrocher car ce n’est pas toujours évidant à suivre, mais si l’on pouvait être dubitatif quand aux tenants et aboutissements de cette intrigue, je vous rassure tout de suite : Jérôme Camut, des la deuxième partie du roman, en ramenant sur le devant de la scène Ilis, Adamov, Milos et les autres fait le lien, et de superbe manière il faut le préciser, avec le reste de la saga, et le lecteur se surprend, une fois de plus, a ne plus pouvoir décrocher tant les révélations se font jour : vous vous demandiez ce qu’était l’Aratta ? Rassurez-vous, vous allez en avoir pour votre argent. Vous vous demandiez ce que venaient faire les Cathares la dedans, d’où pouvaient bien sortir les néanderthaliens ? Tout sera expliquer… ou presque, car toutes ces réponses, ces révélations vont tout simplement entrainer le lecteur a la recherche de nouvelles questions, encore plus primordiales que les précédentes. Et oui, il reste encore un tome !

Anasdahala est donc un excellant troisième tome et maintient dont, malgré une première partie pas évidente et tout un tas de nouveaux mystères la saga de Malhorne a un très haut niveau ; personnellement, cela faisait bien longtemps que je ne lisais pas une œuvre aussi passionnante et qui fourmille d’idées aussi intéressantes que variées ; car Jérôme Camut va loin, très loin même, et le lecteur doit s’attendre, en plus de tout ce que j’ai put décrire précédemment, a entendre parler d’inconscient collectif, de mondes parallèles, mais aussi a remettre en cause toutes les religions, sans distinction aucune tandis qu’il saura enfin ce qu’est véritablement le trait d’union des mondes. Mais tout cela n’est pas fini, loin de là, et franchement, vivement la fin du dernier tome que j’ai enfin les réponses, toutes les réponses que j’attends depuis si longtemps.

dimanche 14 novembre 2010

ELLE S’APPELAIT SARAH


ELLE S’APPELAIT SARAH

Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv. En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942. Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial. Comment deux destins, à 60 ans de distance, vont-ils se mêler pour révéler un secret qui bouleversera à jamais la vie de Julia et de ses proches ? La vérité issue du passé a parfois un prix dans le présent...

Avant tout autre chose, c'est-à-dire, avant de me plonger dans la critique de l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Tatiana de Rosnay, il me semble impossible de ne pas faire le lien avec une autre œuvre traitant dans les grandes lignes (car dans Elle s’appelait Sarah, ce n’est qu’un épisode, certes important j’en conviens) du même sujet, c'est-à-dire de la responsabilité française, longtemps ignorée car on n’en parlais pas, de la déportation et de la mort de milliers de juifs pendant la seconde guerre mondiale, je veux bien évidement parler de La rafle, film vu il y a quelques semaines et dont pouvez retrouvez la critique sur le lien ci-dessous :

http://feanor-journal.blogspot.com/2010/10/la-rafle-1942.html

Bien évidement, et ceux qui ont lu la critique de La rafle auront compris, j’avais été très dur envers ce téléfilm, euh pardon, ce film sensé nous émouvoir au possible sur la terrible rafle du Vél’d’Hiv’ en 1942 par les autorités françaises et sur le sort des déportés juifs, et qui m’avait, premièrement, laisser froid, mais qui par-dessus le marché, s’avérait être assez médiocre dans l’ensemble. Rassurez vous, dans Elle s’appelait Sarah, la qualité est tout autre, cependant, ce n’est pas, selon moi, une raison de sauter au plafond de joie non plus, mais je vais tenter de m’expliquer au mieux sur mon ressenti.

Tout d’abord, je connaissais par avance les grandes lignes de l’intrigue : ma femme ayant lu le bouquin cet été et me l’ayant maintes fois vanté, ce fut donc en connaisseur de la chose que je l’ai accompagné au cinéma aujourd’hui. Bien évidement, le fait de connaître certains éléments de l’histoire est un fait qui peut être a double tranchant : parfois, cela ne gène pas du tout mais cela peut être le contraire ; ainsi, l’élément le plus dramatique de l’histoire personnelle de Sarah, et lié a la mort de son frère dont elle est forcement responsable malgré elle, celui qui marquera sa vie future, sa personnalité, bref, l’élément le plus important en quelque sorte, je le connaissais a l’avance, ce qui, dans le cas présent, m’a desservi. Quelque part, j’aurais souhaité ne rien savoir à l’ avance car pour ce qui est de l’effet de surprise, on repassera… et plus j’y réfléchis, quelques heures a peine après avoir vu ce film, et plus je pense que c’est cela qui est responsable de mon ressenti final.

