samedi 15 août 2020

LA MAUVAISE ÉDUCATION


LA MAUVAISE ÉDUCATION

Dans les années 1980, Ignacio et Enrique se retrouvent. Ensemble ils ont grandi vingt ans auparavant dans une école religieuse et ont tous les deux subi l'omniprésence, les émois sexuels, ainsi que les mauvais traitements du père Manolo, un professeur de littérature et prêtre pédophile passionnément épris d'Ignacio.


La Mauvaise Éducation
Réalisation : Pedro Almodóvar
Scénario : Pedro Almodóvar
Musique : Alberto Iglesias
Production : Canal + España, El Deseo, Televisión Española
Genre : Drame
Titre en vo : La Mala Educación
Pays d'origine : Espagne
Langue d'origine : espagnol
Date de sortie : 19 mars 2004
Durée : 105 mn

Casting :
Gael García Bernal : Ángel / Juan / Zahara
Fele Martínez : Enrique Goded
Daniel Giménez Cacho : Père Manolo
Lluís Homar : M. Manuel Berenguer (Père Manolo plus âgé)
Javier Cámara : Paca / Paquito
Petra Martínez : la mère
Nacho Pérez : Ignacio enfant
Raúl García Forneiro : Enrique enfant
Francisco Boira : Ignacio
Juan Fernández : Martín
Alberto Ferreiro : Enrique Serrano
Sandra : la personne trans parodiant Sara Montiel
Sara Montiel : extrait du film Esa Mujer de Maria Camus

Mon avis : Aussi incroyable que la chose puisse paraitre, depuis que ce blog existe, je n’ai eu l’occasion qu’a une seule et unique reprise de vous parler d’un film de Pedro Almodóvar, sans aucun doute possible le meilleur réalisateur espagnol de ces trente dernières années et, accessoirement, le plus connu. Ce fut, donc, par le biais de Julieta, œuvre assez récente dans la longue filmographie du maitre, l’année passée, mais, aujourd’hui, c’est à l’un de ses longs métrages les plus connus que je m’attaque, le fameux La Mauvaise Éducation. Bon, disons le tout de suite, ici, nous avons droit à ce que l’on peut appeler, sans contestation possible, un superbe film : certes, Almodóvar délaisse un peu son thème de prédilection habituel – les femmes, la problématique avec les mères de ses protagonistes, quoi que, sans être marquant, ce thème n’est pas totalement absent du film – pour nous entrainer dans une histoire qui met en avant, sous fond de polar et de sombre affaire de pédophilie au sein de l’institution religieuse espagnole, l’homosexualité, la transsexualité, la bisexualité et le travestissement. Les personnages principaux, marqués par les abus d’un religieux qui aimait énormément les enfants, se retrouvent donc, quelques années plus tard, un d’eux étant devenu un réalisateur à succès, l’autre, un jeune artiste qui souhaiterait percer dans le milieu du cinéma. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes et un couple se former ? En fait, les choses sont nettement plus compliquées que cela et l’on se rend compte, très rapidement, que nos certitudes sont plus qu’incertaines, surtout pour ce qui est des véritables buts de l’un des protagonistes. Almodóvar maitrise à merveille un scénario bourré de coups de théâtres pour le moins innatendu et qui mêlent réalité et fiction dans une mise en abyme pour le moins audacieuse qui s’avère être un des points forts de ce film. Bref, fort bien écrit, terriblement prenant jusqu’à son dénouement, La Mauvaise Éducation est un excellent Almodóvar qui ravira, je n’en doute pas, ses fans. Certes, ce n’est peut-être pas le plus aboutit de ses films, mais bon, au vu de la qualité générale de ce film, il serait vraiment dommage de faire l’impasse sur celui-ci…


Points Positifs :
- Indéniablement, un des meilleurs films de Pedro Almodóvar même s’il n’est pas le plus connu. Traitant de l’homosexualité dans l’Espagne du début des années 80, mais aussi, de la problématique de la pédophilie au sein de l’Eglise Catholique – d’où le titre du film – La Mauvaise Éducation est une œuvre bien plus intelligente qu’il n’y parait de prime abord et qui ravira, bien entendu, les fans du réalisateur espagnol.
- Un scénario terriblement malin et qui brille par une mise en abyme pour le moins réussie et qui alterne entre réalité et fiction, au point de perdre, par moments, le spectateur.
- Un casting de qualité mais si l’on ne devait en retenir qu’un, ce serait bien entendu, Gael García Bernal – que j’avais découvert dans Amours Chiennes – tout simplement parfait dans un rôle nettement plus ambigu qu’on pourrait le penser au départ.
- Une mise en scène parfaite, une photographie irréprochable et, ma foi, certaines séquences méritent le détour – ah, la scène de la piscine !

Points Négatifs :
- Bien entendu, les homophobes fuiront ce film comme la peste.
- Nombreuses sont les scènes un peu osées, ce qui risque de déplaire à un certain public. Après, c’est du Almodóvar, ce n’est pas un blockbuster hollywoodien calibré pour un grand public décérébré…

Ma note : 8,5/10

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