Car indéniablement, soyons clair : autant La rafle était médiocre, autant Elle s’appelait Sarah est un bon film, cela, je ne peux le nier. Mais quelque part, la comparaison est facile au vu du peu d’intérêt du premier citer. Cependant, comment ne pas reconnaître les qualités intrinsèques d’une intrigue captivante, émouvante, comment ne pas s’intéresser pour la quête du personnage principal, la journaliste (interprété par une Kristin Scott Thomas plus que correcte) empêtrer dans des secrets familiaux aussi lourds, comment ne pas éprouver de la compassion pour le personnage de Sarah qui, en croyant sauver son petit frère, est responsable de sa perte, comment ne pas comprendre son mal être futur, sa volonté de refouler son judaïsme au plus profond d’elle-même (et accessoirement, ce fait n’est pas inventer, cela arriva a beaucoup a l’issu de la Shoa), bref, comment ne pas se dire, en voyant cette œuvre, que oui, indéniablement, Elle s’appelait Sarah est un bon film ? De même, comment ne pas constater que les quelques minutes où l’action se déroule dans le Vélodrome d’Hiver de triste mémoire marquent bien plus les esprits que la demi-heure ou les trois quarts d’heures auxquels on eut droit dans La rafle ? De plus, comment ne pas applaudir des deux mains avec la scène où l’ancien Président, Jacques Chirac, fait son fameux discours au sujet de rafle du Vél’d’Hiv’ (bah oui, avant lui, on n’en parlait pas trop de cette sombre page de l’Histoire de France dans nos vertes contrées), et surtout, lors de la discussion entre les journalistes américains, quand l’un d’eux répondit a la judicieuse question « mais qu’aurez tu fais ? » : « et bien, j’aurais vu ca a la télé comme les morts de civils en Irak ou en Afghanistan ». Bah oui, comme quoi, de simples répliques marquent bien plus les esprits que tout un film, sensé lui nous émouvoir (sinon, on est des nazis, inutile de le citer encore une fois, vous savez de quoi je parle).

Alors, malgré toutes ces qualités que je mets en avant, pourquoi ma relative déception ? En fait, et si je mets de coté la très grosse aberration de ce film (au sujet de la fille de la journaliste, quand on l’a voit, elle a l’air d’avoir dans les 15 ans, puis, deux ans plus tard, son père nous dit qu’elle en a 14… hum, franchement, faudrait faire gaffe parfois avec le choix des acteurs) qui me fit bondir, disons que en quelque sorte, je m’attendais a un truc énorme, qui allais m’émouvoir au possible et qu’au final, bah, ce fut loin d’être le cas. De même, si certains éléments m’ont intéressé, d’autres, comme les problèmes de couple entre Kristin Scott Thomas et son mari, l’histoire du bébé que celui-ci ne désire pas etc. m’a laissé plutôt froid… Elle s’appelait Sarah est un bon film, cela est évidant, mais ce n’est pas non plus le film de l’année, bien au contraire. Je conseillerais aux amateurs du genre d’aller le voir en toute confiance, cependant, dans mon cas, je m’étais un peu trop monté la tète avant coup, d’où ma relative déception. Et comme en plus, j’avais un peu trop bien manger juste avant et que je rêvais de me mettre a l’aise au lit (au lieu de quoi, j’eu droit a une superbe minuscule salle inconfortable au possible), peut être que je n’étais pas non plus dans les meilleures conditions pour apprécier a sa juste valeur ce film… mais ceci est une autre histoire.

jeudi 11 novembre 2010

PLATOON


PLATOON

En 1967, le jeune Chris Taylor souhaitant servir son pays, s'engage volontairement dans la guerre du Viêt Nam. Il est affecté à la 25e division d'infanterie, dans une section (« Platoon » en anglais signifiant « peloton » ou « section ») qui a subi des pertes lors de récents combats. Son enthousiasme s'évanouit rapidement tandis qu'il effectue d'interminables patrouilles jour et nuit et s'épuise à creuser des trous servant comme position de défense, corvée avec plusieurs autres affectée aux bleus. Après une embuscade lors de laquelle il est légèrement blessé, Taylor s'intègre peu à peu avec les soldats plus expérimentés.

Tout ca pour ca !? Je suis resté éveiller, alors que je travaillais ce matin et que je devais me lever tôt, jusqu’à une heure du matin pour ca !? Alors c’est ca Platoon ? C’est ca le film aux 4 Oscars et aux 3 Golden Globe ? C’est ca le film avec son affiche célèbre, celle où un soldat (le sieur Willem Dafoe pour la petite histoire) meurt dans une pose christique du plus bel effet et qui marqua tant toute une génération d’adolescents dans les années 80 dont je fais partie !? Bref, tout ca pour ca !? Car bon, franchement, mais je pense que vous l’avez compris, je suis resté plus que dubitatif en le visionnant cette nuit au point de, sans aucune hésitation possible, pouvoir parler de déception. Et pas une petite par-dessus le marché, c’est pour dire.

Avant toute chose, une question se posait à moi avant coup : avais-je déjà vu Platoon ? Hum, même après l’avoir vu, je suis incapable d’y répondre. En disant cela, on pourrait penser que la réponse a mon interrogation fut négative, hors, il n’en est rien, je n’arrive pas du tout à en être entièrement sur ; a priori, on dira que non, pourtant, certaines scènes, certains personnages me disaient quelque chose… alors, l’aurais-je vu adolescent et l’aurais-je oublié a ce point ? Improbable mais pas impossible. Confondrais-je avec d’autres œuvres cinématographiques ? Peut être bien. Quoi qu’il en soit, et même si ce n’était pas la première fois que je le regardais, on pourra dire que ce fut une première hier soir ; on pourra dire qu’il m’aura fallu du temps, vu que le film est sorti en France début 1987, mais bon, après tout, ce ne serait pas la première fois que cela m’arrive. Mais justement, la date n’est pas forcement étrangère à ma déception.

Car la première chose qui me vint a l’esprit en ayant regardé Platoon, c’est que celui-ci a très mal vieilli, que dis-je, atrocement même ! Je m’explique : en temps normal, et ceux qui me connaissent le savent bien, je n’ai aucun problème avec les vieux films, d’ailleurs, au vu de mes gouts, l’œuvre d’Oliver Stone est tout bonnement récente (une petite vingtaine d’années quand je ne jure que par des vieilleries en noir et blanc datant des années 30, c’est de la rigolade), pourtant, je ne peux m’empêcher de me dire que oui, indéniablement, Platoon a très mal vieilli. Dans le cinéma, certains films vieillissent plus vite que d’autres, ca n’a rien à voir avec leur ancienneté, d’autres paramètres sont a prendre en compte comme les effets spéciaux (s’il y en a), la façon de filmer, de jouer, les idées du moment, les acteurs etc. Et a ce petit jeu là, j’ai put remarquer depuis longtemps que les années 80, surtout, sont un peu mal loties : est ce moi ou de façon plus générale, je trouve que bon nombre des films parus pendant cette décennie ne se regardent plus de la même façon ensuite alors que, personnellement, je ne me lasse pas de La vie est belle, de Franck Capra avec James Stewart et datant de 1946, pour ne citer qu’un exemple parmi des centaines d’autres. Mais pour en revenir a nos moutons : oui, oui et encore oui, Platoon, selon moi, de nos jours, ressemblerait presque a un film de série B qu’autre chose.

Hérésie, brulons Feanor, mais comment cet individu est capable de sortir une telle infamie !!! Et ben, tout simplement parce que c’est ce que je ressens. Mettons les choses au point tout de suite : ce n’est pas parce que tout le monde vante les louanges d’une œuvre, dans le cas présent, Platoon, que je vais faire pareil alors que je pense le contraire. Non, non et non ! Je trouve que Platoon a atrocement mal vieilli, je le dit ! Je trouve qu’au jour d’aujourd’hui, en 2010, on n’est pas loin d’un téléfilm, je le dit ! Je trouve que l’acteur principal, Charlie Sheen a le charisme d’une huitre (et c’est pire quand il met son bandana rouge), je le crie haut et fort ! Je trouve que certains personnages sont tellement stéréotypés (mon Dieu, le Sergent Barnes, sorte de GI Joe du pauvre) qu’ils en deviennent une blague, je l’affirme sans crainte ! Je trouve que parfois, certains des protagonistes se prennent pour des « Rambo » en puissance, je le déplore mais je ne le nie pas ! Je trouve que l’on perçoit mieux les horreurs et les absurdités de la guerre (pas forcement le Vietnam d’ailleurs, mais dans un sens plus large) dans La ligne rouge, je suis prêt a le crier sur les toits, et de façon magistrale par-dessus le marché ! Alors oui, certains vont hurler en lisant ces quelques lignes, mais je les assume, totalement.

Alors oui, je ne nie pas que l’histoire, cette recherche du père pour l’huitre Sheen, symbolisé par la brute, Tom Berenger, le Rambo du pauvre, et Willem Dafoe, l’idéaliste qui ne se fait plus d’illusions, a son charme ; de même, je ne nie pas que la scène du village, où celle de la mort de Dafoe, fonctionnent toujours autant. De plus, comment ne pas parler, justement, de ce formidable acteur qu’est Willem Dafoe ? Précis, juste, émouvant, il est à des années lumières de Sheen. Malheureusement pour lui, mais surtout pour moi, j’ai regardé le film en VF, et là, ce fut la catastrophe : Dafoe est doublé par Marc François qui, dans ces mêmes années 80, faisait les voix du Dragon et du Cygne (entre autres) dans Les Chevaliers du Zodiaque ! Alors, à chaque fois que ce pauvre Willem ouvrait la bouche, je n’étais pas loin du fou rire total, ce qui, convenons en, ne joua pas, mais alors pas du tout en faveur du film dans son ensemble.

Bref, au final, je vais essayer d’oublier au plus vite ce Platoon, porté aux nues depuis plus de vingt ans par tant de personnes et qui m’aura laisser plus que dubitatif. Je sais pertinemment que cette critique ne plaire pas à tout le monde, que j’ai défendu une œuvre culte pour beaucoup, mais bon, que pouvais-je faire d’autre ? N’ayant pas aimé, ayant trouvé tout un tas de défauts, je n’allais tout de même pas chanter les louanges de Platoon !?

mercredi 10 novembre 2010

MALHORNE : LES EAUX D’ARATTA


MALHORNE : LES EAUX D’ARATTA

Il s’appelait Malhorne. Il avait vécu plusieurs vies à travers l’histoire et s’était décidé à les révéler au monde pour essayer de déchiffrer sa propre énigme… avant de mettre fin à ses jours. Pourtant, il n’a pas disparu. Il s’est réincarné dans une petite fille, que l’ethnologue Franklin, Tara et les compagnons de Malhorne ont soustraite aux griffes de Denis Craig et de sa Fondation Prométhée. Ils sont réfugiés en Amazonie, où l’enfant retrouve peu à peu la mémoire d’avant sa naissance et répète un premier mot mystérieux : «Aratta». C’est alors que leur village est sauvagement massacré, et qu’un groupe d’archéologues met au jour une nécropole sumérienne où le même nom apparaît.

Comment ne pas commencer la critique du deuxième tome de la tétralogie de Malhorne sans vous avouer, en toute sincérité, que celle-ci est d’hors et déjà, l’une des grandes surprises de cette année, du moins, du point de vu de mes lectures. Alors certes, au vu du sujet traiter (pour cela, vous pouvez si le cœur vous en dit vous référer a la critique du premier volume), il y avait de grandes chances que l’œuvre de Jérôme Camut me plaise, mais comme chacun sait, ou plutôt, comme chacun devrait savoir, les meilleures idées ne donnent pas forcement les meilleurs livres, de même, ensuite, tout est une affaire de gout : ainsi, un roman, un film, quelques soient leurs qualités peuvent a la fois plaire et déplaire, cela dépend de tout un tas de facteurs propres a chacun. Quoi qu’il en soit, pour ce qui est de mon cas personnel, il est évidant désormais, et alors que je n’en suis qu’a la centième page environ du tome 3, a l’heure où j’écris ces quelques lignes, que Malhorne restera, a mes yeux, comme une œuvre majeure que je ne suis pas prêt d’oublier. Je m’en doutais déjà a l’issu du Trait d’union des mondes, et Les eaux d’Aratta sont venus le confirmer de la plus belle des façons.

Pourtant, difficile pour le lecteur de passer de l’un a l’autre sans se sentir sensiblement perdu par tant de bouleversements auxquels il ne s’attendait pas forcement. Tenez, cette fois ci, oublier Malhorne/Julian Stark et ses récits de ses multiples vies au cour des siècles qui nous avaient accompagner pendant deux bons tiers du récit dans le tome un ; Malhorne est mort et bien mort, place désormais a sa nouvelle incarnation, une fille (a notre grande surprise) du nom de Ilis. Et les mystères déjà nombreux, toutes les questions que l’on pouvait se poser au sujet de Malhorne de se trouver amplifier puisque l’on comprend bien vite que Malhorne/Ilis semble se réincarner depuis la nuit des temps : Ethen tout d’abord, dont le nom remonte aux premières citées états de Mésopotamie, et plus loin, Zagul, dont l’identité se perd dans la préhistoire. Qui sont-ils, qui est-il (ou elle ?), grande question, primordiale, mais pas unique puisque le lecteur s’aperçoit rapidement que d’autres mystères se font jour, en particulier, l’Aratta. Ce nom, premier mot de la jeune Ilis, renvoi tout autant a une civilisation, un objet, une force primordiale voir un état d’esprit ; bref, on n’est pas prêt de connaître le fin mot de l’histoire, ce qui tombe bien puisque l’on a affaire à une tétralogie. Ainsi, le récit de Malhorne, déjà complexe a la base, part, dans ce deuxième tome, dans de nouvelles directions, dont certaines tout a fait inattendues et l’on retrouve pèle mêle (et de mémoire) : légendes sumériennes, mythe du déluge, anciennes civilisations évoluées et oubliées, société secrète agissant depuis la nuit des temps tandis que le fameux trait d’union des mondes serait plus a regarder du coté des autres mondes, ce qui laisse présager des traces de paléocontact (pas nécessairement avec des extraterrestres d’ailleurs) alors que dans le premier volume, l’on pensait plus a un lien entre le monde des vivants et celui des morts. Bref, pas de réponses mais de nouveaux mystères, de nouvelles pistes, de nouvelles interrogations, en gros, tout pour me plaire, et pas qu’un peu !

Alors le lecteur devra tout de même s’accrocher devant tant de bouleversements dans le récit, car si la première partie, en gros, une bonne centaine de pages, est la suite directe du tome un, de la fuite de Franklin et ses compagnons jusqu’au terrible drame qui le clôt avec le massacre du village indigène, ensuite, après un bond dans le temps d’une quinzaine d’années, le lecteur doit tout remettre en cause : nouveaux protagonistes qui prennent une place importante, nouveaux mystères, nouveaux lieux, on oscille alors entre le pur polar par moments, la recherche archéologique habituelle (et qui prend des proportions encore plus importante que dans le premier volume tout en étant passionnante au possible) mais aussi, presque la science fiction dans ces années 2030, avec leurs implants traceurs, sorte de réminiscence du 1984 d’Orwell, matinées d’écologisme (le monde va mal, les espèces disparaissent, la pollution etc.). Un monde où il ne fait pas bon vivre mais qui pourrait, qui sait, être celui de demain ? Et si certains pourront regretter que certains personnages auxquels l’on s’était habitué passent un peu au second plan, cela est plus dut au déroulement du récit en lui-même mais aussi a l’arrivée des « nouveaux », et ce, que ce soit des figures majeures, comme Milos par exemple, ou des seconds rôles comme les archéologues, les membres du gang de Harlem et bien d’autres. Mais que les amoureux de la première heure se rassurent, quel que soit le nombre des protagonistes, chacun aura son rôle à jouer, même si certains peuvent « disparaître » pendant un bon bout de temps.

Alors bien évidement, l’on pourra parfois regretter certains raccourcis un peu facile, quelques situations qui sentent le réchauffer où le déjà vu, des protagonistes un peu stéréotypés, mais quoi qu’il en soit, et malgré quelques petites imperfections mineures, il est indéniable que l’on se trouve là devant une œuvre qui mérite largement le détour ; Jérôme Camut en mixant moult références, nombres de légendes ainsi que pas mal de genres mais aussi en sachant utiliser judicieusement les théories modernes les plus audacieuses (voir le lien entre la Mer Noire et le déluge biblique) réussi l’exploit de nous offrir un récit cohérant, captivant de bout en bout et qui tient le lecteur en haleine de la première a la dernière page. Personnellement, il m’est rarement arrivé de tomber sur un bouquin aussi prenant et j’avoue que j’ai tout simplement dévoré la moitié de ce deuxième tome en quelques heures seulement ce qui m’a laisser certes fourbu mais satisfait.

Indéniablement, Les eaux d’Aratta entrainera le lecteur encore plus loin que dans le premier tome, dans un formidable mélange des genres où planent civilisations oubliées, vieilles légendes remontant a la nuit des temps, temples oubliés, vengeances terribles et autres génocides vieux de milliers d’années. Le tout saupoudré d’un léger soupçon de science fiction mais dans le genre anticipation où, dans un monde en décrépitude écologique, lutent des multinationales, des sociétés secrètes et le Vatican. Au milieu de tout cela, des personnages connus changent ou évoluent, d’autres apparaissent et prennent de l’importance, certains restent égaux a eux-mêmes tandis que les derniers sont capables de tout pour parvenir a leurs fins. Reste Ilis, la mystérieuse Ilis dont on perd la trace pendant des années et qui s’avère bien plus redoutable et complexe que Malhorne. Le trait d’union des mondes nous laissait sans réponses, rassurez vous, Les eaux d’Aratta vous laisseront dans le même état, sauf qu’entre temps, il y aura encore plus de mystères à résoudre. Un must, indéniablement !
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